Loïck Peyron et les neuf concurrents accrochés dans sa roue sont bel et bien sortis de la zone de convergence. Cette nuit, ils ont bordé les voiles et progressent entre 10 et 13 nœuds dans un vent d´est-sud-est, à 190 milles de l´équateur. Dès lors, il s´agit et pour plusieurs jours, d´une course de vitesse au près océanique au beau milieu de l´Atlantique, entre les côtes africaines et sud-américaines. Au sein de ce groupe homogène, les écarts restent dérisoires à l´échelle d´un tour du monde (72 milles en tout). En dehors des ultras réguliers Peyron et Josse qui monopolisent depuis plus d´une semaine le haut du tableau, chaque classement pourrait donner une nouvelle hiérarchie, à l´instar de celui de ce vendredi matin.
A l´aube du 12e jour de course, le tenant du titre Vincent Riou (PRB) fait son entrée sur le podium virtuel, une place jusque-là occupée par Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). Derrière eux, Roland Jourdain (Veolia Environnement) et Jérémie Beyou (Delta Dore) ont gagné chacun une place, au détriment de Mike Golding, relégué en 9e position et désormais à portée de fusil de Jean Le Cam (VM Matériaux).
100 milles plus au nord, Dominique Wavre (Temenos II) emmène sa troupe à l´entrée du pot au noir. Mais ni le skipper suisse, ni ses plus proches adversaires Thompson, Davies et plus loin Guillemot, ne semblent souffrir pour l´instant du moindre ralentissement. Leurs vitesses moyennes sont en effet comparables à celles des leaders.
Le troisième groupe de chasseurs, Dee Caffari (Aviva) en tête, n´est plus très loin lui non plus de la zone de convergence intertropicale. La navigatrice anglaise est sans nul doute la prochaine « cible » de Michel Desjoyeaux qui a doublé dans la nuit Steve White (Toe in the Water) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas).
Pour le suspense et l´intensité de la régate, un scénario avec plusieurs groupes séparés par moins de 100 milles dans les alizés de l´hémisphère sud, serait idéal !
1 Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20896 milles de l´arrivée
2 Sébastien Josse (BT) à 16,1 milles
3 Vincent Riou (PRB) à 26,9 milles
4 Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 27,4 milles
Mercredi, aux abords du 7e degré de latitude nord, les leaders du Vendée Globe ont vécu un premier épisode de calmes. Voiles faseyantes et claquant dans une houle sans vent, douches tièdes sous les orages, de nombreux empannages et des changements de voiles ont été le lot de la nuit. Manque de chance, le pot au noir persiste aujourd´hui à leur faire des misères.
Cette zone de conflit entre les deux alizés (hémisphère nord et sud) s´est en effet décalée dans le sud pour se placer à nouveau en travers de leur route. Conclusion : à la mi-journée, l´avant-garde de la course subissait un nouveau coup de frein.
Pétole, moiteur et guerre des nerfs
Vaillant leader depuis 8 jours, Loïck Peyron avait la voix fatiguée et la verve fataliste. A la vacation du jour, il avouait n´avoir aucune idée de l´issue de cette affaire, ne plus regarder les infos météo et tenter simplement d´avancer droit devant, cap au sud. Depuis ce matin, le skipper de Gitana Eighty avait en effet de quoi se faire des cheveux blancs. Dans son rétroviseur, se profile l´ombre de ses adversaires qui profitent de ses difficultés pour peaufiner leur trajectoire et avancer. De fait, ils sont désormais dix en 80 milles à se bagarrer comme des chiffonniers au prix de quelques litres de sueur. Car l´atmosphère est toujours aussi torride à 344 milles de l´équateur. Dans les habitacles de carbone, le thermomètre dépasse les 30 degrés tandis qu´un soleil cuisant inonde les cockpits, ce qui a valu à Dominique Wavre quelques vilains maux de crâne, tandis que Sam Davies se baladait sur le pont de Roxy en bikini. Dans ce contexte, les quelques grains pluvieux croisés dans le pot étaient accueillis comme des douches providentielles. Mais les conditions de navigation restent éreintantes, d´autant que ce pot au noir est en train de devenir le lieu d´un nouveau départ.
Au pointage de 16h00, Loïck Peyron, crédité d´une vitesse de 7 nœuds (contre 2,2 nœuds ce midi !), conservait certes une avance de 20 milles. Mais dans son tableau arrière, c´est la guerre entre Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Vincent Riou (PRB), Armel Le Cléac´h (Brit Air), Yann Eliès (Generali), Mike Golding ( Ecover), Roland Jourdain (Veolia Environnement), Jérémie Beyou (Delta Dore) et enfin Jean Le Cam (VM Matériaux). D´après les données météo, tout ce petit monde pourrait entrevoir la porte de sortie dans la soirée et toucher cette nuit ou demain matin les premiers signes de l´alizés du sud-est. Mais dans quel ordre ? Peyron, lui, avait déjà sorti son génois…
116 milles de gagnés pour Foncia
En deuxième et troisième rideau, les bateaux de chasse assistent de loin à ce spectacle en applaudissant des deux mains. Crédités de vitesses parfois deux à trois fois supérieures à leurs prédécesseurs, ils sont les grands gagnants de ces dernières 48 heures. Onzième, Dominique Wavre (Temenos II) a récupéré une quarantaine de milles ; Marc Guillemot (Safran), émerveillé par le spectacle d´un groupe de gros mammifères marins, en a rattrapé 70. Enfin, Michel Desjoyeaux (Foncia) qui a passé sa nuit allongé dans le cockpit à admirer les étoiles, a quant à lui gagné 116 milles en 24 heures. Mais en navigateur prudent et expérimenté qu´il est, il estimait à raison qu´il était bien trop tôt pour se réjouir !
Meilleure progression…
Attribuée au dernier concurrent de la flotte, Jean Baptiste Dejeanty, qui cravache à la latitude de Gibraltar à 14 nœuds de moyenne. Le skipper de Maisonneuve a parcouru 337 milles entre les pointages de mercredi et jeudi 16 heures. Il est encore à 1875 milles de la tête de course.
Les voix du large
Dominique Wavre (Temenos), 11e à 191 milles des leaders :
« La nuit était compliquée. J´ai enchaîné 7 ou 8 empannages. Il commence à faire chaud. J´ai eu un petit mal de crâne à force de trop barrer en plein soleil. Il faut boire beaucoup d´eau, mouiller régulièrement la casquette. »
Jérémie Beyou (Delta Dore), 9e à 80,3 milles :
« Comme il fait très chaud, les manœuvres sont vite fatigantes. J´essaye de faire glisser (abattre vers le sud, ndlr) car j´ai vu au dernier pointage que Peyron était bien arrêté. J´essaye donc de ne pas trop me caler sur sa trajectoire. »
Samantha Davies (Roxy), 13e à 205,8 milles :
« J´ai dormi 5 heures d´affilée cette nuit car j´ai oublié de mettre le réveil. Maintenant, il fait chaud. Tout va bien, je suis en forme. J´ai croisé juste devant Brian Thompson ce matin. On s´est appelé lorsqu´on commençait à être proche pour faire attention à nos routes. »
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), 3e à 23,7 milles
« Je suis entré dans le pot-au-noir ce matin avec une énorme pétole. Heureusement, j´ai bien dormi la nuit dernière. Il faut prendre son mal en patience. Mais quelle chaleur ! Chaque manœuvre occasionne des suées terribles. Je pense que ceux qui sont dans l´ouest dans le pot-au-noir comme Bilou jouent un bon coup. »
Sébastien Josse (BT), 2e à 21,8 milles
« Il fait chaud et il n´y a pas de vent. Tout comme on avait prévu… Pour l´instant, il n´y a rien du tout comme vent. On attend le nouveau vent. Il faut être vigilant, car le pot-au-noir, c´est aussi là où on peut casser le plus. Le bateau est chahuté de droite à gauche, les voiles claquent… »
Le mot du tour
Grain : coup de vent aussi fort que soudain qui peut durer plusieurs minutes et se dissiper aussi rapidement. Les grains se développent généralement dans des zones d´air instable, à l´image du pot au noir. Ils sont associés à des cumulus et peuvent générer de fortes pluies.
Les premiers au pointage de 16 heures le 20/11/08 :
1 Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 024 milles de l´arrivée
2 Sébastien Josse (BT) à 21,8 milles du leader
3 Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 23,7 milles
4 Vincent Riou (PRB) à 29,5 milles
5 Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 38,9 milles
Premiers étrangers :
7 Mike Golding (Ecover) à 55,1 milles
11 Dominique Wavre (Temenos II) à 191 milles
12 Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 193 milles
Hier, aux abords du 7e degré de latitude nord, les leaders du Vendée Globe ont vécu un premier épisode de calmes. Voiles faseyantes et claquant dans une houle sans vent, douches tièdes sous les orages, de nombreux empannages et des changements de voiles ont été le lot de la nuit. Manque de chance, le pot au noir persiste aujourd´hui à leur faire des misères.
Cette zone de conflit entre les deux alizés (hémisphère nord et sud) s´est en effet décalée dans le sud pour se placer à nouveau en travers de leur route. Conclusion : à la mi-journée, l´avant-garde de la course subissait un nouveau coup de frein.
Pétole, moiteur et guerre des nerfs
Vaillant leader depuis 8 jours, Loïck Peyron avait la voix fatiguée et la verve fataliste. A la vacation du jour, il avouait n´avoir aucune idée de l´issue de cette affaire, ne plus regarder les infos météo et tenter simplement d´avancer droit devant, cap au sud. Depuis ce matin, le skipper de Gitana Eighty avait en effet de quoi se faire des cheveux blancs. Dans son rétroviseur, se profile l´ombre de ses adversaires qui profitent de ses difficultés pour peaufiner leur trajectoire et avancer. De fait, ils sont désormais dix en 80 milles à se bagarrer comme des chiffonniers au prix de quelques litres de sueur. Car l´atmosphère est toujours aussi torride à 344 milles de l´équateur. Dans les habitacles de carbone, le thermomètre dépasse les 30 degrés tandis qu´un soleil cuisant inonde les cockpits, ce qui a valu à Dominique Wavre quelques vilains maux de crâne, tandis que Sam Davies se baladait sur le pont de Roxy en bikini. Dans ce contexte, les quelques grains pluvieux croisés dans le pot étaient accueillis comme des douches providentielles. Mais les conditions de navigation restent éreintantes, d´autant que ce pot au noir est en train de devenir le lieu d´un nouveau départ.
Au pointage de 16h00, Loïck Peyron, crédité d´une vitesse de 7 nœuds (contre 2,2 nœuds ce midi !), conservait certes une avance de 20 milles. Mais dans son tableau arrière, c´est la guerre entre Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Vincent Riou (PRB), Armel Le Cléac´h (Brit Air), Yann Eliès (Generali), Mike Golding ( Ecover), Roland Jourdain (Veolia Environnement), Jérémie Beyou (Delta Dore) et enfin Jean Le Cam (VM Matériaux). D´après les données météo, tout ce petit monde pourrait entrevoir la porte de sortie dans la soirée et toucher cette nuit ou demain matin les premiers signes de l´alizés du sud-est. Mais dans quel ordre ? Peyron, lui, avait déjà sorti son génois…
116 milles de gagnés pour Foncia
En deuxième et troisième rideau, les bateaux de chasse assistent de loin à ce spectacle en applaudissant des deux mains. Crédités de vitesses parfois deux à trois fois supérieures à leurs prédécesseurs, ils sont les grands gagnants de ces dernières 48 heures. Onzième, Dominique Wavre (Temenos II) a récupéré une quarantaine de milles ; Marc Guillemot (Safran), émerveillé par le spectacle d´un groupe de gros mammifères marins, en a rattrapé 70. Enfin, Michel Desjoyeaux (Foncia) qui a passé sa nuit allongé dans le cockpit à admirer les étoiles, a quant à lui gagné 116 milles en 24 heures. Mais en navigateur prudent et expérimenté qu´il est, il estimait à raison qu´il était bien trop tôt pour se réjouir !
Meilleure progression…
Attribuée au dernier concurrent de la flotte, Jean Baptiste Dejeanty, qui cravache à la latitude de Gibraltar à 14 nœuds de moyenne. Le skipper de Maisonneuve a parcouru 337 milles entre les pointages de mercredi et jeudi 16 heures. Il est encore à 1875 milles de la tête de course.
Les voix du large
Dominique Wavre (Temenos), 11e à 191 milles des leaders :
« La nuit était compliquée. J´ai enchaîné 7 ou 8 empannages. Il commence à faire chaud. J´ai eu un petit mal de crâne à force de trop barrer en plein soleil. Il faut boire beaucoup d´eau, mouiller régulièrement la casquette. »
Jérémie Beyou (Delta Dore), 9e à 80,3 milles :
« Comme il fait très chaud, les manœuvres sont vite fatigantes. J´essaye de faire glisser (abattre vers le sud, ndlr) car j´ai vu au dernier pointage que Peyron était bien arrêté. J´essaye donc de ne pas trop me caler sur sa trajectoire. »
Samantha Davies (Roxy), 13e à 205,8 milles :
« J´ai dormi 5 heures d´affilée cette nuit car j´ai oublié de mettre le réveil. Maintenant, il fait chaud. Tout va bien, je suis en forme. J´ai croisé juste devant Brian Thompson ce matin. On s´est appelé lorsqu´on commençait à être proche pour faire attention à nos routes. »
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), 3e à 23,7 milles
« Je suis entré dans le pot-au-noir ce matin avec une énorme pétole. Heureusement, j´ai bien dormi la nuit dernière. Il faut prendre son mal en patience. Mais quelle chaleur ! Chaque manœuvre occasionne des suées terribles. Je pense que ceux qui sont dans l´ouest dans le pot-au-noir comme Bilou jouent un bon coup. »
Sébastien Josse (BT), 2e à 21,8 milles
« Il fait chaud et il n´y a pas de vent. Tout comme on avait prévu… Pour l´instant, il n´y a rien du tout comme vent. On attend le nouveau vent. Il faut être vigilant, car le pot-au-noir, c´est aussi là où on peut casser le plus. Le bateau est chahuté de droite à gauche, les voiles claquent… »
Le mot du tour
Grain : coup de vent aussi fort que soudain qui peut durer plusieurs minutes et se dissiper aussi rapidement. Les grains se développent généralement dans des zones d´air instable, à l´image du pot au noir. Ils sont associés à des cumulus et peuvent générer de fortes pluies.
Les premiers au pointage de 16 heures le 20/11/08 :
1 Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 024 milles de l´arrivée
2 Sébastien Josse (BT) à 21,8 milles du leader
3 Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 23,7 milles
4 Vincent Riou (PRB) à 29,5 milles
5 Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 38,9 milles
Premiers étrangers :
7 Mike Golding (Ecover) à 55,1 milles
11 Dominique Wavre (Temenos II) à 191 milles
12 Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 193 milles
Peut-être même que Sodeb´O croisera la route du monocoque Groupe Maisonneuve, du benjamin de la flotte du Vendée Globe, Jean-Baptiste Dejeanty qui est reparti des Sables d´Olonne le 16 novembre après avoir réparé un problème de fissure au niveau du pont. Le trimaran navigue actuellement à la latitude de Lisbonne, toujours sous gennaker avec un ris dans la grand voile. Sodeb´O fait désormais une route parallèle et même un peu plus Est que IDEC il y a un an et a logiquement concédé une trentaine de milles de son avance d´hier dans le contre-bord de cette nuit puisqu´il y a ce matin 29 milles d´écart, contre 60 à 22 heures mercredi soir. C´est de la glisse pure qui attend maintenant Thomas dont le moral est excellent. La fenêtre choisie pour le départ de Brest semble pour l´instant répondre aux attentes même si le skipper a passé beaucoup de temps hier à la barre pour gérer cette mer courte qui l´accompagne depuis la Pointe Bretagne.
Dix avant-hier, sept hier et aujourd’hui plus que six… Tel est le nombre de concurrents du groupe de tête séparés de moins de 100 milles. Malgré le pot-au-noir, Loïck Peyron continue d’imposer une cadence infernale à ses adversaires qui sont de moins en moins nombreux à tenir le rythme. Jean Le Cam (VM Matériaux), qui disputait la première place à Peyron en début de semaine, pointe désormais en 9e position à 125 milles du chef de file. Comme ses prédécesseurs, Le Cam a multiplié les empannages cette nuit pour zigzaguer entre les nuages noirs du pot-au-noir. Un pot qui pour l’instant n’a pas beaucoup ralenti le leader, à peine freiné quelques heures mercredi soir. Jeudi matin, au premier pointage, Loïck Peyron filait à 9,7 nœuds. En est-il déjà sorti ? Sera-t-il à nouveau ralenti dans la journée ?
Derrière le maestro, Sébastien Josse (BT) s’accroche à sa place de dauphin, désormais menacée par le métronome Armel Le Cléac’h (Brit Air), 3e ce matin. Avec Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Vincent Riou (PRB) et Yann Eliès (Generali), ils forment un quatuor soudé et naviguent régulièrement à vue les uns des autres. Si le pot-au-noir joue souvent les entonnoirs, obligeant la flotte à se recentrer vers un même point de passage, trois solitaires – ou plutôt trois joueurs – semblent avoir décidé de le traverser 250 milles plus à l’est que tout le monde. Là où le pot-au-noir est statistiquement le plus épais ! Jonny Malbon (Artemis), Unai Basurko (Pakea Bizkaia) et Rich Wilson (Great American III), respectivement 19e, 20e et 21e tentent une option qui paraît très risquée d’un point de vue comptable. Mais si le pot-au-noir leur ouvrait les portes en grand, il leur permettrait de faire un bond au classement. Dans le cas contraire, la dégringolade n’en sera que plus sévère…
Les premiers au classement de 5h00 :
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21073 milles de l’arrivée
A 3h45 TU cette nuit, Ericsson 4, skippé par Torben Grael – déjà vainqueur de la première étape – a été le premier bateau à franchir la porte à 58° Est, dans la seconde étape de la Volvo Ocean Race. L’équipe prend ainsi quatre points et peut désormais tourner à gauche pour remonter vers Cochin, en Inde. A environ 30 milles derrière, mais situé bien plus au nord, c’est Ericsson 3 qui devrait être le prochain bateau à y prendre des points. Bouwe Bekking sur Telefonica Blue espère également récupérer des points ici, étant donné le net ralentissement de Puma, suite aux dégâts structurels sur le bateau skippé par Ken Read.
Selon les dernières prévisions, les bateaux vont pouvoir bénéficier des alizés dans les prochaines 48 heures.
En ce 10e jour de course, 2100 milles séparent les chefs de file du dernier concurrent. Quand les premiers pensent déjà au franchissement de l’équateur, d’autres abordent ou s’extirpent de l’archipel du Cap Vert. Plus haut sur la carte de l’Atlantique nord, Bernard Stamm arrondit les Canaries, Derek Hatfield glisse à l’ouest de Madère et Dejeanty file au large du Portugal. Le skipper de Maisonneuve surveille l’étanchéité du pont de son bateau comme du lait sur le feu. Il est le dernier concurrent à avoir profité des 10 jours d’ouverture de la ligne de départ pour rentrer aux Sables d’Olonne et réparer à terre. La ligne est d’ailleurs définitivement fermée depuis ce mercredi 13h02.
Le Cam puni par ses pilotes
Les autres, depuis longtemps déjà, sont contraints de résoudre sur l’eau le moindre pépin technique, à la force des bras et des méninges. Jean le Cam en a fait la douloureuse expérience la nuit dernière : ses quatre pilotes automatiques hors service, il a passé plusieurs heures en travers de la route pour résoudre la panne et estime avoir perdu 45 milles dans l’opération. A ce contretemps viennent s’ajouter les milles envolés au cours de son recalage obligatoire dans l’ouest. Résultat des courses : VM Materiaux a dégringolé à la 8e place, à 93 milles de Loïck Peyron.
Peyron en éclaireur à 2,6 nœuds de vitesse
Ce dernier qui entame son 7e jour de course aux avant-postes, a ouvert aujourd’hui la voie dans le pot au noir. La traversée de cette bande de 300 milles située de part et d’autre de l’équateur, où règnent grains violents et vents erratiques, confine parfois au jeu de hasard. A la vacation du jour, les navigateurs ont évoqué ces aléas, l’indispensable facteur chance, se remémorant avec un certain fatalisme les milles perdus ou gagnés par enchantement lors de leurs précédents passages. Yann Eliès, lui, imagine un pot au noir sous forme de ” bête “, cerbère fantasmagorique, gardien du passage dans l’hémisphère sud. Dans cette zone où l’irrationnel et l’imprévu prennent le pas sur le calcul, les marins vont renouer avec les basiques de la navigation à la voile : observer la mer, scruter les nuages et surtout, veiller sur le pont pour répondre dans la minute aux variations de vent. Ce jeu de patience et d’abnégation va durer pendant les 36 prochaines heures et chacun espère secrètement qu’il en sortira gagnant. Ce matin, dans le sillage bleu marine de l’éclaireur Peyron, les poursuivants avaient placé leurs pions et glissaient paisiblement sous un soleil de plomb, tube de crème solaire à la main et ventilo en marche à l’intérieur des bateaux. Mais au classement de 16h00, les vitesses avaient déjà amorcé leur chute libre, Gitana Eighty peinant à 2,6 nœuds de moyenne, tandis que Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), Armel Le Cléac’h (Brit’ Air) plafonnaient à 4 nœuds.
Petit à petit, les poursuivants vont buter à leur tour dans ce mur sans vent et un joli regroupement est à prévoir dans les prochaines heures. Parmi les retardataires qui glissent toujours dans l’alizé, cet arrêt buffet fera quelques heureux. De Dominique Wavre (Temenos II) à Michel Desjoyeaux (Foncia), certains y verront une belle occasion de revenir au contact. Un bonheur probablement éphémère, à moins que la ” bête ” dans ses caprices, ne décide de les laisser passer comme des fleurs.
Meilleure progression….
Attribuée ce mercredi 19 novembre à Bernard Stamm, 24e au pointage de 16h00, à 1133 milles de la tête de course. Le skipper de Cheminées Poujoulat, qui glisse actuellement au portant au large des Canaries, a parcouru 277,9 milles ces dernières 24 heures. Poussé par un alizé constant, le navigateur suisse se réjouissait de ces belles conditions de navigation dont il profite depuis le cap Finisterre.
Les voix du large…
Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), 26e à 2103 milles du leader : « Je suis actuellement au large de Vigo. C’est sûr que c’est moins intéressant sportivement, mais je me motive avec tous les mails d’encouragement que je reçois et ces milliers de gens qui étaient le long du chenal dimanche. Mon deuxième départ était vraiment incroyable. Sinon, ma réparation est nickel. Il reste encore une ou deux petites fuites au niveau des tunnels des drisses. »
Jean Le Cam (VM Matériaux), 8e à 93 milles : « J’ai eu un problème de pilote hier (mardi). Je suis resté quatre à cinq heures arrêté en travers de la piste pour réparer. J’ai quatre pilotes à bord. Je les ai essayé un par un, et tous avaient la même panne. Je peux vous dire que ça a fumé à bord pendant quatre heures. Être arrêté à 0 nœud à chercher une panne pendant que les autres foncent à 10 nœuds, c’est dur psychologiquement. Disons que ça forge le caractère. Mais maintenant tout est nickel. »
Armel Le Cléac’h (Brit Air), 4e à 44,8 milles : « Je navigue à vue avec Jean-Pierre Dick. Je suis content d’être bord à bord avec lui. Il a beaucoup d’expériences en 60 pieds Open, a remporté de grandes courses. On s’accroche au rythme de Peyron. Hier (mardi), on a fait une bagarre d’empannages à distance. On se serait cru en stage à Port-La Forêt. »
Vincent Riou (PRB), 5e à 54 milles : « Le vent est faible. 6-7 nœuds. Tout le monde essaye de gagner dans le sud. Le pot-au-noir est une zone aléatoire. Parfois il y a des gros écarts, parfois rien. C’est un peu la surprise. C’est une zone où on ne dort pas beaucoup. Coup de chance, j’ai pu bien dormir la nuit dernière. »
Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), 22e à 644 milles : « Mon gennaker a explosé et lorsque j’ai voulu l’affaler, il est passé à l’eau et s’est coincé sous la quille. J’ai essayé de faire une marche arrière en réduisant la toile pour le récupérer. Cela m’a pris trois heures d’effort… »
Yann Eliès (Generali), 6e à 68 milles : « C’est super sympa d’être au contact avec les autres concurrents. Parfois on s’appelle par téléphone. On ne parle que du passé, pas de l’avenir. On refait le match ! Les dés sont jetés pour le pot-au-noir. On sent qu’on approche de la bête. L’alizé est de plus en plus faible. »
Roland Jourdain (Veolia Environnement), 10e à 136 milles : « J’ai investi hier dans l’ouest. Ça m’agaçait de suivre les autres, je voulais tenter quelque chose. Le pot-au-noir, on y va un peu au pif ! La prudence aurait été d’empanner plus tôt et de rester au contact des autres. C’est amusant, les courses à la voile, on se souvient que des bons souvenirs. Mais dans le pot-au-noir, on ne se souvient que des mauvais. »
Les 5 premiers au pointage de 16h00 1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21 136 milles de l’arrivée 2- Sébastien Josse (BT) à 27,3 milles du leader 3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 44,1 milles 4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 44,8 milles 5- Vincent Riou (PRB) à 54,3 millesPremiers étrangers 7- Mike Golding (Ecover) à 86,5 milles 12- Samantha Davies (Roxy) à 268,5 milles 13- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 272,1 milles
Le tempo est rapide. La moyenne du trimaran sur la première journée est de 20,8 nœuds et Sodeb´O est régulièrement au-dessus de 25 nœuds en vitesse instantanée. Le golfe de Gascogne et le cap Finisterre sont déjà des souvenirs puisque Thomas longe actuellement les côtes portugaises et sera demain matin à la latitude de Lisbonne. Sodeb´O a ce soir 60 milles d´avance sur IDEC. Le routeur Richard Silvani a eu au téléphone satellite le skipper qui témoignait d´un vent de Nord-Nord Est de 30 nœuds, donc supérieur aux prévisions qui annonçaient plutôt 26 nœuds sur cette zone. La houle croisée suit toujours le trimaran qui déboule sous petit gennaker dans trois mètres de creux.
Empannages
Thomas Coville a très peu dormi depuis le départ et il avait prévu de manger pour la première fois en début d´après-midi. Rien d´étonnant pour le skipper de Sodeb´O qui doit se mettre dans le rythme très particulier de la navigation en solitaire en multicoque : s´habituer aux mouvements du bateau, à sa vitesse, aux bruits et retrouver cette dépense physique permanente combinée à un stress lancinent. Surtout que ce n´est pas encore le grand large mais une navigation à haute vitesse à proximité des côtes, avec le trafic et cette mer courte et croisée.
Après un premier empannage ce matin, à 4h50, Thomas se prépare à en effectuer un second dans quelques heures, afin d´effectuer un petit contre-bord et gagner dans l´Ouest pour pouvoir ensuite empanner une troisième fois et faire cap au Sud, direction l´Equateur.
Sur la carte, le schéma météo à court terme est très clair, avec ce vent de secteur Nord-Est qui permet d´avancer en ce moment parfaitement sur la route (appelée orthodromique et matérialisée en rouge sur la carte lorsque l´on active la fonction en cliquant sur le 3e onglet en partant de la droite). En revanche, comme avant le départ, l´équipe de Sodeb´O garde un œil très attentif sur la zone entre les Canaries et le Cap Vert où le vent semble légèrement faiblir, sans pour autant changer de direction.
La traversée du pot-au-noir n’a rien d’une partie de plaisir. Même des marins aux multiples tours du monde, comme le Suisse Dominique Wavre (Temenos II) qui l’a traversé près d’une vingtaine de fois, reconnaissent une grande part de loterie et la désagréable sensation de dépenser beaucoup d’énergie pour une progression minime et aléatoire. C’est ce qui attend aujourd’hui les dix premiers de ce Vendée Globe qui vont traverser cette zone de non droits météorologiques. Orages, pétole, grains fugaces et ciel noir seront le décor de cette partie d’échec qui tourne parfois à la roulette. Et les risques d’avaries ne sont pas négligeables pour celui qui, toutes voiles dehors, n’a pas bien anticipé une soudaine bourrasque de vent. Nul doute que la tension à bord sera à son maximum.
Côté classement, Loïck Peyron (Gitana Eighty), en tête depuis six jours, conserve toujours une petite avance d’une quarantaine de milles sur ses deux premiers poursuivants, Sébastien Josse (BT) et Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2). Mais la flotte s’étale un peu plus qu’hier. Mardi matin, les dix premiers se tenaient en moins de 100 milles. Aujourd’hui, Roland Jourdain (Veolia Environnement), 10e et dernier de ce groupe de tête, pointe à 164 milles de Peyron. A noter également la belle prestation de Dominique Wavre qui continue sa remontée au classement. Le Suisse se hisse à la 11e place, soit trois de mieux en 24h. Il mène désormais le peloton lancé aux trousses des dix échappés. Tout à l’arrière, Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve), reparti une semaine après le départ, a passé cette nuit le Cap Finisterre, à plus de 2000 milles derrière le groupe de tête. La moitié de l’Atlantique les sépare…
Classement à 5h00 le mercredi 19 novembre :
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 21211 milles de l’arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 38,4 milles du leader
3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 47,3 milles
La course au large n’est pas très morale ! Le malheur des uns fait le bonheur des autres… quand ça tamponne devant, les attardés se frottent les mains et retrouvent un grand sourire. De Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), actuellement 12e à Michel Desjoyeaux (Foncia), 18e et qui continue de remonter ses adversaires les uns après les autres, les écarts au premier ont fondu de 100 à plus de 200 milles en moins de 24 heures. Quel bonheur de voir tant d’efforts récompensés ! En repartant des Sables deux jours après tout le monde, Mich’ Desj’ avait rapidement vu son retard doubler, passant de 340 à près de 700 milles à cause de conditions météo moins favorables derrière. Ce n’est finalement que justice que la tendance s’inverse enfin. Avec 444 milles de déficit mardi à 16h, son solde reste encore négatif. Mais à ce rythme, les compteurs pourraient être remis à zéro demain.
Usure physique et nerveuse
Pour les dix premiers, qui se tiennent en une centaine de milles, la dépense physique et nerveuse des dernières heures atteint son paroxysme. Pas le temps de se reposer. Toute la nuit et toute la journée, les manœuvres se sont multipliées à bord des monocoques 60 pieds. Empannages et changement de voiles, qui plus est par forte chaleur et humidité maximale, nécessitent une bonne condition physique. Mais les neurones aussi chauffent devant l’ordinateur pour trouver les bonnes trajectoires lorsque l’alizé brille par son inconstance. Considérant que la météo ne les épargne pas depuis le départ, Jérémie Beyou (Delta Dore, 9e) s’exclame ” c’est le pompon ! ” lorsqu’il constate comme ses adversaires que les fichiers de prévisions météorologiques sont tous faux. Le casse-tête de la stratégie en course au large n’en est que plus compliqué.
L’incertitude du pot-au-noir
Autre supplice météo, l’arrivée du pot-au-noir qui s’annonce pour l’instant plutôt épais. A grands coups d’empannages, le trio de tête constitué de Loïck Peyron (Gitana Eighty), Jean Le Cam (VM Matériaux) et Sébastien Josse (BT) s’est recalé devant ses sept poursuivants. En conséquence, les écarts se sont fortement resserrés. A l’exception de Loïck Peyron qui conserve pour le sixième jour consécutif la tête de la course et arrive à maintenir sa petite avance sur l’ensemble de ses adversaires directs. Les prémices du pot-au-noir devraient s’apercevoir dès la nuit prochaine avec les premiers orages à l’horizon. Les nerfs des solitaires vont une nouvelle fois être mis à rude épreuve. La grande loterie du pot fera-t-elle le bonheur des uns et le malheur des autres ?
(source Vendée Globe)
Les premiers au pointage de 16h00 1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à) 21357 milles de l’arrivée 2- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 22,5 milles du premier 3- Sébastien Josse (BT) à 38,7 milles 4- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 48,5 milles 5- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 61 milles
Premiers étrangers : 8- Mike Golding (Ecover) à 92,4 milles 12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 222 milles 15- Samantha Davies (Roxy) à 238 milles
Ils ont dit :
Sébastien Josse (BT), 3e à 38,7 milles du premier : « Déjà Nous n’avons pas vraiment un régime d’alizés normal. C’est déjà perturbé par le pot au noir. Je pense qu’on devrait y arriver demain (mercredi) en fin d’après-midi. On va tous y arriver en même temps. Les routages donne tout le monde en 10 milles d’écart. »
Marc Guillemot (Safran) 14e à 234 milles : « Cette nuit, je suis passé pas loin de l’île de Sao Nicolau (dans l’archipel du Cap Vert) et j’ai pu voir la terre. Je n’ai pas arrêté d’empanner pour profiter de toutes les petites bascules. Les écarts vont se resserrer d’ici le pot au noir et ça me remonte vraiment le moral. »
Dominique Wavre (Temenos II) 13e à 223 milles : « Le pot au noir, j’ai dû y passer une quinzaine de fois au moins. A vrai dire, on y dépense beaucoup d’énergie pour pas grand-chose ! Et il y a un tel facteur chance qu’intellectuellement, ce n’est finalement pas très intéressant. Cela dit, on navigue maintenant sur des bateaux qui sont rapides dans les petits airs »
Jérémie Beyou (Delta Dore), 9e à 115 milles : « Cette dernière nuit a été fatigante et j’avoue que j’ai eu quelques grands moments de solitude. Quand tu viens juste d’empanner et que tu t’aperçois que le vent a encore basculé et qu’il va falloir y retourner, là, tu te dis que tu es maudit ! »
Jean Pierre Dick, 4e à 48 milles : « La nuit a été très agitée. Je suis en nage car je viens de transporter tout le matériel de l’avant vers l’arrière. 500 kilos, c’est physique ! Mais bon, le tempo est là et je suis super content d’être revenu sur le groupe de tête. »
Michel Desjoyeaux (Foncia), 18e à 444 milles : « Foncia fonce ! J’avance en permanence entre 15 et 17 nœuds avec un vent qui n’était pas vraiment prévu. J’étais prêt à mettre le spi et finalement, j’ai dû border les voiles ! Devant, ça a l’air d’être le grand bazar, moi je gagne des places, il était temps que la tendance s’inverse un peu. »
Le vent orienté nord-nord-ouest soufflait entre 15 et 17 noeuds et le bateau avançait sous un ris trinquette. Pour battre le record de Francis Joyon, Thomas Coville devra se présenter sous le phare du Petit Minou situé à l´entrée du goulet de Brest au plus tard le 15 janvier 2009 à 4 heures et 27 minutes et 20 secondes, heure française. « C´est un moment qu´on attend tous depuis plusieurs semaines. La liberté du choix du moment du départ représente une décision importante et déterminante pour la suite. Nous avons décidé de partir aujourd´hui car ce matin la situation entre les Canaries et les Iles du Cap Vert s´est éclaircie sans pour autant être d´une clarté absolue ! » expliquait en fin de matinée le skipper de Sodeb´O.
Objectif : l’équateur en 7 jours
Thomas Coville a précisé que « le routage réalisé ce matin à 9H00 avec les fichiers météo remplit l´objectif « théorique » d´arriver à l´Equateur en 7 jours ». Il poursuit en expliquant que « la situation observée depuis plusieurs jours est vraiment bonne avec une mer pas trop difficile au début dans un flux de nord ouest de 20-25 nœuds qui sera suivi d´une rotation nord/nord est, ce qui offre un angle favorable pour un multicoque ». Autrement dit en prévision une belle descente au portant poussé par les vents, « des conditions dans lesquelles le bateau ne devrait pas trop souffrir et où je pourrais faire de la vitesse sans que ce soit trop physique ».
“Pincement au coeur”
Le skipper concluait sa dernière vacation à terre avec quelques mots plus personnels : « J´avoue que j´aime ce moment quand l´inertie devient action, ce moment pour lequel on se prépare tous. J´ai certes un pincement au cœur de quitter la terre. Je suis terrien comme vous tous et pour autant, je pars sur un terrain, un océan hostile ».