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Class40. Aurélien Ducroz vise le Vendée Globe et 82 sommets !

Le Chamoniard Aurélien Ducroz se lance dans un nouveau défi après 6 ans sur le projet de Class40 Crosscall Sailing Team. Il vise le Vendée Globe 2028 et les 82 sommets de plus de 4000 m des Alpes

« Ça a été six années vraiment fortes. Il s’est passé énormément de choses : le lancement d’un nouveau bateau, une première Route du Rhum. Cela a été une aventure extraordinaire.” Tout a commencé en 2020. Aurélien, champion du monde de freeride, rêve de nouveaux projets sur les océans. Après trois saisons en Diam24 sur le Tour Voile et plusieurs expériences de co-skipper en Class40 et en Imoca, la course au large s’impose comme un prolongement naturel de sa quête d’éléments, de solitude, d’effort pur. Cyril Vidal, Fondateur et PDG de Crosscall, lui tend la main. Ensemble, ils imaginent un Class40 sur-mesure qui portera les couleurs de l’entreprise. « Quand j’ai décidé de faire construire un bateau, pour moi qui ne vient pas de ce milieu-là, c’était un pari osé. Le fait que Crosscall me suive, c’était un acte fort. » À Caen, le chantier dure neuf mois. Neuf mois de choix techniques, d’énergie, d’intuitions partagées. « Les équipes ont vécu la construction à mes côtés. Ils se sont approprié le projet et ont pris en main la conception de la déco, pour un résultat époustouflant. C’était passionnant. Ce moment était aussi celui où il fallait embarquer d’autres partenaires dans l’aventure et construire un collectif. La mise à l’eau a été un moment très fort. »

En 2021, première saison sur le circuit Class40 et la Transat Jacques Vabre en point d’orgue. Une saison de découverte du bateau, de réglages et de fiabilisation. La machine imaginée est complètement dingue et tient des allures incroyables.
En 2022, le monocoque s’élance au départ de la Route du Rhum. Une course qui marque l’histoire du large et qui, pour Aurélien, a une résonance profonde. « Je me suis senti bien dès les premiers jours. Vraiment bien. Seul, en mer, j’avais cette sensation d’être exactement à ma place. J’avais l’impression, enfin, d’être devenu marin. » Le large agit comme un révélateur. Au-delà du résultat, c’est le sentiment d’alignement, la vérité du moment qui s’impose.

Pour progresser, rien de mieux que de naviguer à deux. Aurélien embarque des co-skippers exigeants, généreux, formateurs : David Sineau, dès le début. Vincent Riou, référence absolue. Gérald Veniard, Pep Costa, Jonathan Chodkiewiez… « Chaque co-équipier m’a apporté un regard, une méthode, une manière d’être en mer. Naviguer avec eux, c’était un vrai accélérateur. » Le marin se forge dans l’échange, la confrontation, l’écoute. En 2023, la régularité et l’engagement portent leurs fruits : le Crosscall Sailing Team est sacré Champion du Monde Class40. « Ce titre balise une trajectoire. Il dit quelque chose du chemin parcouru. » Un repère dans une progression construite sans brûler les étapes.

Ce bateau a été pensé pour courir, mais aussi pour partager. En six ans, plus de 300 personnes sont montées à bord. Collaborateurs, partenaires, invités… tous réunis par l’envie de vivre la mer autrement. « Crosscall a été exemplaire. Ils ont tout mis en œuvre pour faire vivre cette aventure de l’intérieur. Et finalement, tout le monde s’est pris au jeu. » C’est cette humanité, cette générosité qui donnent au projet une dimension singulière. Plus qu’une équipe, une famille en mer.

L’Atlantique comme dernier terrain de jeu
Après l’exploration d’un nouveau théâtre, la Méditerranée en 2024 et 2025, avec des courses techniques, une météo piégeuse et des efforts récompensés par quatre podiums dont deux victoires : la Massilia Cup Offshore et la Porquerolle’s Race. Le Class40 Crosscall a clôturé son aventure par la grande traversée finale : la Transat Café L’Or – Normandie Le Havre. Une sixième participation à cette course mythique pour Aurélien menée de bout en bout avec toujours la même énergie, la même détermination et ce désir intact d’avancer, d’explorer et de donner du sens.

Grandir, se sentir prêt, regarder plus loin
« Avant, je faisais une course par an, et chaque fois j’avais l’impression de tout recommencer. Grâce au soutien de mes partenaires, j’ai enfin pu m’immerger à 100 %, vivre les saisons dans leur totalité. » L’expérience s’est déposée lentement, avec constance. Aujourd’hui, Aurélien navigue en confiance. « Je monte sur le bateau, tout est fluide. Je me sens à ma place en mer, même dans les conditions les plus difficiles. »

Un nouveau projet

Ce nouveau projet repose sur le double terrain de jeu d’Aurélien : la mer et la montagne. D’un côté un bateau IMOCA, monocoque de 60 pieds destiné à participer aux plus grandes courses océaniques : la Route du Rhum en 2026, la Transat Café l’Or en 2027 avant le Vendée Globe 2028, tour du monde en solitaire et sans escale. De l’autre, un défi alpin hors normes : l’ascension des 82 sommets de plus de 4000 mètres des Alpes, répartis entre la France, la Suisse et l’Italie. L’ensemble de ces défis sportifs seront menés au service d’une cause. Aurélien et son équipe sont dors et déjà en recherche active des partenaires et mécènes souhaitant embarquer dans l’aventure.

Et entre les lignes, une histoire personnelle
Dans un récit tout en relief, où la neige des cimes croise les embruns du large, le skipper – skieur a pris le temps, ces derniers mois, de mettre des mots sur cette trajectoire. Sous la plume de Benoit Prato, il y parle d’intuition, de peurs, de rêves, d’ancrages aussi. Comme une façon de fixer ce qu’il reste à transmettre, à ceux qui, comme lui, cherchent à franchir les frontières invisibles entre deux mondes. Le Class40 Crosscall s’apprête à tirer sa révérence. Le programme s’achève. Mais l’histoire, elle, continue. Un homme. Une équipe. Un rêve devenu cap. Le tour du monde s’annonce. Cette fois, ce n’est plus un rêve. C’est une ligne de départ à aller chercher.

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Sélection officielle de l’Equipe de France 2026, 9 athlètes retenus

Photo Nicolas Touzet / FFVoile

Ils sont 9 neuf athlètes à avoir été retenus en 2026 au sein de l’Equipe de France en vue de leur préparation pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.

L’intégration à l’Équipe de France 2026 repose sur des critères de sélection particulièrement rigoureux : figurer parmi les six premiers des Championnats du monde 2025, avoir été sacré champion du monde ou médaillé olympique en 2024. Au total, neuf athlètes ont été retenus pour la saison à venir. Ils disposeront des moyens de la Fédération Française de voile ainsi que d’un encadrement spécifique. La sélection a été présentée à Paris au Comité national olympique et sportif français (CNOSF) par Guillaume Chiellino, Directeur Technique National aux côtés de Franck Citeau, manager de la Performance et Loïc Billon, manager de l’Équipe de France.

L’EQUIPE DE FRANCE 2026 :

  • Lauriane Nolot – Kitefoil
    Neuf mois après sa médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Paris 2024 et après une convalescence liée à une fracture du pied, Lauriane Nolot signe un très beau retour en force. Elle décroche d’emblée le titre de championne d’Europe avant d’aller chercher une médaille de bronze mondiale. De quoi nourrir de fortes ambitions pour 2026.
  • Louise Cervera – Dériveur solitaire (ILCA 6)
    À 27 ans, Louise Cervera réalise cette année une performance historique en devenant championne du monde d’ILCA 6. Elle est la deuxième Française de l’histoire à décrocher ce titre dans une série parmi les plus exigeantes de la voile olympique. Impressionnante de maîtrise tout au long du championnat, elle s’impose désormais comme une prétendante assumée pour une médaille olympique.
  • Tom Arnoux – Planche à voile (iQFOiL)
    Révélation de ce début d’olympiade, Tom Arnoux s’offre en 2025 le titre de vice-champion du monde après une semaine de qualifications parfaitement maîtrisée. Un statut qu’il devra désormais confirmer sur les grandes échéances à venir.
  • Matisse Pacaud & Lucie De Gennes – Dériveur double (470)
    Triples champions du monde jeunes, Matisse et Lucie confirment cette année encore leur ascension au plus haut niveau. Leur médaille de bronze européenne et leur 6ᵉ place mondiale leur ouvrent les portes de l’Équipe de France. Une relève prometteuse pour aller truster des titres internationaux.
  • Erwan Fischer & Clément Péquin – Dériveur double (49er)
    Quatre mois avant Paris 2024, le duo décrochait brillamment le titre mondial en 49er. Après des Jeux en demi-teinte, l’équipage rebondit avec deux victoires sur les étapes du Sailing Grand Slam de Palma et Kiel, et garde son rang parmi les favoris internationaux.
  • Benoît Gomez – Kitefoil
    Figure bien connue de la discipline, Benoît Gomez crée la surprise en montant sur la 3ᵉ marche du podium mondial 2025. Vice-champion d’Europe en 2021, réputé pour sa vitesse et son sens tactique, il confirme un retour en puissance remarquable.
  • Nicolas Goyard – Planche à voile (iQFOiL)
    Référence mondiale de l’iQFOiL, Nicolas Goyard confirme en 2025 son statut parmi l’élite internationale. Après des Jeux Olympiques difficiles, il rebondit avec une saison solide marquée par une 5ᵉ place aux Mondiaux et un titre de vice-champion d’Europe, son quatrième podium continental de sa carrière. Le Calédonien aborde 2026 avec l’ambition de retrouver le tout premier plan mondial.

Toutes les séries ne sont pas représentés à l’image du Nacra. Tim Mourniac et Aloise Retornaz ne sont pas sélectionnés ayant fait 8e au dernier Championnat du Monde. Ils ne sont pas en Equipe de France mais soutenus dans le Collectif Equipe de France.

Loic Billon, manager de l’Équipe de France nous explique: ” Ils ne sont pas en équipe de France. Ils évoluent au sein d’un collectif que l’on appelle le Groupe France. Ils restent soutenus dans un cadre officiel de la Fédération française, mais pas au même niveau que l’équipe de France, car les exigences de performance attendues sont supérieures à ce qu’ils ont réalisé jusqu’à présent. Lors de la dernière olympiade, pour intégrer l’équipe de France, il fallait réaliser un top 3 mondial. En 2025, le critère est un top 8, et pour 2026, un top 6. L’objectif final reste les Jeux Olympiques. Comme l’a précisé Franck Citeau, 85 % des médaillés aux championnats du monde sont également médaillés aux Jeux Olympiques, et au-delà d’un podium mondial, la probabilité de décrocher une médaille olympique est plutôt faible. Le fait d’exiger un top 6 pousse les athlètes à viser le très haut niveau et à ne pas se satisfaire d’une huitième place. Par le passé, nous avons connu des situations où un classement dans le top 8, voire le top 15 aux championnats du monde, suffisait pour intégrer l’équipe de France, sans que cela ne se traduise par des médailles. Aujourd’hui, cette ambition accrue en termes de résultats sur les championnats du monde augmente nos chances d’être sur le podium olympique. Les autres athlètes disposent malgré tout de moyens d’accompagnement. De plus, s’ils réalisent un podium aux championnats du monde, ils sont revalorisés au cours de l’année : il s’agit d’une aide a posteriori, basée sur la performance. Nous sommes clairement tournés vers la performance et ambitieux sur cette olympiade. L’année 2026 sera une année clé, notamment pour observer l’accélération de la préparation de certains athlètes.

Parmi les neuf athlètes, nous avons échangé avec Erwan Fischer, qui navigue en 49er avec Clément Péquin, une série très compétitive.
« Être en équipe de France nous permet de débloquer beaucoup d’aides et de financements. C’est essentiel pour notre préparation, mais cela nous oblige aussi à respecter un cadre. » Après les JO 2024, le duo — premier équipage français à avoir décroché un titre de champion du monde dans cette série — est passé à côté de ses Jeux, dont il a su tirer des enseignements. Il s’est ensuite imposé à Palma ainsi que lors de la Semaine de Kiel en juin 2025. Basés à Lorient, ils s’entraînent avec Jean-Baptiste Bernaz et Jérémie Mion, mais également avec des équipages étrangers.

De leur côté, Matisse Pacaud et Lucie De Gennes vont entamer leur sixième saison en dériveur double (470). Triples champions du monde jeunes, ils restent pleinement déterminés à décrocher une médaille aux Jeux Olympiques de Los Angeles. Matisse, qui faisait partie de l’équipe française engagée sur la Youth America’s Cup à Barcelone, ne devrait pas re-signer afin de se concentrer pleinement sur sa préparation olympique.

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Trophée Jules Verne. C’est parti pour Sodebo Ultim 3 !

crédit Jérémie Lecaudey - Team Sodebo

Sodebo Ultim 3 a franchi ce lundi 15 décembre, à 21h 01min 05s (heure française), la ligne de départ du Trophée Jules Verne, située entre le phare de Créac’h (Ouessant) et le Cap Lizard (sud-ouest de l’Angleterre). Pour battre le record, l’équipage doit recouper la ligne avant le 25 janvier 2026 à 20h 31min 35s (heure française).

C’est un stand-by qui n’aura pas duré longtemps. Le Team Sodebo observait depuis plusieurs jours ce qui semblait être une bonne fenêtre de départ pour le Trophée Jules Verne. Celle-ci s’est confirmée et Thomas Coville, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle, Benjamin Schwartz et Nicolas Troussel ont quitté le ponton de Lorient ce lundi matin. Après les derniers checks techniques, ils ont mis le cap vers la ligne de départ, située à la pointe de la Bretagne. Le trimaran géant s’est élancé de Ouessant ce lundi 15 décembre à 21h 01min. Le record à battre ? 40 jours 23 heures et 30 minutes, propriété depuis janvier 2017 d’Idec Sport (Francis Joyon).

Une décision rapide
2ème de la Transat Café l’Or le 6 novembre, et moins d’un mois après le retour du trimaran à Lorient, le Team Sodebo, composé de plus de quarante personnes, a relevé un sacré défi pour mettre le trimaran géant en configuration Tour du Monde ! C’est chose faite, ce qui permet à l’équipage de Sodebo Ultim 3 de saisir la première et belle opportunité météo pour descendre l’Atlantique dans les temps du record.
Thomas Coville : “On avait annoncé qu’on voulait être en stand-by le 12 décembre et on part dès le 15. C’est quasiment le plan parfait. C’est une très belle fenêtre d’Atlantique Nord, comme on n’en a pas vu depuis très longtemps. Elle nous permet de faire une belle trace.Prendre la décision de partir sur un tour du monde, c’est vraiment la chose que je trouve le plus difficile à chaque tentative. Celle-là l’est particulièrement en étant dès le début du stand-by et avec assez peu de temps depuis la Transat Café L’or.. Une fois qu’on est parti, c’est notre travail, c’est notre passion, c’est ce qu’on sait faire.”

Une histoire à concrétiser
Un an après leur dernière tentative, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est de nouveau à l’assaut du Trophée Jules Verne. Thomas Coville : “Nous sommes les mêmes sept que l’an dernier. Humainement c’est important de repartir avec un équipage qui connaît bien le bateau, aguerri, qui se connaît bien et qui se connaît même mieux que l’année dernière. Nous avons fait la Route du Café avec Benjamin, cette deuxième place nous a apporté énormément. Aujourd’hui, on va vivre quelque chose à 7 qui va être incroyable. Je le sais et je le sens. Recommencer : c’était une volonté qu’on a tous eu l’an dernier, quand on s’était arrêté sous l’Australie. On a mis tout en œuvre pour repartir ensemble.”

Des conditions météo très favorables
Thomas Coville : “Ça promet des temps canons, en dessous de 5 jours à l’équateur, quasiment pour toutes les routes. Je reste plus prudent sur la suite parce que les enchaînements avec l’Atlantique Sud peuvent vite évoluer mais pour le moment on est entre 10 et 12 jours à Bonne Espérance. Ne pas tenter cette fenêtre, ce serait passer à côté d’une excellente fenêtre. On a envie d’oser!”

Benjamin Schwartz : “Là il y a vraiment une super belle fenêtre. Il y a beaucoup d’envie dans tout l’équipage donc c’est l’essentiel. On est assez serein là-dessus. Les 48 premières heures seront assez engagées jusqu’au sud du Portugal avec du vent mais surtout beaucoup de mer. Néanmoins ce sont des conditions qui nous emmènent rapidement dans l’Atlantique Sud avec de superbes projections. Aujourd’hui ce sont de très bons temps à l’équateur et à Bonne Espérance. On est opportuniste, il faut être opportuniste pour ce genre de record et on connaît tous le bateau. On va se mettre dans le bain très rapidement !”

Source CP

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Trophée Jules Verne. Code vert pour Sodebo, une très belle fenêtre !

crédit Fred Morin / Team Sodebo

Le Team Sodebo observait depuis plusieurs jours ce qui semblait être une bonne fenêtre de départ pour le Trophée Jules Verne. Celle-ci se confirme pour Thomas Coville.
Thomas Coville, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle, Benjamin Schwartz et Nicolas Troussel vont quitter le ponton de Lorient ce lundi matin à 11h. Après les derniers checks techniques, ils feront route vers la ligne de départ, située à la pointe de la Bretagne. Ils devraient s’élancer de Ouessant dans la nuit de lundi à mardi.

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Jules Verne. Un Hook de grand voile récalcitrant sur Idec Sport

Six heures durant vendredi dernier, tout l’équipage de The Famous Project CIC s’est mobilisé sur le pont du Maxi trimaran IDEC SPORT au ralenti au cœur de l’Atlantique Sud. La cause, un « hook » récalcitrant, coincé, bloqué, empêchant de renvoyer la grand voile à hauteur du 2ème ris.

Un « hook », c’est une sorte de crochet qui va prendre la charge de la tension d’un guindant d’une voile pour l’envoyer en tête de mât. On hisse et on bloque la voile en partie haute avec ce crochet. Démontage, inspection, réparation, remontage… au prix de plusieurs ascensions à l’extérieur mais aussi à l’intérieur du mât aile du bateau, chaque équipière a patiemment, assidument pris sa part dans ces tentatives de réparation : “Bex, d’abord. “explique Alexia, “Une volonté incroyable. Un talent brut. Elle est montée à l’intérieur du mât, à plus de quinze mètres de haut, sur une mer formée, pour aller vérifier la pièce sur laquelle s’accroche le « hook ». Dans la VHF, on l’entendait. À chaque secousse, un gémissement. Là-haut, c’est violent. Et nous, en bas, on avait mal pour elle. Molly, toujours prête à bricoler. Debs et Annemieke, à chercher, fouiller, trouver le bon matériel. Stacey, avec ses idées, son expérience, son regard. Pendant ce temps-là, Tamara tenait la barre. Dee écoutait, coordonnait, gardait la vision d’ensemble. Et moi, en lien permanent avec l’équipe à terre pour recevoir, croiser et transmettre les informations.”

Mais peine perdue ! La grand voile demeurait obstinément bloquée au niveau du deuxième ris. Avec le J3 (trinquette) à l’avant, le maxi trimaran se trouvait alors parfaitement toilé pour les conditions du moment, avec l’arrivée de cette grosse dépression australe et ses vents à près de 40 noeuds. Plein est, le voilier retrouvait une allure régulière et l’équipage remettait à plus tard, sous l’Afrique du Sud, ses espoirs d’éventuelles réparations. Insidieusement pourtant, la petite musique de l’arrêt au stand, voire, de l’abandon, commençait à s’insérer dans les esprits.
“On a pensé que c’était rédhibitoire et on a commencé à se faire à l’idée de devoir s’arrêter.” poursuit Alexia. “J’ai demandé à Christian Dumard (routeur à terre) de faire des routages à 70 % de notre potentiel, pour évaluer notre capacité à naviguer à allure raisonnable. Il nous a fallu accepter de naviguer sous notre actuelle configuration, avec cette énorme contrainte de devoir arrêter le bateau plusieurs heures à chaque changement de ris. On est aux portes du Grand sud et on s’est dit que ça valait la peine de continuer. On a partagé ces perspectives entre nous, et c’est reparti !”
L’aventure de The Famous Project CIC continue. Alexia et ses 7 équipières devront réinventer une autre manière de naviguer, parfois sous toilé, avec d’autres angles au vent, d’autres manières de porter leurs voiles d’avant, bref, d’autres difficultés ajoutées à leur titanesque challenge autour du monde. Défi accepté, qui donne encore plus de relief, de piment, de mérite à cette circumnavigation de toutes les découvertes et de toutes les inconnues.

Alexia Barrier : ” C’est que vous n’allez peut-être pas me croire… mais on a failli décider d’arrêter. Ça fait deux jours qu’on y pense. Deux jours qu’on ne pense qu’à ça. Qu’on évalue. Qu’on analyse. Qu’on retourne la question dans tous les sens. Parce que, dans une grande aventure, la décision la plus difficile à prendre… ce n’est pas de partir. C’est celle d’abandonner. L’avarie mécanique qui nous touche n’est pas anodine. Elle est sérieuse. Mais elle ne met pas en péril notre sécurité. Elle met en péril la vitesse. Le record. Les chiffres. Elle ne met pas en péril notre histoire. Ni notre rêve. Ni notre ambition d’écrire une page de notre sport en devenant le premier équipage féminin à boucler un tour du monde sans escale et sans assistance sur un maxi multicoque.

Alors oui… on ira moins vite. Et oui… on est compétitrices. Donc ça pique un peu. Mais ce qu’on vit ici est exceptionnel. Unique. On va moins vite… mais on est ensemble.
Ensemble pour battre nos peurs. Nos doutes. Nos angoisses. Ensemble pour progresser. Ensemble pour vivre le Grand Sud. Et ça, franchement… ça n’a pas de prix.
En tout cas, pas celui de quelques nœuds volés par une pièce mécanique défaillante.
Alors cette décision, on l’a prise. Celle de continuer.
J’ai beaucoup échangé. Avec Christian Dumard. Avec Brian Thomson aussi. Avec l’équipe à terre. J’ai senti la puissance du soutien. Technique. Humain.
Et puis il y a eu les regards. Celui de mes parents sur WhatsApp. Mes yeux qui ont pleuré ces deux derniers jours, en se demandant si on était folles… ou simplement vivantes.
Et puis on a regardé devant. Avec lucidité. Ça ne va pas être simple. On va encore bricoler. Adapter. Composer.
Mais on y va. Parce qu’on avance encore. Parce que le bateau avance. Parce qu’on fait des milles. Parce qu’on est dans les temps d’une aventure immense.
Parce que personne ne se souviendra d’un chiffre…mais tout le monde se souviendra d’un aboutissement. Parce que, quoi qu’il arrive, on est en train de vivre quelque chose que très peu de gens vivront un jour. Parce que traverser le Sud à 30 nœuds dans 40 nœuds de vent, ça ne s’apprend pas dans un manuel. Parce que passer le Cap Horn en équipage féminin, sur un trimaran, ça ne s’efface pas.
Parce que, si un jour il faut s’arrêter, on saura le faire en conscience.
Mais pas maintenant. Pas ici.”

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Globe40. Jonas Gerckens et Benoît Hantzperg, deuxième à Sydney

Le Class40 Curium (187) de Belgium Ocean Racing, skippé par Jonas Gerckens et son co-skipper Benoît Hantzperg, a franchi la ligne d’arrivée de la 3ᵉ étape du Globe40 en 2ᵉ position, au terme d’un parcours exigeant entre La Réunion et Sydney. Une étape longue et éprouvante, marquée par des conditions particulièrement difficiles, tant pour le bateau que pour les hommes.

« Cette étape a été particulièrement dure pour le bateau et les bonhommes. Les conditions étaient encore plus compliquées que lors de l’étape 2. On a essayé de tirer sur le bateau et on a vite compris qu’il fallait freiner car il y avait de la casse », explique Benoît Hantzperg.
« Quand on a cassé la première fois, on a eu une alarme rouge. Trouver les bons réglages dans ces mers hachées a été très compliqué. Il fallait éviter que le bateau parte en survitesse : on est passés de 30 nœuds à 15 nœuds en quelques instants. C’était très “on-off” ».
Malgré ces conditions extrêmes et plusieurs avaries, l’équipage est parvenu à rallier la baie de Sydney, offrant une arrivée spectaculaire au pied du célèbre Opéra.

« J’ai eu des frissons en découvrant tous ces bâtiments à l’autre bout de la Terre », confie Jonas Gerckens. « Si mes calculs sont bons, nous restons premiers au classement général. Le duel avec Crédit Mutuel a été très serré et va continuer jusqu’à Lorient. Nous comptons bien défendre notre place. »

Cette étape a également été riche d’enseignements pour l’équipage belge.
« On a appris énormément de choses et on connaît désormais beaucoup mieux notre bateau », poursuit Jonas.
Le skipper revient aussi sur un moment clé de la course :
« Nous avons perdu le match avec Amélie Grassi et Ian Lipinski (Crédit Mutuel) au large de la Tasmanie, lorsque nous avons perdu notre grand spi. C’est frustrant et mentalement difficile, d’autant plus que nous avons aussi perdu nos antennes satellites. »

Grâce à cette solide 2ᵉ place, Belgium Ocean Racing – Curium conserve la tête du classement général du Globe40.
La prochaine étape, entre Sydney et Valparaíso, s’annonce déjà décisive.
« Il y aura Djemila Tassin et Benoît Hantzperg à bord », précise Jonas Gerckens.
« Ce sera probablement une étape clé : si on gagne celle-là, il y a des jokers. Si on la perd, il faudra absolument remporter les deux dernières. » Le suspense reste entier à l’approche de la deuxième moitié de ce tour du monde en Class40.

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SailGP. Kevin Peponnet s’explique sur son départ: “C’est un nouveau challenge !”

Kévin Peponnet intégrera l’équipe allemande de SailGP en tant que régleur d’aile dès janvier prochain, à l’occasion du lancement de la saison 6. Il revient sur les raisons de son départ.

Que s’est-il passé avec K-Challenge pour que tu rejoignes l’équipe allemande de SailGP l’année prochaine ?
Il s’est passé que mon contrat n’a pas été reconduit. C’est une décision du management de l’équipe SailGP France. Suite à cela, j’ai envisagé un transfert vers une autre équipe. Au cours de la saison, j’avais été approché par plusieurs équipes, notamment les Allemands, les Danois et les Brésiliens. Mais l’équipe allemande est celle qui me plaisait sportivement le plus, avec une très belle fin de saison, une équipe très jeune, qui a terminé avec une super dynamique et de beaux résultats.

C’est une déception pour toi de quitter l’équipe française ?
Je suis déçu, mais sans que ce soit vraiment une déception. Il y a des choses qui vont me manquer, c’est sûr. Cela faisait trois ans que j’étais dans l’équipe, donc tu noues forcément des liens. Naviguer avec des potes à bord, c’est quelque chose que j’ai toujours recherché dans mes projets. J’ai toujours intégré des équipes où il y avait des atomes crochus, de l’affect.
Là, intégrer l’équipe allemande, où je ne connais pas grand monde, va être assez différent. C’est un projet anglo-saxon et le principal enjeu pour moi sera de m’intégrer rapidement dans une équipe déjà en place. Il va aussi falloir que je bascule totalement en anglais. La communication est essentielle sur ces bateaux-là. C’est un nouveau challenge, mais ça m’attire aussi. J’avais envie de vivre cette expérience dans ma carrière, peut-être pas tout de suite, mais j’avais envie de cocher une aventure dans une équipe anglo-saxonne. Ce n’est pas moi qui ai fait ce choix initialement, ce sont les circonstances qui m’ont amené à rebondir. J’étais content d’avoir un dernier souvenir avec l’équipe de France, avec une victoire de course et un podium sur le dernier Grand Prix. On a été capables du pire comme du meilleur cette saison, où nous n’avons pas eu beaucoup de réussite. On n’a jamais eu autant de soucis matériels. On termine 5ᵉ, et je crois que c’était notre niveau. On a été capables de faire des podiums et des finales, mais aussi de finir des Grands Prix à la septième ou huitième place.

Il y a eu des rumeurs de mésentente avec Quentin et de l’arrivée des Espagnols sur le projet America’s Cup de K-Challenge. Est-ce que cela a joué ?
J’ai entendu ces rumeurs moi aussi. Les Espagnols repartent sur un projet olympique en 49er. Ils ne cachent pas que ça va être compliqué de tout faire en même temps. Je trouve ça bien qu’il y ait des navigants étrangers à bord. Il ne faut pas s’en priver, car il y a beaucoup de très bons profils. Concernant mes relations avec Quentin, nous ne sommes pas fâchés. On a pu avoir des désaccords, mais nous nous voyons toujours. Je pense que cela a été une décision collégiale du management. Je ne sais pas qui l’a réellement prise, mais c’est leur décision et je la respecte. J’entends aussi qu’il faille parfois un peu de renouveau.
Mon contrat avec SailGP France est terminé et, pour l’instant, rien n’est envisagé pour la Coupe de l’America. J’ai eu récemment des discussions avec d’autres équipes et j’ai aussi envie de m’ouvrir à d’autres projets. J’ai regardé du côté du circuit TF35, de l’ETF26. Je suis également en discussion avec quelques projets Coupe pour des missions ponctuelles, mais il devient compliqué d’allier un projet SailGP à 100 %, avec 13 événements, et un projet Coupe quasiment à temps plein. Beaucoup d’équipes sont en train de se structurer pour dissocier les équipes navigantes entre SailGP et la Coupe.

Ton objectif avec les Allemands, ça va être quoi ?
L’enjeu principal va d’abord être de m’intégrer. L’équipe est déjà en place et elle a prouvé qu’elle fonctionnait et qu’elle performait. Je vais essayer de répondre à toutes leurs attentes.
Depuis la fin d’Abu Dhabi, j’ai intégré l’équipe. Cela fait à peine quinze jours, depuis le 1ᵉʳ décembre. J’ai été assez surpris par la capacité de travail et le professionnalisme de l’équipe. C’est une structure très récente et tout est très bien organisé. Ils ont des objectifs clairs, ambitieux mais pas déraisonnables. Ils savent d’où ils viennent et savent que ce n’est pas parce qu’ils ont fait une très bonne fin de saison qu’ils se voient déjà briller et intégrer la super finale la saison prochaine.

Est-ce que tu as fait un gain de salaire ?
Non. Et pour être franc, si j’avais été motivé uniquement par l’aspect financier, je serais plutôt allé chez les Brésiliens. C’est le projet sportif qui m’a guidé, et j’ai aussi eu la chance d’avoir le choix. Le mercato existe depuis la première saison de SailGP, mais il se faisait de manière plus officieuse, comme dans beaucoup de projets voile. Avec la croissance de la ligue, l’augmentation des salaires et l’intérêt des investisseurs, l’organisation a cherché à mieux encadrer et structurer cela, notamment avec une fenêtre de négociation officielle, permettant des échanges plus clairs entre équipes, plutôt que des coups de fil ou des messages informels. Il y a aussi la possibilité de prêts d’équipiers, avec la mise en place d’une licence pour naviguer en SailGP. Tout est désormais plus structuré, et c’est une bonne chose : c’est plus rassurant. Mon « transfert » a pu se faire parce qu’il y avait une entente tripartite entre les deux équipes et moi-même. À l’avenir, il pourrait même y avoir des transferts financiers entre équipes, comme au football. J’ai signé avec les Allemands pour deux ans.

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Jules Verne. Entrée dans le Grand Sud pour Idec Sport

© DeborahBlair TheFamousProjectCIC-

Alors que The Famous Project CIC aborde dans d’excellentes conditions la fin hautement symbolique de la première phase Atlantique de son parcours du Trophée Jules Verne, Christian Dumard routeur donne son point de vue sur ce début de Jules Verne de cet équipage 100% féminin.

Jamais cet équipage récemment concocté, n’a navigué aussi longtemps ensemble à bord d’IDEC SPORT. Seules trois de ces femmes ont l’expérience du grand sud, aucune à bord de maxi multicoque. Rarissimes sont celles à avoir navigué en course, en multicoque, autour du monde, et on pense naturellement à Tracy Edwards et ses équipières du catamaran Royal et Sun Alliance, contraint à l’abandon à mi-parcours. Dona Bertarelli sur Spindrift et Dame Ellen McArthur sur le trimaran B&Q Castorama peuvent, elles, se targuer d’en avoir terminé avec un tour du monde en multicoque. « Entrer prudemment dans ce tour du monde relève de la simple intelligence de mer » souligne ainsi Christian Dumard. « Toutes ces navigatrices font preuve d’un grand professionnalisme et d’une prudence mesurée sur ce type de bateau exceptionnel, au regard de l’âge vénérable de ce trimaran lancé en 2006, et au regard de leur ambition de finir cette course. Je suis très admiratif de leur capacité à mettre le curseur au bon endroit et de leur incroyable sérénité. C’est le tour du monde de la bienveillance, du vouloir bien faire, du partage, dans le calme et la bonne humeur mais aussi de la sportivité. Elles prennent le temps d’entrer dans leur course et de prendre toute la mesure de cet incroyable bateau que peu de marins ont su maitriser. Elles progressent chaque jour, chaque mille un peu plus et s’enhardissent sans s’affoler et sans excès. Elles prennent toute la mesure des potentialités, des spécificités du bateau, de ses limites aussi, et vont progressivement, à leur main, le solliciter chaque jour davantage. C’est là une approche très intelligente, qui préserve les organismes et le matériel. »

A la table des Grands…

Alexia le répète à l’envi, les 7 navigatrices et elle-même se sont invitées à la table des grands, sur un Trophée Jules Verne qui n’a vu que d’immenses marins oser tenter de se l’approprier, Peter Blake, Steve Fossett, Olivier de Kersauzon, Bruno Peyron, Franck Cammas, Thomas Coville, Francis Joyon… « Nous naviguons sur les épaules des géants » murmurait avec humilité Alexia Barrier. Leur progressive montée en puissance relève d’un calcul, d’une réflexion assumée. « La mise en route dès le départ a été lente » admet Dumard, « mais justifiée par un état de mer « casse bateau », 4 à 5 mètres de creux dans lesquels elles n’ont pas voulu prendre le moindre risque. Bien leur en a pris et elles ont pu bénéficier ensuite d’un alizé version tranquille, parfait pour continuer leur entrée en matière. Certes, le pot au noir s’est agrandi sur leur passage, et leur a fait subir toute une journée au ralenti. L’alizé de sud-est s’est montré très modéré et l’équipage a pu poursuivre leur apprentissage du bateau, de la longue vie en communauté, et se projeter dans cette première grosse réalité de leur tour du monde, l’entrée dans les régimes perturbés du grand sud. Un enchainement des plus favorable se présente à elles pour rallier le sud du continent africain, dans la nuit de dimanche à lundi prochain, au terme d’environ 16 jours depuis Ouessant. »

L’entrée dans le Grand Sud

C’est déjà la réalité pour l’équipage de The Famous Project CIC en cette fin de deuxième semaine, l’entrée dans les latitudes australes, le « pays de l’ombre » dont elles n’émergeront qu’en parant le Cap Horn, d’ici 3 à 4 semaines. Le schéma météo immédiat montre des signes de divergence, ce qui laisse penser que le vent va osciller en force. Une ligne de nuages visible sur les images satellites se trouve exactement sur la route du bateau. Les rafales sous ces nuages sont plus fortes que le vent établi, incitant à la plus grande vigilance. L’approche du Cap de Bonne Espérance présente d’emblée un choix de route très marqué, entre une route « normale » au sud, et une route « conservatrice » au nord. L’équipage et les routeurs s’accordent pour rester au nord pendant les 24 à 48 heures à venir afin d’éviter les vents « très forts » et les rafales plus au sud à plus de 60 noeuds. L’option sud est plus rapide mais jugée trop extrême pour un premier contact avec une dépression du sud. La route conservatrice au nord est privilégiée pour réduire la hauteur des vagues et la charge sur le bateau, permettant à l’équipage d’entrer progressivement dans ces nouvelles conditions. A noter, le courant des Aiguilles* est à surveiller de près. Il convient d’éviter les situations où le vent serait contraire au courant, ce qui lèverait une mer dangereuse.

Dans les jours à venir, l’équipage vise à dépasser les vitesses prévues par le routage, de choisir la voile idéale pour le vent variable en journée et prévoir un changement afin d’anticiper un éventuel renforcement du vent ou une visibilité réduite.

*Le courant des Aiguilles est un courant marin de l’océan Indien. Il tire son nom du cap sud-africain des Aiguilles. Il s’écoule le long de la côte est sud-africaine, vers le sud-ouest, et est par endroit mesuré à plus de 4 noeuds.

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Globe40. Crédit Mutuel brillant vainqueur à Sydney de l’étape 3

Copyright : Image In France / Crédit Mutuel

Après 19 jours, 18 heures, 53 minutes et 43 secondes menées tambour battant depuis l’île de la Réunion, Ian Lipinski et Amélie Grassi ont, sur le bateau Crédit Mutuel, remporté à Sydney la 3e étape de la Globe40 avec brio, devant l’équipage de Belgium Ocean Racing – Curium (Jonas Gerckens et Benoît Hantzperg). Le Class40 Crédit Mutuel remporte ainsi sa troisième course dans cette édition après un premier succès lors du prologue (Lorient-Cadix) puis un deuxième entre Cadix et Mindelo (Cap-Vert), s’emparant de la 2e place du classement général de cette course autour du monde en sept étapes.

5120 milles théoriques, soit 9482 kilomètres sur la route la plus courte entre La Réunion et Sydney, l’océan Indien puis une entrée dans l’océan Pacifique avec la promesse de passer un long moment dans les mers du sud pour y affronter les trains de dépressions qui circulent d’ouest en est et la longue houle qu’ils génèrent, tel était le défi à relever.

Partis dans un petit temps, à petit tempo puisqu’une barrière anticyclonique fit obstacle aux concurrents pendant un peu plus de cinq jours, Ian Lipinski et Amélie Grassi ont été les premiers à prendre le train des dépressions et à profiter de la houle qui optimise la vitesse… sauf lorsque l’océan devient haché. Sur ce long tronçon de navigation dans des latitudes très basses, le tandem a brillé, par sa maîtrise, la pertinence des choix météo et sa capacité à exploiter le plein potentiel du Class40 Crédit Mutuel, mais sans jamais prendre de risques inutiles, conformément à l’appréciation du skipper, qui s’astreint à considérer ce tour du monde comme un marathon tout au long duquel il convient de prévenir les gros problèmes techniques… comme ceux rencontrés malheureusement par l’équipe allemande de Next Generation Boating Around the World, contrainte à abandonner l’étape pour des problèmes de gréement.

Dans ce contexte, poussé par les vents constants et quatre dépressions successives, le Class40 Crédit Mutuel a englouti les milles comme cela n’est sans doute jamais arrivé dans la catégorie des monocoques de 40 pieds.

400 milles par jour pendant 4 jours !

Entre la longitude de l’est des îles Kerguelen, bastion français du bout du monde, et l’est de King Island, la porte d’entrée du détroit de Bass, qui sépare l’île-continent de la Tasmanie, le Class40 Crédit Mutuel a parcouru 3473 milles théoriques sur 10 jours et 4 heures, soit une vitesse moyenne théorique de 14,23 nœuds. L’analyse prochaine des relevés de l’ordinateur de bord donnera probablement une vitesse réelle bien supérieure. Dans le détail, du 3 au 7 décembre, le duo a progressé de 400 milles en moyenne chaque jour et, sur 24 heures, entre le 6 décembre 1h45 et le 7 décembre même heure, Ian Lipinski et Amélie Grassi ont parcouru 410 milles, soit une vitesse de 17,08 nœuds théoriques. Époustouflant.

Le troisième volet de cette course a débuté entre l’île-continent et la Tasmanie, dans le détroit de Bass, où les vents faiblissants, notamment grâce ou à cause des reliefs, ont ralenti le tempo effréné. Dans le petit temps, Ian Lipinski et Amélie Grassi ont mené leur monocoque avec précision jusqu’à la ligne d’arrivée, franchie ce vendredi 12 décembre à 14h53 (heure locale) / 04h53 (heure française) avec une marge très confortable sur leurs poursuivants.

Cette troisième victoire permet donc à Ian Lipinski et son équipe de recoller au classement général. L’étape La Réunion-Sydney, sanctionnée d’un coefficient 2, permet au Team Crédit Mutuel de prendre la 2e place du classement général avec 12,5 points, soit 2 points de retard sur le leader, Belgium Ocean Racing (10,5 points).

La 4e étape mènera la flotte de Sydney à Valparaiso (Chili) pour une traversée très vraisemblablement débridée à travers l’océan Pacifique. Le départ sera donné le 1er janvier.

ILS ONT DIT :

Ian Lipinski : « Cette étape a été dure, je suis fier qu’on ait réussi à gagner dans ces conditions si sportives ! C’est une forme de soulagement parce qu’on a fait une contre-performance sur l ‘étape précédente, avec un finish très douloureux. Ça fait du bien de conjurer le sort et de gagner cette étape. Je n’ai pas été particulièrement effrayé par l’état de la mer dans cet océan Indien si redouté. En revanche, il a fallu en faire, des efforts ! Ça nous a demandé beaucoup d’effort physique d’une part et d’effort mental d’une autre. C’est tellement plus facile de s’éloigner des dépressions de quelques milles mais au risque de se retrouver dans des petites zones de vent mou et d’y perdre des milles supplémentaires. C’est dur de garder l’intensité quand tu n’attends qu’une chose : que ça se calme. Mais en voile l’endroit où ça va vite, c’est quand il y a de la mer et du vent… »

Amélie Grassi : « Nous sommes très, très, très contents ! Même quand on était dans le dur, on a continué à se faire mal et à pousser le bateau tout en prenant soin de lui, c ‘est vraiment une satisfaction immense de pouvoir clôturer l’étape sur une victoire. Nous avons vécu une course très intense. Après un départ avec peu de vent, ça a attaqué très fort dans les dépressions du sud. On a puisé assez loin dans nos réserves, il y a eu des moments où on a été très fatigués, avec les corps très éprouvés. Paradoxalement, quand tu navigues dans l’océan Indien, tu investis beaucoup d ‘énergie, ton corps est dans le dur, mais c ‘est aussi un moment où le bateau glisse dans des positions incroyables. Mais si tu arrives à mettre de côté les effets des contraintes que tu as choisies – se faire mal physiquement, repousser les limites – et bien tu vis des conditions de navigation exceptionnelles avec une mer qui est belle, énorme, puissante… C’est du kif, quand même (elle rit). À la sortie de l’Indien, je me suis sentie soulagée parce que j’étais fatiguée, mais j’étais aussi déçue que ça s’arrête parce que je ne sais pas quand j’y reviendrai. »

Daniel Baal, président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale : « Immense bravo à Ian et Amélie pour cette splendide victoire. On sentait notre duo très motivé après la 3ème place concédée lors de l’arrivée à La Réunion. Triompher dans la baie de Sydney est une belle symbolique pour nos skippers. Nous sommes tous, élus mutualistes et salariés du groupe, très fiers de leur maitrise sur cette étape qui aura été, une fois de plus, très éprouvante, tant pour l’équipage que pour le bateau. Le brillant résultat est là et notre plaisir aussi ! Ils vont pouvoir passer de belles fêtes de fin d’année. Et prendre un peu de repos puisque ce sont Antoine Carpentier et Alan Roberts qui les relaieront pour la prochaine traversée du Pacifique. »

Eric Petitgand, directeur général de Crédit Mutuel Alliance Fédérale : « Au nom de l’ensemble des collaborateurs et des élus du Crédit Mutuel, je tiens à féliciter Ian et Amélie pour cette nouvelle victoire. Ils font briller nos couleurs à l’autre bout du monde et démontrent la qualité de l’équipe Skipper Crédit Mutuel. Et quel plaisir de suivre ces courses comparables à de véritables régates… mais sur 2 à 3 semaines de suite ! La lutte est rude et la compétition de haut niveau. Des valeurs et des défis que nous aimons relever également au quotidien. »

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Figaro. La saison 2026 s’étoffe d’un nouvelle course en double entre la Vendée et le Portugal

© Simeli Prod / Classe Figaro Beneteau

La Classe Figaro Beneteau présente son calendrier 2026, élaboré en collaboration avec la Fédération Française de Voile et les organisateurs de courses. Quatre épreuves composeront le calendrier officiel du Championnat de France Elite de Course au Large, dont une nouvelle course en double qui consistera en aller-retour entre la Vendée et le Portugal, quand elles seront huit à intégrer l’Académie Figaro Beneteau.

La Classe Figaro Beneteau, référence incontournable dans le monde de la course au large, continue de proposer un circuit exigeant où la monotypie des Figaro Beneteau 3 met en avant le talent des marins, en faisant une véritable « École des légendes ». Un défi où chaque navigateur se doit d’être complet pour espérer se distinguer, que ce soit par sa technique, sa gestion de la stratégie ou sa préparation physique et mentale.

Les épreuves s’enchaînent à un rythme soutenu, repoussant sans cesse les limites des compétiteurs, et favorisant les confrontations entre les plus jeunes talents et les figures emblématiques de la course au large. Ce mélange d’expérience et de fraîcheur constitue la véritable âme du circuit, dans un esprit de transmission et d’apprentissage, toujours tourné vers l’excellence et le dépassement de soi.

Solitaire et double pour le Championnat de France Elite de Course au Large
La saison débutera en solitaire avec la Solo Guy Cotten (coefficient 2), organisée du 8 au 15 mars à Concarneau par la Société des Régates de Concarneau, qui proposera deux journées de parcours côtiers avant une grande course au large, préparation traditionnelle et idéale à la Solitaire du Figaro Paprec.
Place au double du 15 au 25 avril avec le Trophée Banque Populaire Grand Ouest (coefficient 2), organisé par Ultim Sailing à Concarneau. L’occasion d’un parcours sur la route des îles du Ponant, de la Normandie à la Nouvelle Aquitaine.
En 2026, la Solitaire du Figaro Paprec (coefficient 5), organisée par OC Sport Pen Duick, fait son entrée plus tôt dans le calendrier : son départ sera donné de Perros Guirec le 17 mai, pour une arrivée finale le 7 juin, après trois étapes d’une exigence qui ne se dément jamais.
Enfin, la Classe Figaro Beneteau accueille, une nouvelle épreuve en double (coefficient 3) dont le départ sera donné le 27 août pour un final le 13 septembre. Organisée par la société EG’EAU, cette course reliera la Vendée au Portugal (aller et retour).

L’Académie Figaro Beneteau : accueillir la relève
Du côté de l’Académie aussi, la saison promet d’être addictive. Créée en 2022, elle facilite l’accès au circuit aux jeunes, leur permet d’appréhender le Figaro Beneteau 3, de faire leurs armes en double et en équipage afin d’être compétitifs dès leur arrivée sur le circuit professionnel.
Huit épreuves composent le circuit de l’Académie cette saison :

  • La Solo Guy Cotten à Concarneau (double) organisée par la Société des Régates de Concarneau du 8 au 15 mars : les duos s’affronteront sur le même parcours que les solitaires
  • Le Trophée Laura Vergne à La Trinité sur mer (double ou équipage) du 27 mars au 1er avril, organisé par la Société Nautique de la Trinité sur mer : deux journées de parcours construits et côtiers et un parcours au large de deux nuits en mer pour la division double et une nuit pour les équipages
  • Le Spi Ouest France Banque Populaire Grand Ouest (équipage), organisé par la SNT du 3 au 5 avril, toujours à La Trinité sur mer
  • Le Grand Prix de l’Ecole Navale (équipage) à Camaret du 14 au 16 mai qui propose un dernier test grandeur nature pour les équipages du Tour Voile
  • Le Défi Paprec qui offrira aux duos inscrits de participer à la première étape de la Solitaire du Figaro Paprec. Départ le 17 mai
  • Le Tour Voile (équipage), organisé par Ultim Sailing revient pour sa 4ème édition en Manche et en Atlantique du 24 juin au 12 juillet
  • La Fig’Armor (solo et double) aura lieu à Lorient du 3 au 8 août
  • Le National Figaro Beneteau 3 en équipage, organisé par la Classe Figaro Beneteau et le Centre Nautique de Lorient, clôturera une nouvelle fois la saison de façon conviviale et festive à Lorient, du 8 au 11 octobre

Ils ont dit
Jean-Luc Denéchau, Président de la Fédération Française de Voile :
« La Classe Figaro Beneteau illustre parfaitement le dynamisme et l’excellence de la course au large française. Elle joue un rôle fondamental dans la formation des nouveaux talents grâce à un cadre sportif exigeant, renforcé par son Académie qui prépare les jeunes marins aux plus hauts niveaux, notamment sur le Tour Voile. Le calendrier 2026 confirme une fois encore l’attractivité du circuit, avec ses rendez-vous majeurs dont l’incontournable Solitaire du Figaro Paprec et la nouvelle épreuve de fin de saison entre la Vendée et le Portugal, appelée à devenir un temps fort du Championnat de France Elite de Course au Large. Cette richesse d’épreuves et de formats permet aux athlètes de briller sur tous les plans, en solitaire, en double et aussi en équipage. La Fédération Française de Voile se réjouit de voir cette classe continuer à faire émerger les marins de demain tout en proposant des rendez-vous qui mettent en lumière l’attractivité de notre sport et la dynamique de nos territoires. »

Jean-Bernard Leboucher, Président de la Classe Figaro Beneteau :
« L’assemblée générale qui s’est tenue le 3 décembre dernier confirme la bonne santé sportive et financière de la Classe Figaro Beneteau. Une belle saison 2025 avec de nombreux coureurs sur les deux circuits de courses, l’Académie Figaro Beneteau et le Championnat de France Elite de Course au Large. Nous avons notamment vécu des moments très forts avec la victoire sur La Solitaire du Figaro Paprec d’Alexis Loison après 19 participations et le sacre de Charlotte Yven, première femme vainqueure du Championnat de France Elite de Course au Large.
Le programme 2026 sera également de nature à révéler de nouveaux Champions et Championnes avec quatre épreuves en solo et double. Il faudra être plus rapidement au top niveau avec le positionnement de La Solitaire du Figaro Paprec en mai/juin et se mobiliser pour une fin de saison difficile avec un aller-retour entre la Vendée et le Portugal qui s’annonce comme une nouvelle et belle épreuve du Championnat de France Elite de Course au Large. Je souhaite le meilleur aux marins et leurs partenaires pour cette saison 2026 qui s’annonce déjà comme un grand cru. Un grand merci aux organisateurs de courses et notamment EG’EAU, nouvel organisateur du circuit, et à nos fidèles partenaires pour leur soutien sans faille. »

Marcus Hutchinson, vice-Président de la Classe Figaro Beneteau, en charge de la Commission Course*, revient sur la construction de ce calendrier 2026 :
« Notre programme est, à mon sens, bien équilibré, avec des courses en solitaire, en double et en équipage dès le mois de mars. Nous retrouvons également trois épreuves-phares dans l’année avec la Solitaire du Figaro Paprec (solo) en mai, le Tour Voile (équipage) en juillet et la nouvelle épreuve en double en septembre. Nos organisateurs de courses ont travaillé main dans la main avec la Classe Figaro Beneteau pour établir ce programme qui est riche et structuré. Je les en remercie tous sincèrement. »

  • La Commission Course est chargée de contacter les clubs, les villes ou les organismes susceptibles d’organiser des épreuves pour le circuit Figaro Beneteau, d’établir le calendrier des diverses manifestations, de valider le règlement du Championnat de France Elite de Course au Large, en accord avec la Fédération Française de Voile, de faire le bilan sportif de chaque épreuve du championnat et d’analyser les points de l’organisation pouvant être améliorés en accord avec chaque organisateur, de collaborer avec les organisateurs des courses en solitaire, double et équipage, étudier leurs problèmes spécifiques.
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