Partant du principe que rejouer la trace de sa régate, c’est bien mais que la partager avec d’autres coureurs, c’est mieux pour un bon débriefing, la société KaliBee, dirigée à Caen par Emmanuel de Bressy, propose TCReplay, une interface simple pour rejouer et partager sa régate ou son entraînement, avec énormément d’informations sportives. Un nouveau service interactif sur le web, une interface de replay 3D très accessible.
TCReplay permet d’enregistrer les données à bord des bateaux équipés de PC (mais il est possible d’utiliser les données d’un simple GPS logger), de stocker les enregistrements sur un espace personnel sur internet, puis de rejouer et partager ses sorties avec les bateaux qui étaient autour de soi.
Une interactivité maximale : Partagez vos sorties avec les autres bateaux abonnés au service, jouez avec le temps et de multiples caméras par exemple pour revenir sur une situation délicate, annotez votre navigation de messages textuels afin de partager vos impressions sur l’eau et invitez gratuitement vos équipiers à débriefer en ligne !
De nombreuses fonctions spécifiques à la voile ont été développées : Tableau de bord, distance, écart en VMG, flèche de vent réél, cartographie, insertion de bouées, bateau comité, lignes de départ et d’arrivée, lancement de compte à rebours, de chrono…
TCReplay est téléchargeable gratuitement sur le site TCReplay.com. Il est testable grâce à un log mis à disposition et fonctionne sous Windows aussi bien que sous MacOS. L’abonnement au service d’envoi et d’accès aux enregistrements est à 9€/mois seulement. Il permet d’héberger, de rejouer et de partager autant d’enregistrement que l’on souhaite. Il est possible de disposer d’un hébergement gratuit pour 3 enregistrements.
Il est des navigateurs qui ne savent pas ce que c’est que la prise de tête. Antonio Pedro da Cruz, convoyeur professionnel fait partie de ces Marie-Louise du circuit, toujours présent, rarement aux avant-postes. Bon vivant, grand dormeur devant l’éternel, Antonio avait l’habitude de faire des débuts d’étape parfois tonitruants mais de ne pas pouvoir tenir le rythme exigeant que demande une étape en solitaire de 350 milles. Au point d’être considéré par nombre de cadors de la série comme un aimable faire-valoir. D’autant que le garçon affiche une bonne humeur permanente depuis ses débuts dans le circuit Figaro, il y a de ça quelques années. Cette fois-ci, le navigateur capverdien a tenu le choc : mieux que çà, il a su gérer son capital avec bonheur portant son avance à plus de 15 milles de ses poursuivants, à 80 milles de l’arrivée. Pendant que Baïko filait à 6 nœuds sur la route directe, ses adversaires se trouvaient à tirer des bords dans la pétole. Ni les conditions très changeantes rencontrées par la suite, ni la hargne de la meute lancée à sa poursuite n’ont eu raison de sa détermination… Antonio a puisé dans ses réserves pour empocher sa première victoire. Et récompenser son partenaire, Baïko, qui le suit fidèlement depuis ses débuts dans le circuit.
Nicolas Bérenger prend la tête au général
Quelques autres skippers ont trouvé ici de vrais motifs de satisfaction : Laurent Pellecuer (Docteur Valnet Aromathérapie) et Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) qui complètent le podium ou Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) qui retrouve ici un classement plus conforme à ses ambitions. Gildas Morvan en se classant 5ème de l’étape, enfonce un peu plus le clou de son titre de Champion de France à venir. Autre grand gagnant du jour, Nicolas Bérenger. Le skipper de Kone Elevators s’empare de la première place du classement général pour 29 secondes. Une misère, au regard du nombre de milles qui restent à parcourir, mais un résultat symbolique qui convient bien au skipper de la Grande Motte. Nicolas l’affirme depuis le début : il veut gagner cette édition de la « Capitale Européenne de la Culture – Cap Istanbul ». Reste qu’il serait étonnant qu’Eric Drouglazet, le skipper de Luisina Design baisse les armes : on peut s’attendre à un remake de « Et pour quelques secondes de plus » entre Marzamemi et la Crète. Sans oublier que d’autres protagonistes peuvent aussi légitimement se mêler à la bagarre. François Gabart (Espoir région Bretagne), dont c’est la première saison en Figaro et dont le talent n’a d’égal que la discrétion et la gentillesse, auteur d’un parcours exemplaire de régularité, pointe l’étrave de son Figaro à moins de 12 minutes. Il est talonné lui-même par Marc Emig (Capitol). Le navigateur marseillais montre ainsi qu’il n’a rien perdu de son tempérament d’attaquant. Marc qui positivait son année de chômage technique par la faute d’un sponsor volatile, en se disant qu’elle lui avait redonné une envie décuplée de naviguer, démontre aujourd’hui que l’envie est aussi facteur de réussite.
D’autres navigateurs ont eu moins de chance : Jean-Charles Monnet (Dégremeont Suez Environnement Source de Talent) a du monter dans son mât dès le départ, du fait d’une latte de grand-voile qui était sortie de son fourreau par l’avant et qui l’empêchait de hisser ou d’affaler. Résultat : une bonne demi-heure de débours pour le navigateur normand et cette sensation désagréable de devoir courir après la flotte pendant toute la durée de la course. Fred Duthil (Distinxion) ne gardera pas non plus un souvenir impérissable de cette course. En tête du peloton de chasse derrière Baïko, il s’est empêtré la quille dans des filières de pisciculture non balisées. Arrêt buffet net pour Frédéric qui perd plus d’une heure dans l’opération avant de retrouver relégué en queue de peloton. Le navigateur préférait en rire à l’arrivée, mais on imagine que la pilule est amère à l’arrivée. Erwan Tabarly (Athéma) parvenait à s’extraire en tête du premier calme rencontré dans les baies au sud de la Sicile. Mais un nouveau coup de pétole ruinait ses ambitions et le reléguait loin de la tête de course.
C’est un des charmes de la « Capitale Européenne de la Culture – Cap Istanbul » : comme une école buissonnière de la course au large, elle ouvre des portes au hasard, donne sa chance à des outsiders, redistribue les cartes rebattues des routes balisées depuis des générations. Avec sept navigateurs qui se tiennent encore en moins d’une heure la course est loin d’être jouée…
Ils ont dit :
Antonio Pedro da Cruz, Baïko « Je suis particulièrement heureux. Surtout pour mon partenaire qui m’aide à être dans la course depuis quatre ans… J’avais une très grosse pression, car ce n’est pas évident de mener devant des cadors comme ceux qui naviguent sur le circuit. Je me disais que tant qu’il ne m’arrivait pas de gros problème, il n’y avait pas de raison que cette manche m’échappe… »
Gérald Veniard, Macif « Il fallait être dessus tout le temps. Toutes les nuits, ça a distribué: il y a eu des coups de mistoufle à chaque fois… mais je n’ai pas pu être réactif tout le temps. Je n’étais pas en forme, je tombais de sommeil. Et puis, l’étape à Cagliari m’a fatigué… Je vais perdre quelques places au général, mais je reste dans le coup. Eric Drouglazet termine assez loin derrière, Frédéric Duthil est tout juste 2 minutes devant moi… »
Frédéric Duthil, Distinxion Automobile « C’est la Med… ! Les conditions sont difficiles. Le vent n’arrête pas de tourner, de changer. On ne peut pas dormir ! La nuit dernière, je suis tombé dans un trou de vent. On est resté ainsi empétolé pendant toute la nuit. C’était hyper foireux avec des orages, des trous de vent. La nuit dernière, j’ai fait un refus de tribord à Robert Nagy ! On a eu de la chance car aucun de nous n’a démâté. Il faisait nuit noire et je ne l’ai pas vu. J’ai explosé mon balcon avant dans le choc et le tangon a cassé. Son bateau est bien abîmé… Pour clôturer la nuit, je suis resté bloqué dans un parc aquacole ! Il y avait une bouée à virer avant l’arrivée. D’après mes fichiers MaxSea le parc aquacole était situé à un mille sous le vent de la bouée. Moi, je suis passé 70 mètres environ sous la bouée. On ne voyait toujours rien puisqu’il faisait nuit. Et je suis rentré en plein dedans ! J’ai dû monter sur une bouée pour dégager mon bateau. Et comme j’ai dû heurter une chaîne à six nœuds de vitesse, il y a peut-être des dégâts sur la quille… »
Extrait du classement de l’étape 2 entre Cagliari (Sardaigne) et Marzamémi (Sicile) 1) Antonio Pedro da Cruz ( Baïko) arrivé à 2h 38′ 05” en 2j 10h 38′ 05” 2) Laurent Pellecuer (Docteur Valnet Aromathérapie) à1h 48′ 58” du vainqueur 3) Gildas Mahé ( Comptoir Immobilier) à 1h53’10” du vainqueur 4) Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles ) à 2h27’51” du vainqueur 5) Gildas Morvan (Cercle Vert) à 2h33’11” du vainqueur …/..
Extrait du classement général (provisoire avant jury) après 2 étapes : 1) Kone Elevators Nicolas Berenger en 04j 10h 47min 15s 2) Luisina Design Eric Drouglazet à 29s du leader 3) Espoir Région Bretagne François Gabart à 11min 10s du leader 4) Capitol Marc Emig à 14min 10s du leader 5) Baïko Antonio Pedro da Cruz à 49min 21s du leader …/…
Tous les équipages des Régates Royales de Cannes étaient présents pour un grand briefing ce mercredi à 11h00, organisé afin d’informer tous les participants du programme envisagé pour la suite de cet événement, en raison du décès de Wilfried Tolhurst, skipper de Safir, mardi après-midi. Après un hommage émouvant de tous les équipages au disparu, et après avoir distribué des pavillons noirs en signe de deuil et une rose à jeter à la mer en mémoire du skipper britannique, l’organisation a ainsi proposé aux voiliers de Tradition de sortir en mer s’ils le désiraient mais aucune régate n’a été lancée pour eux ce jour. C’est ainsi que le Class J Shamrock, les grands Classiques et Spirit of Tradition comme Partridge, Tioga, Sylvia, Kim, Moonbeam… ont navigué tout l’après-midi en baie de La Napoule afin de rendre hommage au skipper Wilfried Tolhurst et à son équipage. En revanche, les Dragon, les Classes Métriques, les Toucans et les Super Tofinou avaient une manche à courir dans l’après-midi (départ à 14h00), la famille du défunt ayant indiqué que le skipper de Safir, habitué des Régates Royales-Trophée Panerai, aurait souhaité que les courses continuent. Les moines de Saint Honorat sur les îles de Lérins, célébreront une messe en mémoire du skipper britannique Wilfried Tolhurst, demain jeudi à 11h20 dans l’église du monastère.
Des Métriques au centimètre
Beau début de régate, au fond de la baie de la Napoule pour les deux 12mJI et les 6mJI, accompagnés sur ce parcours banane par les Toucans et les Super Tofinou. À 14h18, les Métriques s’élançaient pour un départ millimétré dans une douzaine de nœuds de secteur Sud-Est et rapidement, Kookabura III prenait l’ascendant sur Challenge Twelve, mais les deux 12mJI se tenaient à quelques longueurs l’un de l’autre pour un véritable match race, avec une bataille de virement de bord dès le deuxième près… qui s’achevait par une annulation de la manche, le vent ayant basculé d’un seul coup du secteur Sud-Est à l’Ouest ! Le Comité de Course attendait que la brise se stabilise avant d’envisager un nouveau départ. Mais le vent rendait chèvre les girouettes dans toutes les directions sans jamais dépasser les cinq nœuds : tous les voiliers rentraient au port sans avoir pu valider une manche ce jour.
Des trous dans le golfe
Les Dragon avaient rendez-vous dans le golfe Juan pour leur troisième course des Régates Royales de Cannes : il a fallu calmer les ardeurs des équipages et après deux rappels généraux, le Comité de Course envoyait le pavillon noir, signifiant que le (ou les) bateaux volant ce troisième départ se verraient contraints de rentrer au port, disqualifiés. Le coup de canon libérateur retentissait ainsi à 14h42 dans une brise de secteur Sud-Est d’une quinzaine de nœuds, mais les grains venant de l’Ouest se mettaient de la partie pour perturber cette troisième manche… Le Comité de Course décidait alors de raccourcir ce parcours banane pour cause de trous de vent et de bascules de vent incessantes : la course se résumait à un aller-retour et un demi-bord ! Le Russe Oleg Evdokimenko (Sasha) terminait en tête devant le Norvégien Jan-Erik Dyvi (Finito), le Suisse Harro Kniffka (Ariston) et le redoutable Danois Paul Hoj-Jensen (Danish Blue) qui prendrait ainsi la tête au classement général cumulé provisoire sur trois manches.
Prévisions météo
Une dépression 1011 hPa est quasi stationnaire entre la Sardaigne et les Baléares. Sur la zone de course des Régates Royales ce mercredi, le vent de secteur Sud-Est force 3 à 4 près des côtes, tendait à mollir au fil de la journée pour passer au secteur Ouest avec l’arrivée de grains. La mer restait peu agitée au large de la baie de La Napoule et dans le golfe Juan. Le temps était nuageux toute la journée avec quelques petites pluies en fin d’après-midi et une visibilité localement médiocre. La tendance météorologique pour les jours à venir indique un affaiblissement de la brise pour jeudi et l’installation d’un anticyclone stable centré sur la France…
La dernière journée de mer, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un long voyage comme la Route du Thé, a toujours une saveur particulière … Encore marins, pas tout à fait terriens, les dix hommes du Gitana Team conservent leur rythme de quart et progressent toujours dans des conditions peu propices à des records de vitesse. En effet, les vents de Nord-Est soutenus qui sévissent encore ne permettent que très rarement à Gitana 13 de dépasser les 15 nœuds. A l’abri des côtes anglaises depuis mardi soir, afin de se protéger de la mer et de bénéficier d’une petite influence de la côte orientant le vent plus favorablement, le maxi-catamaran croisait ce matin à quelques milles seulement de l’île de Wight, laissant à bâbord l’embouchure du Solent. Plus attentif que jamais à la progression de Gitana 13, Sylvain Mondon nous commentait la stratégie en cours : « Ces deux éléments conjugués permettent à Gitana 13 d’effectuer un long bord en bâbord amure depuis le phare d’Eddystone (dans la baie de Plymouth). Ce bord assez favorable l’amènera jusqu’en approche du détroit du Pas-de-Calais, où le louvoyage au près reprendra jusqu’à Douvres. Les dernières heures en Mer du Nord et sur la Tamise pourront elles être effectuées à des allures portantes moins éprouvantes pour l’équipage.» Depuis la table à cartes du maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild, Dominic Vittet complétait le scénario de ces dernières heures de mer : « Dans l’après-midi, le flux de Nord-Est va refuser progressivement (deviendra moins favorable à la marche du bateau, ndlr) en passant à l’Est. Cela nous obligera à nouveau à tirer des bords en croisant la Manche. Après Eastbourne, nous devrions ainsi piquer vers le Touquet avant de remonter vers Douvres. Notre passage à la pointe Sud-Est de la Grande-Bretagne, marquera enfin le terme du louvoyage interminable qui dure depuis l’équateur !» La fin du voyage de Gitana 13 approche … La nuit prochaine ou demain matin, Lionel Lemonchois et ses hommes feront leur entrée sur la Tamise, bouclant ainsi un « tour du monde » atypique initié en janvier dernier. Il est fort à parier que l’émotion sera grande demain au pied du Tower Bridge.
Quelques chiffres :
Gitana 13 a quitté Hong-Kong le jeudi 14 août à 9h55’32’’ (heure française) Mercredi 24 septembre à 9h45 (heure française), Gitana 13 navigue par 50°34.73 N /01°06.23 W
L’équipage : Quart n°1 : Lionel Lemonchois (Skipper / chef de quart / barreur) / Olivier Wroczynski (régleur /responsable informatique et énergie) / David Boileau (N°1 responsable accastillage) Quart n°2 : Ludovic Aglaor (chef de quart / barreur) / Laurent Mermod (régleur) / Ronan Le Goff (N°1) Quart n°3 : Pascal Blouin (Chef de quart / barreur) / Ronan Guérin (régleur) / Léopold Lucet (N°1, responsable intendance et médical) Hors quart : Dominic Vittet (navigateur)
Derrière le skipper de Baïko, Laurent Pellecuer (Docteur Valnet Aromathérapie) et Gildas Mahé (Comptoir Immobilier) se sont livrés une âpre bataille toute la nuit. Verdict au petit matin : Laurent Pellecuer, 2ème, est arrivé moins de 4 minutes devant Gildas Mahé 3ème…
Arrivé 1 heure 48 minutes et 58 secondes, après Antonio Pedro da Cruz, à 4h 27′ 03” (heure française) le skipper de Docteur Valnet Aromathérapie a mis 2 jours 12 heures 27 minutes et 03 secondes pour parcourir les 340 milles entre Cagliari et Marzamémi.
Gildas Mahé et son Comptoir Immobilier pointent leur étrave à 4h 31′ 15”*, 1 heure 53 minutes et 10 secondes après le cap verdien. Ils ont effectué le parcours en 2 jours 12 heures 31 minutes et 15 secondes.
Au petit matin, les arrivées se succèdent dans le port sicilien de Marzamémi.
Le Top Ten en Sicile :
1. Antonio Pedro da Cruz ( Baïko) arrivé à 2h38’05” en 2j 10h 38’05” 2. Laurent Pellecuer (Docteur Valnet Aromathérapie) à 1h 48′ 58” 3. Gildas Mahé ( Comptoir Immobilier) à 1h53’10” 4. Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) à 2h27’51” 5. Gildas Morvan (Cercle Vert) à 2h33’11” 6. François Gabart (Espoir Région Bretagne) 7. Robert Nagy (Theolia) 8. Nicolas Berenger (Koné Elevators) 9. Armel Tripon (Gedimat) 10. Marc Emig (Capitol)
La nuit sicilienne de lundi à mardi n’a pas été douce pour tout le monde. Après une arrivée en fanfare sur la pointe nord-ouest de l’île où toute la flotte s’est alignée sous spi pour entrer dans la nuit à la hauteur de Marsala, les navigateurs de la « Capitale Européenne de la Culture – Cap Istanbul » ont vu le vent les quitter progressivement à mesure qu’ils approchaient de la première marque de parcours en baie de Sciacca. Pendant plusieurs heures, dans une baie sillonnée par les pêcheurs au lamparo, les solitaires ont du composer avec des vents faibles et variables, quand ils n’étaient pas tout bonnement arrêtés dans la pétole.
Jeu cruel
A ce petit jeu de l’intuition et du hasard, Antonio Pedro da Cruz, le skipper de Baïko, déjà en tête de la flotte à la marque de parcours, creusait brutalement l’écart pour se retrouver propulsé à la fin de la nuit avec près de 15 milles d’avance sur les autres concurrents. Il est parfois des marmitons qui, pris d’une inspiration subite, dépassent, le temps d’une recette de cuisine, les chefs cuisiniers. Antonio, plutôt habitué au ventre mou du classement, voire aux queues de peloton a, semble-t-il, trouvé cette nuit la formule magique. Toujours est-il que quand Baïko naviguait à près de 6 nœuds, l’essentiel de la flotte restait engluée en baie de Sciacca. La Méditerranée est cruelle parfois, qui peut transformer un petit décalage en écart irrémédiable en moins de temps qu’il ne faut à une bonne fée pour faire d’une citrouille, un carrosse. D’autres, à l’inverse, perdaient gros comme Fred Duthil qui passait de la position de leader du groupe à la vingtième place. Le tout petit temps comporte une part d’aléatoire indéniable.
Retour des gros bras
Il restait alors ce matin près de quatre-vingt milles à parcourir à la flotte des Figaristes… Commençait alors un long louvoyage le long des côtes de Sicile. Devant Porto Empedocle, le vent fraichissait alors que le ciel se couvrait rapidement. C’est alors un vent de près de vingt nœuds qui attendait les navigateurs solitaires. Nul doute qu’à ce stade de la course, l’état de fraicheur des marins, l’acquisition des automatismes devenaient déterminants. Petit à petit, les gros bras du circuit Figaro remontaient vers les avant-postes de la course alors que quelques navigateurs, sûrement talentueux mais pas encore totalement rompus aux exigences du circuit, perdaient pied petit à petit. Aux avant-postes, on ne trouvait plus que des habitués des places d’honneur : Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) suivi de près par Laurent Pellecuer(Docteur Valnet Aromathérapie), Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), Jeanne Grégoire (Banque Populaire)…Même si l’on sait que la Méditerranée est friande de retournement de situations, à bord de Baïko, Antonio Pedro da Cruz possédait suffisamment d’avance pour ne pas s’inquiéter du retour des croque-mitaines. Cendrillon a de quoi voir venir…
Ils ont dit :
Antonio Pedro da Cruz, skipper de Baïko, leader : « Je suis le seul à avoir
tiré un bord à la côte. Etant donné les conditions qui se présentent
devant moi, ça semble le faire à la côte. Au pire, si ce n’est pas le
cas, je garde la possibilité du large pour contrôler la flotte. Il faut
tenir le coup ? Je suis en forme car j’ai un peu dormi la nuit
dernière. Au niveau physique, ça devrait le faire ! Depuis le début je
n’ai rien lâché et je compte tenir jusqu’au bout ! »
Thierry Chabagny, skipper de Suzuki Automobiles, 3e : "C’est la même pression que sur une étape du Figaro. Hier soir, dans la pétole, c’était le foutoir. Tu te retrouvais avec des bateaux que tu n’avais jamais vus. Je crois m’en être pas mal sorti. Physiquement, l’étape est exigeante. J’ai profité du vent stable de ce matin pour faire plusieurs siestes. Là, ça va, je suis en pleine forme pour le rush final. Mais dans ces petits airs, comme on a eu cette nuit, il faut un gros mental… C’est bien, c’est des conditions dans lesquelles j’apprends des choses."
Ce mardi matin à 11h, alors que Lionel Lemonchois et ses hommes ont entamé leur 40ème jour de mer, le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild croisait à 20 milles au large de la chaussée de Sein et filait plein Nord en direction de la Pointe Bretagne. Ainsi, Gitana 13 devrait franchir la latitude de l’île d’Ouessant en début d’après-midi : « C’est assez drôle de revenir dans des coins bien plus familiers. Nous sommes passés au large de notre port d’attache de la Trinité-sur-Mer ce matin, non sans une petite émotion pour les cinq d’entre nous qui ont réalisé l’ensemble de la campagne. Gitana 13 avait largué les amarres fin novembre, il y a donc près de dix mois ! » confiait le navigateur embarqué.
40 jours de mer, 20 jours de près…
La nuit dernière, l’équipage de Gitana 13 a essuyé un fort coup de vent, comme nous le décrivait Dominic Vittet : « la mer nous a freiné toute la nuit, elle était hyper cassante et l’anémomètre a grimpé jusqu’à 33-34 nœuds sur le pont ! Depuis, le vent est un peu moins fort mais toujours aussi mal orienté (vent de Nord-Est qui oblige Gitana 13 à remonter au près). Par contre, la mer ne nous fait pas de cadeaux. Le bateau tape beaucoup et il n’aime vraiment pas ça ! Tout comme nous.» En effet, entre les manœuvres intenses sur le pont et le chaos des vagues qui exclu tout sommeil dans les bannettes, les hommes de Gitana 13 ont très peu dormi depuis leur passage au large du cap Finisterre, dimanche après-midi. Mais, malgré la fatigue et compte tenu des parages à fort trafic maritime qu’aborde actuellement l’équipage, la vigilance demeure essentielle. Le temps étant un sujet de prédilection à bord de Gitana 13, les équipiers élaborent déjà calculs et statistiques sur leur tentative de record et plus particulièrement sur les jours passés à tirer des bords contre vents et courants : « Nous nous sommes amusés à un petit calcul. Cela fait aujourd’hui 40 jours que nous avons quitté Hong-Kong et depuis notre départ nous avons fait quasiment 20 jours de près, soit la moitié de notre voyage … Car hormis l’Océan Indien, qui nous a offert des glissades mémorables et la remontée de l’Atlantique Sud, entre Bonne Espérance et l’équateur, je crois que l’on peut dire que la météo n’a pas été des plus clémentes avec nous ! D’autant plus quand on connaît l’aversion de notre beau navire pour ces conditions de vent de face.» Pour le « géant » aux couleurs du Groupe LCF Rothschild, le plan de route des prochaines heures est établi. Il est, en effet, prévu que Gitana 13 poursuive sa remontée plein nord, et ce jusqu’aux côtes anglaises, afin de s’abriter de la mer formée qui sévit également en Manche. Puis débutera alors une longue remontée au louvoyage jusqu’à l’entrée de la Tamise ; une arrivée jeudi 25 septembre au petit matin est toujours d’actualité.
Après avoir étudié toutes les nominations pour le titre de Rolex Marin de l’Année 2008, l’ISAF vient d’annoncer les dix pré-sélectionnés. Côté hommes, un seul Français est en lice. Après son incroyable record du tour du monde en solitaire établi en janvier dernier, on retrouve tout naturellement Francis Joyon sur cette liste. En face de lui, le Britannique Ben Ainslie, qui a déjà remporté cette accolade à deux reprises, se voit sélectionné de nouveau après son succès en Finn aux J.O. Deuxième olympien sur cette liste, le néo-Zélandais, Tom Ashley, qui a remporté la médaille d’or en RS:X à Qingdao. Avec le titre de Champion d’Europe et de Champion du Monde en Farr 40 en poche, Vincenzo Onorato, le skipper de Mascalzone Latino, figure parmi les heureux élus. Enfin, c’est le Britannique, Ian Williams, le Champion du Monde de match racing et vainqueur du World Match Racing Tour, qui complète cette liste de cinq nominés.
Côté femmes, après son titre de 2007, Claire Leroy figure dans la liste de nouveau cette année après avoir remporté cinq grandes épreuves du calendrier de l’ISAF dont le Championnat du Monde féminin. Elle reste d’ailleurs numéro une au classement de match racing depuis mai 2005. Ses concurrentes pour le titre de l’ISAF cette année sont le trio britannique, qui a remporté la médaille d’or en Yngling aux J.O. de Qingdao, Sarah Ayton, Sarah Webb et Pippa Wilson; les Australiennes Elise Rechichi et Tessa Parkinson, les médaillées d’or olympiques en 470; l’Italienne, Alessandra Sensini, qui est devenue la première femme de l’histoire à remporter quatre médailles d’or dans une épreuve de voile aux J.O., lorsqu’elle a de nouveau gagné le titre suprême en RS:X cet été. Avec sa première médaille olympique, l’Américaine, Anna Tunnicliffe complète la liste de présélectionnées féminines.
Les vainqueurs seront annoncés le 11 novembre prochain lors d’une soirée à Madrid.
Créer des vêtements à l’aspect vieilli et patiné, comme ceux des marins, telle était l’idée de départ des créateurs de Lof&Foil. Passionnés de sports nautiques, ils voulaient avant tout porter des vêtements qui leur ressembleraient. Entre le côté sport du surf et le côté chic de la voile, L&F s’est crée un univers simple, rafraichissant et convivial, aux couleurs passées et abimées.
L&F est l’abréviation de Lof and Foil. Lof : manœuvre qui consiste à se mettre face au vent et Foil : surface profilée qui se déplace dans l’eau. L&F est une jeune marque de prêt-à-porter homme et femme. C’est aussi un cercle de copains, passionnés de voile et voulant communiquer leur passion à travers le vêtement.
L&F symbolise l’évasion, la communion avec l’élément Eau et la fraternité. Cette marque est également l’expression de leur attachement à la nature et au sport : une marque dynamique et fédératrice des valeurs de ces deux domaines : esprit d’équipe, partage, respect, engagement, solidarité, équité… L’ancre Marine, emblème de la marque, représente autant l’attachement à ses valeurs fondatrices qu’au milieu sportif et marin.
Toutes les collections L&F sont réalisées en Europe favorisant ainsi un commerce à plus petite échelle, basé sur une collaboration saine et durable. Le refus de L&F de délocaliser sa production dans des pays du tiers monde relève de la volonté que s’est fixée la marque dans la non utilisation de main d’œuvre bon marché. Le choix de L&F de focaliser sa production et son développement en Europe entre dans une démarche de réduction du transport et des émissions de gaz à effet de serre, souvent importantes dans ce type d’activité.
Sur le long terme L&F, souhaite continuer dans cette démarche de développement durable et ainsi créer ses produits en matériaux biologiques dans un respect total de l’environnement.
Pour l’instant exclusivement estivales, les collections L&F s’enrichiront bientôt de shorts, robes, vestes et polos. A suivre donc !
Avant de rentrer dans le détail, il convient de préciser que les épreuves de voile rassemblent 14 séries (11 pour les JO, 3 aux Jeux Paralympiques) et le choix des voiles n’est libre que pour 8 d’entre elles (470 x 2, Finn, Star, Yngling, Tornado, Sonar et 2.4mR). Les voiles North Sails ont donc été choisies pour remporter 75% des titres et plus de 70% des médailles "possibles".
Carton plein pour l’Angleterre ! La Grande-Bretagne, emmenée par le désormais quadruple médaillé Ben Ainslie, remporte 4 titres en Finn, Star, Yngling et Laser ainsi qu’une médaille d’argent en 470 H et une médaille de bronze en RS-X. Déjà meilleure nation à Sydney et Athènes, l’équipe anglaise Skandia Team GBR a confirmé son statut de favorite et la qualité de son programme. Ben Ainslie et Ian Percy, respectivement vainqueurs en Finn et en Star et déjà champions olympiques avec North en 2000 et 2004 avaient de nouveau accordé leur confiance à North Sails One Design.
L’Australie au top en 470 ! Comme à Sydney en 2000, l’Australie remporte les 2 titres en 470 et termine 2ème nation des JO à Pékin. Dans ces deux séries les podiums sont d’ailleurs quasi exclusivement North, et pour la 3ème olympiade consécutive en 470 H le titre revient aux voiles conçues par les équipes North. A noter la nouvelle médaille d’argent des anglais Nick Rogers et Joe Glanfied ainsi que le bronze des français Nicolas Charbonnier et Olivier Bausset, très performants à Qingdao.
2 titres aux Jeux paralympiques Sur le même plan d’eau de Qingdao se sont déroulés les Jeux Paralympiques, avec un support en solitaire (2.4mR) et deux supports en équipage (Sonar et SKUD 18). A l’issue des 11 manches en Sonar et des 10 manches en 2.4mR, le succès est au rendez-vous pour North puisque les allemands Jens Kroker, Robert Prem et Siegmund Mainka gagnent en Sonar tandis que le canadien Paul Tingley s’impose en 2.4mR devant le français Damien Seguin dont North a fabriqué les voiles à Vannes.
Le tableau complet des médailles North Sails : Hommes Star : 1. Iain Percy / Simpson GBR 2. Sheidt / Prada BRA
Finn 1.Ben Ainslie / GBR 2. Zach Railey / USA 3. Guillaume Florent / FRA
4.70 1. Wilmot / Page AUS 2. Rogers / Glanfield GBR 3. Charbonnier / Bausset FRA (foc et spi)
Tornado 3. Lange / Espinola ARG
Femmes 4.70 1. Rechichi / Parkinson AUS 2. De Koning / Berkhout NED 3. Oliveira / Swan BRA (GV et spi)
Yingling 2. Mulder / Bes / Witteveen NED (focs)
Paralympiques 2.4 meter 1. Paul Tingley CAN 2. Damien Seguin FRA
Sonar 1. Kroker / Prem / Mainka GER 3. Harrison / Boaden / Martin AUS