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Lentement mais sûrement

Marc Guillemot - Safran
DR

Bye bye les quarantièmes
Michel Desjoyeaux est sorti des 40e rugissants, tous derrière et lui devant. Après ce qu’on imagine être une sérieuse journée de bricolage pour consolider les fissures apparues autour du puits de quille et sur la cloison de pied de mât suite à sa collision jeudi avec un animal marin, Roland Jourdain (Veolia Environnement) s’est calé dans le sillage de Foncia.
Les deux hommes poursuivent leur remontée vers les eaux chaudes du Brésil, au milieu d’un bel anticyclone. D’où des vitesses relativement faibles depuis hier après-midi, autour de 10 nœuds de moyenne.

Troisième à plus de 750 milles, Armel le Cléac’h n’est pas tellement plus rapide, mais pas pour les mêmes raisons. Au nord des Malouines, le skipper de Brit Air navigue au près océanique dans un flux de nord-ouest qui contrarie quelque peu son ascension.

Safran le plus rapide
En fait, les deux concurrents les plus véloces ces dernières 24 heures glissent au portant autour du 55 degrés sud. Il s’agit de Samantha Davies (Roxy) et surtout de Marc Guillemot, le seul à frôler les 15 nœuds moyens dans sa plongée vers le Horn. Dans un message envoyé cette nuit, Sam ne cachait pas son impatience de franchir cette barrière symbolique. Il lui reste encore 390 milles avant d’entrer en Atlantique, soit encore une grosse journée de portant dans un vent fraîchissant et des grains.

Derrière, dans le sillage de Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) poursuivent leur éternel pas de deux. Mais à bord d’un bateau plus récent et surtout plus puissant, Dee Caffari est la plus rapide. Vendredi, elle a réussi à doubler ‘Cali’ et ce matin, elle disposait d’une petite marge de 7 milles.

Huit ont claqué la porte
Ces huit bateaux sont pour l’instant les seuls à avoir franchi la dernière porte de sécurité qui jalonne le parcours avant le passage du dernier des trois grands caps.

Steve White (Toe in the Water) qui a repris de sa superbe après avoir passé pratiquement 48 heures englué dans les hautes pressions, est encore à 1100 milles de cette porte. Comme Rich Wilson, Steve navigue ce matin à la lisière d’un front qui le propulse gentiment sur la route.

Enfin, Norbert Sedlacek (Nauticsport- Kapsch) qui devance Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) de presque 150 milles, devrait passer dans la journée l’antiméridien, la fameuse ligne de changement de date.

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5574 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 176,4 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 753,3 milles
4- Samantha Davies (Roxy) à 1839,2 milles
5- Marc Guillemot (Safran) à 2239,5 milles

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Bricolages et coups de fatigue

Arnaud Boissieres - Akena Verandas
DR

La voile est un sport mécanique, une particularité qui prend tout son relief à travers le prisme du Vendée Globe. Si la machine fait défaut, le compétiteur n’est rien. Et dans les immenses déserts liquides qui façonnent le parcours, la vie du marin en dépend. C’est pourquoi les monocoques, complexes puzzles de 18 mètres constitués de carbone, de fibres exotiques et de métal, sont l’objet de toutes les attentions.

Pas un jour ne passe sans que les navigateurs ne fassent le tour du propriétaire ou ne s’affairent à bricoler sur le pont. Pas un jour ne passe sans que les uns ou les autres n’évoquent la liste du matériel défectueux à réparer ou à remplacer.

Norbert Sedlacek qui a dépassé le sud de la Nouvelle-Zélande, déplore un rail de mât abîmé; Steve White qui a réparé son vît-de mulet et réinitialisé ses pilotes automatiques, a dû effectuer quatre ascensions d’affilée dans le mât de Toe in the Water ; Dee Caffari, qui navigue à vue avec Arnaud Boissières au niveau de la dernière porte de sécurité Pacifique, surveille avec attention sa grand-voile abîmée ; Marc Guillemot, à 1000 milles du cap Horn, est coincé avec 3 ris dans la grand-voile et devra s’arrêter pour réparer son rail de mât ; Samantha Davies récupère après une journée éreintante à réparer ses moyens de communication, une bosse de ris et son hâle-bas de grand-voile ; Armel Le Cléac’h, dans l’est des Malouines, évoque une usure générale de Brit Air tandis que Roland Jourdain s’échine à chaque manœuvre, à basculer sa quille à la force des bras.

Histoires de couples

Aussi, au fil des milles de cette giration planétaire, un lien étroit se tisse entre le marin et son navire, qui ressemble parfois, comme le disait Mike Golding juste avant de démâter, à des relations de vieux couple tantôt houleuses, tantôt parfaitement harmonieuses.

A ce titre, Sam Davies et Roxy semblent convoler en justes noces ! A la vacation du jour, la navigatrice anglaise, attendue au cap Horn dans la nuit de samedi à dimanche, confiait la confiance totale qu’elle plaçait en son bateau. Une confiance qui s’accroît de jour en jour, fondée sur sa propre vigilance, mais surtout sur les milliers de milles parcourus en amont à bord de l’ex PRB.

A sa façon de naviguer – 24e jour en tête de course ! -, Michel Desjoyeaux pourrait en dire autant de son Foncia, qui ressemble à tout sauf à un bébé ingrat !

Fatigue et pédale douce

De là à dire que quand le bateau va, tout va…Pour tirer toute la quintessence d’une machine, si rutilante soit-elle, encore faut-il être en pleine possession de ses moyens. Or, après 61 jours de mer, les organismes ont tendance à s’épuiser. A la vacation du jour, Marc Guillemot accusait une grande fatigue. Le skipper de Safran avouait avoir de plus en plus de mal à se réveiller, à ” percuter ” pour aller manoeuvrer et ne plus être en mesure de suivre la même cadence qu’auparavant. La faute au rythme de course, au travail de sape du grand sud mais aussi, probablement, aux infortunes dont il a été un des témoins actifs. Dee Caffari, elle aussi, confiait avoir été refroidie voire choquée par tous les incidents survenus à ses compagnons et se découvrait plus émotive qu’elle ne le pensait. A bord d’Aviva, malgré une superbe bagarre au contact avec Arnaud Boissières, c’est pédale douce.

Des océans plus pacifiques

Heureusement en ce 61 jour de course, le Pacifique et l’Atlantique Sud modèrent leurs ardeurs. Ce vendredi, le vent ne devait pas dépasser les 30 nœuds pour Bahrain Team Pindar, Akena Vérandas, Aviva, Safran, Roxy et en Atlantique, Brit Air. Quant aux autres, ils profitaient même d’un épisode plus calme, à l’image de Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain, aux prises avec un énorme anticyclone calé sur leur trajectoire. Les deux hommes ont évolué toute la journée à 10 nœuds de moyenne… un rythme qui ne devrait pas s’accélérer avant samedi à la mi-journée.

Vincent Riou : le jury acte le principe d’un redressement

Depuis 48 heures, la course est finie pour Vincent Riou, arrivé hier matin à Puerto Williams (canal de Beagle) en compagnie de Jean le Cam. Les dommages collatéraux provoqués par le sauvetage de Jean, entraînant le démâtage de PRB, ont logiquement poussé Vincent à demander réparation auprès du jury international du Vendée Globe. Le principe de cette réparation a été accepté et PRB apparaît donc toujours dans le tableau de classement comme RDG (redress given), en attendant de savoir quelle sera la nature des réparations accordée par le jury international.

Voix du large…

Samantha Davies (Roxy), 4e à 1886,4 milles : « Les conditions ne sont pas terribles : peu de vent, mais la mer est dans tous les sens. Si tout se passe bien, je devrais arriver au Cap Horn dimanche au petit matin. En attendant, je prends soin de mon bateau et je me repose. Je n’ai pas envie de mettre de voiles trop grandes. Si j’avance trop vite, je risque de sauter sur les vagues et les chocs ne seront pas bons pour Roxy. Les albatros me font bien rire, ce sont des bêtes assez timides. Quand je suis dehors sur le pont, ils s’éloignent. J’essaie de parler avec eux, je leur dis : ” Bonjour. Comment ça va ? “, mais je crois qu’ils n’ont pas l’habitude de communiquer avec les humains. Pour les observer de près, je me cache dans un coin de mon bateau, d’où ils ne peuvent pas me voir. Je les espionne par le hublot. Quand ils ne me voient pas, ils n’hésitent plus à s’approcher. C’est le meilleur moyen pour les observer, ils sont vraiment très beaux. »

Armel le Cléac’h (Brit Air), 3e à 753,6 milles : « La mer est calme. Quinze nœuds de vent Nord-Ouest et ça avance vite. J’essaie de faire la meilleure route possible jusqu’au Sables d’Olonne. A vrai dire, je ne peux pas faire grand-chose de plus. Les deux premiers sont assez loin devant, et ils ne sont pas dans le même système météo. Pour le moment, ils ont de bonnes conditions dans leur remontée de l’Atlantique, avec du portant. L’objectif est d’arriver aux Sables avec un bateau en bon état. La route est encore longue, et il ne faut pas relâcher la pression. Pour l’instant, j’assure le coup. J’ai encore le temps de revenir sur eux. Il peut toujours se passer des choses. Je dois rester attentif à l’état de Brit Air. C’est sûr que, par endroits, il y a de l’usure. Mais il y a des choses qu’on ne peut pas forcément réparer. Des usures pratiquement indétectables. Il faut donc se concentrer sur les moindres bruits et rester vigilant. Ce serait dommage de ne pas finir cette belle aventure, d’autant qu’une bonne partie du chemin a été faite. »

Marc Guillemot (Safran), 5e à 2289,9 milles : « Le jour vient de se lever. Je suis à 1000 milles du célèbre caillou, le cap Horn. Le dépasser est symbolique : un virage à gauche pour rentrer à la maison, des conditions difficiles qui se terminent. J’ai adoré ce deuxième tour dans le Pacifique. Un peu frustré quand même, car je n’ai pas pu exploiter le bateau comme je le souhaitais. Enfin, l’océan Pacifique a été assez sympa avec moi, surtout comparé à ceux de devant. Je pense arriver au Horn dimanche soir ou lundi matin à l’heure du petit déjeuner. Mais cela reste difficile de faire une descente sous voilure réduite (la grande-voile est bloquée à 3 ris, ndr). Je vais m’arrêter pour faire des réparations, soit au Horn, soit aux Malouines, soit ailleurs… Il faut que je voie avec le reste de l’équipe. J’ai besoin d’un coffre car je n’ai plus de mouillage. »

Les premiers au pointage de 16 heures le 09/01/09 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5690 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 178,1 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 753,6 milles
4- Samantha Davies (Roxy) à 1886,4 milles
5- Marc Guillemot (Safran) à 2289,9 milles

(source C.El. Vendée Globe)

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Cinquième manche ce samedi : In Port de Singapour

Ericsson 4
DR

La régate In Port de Singapour, la seconde du genre après celle d´Alicante, devrait donc être très disputée. Embouteillage oblige, elle aura lieu dans une zone d´exclusion exceptionnelle, un peu écartée du millier de cargos, super tankers et autres porte-containers qui mouillent en permanence devant la cité-état, le plus grand port du monde. Pour créer cette zone d´exclusion de 2 milles de long sur 1,6 mille de large, il aura fallu déplacer 26 navires dont certains faisaient plus de 300 mètres de long ! Une manip qui sera réitérée pour le départ de l´étape Singapour-Qingdao le 18 janvier prochain.

Julien Cressant fera partie, avec Sidney Gavignet des deux Français qui disputeront cette épreuve, Cressant ayant été appelé en renfort comme wincheur sur Green Dragon. Julien Cressant : « J´avais déjà fait la première régate In Port d´Alicante dans l´équipe de Green Dragon. Nous avons bien retrouvé nos marques et avons eu beaucoup de plaisir à naviguer hier car il y a plus de vent qu´à Alicante. A bord, j´essaie de coordonner toutes les manœuvres et d´optimiser les acquis de notre première expérience. Physiquement les VO 70 sont assez exigeants s´il y a de la brise pendant ces brèves rencontres, car ils ne sont pas vraiment taillés pour ce genre d´exercice. Demain, cela va être court et intense avec 17 – 18 nœuds de vent. Il va y avoir vraiment de quoi jouer. »

Sidney Gavignet est prêt lui aussi à en découdre à nouveau après des vacances passées sur place en famille. Pour ce marin d´origine savoyarde, chef de quart sur Puma, le « game » est loin d´être « over ». Il reste encore 12 manches à disputer et donc de nombreuses opportunités de marquer des points, dont cette régate In Port de Singapour, parrainée par UBS.

 Sidney Gavignet : « Nous sommes également sortis hier. C´était un peu acrobatique de naviguer entre les cargos, mais c´était surtout pour tester les voiles, tester la quille etc… Aujourd´hui, nous allons vraiment nous entraîner en faisant une sortie avec Green Dragon. Les régates In Port sont des moments que les équipages apprécient beaucoup. C´est très plaisant à faire, d´autant que notre bateau, Puma – Il Mostro est assez polyvalent, notamment grâce à son plan de pont. Le plus dur est de se remettre physiquement dans le bain pour ces courtes épreuves. On perd pas mal de muscles dans les grandes étapes et on a du mal à les refaire aux escales. Mais c´est très fun à faire et c´est aussi une bonne occasion de marquer des points, surtout quand on voit combien la course est serrée.»

 

Quand au skipper d´Ericsson 4, Torben Grael, il s´est exprimé hier avec beaucoup d´émotion après que le Jury ait rejeté la plainte portée contre son team par le Comité de Jauge de la course. «  Nous n´avons rien contre le Comité qui a fait son travail, mais personnellement je suis soulagé. Ce changement de crash box au mois d´août, nous l´avons fait de bonne foi sachant que nous n´avions pas à déclarer cette réparation. Mais le doute s´est installé pendant quelques jours. Cela a été dur car il est très important pour moi de savoir que je joue avec des cartes honnêtes. Ce jugement est une vraie délivrance. »

 

 

Classement général Provisoire après 4 manches

1-     Ericsson 4 – 35 points

2-     Telefonica Blue – 30,5 points

3-     Puma – 27,5 points

4-     Ericsson 3 – 23,5 points

5-     Green Dragon – 20,5 points

6-     Telefonica Black – 19,5  points

7-     Team Russia – 10,5 points – s´est retiré provisoirement de la course

8-     Delta Lloyd – 9 points

 

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Le jury acte le principe d’un redressement pour Vincent Riou

Vincent Riou jury
DR

Suite à l´avarie de gréement survenue du fait de l´opération de sauvetage de Jean Le Cam (casse de l´outrigger bâbord), Vincent Riou avait signifié par écrit au Président du Jury International, Bernard Bonneau, une demande de réparation. Vincent s´était en effet dérouté à la demande de la direction de course du Vendée Globe conformément à la règle fondamentale 1.1 des Règles de course à la voile (elle tient en  une ligne : « Un bateau ou un concurrent doit apporter toute l´aide possible à toute personne ou navire en danger »). 
Vincent Riou considérait en effet qu´aucune faute ne pouvait lui être imputée dans les dommages subis par son monocoque PRB lors du sauvetage de Jean. Et il notait que « Ces dommages nécessitent une intervention lourde qui ne peut être réalisée seul et en mer ».
Après le démâtage complet de PRB le mercredi 7 janvier 2009 provoqué par la rupture de la réparation de fortune, Vincent a confirmé jeudi par courrier au Jury qu´il maintenait sa demande de réparation. Le skipper de PRB jugeait en effet ces derniers « événements directement consécutifs et intégralement imputables à l´opération de sauvetage » et notait que désormais, il lui était définitivement devenu impossible de « poursuivre la compétition vers le port d´arrivée situé aux Sables d´Olonne ».  A moyen terme, Vincent ne dispose en effet sur place d´aucun espar de remplacement ni même d´un autre espar pouvant être acheminé dans un délai de temps raisonnable. 
En conséquence, Vincent précisait qu´il demandait un reclassement de son bateau comme cela se pratique régulièrement sur des régates internationales lorsqu´un bateau est lésé d´une manière ou d´une autre sans que sa responsabilité soit engagée.

“Redress Given”


Au nom du Jury International, Bernard Bonneau a indiqué en substance que les derniers événements ne changeaient rien à l´acceptation par le jury d´instruire cette demande et en attendant demandait à la direction de course d´indiquer que PRB et son skipper était RDG (pour « Redress Given » soit « Réparation donnée »). Ce qui signifie clairement que le principe de la réparation est acté mais que sa nature n´est pas encore tranchée. Jusqu´à ce que soit connue la décision du jury, c´est donc sous cette dénomination qu´apparaîtra PRB dans le tableau officiel des positionnements de la course.

PRB, Vincent et Jean toujours à Puerto Williams


Vincent et Jean sont actuellement toujours à Puerto Williams. Ils ont passé la journée d´hier avec la douane chilienne afin de régler les questions administratives rendues difficiles par l´absence de papiers de Jean. Il devrait récupérer son passeport dans la journée ce qui les autorisera à quitter la zone chilienne. L´objectif de Vincent étant de faire remorquer PRB jusqu´à Ushuaïa distant d´une vingtaine de milles et situé du côté Argentin. A priori, la solution de remorquage ne devrait pas pouvoir être effectuée aujourd´hui mais probablement durant le week end ou tout début de semaine prochaine en fonction des conditions météo. Vincent et son équipe technique tentent de trouver une solution de retour du monocoque vendéen par cargo depuis Ushuaïa.

(source PRB)

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Deux mois de course et duel en tête

Roland Jourdain - Veolia Environnement
DR

Réduction du Temps de Traversée : la RTT Atlantique s’annonce marquée si on en juge par la facilité avec laquelle le duo leader s’est déjoué de cette première partie de la remontée de l’Atlantique Sud. Trois cents milles par jour depuis le passage du cap Horn et même si on sait, au vu des conditions météorologiques à venir, que la glissade le long des côtés brésiliennes va être un peu laborieuse, il ne fait presque pas de doute que le vainqueur (si c’est l’un des deux premiers actuels !) arrivera avant le 4 février au soir… Vincent Riou avait en effet mis 87 jours 10 heurs et 47 minutes pour boucler son tour du monde en 2004.

Les aléas des alizés
Reste que les deux compères de Port la Forêt doivent d’abord traverser une belle bulle anticyclonique et d’ors et déjà, les prévisions qui annonçaient un ralentissement à partir de ce week-end semblent en avance : Michel Desjoyeaux (Foncia) comme Roland Jourdain (Veolia Environnement) ont sensiblement baissé de rythme ce vendredi matin avec une dizaine de nœuds au compteur… Mais c’est justement la moyenne minimale qu’ils doivent tenir pour arriver en moins de 87 jours ! 
Ils sont normalement en bordure d’anticyclone avec des vents de secteur Sud-Ouest d’une douzaine de nœuds, mais pour l’instant, ils cherchent à se décaler vers le Nord-Est pour contourner le centre qui s’est expansé au large de l’Uruguay. Et dans ces conditions, le deuxième s’aligne sur la route du premier… et perd des milles par rapport au but. Mais les alizés de l’anticyclone de Sainte-Hélène semblent installer au Nord du 30° Sud, à un peu plus de 700 milles des étraves du duo. Et même si le tempo descend d’une mesure, les deux monocoques sont loin d’être plantés dans des calmes : ils vont juste passer à des valeurs plus proches de 240 milles quotidien. On peut même imaginer qu’à l’issue de cette pause du week-end, le rythme reprenne de plus belle dans les alizés d’Est…

Plus ou moins venté
Cette trêve estivale australe en tête de flotte ne peut faire que les affaires de Armel Le Cléac’h qui caracole désormais à l’Est des Malouines, contournées cette nuit. Le skipper de Brit Air cherche aussi à glisser sous la bulle anticyclonique qui s’étend vers lui et n’a pas d’autre solution que de s’échapper vers le Nord-Est : il devrait toutefois grignoter des milles sur les deux leaders et c’est probablement le solitaire qui va gagner le plus ces prochains jours… 
Pour Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran), l’objectif est avant tout de s’extirper enfin de cet océan Pacifique : à 700 milles du cap Horn, la Britannique est la plus rapide de la flotte grâce à un flux de secteur Nord-Ouest qui s’établit à une vingtaine de nœuds. Mais la journée de samedi s’annonce plus agitée avec une dépression qui se forme au large des côtes chiliennes : il y aura des grains, des rafales, des vents instables… ce qui n’est jamais très réjouissants dans ces parages patagons. 
Autre lieu, autre temps : pour la troïka Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) et Dee Caffari (Aviva), l’ultime porte des glaces est déjà un souvenir ou presque : si le géant Britannique en a fini avec les contraintes glaciaires, il a perdu du terrain face au couple franco-anglais qui pointait ses étraves sur le point le plus occidental de la porte. En bordure d’anticyclone, tous trois vont chercher à plonger au plus vite vers les Cinquantièmes pour ne pas se faire avaler par des molles.

La pieuvre anticyclonique
Englué dans des calmes au beau milieu de nulle part ! Qui aurait imaginé voir ses voiles battre la chamade dans une longue houle du Pacifique avec une brise digne d’un Pot au Noir à plus de 2 000 milles de toute terre ? Steve White (Toe in the Water) a eu le malheur de se faire prendre par un tentacule anticyclonique qui l’a scotché pendant près d’une journée entière. Il s’en sort difficilement ce vendredi matin, mais n’est pas franchement sorti de ” l’auberge ” car les hautes pressions se décalent vers l’Est, vers la prochaine porte ! 
Il faut qu’il se dépêche pourtant, car une dépression tropicale pointe ses mauvais vents et va sérieusement secouer le Pacifique en son milieu : Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) ne devraient pas être touchés, mais l’Américain Rich Wilson (Great American III) risque fort d’être sur la trajectoire de cette perturbation à caractère orageux. Le Vendée Globe aura définitivement été plus violent en queue de peloton…

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5 813 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 142,8 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 763,3 milles

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Douze en lice pour le troisième mois de mer

Samantha Davies - Roxy
DR

Voici deux mois que les marins tournent autour de la planète et seulement douze d’entre eux seront potentiellement à l’arrivée. Malgré les évolutions technologiques et les mesures de sécurité de plus en plus drastiques, le Vendée Globe colle à son histoire : une course de contrastes où les heurts succèdent aux heures de gloire à la vitesse d’une dépression du grand Sud, où tout le spectre des émotions peut-être balayé en quelques secondes. Depuis soixante jours et maintenant que les leaders ont accompli plus des deux tiers du parcours, 60% de la flotte a jeté l’éponge, ce qui prouve à quel point cette giration planétaire en solitaire est avare en récompenses.

Sentiment d’injustice

Pourtant, jamais une course n’avait vu autant de cadors affûtés déflorer la ligne de départ le 9 novembre dernier. Sur les trente partants, dix-sept ne termineront pas. Seize ont été victimes d’avaries, (dont six démâtages) qui ne sont pas seulement dues à des problèmes purement mécaniques, mais aussi à la malchance, ou à un enchaînement d’événements malencontreux comme les objets flottants rencontrés par Jean-Pierre Dick et Jean Le Cam, la déferlante qui a couché BT ou le naufrage de Cheminées Poujoulat aux Kerguelen. Un seul (Yann Eliès) a été évacué sur blessure et depuis mercredi soir, c’est au tour de Vincent Riou, d’être frappé par le sort.

Joint ce matin à la vacation pendant que PRB arrivait (à 10h30) en remorque à Puerto Williams, un port militaire chilien situé dans le canal de Beagle (au sud de la Terre de Feu), Vincent avait la voix fanée, trahissant fatigue morale et sentiment d’injustice. Hier si heureux d’avoir réussi à récupérer son ami Jean Le Cam, au prix d’une manœuvre périlleuse, le vainqueur du Vendée Globe 2004 réfléchissait déjà à l’avenir, avec comme seul objectif : réparer son gréement et terminer sa course au Sables d’Olonne.

Le privilège d’être encore en course

Paradoxalement, cette succession de funestes péripéties renforce le sentiment de privilège d’être encore en course. Même Raphaël Dinelli, dernier à plus de 6 300 milles des leaders, savourait cette journée calme et ensoleillée au large de la Nouvelle-Zélande, malgré ses soucis techniques et la récente tentation de s’arrêter définitivement en Australie. En troisième position avec un océan d’avance, Armel Le Cléac’h, dans une vidéo envoyée mercrerdi, ne cachait pas son immense plaisir de doubler pour la première fois de sa vie le cap Horn. La rayonnante Samantha Davies qui a cassé (et réparé) son hâle-bas de grand-voile et beaucoup bricolé sur le pont de Roxy, devrait franchir à son tour le fameux caillou, ce week-end. On imagine déjà la satisfaction de la navigatrice anglaise actuellement pointée dans le top 5. Arnaud Boissières, lui, trouvait son bonheur dans la bagarre qui l’oppose depuis de nombreuses semaines à Dee Caffari, malgré un déficit de vitesse à bord de son ” vieux ” bateau. Bref, malgré les galères et les coups du sort, percent toujours de brefs moments d’euphorie ou de soulagement.

Foncia, la force tranquille

Et que dire du réjouissant duel qui se trame au large de l’Amérique du Sud ? Aux commandes depuis maintenant 23 jours, Michel Desjoyeaux progresse comme une mécanique bien huilée. Même si le skipper de Foncia déplore quelques bricoles à réparer, il demeure sûr de ses choix stratégiques et serein dans sa navigation. C’est la voix claire et déliée qu’il répondait ce jour à la vacation, sans trop s’inquiéter – apparemment – de la trajectoire de son adversaire Bilou, décalé de 250 milles dans son Ouest. Pourtant, la situation est loin d’être limpide devant les étraves de Veolia Environnement et Foncia, avec un immense anticyclone de 900 milles, en formation au large de l’Uruguay. Sainte Hélène, priez pour eux !

Voix du large…

Vincent Riou (PRB) : « Nous étions en train de manœuvrer pour approcher le canal Beagle quand la cadène provisoire que nous avions faite à bâbord a cassé. Le mât est tombé tranquillement dans l’eau. On n’a rien pu faire d’autre que de l’abandonner car il y avait du clapot. Vouloir le récupérer était plus dangereux qu’autre chose. La nuit dernière, on a été pris en remorque par la marine chilienne et on vient d’arriver à Puerto Williams (à 10h30). On avait fait 250 milles avec le gréement réparé, il n’en restait que 50 à faire ! C’est comme ça. J’ai du mal à me projeter plus loin que là où je suis. Il faut qu’on se pose, qu’on se repose, qu’on règle nos problèmes de douanes qui ne vont pas être simples. Il est surtout urgent de ne pas se précipiter. Physiquement, on est fatigué mais ça, on connaît. Que ce soit moi ou Jean, on en a les bras qui tombent, c’est le truc de trop. Il va falloir qu’on fasse avec mais ça m’arrive après d’autres événements similaires qui me sont arrivés l’année dernière. J’ai l’impression que l’histoire se répète… »

Arnaud Boissières (Akena Vérandas), 8e à 3147 milles : « Il y a du vent qui est rentré par le travers et ça va pas mal. J’ai bien peur qu’avec ces conditions, on fasse une route identique avec Dee (Cafari) mais elle va un peu plus vite… Il ne faut pas traîner car il y a une grosse cartouche qui arrive vers le 16 janvier. La bataille avec Dee Caffari est plutôt intéressante : il me manque parfois des chevaux sous le capot, mais c’est fascinant. Je ne lâcherai pas le morceau, même si elle va un peu plus vite : je ne désespère pas. »

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), 13e à 6369 milles : « Les jours prochains vont être plus difficiles car une nouvelle dépression arrive. Si je m’arrête ici, je perds déjà le contact avec Norbert (Sedlacek) et je vais me retrouver avec deux jours de retard sur son bateau. Or, au cap Horn, ce sera bourré d’iceberg et donc dangereux. Ça va mieux là, je n’étais pas bien en fin d’année, après deux mois et toutes mes avaries, je suis physiquement très fatigué, j’ai vraiment pris coup sur coup. C’est vrai qu’au niveau moral parfois, je me retrouve loin derrière. Mais le but c’est que tout le monde arrive à bon port. »

Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er : « Ça continue de foncer à bord de Foncia. Tous ces milles parcourus nous rapprochent de chez nous. Je vais bien et a priori, rien ne pourrait m’empêcher d’aller jusqu’aux Sables d’Olonne, Comme j’ai un peu d’avance, ça va me permettre d’aller de l’autre côté de la bulle anticyclonique qui arrive. J’ai pas mal cravaché après les Malouines pour accrocher ce système. Et comme les fichiers météo sont sur sept jours, ça m’a permis de bien calculer ma trajectoire. Je pense que ça va devrait se passer pas trop mal ! »

Les trois premiers au pointage de 16h ce jeudi : 
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5956,4 milles de l’arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 123,5 milles du leader
3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 768,8 milles

* A noter que Vincent Riou (PRB) apparaît toujours dans le classement car il n’a pas encore déclaré officiellement son abandon.

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Thomas Coville : “encore une chance »

Thomas Coville - Sodebo
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Depuis la nuit dernière, Thomas Coville traverse le Pot au Noir avec son lot de grains et de manœuvres usantes. Le maxi trimaran devrait rejoindre d’ici peu des alizés de Nord-Est, stabilisés entre 18 à 22 nœuds, qui lui permettront de gagner rapidement au Nord. Il sera alors temps pour lui d’abattre une de ses dernières cartes. Une dépression venue des Etats-Unis se dirige vers les Açores. Si Sodeb’O arrive à monter dans le train au bon moment, ce flux pourrait l’emmener jusqu’à Brest, avec encore des chances de jouer le record de quelques heures… Extraits de la vacation avec Thomas Coville :

Attraper la dépression aux Açores…
"Je suis entouré de grains très actifs. On avait prévu un Pot au Noir moins actif, mais il s’est réactivé dans la nuit avec des grains à plus de 30 noeuds. (…) C’est physiquement et nerveusement très compliqué car on peut chavirer à ces endroits-là ou casser beaucoup de matériel. (…) Il faut continuer à aller vite, à pédaler puisqu’on est dans la dernière ligne droite et il me reste très peu de temps et très peu de chances pour passer devant Francis Joyon. Si on arrive à attraper la dépression qui passe dans les Açores dans quatre jours, ça le fera peut-être de quelques heures. Si on n’arrive pas à attraper ce front qui nous emmènerait jusqu’à Brest, on raterait le record de quelques heures. Cela se joue à pas grand chose, après un tour du monde à courir derrière, il ne faut pas baisser les bras.(…) Pour l’instant il y a eu un bon dosage du matériel, je suis au service du bateau, je n’ai pas lâché une seule minute. (…)"

Plus de chemin parcouru qu’IDEC
« Je suis à fond depuis le début. C’est maintenant la météo au niveau des Açores qui va décider. Il faut que je sois au rendez-vous. Quand on sait à quel point la météo fluctue sur cet anticyclone, je n’ai aucune idée de l´issue du record. (…) On a fait beaucoup plus de milles que Francis Joyon (1450, ndr) à cause des glaces et de la météo. C’est vous dire à quel point je n’ai pas molli. J´ai cette frustration d’avoir été le jouet de la météo. C’est le principe des records (…). Francis avait eu une belle phrase à son arrivée, il avait dit : « la nature m´a laissé passer ». Cela résume bien les choses. Il faut jouer avec elle, la respecter, rester humble. Soit, elle vous laisse passer, soit vous subissez. »

Une concentration permanente
"Il faut avoir en tête que naviguer en multicoque demande une attention et une concentration permanente du fait de la vitesse constante ou de l’accélération rapide. La moindre minute d’inattention peut être fatale. C’est un exercice de tous les instants et c’est ce qui est harassant dans la tête et physiquement car on est à 100% tout le temps (…). Je n’ai pas eu le temps de m’évader. J’avais emmené deux livres que je n’ai même pas effleurés. (…) J’ai dû écouter de la musique deux ou trois fois seulement alors que je suis mélomane. La musique me manque mais je ne peux pas me couper du bateau, ça ne m’est pas permis pour garder la vitesse mais aussi pour ma sécurité".

Repousser ses limites

"Plus tu as passé de temps sur l’eau, plus tu as de sensations. Tu ressens chaque vagues, c’est un prolongement de toi. Ce sont des sensations de marin, de quelqu’un qui a passé beaucoup de temps sur l’eau (…). Je ne pensais pas que je puisse repousser aussi loin nerveusement et psychologiquement. Et physiquement je ne pensais pas pouvoir pousser si loin le bateau et me pousser aussi loin. Et finalement ça reste une énigme: où est la limite? Je crois que je m’en suis approché plusieurs fois (…)"

Le point à 17h jeudi :

A 17 h heure française ce jeudi, Sodeb’O avançait à 17,3 noeuds à 3110 milles de l’arrivée, dans du vent d’Est-Nord-est force 6. Son retard sur le chrono de Francis Joyon s’était stabilisé dans la journée autour de 590 milles. Thomas Coville en était alors à 51 jours et 2 heures de course. Autrement dit il lui restait 6 jours et 11 heures pour arriver à Brest et battre le record de Francis Joyon, soit tenir une moyenne légèrement supérieure à 20,06 noeuds.

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PRB, en remorque, arrive ce matin à Puerto Williams

PRB - Vincent Riou / VG
DR

Décidément l´incroyable aventure du Vendée Globe ne cesse de rebondir ! Lors du sauvetage de Jean Le Cam suite au chavirage de son monocoque, le bateau de Vincent Riou avait touché le voile de quille en carbone de VM Matériaux et sectionné un outrigger (barre de flèche à plat pont servant à tenir le mât aile) de PRB. Le profil avait failli tomber, n´étant presque plus tenu latéralement sur bâbord, mais les deux hommes réussirent à manœuvrer pour sauver le mât et assurer sa verticalité le temps de s´abriter derrière les terres patagonnes. Jean Le Cam et Vincent Riou (PRB) étaient donc en route vers l´île des Etats après avoir passé le cap Horn mercredi soir lorsque, vers 20h, le mât s´écroulé suite à la rupture du brêlage (ligature en cordage) qui servait de réparation à l´outrigger.

Remorquage vers Puerto Williams
Dans 25 nœuds de Nord-Ouest, le bateau dérivait en direction de l´entrée du canal de Beagle sans pouvoir manœuvrer car les deux marins n´avaient pu récupérer que la bôme… De plus, Vincent Riou avait déjà signalé auparavant que son moteur ne fonctionnait plus depuis plusieurs jours. Après avoir lancé un signal de demande d´assistance, les deux skippers apprenaient que le patrouilleur chilien LSG Alacalufe était en route et faisait la liaison à 23h00 locale (3h00 heure française). Pris en remorque, PRB devrait arriver à Puerto Williams vers 9h45 (heure française) avec ses deux navigateurs qui n´ont pas été blessés lors du démâtage. C´est un coup dur pour Vincent Riou qui venait de sauver Jean Le Cam et pensait pouvoir réparer les conséquences de l´abordage entre PRB et VM Matériaux lors de l´ultime approche salvatrice.

Divergence en tête
Pour les deux leaders qui sont déjà à plus de 850 milles du cap Horn, la remontée de l´Atlantique est déjà très différente : si Michel Desjoyeaux (Foncia) reste toujours en tête selon les critères du classement par rapport à un parcours théorique, Roland Jourdain semble en position de le déstabiliser ! A 250 milles plus à l´Ouest, le skipper de Veolia Environnement est déjà 20 milles plus au Nord que son compère de Port la Forêt… Les deux solitaires n´ont donc pas la même approche pour aborder les petites dépressions qui essaiment au large de l´Argentine et la position de premier n´est pas forcément la plus confortable avec seulement une centaine de milles d´avance ! Il y a du match, il y a des coups à jouer, il y a des retournements de situation à attendre…

Grand calme pacifique
De l´autre côté de la barrière de l´Amérique du Sud, le Pacifique a changé de visage : beaucoup plus maniable, voire carrément « pacifique » ! A l´image de Steve White (Toe in the Water) qui se retrouve encalminé dans un anticyclone et ne progressait ce jeudi matin qu´à 1,5 nœuds… De même pour le dernier : Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) s´est retrouvé englué dans de petits airs du côté de l´île Stewart tout comme son prédécesseur Norbert Sedlack (Nauticsport-Kapsch) qui va avoir une bonne journée de pause. De quoi faire un check-up complet du bateau avant de s´engager pleinement dans cet océan qui réserve bien des surprises… Quant aux autres solitaires, c´est dans des brises d´une vingtaine de nœuds seulement et sur une mer enfin assagie qu´ils peuvent progresser sous des températures clémentes et même parfois un soleil généreux ! Comme quoi d´une semaine à l´autre le paysage maritime marque ses contrastes… Samantha Davies (Roxy) sera la prochaine à passer le cap Horn, distant de 1 000 milles ce jeudi matin.

Classement à 5h00 :
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 6 126,8 milles de l´arrivée
2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 104,7 milles
3- Armel Le Cléac´h (Brit Air) à 720,5 milles


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Sodeb’O à l’équateur : reste 7 jours pour arriver

Thomas Coville - Sodebo
DR

Thomas Coville a franchi l’équateur avec 2 jours, 3 heures et 27 minutes de retard sur le temps de Francis Joyon. Avec 573 milles d´écart sur IDEC, Sodeb´O a repris près de 750 milles sur le détenteur du record depuis le Cap Horn et regagné plus de deux jours et demi.

Retour sur un Atlantique Sud express

Le 28 décembre, Thomas Coville enroule le Cap Horn avec 4 jours, 17 heures et 11 minutes de retard sur Francis et un débours de plus de 1 300 miles. Sodeb´O rattrape très vite beaucoup terrain le long des côtes sud-américaines. Le 2 janvier, il revient même à seulement 440 milles d´IDEC, l’équivalent d´une journée de mer à 18 nœuds. L´effet yo-yo s’inverse ensuite. Piégé le lendemain dans une zone de grains, le maxi trimaran ralentit et, trois jours plus tard, son écart se creuse à nouveau à plus de 1000 milles.

Mais une fois bien installé dans le régime d´alizé, Sodeb´O fonce vers l´équateur qu´il vient de laisser dans son sillage avec deux jours de retard sur son prédécesseur. Entre le Cap Horn et l’équateur, Sodeb´O a donc réduit de plus deux jours et demi son déficit sur l´impressionnant tableau de marche de Francis Joyon.

Tenir 19 noeuds de moyenne

Pour battre le record du tour du monde en solitaire, Sodeb´O doit arriver devant le phare du Petit Minou à Brest avant le 15 janvier à 4h27 du matin, soit dans moins de 7 jours et demi. Il lui reste 3 400 milles à parcourir, sa vitesse moyenne doit donc avoisiner les 19 nœuds…Rien d´impossible en multicoque mais le défi est ambitieux. Il va falloir que la météo y mette du sien. Devant les étraves se dresse le Pot au Noir. Même si les observations satellites le montrent peu actif, surtout dans l’Ouest, c´est une fois dans le vif du sujet que Thomas Coville en connaîtra réellement la nature. L’objectif est bien évidemment de conserver en permanence de la pression en subissant le moins possible les grains orageux coutumiers de cette zone.

Les routeurs de Sodeb´O se penchent aussi minutieusement sur la situation qui s´annonce après le Pot au Noir pour le dernier sprint vers l´Europe. Pour l´instant, l´alizé de Nord-Est répond présent et semble stable jusqu’aux Canaries.

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PRB a démâté au Cap Horn !

PRB - Vincent Riou / VG
DR

PRB a paré le Horn vers 19 h heure française, le vent soufflait alors à 30 nœuds mais les deux marins n´avaient pas l´air d´être impressionnés par les creux ainsi formés. Au contraire, ils disaient encore leur plaisir de se retrouver là ensemble, pour, riait même Jean, « une première, un passage du Horn en double dans le Vendée Globe ».

Une grosse heure  après, à 20h20, l´ambiance était malheureusement toute autre. Dans un rapide coup de téléphone à son équipe de presse, Vincent expliquait : « on vient de démâter, on est dans les iles ». Pas de panique dans la voix mais une économie des mots d´un homme pressé de rejoindre le pont. PRB se situait alors par 55°55 Sud et 66° 59 Ouest à 7,8 milles dans le nord-est du phare du Horn. Juste avant, Isabelle Autissier les avait joints par téléphone pour préparer leur rendez-vous du lendemain et signalait « qu´ils avaient 25 nœuds de vent de nord-ouest». A 21h17, Vincent recontactait son équipe. Il signalait alors ne pas vouloir lancer un SOS mais chercher, notamment via les contacts d´Isabelle, si un bateau pouvait les remorquer.

C´est le brelage effectué sur la cadène bâbord, celle de l´outrigger cassé,  qui s´est rompu entrainant la chute du mât de PRB. A bord, ne restait plus que la bôme donc pas de possibilité de gréement de fortune dans l´immédiat. Surtout, Vincent évoquait l´impossibilité de réaliser un tel gréement en naviguant dans les îles.
Les deux hommes s´affairaient rapidement à couper les câbles et dégager un pont que Vincent décrira plus tard comme « détruit et privé de tout chandelier ».

Le bateau dérivait alors à 1,5 nœud au 25° ce qui les éloignait des îles. A la suite de cet appel, Vincent contactait Denis Horeau, le directeur de course du Vendée Globe, et se décidait à émettre un PAN-PAN. A la différence d´un May-Day, il ne s´agit pas d´une demande d´assistance pour les hommes (ce qui les conduit à quitter obligatoirement le bord dès les sauveteurs arrivés) mais d´une « simple » demande d´assistance pour remorquage. Denis Horeau contactait immédiatement les autorités chiliennes qui qui dépêchaient un bateau polyvalent de la Marine de 32.7 mètres, le Alacalufe, qui quittait Puerto Williams (canal de Beagle) vers 23h30. Le bateau était attendu sur zone à 3 heures jeudi matin (heure française).

PRB se trouvait alors environ à 55 milles de Puerto Williams. Sur zone, le vent est annoncé se renforçant progressivement au nord-ouest en cours de nuit avec des creux de 4 à 5 mètres. A 22 heures, Vincent signalait que le bateau progressait vers l´entrée du Beagle.

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