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Thierry Chabagny prend les commandes de la course

Thierry Chabagny
DR

Au pointage de 14h00 hier, Thierry Chabagny accusait 21 milles de retard sur les leaders (alors Le Cléac’h –Brit Air, Pellecuer – Cliptol Sport et Bérenger – Koné Ascenseurs) et était décalé à 50 milles dans l’ouest de ses concurrents. Il avançait aussi trois fois plus vite et l’on pressentait bien que sa stratégie radicale était susceptible de payer. Tôt ou tard. Le skipper de Littoral a réussi non seulement à se glisser en tête, à se recaler à proximité de la route directe, mais aussi à prendre 5 milles à son plus proche poursuivant Nicolas Troussel, lequel persiste et signe dans l’ouest (il est actuellement le plus extrême à cette position). Avec une vitesse légèrement supérieure à celle de leurs adversaires, ces deux là devraient continuer à creuser l’écart.
 
Calme blanc, nuit blanche
La grande majorité de la flotte s’est regroupée à droite de la route et prend son mal en patience dans cette nuit sans vent. « La mer est d’un lisse un peu agaçant » commentait Nicolas Bérenger (Koné ascenseurs), classé 16e ce matin, à 12 milles de Chabagny. Au-dessus d’eux, les skippers évoquaient le plafond étoilé et devant, les myriades de lumières, celles de leurs concurrents mais parfois celles des cargos ou des bateaux de pêche. Ce calme blanc contraste avec l’agitation intérieure. Pratiquement aucun d’entre eux n’a eu le temps de se reposer, un exercice d’ailleurs impossible avec le bruit des voiles faseyantes et surtout l’obligation de réguler à la moindre veine de vent. « Je n’ai pas le temps de m’ennuyer, je ne vois pas le temps passer, c’est parfois un peu aléatoire, mais il n’est pas question de dormir » confiait Charles Caudrelier (Bostik), placé au milieu du paquet.
 
Hormis les deux premiers concurrents, ça passe un peu dans tous les sens. Christophe Lebas (Armor Lux) était signalé en troisième position, suivi d’Erwan Tabarly (Iceberg Finance), Armel Le Cléac’h (Brit Air), Eric Peron (Cigo) et Jeanne Grégoire (Banque Populaire)… et pratiquement aucun d’entre eux ne naviguait sur le même axe. Entre stress et résignation, tous attendent le retour d’un souffle salvateur pour y voir plus clair. Peut-être en fin de matinée.

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La chronique de Capian : Baptème du feu !

Départ Les Sables - Les Açores
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Et pour apprendre, sur cette première étape, j’ai appris!
J’en ai pas mal pris aussi. Car autant, d’une part, j’ai explosé mon record sous spi dans la grosse houle Atlantique, autant, d’autre part, j’ai nettement perfectionné ma technique des paquets cadeaux en toile à spi et petit noeuds d’écoute (et bras et drisse aussi). Il ne restait plus qu’à aposer l’étiquette plaisir d’offrir!
Celà se termine invariablement en croix au fond du cockpit, trop content de n’avoir rien éclaté ni trop tordu, en jurant qu’on ne m’y reprendrait plus! Soit mollo pendant quelques heures, le temps de se refaire une santé,… jusqu’à la prochaine.
 
Cette première étape au aussi clairement mis en évidence pour moi qu’un format différent demande des aptitudes différentes ou tout au moins une autre facette des mêmes aptitudes.Par exemple, prévoir la bascule pour dans trois jours demande de s’inscrire dans une autre échelle de temps, un autre système, plus large que celui rencontré habituellement. pareil pour la gestion du bonhomme en course, sur la durée.
 
Apprentissage inestimable pour l’année prochaine.
Bien sûr il se passe pas mal de choses en solo et au large, avec toujours quelques surprises. Il y en a qui ont tapé une baleine, d’autres qui ont dématé ou passé une semaine sans pilote. pour ma part j’ai été plutôt chanceux sans grosse casse. Une frayeur quand même, la nuit où j’ai été réveillé en sursaut par un gros "Bang" sur le bateau et immédiatement une odeur de cramé, quelque chose de métallique, je ne sais pas trop quoi. Pour en avoir croisé plusieurs qui n’ont pas bougé d’un pouce, je pense immédiatement que je viens de taper un cargo, ou quelque chose du genre. J’attends un autre bruit, rien. Je sors la tête, rien. J’allume la frontale, le mat est là. Je ne comprends plus. Retour à l’intérieur. L’odeur de cramé est toujours là.
En fait ce n’était pas pour dormir que j’étais rentré mais pour me faire chuffer à manger au bain marie. je me suis endormi et l’eau épuisée, la bouilloire a été chauffée à blanc ainsi que le sachet qu’elle contenait, voilà pour l’odeur. Pour le bang, c’est mon fusible de hale-bas qui a lâché et projetée la poulie sur le roof, qui m’a réveillé. Finalement, j’ai été chanceux, j’aurai pu tout cramer…
Les travaux pratiques reprennent le 15 à 11h02 TU. à bientôt, de retour aux Sables.
Matthieu Girolet

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Troussel et Chabagny attendus dans la nuit …

Thierry Chabagny 2006
DR

Nicolas Troussel sera sans doute le premier à virer Les Birvideaux ce soir, peut-être vers 19 ou 20h. Sur son Financo, le Finistérien est à 100 milles de l’arrivée et avance à 6 nœuds. Il a réussi à se tricoter un matelas de 12,5 milles d’avance sur Thierry Chabagny (Littoral). Derrière eux, le désert. Du leader au troisième (Eric Drouglazet sur Pixmania.com) l’écart est énorme : près de 33 milles. Des favoris comme Charles Caudrelier (Bostik) et Gildas Morvan (Cercle Vert) sont à plus de 44 milles. Le leader du général provisoire Gérald Véniard (Scutum), pourtant 7e, est relégué à plus de 37 milles, soit l’équivalent de la moitié du chemin qu’il restera à parcourir entre Belle-île et Saint-Gilles-Croix-de-Vie, que les deux leaders devraient atteindre dans le milieu de la nuit, au pire à l’aube.
Car sauf accident, on a du mal à voir quel improbable scénario pourrait empêcher ces deux-là de monter sur les deux plus belles marches du podium de l’étape et pourquoi pas d’en faire autant au classement général où ils n’ont respectivement que 1h54’ (Troussel) et 1h11’ de retard (Chabagny). Or, avec plus de 32 milles de débours au minimum – 76 milles pour le dernier ! –  les 42 autres marins risquent fort d’accuser un retard à Saint-Gilles se comptant en heures. Au pluriel.
 
Seuls au monde
Troussel et Chabagny ont donc tous les atouts en mains pour se partager un gâteau énorme en terre vendéenne. On pèse nos mots. Jamais dans l’histoire du Figaro Bénéteau II, depuis 2003, jamais deux hommes seuls n’avaient réussi à creuser un écart aussi conséquent sur tous les autres. La question est davantage de savoir combien de temps ils prendront à tous. En outre, Nicolas et Thierry sont en train de réaliser le rêve absolu de tout marin. Oser envers et contre tous partir seul dans son coin chercher le vent. Le trouver. Cueillir les lauriers et goûter à ce sentiment narcissique mais jouissif d’avoir eu raison en faisant fi de l’avis général. Contre les 42 autres partis à l’est de la route directe, pourtant tous avec de bonnes raisons.
L’histoire est belle. Deux cow-boys solitaires partis chercher fortune en leur Far West sont en train d’y dénicher un fabuleux butin. « Ils ont fait preuve d’une clairvoyance assez nette », juge Jean-Paul Mouren (MarseillEntreprises).  « Ils ont été opportunistes », appuie Kito de Pavant (Groupe Bel). « Les deux se sont barrés… c’est bien vu et bien joué de leur part, ils ont réussi à contourner la bulle par l’ouest. C’est un peu inquiétant pour nous autres », admet Erwan Tabarly (Iceberg Finance). Voguant dans les profondeurs du classement hier, aux alentours des 35e et 40e places, les deux têtus Bretons sont effectivement seuls au monde depuis le pointage de 20h hier. Pendant une vingtaine d’heures, bénéficiant de vent bien plus soutenu au grand large, ils se sont ainsi autorisés des moyennes de 6 à 7 nœuds. Pendant ce temps le paquet s’engluait à l’arrêt dans une molle infernale où tourne en grinçant la roue de la fortune.
 
30 nœuds de vent cette nuit ?
Le vent qui est enfin rentré ce midi sur la zone de course, de l’ouest d’une dizaine de nœuds, devrait s’orienter sud-ouest en forcissant nettement à 20 nœuds, peut-être jusqu’à 30 dans les rafales. Cela donne un avantage supplémentaire aux deux leaders. Car ces conditions autoriseront un grand run de vitesse tout droit, peu propice à revenir. Il n’y aura sans doute pas grand chose à tenter pour la meute derrière eux.
« Je ne pensais pas que ça marcherait aussi bien », avoue Thierry Chabagny, le seul du tandem de l’extrême ouest à avoir pu être joint aujourd’hui. Le premier aussi à être parti totalement en travers de la route à peine quitté Santander. « Quand tu quittes le peloton et que tu pars tout seul dans ton coin, il y a un risque énorme. Tu te demandes si tu n’es pas un peu inconscient. Ce n’est pas évident, il faut se faire confiance ! Je crois que j’avais envie de faire un truc différent… » Et Chabagny ajoute : « celui qui passera en tête aux Birvideaux aura toutes les chances d’être aussi premier à Saint-Gilles, car ensuite c’est tout droit à fond la caisse. »

Yann Elies (Groupe Generali Assurances) confirme que la fin d’étape sera rapide et musclée :  « on va attaquer costaud. Fini les réglages fins, ça va être du lourd ». Lui se voit aux Birvideaux vers 23 h ce soir. Nicolas Troussel y sera probablement déjà passé trois heures plus tôt. Pour l’immense majorité qui ne peut plus guère prétendre à la victoire, il sera l’heure de jeter ses dernières forces dans la bataille, tenter de limiter la casse et espérer des écarts intermédiaires favorables.
Une chose est sûre. Qu’on ne vienne plus parler sempiternellement aux deux leaders de «Bretons de Panurge » et autres « chevaux de bois qui se copient les uns les autres ». Troussel et Chabagny sont en train de réussir un truc de marins. Un grand truc. Un grand truc de grands marins. Sortez la caisse à superlatifs. On va en avoir besoin.

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Les solitaires progressent laborieusement …

Generali Assurances - Yann Eliès
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Au pointage de 4h30 ce matin, Yann Elies (Groupe Generali Assurances) mène la flotte des 44 solitaires à 270 milles de l’arrivée, pour 0,2 mille d’avance devant Armel Le Cléac’h (Brit Air) et Laurent Pellecuer (Cliptol Sport). Mais les écarts sont tellement faibles, avec les sept premiers en un demi-mille et les vingt premiers en trois milles, qu’il convient de prendre les classements avec d’infinies précautions. D’autant que d’un bord sur l’autre, rapprochant ou non, on « perd » ou « gagne » artificiellement du terrain au classement.
Car voilà, la flotte de La Solitaire Afflelou Le Figaro n’a pas droit pour l’instant à l’unique bord espéré hier au départ de Santander, après consultation des augures météo. Depuis le départ, ils tirent des bords au près serré, dans un vent franchement irrégulier en force et en direction : venant du nord-nord-ouest (avec parfois un peu d’est dans son nord…) il « souffle » entre 5 et 10 nœuds et l’amplitude de ses oscillations en direction peut aller jusqu’à 40 degrés. « J’ai bien du enchaîner six virements de bord tout à l’heure pour suivre les petites bascules », explique par exemple Fred Duthil (Brossard, 10e à un mille).
Dans un clapot désagréable et sous un ciel couvert qui masque la lune, les vitesses sont forcément faibles. De l’ordre de 6 nœuds. Rivés à la barre et aux réglages incessants rendus nécessaires par l’instabilité du vent, les solitaires espèrent que le flux finira bien par prendre un peu de gauche pour que leur route puisse enfin se rapprocher du nord. « On en a à mon avis pour jusqu’à la fin de la nuit », raconte Armel Le Cléac’h (Brit Air, 2e à 0,2 mille). Dans le peloton de tête, Eric Drouglazet (PixMania.com) est toujours là, 4e à 0,3 mille, à égalité en distance au but avec deux bizuths : Erwan Israël (Delta Dore) et Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole), déjà auteur lui aussi d’un excellent départ.
Parmi les grands gagnants de la première étape, trois ont concédé un peu de terrain – un peu plus de 3 milles – il s’agit du vainqueur de Santander Gérald Véniard (Scutum) et de Charles Caudrelier (Bostik) et Gildas Morvan (Cercle Vert), classés respectivement 23e 24e et 25e, à 3,4 milles. Autrement dit, la relative bonne affaire pour l’instant est bel et bien pour Yann Elies et Armel Le Cléac’h, lequel assure « attendre avec impatience les prochaines infos météo ». On veut bien le croire, tant l’incertitude est ce matin la chose la mieux partagée du petit monde des marins de La Solitaire.
 
Les échos du large
Fred Duthil (Brossard)  : « Je barre, je règle les voiles et je mange un peu. Le vent est irrégulier en force et en direction, ça n’arrête pas de changer. Il n’y a pas eu du tout de repos cette nuit avec ce vent irrégulier, il faut vraiment être dessus à fond. Le début d’étape est pas mal pour nous il ne faut pas se plaindre. Il va falloir être opportuniste. Tout à l’heure j’ai du faire six virements de bord de rang pour suivre les petites bascules et donc à chaque fois avec le matossage (déplacement des poids à l’intérieur, NDR), ça fait du boulot »
 
Gildas Morvan (Cercle Vert) : « Il y a deux paquets, un sous la route à l’est et nous on est à l’ouest, plus proche de la route directe. Ma priorité, c’est d’aller dormir mais pour le moment, c’est impossible le vent est trop instable alors je règle, je barre pour essayer de me rapprocher des bateaux devant. Il faut rester concentré pour faire marcher le bateau. »
 
Oliver Krauss (AXA Plaisance)
« C’est sympa, le bonheur, tout va bien. Le vent est instable, pas facile de lâcher la barre. On se croise et se recroise. La flotte est éparpillé un peu partout, on ne sait pas où ça va passer, c’est difficile à dire. On verra aux Birvideaux. Pour le moment, je reste au milieu, j’attends de voir. »
 
Eric Peron (CIGO)
« C’est un peu musclé, ça fatigue mais ça fait du bien. Je me suis recalé sur le paquet de l’ouest, j’ai sept bateaux devant moi. Il y a encore des coups à jouer et les derniers milles avant les Birvideaux feront la différence. »

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Une deuxième étape très tactique

Départ Les Sables - Les Açores
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Il va falloir avoir le cœur bien accroché et la tête bien claire pour gérer une trajectoire optimale entre Horta et les Sables d’Olonne. Ce lundi, veille de départ, le vent de Nord Est souffle puissamment à Faïal, à plus de 25 nœuds, levant un clapot court surtout avec les courants de marée générés par de gros coefficients. La sortie des îles, après le coup de canon libérateur mardi 15 août à 11h02 TU (13h02 heure française), s’annonce musclée puisque le vent va tourner à l’Est 20-25 nœuds et ce au moins jusqu’à mercredi midi. Un bord obligatoire tribord amure au près pendant environ cent milles dans un vent soutenu qui va progressivement mollir à une quinzaine de nœuds en tournant au secteur Nord. Les vitesses vont donc croître dès mercredi soir et il faudra cravacher pour profiter le plus longtemps possible de ce flux qui se décale vers l’Est : l’anticyclone des Açores a en effet tendance à gonfler en poussant la dépression qui va amener du mauvais temps et de la pluie sur la France en milieu de semaine.
 
Il faudra donc aller le plus vite possible (et il faut s’attendre à des vitesses moyennes supérieures à huit nœuds) pour arriver le plus tôt possible à l’entrée du golfe de Gascogne. La route directe semble la plus logique… jusqu’à ce stade. Car dès dimanche, les interrogations pleuvent : les calmes sont attendus de l’Espagne à la Bretagne avec l’installation d’une dorsale anticyclonique dans le golfe. Comment faudra-t-il aborder la fin de ce parcours de 1 270 milles ? Par le Nord en longeant les côtes bretonnes ? Par le Sud en suivant les falaises espagnoles ? Par le centre en privilégiant la route la plus courte ? Attendre qu’un flux d’Est s’installe ou aller à terre pour bénéficier des brises thermiques ?
Il faut donc s’attendre à une première journée de course laborieuse, fatigante pour le matériel, éreintante pour les corps. Priorité : préserver le bateau et gagner au maximum dans le Nord-Est. Ensuite, quatre jours de débridé travers rapide mais humide à cause d’une mer encore bien formée. Puis un arrêt buffet au large du cap Finisterre dimanche. Il est donc très difficile de prévoir quand les premiers Minis arriveront aux Sables d’Olonne mais la date du 23 août, c’est-à-dire après huit jours de mer est tout à fait envisageable !
 
Enfin, ils seront 58 solitaires pour ce parcours retour : l’Américain Clay Burkhalter (Acadia) n’a en effet pas pu trouver une solution pour réparer son mât cassé. Trente prototypes pour tenter de ravir la première place d’Adrien Hardy (Brossard) qui possède 1h23’ sur le Slovène Andraz Mihelin (Adria Mobil Too) et deux heures sur Fabien Despres (Soitec). Vingt-huit voiliers de série et une lutte qui s’annonce âpre pour départager les trois leaders séparés d’un quart d’heure : Francisco Lobato (BPI), Jean-François Quélen (Galanz) et Antoine Debled (ADD Modules).

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Le grand échiquier atlantique

Brit Air
DR

En passant de la théorie météorologique à la pratique en mer, on s’expose parfois à quelques déconvenues. Les figaristes comptaient sur cette remontée directe du golfe de Gascogne pour se reposer et charger à bloc les batteries avant le passage aux Birvideaux. Ils ont du se raviser. Comme le prédisait Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole) hier après le départ, il a fallu rester rivé à la barre, à l’affût des variations du vent, enchaîner les virements de bord, réajuster les réglages dans une mer désagréable, pour ne pas perdre un mètre sur ses concurrents. Après un court répit au petit matin où les solitaires, calés sur un bord, ont pu souffler un peu, les voilà aux prises avec de nouvelles difficultés. Dans la journée, le vent s’est effondré, mais pas la houle résiduelle qui continue à secouer les bateaux et les estomacs les moins bien accrochés.
 
A 1 nœud dans le Golfe
A 14 heures, les marins évoluaient dans un flux de nord erratique (3 à 5 nœuds), poussant certains à envoyer le spi quand d’autres naviguaient au près sous génois ! Quant aux vitesses des bateaux, elles ont chuté proportionnellement. Au pointage de 16h00, les Figaro avançaient à 1 nœud pour les plus lents, 2 nœuds pour les plus rapides ! « Les voiles ont même du mal à porter » nous confiait cet après-midi Jean-Yves Chauve à bord du bateau médical.
 
Un jeu de placements
La flotte s’est scindée en plusieurs petits groupes qui tentent de progresser tant bien que mal vers le but, chacun espérant que sa stratégie sera la bonne.
Thierry Chabagny (Littoral) n’a pas fait dans la dentelle en tentant une option diamétralement opposée à celle de ses camarades. Parti à fond dans l’ouest, il est décalé de 58 milles du concurrent le plus à l’est, à savoir Eric Drouglazet (PIXmania.com). Pointé 40e cet après-midi, Chabagny accusait certes 10 milles de retard sur les leaders mais marchait à …6,6 nœuds. Son choix extrême est donc à surveiller, de même que celui de Nicolas Troussel (Financo). Mais pour l’heure, sur le papier, les options radicales ne sont pas les plus payantes. Le gros du paquet navigue dans l’est de la route directe et ce sont les petits placements des uns par rapport aux autres qui ont dicté les derniers classements. Armel le Cléac’h (Brit Air), vient de faire un joli coup grâce à une route décalée sur la gauche de ses adersaires. Il pointe désormais en tête à 1,9 milles de Laurent Pellecuer (Cliptol Sport) et à 2,1 milles du troisième, Nicolas Berenger (Koné ascenseurs). Ces deux là ont pourtant choisi la droite du plan d’eau… difficile donc de savoir qui détient la vérité. « J’ai en face de moi deux bateaux qui naviguent au près, sur la même amure, mais qui font un cap très différent » indiquait Jean-Yves Chauve.
 
La fatigue arrive et le doute s’installe
Ronan Guérin, ancien figariste émérite (10 Solitaire, 7e de la dernière Transat AG2R) et skipper du bateau médical, analysait la situation :  « c’est une étape de pétole typique de La Solitaire au mois d’août. Il y a pas mal de doutes dans la tête des coureurs qui ne savent pas trop d’où va revenir le vent. C’est très épuisant nerveusement et il est possible que ce soit de la loterie. Ils s’attendent à passer plusieurs nuits en mer et ceux qui n’ont pas réussi à dormir ces premières 24 heures vont arriver très fatigués à Saint Gilles Croix de Vie. Ils vont aller jusqu’au bout d’eux-mêmes. » Et pour cause, s’ils continuaient à cette vitesse, nos solitaires mettraient 65 heures pour atteindre la marque des Birvideaux !

Echos du large
Corentin et les thons
Lors de notre vacation de l’après midi avec le bateau médical, le docteur Jean-Yves Chauve apercevait devant lui Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom), littéralement cerné par un banc de thons. On sait le régatier amateur de pêche… mais il y a peu de chances, vu les circonstances, qu’il mette une ligne à l’eau.
 
De la strat’ sur Gedimat
A 6h00 ce matin, Gedimat a déclaré une avarie suite à un contact avec un bateau : trou au niveau de la jupe arrière, liaison pont/coque arrière tribord. Armel Tripon demande une mise à terre dès que possible une fois arrivé à Saint-Gilles-Croix-de-Vie afin de pouvoir effectuer les réparations.

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Conditions difficiles sur le Lac de Côme

Lac de Come
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« Nous sommes sortis une première fois avec le grand gréement mais nous étions un peu limites et avons préféré revenir pour réduire », se souvient Ueli Marti, équipier d’avant sur le bateau suisse Uti. « Le vent du nord peut monter très fort ici. C’était malheureusement la mauvaise décision ». Et en effet, malgré une première manche ventée (les rafales atteignaient parfois 20 nœuds) inconfortable pour les plus audacieux, le vent n’a fait que descendre tout au long de la journée.

Parmi les partisans de la réduction (les Suisses d’Uti donc, les Italiens de Vellamareskiff, les Allemands d’Ernst & Young, les Hongrois de Blue Star et les Anglais de Whitestuff) seul l’équipage britannique, emmené par Mason Woodworth est parvenu à limiter les dégâts et à afficher une bonne vitesse malgré un évident manque de puissance. Son classement n’a cependant cessé de reculer à mesure que le vent baissait (3ème, 4ème, 5ème et 8ème), pour finir 5ème du classement général provisoire avant jury derrière respectivement les Danois de GP Covers, les Italiens d’Elcotec et les Allemands de Wet Protect. Le deuxième meilleur équipage italien, Flawless, se place 4ème après s’être visiblement très bien remis du bris de son mât la veille.

En 6ème position, à un point seulement de Whitestuff, l’équipage suisse de 4us-CPA-Groupe E, skippé par le président de la classe Patrick Chanez réalise une belle opération même s’il reste un peu déçu de son classement provisoire. « Avec deux places de 5ème et une place de 3ème une fois notre manche de 6ème enlevée, c’est un peu dur de se retrouver là. Nous sommes cependant très contents d’avoir bien naviguer, surtout dans la première manche où il n’était pas forcément évident d’éviter de chavirer. Nous avons également bien réussi sur le plan tactique, en choisissant le bon côté du plan d’eau au fur et à mesure que le vent basculait vers la gauche tout au long de la journée », explique le N°1 Quentin Freymond.

Mais la plus grande satisfaction reste sans doute pour l’équipage suisse d’avoir su rester au contact des vainqueurs du jour, les inoxydables Danois de GP Covers. Présents sur le circuit depuis plus de 10 ans, Flemming Clausen, Thomas Eblev, accompagnés cette fois de Martin Friedrichsen (vainqueur du Grand Prix d’Allemagne avec Ler Ole) ont encore montré une belle maîtrise en remportant les 3 premières manches, les seules qui leur restent comptées après l’annulation de leur plus mauvaise (4èmes). « Nous avons eu un gros doute lors de notre premier bord quant au choix du gréement. Mais le vent n’est finalement pas monté. Cela nous a permis de bénéficier d’une très bonne vitesse au portant. Celle-ci nous à notamment aidé à rattraper des départs moyens », expliquait ce matin Flemming.

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Cap vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie

Départ de Santander
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Eric Drouglazet est de retour aux affaires. Vainqueur de l’épreuve en 2001, le très expérimenté Breton (20e à 1h49 au général) a pris le meilleur sur ses 43 adversaires solitaires cet après-midi en baie de Santander. Son PIXmania.com a doublé le premier la bouée Radio France avant de mettre l’étrave vers le large. Ce golfe de Gascogne qu’il faut à nouveau traverser à destination des Birvideaux, entre Belle-Île et Groix, marque à virer avant de redescendre vers la Vendée et Saint-Gilles Croix de Vie, où les bateaux sont attendus dans la nuit de mardi à mercredi. « C’est sympa de partir en tête, avec du vent bien frais et c’est plutôt encourageant », a commenté « Droug’ » au moment de prendre le large avant de prévenir :   « maintenant ce sera du vent dans la figure toute la nuit… »
Le spectacle était sublime cet après-midi et d’ailleurs apprécié de nombreux Espagnols venus d’abord saluer le départ des bateaux sur les quais, puis massés pour admirer le parcours côtier au Palais de la Magdalena et sur la plage el Sardinero.
 
Dans un vent de nord-nord-ouest de 8 à 10 nœuds, les 44 solitaires furent d’abord pressés au point de monter trop tôt sur la ligne de départ et de provoquer un rappel général. A 15h 19 le deuxième départ fut le bon, hormis un rappel individuel pour le Virbac-Paprec de Jean-Pierre Dick. On vit aussi l’Italien Pietro D’Ali (Nanni Diesel) « réparer » alors que l’injonction ne lui en avait pas été faite. Très vite, le malheureux Damien Seguin (AltéAd Région Pays de La Loire) demanda et obtint l’autorisation de rentrer au port pour réparer, drisse de grand’voile cassée.
 
Au près, dans 10 nœuds de vent
Pendant ce temps, Fred Duthil (Brossard) parti à gauche du plan d’eau, à la bouée, navigua de manière très maîtrisée sur le premier bord de près, tout comme le bizuth Christopher Pratt (Espoir Crédit Agricole). En faisant l’intérieur… d’un cargo mouillé dans la baie et qui faisait office de séparation de trafic, ces deux spécialistes de la régate étaient aussi les deux bateaux à se disputer le passage en tête à la bouée sous le vent, Duthil prenant finalement le meilleur à cette marque.
Mais après le deuxième bord de près qui faisait office d’ultime au revoir à Santander, c’est bien Eric Drouglazet, donc, qui prenait le large le premier, devant Armel Le Cléac’h (Brit Air), Christopher Pratt, Fred Duthil et Yann Elies (Groupe Generali Assurances, 5e). La flotte était encore très groupée et tous les favoris pointaient leur étrave dans le listing des 15 premiers, à l’exception du vainqueur de la première étape de Gérald Véniard (Scutum, 19e) et de Kito de Pavant (Groupe Bel, 23e).
Damien Seguin, lui, annonçait qu’il repartait du port après une réparation expresse et semblait prendre avec philosophie le fait de devoir s’acquitter de ce parcours initial de 4 milles que les 43 autres solitaires venaient de terminer. Comme il a demandé assistance pour rentrer au port, il risque un minimum de deux heures de pénalité.
Les 43 autres, eux, sont partis à l’assaut du golfe de Gascogne, au près. Et déjà on sentait des choix de route légèrement différents, plus ou moins au large. Absolument rien n’était joué, tant l’incertitude météo était la chose la mieux partagée du monde des navigateurs avant le départ ce midi, au ponton de Santander.
De l’avis général, on partait vers 24 premières heures de navigation au près mais il y aurait peut-être déjà une bascule de vent à négocier dès demain matin lundi. Jean-Paul Mouren (M@rseillentreprises), le doyen de l’épreuve, prenait alors un départ d’étape de La Solitaire pour la… soixante dix-septième fois. Et il trouvait cela « tout à fait sympathique »… Christopher Pratt, ne le contredisait pas : « il fait beau, on navigue en short et tee-shirt, c’est super agréable, même si le vent est très instable, comme il l’a été sur tout le parcours côtier.   J’avais à cœur de bien faire, je suis parti le couteau entre les dents et c’est bien d’être dans le bon paquet. A partir de maintenant ça va être barre, barre, barre… et je pense qu’on va barrer un peu aussi ! (rires) Je suis bord à bord avec Brit Air, on a 10 nœuds de vent très instable, on n’arrête pas de régler, on ne peut pas lâcher la barre.» Il le faudra pourtant, ne serait-ce que pour se reposer quelques minutes et laisser opérationnels le maximum de neurones possibles en prévision des décisions à prendre demain, puis après les Birvideaux, mardi. C’est reparti.

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Sodeb’O heurte un OFNI mais continue sa route

Sodebo
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Comme des pare chocs de voitures, les « crash box » sont des boîtes qui viennent recouvrir les « vraies » étraves afin de céder avant elles en cas de collision. A priori, la coque centrale et le flotteur sont intègres et toujours étanches. Ces avaries n’entravent pas la route du trimaran qui a viré les Shetland samedi à 18 heures et descend actuellement le long de l’Ecosse.

 A 16 heures dimanche, il lui restait 390 milles à parcourir. Avec une moyenne de 14,4 nœuds ces dernières 24 heures, Thomas Coville possède désormais une avance de 171 milles sur le temps de référence de Jean-Luc Van Heede à bord du monocoque Adrien (7j8h47’). Sodeb’O est parti depuis mardi à 14h51’13’’ (12h51 TU). Cela fait donc un peu plus de 5 jours qu’il est en mer. Le Trimaran est attendu sur la ligne d’arrivée au Sud de l’Ile de Wight lundi dans l’après-midi.

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Les bretons dominent le 32e Championnat d´Europe d´Hobie Cat 16

32ème Championnat d'Europe d'Hobie Cat 16
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Julien Villon & Martin Bataille gagnent la première manche et François Morvan & Romain Petit, pourtant mal classés à la première bouée, arrachent la seconde place.

La deuxième manche s’annonçait très intéressante. Les trois premiers du classement étaient certains de rester sur podium mais devaient se battre pour connaître leur place définitive et surtout déterminer le vainqueur.
 
Au départ, les deux équipages bretons se marquent mais l’avantage est resté pour François Morvan & Romain Petit. C’est une très grande victoire pour cet équipage formé pour l’occasion. Ils enchaîneront peut être l’année prochaine par le Championnat du Monde qui aura lieu aux Iles Fidji en 2007.
La deuxième place revient aux Champions d’Europe Jeunes 2006 Julien Villon & Martin Bataille qui confirment leur potentiel pour la seconde fois cette  semaine.

Enfin, sur la troisième marche, deux habitués des podiums, les allemands Hulf Hann & Maxi Jarling. Le match France-Allemagne a donc tourné à l’avantage des Français mais les 9 premières places du classement final sont partagées entre pavillon français et allemand.

Il faut rappeler que la compétition a regroupé 154 équipages en Open sur trois ronds Or, Argent et Bronze mais aussi et surtout 63 équipages en Hobie 16 avec Spi ce qui prouve le renouvellement de la flotte sans oublier les catégories masters et féminines.
L’année prochaine les Championnats d’Europe auront lieu en Hollande.

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