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Malheurs de Stamm, gros tracas pour Dick

Echouage Stamm Kerguelen VG 2008
DR

Le cauchemar de Bernard Stamm a trouvé ce matin une issue heureuse. Son bateau a pu être déséchoué au terme d’une opération extrêmement délicate qui a mobilisé les équipes du TAAF, dont un camion et des plongeurs. Le marin suisse était arrivé dimanche soir à Port-aux-Français (Kerguelen) pour y trouver refuge après avoir constaté une avarie de safran. Mais avec des rafales à 50 nœuds dans la baie, impossible de stopper le bateau et d’accrocher le mouillage qui lui avait été préparé, et ce malgré l’aide des hommes du TAAF et de Dominique Wavre, présent à bord. Cheminées Poujoulat s’est trouvé drossé à la côte, couché sur le flanc bâbord. Comme le relatait Frédéric Martineau, chef du district des Kerguelen joint à la vacation du jour, les deux marins ont du gonfler le bib (canot de sauvetage du 60 pieds) pour évacuer le bateau. Et ce n’est que ce matin à marée haute que l’opération de déséchouage a pu avoir lieu… avec succès. Mais le plan Farr souffre d’une importante voie d’eau à l’arrière. Désormais, Bernard Stamm a entamé une course contre la montre pour charger son 60 pieds à bord du Marion Dufresne (bateau de ravitaillement des TAFF), et tenter de rejoindre la Réunion pour entreprendre des réparations.
Cette mauvaise fortune rappelle à quel point ces régions australes sont extrêmes : une manœuvre ratée peut prendre une tournure catastrophique, et le matériel est plus que jamais sollicité par les chevauchées à haute vitesse dans les mers croisées.

Dick sans safran tribord

Pourtant, c’est le hasard qui est à l’origine de l’avarie survenue cet après-midi à 13h30 sur Paprec-Virbac 2. Après avoir percuté un objet flottant, Jean Pierre Dick a constaté que la barre de liaison de ses safrans était cassée et que le support de fixation du safran tribord (au niveau du pont) était endommagé. Seul le safran bâbord est pour l’instant utilisable. ” JP ” a donc ralenti l’allure pour étudier les modalités d’une réparation. Au pointage de 16h00, toujours au sud de la porte ouest Australie, il menait encore la flotte mais n’avait plus que 51,5 milles d’avance sur son dauphin Mike Golding.

Terrible Indien

Depuis trois jours, les dépressions se succèdent presque toutes les 24 heures n’offrant que peu de répit entre deux coups de vent. Or, la semaine qui commence risque de se jouer sur le même tempo. Dans ces conditions, l’arrière de la flotte est pour ainsi dire aux premières loges. Aujourd’hui, Rich Wilson, 19e à bord de Great American III, confiait naviguer sous tourmentin seul, grand-voile affalée, après deux départs au tapis par 50 nœuds de vent ! Jean-Baptiste Dejeanty qui évolue dans le même secteur, prévenait aujourd’hui la direction de course d’une accumulation de problèmes techniques (pilotes automatiques défaillants, génois déchiré, drisse de grand-voile abîmée) l’obligeant à ralentir l’allure. La balise de positionnement de Maisonneuve est également passée à l’eau, mais le bateau est suivi par la Direction de Course via son standard C.
Premiers à toucher le vent, les retardataires sont aussi les premiers à connaître l’accalmie comme c’était le cas en cette fin d’après midi. A contrario, les leaders positionnés à l’avant du front, notaient déjà une bonne quarantaine de noeuds à l’anémomètre. La nuit sera rude pour ces derniers.

Leeuwin mardi soir

Derrière Jean-Pierre Dick, contraint de réduire la cadence – il marchait à 12 nœuds au pointage de 16 heures, contre 18 à 20 nœuds pour ces poursuivants -, Mike Golding, Roland Jourdain et Michel Desjoyeaux sont les premiers à avoir respecté la porte ouest Australie située sur le 47e degré sud. Dans 24 heures, les leaders auront franchi la longitude du cap Leeuwin, deuxième des trois grands caps de ce tour du monde, situé à la pointe sud-ouest de l’Australie. Mais ce ne sera pas encore la fin du terrible Indien qui s’étend géographiquement jusqu’à la Tasmanie.

Voix du large…

Bernard Stamm, dans une communication avec son équipe : « Le bateau flotte, enfoncé et gîté. Tout le monde ici me donne un coup de main, Dominique Wavre m’aide aussi énormément. Si nous réussissons à charger Cheminées Poujoulat à temps, j’embarquerai également pour La Réunion ou ailleurs. Je ne sais pas encore, c’est un gros chantier qui nous attend. Mais l’urgence, c’est de sortir le bateau. Ce n’est pas possible de le laisser à l’eau aux Kerguelen. Ce Vendée Globe avait mal commencé et se termine dans la douleur, parce qu’il n’y a rien de plus terrible que de voir son bateau à la côte. »

Vincent Riou (PRB), 8e : « Cette nuit, j’ai pété mon étai d’ORC et je suis resté un moment sous grand-voile seule. Là je suis reparti avec la trinquette. L’étai est réparable – je peux je remplacer par un autre-, mais pas immédiatement. Il faudra attendre l’accalmie. Ce matin, j’ai eu jusqu’à 43 noeuds. En ce moment, j’ai 30 à 35 noeuds, on n’est pas très loin de la bascule du vent à l’ouest, une dépression un peu virulente est en approche. »

Armel Le Cléac’h (Brit Air), 7e au classement de 16h00 : « Le plus difficile pour moi, c’est la gestion du bateau dans les mers du sud. J’essaye de trouver mes repères, par moment c’est un peu stressant. L’Indien est difficile, la mer est très croisée. On réduit vite la toile quand ça pousse. C’est impressionnant, ça peut se lever très vite, la mer change d’une heure à l’autre, c’est dangereux, il faut faire attention et on essaye effectivement de prendre le moins de risques possibles. »

Roland Jourdain (Veolia Environnement), 3e : « C’est une zone et une période où tout s’est passé (démâtage en 2007, abandon Vendée Globe 2004, rail de mât en 2000 ndlr). C’est sûr que c’est dans ma tête. Quand les autres cassent, j’y pense forcément. C’est évidemment une zone critique, mais je n’en fais pas un complexe. C’est une zone où j’essaye d’allier vitesse et sécurité. »

Les premiers au pointage de 16 h
1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 14 024 milles de l’arrivée
2- Mike Golding (Ecover) à 51,5 milles
3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 78,3 milles
4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 81,9 milles
5- Sébastien Josse (BT) à 103,9 milles

Sélection étrangère
11- Samantha Davies (Roxy) à 861,7 milles
12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 954,2 milles

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Jean-Pierre Dick s’échappe

Virbac paprec jp dick
DR

Trente-quatre jours après le départ, jamais l’écart entre les deux premiers concurrents n’avait été aussi important. Dans la nuit de samedi à dimanche, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) a navigué au moins 2 nœuds plus vite que l’ensemble de ses adversaires. Le résultat est sans appel. Son avance sur Roland Jourdain (Veolia Environnement), 3e, a doublé dans la nuit, passant de 45 à 92 milles entre samedi 20h et dimanche 5h du matin. Jean Le Cam (VM Matériaux), 6e, est relégué à près de 200 milles et le suivant – Vincent Riou (PRB) – à plus de 300 milles ! Avec 444 milles avalés sur les dernières 24h, l’ex-vétérinaire flirte une nouvelle fois avec les distances records. Les angles des premiers et de leurs poursuivants montrent qu’ils n’ont plus les mêmes conditions de vent. Là où Le Cam, Riou, Le Cléac’h, Guillemot et autres enchaînent les empannages avec des angles serrés, les premiers tracent une longue courbe plus proche de la route directe qui explique en partie l’augmentation des écarts de la nuit.

A l’assaut des Kerguelen
Le Suisse Dominique Wavre (Temenos II), arrivé à Port-aux-Français samedi après-midi pour réparer sa quille, pourrait être rejoint par son compatriote Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), victime pour sa part de ses safrans, et qui n’était plus ce matin qu’à 100 milles de la Baie du Morbihan. S’il décide de s’y arrêter, il sera sur place en fin d’après-midi. De l’autre côté de l’île, le Britannique Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) joue à se faire peur et a failli attaquer la falaise. Il n’est passé qu’à un petit mille des îles Nuageuses, au nord-ouest de l’archipel, par des fonds de moins de 100 mètres ! Au passage, Thompson s’est fait doubler par sa compatriote Sam Davies (Roxy), remontée en 24h de la 14e à la 11e place. La jeune Britannique réalise un tour du monde exemplaire, et frappe désormais à la porte du top 10.

La longue route
Pour les retardataires, les conditions météo ne sont pas favorables aux grandes vitesses. Les six derniers progressaient à moins de 10 nœuds ce matin, dont deux à moins de 5 nœuds – Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve) et Rich Wilson (Great American III). L’Américain suit une route nord-est très à l’écart des chemins suivis par ses prédécesseurs.

Premiers au classement de 5h00
1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 14500 milles de l’arrivée
2- Mike Golding (Ecover) à 72,8 milles du leader
3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 92,1 milles
4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 99,8 milles
5- Sébastien Josse (BT) à 174,5 milles

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En approche du Sri Lanka

Telefonica Blue
DR

Le concurrent espagnol Telefonica Blue, qui tient les avants postes depuis le départ de cette 3ème étape, voit son leadership augmenter lentement mais sûrement d’heure en heure. Tous ses poursuivants ont en effet perdu du terrain, entre deux et treize milles, depuis le dernier pointage, il y a trois heures.

Pour aborder cette mâne vélique qui devrait durer jusqu’à ce que les concurrents laissent le Sri Lanka dans leur sillage, quelques petites options pourraient se dessiner dans la journée pour gérer au mieux la zone d’exclusion à la navigation que les organisateurs ont imposée aux concurrents. En effet, pour parer aux dangers potentiels d’une piraterie émergeant dans la zone, les VO 70 devront laisser les côtes du Sri Lanka à un minimum de 50 milles.

Les options radicales ne seront sans doute pas encore d’actualité sur cette partie du parcours. Il faudra attendre le passage du 82° méridien Est Greenwich, qui marquera l’entrée de la flotte dans le Golfe du Bengale, pour avoir comment les concurrents vont se positionner pour engranger le maximum de points à la porte de passage situé au nord de Sumatra.

Ce troisième segment d’étape, une longue ligne droite de 1 000 milles Ouest-Est, devrait donner du fil à retordre aux navigateurs car il ne faudra pas trop compter sur le vent pour animer les débats jusqu’à ce que la flotte arrive à l’entrée dans le détroit de Malacca.

Positions ce dimanche à 11h

1 – Telefónica Blue à 1 690 milles de l’arrivée

2 – Green Dragon à 5 milles

3 – Ericsson 4 à 5 milles

4 – Puma à 12 milles

5 – Telefónica Black à 13 milles

6 – Ericsson 3 à 20 milles

7 – Team Russia à 27milles

8 – Delta Lloyd à 32 milles

Classement général provisoire au départ de Cochin

1. Ericsson 4:  26 points

2. Telefónica Blue: 19 points

3. PUMA: 18 points

4. Green Dragon: 16 points

5. Ericsson 3: 14.5 points

6. Telefónica Black: 13.5 points

7. Delta Lloyd: 7.5 points

8. Team Russia: 7.5 points

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Deux coups de vent en 24 heures

Maisonneuve
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Depuis 05h35 TU ce matin et le passage de Norbert Sedlacek à la longitude du cap de Bonne Espérance, les 23 concurrents officiellement en course naviguent tous sans exception dans l’océan indien. Or, sur la piste de l’Indien, la route est cabossée et la cavalcade parfois sauvage. Samedi soir, l’arrière de la flotte a enduré un premier coup de tabac. Jean-Baptiste Dejeanty (19e au pointage de 16h00) relatait des vents de 60 nœuds, des surfs à 26 nœuds sous trois ris et trinquette et des vagues grosses comme des montagnes qui guérissent de l’envie de regarder derrière. Malheureusement, ces retardataires seront soumis aujourd’hui au régime de la double peine puisqu’une deuxième dépression encore plus violente (rafales à 65 nœuds, creux de 8 à 10 mètres) devait s’abattre sur eux dans la journée. Il faudra alors oublier la régate et courber l’échine en attendant l’accalmie.

Stamm en approche de Port-aux-Français
La première dépression va remonter toute la flotte, selon le scénario traditionnel du grand sud. Cet après-midi, elle était attendue aux alentours des Kerguelen et devait balayer Bahrain Team Pindar et Roxy, qui ont choisi des routes divergentes (le premier au nord et la seconde au sud) pour passer l’archipel. Samantha Davies, la plus rapide sur l’eau depuis hier, s’est emparée de la 11e place au détriment de Brian. Derrière elle, au pointage de 16h00, Bernard Stamm n’était plus qu’à 3 milles de Port-aux-Français, dans la baie du Morbihan où est mouillé depuis hier son compatriote Dominique Wavre. Quelle que soit la décision de Stamm,l’archipel des Kerguelen pourrait bien être la triste escale de ce Vendée Globe. Raphaël Dinelli qui souffre d’une infection au genou et dont la drisse de grand-voile est toujours endommagée, a évoqué à la vacation la possibilité de s’y arrêter à son tour pour tenter de réparer.

" JP " prend ses distances
Après 35 jours de régate océanique effrénée, bricolage et réparations sont devenus le lot quotidien des marins. Y compris chez les leaders. Michel Desjoyeaux a évoqué des problèmes techniques dont il souffre depuis plusieurs jours ; Marc Guillemot a raconté le remplacement sportif de sa dérive tribord, Yann Eliès frôlé l’onglée en réparant des renforts de pont et Jean-Pierre Dick s’est résolu à un bain de tête glacial pour vérifier la présence d’algues dans ses appendices. Cet épisode vivifiant précédé de plusieurs marches arrière n’a pas empêché le skipper de Paprec-Virbac 2 de larguer ses adversaires à 81 milles de son tableau arrière. Après une nuit à 19 nœuds de moyenne, " JP " attaque aujourd’hui son 7e jour en tête, devant un très solide Mike Golding qui semble avoir trouvé un modus vivendi avec son bateau. Le top 10 s’étire désormais sur 392 milles – contre 140 milles il y a une semaine- et chacun optionne aujourd’hui pour le franchissement de la porte ouest Australie, 310 milles devant. Manœuvres sous spi et changements de voiles sont au menu dans un vent d’ouest de 15 nœuds qui va progressivement fraîchir pour s’orienter au nord-ouest lundi. Mais qu’importe la peine. Ce dimanche, corps et organismes étaient revigorés par la présence d’un soleil éclatant… première apparition depuis l’entrée des premiers dans l’Océan Indien, il y a presque 10 jours.

Les 5 premiers au pointage de 16h00

1- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 14 376 milles de l’arrivée

2- Mike Golding (Ecover) à 81 milles

3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 114,4 milles

4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 115,3 milles

5- Sébastien Josse (BT) à 175,8 mille

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Jean Pierre Dick ne mollit pas

Jean-Pierre Dick qualifié
DR

Comme un métronome, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) imprime le rythme de la course et ce depuis maintenant trois jours quand il a dépassé Sébastien Josse (BT) avant d’aborder le plateau continental des Kerguelen. Avec un placement un peu plus Sud, le Niçois semble bénéficier d’une mer plus régulière pour accélérer puisque son plan Farr s’est adjugé la meilleure distance parcourue en 24h vendredi soir, avec 448,5 milles au compteur ! Et pour enfoncer le clou, au rayon des jours de leadership (hiérarchie fondée sur le classement quotidien de 11h00) sur 32 jours de course, " Jipé " cumulait à ce moment son cinquième jour en tant que premier, derrière Loïck Peyron (16 jours cumulés) et Sébastien Josse (9 jours cumulés), devant Jean Le Cam (VM Matériaux) et Yann Eliès (Generali) qui s’étaient chacun octroyés un jour de leadership…

Bref, la tactique de Dick commence à se dessiner plus précisément, et a posteriori n’est pas si surprenante que cela. Après un Vendée Globe 2004 sur le premier plan Farr de la flotte Imoca et avec lequel il terminait sixième aux Sables d’Olonne, l’ex-vétérinaire s’est consacré corps et âme à ce nouveau défi avec un rigueur très scientifique. La méthodologie n’est pas sans rappeler sa formation universitaire à coup d’enchaînement : compréhension, recherches, tests, validations, confirmation. Pour exemple, son monocoque est parmi ceux de la nouvelle génération, celui qui a cumulé le plus de milles après sa mise à l’eau en Nouvelle-Zélande dès février 2007 : un convoyage par le cap Horn, puis un tour du monde en double victorieux (Barcelona World Race)… On comprend mieux que le Niçois ne soit pas aussi interrogatif sur la capacité de son bateau à tenir le choc sur 24 275 milles !

Toujours poussé par un bon flux de secteur Nord-Ouest, le groupe de tête maintient donc des moyennes supérieures à seize nœuds, voir plus et les écarts se stabilisent à quelques milles près. La " locomotive " Dick tire les dix premiers sur une trajectoire rectiligne vers la porte de sécurité australienne, à environ 1000 milles, soit à ce rythme, un franchissement dès lundi… A noter que depuis vendredi midi, la hiérarchie est figée avec un Mike Golding (Ecover 3) accroché aux basques du leader, et un Marc Guillemot (Safran) qui a dépassé Yann Eliès.

Des " revenants " remontés
Tel un coucou suisse, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) est aussi à l’affût et devrait ce samedi soir, s’adjuger la onzième place au classement. En fait, trois des solitaires qui sont revenus aux Sables d’Olonne pour avarie, ont rattrapé approximativement le même nombre de milles sur la tête de la flotte ! Michel Desjoyeaux (Foncia) n’est plus qu’à 70 milles du premier, soit un gain de 300 milles sur son deuxième départ (370 milles) ; Bernard Stamm avait environ 950 milles de delta lorsqu’il est reparti quatre jours après le coup de canon officiel et n’en a plus que 740 milles (220 milles de gain) ; enfin, Jean-Baptiste Dejeanty (Maisonneuve) qui a réalisé le meilleur temps de cette sixième édition du Vendée Globe entre Les Sables d’Olonne et le cap de Bonne Espérance (24j 09h), concède encore 1800 milles alors qu’il était parti une semaine après avec approximativement 2000 milles d’écart (200 milles de gain)…

Quant à Loïck Peyron (Gitana Eighty), il fait toujours route vers le Nord-Est, en direction de l’Australie, comme le Baulois l’a confirmé vendredi soir, à une vitesse modérée pour cause de ralentissement de la brise sur le 45° Sud. Enfin, Dominique Wavre (Temenos II) qui connaît des problèmes de quille, n’était plus ce samedi matin qu’à quelques dizaines de milles du golfe du Morbihan, en approche des côtes Est des Kerguelen. Il devrait s’abriter devant la station scientifique de Port-aux-Français en milieu de journée.

Classement du 13 décembre à 5h00 :
1- Jean Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 14938 milles de l’arrivée
2- Mike Golding (Ecover 3) à 45,3 milles du leader
3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 48,2 milles
4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 62,9 milles
5- Sébastien Josse (BT) à 111,7 milles

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L’incroyable retour du professeur Desjoyeaux

Michel Desjoyeaux
DR

Pour dire vrai, personne n’aurait imaginé il y a un mois que le vainqueur de 2000 allait revenir dans le match aussi rapidement puisqu’il concédait une semaine après son retour express aux Sables d’Olonne, jusqu’à 670 milles de retard sur le premier du moment : Loïck Peyron… Depuis de l’eau a coulé sous la quille et Michel Desjoyeaux (Foncia) a réalisé un retour express exceptionnel grâce à des conditions météorologiques, certes devenues plus favorables pour les poursuivants, mais surtout grâce à une persévérance et une fougue pour cravacher son bateau qui laisse pantois ! Résultat : dites ” 33 ” et vous voyez un ” revenant ” vous fondre dessus en autant de jours…

Une longue ligne droite
Alors que le premier, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) a choisi une voie plus proche de l’île Heard, taolonné par Roland Jourdain (Veolia Environnement) et Mike Golding (Ecover 3), Michel Desjoyeaux emmène deux autres chasseurs dans ses traces sur une trajectoire qui rase le plateau continental des Kerguelen : Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux). A priori, les deux jours à venir vont n’être qu’une course de vitesse pure dans un flux soutenu de Nord-Ouest et le groupe de tête devrait aligner ses meilleures distances parcourues en 24 heures depuis le départ des Sables d’Olonne le 9 novembre dernier. Un flux puissant de plus de trente nœuds avec rafales, une mer qui va se régulariser après l’archipel, des températures plus douces en remontant vers le 47° Sud, une trajectoire rectiligne : paradoxalement, les solitaires vont pouvoir se reposer (en mettant des boules Quiès !) car il n’y aura pas de manœuvre à faire pendant un bon bout de temps…
Et si le match est toujours aussi intense en tête de flotte, il y a aussi de sacrés duels derrière ! A l’image de celui du trio Yann Eliès (Generali), Marc Guillemot (Safran) et Dominique Wavre (Temenos II) qui bataille sec dans un rayon de moins de vingt milles, en approche des Kerguelen. Trois solitaires au caractère bien trempé qui connaissent le Grand Sud et leurs montures, comme par hasard dessinées par trois architectes différents : là encore, il va être intéressant de voir les différences de vitesse pures sur cette droite des ” Hunaudières ” de 1 300 milles de long… De même, le duel entre Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), lui aussi revenu du diable vauvert, va être palpitant puisque les deux hommes convergent vers le même point (la porte australienne), mais par deux chemins bien différents. Le Britannique semble en effet le seul concurrent à l’heure actuelle, à tenter un passage par le Nord des Kerguelen…

Contre mauvaise fortune
Enfin, Loïck Peyron (Gitana Eighty) fait route rapidement au vu de son gréement de fortune, vers le Nord-Est à plus de dix nœuds : il est déjà à la latitude des îles Crozet sur le 46° Sud, ce qui devrait lui éviter les mauvaises surprises d’une dépression australe. Le Baulois se donne encore la possibilité d’obliquer vers l’Afrique dès que les conditions météorologiques lui permettront de naviguer plus près du vent, mais il conserve l’opportunité de prolonger sa route vers l’Australie-Occidentale (Perth), à 2700 milles…

Classement à 5h00 :
1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac) à 15352,2 milles de l’arrivée
2- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 39,3 milles du leader
3- Roland Jourdain (Véolia) à 43,8 milles
4- Mike Golding (Ecover) à 46,4 milles
5- Sébastien Josse (BT) à 83,2 milles

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Franck Cammas annonce 3 tentatives dont le Jules Verne

Groupama 3 - Franck Cammas
DR

Dans l’ordre, cette année Groupama 3 s’attaquera au record de la Méditerranée entre Marseille et Carthage, puis tentera d’améliorer son propre chrono sur l’Atlantique Nord et enfin se mettra en stand-by début novembre 2009 pour une nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne autour du monde. A noter que ces tentatives et ce calendrier risquent fort d’être strictement les mêmes que ceux du maxi-trimaran Banque Populaire V de Pascal Bidégorry, ce qui peut valoir de beaux duels.. pourquoi pas en temps réel, d’ailleurs ? Il est permis de rêver qu’on pourrait assister en équipage à ce qu’on n’a pu voir en solitaire jusqu’ici entre Francis Joyon et Thomas Coville.

Après une remise à l’eau programmée le 9 février prochain, Groupama 3 effectuera trois semaines de navigation au large de Lorient : « Suite à la rupture du flotteur bâbord, nous avons construit deux nouveaux flotteurs dont les flancs extérieurs sont en carbone pur. Ils sont plus lourds mais aussi plus solides. Afin de ne pas alourdir Groupama 3, le team a beaucoup travaillé dans les autres secteurs pour gagner du poids. Nous y sommes notamment parvenus sur le poste énergie qui sera moins gourmand en consommation et nous permettra d’embarquer moins de gasoil » précise Stéphane Guilbaud, team manager de Groupama.

Pour ce qui concerne la performance, on peut faire confiance à Franck Cammas : « Nous avons travaillé dans le détail, tant sur le pont avec la pose de bâches aérodynamiques déjà éprouvées sur Groupama 2 mais aussi sur l’hydrodynamique et enfin sur l’ergonomie afin de faciliter les manœuvres ».

Paré d’une nouvelle décoration, Groupama 3 va parcourir près de 30.000 milles en 2009. Pour exploiter le formidable potentiel de ce trimaran qui détient déjà quatre records dont les prestigieux records de l’Atlantique Nord en moins de 100 heures et la distance parcourue en 24 heures avec 794 milles, Franck Cammas va constituer un équipage de premier plan : « Nous allons profiter de nos navigations en Méditerranée et en Atlantique pour sélectionner l’équipage du trophée Jules Verne. Si la base est inchangée, certains sont partis sur d’autres projets. Nous embarquerons des marins qui ont déjà fait le tour du Monde et, de préférence, en multicoque » poursuit le skipper de Groupama 3 qui suit avec attention le Vendée Globe.

Pas avare de compétition, Franck Cammas forme également un équipage Groupama qui participera à l’iShares Cup organisée par Mark Turner et Ellen MacArthur : « J’ai déjà participé à deux épreuves en 2007 et 2008 à bord de ces catamarans de 40 pieds. Ce sont des bateaux vraiment vivants, très sensibles. Nous allons régater en France, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre et en Suisse. Tanguy Cariou sera en charge de la constitution de l’équipage et de son entraînement quand je serai à bord de Groupama 3 » précise Franck qui conclut : « Je tiens à remercier Groupama qui nous donne les moyens de nos ambitions pour la douzième année. Mis à part Fleury Michon avec Philippe Poupon, aucun armateur n’a donné autant de sens au mot fidélité. J’en suis très fier et d’autant plus déterminé pour cette année 2009 ».

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Sérieuse avarie de quille pour Temenos II

Dominique Wavre
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La tête de quille est la partie haute du voile de quille située à l’intérieur du bateau. Reliée à deux vérins hydrauliques, c’est le bras de levier qui permet d’anguler la quille et le bulbe d’un côté ou de l’autre du bateau. Dès lors que la tête de quille est cassée, le voile et le bulbe d’environ 3 tonnes qui la prolonge ne sont plus maintenus en position fixe.

Risque de perdre la quille

Dans des creux de six mètres et une mer croisée, le skipper Suisse est conscient du danger de perdre sa quille ou que celle-ci, dans des mouvements désormais incontrôlables, puisse endommager la coque. C’est pourquoi Dominique Wavre et son équipe envisagent tous les scénarios possibles, dont celui d’abandonner le monocoque 60 pieds. Ce n’est pas le cas pour l’instant et Dominique Wavre, après avoir affalé ses voiles et rempli ses ballasts, tente de se diriger à vitesse réduite vers le nord-est, en direction des Kerguelen et de l’Australie.

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Route Kerguelen pour Wavre, leadership pour Dick

Mike Golding - Ecover 3
DR

Le mât dans l’air et la quille dans l’eau sont les talons d’Achille des monocoques de course au large. Ces appendices subissent les efforts du vent et la violence des vagues. Dans les 50es Hurlants, au beau milieu d’un Océan Indien fidèle à sa mauvaise réputation, la mer croisée et les creux de 6 à 8 mètres malmènent les solitaires et leurs montures dans un véritable rodéo nautique. Les avaries successives de Loïck Peyron (Gitana Eighty) mercredi et de Dominique Wavre (Temenos II) ce vendredi surviennent après plus d’un mois de course où le matériel a été mis à rude épreuve par des conditions météorologiques difficiles. Peyron fait désormais route vers l’Australie, à environ 2700 milles au loin, ce qui représente entre 12 et 15 jours de navigation environ. Dominique Wavre pointait en 10e position lorsqu’il a constaté en début d’après-midi que sa tête de quille était cassée. Conséquence : la quille et le bulbe ne sont plus maintenus en position fixe et peuvent, au gré des vagues, osciller dangereusement d’un côté à l’autre. Le skipper suisse navigue actuellement sous voilure réduite (2 ris/trinquette), ballast plein, et espère atteindre la Baie du Morbihan aux Kerguelen samedi vers 10h du matin. L’hiver dernier, Dominique Wavre et sa compagne Michèle Paret avaient fait escale en Nouvelle-Zélande au cours de la Barcelona World Race à cause d’un problème de corrosion sur la quille en acier. Au retour, suite à ces problèmes, l’équipe de Temenos avait décidé d’opter pour une quille en carbone en vue du Vendée Globe.

Record de distance pour Dick

Les options sud de Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Mike Golding (Ecover) se révèlent toujours fructueuses. Le premier occupe les avant-postes depuis dimanche dernier, tandis que le Britannique vient de se hisser en 24h de la 4e à la 2e place. Jean-Pierre Dick a mené la flotte aujourd’hui entre les Kerguelen et l’île Heard, marque de passage obligatoire. Le rythme effréné en tête de course est plus élevé que jamais. Avec 448 milles sur les dernières 24h, à la moyenne de 18,6 nœuds, Jean-Pierre Dick, solide leader, a battu le précédent record de l’épreuve (439 milles pour Roland Jourdain en 2004) et s’approche même à 20 milles du record absolu de distance d’un solitaire sur 24h en monocoque. Un record que détient Alex Thomson depuis 2003 avec 468 milles.

Voix du large…

Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) : « Les conditions sont difficiles, mais j’avance à bonne vitesse. On devrait faire près de 20 nœuds de moyenne aujourd’hui. Il faut ménager sa monture, ne pas casser ce matin. La mer est bleu foncé, la houle présente depuis l’entrée des mers australes et les oiseaux nombreux. C’est un paysage superbe, qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. »

Michel Desjoyeaux (Foncia), à la vacation de 11h : « Ç’a un petit peu molli, après un bon vent ce matin. Je suis dans les perturbations de Kerguelen. Je n’ai pas regardé ce que j’ai fait cette nuit, car j’ai trop dormi et je suis allé dans la mauvaise direction. J’ai fait sécher mon linge ce matin. Je pense qu’il ne va pas se passer grand chose avant l’Australie. J’ai failli partir à la chasse à la baleine. Tout à l’heure, il y avait deux bestioles devant moi qui ne voulaient pas se laisser rattraper. »

Sébastien Josse (BT) : « Tout va bien. Nous sommes poussés par des vents un peu plus réguliers à 28-30 nœuds. Faire des moyennes de 19 nœuds ne m’intéresse pas. Plonger vers le sud et voir des glaçons non plus. La route est encore longue, mon retard relatif et l’important est de préserver le matériel. Le problème est l’humidité plus que le froid. Je porte des gants à l’intérieur du bateau. »

Dominique Wavre (Temenos II) : « Ici, tout est froid. La mer est creusée, près de six mètres… On fait des aquaplanings sur les vagues, à plus de 20 nœuds, même à 30 nœuds une fois… Le ciel est gris avec des percées de soleil. Ça réchauffe un peu l’intérieur de la cabine. Pour pallier le bruit à l’intérieur, j’écoute des émissions de radio sur mon iPod. Je rigole tout seul dans ma cabine aux blagues de Laurent Ruquier. Je barre extrêmement peu, juste un quart d’heure le temps des manœuvres sur les voiles, puis je laisse le pilote. Comme l’eau est à 3°C, rapidement, si on barre, on n’a plus de sensations dans les mains. J’ai d’ailleurs toujours des petites chaufferettes dans les poches. »

Loïck Peyron (Gitana Eighty) : « J’avance assez rapidement sous gréement de fortune. La bôme est verticale, j’ai un petit foc devant et le dernier morceau de grand-voile intact derrière. Je vais le plus au nord possible et décidé aujourd’hui si je vais vers l’Afrique du Sud ou l’Australie. On a peut-être une solution de remorquage vers l’Afrique du Sud. Mais pour l’instant, je fais une route à 90° à cause du vent. La vie continue. C’est l’occasion de finir ma grande bibliothèque du bord. Ça aide à passer les heures un peu longues. C’est assez difficile de dormir. Le bateau est moins confortable qu’avec le mât. Ça secoue énormément. »

Sam Davies, (Roxy) : « Il fait beau. Le soleil brille et le ciel est bleu. J’ai eu pas mal de vent, 35-40 nœuds, pendant la nuit. Des surfs impressionnants. J’essaie de voir comment progresser plus rapidement. J’empanne pour anticiper le passage entre Heard et les Kerguelen. Parfois c’est assez musclé ici. »

Dee Caffari (Aviva) : « Le mauvais temps arrive toujours la nuit. C’est toujours plus terrifiant comme cela ! C’était surtout l’état de la mer qui était méchant. Le problème pendant les manoeuvres est que les rafales et les vagues agissent ensemble pour créer une mer désordonnée. »

Steve White (Toe in the Water) : « J’ai tout simplement oublié que la porte des glaces avait été déplacée. La première fois en remontant vers le nord, j’ai failli la franchir, car j’étais seulement douze milles plus au sud. Par la suite en me rendant compte de mon erreur j’ai pu remonter. Sinon, j’aurais été puni comme le mauvais garçon de la classe. »

Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve) : « ça caille ! Sinon, je me suis battu deux heures cette nuit avec mon gennaker. Ensuite, mon pilote s’est arrêté et le bateau a viré tout seul. Je me suis retrouvé à contre, le bateau couché à 90°, avec tout du mauvais côté. J’étais dans mon sac de couchage, pas habillé. Ça fait un peu bizarre… »

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) : « Je suis en pleine dépression, dans une mer croisée très forte. J’ai trois ris dans la grand-voile et la trinquette. Je vais faire le gros dos. La situation est assez complexe pour nous. C’est très dur de tenir un cap avec des mers aussi croisées. »

Les premiers au pointage de 16h : 
1- Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) à 15164 milles de l’arrivée
2- Mike Golding (Ecover) à 46,2 milles du premier
3- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 51 milles
4- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 66,1 milles
5- Sébastien Josse (BT) à 106,4 milles

Séléction internationale de 16h00: 
10- Dominique Wavre (Temenos II) à 279,9 milles
12- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 663 milles
13- Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) à 670 milles

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Jean-Pierre Dick reprend les commandes

Paprec-Virbac 2
DR

Toujours aussi incisif, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), a repris les commandes à la faveur de la nuit. Pointé à plus de 17 nœuds de moyenne, le navigateur niçois montre qu´il ne faut pas compter sur lui pour changer de tempo et adopter un rythme moins endiablé. Dans son sillage, Roland Jourdain (Veolia Environnement) et Sébastien Josse (BT), sont à 35 milles, sont sous la menace directe d´un certain Michel Desjoyeaux… qui pourrait bien monter sur le podium provisoire à la faveur de la journée. Déjà tout près de Mike Golding (Ecover), le navigateur de Port-la-Forêt montre qu´il a encore suffisamment d´appétit pour s´attaquer à quelques autres gros morceaux. D´autant que d´ores et déjà, Michel n´a pas grand-chose à perdre : qu´il arrive à maintenir la cadence et il entrerait dans la légende du Vendée Globe. Qu´il soit contraint de rentrer dans le rang, il restera, de toutes les manières, l´auteur d´une des plus belles courses-poursuites jamais enregistrées dans un tour du monde. A près de 50 milles derrière, Jean Le Cam (VM Matériaux) mène un petit groupe qui reste sur une position d´attente entre besoin de rester dans la course et souci de préserver le matériel. Au regard du retour flamboyant de Foncia qui focalise toute l´attention, ce n´est certainement pas la position la plus confortable…

Le peloton de queue, lui, s´apprête à faire le gros dos : des vents de 45 à 50 nœuds avec rafales entre 55 et 60 attendent les navigateurs solitaires dès leurs premiers jours dans l´Océan Indien. Dans ce genre de cas, il ne s´agit plus de faire le malin : la meilleure façon de passer entre les gouttes est de se faire le plus humble possible, de faire face sans en remontrer… On ne vient pas tirer la queue du malin quand il a décidé de vous faire danser la sarabande.

PFB

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