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Nicolas Troussel remporte sa deuxième Solitaire

victoire troussel solitaire 2008
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Cette victoire, Nicolas Troussel la doit à une course exceptionnelle entre La Rochelle et Vigo, une guerre dans la pétole, soldée par une arrivée en Espagne avec plus de 5h33 d’avance sur son dauphin Christian Bos et 6h31 sur Frédéric Duthil. Aucune des deux étapes suivantes n’ont permis à ses adversaires de combler cet écart. Troussel ne leur en a d’ailleurs pas laissé l’opportunité. A Cherbourg-Octeville, au terme d’une très longue bagarre sous spi, il termine, après avoir remonté de nombreuses places, sur les talons du vainqueur Gildas Morvan. Dans cette ultime confrontation jusqu’à l’Aber Wrac’h, il a encore une large marge de plus de 6 heures et peut se permettre de signer une manche en demi-teinte, résultat d’un coup risqué dans le nord sur le long bord de près…

Un talent salué de tous

Le scénario de sa « succès story » n’est pas sans rappeler celui de 2006 où le navigateur avait « tué la course » dès la deuxième étape à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, creusant déjà des écarts exceptionnels avec ses poursuivants. Cette fâcheuse tendance à frapper un grand coup pour mettre un terme aussi prématuré que définitif aux espoirs de tous les prétendants à la gloire, commence à précéder la réputation de ce jeune père de famille de 34 ans.
Après le fameux « Pécab’ » en 2006, bref slogan laconique, à l’image d’un skipper peu disert, cette 39e édition de La Solitaire vient de consacrer une nouvelle expression : « faire une Troussel ». Comprenez : mettre 6 heures à tout le monde et tuer la course en une seule étape.
Pourtant, derrière les petites phrases anecdotiques, il y a du génie et une vraie maîtrise, que ses adversaires saluent unanimement. Frédéric Duthil le premier : « Nico a navigué super propre sur les deux premières étapes. Sur la première, j’étais avec lui quand il est parti. Moi j’étais naze et lui avait encore la force et la lucidité de tenter des petits coups, d’aller chercher des choses. Et cela n’a rien à voir avec la chance, ça s’appelle le talent ».
Le secret du marin de Plougasnou ? Probablement une grande confiance en ses propres capacités, après 8 participations à La Solitaire. « Depuis quelques années, je navigue comme ça, en croyant en ma stratégie Je ne suis pas forcément intuitif, j’essaie surtout de penser à long terme. Et puis quand ça marche, c’est un peu la spirale. Peut-être que j’ai cette réussite-là en plus. Et puis je suis assez sûr de moi, ou en tout cas, je suis confiant, depuis plusieurs années, dans ce que je suis capable de faire » confiait-il à Cherbourg-Octeville.

La meilleure performance de Morvan
Pour grimper sur le podium de cette 39e édition, il fallait gagner une étape. C’est ce qu’ont réussi à faire Gildas Morvan (Cercle Vert) et Frédéric Duthil (Distinxion Automobile)… Déjà trois fois 3e en 1999, 2000 et 2001, Gildas Morvan signe chez lui à l’Aber Wrac’h son meilleur résultat, après 13 participations. « Même si j’étais venu pour la gagne, je pense quand même que j’ai fait une belle solitaire. Tout s’est joué sur la première étape où Nicolas (Troussel) a un peu tué la course. Il a super bien navigué. Quant à moi, je connaissais déjà la place de 3e pas celle de deuxième, alors ça c’est fait… mais je serai obligé de revenir l’an prochain pour gagner ! »

Duthil, solide troisième
Troisième au classement général avant jury, Frédéric Duthil, reviendra lui aussi, sans aucun doute. Le skipper de Distinxion Automobile peut s’enorgueillir de deux excellentes années sur La Solitaire. En 2007, il avait été un des hommes forts de l’épreuve. Il y avait remporté deux étapes pour finir 2e au général, juste derrière Michel Desjoyeaux. Cette année, ce semi-professionnel issu de la voile olympique a encore gagné en consistance : « C’est rigolo : Nicolas (Troussel) gagne la première étape et va gagner le général, Gildas (Morvan) gagne la deuxième et va finir 2e et moi je gagne la 3e et je vais finir troisième. On en a bavé mais ce qui me rassure, c’est que je deviens vraiment régulier, cette saison je ne suis pas descendu du podium, je commence à devenir régulier, c’est le plus dur. Je pense que j’ai gagné en polyvalence, en régularité, en opiniâtreté. »
Dans leur sillage, Erwan Tabarly (Athema) fait un retour très remarqué sur la course après une année d’absence et reste fidèle à sa réputation de champion de la régularité. Sur le podium virtuel à Cherbourg-Octeville, il se fait piquer la 3e place par Frédéric Duthil dans l’ultime étape et se retrouve avec la « médaille en chocolat » autour du cou. Sans aucune amertume.
A souligner, plutôt deux fois qu’une, l’excellente Solitaire de Jeanne Grégoire (Banque Populaire), régulière aux avant-postes sur les 3 manches. Cinquième, c’est de loin le meilleur résultat de Jeanne en 7 participations. Elle égale ainsi la prestation de l’Anglaise Clare Francis en 1975, jusqu’à présent meilleure performance féminine sur la course.

François Gabart, un bizuth heureux
Terminons avec le premier du classement provisoire Bénéteau des bizuths, François Gabart. Sacré Espoir Région Bretagne cette année, le jeune skipper de 25 ans prouve d’une part la pertinence de ces sélections opérées par le Centre d’Entraînement de Port La Forêt et d’autre part qu’il fait partie des futurs cadors de la classe. En dehors de la deuxième étape, François a très souvent joué dans le groupe des 15 premiers, au milieu de skippers bien plus expérimentés que lui. Pendant toute cette Solitaire, il a aussi répété qu’il prenait beaucoup de plaisir à découvrir les joies et les vicissitudes de la course. "Je m’attendais à plein de choses mais pas à ce que j’ai vécu. Il faut vivre cette course pour la comprendre. J’ai découvert plein de choses sur moi, sur mon envie de gagner, sur mes compétences. J’ai essayé de ne rien lâcher. La seule frayeur que j’ai eue c’était cette baleine croisée à quelques centimètres dans la deuxième étape. Sur la troisième, j’ai tout donné, c’était le sprint, j’ai même un peu de casse sur le bateau et je suis vraiment fatigué. Je m’attendais à prendre du plaisir et je me suis régalé !»

NB : Le classement général édité est pour l’heure provisoire. Il ne tient pas compte d’éventuelles décisions du jury.

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Frédéric Duthil remporte la dernière étape

victoire Duthil sotlitaire 2008
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Dans son sillage, 7 minutes et 11 secondes derrière, Gildas Morvan (Cercle Vert) et Laurent Pellecuer (Dr Valnet Aromathérapie) prennent les 2e et 3e place à 21 secondes d’intervalle, à l’issue d’une véritable bagarre de chiffonniers à quelques encablures de la ligne d’arrivée. Nicolas Troussel (Financo), leader du général est attendu dans environ 2 heures et devrait logiquement remporter sa deuxième Solitaire en trois ans.
On a beau avoir déjà vécu cette sensation unique de la victoire, c’est toujours formidable de remporter une étape de La Solitaire, surtout en abordant en vainqueur la Côte des légendes et le sublime pays des Abers. C’est peut-être le genre de chose qui vient de tourner dans la tête de Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), tout à l’heure, au moment d’atterrir sur le plateau rocheux du Libinter, dernier écueil avant d’embouquer les alignements de l’Aber Wrac’h, y admirer les déferlantes qui bordent le chenal, les sublimes cailloux de l’île Vierge et enfin déflorer cette ligne d’arrivée à bout de forces et de sensations. Debout dans son bateau, les poings en l’air, Frédéric a crié sa joie au milieu des hourras des bateaux spectateurs et des canots de la SNSM venus prêter main forte à l’organisation et célébrer le vainqueur à coups de lances à incendie !

Avant cette arrivée à l’Aber Wrac’h, Fred avait déjà vécu ce bonheur immense à deux reprises : en 2007, il avait en effet remporté la première et la dernière étape à Crosshaven puis aux Sables d’Olonne, lui permettant de se hisser sur la deuxième marche du podium au général, juste derrière un certain Michel Desjoyeaux. Pas franchement un novice, donc.

Sur cette ultime étape, le morbihannais s’est retrouvé d’emblée dans un peloton de tête composé de 10 concurrents. Son option sud en début de louvoyage, en compagnie de ses plus proches adversaires, a été judicieux. Mais c’est surtout son excellente approche hier soir dans la série de virements de bords vers la fameuse bouée Britanny Buoy qui lui permet d’enrouler en tête et de prendre définitivement les devants. Gildas Morvan et Laurent Pellecuer terminent dans son sillage à l’issue d’un match racing endiablé devant les passes de l’Aber Wrac’h…

Entre ces trois-là les derniers 150 milles, à fond sous spi, depuis la bouée Brittany Buoy virée la nuit dernière a été superbe. Comme une délivrance des terribles 300 milles de près à planter des pieux dans la boucaille de Bretagne Nord, « le bord de près le plus rude de ma vie », a dit Duthil cette nuit.

Sur la ligne, les écarts entre ce trio sont dérisoires: Frédéric Duthil termine avec respectivement 7 minutes et 11 secondes et 7 minutes 32 secondes d’avance sur Gildas Morvan et Laurent Pellecuer. Le tout au terme d’un gigantesque parcours banane à travers la Manche d’abord puis le grand large Atlantique de la pointe de Bretagne : une première partie très rude, contre la mer et le vent et un bord de spi ultra rapide au plaisir inversement proportionnel. La nuit dernière à la bouée Brittany Buoy, certains sautaient de joie sur leur bateau d’avoir enfin escaladé la montagne et mérité ce grand schuss qui a donc vu Duthil, Morvan et Pellecuer se détacher en tête pour régler la victoire au bas de ce Tourmalet des mers.

L’interview du vainqueur de l’étape, Frédéric Duthil (Distinxion Automobile)

A peine arrivé aux pontons de l’Aber Wrac’h en fête, Frédéric Duthil s’est prêté de bonne grâce au jeu des questions-réponses au ponton où l’ont accueilli des centaines de spectateurs. Retour sur une étape de feu.

Fred, on imagine que celle-ci fait plaisir…
« Je suis super, super heureux ! Il a fallu aller la chercher celle-là ! Je me suis arraché, arraché, arraché… Il ne fallait rien lâcher, jamais, suivre les oscillations du vent en permanence, elle était bien plus compliqué qu’il n’y paraît, cette étape. Le bord de près était extrêmement long et dur, le plus rude de ma vie je pense. Psychologiquement et physiquement, il fallait tenir le coup… la mer faisait qu’il était indispensable de barrer et régler constamment, il fallait être très concentré. »

Mais au final, l’histoire est belle, non ?
« C’est rigolo : Nicolas (Troussel) gagne la première étape et va gagner le général, Gildas (Morvan) gagne la deuxième et va finir 2e et moi je gagne la 3e et je vais finir troisième. On en a bavé mais ce qui me rassure, c’est que je deviens vraiment régulier, cette saison je ne suis pas descendu du podium, je commence à devenir régulier, c’est le plus dur. Je pense que j’ai gagné en polyvalence, en régularité, en opiniâtreté. »

Le final à trois était épique. A quel moment as-tu compris que tu allais gagner ?
« A l’entrée au plateau du Libinter ! Non, en fait, environ 10 milles avant la ligne, quand on a affalé les spis. Jusque là c’était très chaud, très serré, ça l’a été toute l’étape d’ailleurs. Je voyais Gildas Morvan et Laurent Pellecuer juste derrière moi : ils me chassaient mais j’étais placé entre eux et la marque. Donc sauf casse, si je m’accrochais bien il ne pouvait plus m’arriver grand chose. C’est ce que j’ai fait. Je me suis accroché. »

En somme tu as fait comme en parcours olympique, tu t’es souvenu de ton passé de planchiste ?
« Un peu, oui ! C’est le plus long parcours banane de ma carrière ! Faire de la tactique sur une bouée au vent à 2 milles, a priori je sais faire… mais là c’est ce que j’ai fait sur 300 milles (rires) ! »

Que penses-tu de Nicolas Troussel qui devrait remporter cette Solitaire ?
« Le problème de Nico, c’est qu’il a un peu tué la course dès la première étape ! Nico a navigué super, super propre sur les deux premières étapes. Sur la première, j’étais avec lui quand il est parti. Moi j’étais naze et lui avait encore la force et la lucidité de tenter des petits coups, d’aller chercher des choses. Et cela n’a rien à voir avec la chance, ça s’appelle le talent. »

BM

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A Qingdao, plus regulier, plus fort tu seras

49er
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A ce jeu, il se confirme toujours plus que c’est la régularité qui primera avant tout. L’analyse portée par notre équipage de 49er hier pourrait se révéler la clef des podiums : « ce plan d’eau récompensera ceux qui feront le moins d’erreurs ». En ajoutant aujourd’hui « et ceux de ceux-là qui feront en plus quelques étincelles », on peut penser que Manu Dyen et Yann Rocherieux ont révélé l’essentiel de la méthode gagnante à Qingdao. Ils peuvent être aujourd’hui satisfaits de suivre déjà le premier plan de route. Leurs 7, 8 et 4ème places les mettent à la 4ème place du général ce soir.
A l’inverse, Anne Le Helley et son équipage en Yngling ont déjà fait une de ces « étincelles nécessaires » en donnant à la France sa première victoire de manche aujourd’hui. Mais c’est la régularité qu’elles doivent maintenant rechercher comme en témoignent leur 14ème place à la dernière manche. Enfin, Guillaume Florent en Finn a fait l’expérience des conditions très variables du plan d’eau. Il a mis une manche pour « lire » le rond au large où les Finn naviguaient aujourd’hui d’où une 20ème place qui lui vaut de ne plus avoir de joker (rappelons qu’après 5 manches disputées la plus mauvaise est enlevée) mais sa 3ème place dans la deuxième manche a malgré tout mieux équilibré sa journée.
 Grosse journée demain avec l’entrée en lice de quatre séries fortes pour la France : les 470 hommes et Femmes et les planches hommes et femmes où figure notre championne olympique d’Athènes Faustine Merret. Avec les Finn, Yngling et 49er toujours sur le plan d’eau, c’est donc plus de la moitié de l’équipe de France qui régatera demain sous un ciel a priori plus couvert et peut-être avec plus de vent.     
   

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Dernières heures de combat sur La Solitaire

chabagny solitaire 2008
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Ventée, sportive, musclée, engagée… cette dernière étape de La Solitaire a déjà eu raison de huit concurrents, qui ont abandonné pour raisons diverses (matériel, physique…). Depuis ce matin, tous ceux-là sont à bon port dans le très bel abri de l’Aber Wrac’h. Au large en revanche, la bataille fait rage, à une trentaine de milles de la bouée Brittany Buoy. La « guerre » est un peu moins dure qu’hier pour les 38 solitaires encore dans le match. « Le vent a molli à 15/18 nœuds d’ouest et la mer est un peu plus longue, moins déferlante moins creuse », témoigne en mer le directeur de course Jacques Caraës. Rincés, trempés, fourbus, ils ne vont pas s’en plaindre, tant les dernières 24 heures ont été éprouvantes. Rivés à la barre, guettant l’accélération, ils sont à l’attaque en suivant les grains et oscillations du vent, tentant d’enchaîner les meilleurs bords pour aller chercher la bouée au vent de ce parcours banane géant, au large de la Bretagne. Cette fameuse Brittany Buoy qui sera virée en soirée par les leaders, peut-être aux alentours de 21h.

Les leaders ? Ceux qui ont pris la route du sud dès la pointe du Cotentin et le long des cailloux de Bretagne nord se frottent les mains. Pour l’instant en tout cas, leur trajectoire à l’intérieur des Sept-îles ou encore dans le sud de la route médiane leur a permis de prendre un léger avantage. Gildas Morvan, Erwan Tabarly et Frédéric Duthil sont de ceux-là. Respectivement 2e, 3e et 4e du classement général, les skippers de Cercle Vert, Athema et Distinxion Automobile sont dans ce groupe de tête où on ne compte pas un seul mais neuf leaders : ils tiennent tous en un petit mille ! Aux côtés de ces trois-là, tour à tour devant ou derrière pour quelques longueurs, on trouve Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), Eric Drouglazet (Luisina), Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Nicolas Lunven (Foncia) et Armel Tripon (Gedimat). Inutile de se fier davantage aux pointages : parmi ces neuf-là, on joue aux chaises musicales à chaque pointage pointages au gré des virements de bord. De 1er à 9e, la place de meneur ne tient qu’à un fil. Beaucoup sont au contact, se virent dessus à vue… La guerre contre les éléments a laissé place à la bataille tactique : une jolie compétition de tricot pour progresser contre le vent qui défend l’accès à Brittany Buoy.

Egalité chez les bizuths !

Le leader du général Nicolas Troussel (Financo) n’est pas dans ce match. Sa route nord l’a isolé et il cravache pour revenir, au moment où la flotte commence à faire l’entonnoir. Son matelas de six heures d’avance reste confortable, d’autant qu’il a déjà réduit de moitié son déficit de 20 milles enregistré hier. Reste à savoir s’il aura réellement du retard à la bouée et si oui combien, sachant qu’une fois celle-ci virée, les premiers vont accélérer au portant pendant que les copains de derrière continueront à tirer des bords deux fois moins vite.

Du 2e au 18e du général… et jusqu’au 38e d’ailleurs, tout comme du 1er au 9e de l’étape et même jusqu’au 14e (Jeanne Grégoire, à 3,7 milles) voire davantage, la lutte est intense, tendue, à tous les étages et à toutes les latitudes. Mention spéciale aux bizuths François Gabart (Espoir Région Bretagne) et Adrien Hardy (Agir Recouvrement). Grosso modo, ces deux débutants-là sont à égalité, à 130 milles de l’arrivée ! On pourrait multiplier les exemples, comparer avantages et inconvénients des latitudes, sachant que le latéral est énorme entre le bateau le plus au sud et le plus au nord : 75 milles à 30 milles de la marque au vent. En langage terrien : près de 140 kilomètres du nord au sud pour aller chercher le même point, 55 kilomètres devant l’étrave… Avantage sud pour l’instant, mais sait-on jamais ? Côté météo, le vent restera ouest toute cette soirée avant une bascule sud-ouest cette nuit, annonciatrice de l’arrivée d’une nouvelle dépression bien creuse, pouvant de nouveau générer des vents allant jusqu’à 40 noeuds. Mais au moment de ce nouveau coup de vent, explique Richard Silvani, de Météo France « la flotte devrait être en totalité sur le chemin retour, donc au portant avec des vitesses de rapprochement beaucoup plus élevées. » Et pourquoi pas être à l’abri avant ce nouveau coup de chien, prévu pour mardi matin. Pour l’instant, les premiers sont attendus à l’Aber Wrac’h dans la nuit de lundi à mardi, au terme de ces heures de vérité. Quand il faudra déclencher chronomètres et calculettes avant de féliciter les vainqueurs et réconforter les vaincus.

BM

Ils ont dit :

Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) : « ça castagne tactiquement »
« Il a fallu s’accrocher sévère moralement. Je suis en train de manger mon premier repas chaud depuis la première nuit. Les conditions étaient sportives : 30 nœuds de vent avec une houle croisée pas agréable, de quoi remuer les estomacs. Intellectuellement aussi c’est sport. Il y a des bascules de vent et il faut en tirer parti. Hier, j’ai un peu fait le dos rond. J’ai essayé d’aller vite. J’ai réussi à rester accroché à Fred (Duthil) qui était rapide. Cette nuit, quand le vent a basculé, j’ai pu aller dormir un peu. Parce que hier, toute la journée à la barre, ça a été assez rude. Depuis le premier jour quand le vent est rentré, j’ai enfilé ma combi sèche, par-dessus, j’ai mis mon gilet, accroché le harnais et c’était parti pour la castagne. Ca a castagné sévère. Et maintenant, ça castagne tactiquement. C’est étonnant, après 200 milles de près, de se retrouver tous aussi groupés à l’approche du but. C’est le côté sympa du jeu. Il y a du monde dans le bourg, t’observes les autres, tu essaies d’aller chercher les nuages, ça aide à tenir. On a hâte de remettre le bateau debout, à l’intérieur, c’est une peu le vrac. On a hâte de sécher, d’envoyer le beau spi blanc pour aller à l’Aber Wrac’h.

Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) : « après la bouée, ce sera la délivrance »
« Il y a encore 50 milles d’ici la bouée Brittany. Là, on est un groupe de bateaux à se bagarrer en fonction des oscillations du vent, un coup à gauche, un coup à droite. Il y a 5 minutes, un grain est passé, on a eu une grosse bascule d’un côté. Le vent a molli, on a fait des changements de voile, bref, il y a pas mal de boulot. Il valait mieux enquiller les heures de sommeil cette nuit. C’est vrai qu’il y a un peu de fatigue à la fin de ce long bord de près de 300 milles. Mais c’est la dernière étape, faut s’arracher jusqu’au bout. J’essaie de naviguer du mieux possible, je ne sais pas trop comment ça va se passer avec ceux qui sont partis à droite. Après la bouée, ce sera la délivrance. Mais ça risque d’être le petit train et ce sera plus difficile de gagner des places »

Armel Tripon (Gedimat) : « c’est vraiment une belle étape »
« Je suis super content, j’ai fait une belle première nuit. Je n’ai pas trop perdu de plumes dans la baston, je suis avec mes camarades aux avant-postes, donc tout va bien. Ce n’était pas vraiment une tempête, c’est resté maniable. J’avais un ris dans la grand-voile, solent devant, le bateau était bien préparé. J’étais à la barre au début quand la mer était hachée, ensuite, je me suis reposé à l’intérieur. Il y a pas mal de manœuvres, on tire des bords, il faut jouer avec les risées et les nuages. Il y a vraiment du jeu jusqu’à la bouée. Je suis à fond, un peu crevé quand même, il va falloir trouver des phases de repos pour rester lucide. Car c’est loin d’être fini, il y a un grand bord de spi, l’atterrissage dans les cailloux et les courants et ça va batailler ferme jusqu’au bout, c’est vraiment une belle étape. »

Nicolas Lunven (Foncia) : « ça tire sur les organismes »
« On a l’impression d’être encore très loin de la bouée avec ce vent pile dans la figure, les grains qui passent : ça rend notre progression lente et laborieuse. Je crois que Jacques (Caraës) nous a fait faire un détour dans le parcours… parce que hier, on est passé pas loin de l’Aber Wrac’h ! Une fois à Brittany, on envoie le spi et surtout, on enlèvera le ciré qu’on n’a pas quitté depuis le départ, on pourra enfin se faire un petit plat chaud. Cette étape commence un peu à tirer sur l’organisme. Juste à mon vent, à 300 mètres, j’ai Koné Ascenseurs, Suzuki Automobiles, le Comptoir Immobilier. C’est intéressant, ça demande de la concentration mais c’est dur car on commence à être fatigué ».

Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) : « on est quand même un peu mort »
« Lors du passage du front à Ouessant la nuit dernière, il y avait de la mer mais ça allait, c’était assez régulier, ça glissait bien, ce n’était pas si exceptionnel que ça. Cela dit, on est quand même un peu mort. Il y a des bascules à exploiter donc, il y a pas mal de virements de bords à faire. Il reste encore 45 milles pour aller à la bouée et on ne va peut-être pas non plus virer tous les 300 mètres ! Cette nuit, j’ai bien dormi quand ça a molli. Donc, aujourd’hui, j’ai la pêche. »

Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) : « mouillé jusqu’aux os »
« Ca va, j’ai pas mal dormi dans la brise car le pilote barrait aussi bien que moi; j’en ai profité pour « faire bannette » après avoir franchi le rail d’Ouessant. Avec du matos bien préparé, ça passait, ce n’était pas violent, avec une bonne mer un peu saute mouton. Le seul truc, c’est qu’on est mouillé jusqu’aux os. Avec ce bon paquet de bateaux devant et les oscillations de vent, il y a du jeu. Cela promet une belle bataille pour la suite. J’attends avec impatience de choquer les écoutes et de mettre le grand spi. Le vent est prévu mollissant après la bouée Brittany, on n’aura peut-être pas beaucoup d’air au portant. »

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Duthil, Bérenger et Chabagny en tête dans la brise

Fred Duthil remporte le prologue
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La nuit n’a pas été de tout repos, loin de là. Hier soir à Ouessant, au plus fort du front, il a fallu rester à l’affût des cargos que les bateaux croisaient sur leur route. Si les ondes VHF sont restées relativement calmes dans cette atmosphère furieuse, les coureurs ont parfois pris la parole pour s’encourager ou signaler les éventuels dangers du trafic. « Le Cross Corsen et Ouessant Trafic ont prévenu du passage des cargos sur le canal 10. Ils ont fait un super boulot » nous indique Jacques Caraës ce matin. Deux concurrents ont jeté l’éponge : Laurent Gouezigoux (Boistech), victime d’un problème de grand-voile et Philippe Bard (Morillon.fr).
 
A environ 80 milles de Brittany Buoy les marins, secoués depuis bientôt 24 heures sous grand-voile arisée et solent, rêvent de portant. Ils ont peu dormi, mal mangé et passé du temps à la barre pour faire marcher leur monture. Toute la flotte a viré dans la nuit et fait cap au sud-sud-ouest pour se rapprocher de la route. Harnachés, vêtus de leur combinaison sèche, les solitaires naviguaient ce matin tribord amures dans un vent de sud-ouest de 20 à 25 nœuds. Le groupe des leaders est désormais situé sous le vent d’une immense ligne de bateaux longue de 63 milles. Depuis hier soir, Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) à 0,4 milles et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), à 0,8 milles tiennent la cadence et contrôlent la course. Aux avant-postes, dans un rayon de 3 milles, Eric Drouglazet (Luisina), Nicolas Lunven (Foncia), Armel Tripon (Gedimat), Gildas Morvan (Cercle Vert), Erwan Tabarly (Athema) et Laurent Pellecuer (Dr Valnet Aromathérapie) sont aussi en mode « attaque ».
Les écarts en distance au but se sont légèrement creusés, en défaveur des nordistes. Le leader du classement général Nicolas Troussel (Financo), pointe à la 30e place, avec 20 milles de retard. Mais il reste encore des bords à tirer avant d’atteindre Brittany Buoy ce soir, synonyme pour la plupart de délivrance après cette partie de saute-mouton inconfortable. Et encore 275 milles avant la ligne d’arrivée à l’Aber Wrac’h. Les jeux sont loin d’être faits.
 
Ils ont dit :
 
Gildas Morvan (Cercle Vert), 7e au classement de 4h00 : « Le vent est bien monté au passage de Ouessant avec beaucoup de mer. Je suis sous solent et un ris mais les conditions restent assez copieuses. J’ai un petit problème de girouette, je n’ai plus de mode vent sur le pilote, mais bon, c’est pas la catastrophe ! Je n’ai pas trop mangé depuis le début de l’étape car au près ça cogne beaucoup. Difficile donc d’aller jouer les cuisiniers. En revanche, j’ai dormi un peu mais le vent est assez changeant donc il y a pas mal de réglages à faire ! Vivement le portant ! »

Alexis Loison (All Mer Inéo GDF Suez), 20e au classement de 4h00 : « On se prend de sacrés paquets de mer et ça ne se calme pas vraiment. C’était un peu le stress tout à l’heure. J’ai les varangues qui se décollent suite à mon passage sur les cailloux à Vigo. Les conditions ne sont pas évidentes car la mer est cassante et le bateau fait des sauts impressionnants. Mais je reste bien attaché, je fais vraiment attention à la sécurité. Je pense être vers 20h-22h à Brittany Buoy. »
 
Erwan Tabarly (Athema), 8e au classement de 4h00 : « Les conditions sont difficiles comme d’habitude au passage d’un front froid. La conduite du bateau dans 30 nœuds établis avec une mer de plus en plus formée demande beaucoup d’attention mais je suis assez content, j’ai fait un virement qui s’est très bien passé ! Je suis confiant pour la suite. Ce n’est pas fini, il reste beaucoup de milles à faire, des bords à tirer et on va encore passer de longues heures scotché à la barre. Ce matin, j’ai profité d’une petite molle après le passage du front pour dormir un peu par tranche de 20 mn. Là j’ai repris la barre, je suis dessus pour donner le maximum car c’est la dernière étape ! »

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Les arrivées se succèdent à la Horta

Les Sables les Açores
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Ce samedi soir, il ne devrait plus rester en mer que deux solitaires attendus, dans la nuit pour Maxence Desfeux (Matmut) et dimanche après-midi pour Rémy Andréan (Soleto) puisque ces deux skippers naviguaient encore samedi midi au coeur de l’archipel. Cette première étape a donc été plutôt sélective puisque, parmi les voiliers de série, seul Jérôme Lecuna (I feel good) concède moins de deux heures de retard face à Francisco Lobato (Looking for…), grand vainqueur de cet aller de 1 270 milles. Au vu des prévisions météorologiques qui indiquent un flux généralisé d’Ouest jusqu’à l’arrivée aux Sables d’Olonne, seule la casse pourrait modifier sensiblement cette hiérarchie puisqu’il ne devrait pas y avoir de forte dispersion de la flotte sur la route directe. Et comme le groupe suivant est relégué à huit heures, cela devient difficile de se refaire, même si un calme à l’approche de la Vendée serait susceptible de relancer le débat… La troisième place sur le podium de cette première étape a été très disputée et il y aura donc du match pour le retour : Charlie Dalin (Antalis) n’a qu’un peu plus d’une minute d’avance sur Fabien Sellier (Yemaya), lui-même sous la pression du Britannique Oliver Bond (Base Camp) à moins d’une heure de son tableau arrière. Et pour les prototypes, l’avance de Pierre Rolland (D2-Marée Haute) est plus que conséquente puisqu’il possède plus de dix heures et demie de marge sur Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) ! Mais on sait que la mer et le vent ont la capacité de bouleverser tous les schémas logiques et il faudra encore affiner les prévisions météo mardi soir avant de préjuger d’une situation stabilisée. Et la route est longue jusqu’aux Sables d’Olonne, comme l’a démontré la première étape ! Rappelons que le départ de la seconde étape entre Horta et Les Sables d’Olonne prévu à l’origine le mardi 12 août, a été reculé de 24 heures pour que les skippers aient le temps de préparer leur bateau, voir de réparer quelques petites avaries. C’est donc mercredi 13 août à midi que seront relancés les Mini pour de nouveau 1 270 milles de course. Et les prévisions météorologiques sont cette fois plus favorables pour un retour express : un flux de secteur Ouest modéré (douze à quinze noeuds) s’installe de nouveau sur l’archipel des Açores et les solitaires devraient en profiter au moins jusqu’à la semaine prochaine, c’est-à-dire jusqu’à l’entrée du golfe de Gascogne. Bonne nouvelle !

Arrivées des voiliers de série de la première étape à Horta
1- Francisco Lobato (Looking for…) jeudi à 22h08’49 en 12j 08h 35’ 49’’
2- Jérôme Lecuna (I feel good) jeudi à 23h55’29 en 12j 10h 22’ 29’’ à 1h46’40 du premier
3- Charlie Dalin (Antalis) vendredi à 6h02’05’’ en 12j 16h 29’ 05’’ à 7h53’16 du premier
4- Fabien Sellier (Yemaya) vendredi à 6h03’11’’ en 12j 16h 30’ 11’’ à 7h54’22 du premier
5- Oliver Bond (Base Camp) vendredi à 6h44’30’’ en 12j 17h 11’ 30’’ à 8h35’41 du premier
6- Benoît Sineau (Cachaca) vendredi à 7h17’35’’ en 12j 17h 44’ 35’’ à 9h08’46 du premier
7- Damien Guillou (Demi-Clé) vendredi à 8h21’29’’ en 12j 18h 48’ 29’’ à 10h12’40 du premier
8- Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) vendredi à 10h56’58’’ en 12j 21h 23’ 58’’ à
12h48’09 du premier
9- Riccardo Apolloni (Ma vie pour Mapei) vendredi à 16h55’38’’ en 13j 03h 22’ 38’’ à 18h46’49’’
du premier
10- François Champion (Pogoman) vendredi à 20h37’54’’ en 13j 07h 04’ 54’’ à 22h29’05’’ du
premier
11- Mathis Prochasson (Manu Poki) samedi 2h12’50’’ en 13j 12h 39’ 50’’ à 1j04h04’01’’ du
premier
12- Rémy Cardona (La Solidarité Mutualiste) samedi à 9h14’05’’ en 13j 19h 41’ 05’’ à
1j11h05’16’’ du premier
13- Sandrine Bertho (Hamtaro) samedi à 15h 01’ 51’ en 14j 01h 28’ 51’’
14- Joël Miro Garcia (Indena) samedi à 15h 42’

Arrivées des prototypes de la première étape à Horta
1- Pierre Rolland (D2-Marée Haute) jeudi à 22h53’45 en 12j 09h 20’ 45’’
2- Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) vendredi à 9h32’32 en 12j 19h 59’ 32’’ à
10h38’47 du premier
3- Sébastien Stéphant (Déphémèrides) vendredi à 10h40’36’’ en 12j 21h 07’ 36’’ à 11h46’51 du
premier
4- Arnaud Vasseur (Nat’Che) vendredi à 17h23’42’’ en 13j 3h 50’ 42’’ à 18h29’57’’ du premier
5- Marine Feuerstein (C20) vendredi à 19h37’54’’ en 13j 5h 28’26’’ à 20h07’41’’ du premier

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Lobato s’impose à nouveau à Horta

Arrivee a Horta de Francisco Lobato
DR

A l’heure de l’apéritif açorien ! Le jeune Portugais a bien fait les choses en arrivant en plein pendant la Semaine de la Mer à Horta, en vainqueur après douze jours et huit heures de mer dans des conditions météorologiques inhabituelles pour un été. Un grand calme pour partir des Sables d’Olonne, une première dépression dans le golfe de Gascogne, puis une deuxième, toujours du vent de Sud-Ouest pour passer le cap Finisterre, une bascule à l’Ouest au passage d’une troisième perturbation, une dorsale à éviter, une quatrième dépression, une journée de glisse, et des calmes pour finir. Le cocktail était pour le moins épicé et varié afin d’avaler (à un pas de sénateur !), les 1 270 milles du parcours en route directe… Et Francisco Lobato, qui cumulait l’expérience de cet aller-retour et d’une Mini Transat l’an passé, pouvait exprimer son talent de régatier malgré l’absence de partenaires financiers et donc de matériel neuf pour cette épreuve. Mais il connaissait parfaitement son Pogo-2 et avait l’avantage d’une victoire sur cette
même première étape en 2006.

Les prototypes en ballottage

La surprise des arrivées à Horta vint de la nette domination des voiliers de série mais cela s’explique par le moins grand nombre de partants dans cette catégorie (22 aux Sables d’Olonne) et par le nombre d’abandons (10) pour des raisons techniques de manque de préparation ou d’avarie dans le mauvais temps. Ne restait que le récent plan Manuard de Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) qui, parti sur une option très Nord, s’est vite retrouvé face à des problèmes de barre et de pilote qui ont plombé sa course… Et les autres prototypes sont essentiellement des bateaux d’ancienne génération qui comptent
jusqu’à plus de quinze années de services ! Reste que les voiliers de série font très fort sur cette étape difficile puisque le Mini de Pierre Rolland (D2-Marée Haute) est pour l’instant considéré comme un prototype puisqu’il n’y a pas encore dix exemplaires construits… « Je suis assez surpris d’être arrivé avant les prototypes ! C’était un rêve parce que logiquement, c’est impossible… Mais j’ai surtout beaucoup aimé la course parce que les conditions météo étaient difficiles et qu’il y avait toujours du contact. J’ai tout le temps eu des bateaux à un ou deux milles de moi ! Et c’était très long, plus long que prévu et à la fin du parcours, il y avait beaucoup de stress parce que, avec Pierre Rolland et Jérôme Lecuna, nous étions très proches les uns des autres… A 130 milles de l’arrivée, nous nous sommes bagarrés jusqu’à Horta ! Ce matin par exemple, nous avons passé des heures devant l’île de Sao Jorge côte à côte, à se croiser mais pas très rapidement à cause du courant de marée. Et quand le vent est rentré un peu, j’ai réussi à m’échapper et à lâcher Jérôme puis Pierre… » indiquait le vainqueur à l’arrivée.

Onze solitaires au port
Après le vainqueur, les arrivées se succédaient par vagues puisque Pierre Rolland ne concédait que trois quarts d’heure et que Jérôme Lecuna (I feel good), pour sa première expérience en solitaire au grand large, réalisait un très beau parcours à moins de deux heures du premier alors que le vent était totalement tombé la nuit précédente et toute la matinée autour des îles açoriennes : « Je n’ai mon Mini que depuis trois mois et je suis super content, malgré les conditions météo qui ont privilégié le près, car je n’aime pas du tout cette allure ! J’espère que le retour sera au portant ou au débridé… Je ne m’attendais pas à faire aussi bien et quand j’ai appris à la radio que j’étais en tête pendant trois jours, ça m’a fait un choc ! Mais je ne sentais pas l’option de mes concurrents quand ils ont insisté vers le Sud…

C’est une très bonne expérience ! »
Le vent de Sud ne facilitait pas l’atterrissage sur Faïal et les écarts s’aggravaient au fil des heures alors que les écarts en distance étaient plutôt modérés au vu des conditions de navigation depuis douze jours. Et ce n’est qu’au petit matin que Stéphane Le Diraison en finissait et expliquait son calvaire sur la route Nord : « Au Nord, ça a été terrible ! Evidemment, c’était une bonne option… pour un 60 pieds ! Mais pas pour un Mini car par plus de trente-cinq noeuds au près avec des rafales à cinquante noeuds et des creux de plus de six mètres déferlants, ce n’est pas gérable pour un voilier de 6,50 mètres de progresser comme les routages… J’y suis resté autant que je pouvais, mais j’ai craqué quand une pièce de fixation de la barre s’est arrachée : je n’avais donc plus de pilote et dans ces conditions dantesques, ce n’était plus jouable ! Je me suis mis plusieurs fois à contre sur une méchante vague avec le ballast rempli et la quille sous le vent : ce n’était pas folichon… J’ai d’ailleurs cassé un ballast en me retrouvant en vrac,
travers à la lame : c’était hyper dangereux. » Le vent de Sud-Ouest s’est installé sur les Açores depuis ce vendredi midi d’une quinzaine de noeuds et les Mini encore en mer vont se succéder toute la soirée et la nuit prochaine. En tous cas, si les solitaires ont été sérieusement brassés et copieusement sollicités entre coups de vent et calmes, ils sont tous arrivés dans un état de santé finalement excellent et sans avoir connu de problèmes d’avitaillement. Douze jours de mer parfaitement gérés en termes de rythme et d’alimentation…

Arrivées des voiliers de série de la première étape à Horta
1- Francisco Lobato (Looking for…) jeudi à 22h08’49 en 12j 08h 35’ 49’’
2- Jérôme Lecuna (I feel good) jeudi à 23h55’29 en 12j 10h 22’ 29’’ à 1h46’40 du premier
3- Charlie Dalin (Antalis) vendredi à 6h02’05’’ en 12j 16h 29’ 05’’ à 7h53’16 du premier
4- Fabien Sellier (Yemaya) vendredi à 6h03’11’’ en 12j 16h 30’ 11’’ à 7h54’22 du premier
5- Oliver Bond (Base Camp) vendredi à 6h44’30’’ en 12j 17h 11’ 30’’ à 8h35’41 du premier
6- Benoît Sineau (Cachaca) vendredi à 7h17’35’’ en 12j 17h 44’ 35’’ à 9h08’46 du premier
7- Damien Guillou (Demi-Clé) vendredi à 8h21’29’’ en 12j 18h 48’ 29’’ à 10h12’40 du premier
8- Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) vendredi à 10h56’58’’ en 12j 21h 23’ 58’’ à 12h48’09 du premier

Arrivées des prototypes de la première étape à Horta

1- Pierre Rolland (D2-Marée Haute) jeudi à 22h53’45 en 12j 09h 20’ 45’’
2- Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) vendredi à 9h32’32 en 12j 19h 59’ 32’’ à 10h38’47 du
premier
3- Sébastien Stéphant (Déphémèrides) vendredi à 10h40’36’’ en 12j 21h 07’ 36’’ à 11h46’51 du premier

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Drouglazet lance la bataille finale en Bretagne

Eric Drouglazet sur Luisina Trophée BPE 2007
DR

Au près, dans une mer qui se creuse et un vent de sud-ouest de plus de 30 nœuds – jusqu’à 40 dans les rafales – les 44 solitaires encore en course (suite à l’abandon ce matin d’Elodie Riou et Grégory Gendron) en ont fini avec les conditions relativement paisibles des toutes premières heures de course, utilisées d’ailleurs essentiellement pour se positionner. Car désormais, c’est la castagne pour aller chercher cette fameuse bouée au vent Brittany Buoy, à 170 milles au large. Sous solent, plantant des pieux dans une sortie de Manche plus que tonique, les marins progressent difficilement vers la première marque. C’est déjà musclé et ça va forcir encore.  « Le vent est rentré régulièrement », témoigne ce samedi après-midi Jacques Caraës, à bord du bateau direction de course, « on a 30 nœuds, c’est humide. Le ciel est chargé et nuageux, la mer est hachée et croisée, courte et désagréable, et ça va encore monter… ». Voilà pour le tableau, tandis que les leaders naviguent au large de l’Aber Wrac’h, en approche de la pointe Bretagne. Et on n’est pas prêt de retrouver des conditions plus tranquilles : « le vent va être orienté au sud-sud-ouest toute la journée, avec 25 à 30 nœuds moyens et des rafales à 40. La bascule à l’ouest-sud-ouest mollissant ne va intervenir que vers 23 heures, et on aura encore tout de même 20 à 25 nœuds avec des rafales à 30/35 » prévient Richard Silvani. Côté état de la mer, ce n’est pas les vacances non plus : « ça va être de pire en pire » estime l’homme de l’art de Météo France, « il pourrait bien y avoir 4 à 5 mètres de creux aux abords de Brittany Buoy. »
 
Attaque au sud, maillot jaune isolé au nord
Musclée, sportive, engagée, cette ultime étape de La Solitaire tient déjà toutes ses promesses. D’autant que stratégiquement, elle est déjà tout sauf une course de chevaux de bois. Il y a en effet trois idées bien distinctes sur le plan d’eau, des trames radicalement différentes qui se sont dessinées dès le passage à la pointe du Cotentin vendredi soir. Au centre, proche de la route directe, on trouve l’essentiel du peloton où navigue l’actuel leader Eric Drouglazet (Luisina), mais aussi Erwan Tabarly (Athema), Jean-Pierre Nicol (Gavottes), Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Laurent Pellecuer (Dr Valnet-Aromathérapie) et plus loin Gildas Morvan (Cercle Vert). A l’extrême sud, un petit groupe emmené par Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), a choisi d’attaquer à la côte bretonne. On y trouve d’autres prétendants au podium final tels que Frédéric Duthil (Distinxion Automobile), Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), mais aussi Armel Tripon (Gedimat) ou encore Nicolas Lunven (Foncia). Ceux-là tentent « la cuillère » par le sud et menacent directement les meneurs du peloton.
L’autre info du jour est que Nicolas Troussel (Financo) est assez isolé tout au nord, avec un retard d’une dizaine de milles en terme de distance au but. Avec Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires), Romain Attanasio (DCNS 62), Gérald Veniard (Macif) et Jean-Paul Mouren (M@rseillentreprises), Troussel est passé au nord d’Aurigny et de Guernesey la nuit dernière.
Qui aura raison, au bout du plantage de pieux, quand on pourra enfin virer Brittany Buoy ? Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a du jeu. Stratégiquement, les 18 premiers du classement général qui peuvent encore espérer le podium final à l’Aber Wrac’h s’en donnent à cœur joie. Beaucoup ont réussi à dormir lors de la première nuit de course. Tant mieux pour eux. Car ils risquent fort de passer leur week-end à marcher sur les murs et à tenter de maîtriser au mieux les embardées de leurs Figaro, ballotés par une mer qui se refuse à leurs rêves de vitesse. Il va falloir être costaud, très costaud pour sortir vainqueur de cette castagne finale en Bretagne.

Eric Drouglazet (Luisina), « prêt à aller à la guerre »
« Je suis sous solent, j’ai bien anticipé le truc, le bateau est nickel, il marche bien. J’ai les bosses de ris passées, je suis prêt à aller à la guerre. J’ai 23 à 24 noeuds de vent pour l’instant. La mer est assez courte et c’est un vrai champ de spaghettis avec toutes les algues.  Pour l’instant, ça se passe pas mal. Luisina va vite. Tout à l’heure, j’étais à côté d’Erwan (Tabarly) et je l’ai déposé, donc en vitesse, ça va bien. Le vent va monter, mais ce sera fort surtout dans les rafales. On sent que la dépression est quasi stationnaire et on va y rester un moment. Désormais, il y a du vent pour tout le monde, le plus important est d’être bien réglé et de ne pas se prendre de paquet d’algues. Mais cette nuit, on aura passé la pointe Bretagne et il y en aura moins au large. »
 

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Premier jour à Quingdao

Les series Finn
DR

Dans tous les cas, la concentration aura sans doute été le maître mot des régates du jour tant aucune position dans la flotte n’est jamais assurée. A ce jeu, le nordiste Guillaume Florent s’est montré particulièrement habile cet après-midi même si une bascule de vent l’a privé de la victoire dans la première manche à 300 mètres de l’arrivée. Il a su rester concentré. Respectivement, 5ème et 8ème des deux manches du jour, il se hisse à une prometteuse 5ème place au général.
Même scénario pour les filles en Yngling qui ont également cru enlever la première manche alors qu’elles avaient la ligne d’arrivée en vue. Leur 4ème place n’en était pas moins positive mais une faute réparée sur l’eau a ruiné leurs espoirs dans la deuxième manche (15ème). Elles s’élanceront demain à la 10ème place au général en s’appuyant sur une première manche qui leur a démontrée qu’elles pouvaient réaliser avec les meilleures. Demain Manu Dyen et Yann Rocherieux rejoindront à leur tour la compétition dans un rôle assumé d’outsiders. « Un bon coup » est possible préviennent-ils.    

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C’est parti pour la 3e étape de La Solitaire

Troussel Cap Ortegal 2008
DR

. Dans la grande rade de Cherbourg-Octeville, sous un soleil à peine

voilé de nuages d’altitude, les 46 solitaires sont donc partis à 18h01,

dans un vent de secteur à dominante ouest-sud-ouest d’une dizaine de

nœuds qui devrait forcir. Sur un léger clapot désordonné, les

concurrents se sont élancés sans bouée de dégagement ni parcours

côtier, allant directement chercher la bouée Radio France, à 1,5 mille

dans le nord-ouest de la sortie de rade. Sur la ligne de départ, quatre

skippers trop impatients étaient rappelés à l’ordre pour avoir coupé un

peu trop tôt et devaient réparer : Jean-Pierre Nicol (Gavottes), Malko

Szekely (Région Basse-Normandie), Christopher Pratt (DCNS 97) et

Frédéric Rivet (Bureau-Center). Bien partis à la bouée, côté terre où

le vent semblait un peu plus soutenu, on trouvait alors sur les

premières encablures Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier), Eric Péron

(L’Esprit d’Equipe) et Nicolas Troussel (Financo).
A la bouée

Radio France, quelques minutes plus tard, c’est le leader du classement

général Nicolas Troussel qui ne laissait à personne le soin de passer

en tête, environ cinq longueurs devant le M@rseillEntreprises de

Jean-Paul Mouren. C’est parti pour les 500 derniers milles de cette 39e

Solitaire du Figaro, qui délivrera lundi trois nouveaux grands

vainqueurs : celui de l’étape, celui des bizuths et bien entendu celui

du classement général, tenu jusqu’ici par Nicolas Troussel et ses plus

de six heures d’avance. Mais il va y avoir beaucoup de jeu d’ici

l’arrivée prévue lundi à L’Aber Wrac’h et tout est encore imaginable.

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