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Les chasseurs espèrent se refaire

Yann Elies - Generali
DR

Un peu comme dans les westerns, mais au lieu de canyons montagneux, c’est un plateau de hautes pressions que les solitaires vont devoir traverser pour atteindre enfin l’Eldorado, les Quarantièmes ! Y aura-t-il un col, un passage au cœur de cette barrière météorologique qui accueille en son sein de redoutables calmes ? Et traverser ce rift va demander de la prudence pour ne pas se faire ensevelir sous un éboulis de vents faibles… Bref, ce jeudi est un jour de transition important, un moment charnière qui va solliciter beaucoup d’attention, beaucoup d’énergie, beaucoup de patience pour s’engager dans une voie qui ne sera pas forcément la meilleure. Car au vu des cartes météorologiques, il est très difficile d’anticiper (à 100 milles près), ce qui va se passer exactement lorsque les hautes pressions sises devant les étraves, vont se déliter pour laisser place à un nouvel anticyclone qui va se déplacer vers Sainte-Hélène…

Le train sifflera trois fois…

Si devant, la ” locomotive ” Loïck Peyron (Gitana Eighty) garde encore le rythme et entraîne toujours ses ” tenders ” Sébastien Josse (BT), Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), il semble bien que la ” pente ” de l’anticyclone soit plus abrupte : le ralentissement est en vue, malgré une brise désormais bien orientée à l’Est sur une mer de plus en plus apaisée. Et c’est par derrière que les rames suivent à vive allure : Marc Guillemot (Safran) met du charbon tout comme Michel Desjoyeaux (Foncia) et leur retour aux avant-postes semble n’être plus qu’une question de week-end… Un week-end qui s’annonce sous le signe de l’embuscade ! À l’image de Jean Le Cam (VM Matériaux) qui pourrait s’échapper à la faveur de son décalage à l’Est de la flotte, alors qu’un début de courbe se dessine ces dernières heures : le cap prend un peu d’Est dans son Sud… À l’approche de ce carrefour près des hauts fonds du Rio Grande, il va falloir disséquer à la loupe les choix tactiques que les solitaires vont prendre en tête de flotte.

Et en queue de peloton, il ne reste plus que deux solitaires dans l’hémisphère Nord : Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) devrait franchir l’équateur la nuit prochaine ou vendredi matin.

Classement à 5h00 :

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 19 884,1 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 21,2 milles du leader

3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 39,4 milles

4- Armel Le Cléac’h (Brit’Air) à 42,7 milles

5- Vincent Riou (PRB) à 57 milles

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Bordeaux 60 : le plus grand voilier du Salon !

Bordeaux 60
Bordeaux 60

Le Bordeaux 60, premier né d’une nouvelle gamme « semi custom » développée par CNB, est le plus grand voilier exposé au Nautic 2008.
C’est la coque n°9, la première du millésime 2009, qui sera exposée au Salon de Paris, agencée et équipée selon les souhaits de son propriétaire.

Il s’inscrit entre les plus grands voiliers des marques généralistes du groupe Bénéteau et les prestigieux « one off » du chantier, avec pour mots-clé : élégance  contemporaine, qualité de réalisation, confort, performance et simplicité d’utilisation. 

Pour le Bordeaux 60, CNB a fait appel aux talents de Briand Yacht Design, mondialement reconnu dans le domaine des voiliers de course et des « superyachts », et au cabinet  Couëdel  – Hugon Design (International Superyacht Awards 2003 & 2007) pour l’intérieur.  Les lignes élégantes et contemporaines du Bordeaux 60 n’échapperont pas aux plaisanciers amoureux des beaux yachts. Ils apprécieront également la facilité de manœuvre par un équipage réduit grâce au plan de pont simple et efficace, et au cockpit ergonomique particulièrement  bien protégé.

La construction sous infusion avec une âme en balsa, technique respectueuse de  l’environnement, assure un ratio résine /fibre optimisé pour une parfaite stratification. Elle garantit en outre une isolation phonique et thermique hors du commun.
Une autre spécificité du Bordeaux 60 est sa robuste structure en aluminium (savoir faire CNB)  dont l’architecture facilite également l’accès aux cales et à tous les systèmes de bord.

Cette version 2009 bénéficie également de nombreuses améliorations et de nouvelles possibilités à découvrir à Nautic 2008.

A découvrir sur le Salon Nautique de Paris :  Hall 1 – Stand H55

Source : Bordeaux Yachts
www.bordeauxyachts.com

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Les prémices de l’anticyclone

Paprec-Virbac 2
DR

La triste nouvelle du jour est la déclaration d’abandon de Jérémie Beyou, arrivé ce mercredi matin dans le port de Recife (Brésil) : les réparations indispensables pour reprendre la mer ne sont pas réalisables par un homme seul ne disposant pas du matériel nécessaire pour circonvenir à moult avaries (barres de flèche, hauban, tube carbone, bastaque…). C’est avec une grosse émotion et une grande tristesse que le skipper de Delta Dore a annoncé qu’il jetait l’éponge en remerciant toute son équipe et son partenaire pour leur soutien. Alors qu’il était l’un des animateurs de cette première partie du Vendée Globe en se calant au sein du groupe des dix premiers, Jérémie Beyou avait apporté une touche de sensibilité et d’humour qui avait touché tous les auditeurs de ses vacations radio. Le programme du skipper breton va désormais dépendre de l’expertise complète nécessaire pour évaluer les dégâts causés à son gréement.

De l’équateur au tropique

Demain jeudi, c’est fini : tout le monde aura passé la ligne de changement d’hémisphère ! Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) n’a plus que 1 570 milles de retard sur Loïck Peyron (Gitana Eighty), encore leader pour son quatorzième jour consécutif ! Mais le benjamin du Vendée Globe peut être content puisqu’il a rattrapé plus de 500 milles depuis son deuxième départ des Sables d’Olonne et le Canadien Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) n’est plus qu’à 60 milles de son étrave… De même pour Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) qui a dépassé depuis deux jours l’Autrichien Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) et à maintenant en ligne de mire, Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) et l’Américain Rich Wilson (Great American III), à une centaine de milles devant !

Enfin, les hautes pressions daignent se remuer : lentement certes, mais la bulle commence sa pérégrination vers l’Est ce qui va permettre de retrouver des vents portants d’ici le week-end. Ce ne va pas être un souffle très soutenu, mais cela va changer le rythme de la course. Et probablement redistribuer les cartes ! Les neuf premiers sont de plus en plus proches les uns des autres : 80 milles d’écart entre Loïck Peyron et Jean Le Cam (VM Matériaux), en raison d’un ralentissement par devant. Franchissant le tropique du Capricorne ce mercredi après-midi, ce groupe s’enfonce dans les hautes pressions et n’a pas d’autre choix que d’attendre que la situation se décante… En regardant dans le rétroviseur ! Car Marc Guillemot (Safran) est en effet le plus dangereux des chasseurs, puisqu’il aligne depuis deux jours les meilleures moyennes (310 milles de VMG en 24h). Et Michel Desjoyeaux (Foncia) est aussi à l’affût puisqu’il a encore grappillé 25 milles ce jour !

Lente évolution ce week-end

Sylvain Mondon de Météo France précisait ce matin que l’anticyclone situé au large de l’Uruguay était en train de s’affaisser en se décalant vers l’Est mais un autre anticyclone, plus au Sud, vient le remplacer ce week-end. Un ralentissement est donc prévu vendredi avec déjà des à-coups jeudi : le rythme va donc totalement changer avec du portant à l’orée du week-end (Nord-Est modéré). Les spinnakers vont donc de nouveau être envoyés mais l’accélération viendra plutôt du côté des ” retardataires “… De quoi relancer la course à la sortie de l’Atlantique ! Quinze solitaires en moins de cent milles au passage de la première porte des glaces au large de l’Afrique du Sud : voilà un scénario incroyable… mais plausible !

Voix du large…

Michel Desjoyeaux (Foncia), 14ème à 396 milles du leader : « Ça fonce et c’est mouillé ! 18-19 nœuds de vitesse : ce sont de bonnes conditions pour aller au Sud. Ils vont ralentir devant et je vais bien me rapprocher. La mer est croisée et je vais passer dans l’Ouest des îles de Trindade. Et il fait encore très chaud : 27°C à l’ombre… »

Yann Eliès (Generali), 7ème à 68,7 milles : « On s’est tellement fait brasser la nuit dernière que j’ai la gueule de bois ! Les bateaux sont violents mais tellement extraordinaires… Tu as mal pour lui et le skipper est tout cabossé. J’ai les mains, les pieds et les yeux gonflés ! Je viens de me réveiller et il n’y a plus que 14 nœuds de vent : je vais renvoyer de la toile. Avec l’anticyclone devant, Foncia, Pindar, Temonos, Safran… vont revenir sur nous à pas cher ! Il faut trouver une fenêtre pour sortir de ces hautes pressions »

Sébastien Josse (BT), 2ème à 18,3 milles : « Il n’y a pas d’autre choix : plein Sud ! La mer est plus agréable ce matin qu’hier après-midi. On va toujours plus vite quand le bateau est moins sollicité, et mardi il y avait 25 nœuds au près… Là, ça glisse avec 18-19 nœuds de vent sous foc solent et grand voile haute. On va faire le tour de l’anticyclone, mais il ne faut pas se brûler les ailes en passant trop près du centre. Je suis le plus à l’Est parce que c’est plus facile de se repositionner par rapport à la flotte »

Marc Guillemot (Safran), 10ème à 196,3 milles : « Je suis obligé de mettre des boules Quiès ! Je reviens dans le match et ça fait plaisir. Surtout avec la situation anticyclonique qui se présente devant… Et qui se décale vers l’Est : c’est favorable pour moi mais est-ce que je vais repartir avec eux ? Ça vaut le coup de cravacher : je marche à 16,5 nœuds en ce moment. Mais ça fait mal pour le bateau. »

Le mot du tour…

Tropique du capricorne : Situé par 23° 26′ 22” Sud, cette ligne virtuelle autour du globe terrestre correspond à l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre autour du Soleil. Le soleil est donc au zénith le 21 décembre, lors du solstice d’été dans l’hémisphère Sud. C’est pourquoi Michel Desjoyeaux indiquait qu’il allait bientôt voir passer le soleil dans son Nord à midi…

Flash info…

Jean Galfione sera l´invité demain, jeudi 27 novembre, de « L´hebdo du Vendée Globe », émission animée par de Pierre Louis Castelli diffusée en direct du PC Course de Montparnasse de 17h30 à 18h30. Vous pouvez écouter cette émission en direct sur le site internet www.vendeeglobe.org.

Classement du mercredi 26 novembre à 16h00 :

1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 19 982,2 milles de l’arrivée

2- Sébastien Josse (BT) à 18,3 milles du leader

3- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 40 milles

4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 44 milles

5- Vincent Riou (PRB) à 56,9 milles

Premiers étrangers :

6- Mike Golding (Ecover 3) à 68,3 milles

11- Dominique Wavre (Temenos II) à 253 milles

12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 253,7 milles

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Les Ericsson toujours devant

Ericsson 4 leader Volvo
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Bien à l’ouest, Telefonica Blue, et son sistership, Telefoncia Black ont été obligés de poursuivre cette option en mettant le cap encore plus à l’ouest ce matin, tandis qu’à l’autre extrême, Team Russia naviguant à 150 milles de plus vers l’est, reste sur cette option orientale. En entrant dans le Pot au Noir, la compression s’effectue avec 115 milles entre Ericsson 4 et le dernier, Team Russia. Après les soucis structurels de cette dernière semaine, le navigateur de Puma, Andrew Cape, annonce que cela est désormais derrière eux et que le bateau est tout à fait prêt à se frayer un passage à travers le Pot au Noir. Selon les dernières prévisions, ils devraient se méfier cependant de Team Russia car à l’est il devrait souffrir beaucoup moins que les autres des effets de la zone de convergence inter-tropicale, au point où les prévisions de route annoncent une course serrée entre Puma et Team Russia d’ici trois jours. L’absence d’une dérive sur Telefonica Blue risque de se faire sentir sur le dernier bord vers Cochin, car la météo annonce un vent contraire. Quant à Ericsson 3, l’absence de radar pourrait être assez handicapante pour ce passage à travers le Pot au Noir car l’équipage ne pourra plus voir arriver les grains.Le vent va rester faible pour la dernière partie de la route vers Cochin, ce qui signifie que cette journée et cette nuit pourront être cruciales pour la détermination du classement final.

Au pointage de cette après-midi:

1) Ericsson 4 à 821 milles de l’arrivée

2) Ericsson 3 à 48 milles du leader

3) Green Dragon à 58 milles

4) Puma à 60 milles

5) Telefonica Blue à 64 milles

6) Delta Llyod à 75 milles

7) Team Russia à 114 milles

8) Telefonica Black à 122 milles

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Jérémie Beyou contraint d’abandonner

Jeremie Beyou - Delta Dore
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« J’arrive cette nuit à Recife. J’ai déplombé mon moteur. Suite à une dernière discussion avec mon équipe, impossible de réparer seul, donc je vais directement à quai. Une équipe (Team Delta Dore+locaux) m’attend sur place”. Il le pressentait mais tant que la terre n’était pas en vue et qu’il n’avait pas ausculté le gréement, Jérémie voulait espérer et retarder l’échéance d’une des décisions les plus cruelles à prendre dans sa vie de compétiteur : abandonner la course, son premier tour du monde en solitaire, alors qu’il a toujours son bateau et un mât. C’est donc ce mercredi matin, en arrivant dans le port brésilien de Recife, que Jérémie Beyou a pris cette décision inéluctable, après 16 jours et demi de course.

Maudites barres de flèche.


Au 14ème jour de course, Jérémie Beyou constate des dégâts importants dans le gréement de son monocoque : une barre de flèche désolidarisée du mât, puis une deuxième. En conséquence, le gréement dormant et le mât sont également endommagés. Si cela s’était produit près des Sables d’Olonne peu après le départ, les règles de course autorisaient Delta Dore à revenir au port de départ et à réparer, avec l’assistance de son équipe technique et de nouvelles pièces de ses fournisseurs, à condition de repartir dans les 10 jours suivant le départ. Mais au-delà de ce délai, il est formellement interdit de toucher terre et de d’être assisté. C’est là toute l’essence de cette course unique, course autour du monde en solitaire à la voile, sans escale et sans assistance.


Cinq avaries ont été répertoriées : 
- Les pièces mécaniques d’ancrage (appelées tang) des barres de flèche 2 et 3 tribord sont cassées. Il n’y a aucune possibilité d’en usiner de nouvelles à bord ni de les réparer. Ce sont des pièces en titane usinées avec précision dans la masse et ajustées à leurs parties femelles sur les barres de flèche.

– Les deux barres de flèche en carbone numéros 2 et 3 tribord sont cassées. Une stratification serait possible à bord mais leur résistance mécanique serait très amoindrie après une réparation de fortune. Cela nécessite de réaliser une expertise avant toute stratification.
- Le gréement dormant périphérique tribord, en fibre textile PBO, est très endommagé par les chocs répétés des barres de flèche : les haubans (verticaux 2 et 3), les diagonaux 3 et 4 sont hors d’utilisation.

– La bastaque tribord est également fortement endommagée (fibre sectionnée).

– Le tube du mât en carbone est lui-même partiellement délaminé par les chocs répétés des barres de flèche.


Poursuivre un tour du monde avec un gréement aussi fragilisé est impossible, le bateau ne peut plus naviguer tribord amures. L’ampleur des dégâts est trop conséquente pour envisager un départ rapide, même après avoir reçu une assistance extérieure, pour courir 20 000 milles nautiques autour du monde dans des mers hostiles. Il est également indispensable de comprendre pourquoi les pièces ont cassé avant de remettre des pièces identiques sur le mât. 

Jérémie ne peut pas réparer comme l’avait fait Yves Parlier en 2000. Aujourd’hui, repartir n’est simplement ni raisonnable ni réalisable.

Extrait du mail adressé par Jérémie Beyou à l’entreprise Delta Dore : 
La mer a fait son travail de sappe sur le gréement déjà bien abîmé du bateau, et le revoir naviguer rapidement et en sécurité m’apparaît à ce jour impossible.Mais le coup le plus dur a été reçu lorsque j’ai constaté l’avarie il y a 3 jours : devoir me retirer du match dans lequel j’étais si bien installé fût un crève-cœur. Le bateau allait bien, le bonhomme aussi. Je peux vous affirmer que mon bateau était en parfait état, parfaitement préparé, jusqu’à cette “tuile”. Ma déception est immense, et j’imagine que la vôtre l’est aussi. Je ne peux juste que vous remercier du soutien que vous m’avez apporté. Vous remercier de m’avoir donné l’opportunité de défendre mes chances, nos chances, et de montrer que je suis capable du meilleur, pour peu que les ennuis techniques me laissent le faire. Mais notre projet a de la valeur et une belle image malgré tout, soyez en sûrs ! (…) Il va falloir apprendre à vivre en dehors de cette course mais continuer à supporter mes amis en course. Et puis rebondir vers d’autres courses, en Imoca 60′ pourquoi pas, vers un prochain Vendée Globe sûrement, parce qu’il faut tout de suite “remonter sur le cheval après une chute” sous peine d’avoir trop peur ensuite !Merci en tous cas de votre présence au départ (immense moment !), de vos messages de soutien, de toute la volonté que vous avez mis dans ce projet.”
Jérémie

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Jérémie Beyou bientôt fixé sur son sort

Jeremie Beyou - Delta Dore
DR

Le moment de vérité est arrivé pour Jérémie Beyou (Delta Dore). Victime d’une avarie de gréement dimanche matin, le navigateur devrait rejoindre le port brésilien sur les coups de 6h du matin heures françaises, soit en milieu de nuit au Brésil. Là-bas, deux membres de son équipe l’attendent pour lui porter assistance si les réparations s’avéraient impossibles à réaliser par le skipper lui-même. Les prochaines heures vont déterminer de l’avenir de Jérémie Beyou dans ce 6e Vendée Globe. Pourra-t-il réparer seul ? Ou bien, comme il le craint depuis dimanche, les pièces mécaniques cassées et la fragilité du mât conséquente à cette avarie vont-elles mettre un terme à trois ans de travail ? Cruel moment de vérité…

En tête de course, les jours se suivent et se ressemblent terriblement. Cette descente de l’Atlantique Sud tourne à la punition. Habituellement, à la latitude de Rio de Janeiro, l’ambiance est aux grandes chevauchées sur la mer. Vent portant et surfs endiablés à plus de 20 nœuds pour profiter des dernières journées de chaleur avant le froid et l’austérité du Grand Sud. Au contraire, depuis le week-end dernier, les huit premiers progressent péniblement entre 12 et 16 nœuds. Un champs de bosses au lieu d’une belle piste damée, forcément, ça finit par user les articulations du bateau. Et du même coup, la patience des marins qui ont hâte de rejoindre les fameux 40es Rugissants pour changer d’allure. Cette situation météorologique pourrait même leur infliger une double peine si jamais l’anticyclone de Sainte-Hélène leur barrait la route et permettait aux retardataires de revenir au contact. Marc Guillemot (Safran), désormais 10e à moins de 200 milles de Loïck Peyron (Gitana Eighty), était le plus rapide ce matin avec une moyenne horaire de 16,2 nœuds. Pour lui et pour ses voisins Thompson, Wavre, Davies et Desjoyeaux, l’espoir de recoller au groupe de tête n’a jamais été aussi grand. Au grand dam des leaders, évidemment…

Classement à 5h00 :
1- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20118 milles de l’arrivée
2- Sébastien Josse (BT) à 15,7 milles du premier
3- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 36,1 milles
4- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 40,6 milles
5- Vincent Riou (PRB) à 52,1 milles

(source Vendée Globe)

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Lancement du Nacira 950.

Nacira 950
Nacira 950

Carène puissante à bouchain évolutif, plan de voilure optimisé privilégiant l’allongement de la grand voile à corne et la surface des voiles d’avant, système de bout dehors orientable original, 2 x 450 l de ballasts, gréement carbone, barres de flèche boomerang, table à carte centrale, plan de pont Karver, construit en infusion, le NACIRA950 synthétise la voile moderne.
Ce nouveau Classe 950, dessiné par le tandem Alexis Muratet et Axel de Beaufort, associés depuis 2006 sous l’entité Nacira Design, est directement inspiré du prometteur mini de série Nacira 650 et est l’aboutissement des dernières tendances architecturales de course au large.

Construit et distribué par le chantier belge BE Composites, le bateau sera entièrement réalisé en infusion verre/pvc. Le NACIRA950 est livré de série avec un mât et une bôme carbone, un bout dehors de 2m orientable, un plan de pont signé Karver et un moteur inboard de 20cv. L’aménagement intérieur original et efficace a fait l’objet d’une attention particulière. La répartition des poids mobiles est optimisée par un système de rangement simple et efficace. La table à carte centrale permet un contrôle permanent depuis le cockpit ou les bannettes latérales.
Deux versions d’aménagement sont disponibles : version course optimisée ou course-croisière avec salle d’eau et espace technique.

L’architecte Alexis Muratet: « Par sa taille et son programme le voilier Classe 9,50 trouve naturellement sa place entre les Classe 40 et les Mini 6.50 dans le paysage des bateaux de course au large, permettant d’éviter le budget important impliqué par le premier et le confort précaire du second. Ayant dessiné plusieurs Class 40 et Mini prototype et série (Jardin Bio, Soitec, Nacira 6.50…), la naissance de cette nouvelle classe a rapidement suscité notre intérêt et notre curiosité. Début 2008, le chantier BE Composites, souhaitait travailler avec une équipe architecturale à son image, représentant la nouvelle génération, tant par sa créativité que par sa maîtrise des technologies de pointe et nous donnait l’opportunité de nous exprimer sur cette jauge. Accordant toute sa confiance, il nous a donné carte blanche nous permettant de concevoir sans contrainte ce voilier moderne et performant. Avec ses 9.50m on navigue au large sereinement avec un bon comportement hauturier, et son rapport poids/puissance, allié à un plan de voilure généreux, assure des performances qui permettront aux régatiers de mener les courses en tête et aux plaisanciers de jouer sereinement avec la performance pure et la vitesse. »

Créé en 2002, Nacira Design SARL est un bureau d’étude de design et d’architecture navale basé à La Rochelle. L’objectif de Nacira Design, mené par Alexis Muratet et Axel de Beaufort, est de concevoir et de proposer des projets alliant élégance, performance, efficacité tout en offrant un service de qualité haut de gamme. Remarqué à de multiples reprises pour la fraiche intelligence et les qualités de ses réalisations, Nacira design a travaillé sur de nombreux projets innovants et performants, du 60 pieds au mini 650.
Associés depuis 2006, Alexis Muratet et Axel de Beaufort se sont rencontrés sur les bancs de l’école à Southampton. Axel a fait ses armes chez VPLP avant de créer Nacira, tandis qu’Alexis a travaillé cinq années pour le cabinet Berret-Racoupeau. De l’association entre BE composites et Nacira naît le Nacira 950, où la nouvelle génération de constructeurs et d’architectes présente sa formule de sensations, per formance, polyvalence et qualité. Le Nacira 950 est l’aboutissement des dernières tendances architecturales de course au large et de l’évolution du confort en mer.

Le jeune chantier BE Composites, lancé en 2006, est l’initiateur du projet Nacira 950. Spécialisé dans la réalisation de pièces composites hautes per formances et la construction navale à l’unité, entre autres un proto 650 Manuard en 2006, le chantier est depuis peu installé dans de nouvelles infrastructures et développe ses activités avec le lancement de la construction en série du Nacira 950.

Source : Nacira / Be Composites
www.nacira-design.com
www.becomposites.eu

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Alubat ou la dynamique des “niches”

Alubat
Alubat

C’est au Salon Nautique de Paris, Halle 1, stand H 60 qu’Alubat exposera ses réponses à un contexte économique tendu. Les OVNI 395, 445 et 495 présentés "beaché" sur semblant de plage, et non sur bers, expriment la diversité et le renouvellement de la marque, tout en insistant sur l’esprit d’évasion qui les caractérise. Construit à plus de 90 exemplaires en 4 ans, l’OVNI 395 est le voilier de croisière hauturière et de voyage de référence. La robustesse de sa conception en aluminium, ses aménagements et ses équipements spécifiquement étudiés pour le large, et son tirant d’eau variable (dériveur intégral), font de ce voilier un véritable baroudeur des mers.
 
Avec l’OVNI 445, le dernier né de la gamme OVNI, Alubat confie à Marc Lombard le soin de réaliser le voilier "grand voyage " de référence. On y retrouve toutes les caractéristiques de la marque, avec plus de performance, plus d’élégance, plus de confort et toujours dériveur intégral 100 % Aluminium.
 
Le "grand" OVNI 495 (14,95 m), propose aux amateurs de dériveurs intégraux, un voilier innovant tant sur le plan technique que sur le plan esthétique. Il s’agit là encore d’un bateau 100% aluminium destiné aux grandes traversées océaniques, offrant espace et confort avec un vaste carré pouvant accueillir jusqu’à huit personnes. Comme toutes les créations Alubat, il pourra être personnalisé en fonction des goûts et des habitudes de navigation.
 
Autre nouveauté salon sur le stand Alubat, aux côtés des voiliers "beachés" façon croisière exotique, la présence d’un espace "expo qualité", sur lequel le fabricant Vendéen explique ses points forts : rigueur et robustesse de construction alliées à un soin constant du détail, « la qualité Alubat est aussi dans les détails ».
 
Avec une stratégie à l’exportation en pleine expansion, Alubat attend à Paris de nombreux visiteurs venus d’Angleterre et d’Espagne, mais aussi d’Allemagne, d’Italie et des pays scandinaves.
 
Alubat en bref…
 
Créé en 1973, le chantier Alubat n’a cessé de revendiquer son identité hors du commun ; le chantier se fait le roi du contre-pied :
Fabriquer des bateaux en aluminium lorsque tout le monde se lance dans le polyester.
Utiliser l’aluminium pour fabriquer des bateaux de série lorsque tout le monde voit dans ce matériau le champion du bateau amateur ou à l’unité.
Mettre sur le marché des dériveurs intégraux destinés au grand voyage et au tour du monde quand tout le monde ne jure que par les quillards.
Personnaliser des bateaux de série à l’heure de la rationalisation industrielle.
 
Pourquoi l’alu ?
 
Le choix de l’aluminium : avec sa densité de 2.7 et ses caractéristiques mécaniques de rigidité et de capacité à absorber les chocs, l’aluminium est sans doute le matériau idéal pour construire des bateaux à la fois légers et sûrs. Si on ajoute à cela la flexibilité qu’il offre en terme de process, l’aluminium est à coup sûr le matériau le plus adapté à la construction de bateaux personnalisés.
L’originalité de la stratégie d’Alubat a été d’utiliser l’aluminium pour faire des bateaux de série personnalisés et ainsi offrir des prix très compétitifs pour de telles réalisations.
 
Dériveur intégral ?
 
Un dériveur intégral n’a pas de quille, ce qui permet le plus petit tirant d’eau possible sur un monocoque. Un dériveur intégral a son lest à l’intérieur de la coque, ce qui réduit encore le tirant d’eau, mais au détriment de la raideur à la toile du fait de la réduction du bras de levier. Les dériveurs lestés et intégraux habitables constituent des voiliers de croisière agréables, qui peuvent accéder à des mouillages peu profonds grâce à leur faible tirant d’eau, et s’échouer facilement, assurant leur stabilité par la largeur du fond de la coque, par la largeur de la courte dérive assistée de courte béquilles ou de doubles safrans qui en tiennent lieu. La gamme Alubat se décline ainsi, dériveur intégral à bouchains pour les Ovni, Quillard de grande croisière rapide pour les Cigale, ketch grand confort pour l’Alubat 58.
 
 

Source Alubat
www.alubat.com

 

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Cap plein sud !

Marc Guillemot - Safran
DR

De mémoire de Vendée Globe, on n´aura jamais vu ça ! Passer à une centaine de milles de Trindade, dans le Sud-Ouest du Brésil, un îlot désertique couvert d´oiseaux marins… Eaux tropicales certes, mais balayées cette semaine par un alizé qui ne mollit pas et surtout, qui ne veut pas s´orienter comme habituellement au secteur Est, voir Nord-Est. Toujours du près, plus ou moins océanique (entre 50° et 90° du vent réel), des vitesses qui grimpent parfois à plus de 18 nœuds, mais frisent plutôt en moyenne les quatorze nœuds : le programme est assez musclé ! Et tous les solitaires contactés à la vacation radio le confirment : il n´y a pas d´évolution sensible prévue avant jeudi soir…

Un classement à géométrie variable

Sans réel choix stratégique, chaque skipper hésite encore quant à la route à suivre. Car la problématique est simple : si rien ne bouge devant les étraves, il vaut mieux rester sur un cap plein Sud (180°) qui permet d´aller vite mais fait s´écarter le bateau de la route directe (140°), donc perdre des places ou, à tout le moins, des milles. C´est la situation de Loïck Peyron (Gitana Eighty), encore leader ce mardi après-midi mais de plus en plus inquiété par son dauphin Sébastien Josse (BT) qui préfère grappiller un peu d´Est pour se rapprocher de l´Afrique. Leurs vitesses sont similaires, mais leurs caps diffèrent de 15°… Quant à Armel Le Cléac´h (Brit Air), il suit une voie intermédiaire assez productive en ce mardi, puisqu´il s´adjuge la troisième place devant Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2).

En fait, le groupe de tête semble se compresser, peut-être parce que la brise n´est pas tout à fait identique sur le plan d´eau. Vu du ciel (avec la cartographie virtuelle), les écarts paraissent faibles mais en réalité, les monocoques sont aussi éloignés les uns des autres qu´entre Belle-Île et Groix ou entre Hyères et Porquerolles. Et le vent n´est pas une valeur stable dans l´espace-temps… Trois nœuds de plus de brise et dix degrés de différence d´angle suffisent pour que l´un progresse à plus de 18 nœuds quand l´autre marche à 14 nœuds… Sur quelques heures, cela suffit à expliquer bien des écarts à chaque prise de position satellitaire.

L´effet rame de métro

Ainsi, quand l´un ralentit, l´autre accélère, comme les rames de métro qui se succèdent aux stations. Mais à l´arrivée, les écarts sont identiques. Ce ne sera peut-être pas tout à fait le cas lorsque l´anticyclone qui barre la route devant les étraves va enfin se déplacer vers l´Est. Et si ce scénario se présente, ce sont les « retardataires » et surtout les « revenants » des Sables d´Olonne qui pourraient tirer leurs marrons du feu ! D´ailleurs Michel Desjoyeaux (Foncia) marquait une certaine satisfaction à constater que son décalage dans l´Ouest consécutif à son passage plus tardif du Pot au Noir, ne devenait plus un handicap. Au contraire… Lorsque l´anticyclone va se replacer vers Sainte-Hélène, il pourra obliquer à gauche plus tôt en latitude, et donc raccourcir sa route pour rallier le cap de Bonne Espérance. Et pour Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), tout comme Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada) et Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve), la situation pourrait être encore plus favorable !

Retard ou rattrapage ?

Déjà en retard de 46 heures au passage de l´équateur par rapport au temps de référence établi quatre ans plus tôt par Jean Le Cam (10j 20h), il devient difficile d´imaginer que les premiers vont rattraper leur écart au cap de Bonne Espérance : Vincent Riou avait aussi établi un temps de référence en 2004 avec 24 jours 07 heures 20 minutes. La longitude de la pointe Sud Afrique étant à plus de 2 600 milles (en route directe !), les premiers devraient encore mettre une dizaine de jours pour l´atteindre… Enfin, côté performance sur l´eau, la palme revient ce jour à Marc Guillemot (Safran), le plus rapide sur 24 heures avec 302 milles au compteur.

Voix du large…

Roland Jourdain (Veolia Environnement), 9ème à 82 milles : « Le temps est remuant ! On se prend des seaux d´eau sur la tête… On court après l´anticyclone, en fait non, c´est lui qui nous court devant. Si tout se passe bien, on va pouvoir le contourner par l´Ouest. Actuellement, ça propulse à 19 nœuds… »

Jean Le Cam (VM Matériaux), 8ème à 80 milles : « C´est assez musclé ces derniers temps ! Le vent est variable en force avec des rafales jusqu´à 27 nœuds… Ça commence à faire du vent ! Mais ça avance bien : au Sud à vitesse grand « V ». Sur le pont, on ne montre pas une oreille : il y a de l´eau en permanence. Et ça tape régulièrement. Les routages sont clairs : il faut descendre très Sud car il va y avoir du vent comme en ce moment pendant des jours. Ceux de devant vont entrer dans la mollasse. Et après, il faudra aller chercher la première « porte des glaces » en se méfiant : ces anticyclones sont assez capricieux ! »

Mike Golding (Ecover 3), 7ème à 74 milles : « L’anticyclone est positionné sur le Sud-Ouest de sa zone habituelle, ça veut dire que nous devrons naviguer avec des vents de face avant de l’atteindre et de le contourner. Les prévisions météo sont assez convergentes sur le fait que nous allons devoir faire avec lui, de près ou de loin, pendant plusieurs jours. Mais ces conditions sont assez inhabituelles. Normalement, à ce stade d’un tour du monde, on s’attend à du reaching, voire même à envoyer un spi. C’est loin d’être nos conditions favorites, vraiment ! »

Vincent Riou (PRB), 5ème à 52 milles : « Aller vite avec la mer de face, c´est chaud ! Il faut être vigilant car le bateau part parfois à plus de vingt nœuds… Il faut savoir choquer les voiles pour ralentir. Il y a entre 17 et 23 nœuds de brise et PRB marche à 17 nœuds. J´ai perdu du terrain la nuit dernière car j´ai eu un problème de girouette en tête de mât : il a fallu rétablir le bateau, changer de pilote, switcher la girouette… C´est étonnant ces changements d´alizés : un peu stressant et très secouant. »

Le mot du Tour

Quarantièmes : les latitudes autour du 40° parallèle Sud sont des zones où les vents soufflent généralement de secteur Ouest tout autour du continent Antarctique. En fait, les dépressions se forment essentiellement du côté de l´Uruguay en glissant vers le Sud-Est en se creusant, mais aussi à partir du Mozambique en descendant vers l´archipel des Kerguelen. Les Quarantièmes (dits Rugissants) sont donc extrêmement agités particulièrement dans l´océan Indien. Ce sont ces latitudes que les solitaires visent en piquant plein Sud…

Classement du mardi 25 novembre :

1-Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 20 263,6 milles de l´arrivée

2-Sébastien Josse (BT) à 13 milles du leader

3-Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 43,7 milles

4-Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 45,7 milles

5-Vincent Riou (PRB) à 52,1 milles

Les premiers étrangers :

7-Mike Golding (Ecover 3) à 73,7 milles

11-Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 231,6 milles

12-Dominique Wavre (Temenos II) à 253,5 milles

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Coville coupe l’équateur en sept jours

Thomas Coville - Sodebo
DR

Sept jours pour descendre l´Atlantique Nord c´est peu, même si on peut penser que cela va devenir de plus en plus courant ! Sept jours, cela veut dire pour le skipper solitaire, une moyenne de 16,3 nœuds sur l´eau, et cela jour et nuit, le tout entre coupé de quelques minutes de sommeil piquées ici et là.

L´an dernier à la même époque, Francis Joyon avait mis quelques heures de moins – 6 jours et 17 heures, soit 7 heures et demi de moins que Thomas – bénéficiant de conditions reconnues comme exceptionnelles par tous les spécialistes qui scrutent en permanence les mers du monde, des mers en passe de devenir le nouveau terrain de jeu des marins si on en croit le nombre de voiliers de course qui sont passés par ici depuis quelques semaines.

Une zone nuageuse a salement perturbé l´alizé de Nord-Est, généralement bien établi au Sud du Cap-Vert, et entravé la descente express entamée par le maxi trimaran Sodeb´O depuis Brest. « Je me suis battu hier comme un fauve, un truc de ouf ! Dans des grains en permanence, le vent faisait tout et n’importe quoi. Parfois vraiment chaud à ne pas trop savoir s’il fallait tout affaler ou si tu risques le tout et avances dedans tête baissée sans savoir ce qu’il y a derrière le rideau noir ! Tu ne sais plus bien où est l’issue et ça n’en finit pas. La drisse de Grand voile était prête à descendre. J’avais presque 600 m² de toile au-dessus de moi à gérer si ça tournait mal. Une vraie partie de poker menteur ! »

Une fois passé cet amas nuageux, Thomas a rencontré pendant des heures qui ont du lui paraître sans fin, du clapot et des vents faibles dans la zone proprement dite de convergence. Depuis le milieu de la matinée, la situation s´organise avec des vents de plus en plus réguliers d´environ 15 nœuds de Sud-Est qui sentent bon les alizés de l´hémisphère sud.

Et c´est sans doute parti pour un run de 2 500 à 3 000 milles face au vent dans un clapot relativement court. Il va falloir faire avec avant le grand virage vers l´Océan Indien. Pour le moment, le vent semble stable sur toute cette zone de l´Atlantique Sud que Sodeb´O devrait mettre environ neuf jours à descendre au près légèrement débridé avant de tourner à gauche toute.

A part la gîte, les conditions de navigation sont sensiblement les mêmes en multicoque que sur les monocoques modernes particulièrement larges du Vendée Globe. « Grâce aux appendices et aux formes de coques, les multicoques d´aujourd´hui font du cap. Le mât basculant y est pour beaucoup permettant d´accroître le gain au vent » comme le souligne Thierry Briend chargé de coordonner l´équipe technique à terre et qui précise que si le multicoque avance deux fois plus vite que le monocoque dans ces conditions de navigation, il décolle aussi beaucoup plus sur chaque vague. Sportif !

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