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Et la magie opère …

Roxy chenal
DR

Samedi matin 9h. Après avoir passé la nuit au mouillage pour attendre la marée haute, Roxy embouque enfin le chenal des Sables d’Olonne. Et comme à chaque arrivée, la magie opère. A l’avant de son voilier, la navigatrice salue la foule enthousiaste, allume des feux à mains qu’elle brandit vers le public… Petite silhouette, presque menue, elle grimpe sur le balcon avant d’un bateau mythique qui en trois éditions a connu trois podiums. Une bordée d’applaudissements et d’encouragements sur tribord, une salve de hourras sur bâbord, la navigatrice répond à tous sans omettre de rendre hommage à son équipe massée à l’arrière de son bateau. Puis vient le temps de mettre pied à terre, d’aller saluer son public, rejointe sur le podium par Roland Jourdain et Armel Le Cléac’h. Yann Eliès, venue l’accueillir, a été happé par la foule et ne parviendra pas à les rejoindre pour la photo de famille. A peine quelques instants de pause et voici la conférence de presse et les premières impressions de terrienne de celle qui, chaque jour, avouait trouver un bonheur infini à être en mer. Extraits choisis :

Ses atouts : « Du courage, de la motivation, beaucoup de patience. J’ai surtout la chance d’avoir une équipe de qualité. C’est une course en solitaire, mais c’est un travail d’équipe et sans eux je n’aurais pas pu faire ce que j’ai fait. J’ai vraiment beaucoup de chance d’avoir mes Roxy Boys… »

Les moments difficiles : « Quand Yann s’est cassé la jambe et quand Jean a chaviré. On se met à leur place. Mais aussi, parce que pour pouvoir avancer, on n’imagine pas ce genre de choses. Quand ça se produit, c’est le pire qui nous tombe dessus. Un autre moment difficile fut, quand dans la remontée de l’Atlantique sud j’ai perdu 700 milles que j’avais durement gagnés dans l’Océan Indien et le Pacifique. A cet instant-là, j’ai reçu un mail d’encouragement de Yannick Bestaven et j’ai réalisé que dans mon petit malheur, j’avais la chance d’être toujours en course. On se dit que plein de personnes aimeraient être à notre place, ça motive pour rester positif. »

La casse : « Je n’ai pas eu de problèmes particuliers. On avait même un jeu avec Erwan, mon préparateur. Quand j’avais un pépin technique, je lui signalais par mail. Ensuite, on cherchait chacun de notre côté la solution la plus adaptée. Mon challenge, c’était de pouvoir lui renvoyer un mail avant d’avoir sa solution et de lui écrire, c’est bon c’est réparé. Au final, c’est du 50-50. »

La course des Britanniques : « Je voudrais saluer la performance de Mike Golding, car même s’il n’est pas à l’arrivée, il a fait une course incroyable. Je le regardais naviguer et je me disais : dans quatre ans, je veux faire une course comme ça. Je voyais bien les navigateurs anglais dans les cinq ou six premiers, mais pas dans cet ordre là ! Je pense que Brian, s’il n’avait pas eu tellement de problèmes, aurait été capable de faire des choses incroyables. Je ne m’attendais vraiment pas à être la première de tous les Anglais. »

Self-control : « Je pense que j’ai toujours eu le contrôle. Et quand on était en bagarre avec Roxy, c’était moi le chef. Mais il y a des choses qui échappent à votre contrôle, comme les icebergs ; ça c’est de la roulette russe ou encore les containers dans l’Atlantique. Les deux jours précédant l’arrivée, j’avais vraiment peur de heurter quelque chose. Il vaut mieux ne pas y penser, sinon on ralentit et on ne gagne pas »

Femme du large : « La différence hommes femmes ? Je pense qu’il faut surtout être une femme motivée. Si tu as envie d’y arriver tu peux le faire. Homme ou femme, c’est dans la tête qu’une course se joue. Je n’ai pas pleuré. C’était l’objectif : zéro larme. Enfin… lors de ma dernière soirée, sous spi, en pensant que c’était ma dernière nuit en mer, j’ai failli. Mais ce sera peut-être dans deux jours, quand je me rendrai compte que c’est fini. »

On savait Sam Davies capable de grâce, de joie de vivre et de légèreté. On avait peut-être tendance à oublier ce qu’un Vendée Globe demande de ténacité et d’abnégation. La jeune Britannique, avec ses mots et ses pudeurs nous l’a rappelé à juste titre.

Alors que Sam s’apprête à fêter son retour à terre, Marc Guillemot continue quant à lui de s’accrocher à son incroyable pari. Malgré des conditions défavorables, Safran, privé de sa quille continue de tenir des moyennes plus qu’honorables qui font espérer au navigateur trinitain une arrivée devant les Sables d’Olonne entre 0h et 8h, lundi matin. L’heure limite est fixée au lundi 16 février à 3h41 (TU+1). Autant dire que rien n’est joué.

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Le sans faute de Samantha Davies

Arrivee de Samantha Davies / Roxy
DR

95 jours 04 heures 39 minutes 01 seconde : Roxy a coupé la ligne d’arrivée dans la nuit après 27 470 milles parcourus sur l’eau à la moyenne de 12,02 nœuds ! Samantha Davies termine ainsi son premier tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, mais finit surtout première Britannique d’une armada de sept partants le 9 novembre dernier. Elle serait aussi la deuxième femme à monter sur le podium (sous réserve de l’arrivée de Marc Guillemot avant lundi matin) et la troisième Anglaise après Ellen Mac Arthur en 2000-2001 et Mike Golding en 2004-2005. Un résultat exceptionnel pour cette jeune a de 34 ans qui a préparé avec toute son équipe, un bateau mythique déjà vainqueur des deux dernières éditions, mais qui commençait à accuser le poids de ses neuf années. La clé du succès est sûrement à chercher dans la confiance, l’énergie, l’éternel bonheur d’être en mer et le talent de Samantha Davies qui a été l’une des rares solitaires de ce Vendée Globe à franchir la barre symbolique des 400 milles quotidiens (414 milles en 24 heures)…

Quand prudence rime avec entrain
Dès le coup de canon, la jeune anglaise tient le rythme et jusqu’à l’équateur, oscille au classement entre la dixième et la quinzième place : après le Pot au Noir et au passage vers l’hémisphère Sud, Samantha Davies pointe à la quatorzième place, à 235 milles du premier, Loïck Peyron. La descente dans les alizés de sud-est est plus difficile pour le monocoque qui ne possède pas la même puissance que les bateaux de la dernière génération mais la Britannique a de la ressource malgré un passage de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui ne lui est pas du tout favorable : elle perd en quatre jours plus de 300 milles… plantée dans les petits airs quand les premiers déboulent déjà dans les Quarantièmes et que ses poursuivants peuvent couper le fromage avec de la brise ! Mais qu’à cela ne tienne : Roxy glisse ensuite sur la longue houle du Grand Sud et franchit la longitude du cap de Bonne Espérance toujours à la quatorzième place avec 560 milles de décalage par rapport à Jean-Pierre Dick, alors en tête.

Mais au delà des performances, c’est son plaisir de participer à cette aventure et sa capacité à le transmettre qui marque le public et les coureurs : rien ne semble entacher son bonheur d’être en mer, de naviguer en course face à un plateau de coureurs exceptionnels. Là encore, la préparation du monocoque rose est son atout maître car la solitaire ne subit pas d’avarie majeure. Elle rencontre un iceberg avant même d’atteindre l’archipel des Kerguelen ! Une zone qui va commencer à faire un grand ménage dans la flotte… Au point qu’au passage du cap Leeuwin, Samantha Davies est dixième à 1035 milles de Michel Desjoyeaux. Quand Yann Eliès est en difficulté au large de l’Australie, la navigatrice met immédiatement entre parenthèse la course pour cravacher vers le Briochin afin de lui porter assistance aux côtés de Marc Guillemot. Elle arrivera quelques heures seulement après le navire militaire qui embarque Yann Eliès et reprend la course avec le Trinitain dans des conditions météorologiques peu favorables : petit temps, grosse houle.

Seule au monde
Samantha retrouve la solitude totale quand Marc Guillemot fait son pit-stop à l’île d’Auckland. Ce qui n’enlève rien à sa détermination : chaque jour qui passe est l’occasion pour elle de souligner à quel point elle aime ces grands déserts salés où les seuls albatros lui servent de compagnons de route. La remontée vers les portes des glaces du Pacifique est particulièrement musclée avec une succession de dépressions assez actives, au point que plusieurs leaders sont définitivement éliminés… Aux antipodes, la Britannique est déjà remontée à la huitième place ! Mais il y a tout un océan à traverser : après un peu moins de 63 jours de mer, le Cap Horn est passé et Samantha Davies est quatrième au classement. Certes il y a toujours Marc Guillemot dans son sillage qui est virtuellement devant puisqu’elle lui rend 50 heures de bonification. Il reste alors 7 000 milles à parcourir avant les Sables d’Olonne.

Une nouvelle fois, la navigatrice se retrouve sans compagnon de route car Marc Guillemot a mouillé aux Malouines pour réparer une nouvelle fois son rail de grand voile. Sa remontée de l’Atlantique Sud va être un véritable calvaire : alors qu’elle parvient à la latitude de l’Uruguay, une zone orageuse l’englue dans des calmes dont elle ne se sort que très difficilement, permettant à Marco de la contourner par l’Ouest, le long des côtes brésiliennes. Pour la première fois perce une pointe de lassitude. Entre la demoiselle de Port-la-Forêt, son port s’attache en France et le petit temps, il existe comme un contentieux. Le duel entre les deux concurrents est à son apogée, chacun prenant à son tour l’avantage sur l’autre, parfois pour quelques heures. Mais la jeune anglaise réussit à conserver le leadership au passage de l’équateur, toujours quatrième au classement. Elle choisit une route un peu risquée pour aborder l’anticyclone des Açores et les calmes sont de nouveau au rendez-vous quand Marc Guillemot les contourne par l’Ouest : le chassé-croisé continue… Jusqu’à ce que Safran perde sa quille. La troisième place est désormais à portée d’étrave !

Les temps de Samantha Davies :

Passage à l’équateur : 13j 01h 51′
Passage à Bonne Espérance : 28j 05h 28′
Passage au cap Leeuwin : 40j 00h 48′
Passage de l’antiméridien : 48j 11h 43′
Passage du cap Horn : 62j 21h 18′
Passage à l’équateur : 81j 02h 28′
Arrivée aux Sables d’Olonne : 95j 04h 39′

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Dimension-Polyant au top du Vendée Globe.

Foncia - DP
Foncia - DP

Le Vendée Globe est réputé être l’épreuve de voile sportive la plus difficile qui soit. C’est ce qu’a mis en évidence le grand nombre d’abandons au cours de ce cinquième Vendée Globe. Lorsque seuls 11 des 30 skippers ayant pris le départ franchissent la ligne d’arrivée devant la ville française des Sables d’Olonne, cela souligne la difficulté de l’épreuve. Alors que les tempêtes et les océans ont contraint la grande majorité des participants à abandonner, cela met en avant l’exigence requise pour le matériel et les hommes.

La course victorieuse sensationnelle de Michel Desjoyeaux et le nouveau record en seulement 84 jours et 3 heures, resteront également un moment inoubliable de ce cinquième Vendée Globe, d’autant plus que ce sportif français d’exception et skipper de l’extrême remporte le Vendée Globe pour la deuxième fois.

Mais restera également en mémoire, que le fabricant des matériaux de ses voiles est DIMENSION-POLYANT (DP). Il compte parmi les authentiques vainqueurs de cette course de fond de 27 000 milles. La qualité des tissus, Laminés et membranes ont vraiment contribué au succès. DIMENSION-POLYANT, Le leader mondial allemand du marché a non seulement permis d’assurer la victoire, mais aussi permis aux différents skippers du Vendée Globe lui ayant fait confiance de franchir la ligne d’arrivée.

Michel Desjoyeaux ainsi que les coureurs aux 4 places suivantes du classement ont obtenu leur position grâce aux voiles en membrane high-tech de DIMENSION-POLYANT. Ils ont choisi la Membrane D4®, fiable, efficace et performante de DP. Les voiles D4® sont des laminés faits sur mesure, ils offrent la particularité de maintenir des profils très performants et ceux  pendant toute la durée de leur utilisation. Solide afin de résister aux éléments comme les tempêtes, et les mers  mais aussi léger pour maintenir une bonne vitesse dans les petits airs.

Le secret de D4® réside dans la disposition des fils high-tech, selon les efforts subis afin de maintenir les profils désirés, au milieu d’un complexe pratiquement indestructible. Chaque voile de technologie D4® correspond à un design unique dans lequel les fils suivent exactement les trajectoires des efforts dans la voile. Cela leur procure une tenue exemplaire et une grande résistance dans le temps. En complément  des fils orientés sur les charges principales, un maillage va reprendre les tensions secondaires afin de rendre l’ensemble homogène quel que soit la force du vent.

Les voiles D4® se distinguent par une technologie originale : La lamination possède une adhésion parfaite grâce à sa résine thermoplastique. Ceci est rendu possible par le fait que la phase de collage des composants des Membranes DP s’exécute  à plat avant la mise en forme. Cela permet également d’exercer une pression régulière et très puissante lors du laminage. Celle-ci assure l’imprégnation de chaque fibre avec la résine de collage. Cette qualité de laminage rend impossible les phénomènes de délamination parfois observé sur l’eau.

La durabilité et la fiabilité des performances des voiles à membranes DP sont non seulement assurées par l’usage de fibres high-tech comme Carbone, Aramide, Pentex et Vectran, mais également par leur protection contre les intempéries. Des traitements brevetés permettent d’éviter les dommages dus aux UV. C’est l’ensemble  de ces technologies lors du process  D4® qui procure au matériau des voiles les qualités pour être choisi par les vainqueurs, dans la course la plus difficile du monde.

Des Skippers du Vendée Globe qui n’avaient, dès le départ, aucune chance de gagner en raison de l’ancienneté de leurs voiliers, mais qui voulaient  absolument terminer la course, ont également misé sur des tissus à voile de DIMENSION-POLYANT. L’autrichien Norbert Sedlacek par exemple s’est fait confectionner des voiles en Hydra Net® radial de DP. L‘Hydra Net® radial est tissé de manière extrêmement serré, ce qui confère lui une belle stabilité de forme, un toucher agréable et sécurité formidable. L‘Hydra Net® radial convient particulièrement aux voiles performantes dont la durabilité est le facteur essentiel.

DIMENSION-POLYANT est le leader mondial sur le marché des tissus et matériaux à voile, il accompagne plaisanciers, skippers et surfers avec la gamme de produits la plus longue. Les 225 employés produisent et commercialisent les 300 qualités différentes sur plusieurs sites. Le site principal de production est situé à Kempen près de Krefeld, où se trouvait il y a 200 ans le centre du tissage de la soie allemand. La spécialisation dans les tissus à voile en fils synthétiques a débuté il y a 40 ans. Les tissus Polyant ont prouvé dès le début leur supériorité sur le marché, et furent immédiatement remarqués en régate. Les produits de la firme allemande Polyant, qui était jusqu’en 1998 une filiale du groupe krefeldois Verseidag, ont convaincu fabricants de voiles et les plaisanciers. C’est ainsi qu’a commencé l’histoire de cette réussite sensationnelle.

La société allemande, qui a réalisé en 1968 un chiffre d’affaires de 300 000 Mark, a mis le cap sur une croissance à couper le souffle. En 1980, le chiffre d’affaires atteignait 14 millions de Mark pour doubler dix ans après. Fiabilité, minutie et soin étaient et restent les bases de la réussite. Depuis lors, DIMENSION-POLYANT fait figure de référence mondiale, puis devenu le symbole l’innovation et la production de tissus et matériaux à voile haut de gamme.

En 1991, La société fusionne avec le fabricant américain Dimension sailcloth, pour devenir sous sa forme actuelle DIMENSION-POLYANT, cette réunion fut décisive pour l’avenir des deux entreprises.

Source : Dimension Polyant
www.dimension-polyant.com

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La nuit de Roxy

Samantha Davies - Roxy
DR

La bulle a fait long feu, mais tout de même, Samantha Davies a sérieusement peiné pendant dix heures à deux nœuds de moyenne ! Un ” parking ” qui s’est dégagé au lever du jour avec le retour d’une petite brise de secteur Nord-Ouest. Dix nœuds de moyenne depuis ce midi et même si le vent tend à passer au secteur Nord-Est, cela ne devrait pas ralentir la progression de Roxy vers la ligne d’arrivée, située à moins de 120 milles ce vendredi après-midi. La Britannique était en effet au large de la baie de Port la Forêt, là même où elle s’entraîne depuis des années, en Figaro d’abord, sur son monocoque de 60 pieds depuis trois ans. En longeant les côtes bretonnes puis vendéennes, la solitaire est assurée de bénéficier d’un vent stable et de terminer très certainement sur un seul bord, bâbord amure. Certes la troisième marche du podium n’est pas encore tout à fait acquise, car rappelons que Marc Guillemot possède une bonification de deux jours et deux heures…

De plus en plus à l’aise
Le Trinitain était d’ailleurs en pleine forme ce vendredi midi après avoir pu cumuler par tranches plusieurs heures de sommeil. Il faut dire que ces derniers jours ont été particulièrement sollicitant pour Marc Guillemot entre le contournement de l’anticyclone des Açores sous spinnaker, puis un bon coup de vent, une quille qui descend de plusieurs centimètres avant de couler, une navigation sur le fil au portant sans quille… La troisième place du Vendée Globe n’est donc plus une priorité même si elle reste ancrée dans l’esprit : il faut avant tout en finir avec les 300 milles à parcourir jusqu’aux Sables d’Olonne… Et le skipper pensait pouvoir arriver lundi, mais plutôt dans l’après-midi, ce qui ne serait pas suffisant pour coiffer Samantha Davies sur le poteau. En tout cas, Safran semble se comporter très sainement sur une mer qui s’assagit et le navigateur prend de mieux en mieux la mesure du comportement de son bateau. Désormais au près dans une brise de secteur Sud-Est à Est, Marc Guillemot naviguait à plus de sept nœuds et avait retrouvé la confiance pour la suite. La seule incertitude concernait la capacité du monocoque à faire du près sur l’autre amure, en bâbord puisque sa dérive est tronquée sur ce côté-là.

Trio britannique
Et si Samantha Davies n’a plus d’inquiétude à se faire, elle peut aussi regarder dans le rétroviseur ses deux compatriotes qui vont finir au coude à coude : Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) cravachaient encore ce vendredi en approche d’un golfe de Gascogne bien paisible pour la saison ! Eux aussi devront louvoyer pour atteindre l’arrivée, mais celle-ci devrait pointer sa bouée dès lundi… Au petit matin blafard pour le géant anglais, avec une dizaine d’heures d’écart pour la tour du mondiste. Trois solitaires dans la même journée, ce serait une première depuis la création du Vendée Globe ! Tout comme trois Anglais dans les six premiers… Surtout que derrière pointe encore un autre représentant de sa Gracieuse Majesté : Steve White (Toe in the water) a peu de chance de dépasser Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) mais il n’a pas été si proche depuis bien des semaines ! L’Arcachonnais a du mal à s’extraire d’une dorsale anticyclonique et sa progression en dents-de-scie n’est pas faite pour lui permettre d’attraper le flux de Sud-Ouest qui règne quelques centaines de milles devant son étrave. Alors que le Britannique est toujours dans les alizés, en route pour contourner les hautes pressions par la face Ouest…

La troïka du Sud
Toujours mouvementé, l’Atlantique Sud ! Après la tempête qui a surpris Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), le vent est revenu du secteur Sud… Avant de redevenir variable dès la nuit prochaine, au passage d’une nouvelle perturbation orageuse. Pas de pause encore pour l’Autrichien qui va affronter plus de quarante nœuds contraires ! Du Nord pour le week-end… Heureusement, comme Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) d’ici deux jours, les alizés seront au rendez-vous au large de Rio de Janeiro. Un flux d’Est soutenu mais enfin régulier. Quant à Rich Wilson (Great American III), il arrive à s’extraire des côtes brésiliennes, au large de Recife. Mais sa route très à terre ne rend pas le vent très coopératif : il a dû virer de bord pour s’écarter, mais une fois la pointe passée (dès la nuit prochaine), la situation va redevenir plus agréable, malheureusement pour deux jours seulement. Il y a ensuite un Pot au Noir à traverser, et plutôt entre le 31° et le 32° Ouest, là où il s’avère le plus étroit et le moins actif. Et quand le trio Marco, Brian, Dee apercevra les plages vendéennes, l’Américain sera passé dans l’hémisphère Nord.

Le classement de 16 heures
1- Michel Desjoyeaux (Foncia) arrivé aux Sables d’Olonne après 84j 03h 09’
2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) arrivé aux Sables d’Olonne après 89 jours 9 heures 39 minutes et 35 secondes de course (après déduction de ses 11 heures de bonification)
3- Samantha Davies (Roxy) à 116,4 milles de l’arrivée
4- Marc Guillemot (Safran) à 306,2 milles de l’arrivée
5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 385,7 milles de l’arrivée
6- Dee Caffari (Aviva) à 484,4 milles de l’arrivée
7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 1641,6 milles de l’arrivée
8- Steve White (Toe in the water) à 2224 milles de l’arrivée
9- Rich Wilson (Great American III) à 3810,6 milles de l’arrivée
10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 4879,4 milles de l’arrivée
11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 5313,9 milles de l’arrivée
RDG Vincent Riou (PRB), réparation accordée, classé 3e

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Sam Davies attendue cette nuit sur la ligne

Samantha Davies - Roxy
DR

La jeune Britannique a passé une nuit câline au large des côtes bretonnes : elle n´a progressé que de vingt milles en dix heures ! Et ce vendredi matin à 9h00, sa vitesse n´était encore que de quatre nœuds… Mais la situation devrait se décanter dans les prochaines heures avec l´arrivée d´un régime plus consistant et plus régulier de Nord-Ouest. Une arrivée avant la nuit semble toutefois impossible et c´est plutôt après les douze coups de minuit que Samantha Davies (Roxy) pourrait boucler les 24 840 milles de ce tour du monde. Et paradoxalement, la navigatrice a été la moins rapide de toute la flotte ! Marc Guillemot (Safran) a profité d´une légère brise encore portante pour revenir sur l´Anglaise… Plus de six nœuds de moyenne pendant la nuit lui permettent de n´être plus qu´à 350 milles environ de la ligne d´arrivée et finalement, s´il arrive à gagner vers le Nord-Est après la traversée d´une bulle sans vent, il pourrait aussi toucher le flux qui va propulser Sam ! Ce serait un énorme soulagement pour le solitaire et toute son équipe car il naviguerait bâbord amure sur un même bord, et surtout travers au vent. Il n´aurait donc pas à louvoyer : la possibilité de concéder moins de 50 heures à la Britannique refait donc surface !

Du suspense jusqu´au quai

Reste que l´instabilité de son monocoque ne joue pas en sa faveur : le plus efficace est une brise stable qui permet de porter suffisamment de toile sans prise de risque. De là à contrer le retour des deux autres Britanniques qui le poursuivent, il y a un pas difficile à franchir. Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) peut faire parler la poudre : avec un peu plus de cent milles de retard, le Britannique a désormais de grandes chances de devancer Marc Guillemot sur la ligne d´arrivée, mais pas assez pour le dépasser au classement avec la bonification due à l´intervention auprès de Yann Eliès. Quant à Dee Caffari (Aviva), elle était tout simplement la plus véloce du plan d´eau avec une grand voile qui ne ressemble plus à rien : les photos qu´elle a fait parvenir en disent plus qu´un long discours !

Bonne pioche pour Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) qui peut faire route directe vers le cap Finisterre sans passer par la case Açores : ce raccourcissement lui est ouvert par un front sur le milieu de l´Atlantique et l´Arcachonnais peut de nouveau glisser sur l´eau plutôt que de planter des pieux face à l´alizé. Ce n´est pas encore le cas pour Steve White (Toe in the water) qui n´aura probablement pas la même chance de tourner à droite aussi tôt : derrière le front, la situation météo revient à la normale et le Britannique devra très certainement contourner l´anticyclone des Açores par l´Ouest.

La tête à l´envers

Du côté de l´hémisphère Sud, Rich Wilson (Great American III) voit le début du tunnel s´approcher : pratiquement à la hauteur de Recife (Nord-Est du Brésil), l´Américain profite d´une brise qui tourne progressivement au Sud-Est. Il va pouvoir aborder le Pot au Noir dans trois jours car celui-ci est positionné sur l´équateur. Sera-t-il aussi actif après le week-end que maintenant ? Ne le souhaitons pas au doyen du Vendée Globe qui a encore 3 700 milles à parcourir… Enfin pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), ce vendredi a des allures de pause après la tempête qui les a secoués avant-hier et avant un nouveau coup de vent de Nord.

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Première victoire en finale pour Alinghi

Alinghi gagne le premier duel  LVPS
DR

Une minute avant le départ, les Néo-Zélandais avaient réussi à piéger le bateau suisse au-delà de la ligne de départ, mais avec Ed Baird à la barre, Alinghi a néanmoins réussi à revenir pour prendre le départ au même moment que Team New Zealand.  Ray Davies, le tacticien de TNZ explique ce qui s´est passé : « Nous les avions sous notre contrôle.  Mais à un moment il fallait pouvoir prendre le départ. Nous sommes partis sous leur vent en anticipant une bascule, mais elle a tardé à venir. On aurait pu contrôler la course à partir de ce moment là, seulement si cela s´était passé comme prévu… »  

Six minutes plus tard, la bascule est arrivée… permettant en revanche aux Suisses de prendre l´avantage.  Dean Barker a bien tenté de revenir, mais la casse d´une drisse de spinnaker a mis fin aux espoirs des Néo-Zélandais. Un incident rare dans ce genre de course mais qui leur a coûté cher. Alinghi remporte donc le premier match avec 22 secondes d´avance.

Avec une brise de 17 nœuds, qui s´est renforcée pour atteindre 28 nœuds, les conditions sont devenues assez difficiles sur l´eau, et le vent a fraîchi de nouveau à midi contraignant les organisateurs à annuler les autres courses prévues aujourd´hui et de réduire la finale à un total de cinq duels au lieu de sept. Suite et fin demain samedi à partir de 11h.

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RM Yachts donne rendez-vous.

RM Ocean Tour
RM Ocean Tour

Du 15 mars au 13 avril, RM Yachts se lance à la rencontre des plaisanciers des ports de France : 6 week-ends de portes ouvertes vont être organisés dans 6 ports de France.
L’occasion de découvrir ou retrouver les RM 880, 1050 ou 1200. Vous rencontrerez les agents RM sur leur zone et autour de leurs infrastructures qui répondront à l’ensemble de vos questions.
 
 – Loctudy, les 13 et 14 Mars avec le chantier Pichavant (02 98 87 40 50) ou s.lebars@pichavant.com  www.pichavant.com
–  Lorient, les 20 et 21 Mars avec Bretagne Yachting (06 08 42 55 18) bretagneyachting@wanadoo.fr  www.bretagne-yachting.com
– St Malo, les 27 et 28 Mars avec Etoile Marine (02 99 20 37 77) ventes@etoile-marine.com  www.etoile-chantier.com
– Pornichet, es 3 et 4 Avril avec Marine Atlantique (05 46 44 73 00) commercial@rm-yachts.com  www.marine-atlantique.com
–  Port Camargue, du 10 au 13 Avril avec le Chantier Yes (04 66 53yescourtage@orange.fr  www.yes-portcamargue.com     
 – La Rochelle, les 8 et 9 Mai au chantier RM-Fora Marine (05 46 44 73 00) contact@rm-yachts.com  www.rm-yachts.com   
 
N’hésitez pas à tenir le chantier informé de votre visite par mail ou par téléphone, afin qu’il puisse vous accueillir dans les meilleurs conditions.

Source : RM Yachts
www.rm-yachts.com

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Dernières heures de mer pour Sam Davies

Sam Davies Roxy 2008
DR

Seul Eole pouvait encore ralentir l’ascension de Samantha Davies vers la troisième marche du podium de ce Vendée Globe 2008-2009. Ayant réussi la nuit dernière à maintenir une bonne vitesse, la jeune Britannique a pu rester devant les hautes pressions sans se faire avaler… Jusqu’à ce jeudi après-midi. Mais les Dieux du ciel semblaient déjà vouloir régurgiter la solitaire car le vent doit reprendre progressivement du souffle avant la nuit même s’il était cette fois annoncé contraire. Une petite brise d’Est, soit des bords à tirer pour en finir avec les 200 derniers milles de ce parcours de plus de 24 000 milles…

La marche de l’impératrice

Marc Guillemot l’annonçait déjà lors de la vacation radio de ce jeudi midi : il n’a presque plus aucun espoir de compenser son décalage de 260 milles déjà qui ne va qu’augmenter au fil des jours. Quand Samantha Davies va franchir la ligne d’arrivée, le Trinitain aura encore plus de 300 milles à effectuer contre le vent et sans quille ! Même s’il ne faut jamais préjuger de l’avenir en mer, les probabilités d’un retournement de situation s’amenuisent comme peau de chagrin. La jeune Britannique regrettait de s’immiscer devant son compagnon d’infortune, mais restant une compétitrice avant tout, ne pouvait que faire marcher au mieux son monocoque. Pour une place inimaginable au départ mais totalement justifiée à l’arrivée : tous les choix de la solitaire et de son équipe étaient en effet focalisés sur l’objectif de boucler la boucle : pas de transformation radicale d’un bateau vieux de huit ans, pas d’optimisation risquée, pas d’évolution inconsidérée ; juste du pragmatisme, des changements homéopathiques, des adaptations à sa manière de naviguer. Le résultat attendu démontre une clairvoyance de l’enjeu d’un tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, mais aussi une ténacité et une énergie exceptionnelle : Roxy sera aussi le premier des " vieux " prototype ! Derrière Foncia et Brit Air, mais devant Safran, Pindar, Aviva…

Vases communicants ?

N’y a-t-il vraiment aucun parallèle entre les conditions météorologiques de l’hémisphère Nord et celles de l’hémisphère Sud ? Les météorologues s’interrogent encore, mais les ignorants ne peuvent manquer d’observer que si une tempête a bouleversé le village du Vendée Globe par 46° Nord lundi dernier, une autre a franchement secoué le dernier concurrent par 36° Sud ! Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) relatait ce jeudi matin qu’il avait affronté le pire des coups de vent de son tour du monde… Et pourtant avec Raphaël Dinelli, il avait déjà eu son compte dans l’océan Indien ! Une mer démontée, des rafales à plus de 70 nœuds : son monocoque est devenu le jouet des flots pendant une demi-journée. Son compagnon de route a lui aussi était ballotté, certes moins violemment, mais le skipper de Fondation Océan Vital était content d’être sorti de ce mauvais pas. Désormais au large du Brésil, les deux solitaires peuvent bénéficier d’un flux portant mais dès le week-end prochain, c’est une nouvelle dépression orageuse venue du continent sud-américain qui va les cueillir… Encore du vent de Nord très fort !

Comme entre des vases communicants, la situation n’est pas plus agréable pour Rich Wilson (Great American III) qui galère le long des côtes brésiliennes, et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) qui s’enfonce dans une zone de transition sans beaucoup de vent au large des Canaries. Pour les deux skippers, les vents sont instables et la sortie pas évidente même s’ils savent qu’il faut pointer l’étrave vers le Nord. Une certaine lassitude envahit les esprits surtout quand il faut commencer à se rationner dans tous les secteurs… Quant à Steve White (Toe in the water), rien ne semble égratigner son flegme britannique : toujours dans les alizés de secteur Est, l’Anglais s’attend à un ralentissement dès la nuit prochaine à cause de ces hautes pressions qui se développent sur l’Atlantique Nord.

Lignes brisées

Deux autres Britanniques s’engagent dans la dernière ligne droite, qui va en fait s’avérer très brisée : le but n’est plus qu’à 650 milles pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et qu’à 770 milles pour Dee Caffari (Aviva), mais les brises contraires qui s’installent dans le golfe de Gascogne auront pour conséquence une route en zigzag. Quoi qu’il en soit, les deux navigateurs ont encore des chevaux sous le capot même si l’un et l’autre ont connu moult problèmes techniques, et l’Anglaise doit en sus surveiller sa grand voile qui part en lambeaux… Malgré tout, leurs arrivées semblent se dessiner pour lundi et il ne serait pas étonnant qu’ils dépassent Marc Guillemot (Safran) empêtré dans ces brises d’Est. Comment va se comporter le monocoque sans quille pour grignoter les 450 milles qui lui reste à parcourir ? Faire du près n’est déjà pas la tasse de thé de ces voiliers conçus pour la glisse, tirer des bords est encore moins une sinécure, mais louvoyer avec un appendice en moins et une dérive tribord de remplacement ! Du courage, du courage, du courage…

Le classement de 16 heures

1- Michel Desjoyeaux (Foncia) arrivé aux Sables d’Olonne après 84j 03h 09’

2- Armel Le Cléac’h (Brit Air) arrivé aux Sables d’Olonne après 89 jours 9 heures 39 minutes et 35 secondes de course (après déduction de ses 11 heures de bonification)

3- Samantha Davies (Roxy) à 203,2 milles de l’arrivée

4- Marc Guillemot (Safran) à 466,3 milles de l’arrivée

5- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 656,5 milles de l’arrivée

6- Dee Caffari (Aviva) à 777,8 milles de l’arrivée 

7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 1807,7 milles de l’arrivée

8- Steve White (Toe in the water) à 2407,1 milles de l’arrivée

9- Rich Wilson (Great American III) à 3970,2 milles de l’arrivée

10- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 5139,4 milles de l’arrivée

11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 5498,3 milles de l’arrivée

RDG Vincent Riou (PRB), réparation accordée, classé 3e

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Des nouvelles de Yann Eliès

Yann Elies
DR

Tous deux s´étaient déroutés pour venir en soutien au skipper de Generali, blessé à l´intérieur de son bateau, dans l´attente des secours et de son évacuation. Tous deux se battent désormais pour la 3ème  place de ce tour du monde en solitaire, tous deux se démènent pour terminer le grand tour planétaire en solitaire dont ils se sont révélés de très riches animateurs : tant sportivement, qu´humainement… Rencontre :

Comment se déroule votre programme de rééducation ?

« Plutôt bien. Dès la semaine prochaine, je vais quitter le Centre de Rééducation et de Réadaptation des Côtes d´Armor que j´ai intégré il y a un mois et demi. Je vais rejoindre Lorient, où je vais pouvoir mener de front la poursuite de mon programme  de rééducation et la réalisation de mes futurs projets sportifs. Je vais rejoindre le Centre de Kerpape et je vais aussi retrouver Erwan Steff et Philippe Laot dans mes bureaux de la base Generali. Sur un plan plus physique, j´arrive désormais à me déplacer avec une seule béquille, dont j´espère bientôt pouvoir me passer. Je retrouve avec beaucoup de plaisir un peu plus de mobilité, d´autonomie… C´est réconfortant et encourageant et cela me permet de me préparer pour rejoindre les Sables d´Olonne. »

Et accueillir Samantha Davies et Marc Guillemot…

«  Oui, je compte bien les accueillir sur l´eau. Je dois embarquer sur le pneumatique de l´équipe Generali pour les rejoindre dans la zone protégée du port, là où il n´y a pas de vagues, et les accompagner dans la remontée du chenal dans les derniers instants de leur Vendée Globe. Il me tient à cœur d´être présent pour chacun d´eux. Ils se battent pour la 3è place et je n´oublie pas qu´ils ont tous les deux cravaché pour me rejoindre et  me soutenir dans l´attente de mon évacuation par les secours australiens. Ils méritent tous les deux de monter sur le podium : chacun a fait une course superbe. Sam doit arriver samedi, il y a plus d´incertitude pour Marco qui progresse dans une situation périlleuse… »

Etes-vous confiant sur les chances de Marc Guillemot de finir ?

« Je m´inquiète un peu. Je l´ai eu au téléphone après qu´il ait perdu sa quille : En fait, il semblait soulagé de ne plus avoir ce lest mobile qui se révélait dangereux pour la structure du bateau. Je lui ai conseillé de s´efforcer de rester bien lucide, ce qui n´est jamais très facile dans ce genre de situation, qui plus est en fin de tour de monde avec son lot de difficultés. Il est nécessaire qu´il préserve ses ressources physiques et mentales pour arriver. Mais il tient le bon bout.

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Départ samedi pour 12300 milles de Qingdao à Rio

Ericsson 3 répare a Taiwan
DR

Seul manque encore à l´appel pour l’instant Ericsson 3 qui, entièrement réparé à Taiwan, a repris la mer hier midi. Le concurrent suédois est entrain de regagner en course le port chinois à partir du point où il avait interrompu son parcours, le 27 janvier dernier avec la ferme intension d´engranger les 4 points dus au 5ème et dernier de l´étape Singapour-Qingdao, comme le règlement l´y autorise.

Pour le second équipage du team Ericsson, c´est une victoire contre la montre qui s´est jouée ces deux dernières semaines puisque Ericsson 3 est en passe de gagner son pari de participer à LA grande étape de cette édition. Le timing reste cependant très serré, et il y a fort à parier que l´équipage aura juste de temps de charger le VO 70 pour les 40 jours de mer qui les attendent et de rejoindre les 4 autres concurrents sur la ligne de départ. Pour son skipper Magnus Olsson : Sur une course comme celle-là, nous sommes sous pression en permanence, encore plus quand le bateau casse. A Taiwan, nous avons tenté l´impossible et nous sommes sur le point d´y arriver. Notre équipe technique a été fantastique. »

 

Pour Delta Lloyd et Telefonica Black, la chose est entendue. Alors que leurs dommages subis dans l´étape précédente ne sont pas encore réparés, c´est en cargo qu´ils rejoindront Rio pour achever leurs travaux et être au départ de la 6ème étape, entre Rio et Boston. Peut-être même avant, sur la ligne de la régate In Port de Rio, le 4 avril prochain.

 

Autre chantier, mais plus serein cette fois, celui du changement de safrans sur Telefonica Blue. Ce changement d´appendices est pénalisé d´un retrait de 3 points, mais le skipper Bouwe Bekking pense que c´est un investissement à long terme qu´il justifie d´une formule laconique : « Nous pensons que cela vaut le coup. Nous sommes dans la logique de la victoire finale.»  Ces deux appendices ont les mêmes caractéristiques que ceux déjà posés sur Telefonica Black à Singapour il y a un mois, et qui avaient démontré leur efficacité sur l´étape. Cette pénalité laisse à Telefonica Blue 42 points au classement général provisoire après 7 manches, soit 7 points derrière le leader Ericsson 4 et 1 petit point devant le 3ème, Puma.

Pour les 5 concurrents en lices sur cette 8ème manche et 5ème étape de large, cette très longue route représente le point d´orgue de l´édition 2008-2009 de la Volvo Ocean Race. « Un sacré morceau au programme, comme le souligne le seul français en course, Sidney Gavignet, chef de quart à bord de Puma.  En arrivant à Rio, nous aurons quasiment bouclé les deux-tiers du parcours et pourtant plus de la moitié des points resteront encore à attribuer. L´étape est importante pour Puma, car avec ses deux portes, à la pointe Nord de la Nouvelle-Zélande et au cap Horn, elle offre le double de points que la précédente. Elle peut nous permettre de remonter sur les premiers, mais représente aussi le risque de se faire définitivement distancer…

Interview de Sidney Gavignet :

 

La prochaine étape de la Volvo Ocean Race part samedi.  Elle est longue de 12 300 milles, entre la Chine et le Brésil. Comment abordez-vous ces quelques 40 jours de course ?

 

SG : Je pense que c´est la plus belle étape de cette édition. Elle est chargée de tout ce que représente une étape de tour du monde dans notre imaginaire. C´est la première fois que je suis impatient d´aller voir ce que va nous réserver ce parcours. Impatient de partir donc, mais c´est peut-être aussi parce que ma famille n´est plus là….

 

Impatient à cause des mers du Sud ?

 

SG : Il n´y a pas que le Sud dans cette étape. C´est un parcours très complet. C´est vraiment un gros gros morceau… Le Sud, c´est le tiers du parcours, en milieu d´étape. Avant, le 1er tiers se passe dans les alizés de N.E. au passage du Tropique du Cancer. On coupe l´Equateur pour retrouver les alizés de S.E au passage du Tropique de Capricorne. Après, il y a effectivement le Grand Sud avec ses vents d´ouest dominants jusqu´au Horn. Ensuite, il y a un « petit » bout de route de 2 000 milles, vraisemblablement au près le long des côtes de l´Amérique du Sud, en Atlantique. C´est vraiment un parcours très complexe. Mais passionnant.

 

Dans cette diversité,  c´est quoi le plus intéressant pour vous ?

 

SG : L´arrivée,… si on gagne !!! (rires). Non, le plus intéressant, c´est sa complexité. C´est vrai sur cette étape, mais c´est vrai en général d´un tour du monde complet. Ne pas avoir, que du près, que du reaching, que du vent arrière. En équitation on dit un concours « complet ». Dans cette course en général et sur cette étape en particulier, c´est pareil. Il y a de tout.

 

Pour ce parcours entre la Chine et le Brésil, il y aura 5 bateaux en concurrence, puisque Delta Lloyd et Telefonica Black n´y participeront pas. Comment Puma va-t-il jouer cette manche  qui va se disputer entre favoris de l´épreuve ?

 

SG : Je pense qu´il faut que Puma commence à gagner des étapes. Jusqu´ici, on a toujours été sur le podium, sauf dans la 2ème étape où nous avons fait une catastrophique 5ème place. Mais je pense vraiment qu´il faut confirmer notre réelle progression dans l´équipe. Si on veut  remonter de 8 ou 9 points, il faut finir premier à Rio car au pire les autres finissent 4 ou 5ème. Il faut vraiment commencer à gagner.

 

Ici il fait froid et vous allez vers le soleil. Comment s´est passé votre escale à Qingdao ?

 

SG : On a certes découvert un peu la Chine, mais pour dire la vérité, je n´ai pas vu grand-chose. On a été dans le brouillard et dans le froid pendant ces presque deux semaines d´escale et nous avons beaucoup travaillé. C´était un peu hôtel, boulot, hôtel, boulot, en passant le soir éventuellement par le bar. Donc, non, nous n´avons pas beaucoup vu la Chine qui est un pays tellement vaste qu´il faudrait des semaines pour mieux le connaître. Mais nous avons été extrêmement bien accueillis et cela restera un bon souvenir.

 

 

VOLVO OCEAN RACE 2008-2009

 

Classement général Provisoire après 7 manches (sur 17)

 

1-      Ericsson 4 – 49 points

2-      Telefonica Blue – 42 points (dont 3 pts de pénalité pour changement de safrans)

3-      Puma – 41 points

4-      Green Dragon – 30 points

5-      Ericsson 3 – 24 points (sans les points attribués éventuellement pour sa fin d´étape en Chine)

6-       Telefonica Black – 21  points

7-       Delta Lloyd – 12 points

8-       Team Russia – 10,5 points

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