Ta réaction suite à l´annonce du démâtage de Mike Golding dans le Vendée Globe ?
« Nous vivons tous avec l´angoisse de la casse. Je sens que mon bateau souffre, je suis forcément tendu en me demandant ce qui va finir par lâcher. La voile est un sport mécanique avant tout. Savoir quand tu es juste à la limite et quand tu la dépasses est très délicat.”
Ton analyse de la remontée saisissante de Michel Desjoyeaux ? :
« Un Michel Desjoyeaux agacé et vexé en vaut deux ! Pour avoir été déjà bord à bord avec lui, c´est difficile de le garder derrière. Il a été malin et a bénéficié de conditions météo très favorables. Il arrive à être au-dessus de la moyenne et sur la durée. Il sait être une machine et avancer sans se poser de question. Pour moi, c´est souvent une référence de ce point de vue. »
Pourquoi conserves-tu une trajectoire aussi Nord ?
« L´année dernière, une énorme plaque de banquise de plusieurs kilomètres de long s´est décrochée de l´Antarctique vers le Pacifique et elle s´est morcelée depuis. Nous ne sommes pas des gladiateurs, on ne fait pas les jeux du cirque et lorsque nous avons des informations sur une zone à risques nous cherchons à l´éviter, c´est l´une des raisons pour lesquelles je fais une route plus Nord que celle de Francis actuellement. »
Tu es bientôt à mi-parcours, comment abordes-tu cette seconde partie de tour du monde ?
« Comme elle vient, avec ce retard. On savait que la trajectoire de Francis jusqu´ici a été exceptionnelle et la seconde moitié est celle où il faut que je revienne. Le Pacifique sans doute assez peu mais c´est sur la remontée de l´Atlantique où j´ai une chance de reprendre mon retard. Nous estimons qu´il y a entre 3 et 4 jours à gagner sur cette partie. Il faudra que le bateau soit en parfait état et que je sois suffisamment en forme pour un tirer le maximum. »
Dans quel état psychologique es-tu ?
« On a eu tendance à dire parfois qu´il suffisait de tenter les records pour les réussir et la performance à battre aujourd´hui donne aussi toute la valeur sportive de ce record. Ellen et Francis avaient beaucoup d´avance à ce stade. Ils n´ont pas eu comme moi à se battre avec du retard ce qui me fait aujourd´hui beaucoup travailler sur moi-même pour continuer à avoir autant la niaque. Avoir la force de caractère de revenir est le signe des grands champions et je me dis que cela vaut le coup de s´accrocher, de serrer les dents. »
Comment va ton bateau avant d´entrer dans le Pacifique ?
« Sodeb´O est ma satisfaction première. Je me sens très bien à bord. Plus ça va et plus on fait corps. Nous sommes devenus deux potes qui ont envie de finir ce tour ensemble ! On est tous les deux en bon état malgré cette mer chaotique.»
La position relativement nord du Pot au Noir indien a incité les concurrents depuis hier après-midi, a engager des paris pour aborder la deuxième partie de cette ligne droite de 1 000 milles, entre le Sri Lanka et le nord de Sumatra, où les attend, dans 2 ou 3 jours pour les premiers, la porte à points de l´île Palau We.
Telefónica Blue, en tête ce mercredi matin en distance par rapport au but, a opté pour d´une route directe plein Est vers le point de passage, après avoir fait une estimation au plus juste des risques de tomber dans les pièges du pot au noir et des chances de sauter juste à temps dans le wagon de vents qui le mèneraient directement sur Palau We.
Puma, le VO 70 battant pavillon américain, a opté quand à lui, pour une option radicalement différente et pour l´instant plus sûre, en se positionnant à une centaine de milles au nord du concurrent espagnol. Entre ces deux points de vue, on retrouve en position intermédiaire, le reste de la flotte avec Ericsson 4 aux commandes, 25 milles sous la route du Puma. Dans les deux jours qui viennent, tous savent que même si les fichiers météo ont été passés au détecteur de mensonge, le facteur chance va s´inviter à la table des négociations.
A 10, 12 noeuds
Les vitesses des VO 70 sont actuellement de 10 à 12 nœuds avec un léger avantage pour les nordistes ; avantage qui commence en effet à inquiéter Bouwe Bekking : « Nous sommes un peu tendus en ce moment, écrivait le skipper de Telefónica Blue cette nuit. Nous avons de moins en moins de vent et nous sommes obligés d´attendre une bascule pour virer et remonter au nord. J´espère que nous n´aurons pas à attendre trop longtemps, sinon, nous aurons du mal à rester dans le jeu. »
Même si les perspectives sont meilleures pour les nordistes, les conditions de navigation n´en sont pas pour autant plus confortables. « Le vent est très faible, instable, écrit Rick Deppe, l´équipier média de Puma. Il fait très chaud et il y a beaucoup de travail sur le pont. Beaucoup de virements de bord et de changements de voile. Pour la première fois depuis le début de la course, j´aimerais donner un coup de main aux hommes de quart, juste aider à soulever une voile, à faire un réglage, mais cela m´est interdit par le règlement. C´est la première fois que je me sens gêné d´être un spectateur passif par rapport à la marche du bateau. »
L´île Palau We est encore à près de 500 milles. La question est donc encore totalement ouverte de savoir qui va remporter la mise, avant de s´engager dans le détroit de Malacca, même si les nordistes semblent au vent de la bouée.
Positions ce mercredi à 9h
1- Telefónica Blue à 1 147 milles de Singapour
2 – Ericsson 4 à 22 milles
3 – Telefónica Black à 34 milles
4 – Green Dragon à 34 milles
5 – Ericsson 3 à 39 milles
6 – Puma à 48 milles
7 – Team Russia à 73milles
8 – Delta Lloyd à 93 milles
Classement général provisoire au départ de Cochin
1. Ericsson 4: 26 points 2. Telefónica Blue: 19 points 3. PUMA: 18 points 4. Green Dragon: 16 points 5. Ericsson 3: 14.5 points 6. Telefónica Black: 13.5 points 7. Delta Lloyd: 7.5 points 8. Team Russia: 7.5 points
On se demandait si une fois en tête, Michel Desjoyeaux retrouverait la pédale de frein. Que nenni ! Le nouveau leader assume pleinement son rôle de locomotive et s’échine à faire marcher toujours un peu plus vite que ses congénères. Le consensus que Roland Jourdain appelait hier de ses vœux n’est donc pas pour demain. C’est pourtant à force de vitesse que ce nouveau carré d’as a fait exploser le peloton. Désormais, il y a plus de 200 milles d’étendues liquides entre Jean Le Cam et Armel Le Cléac’h. Ce dernier endosse de fait le statut guide du premier groupe de chasseurs composé de Vincent Riou, Marc Guillemot et Yann Eliès. Quant au skipper de Paprec-Virbac, il ne joue plus le même jeu depuis 48 heures. Jean-Pierre Dick fait cap au nord-est à 90 degrés de la route, dans l’espoir de réparer son safran tribord, un exercice délicat qu’il ne manquait pas de qualifier de ” réparation à la Parlier “. Pas de ” réparation à la Parlier ” en revanche pour Mike Golding qui a perdu son mât hier à 7h47 (heure française) et cherche à gagner un abri. David Adams, le consultant sécurité du Vendée Globe basé en Australie, a prévenu les autorités de Freemantle et de Hobart (en Tasmanie), mais ce matin, on ne savait toujours pas vers quel port comptait se diriger le marin britannique. Excepté Jean Pierre Dick, les neuf premiers plongent vers le sud dans un vent d’ouest de 25 nœuds, en direction de la deuxième porte de sécurité australienne. La course de vitesse continue dans un océan Indien mal pavé.
A chacun son Indien Ce matin, les 19 concurrents encore en course s’étirent en un long chapelet de 3200 milles. Les lanternes rouges Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek ont laissé la porte des Kerguelen dans leur sillage ; le Canadien Derek Hatfield, un peu esseulé, navigue au nord des îles Crozet ; Rich Wilson et Jonny Malbon pointent vers l’archipel des Kerguelen que Steve White a contourné par le nord ; Arnaud Boissières et Dee Caffari poursuivent leur route en tandem à 21 milles l’un de l’autre, tout comme Samantha Davies et Brian Thompson qui visent la première porte australienne. De Desjoyeaux à Sedlacek, les objectifs, les motivations et les conditions météo varient… à chacun son Indien.
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 13 469 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 26 milles du leader 3- Sébastien Josse (BT) à 69,9 milles 4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 72,9 milles
2008 s’achève sur une année qui aura été plus que décisive pour le groupe Quantum, avec sur l’eau des résultats qui se sont succédés tout au long de l’année : Echevarri / Paz Médaille d’or en Tornado à Pékin, Charbonnier / Beausset médaille de bronze à Pékin, Thierry Bouchard 3ème pour sa première transat en solitaire lors de l’Artémis Transat en Classe 40 (Groupe Elior) et vainqueur de la Middle sea Race en 40.7, Dimitri Déruelle vice Champion de France en équipage sur son Mumm 30 Elcimaï Ville de Marseille, Carles Rodriguez gagne la Copa del Rey en IMS 670 (Dufour 44 Icaro), Francisco Lobato s’empare des Sables Les Açores Les Sables en Pogo 2 (BPI) et bien sûr le TP52 Quantum Racing (Terry Hutchinson) vainqueur de l’audi Med Cup et Champion du Monde de la série.
Cette liste, non exaustive, relate à quel point Quantum se développe en France et en Europe. Cette croissance amène le Groupe à se restructurer. Ainsi 2008 est marqué en France par le renouveau de son réseau de distribution. Suite à la récupération de sa marque sur le territoire français en septembre, Quantum a voulu développer un nouveau réseau à son image, la notion d’équipe étant mise en avant.
L’équipe de Barcelone apporte son savoir faire, sa technologie, sa membrane Fusion M, ses dessinateurs, développe et innove au service du réseau. Les agents sont de deux types. Les agents locaux, qui possèdent un plancher de service, sont garants du relationnel sur leur territoire. Ils ont pour mission d’apporter au quotidien tous les services que nécessitent le marin. Ils sont aujourd’hui au nombre de cinq. Nicolas Nautisme (Cogolin), Lattitude Voiles (Carantec), Voilerie des Iles (Hyères), Mimosails (Toulon), SMS (Port Saint Louis du Rhône).
Les agents spécialisés ont une compétence forte sur un segment de navigation. Ils n’ont pas de territoire mais sont responsable du développement de leur domaine de compétence. Nicolas Lunven s’occupe des Figaro (Vannes), Isabelle Magois Mini 650 (La Rochelle), Yoann Richomme des IRC (Lorient), Luc Van Kiersbilck des IRC en Méditerranée, Denis Peres des projets spéciaux en Méditerranée.
Après la Cap Istanbul, La Solitaire du Figaro, La Calais Round Britain Race et La Transat Jacques Vabre, c’est au tour des skippers du Vendée Globe de bénéficier de moyens de communications voix data et vidéo de SeaMobile Europe.
SeaMobile Europe, anciennement Geolink, a équipé plus de la moitié des bateaux sur les 30 engagés. Parmi les 18 bateaux équipés, on retrouve les leaders monocoques BT, Safran, Ecover, PRB, VM Matériaux, Poujoulat, Temenos et Kingdom of Barhain. Des Sables d’Olonne au Cap Horn, même au milieu de nulle part, les skippers sont en mesure de communiquer avec leur public, les médias, leurs sponsors et leurs proches, à tout moment de la journée.
Chacun des 18 bateaux bénéficie des solutions SeaMobile Europe en fonction de ses besoins. Lorsque certains ont opté pour les équipements Inmarsat Fleet ou FleetBroadband, d’autres ont préféré les antennes Iridium OpenPort. Selon le service choisi, les skippers ont accès à une connexion allant de 128 à 432 kbps. Quelques uns d’entre eux ont même installé à bord deux de ces terminaux pour ainsi gérer au mieux la bande passante. En addition à ces connexions satellitaires, la majorité des 18 skippers s’est équipée de ClipWay, le logiciel de transmission vidéo en direct ou en différé, ainsi que de GeolinkConnect, un service de messagerie unique optimisant les transmissions de données tout en réduisant les coûts de communication.
En 2000 déjà, SeaMobile Europe, était le premier partenaire au monde à proposer aux skippers du Vendée Globe une solution de transmission de vidéo par satellite.
Depuis plus de 17 ans, SeaMobile Europe offre à ses clients de par le monde des solutions globales, innovantes et fiables, de communication par satellite. Partenaire privilégié des plus grands réseaux satellitaires mondiaux (Inmarsat, Iridium, Intelsat et Eutelsat) et de certaines stations terriennes, SeaMobile Europe satisfait aux exigences croissantes et complexes de ses clients en développant toute une gamme de solutions fiables de télécommunication pour la transmission de données, voix et vidéo, fax, mail, pour l’accès Internet et les solutions IP sans fil, partout où les télécommunications classiques sont problématiques ou inexistantes.
L’Océan Indien se sent des âmes de nettoyeur. Tels ces hommes de main sans scrupules qui éliminent sur contrat, il prend un malin plaisir à dévaster les espoirs des concurrents du Vendée Globe sans états d’âme du plus huppé au plus humble. En sept jours, ils sont donc six concurrents à avoir du en rabattre de leurs ambitions : Loïck Peyron (Gitana Eighty) tout d’abord, démâtait au sud-ouest des Kerguelen. Puis Dominique Wavre (Temenos 2) se voyait contraint de faire route sur Port-aux-Français, quille en vrac. Dans la foulée, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) se voyait contraint de rejoindre ce qui restera pour lui l’Archipel de la Désolation. Malgré l’aide des personnels des TAAF et l’apport de Dominique Wavre, le navigateur suisse ne pouvait empêcher son bateau de s’échouer et de subir de graves dommages. C’est ensuite Jean-Pierre Dick qui heurtait un OFNI (Objet Flottant Non Identifié) et enregistrait de gros dégâts sur son safran tribord. Enfin, la tendance se confirmait avec le démâtage de Mike Golding et l’annonce de l’abandon de Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve).
Cow-boys solitaires
” Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés “. Comme les animaux de la fable, les navigateurs solitaires subissent cette longue litanie qui, visiblement, plombe un peu plus l’ambiance chaque jour. A l’instar d’un Yann Elies (Generali) s’imaginant pauvre cow-boy pourchassé par un Indien menaçant ou d’un Vincent Riou (PRB) qui reconnaissait s’être fait des frayeurs en percutant sans grand dommage apparent un growler qu’il n’avait pas pu détecter, tous ressentent une fatigue bien légitime. De Roland Jourdain (Veolia Environnement) à Jean Le Cam (VM Matériaux), ils ont hâte de sortir de ces mers croisées, de ces lumières rasantes, de ces vents tortueux. Le Pacifique peut être parfois brutal, mais il promet souvent des chevauchées beaucoup plus limpides… A l’arrière de la flotte, ils font contre mauvaise fortune bon cœur : Sam Davies (Roxy) tient remarquablement tête aux assauts croisés de Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et de l’adversité. Malgré la fatigue, la jeune Anglaise continue de diffuser son bonheur de vivre et s’offre le luxe de pointer en tête de la colonie étrangère de la flotte. Plus à l’arrière, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) se permettait, quant à lui, de battre son record personnel sur 24 heures.
Desjoyeaux encore et toujours
En tête de course, Michel Desjoyeaux n’en revenait pas encore de se retrouver leader d’une course qu’il avait tant désirée au point d’avoir cru la perdre… A l’annonce de son classement, c’est un bonhomme tout ému qui laissait percer le jour derrière les analyses. Le skipper de Foncia parlait à la vacation d’un bonheur inqualifiable. Inqualifiable, finalement, le terme sied bien au navigateur de Port-la-Forêt… Les quatre premiers devraient franchir la longitude du Cap Leeuwin dans la nuit, pulvérisant ainsi le record de l’épreuve depuis la longitude du Cap de Bonne Espérance. On se rapproche petit à petit du tableau de marche de 2004.
Voix du large…
Michel Desjoyeaux (Foncia) : « C’est une bonne nouvelle pour moi et une mauvaise pour Mike. C’est dur pour lui. Jusque-là, il avait fait une belle course. Il prenait des initiatives intéressantes à suivre. Ce doit être une énorme déception pour lui. Malheureusement, la casse fait partie du jeu. Sinon, ma position en tête aujourd’hui est inespérée. C’est top, génial. Ce que ressens est inqualifiable. Mais ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut être devant, c’est dans deux mois. Il faut d’abord finir. »
Mike Golding (Ecover) : « J’ai mis 30 minutes à couper tout le gréement. Dans cette situation, avec une mer formée, il faut faire vite pour éviter que le mât ne tape dans la coque, au risque de l’endommager. Il me reste la bôme, mais j’ai perdu toutes mes voiles, sauf mon tourmentin et un spinnaker. Je vais confectionner un gréement de fortune avec tout ça. Ensuite, je ne sais pas encore où je vais aller, si je vais me diriger vers l’Australie ou vers Hobart en Tasmanie, qui sont à peu près équidistants, à 1000 milles de moi. Tout dépendra de l’orientation du vent. Je suis vraiment dégoûté. Tout allait bien pour moi. Cette nuit, j’ai fait attention, en navigant prudemment. S’il fallait tout refaire, je n’aurai rien changé. Vraiment, je ne sais pas pourquoi la malchance s’abat tout le temps sur moi. »
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) : « Dans la nuit, le safran a pris un petit coup. Son attache s’est un peu détériorée à cause des grosses vagues. Je vais monter un peu au nord pour avoir une mer plus calme et faire des réparations car il faut le terminer ce Vendée ! Je garde espoir, même si je sais que c’est une opération longue et difficile. Ça va être de la chirurgie mais je ne sais pas, on va voir… Je suis triste pour Mike après cet abandon. Cet OFNI a tordu le haut du safran. Je vais essayer de le remettre en le calant. Ca m’oblige à bricoler des cales. C’est aussi un peu de débrouillardise. Je vais me la jouer à la Mac Gyver. Malheureusement, il faut que je remonte au Nord pour faire ces réparations. Il ne faut pas que la réparation ne touche pas l’eau car il faut que ca colle. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu autant de vent dans l’Océan Indien. »
Classement à 16h (TU + 1) : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 13680,6 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 14 milles du premier 3- Sébastien Josse (BT) à 43,3 milles du premier 4- Jean Le Cam (VM Matériaux) à 61,9 milles du premier 5- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 92,4 milles du premier
Séléction internationale : 10- Sam Davies (Roxy) à 900,3 milles du premier 11- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 1003,4 milles du premier 12- Dee Caffari (Aviva) à 1330,8 milles du premier
Joint par son équipe, Mike Golding revient sur l’incident, survenu alors qu’il avait pris les commandes de la flotte cette nuit, avec 30 milles d’avance sur Paprec-Virbac 2 : “J’étais sur le pont quand un grain est arrivé, avec 55 noeuds de vent. J’étais depuis 2 heures sous grand-voile 2 ris et reacher. Toute la nuit, nous avons eu 45 nœuds, j’étais alors 2 ris et sous trinquette avant de changer de configuration de voile tôt ce matin. En fait, c’est comme si c’était passé de la tempête à l’ouragan et le mât n’a pas apprécié du tout. J’étais en train de mettre ma veste de ciré quand le bateau est parti au lof. J’ai entendu un grand ” bang ” et immédiatement, je me suis précipité à l’intérieur en attendant que le bruit cesse. Tout le gréement était par terre, il ne restait pas un seul morceau. Quand tout s’est arrêté, je suis sorti, le mât était en travers du pont. J’ai commencé à couper le gréement. Il y a quelques dégâts superficiels sur le bateau, mais rien de dramatique. Maintenant, il faut que je prépare un gréement de fortune, mais il ne me reste pas grand-chose. Je suis à environ 1500 milles de Perth et d’Adélaïde. J’ai réussi à sauver la bôme, mais j’ai perdu toutes mes voiles, excepté mon tourmentin. Quoi que je fasse, je ne pourrais naviguer qu’au largue. Pas au près, ni au vent arrière. Je suis dégoûté, mais il n’y a pas grand-chose à faire. “ Décidemment, le Vendée Globe aura toujours semé des obstacles sur la route de ce coriace marin qui a souvent joué de malchance dans cette course. En 2001, il démâte la première nuit, rentre au Sables d’Olonne, repart huit jours plus tard et commet l’exploit de finir 7e ! Lors de la précédente édition, il monte sur la troisième marche du podium, mais effectue les 50 derniers milles de son tour du monde sans quille !
Jean-Baptiste Dejeanty, lui, a annoncé ce matin qu´il se déroutait vers l’Afrique du Sud. Impossible pour lui de continuer dans des conditions de sécurité minimales. Outre les pannes et dysfonctionnements de ses pilotes automatiques, le skipper déplore une usure prématurée de ses drisses, dans le mât. ” Persister à courir serait déraisonnable au niveau sécurité et au regard des mers qu’il reste à parcourir”, explique le skipper de Maisonneuve. Il se dirige à vitesse réduite sur Port-Elisabeth (Afrique du Sud), qu’il espère rallier d’ici 8 à 10 jours.C’est le cinquième démâtage dans la course après ceux de Yannick Bestaven, Kito de Pavant, Marc Thiercelin et Loïck Peyron.
Pendant la nuit, Telefonica Blue a repris huit milles sur Ericsson 4, ce qui était suffisant pour lui rafler la première place au classement de 4h de cette troisième étape de la Volvo Ocean Race.
Toute la flotte a dû empanner plusieurs fois depuis hier en mettant le cap plus au nord avant de replonger ce matin vers le sud-est. La faute aux vents faibles et variables de nord-est. Ce week-end les skippers imaginaient un long bord au près pendant cette étape, avec peu de place pour des options tactiques, mais d’ores et déjà, des choix s’avèrent nécessaires. Une remontée au nord pour retrouver plus de vent ou un éloignement des côtes du Sri Lanka pour éviter le fort courant? Une discussion, qui fait rage sur Telefonica Blue. Bouwe Bekking: “Le vent est important, mais il faut se dégager de ce courant défavorable. Plonger vers le sud semblerait être la bonne solution, mais là, il y a moins de vent. Cela provoque des discussions âpres à bord et il faudrait nous calmer un peu. Il ne faut pas que ces frustrations dominent tout, car cela risquerait d’engendrer des erreurs.”
Pendant la nuit certains équipages ont été encore plus frustrés par des grains, nécessitant beaucoup de manœuvres et de nouveaux empannages, avec des opérations de matossage à répétition. Cette étape risque d’être bien plus longue et plus éprouvante que prévu…
Vingt cinquième changement de leader à l’aube du 37e jour de course. Mike Golding – surnommé affectueusement Michel Doré par ses frenchies d’adversaires – a profité des déboires techniques de Paprec-Virbac 2 pour prendre les commandes de la course, à 240 milles du cap Leeuwin. Calé en embuscade dans le top 10 pratiquement depuis le départ de ce tour du monde, c’est la première fois que le marin britannique voit son nom affiché en tête du classement, un résultat qui récompense sa persévérance et sa route sud après le passage de la porte des Kerguelen. Le skipper d’Ecover pointe ce matin 30 milles devant Jean-Pierre Dick. Après avoir respecté la porte ouest Australie – à l’instar des six premiers concurrents-, ce dernier a empanné sur un bord qui sollicite moins son safran tribord, très endommagé suite à sa rencontre lundi avec un objet flottant. Mais Dick, sous voilure réduite en attendant de réparer son avarie, navigue toujours 5 nœuds moins vite que ses adversaires qui eux n’ont pas molli cette nuit !
Alerte au record Le record de la plus grande distance parcourue sur 24 heures en solitaire et en 60 pieds monocoque, détenu depuis 2003 par Alex Thomson – 468,72 milles à la moyenne de 19,53 nœuds- va-t-il être battu ? C’est fort possible. Cette nuit, Sébastien Josse (BT) a franchi la barre des 450 milles, puis Jean Le Cam celle des 460 et ce matin, Michel Desjoyeaux (Foncia) était ” topé ” avec 464,3 milles sur 24 heures, soit une moyenne de 19,3 nœuds ! Depuis lundi soir, les conditions de navigation – vent de nord-ouest d’une bonne trentaine de nœuds- ont été particulièrement favorables à l’expression des hautes vitesses. Mais tous les navigateurs n’ont pas tenu ces cadences-là. Aussi, si l’on assiste à un tassement des six premiers bateaux en moins de 100 milles, un trou s’est creusé derrière Jean Le Cam (VM Matériaux). Armel Le Cléac’h (Brit Air) accuse ce matin 297 milles de retard sur Golding et tire désormais un deuxième groupe de chasseurs composé de Riou, Guillemot et Eliès.
Les 10 premiers à 5h00 : 1- Mike Golding (Ecover) à 13821 milles de l’arrivée 2- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 30 milles du leader 3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 31 milles 4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 36,6 milles 5- Sébastien Josse (BT) à 62,9 milles
Le cauchemar de Bernard Stamm a trouvé ce matin une issue heureuse. Son bateau a pu être déséchoué au terme d’une opération extrêmement délicate qui a mobilisé les équipes du TAAF, dont un camion et des plongeurs. Le marin suisse était arrivé dimanche soir à Port-aux-Français (Kerguelen) pour y trouver refuge après avoir constaté une avarie de safran. Mais avec des rafales à 50 nœuds dans la baie, impossible de stopper le bateau et d’accrocher le mouillage qui lui avait été préparé, et ce malgré l’aide des hommes du TAAF et de Dominique Wavre, présent à bord. Cheminées Poujoulat s’est trouvé drossé à la côte, couché sur le flanc bâbord. Comme le relatait Frédéric Martineau, chef du district des Kerguelen joint à la vacation du jour, les deux marins ont du gonfler le bib (canot de sauvetage du 60 pieds) pour évacuer le bateau. Et ce n’est que ce matin à marée haute que l’opération de déséchouage a pu avoir lieu… avec succès. Mais le plan Farr souffre d’une importante voie d’eau à l’arrière. Désormais, Bernard Stamm a entamé une course contre la montre pour charger son 60 pieds à bord du Marion Dufresne (bateau de ravitaillement des TAFF), et tenter de rejoindre la Réunion pour entreprendre des réparations. Cette mauvaise fortune rappelle à quel point ces régions australes sont extrêmes : une manœuvre ratée peut prendre une tournure catastrophique, et le matériel est plus que jamais sollicité par les chevauchées à haute vitesse dans les mers croisées.
Dick sans safran tribord
Pourtant, c’est le hasard qui est à l’origine de l’avarie survenue cet après-midi à 13h30 sur Paprec-Virbac 2. Après avoir percuté un objet flottant, Jean Pierre Dick a constaté que la barre de liaison de ses safrans était cassée et que le support de fixation du safran tribord (au niveau du pont) était endommagé. Seul le safran bâbord est pour l’instant utilisable. ” JP ” a donc ralenti l’allure pour étudier les modalités d’une réparation. Au pointage de 16h00, toujours au sud de la porte ouest Australie, il menait encore la flotte mais n’avait plus que 51,5 milles d’avance sur son dauphin Mike Golding.
Terrible Indien
Depuis trois jours, les dépressions se succèdent presque toutes les 24 heures n’offrant que peu de répit entre deux coups de vent. Or, la semaine qui commence risque de se jouer sur le même tempo. Dans ces conditions, l’arrière de la flotte est pour ainsi dire aux premières loges. Aujourd’hui, Rich Wilson, 19e à bord de Great American III, confiait naviguer sous tourmentin seul, grand-voile affalée, après deux départs au tapis par 50 nœuds de vent ! Jean-Baptiste Dejeanty qui évolue dans le même secteur, prévenait aujourd’hui la direction de course d’une accumulation de problèmes techniques (pilotes automatiques défaillants, génois déchiré, drisse de grand-voile abîmée) l’obligeant à ralentir l’allure. La balise de positionnement de Maisonneuve est également passée à l’eau, mais le bateau est suivi par la Direction de Course via son standard C. Premiers à toucher le vent, les retardataires sont aussi les premiers à connaître l’accalmie comme c’était le cas en cette fin d’après midi. A contrario, les leaders positionnés à l’avant du front, notaient déjà une bonne quarantaine de noeuds à l’anémomètre. La nuit sera rude pour ces derniers.
Leeuwin mardi soir
Derrière Jean-Pierre Dick, contraint de réduire la cadence – il marchait à 12 nœuds au pointage de 16 heures, contre 18 à 20 nœuds pour ces poursuivants -, Mike Golding, Roland Jourdain et Michel Desjoyeaux sont les premiers à avoir respecté la porte ouest Australie située sur le 47e degré sud. Dans 24 heures, les leaders auront franchi la longitude du cap Leeuwin, deuxième des trois grands caps de ce tour du monde, situé à la pointe sud-ouest de l’Australie. Mais ce ne sera pas encore la fin du terrible Indien qui s’étend géographiquement jusqu’à la Tasmanie.
Voix du large…
Bernard Stamm, dans une communication avec son équipe : « Le bateau flotte, enfoncé et gîté. Tout le monde ici me donne un coup de main, Dominique Wavre m’aide aussi énormément. Si nous réussissons à charger Cheminées Poujoulat à temps, j’embarquerai également pour La Réunion ou ailleurs. Je ne sais pas encore, c’est un gros chantier qui nous attend. Mais l’urgence, c’est de sortir le bateau. Ce n’est pas possible de le laisser à l’eau aux Kerguelen. Ce Vendée Globe avait mal commencé et se termine dans la douleur, parce qu’il n’y a rien de plus terrible que de voir son bateau à la côte. »
Vincent Riou (PRB), 8e : « Cette nuit, j’ai pété mon étai d’ORC et je suis resté un moment sous grand-voile seule. Là je suis reparti avec la trinquette. L’étai est réparable – je peux je remplacer par un autre-, mais pas immédiatement. Il faudra attendre l’accalmie. Ce matin, j’ai eu jusqu’à 43 noeuds. En ce moment, j’ai 30 à 35 noeuds, on n’est pas très loin de la bascule du vent à l’ouest, une dépression un peu virulente est en approche. »
Armel Le Cléac’h (Brit Air), 7e au classement de 16h00 : « Le plus difficile pour moi, c’est la gestion du bateau dans les mers du sud. J’essaye de trouver mes repères, par moment c’est un peu stressant. L’Indien est difficile, la mer est très croisée. On réduit vite la toile quand ça pousse. C’est impressionnant, ça peut se lever très vite, la mer change d’une heure à l’autre, c’est dangereux, il faut faire attention et on essaye effectivement de prendre le moins de risques possibles. »
Roland Jourdain (Veolia Environnement), 3e : « C’est une zone et une période où tout s’est passé (démâtage en 2007, abandon Vendée Globe 2004, rail de mât en 2000 ndlr). C’est sûr que c’est dans ma tête. Quand les autres cassent, j’y pense forcément. C’est évidemment une zone critique, mais je n’en fais pas un complexe. C’est une zone où j’essaye d’allier vitesse et sécurité. »
Les premiers au pointage de 16 h 1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 14 024 milles de l’arrivée 2- Mike Golding (Ecover) à 51,5 milles 3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 78,3 milles 4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 81,9 milles 5- Sébastien Josse (BT) à 103,9 milles
Sélection étrangère 11- Samantha Davies (Roxy) à 861,7 milles 12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 954,2 milles