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Mathieu Richard en tête du Championnat du Monde

Mathieu Richard
DR

Décidément, l’australien Peter Gilmour – ce « vieux requin » comme le surnomme Marc Bouet – est en passe de devenir la bête noire de l’équipe de France. L’an dernier, lors de la dernière épreuve du circuit, il avait ruiné les espoirs de Sébastien Col de devenir champion du monde grâce à une manœuvre de lancée de spi vers la ligne d’arrivée aussi inédite que litigieuse. Cette fois-ci, il n’a pas eu besoin de tels artifices pour empêcher Mathieu Richard d’ouvrir son compteur de victoire dans le WMRT. Gilmour a en effet remporté, cet après-midi, la finale du Match Cup Sweden par 3 à 0. La seconde place de Mathieu Richard, associée à la contre-performance de Minoprio et Williams, permet cependant au nantais de s’emparer de la tête du classement provisoire d’un championnat du monde qui en est à sa mi-temps.
Cette défaite en finale a constitué la seule fausse note d’un récital tricolore jusqu’à là parfaitement exécuté. L’équipe de France aura ainsi placé trois de ses membres en demi-finale ! Outre Mathieu Richard, Damiel Iehl, a ainsi confirmé qu’il mériterait cent fois de pouvoir jouer le titre mondial à armes égales avec ses adversaires et Sébastien Col s’est pleinement retrouvé. A ce trio, il faut ajouter Philippe Presti qui s’était hissé jusqu’aux quarts de finale où il s’inclina 3 manches à une devant son compatriote Mathieu Richard. Car tant de qualité implique évidemment des duels fratricides comme l’a également illustré celui de la demi-finale opposant Richard et Col. Le match fut magnifique et serré : 3 à 2 au final pour Richard. Dans l’autre, Damien s’inclina de son côté par 3 à 0 devant « the french killer » Peter Gilmour (« un score sévère qui ne reflète pas vraiment le match » dira Marc Bouet). Et la dernière confrontation franco-française du Match Cup Sweden a vu, en petite finale, Sébastien Col s’adjuger la 3ème place devant Damien Iehl par 2 manches à une. Damien Iehl garde sa 6ème place au classement du WMRT et Sebastien Col, 8ème, en a gagné quatre.
Prochaine manche : le St Moritz Match Race du 1er au 7 septembre.
 
Le Match Cup Sweden concernait également les femmes. Comme à leur habitude, Claire Leroy et son équipage ont commencé par accumuler les victoires. Mais en voile, les « jours-sans » existent aussi : pour Claire c’était ce vendredi 3 juillet où elle subit trois défaites, échouant ainsi aux porte des demi-finales. Tout ce beau monde – dont l’australienne Katie Spithill vainqueur ici devant Anna Kjellberg – se retrouvera dans un mois au Mondial féminin à Lysekill, un fjord situé seulement à 150 km au nord de Marstrand. Parions qu’il y aura de la revanche dans l’air pour Claire.

Ils ont dit

Mathieu Richard : « Le bilan est plutôt positif sur le plan de la manière et sur le plan comptable. Nous avons été costauds toute la semaine en sortant Philippe (Presti) en quart, en remontant Sébastien (Col) en demi alors que nous étions menés 2 à 0. Nous avons des regrets mais aujourd’hui Gilmour était très fort, rapide et faisant les bons choix. Nous n’avons peut-être pas été parfaits mais sans non plus faire beaucoup d’erreurs. Sur cinq épreuves du WMRT on atteint à quatre reprises les demi-finales. C’est bien, cela prouve notre régularité au plus haut niveau et nous permet de prendre la tête du classement provisoire. Mais nous avons qu’il faut gagner car seuls les cinq meilleurs résultats compteront avec la dernière épreuve en Asie. ».
 
Sébastien Col : « On échoue d’un cheveu pour la finale. Mais on s’est bien concentrés de nouveau pour la petite finale. On a retrouvé notre niveau, cela faisait longtemps, en fait depuis la Monsoon Cup l’année dernière. On va voir ce que ça donne pour la seconde moitié de la saison. »
Damien Iehl : « Nous sommes un peu déçus par cette dernière journée car on passe un peu à travers. On a été moins bon que d’habitude dans nos choix. On se retrouve deux fois devant Gilmour et on choisit à chaque fois le mauvais bord. Contre Sébastien en petite finale ont est à un partout et on fait de nouveau un  mauvais choix dans la troisième manche. Sinon le bilan reste excellent. Nous avons eu le droit de disputer trois manches du WMRT et à chaque fois on entre en demi-finale ! Notre fonctionnement marche bien. Reste que c’est rageant de ne pouvoir disputer notre chance normalement. Il faudrait un règlement qui respecte davantage la hiérarchie sportive. Nous sommes 6ème et nous ne savons même pas si nous pourrons disputer une épreuve dans la seconde moitié du championnat ! »

Marc Bouet, entraîneur de l’équipe de France, décrit la finale et la petite finale et dresse le bilan de l’épreuve
« Sans doute un gros bug dans la nuit suédoise : au réveil ce matin, pluie, ciel gris et vent du sud.
Tout faux après une semaine météorologique parfaite ave ciel bleu, canicule suédoise (c’est-à-dire l’idéal autour de 25°) brise dans l’axe du fjord.
Faible brise du sud, en travers du fjord ce qui contraint le comité à faire des parcours très courts avec 3 tours dans un vent très instable en force et direction.

PETITE FINALE  COL-IEHL
Match 1  à l’avantage de Damien qui prend la droite au départ et maintiendra quelques mètres d’avance tout au long du match.
Match 2 : Col prend la droite mais touche la marque de départ : pénalité. Tout le match devant, Sébastien peut faire sa pénalité et gagner : 1-1.
Match 3 : Col prend la gauche et l’avantage pour remporter la 3ème place aux dépens de Damien Iehl 4ème.
FINALE  RICHARD-GILMOUR
Match 1 : Superbe départ des français qui prennent l’avantage. Gilmour reviendra au contact 2 fois par la gauche du plan d’eau. Au 2ème près, Mathieu arrive de la droite vire pour un « slam dunk » lent  un peu tardif. Gilmour a le temps de revirer pour imposer son tribord. Mathieu ne répond que mollement, pénalité et victoire de Gilmour. Encore une cartouche gaspillée…
Match 2 : la droite et l’avantage pour Gilmour. Les français au contact au 1er vent arrière grâce à une superbe manœuvre d’envoi de spi-empannage au vent, mais Peter les bloque dans le coin gauche du plan d’eau et garde le leadership à la marque sous le vent : 2-0
Match 3 : Les français prennent la droite plus vite. Ils poussent l’option à fond pour passer en tête au vent puis à la marque sous le vent. Au 2ème près, les français laissent trop d’espace à Gilmour sur la gauche. Il revient au contact. Phase d’arrêt : les 2 bateaux sont à égalité à la marque au vent. Gilmour parvient à repasser devant pour s’imposer 3-0.

Bilan rapide à chaud : Cette dernière journée n’est pas satisfaisante. Gilmour 6 – Français 0. Et ce alors que les français ont mené dans 4 matches.. On ne peut se faire passer ainsi à ce niveau et espérer gagner. Nous avons à mon avis plus perdu que Gilmour a gagné. Encore une fois une décision litigieuse des arbitres a pesé en faveur de Gilmour mais ce n’est pas une explication suffisante lors du 1er match de la finale.
On pourrait proposer : imposer l’âge de la retraite pour les skippers de match racing à 50 ans, c’est un métier très exigeant et cette demande doit pouvoir être justifiée. Cela aurait l’intérêt de nous débarrasser de Gilmour dès l’année prochaine…
En positif, Mathieu Richard reprend la tête du World Tour, ce qui est déjà bien."

Résultat Match Cup Sweden Hommes : 
1er – Peter Gilmour (Australie)
2ème – Mathieu Richard (Equipe de France – APCC Voile Sportive) avec Greg Evrard (APCC Voile Sportive), Jean-Marie Dauris (CV Arcachon), Olivier Herledant (APCC Voile Sportive), Devan Le Bihan (CN Lorient)
3ème – Sébastien Col (Equipe de France – YCPR) avec Gilles Favennec (SN St Quay Portrieux), Christophe André (YCPR), Erwan Israël (COYCH) et Christian Scherrer (YCPR).

Classement général – ISAF Match Racing World Championship
(Après 5 épreuves disputées sur 10) :

1. Mathieu RICHARD (FRA), French Match Racing Team/ French Team Spirit, 68 points
2. Adam MINOPRIO (NZL), Emirates Team New Zealand/Black Match Racing, 61 points
3. Peter GILMOUR (AUS), YANMAR Racing, 56 points
4. Torvar MIRSKY (AUS) Mirsky Racing Team, 54 points
5. Ian WILLIAMS (GBR), Bahrain Team Pindar, 49 points
6. Damien IEHL (FRA), French Match Racing Team, 44 points
7. Ben AINSLIE (GBR), Team Origin, 40 points
8. Sebastien Col French Team/K-Challenge France,33 points
9. Paolo CIAN (ITA), Team Shosholoza, 31 points
14 Philippe Presti French Team/French Spirit, France.

Les Sables-Horta-Les Sables, c’est parti

Les Sables Les Açores
DR

 A la bouée de dégagement du parcours côtier, le beau temps était revenu, comme un retour de printemps et ceux qui avaient su le mieux lire le plan d’eau, CG Mer, Entreprendre en coopérative et ZED 4 prenaient les commandes. Pour d’autres la litanie des petites avaries commençait, obligeant même l’équipage d’Appart City à revenir au port.Les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. En 2007, Yvan Noblet avait emporté de fort belle manière Les Sables – Madère – Les Sables en réalisant un sans faute sur son plan Julien Marin. L’édition 2009 commence de la pire des manières puisqu’il doit d’entrée faire un retour au port suite au bris de son bout-dehors. De même, on attendait que Giovanni Soldini frappe d’entrée avec la présence à son bord de Karine Fauconnier ; de fait, l’équipage de Telecom Italia s’est retrouvé relégué dans le ventre mou du classement : un départ moyen, un bord de près difficile, des manœuvres qui manquaient encore de fluidité, le parcours côtier témoignait qu’il faudrait encore quelques milles avant que l’équipage ne prenne ses repères…
De même l’équipage de Keysource payait un mauvais choix tactique au départ. Mais le duo, particulièrement incisif sur les passages de marque et les manœuvres n’avait visiblement pas l’intention d’en rester là… Dans ces conditions, d’autres que l’on n’attendait pas toujours à pareille fête, en ont profité pour prendre la poudre d’escampette et jouer un tour à leur façon dès le signal de départ. En bout d’une ligne favorable bâbord, c’est le tandem Bilbot – Le Vourc’h (ZED 4) qui prenait le meilleur départ, déjà suivi comme son ombre par David Consorte et Arnaud Aubry (Courrier de l’Odet) ainsi que le duo Olivier Grassi – Eric Galmard (Grassi Bateaux). La remontée jusqu’à la bouée de dégagement se résumait à une protection du côté gauche du plan d’eau pour le groupe de bateaux partis à la bouée. A ce petit jeu, quelques équipages se détachaient tels les Espagnols de Tales de même que Wilfrid Clerton et Loïc Lehelley (CG Mer). Les deux compères s’offraient même le luxe d’un dernier petit bord en tribord amure et profitaient de leur droit de priorité pour souffler la tête de flotte à Entreprendre en coopérative et ZED 4.
 
Petits pépins matériels
 
Le bord sous spi pour redescendre vers la bouée de Nouch Sud montrait qu’il manquait encore certains automatismes, que la transition entre vie à terre et harmonie en mer demande quelques périodes d’adaptation. Malgré le temps de demoiselle, plusieurs bateaux éprouvaient encore des difficultés de manœuvres : spi chaluté sur Destination Calais comme sur Entreprendre en coopérative, manœuvres parfois hasardeuses, on sentait bien qu’il restait encore quelques scories du confort terrestre et qu’il allait falloir un peu de temps avant de rentrer totalement dans le vif du sujet. Ce n’est pas le manque d’expérience des équipiers concernés qui peut expliquer les quelques avanies subies par ces bateaux. Mais peut-être plus sûrement, une certaine déconcentration trop évidente en face de conditions météorologiques pour le moins propices à la flânerie… Les régatiers tels l’équipage espagnol de Tales Gonzalo Botin – Alvaro Lopez-Doriga ou les Méditerranéens d’EDF Energies Nouvelles, David Augeix et Jean-Claude Turpin démontraient que le petit temps peut aussi être incroyablement sélectif… A l’issue du parcours de dégagement, certains outsiders trop contents de pouvoir tirer leur épingle du jeu pouvaient se dire que les milles gagnés lors du parcours côtier ne seraient plus à prendre. Il reste que la route est encore longue vers les Açores.
 

Classement à l’issue du parcours côtier :

1 – FRA 64 CG Mer (Clerton – Lehelley)
2 – BEL 81 Zed 4 (Bibot – Le Vourc’h)
3 – ESP 65 Tales (Botin – Lopez-Doriga)
4 – FRA 45 EDF Energies nouvelles (Augeix – Lehelley)
5 – FRA 47 Grassi Bateaux (Grassi – Galmard)
6 – FRA 68 PLAN Les enfants changeront le monde (Lazat – Aubrun)
7 – ITA 55 Telecom Italia (Soldini – Fauconnier)
8 – ITA 69 Courirer de l’Odet (Consorte – Aubry)
9 – GBR 42 Keysource (Worswick – West)
10 – FRA 71 Rev’86 Fantasy forest (Bazin – Grinda)

Le catamaran d’Alinghi dévoilé

Catamaran Alinghi
DR

Grant Simmer, coordinateur du design team: “Tout d’abord ce bateau n’existe que grâce à l’engagement sans faille d’Ernesto Bertarelli dans l’équipe et à son soutien et à son enthousiasme pour ce projet. Ce multicoque est une démonstration du talent et de la créativité des designers ainsi que du dévouement du chantier et de l’équipe technique qui ont su construire un bateau aussi complexe et résoudre les nombreux problèmes auxquels ils ont été confrontés. Enfin plus récemment, l’implication de l’équipe navigante a permis de définir un grand nombre des systèmes à bord. Ils ont travaillé avec les designers pour trouver les solutions les plus simples et les mieux adaptées à un bateau déjà très complexe".

Rolf Vrolijk, premier designer: “Les gens qui découvrent le bateau pour la première fois sont surpris de voir à quel point il a l’air léger et fragile. C’est vraiment leur première impression. Pour créer ce bateau il a fallu un énorme travail d’équipe, que ce soit pour le design ou pour la construction. Son concept représente tout le potentiel de notre équipe. Nous avons réussi à aller aussi loin que nous le voulions et ce bateau est avant-tout une base pour d’autres aménagements à venir. Au cours des prochaines semaines, nous allons réunir un maximum d’informations pour les comparer avec les prédictions et commencer à optimiser le bateau. Nous avons plusieurs possibilités de faire évoluer le concept mais nous devons tout d’abord avoir une base solide sur laquelle commencer nos recherches.”

Murray Jones, stratège et responsable du programme gréement et mât au sein du design team: “Ce multicoque n’a rien à voir avec tout ce que vous connaissez chez les bateaux de grande taille. Il est en fait comme un petit bateau mais en version agrandie. C’est un catamaran finement conçu et très léger. Un véritable chef d’oeuvre. Alinghi 5 est une évolution de bateaux suisses comme le 41 pieds "Le Black". Le concept de base pour ce qui est de l’ingénierie vient d’ailleurs de ce bateau mais tout le reste est une création du design team d’Alinghi qui est parti d’une page blanche, sans idée préconçue sur les multicoques. Nous avons commencé à le dessiner et à le construire et parallèlement nous avons fait beaucoup de sorties en mer et de tests sur "Le Black" et en Décision 35, donc nous avons repris quelques idées issues de ces bateaux. Le concept, le design et la construction sont basés sur une question simple qui est de savoir ce dont nous avons besoin pour courir le Deed of Gift Match, une épreuve en aller-retour de 20 milles? Nous n’avons pas du tout pris en compte l’autre équipe et nous nous sommes concentrés sur ce qui rendra notre bateau plus rapide. C’est une énorme tâche pour un design team relativement petit. Nous verrons bientôt le résultat.”
 
Informations sur le bateau
Type de bateau : Catamaran en matériaux composite carbone
Lieu de construction : Alinghi Villeneuve + Décision Corsier, Suisse
Longueur à la flottaison : 90 pieds
Heures de travail nécessaires à la construction: 100,000 heures
Surface de carbone utilisée : 30,000m2

Départ aujourd’hui de la plus grande étape

Courrier Dunkerque - Daniel Souben
DR

Les 23 équipages du Tour de France à la Voile ont enfin trouvé des conditions idéales pour régater et pour assurer le spectacle !  Hier, le vent a en effet soufflé jusqu’à 15 nœuds à Saint-Quay et a permis au comité d’enchaîner trois manches. Le total de manches courues depuis le début de ce TFV est donc de 10 et les équipages ont pu hier soir, conformément aux instructions de course, enlever leurs deux plus mauvaises manches. Dans les conditions du jour, Courrier Dunkerque impose son expérience. L’équipage du Nord remporte une manche et termine 6ème et 2ème des deux autres. Il reprend hier soir la tête du classement général Honda et devance Nouvelle Calédonie de sept points. Notons aussi les victoires de Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo, qui reprend la tête du classement amateur Malongo et complète le podium du classement général. Manche – Basse Normandie remporte aussi une manche et est ce soir 9ème du général. Et c’est CSC – HEC – Ecole Navale qui, avec ses 11ème, 6ème et 10ème place, s’empare de la tête du classement étudiant CSC.
Aujourd’hui sera l’un des grands tournants de ce Tour de France à la Voile 2009 puisque les 23 Farr 30 s’attaqueront à leur « étape de montagne », le tour de Bretagne. 240 milles qu’ils devraient parcourir dans de belles conditions. Un vent d’Ouest Sud Ouest de force trois est annoncé. Cette manche de coefficient trois pourrait redistribuer les cartes si les outsiders, comme les équipages de Purflo – Les Thermes Marins – Saint Malo ou BRED, respectivement 3ème et 4ème du général provisoire viennent jouer les troubles fêtes. Ces derniers, menés par Eric Drouglazet, ont déjà fait parler la poudre lors du ralliement entre Dunkerque et Dieppe. A moins que la surprise ne vienne des plus jeunes…  Certains équipages étudiants ont aussi montré leur ardeur en venant perturber les « grosses écuries » comme CSC HEC Ecole Navale, on l’a dit ou Brest Grandes Ecoles qui s’est imposé entre Dieppe et Saint Cast… C’est à 10 heures demain que tous s’élanceront pour la Trinité sur Mer, port qui n’avait pas accueilli le TFV depuis 1983.  

Récit de la première manche du jour :
Une première course est lancée à 11 heures 15 dans six nœuds de vent de Sud Ouest. Faux départ : la flotte repart sous pavillon noir. Manche – Basse Normandie prend la tête dès le premier dog leg et creuse son avance jusqu’à la ligne d’arrivée. Après un premier bord de spi très serré, le parcours est modifié et la bouée au vent est mouillée au 200 au lieu du 140. Manche – Basse Normandie, mené par Nicolas Jossier, s’impose sur cette première manche. Il est suivi de BRED, deuxième, et de l’équipage local de Côtes d’Armor, troisième.
1 – Manche Basse Normandie ; 2 – BRED ; 3 – Côtes d’Armor ; 4 – Nouvelle Calédonie ; 5 – Val Thorens

Récit de la deuxième manche du jour :
La deuxième manche, une banane classique lancée dans un vent forcissant, est plusieurs fois retardée. La procédure est d’abord interrompue pour évacuer une équipière de Val Thorens. La jeune fille, victime d’un lumbago suite à une chute sur le bateau, est ramenée à terre par un zodiac des Affaires Maritimes. Lorsqu’à 13 heures 45, la compétition reprend, la flotte coupe la ligne trop tôt à deux reprises et le comité doit recommencer la procédure sous pavillon noir. Ville de Genève – Carrefour Prévention vole le départ et est disqualifié. Le vent, très variable, bascule lors du premier bord de spi. Les concurrents terminent le bord au près ! Le comité de course décide alors d’annuler la manche pour en relancer une peu après. On remarquera le spi déchiré de Val Thorens, qui a demandé à continuer la course malgré l’absence de son équipière.
La deuxième tentative sera la bonne. Le vent qui souffle désormais à 15 nœuds au Nord voit les favoris revenir au classement. Courrier Dunkerque claque la manche avec brio, Toulon Provence Méditerranée – COYCH est deuxième et Nouvelle Calédonie troisième. Elcimaï – Ville de Marseille, troisième à la première bouée au vent, termine 4e.
1 – Courrier Dunkerque ; 2 – TPM COYCH ; 3 – Nouvelle Calédonie ; 4 – Elcimaï Ville de Marseille ; 5 – Espoirs Ile de France

Récit de la troisième manche du jour :
Les conditions météorologiques étant décidemment favorables, une troisième manche est lancée. Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo prend rapidement la tête. Menés par François Lebourdais et Pierre Hingant, les Malouins remportent la manche devant Courrier Dunkerque et INSA – Sopra.
Puisqu’un total de dix manches a été couru, les deux plus mauvais résultats de chaque équipage sont désormais retirés. Cette règle modifie le classement général : le vainqueur 2008, Courrier Dunkerque, prend la tête. Nouvelle Calédonie, deuxième au général, devra donc remettre le spi rouge Honda du leader à l’équipage de Daniel Souben. 31 points derrière, Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo, troisième au général et premier au classement amateur Malongo. CSC – HEC – Ecole Navale (7e au général) mène le classement étudiant CSC.
1 – Purflo Les Thermes Marins Saint Malo ; 2 – Courrier Dunkerque ; 3 – INSA Sopra ; 4 – Elcimaï Ville de Marseille ; 5 – Val thorens

Interviews :
Pierre Hingant, skipper de Purflo – Les Thermes Marins – Saint-Malo :
« Nos deux premières manches n’étaient pas terribles, mais nous avons fait une belle dernière manche et nous retrouvons le sourire en fin de journée. Nous avons fait un très mauvais départ, mais nous avons pris la droite du plan d’eau et ça a payé dès le premier bord où nous avions quasiment un dog leg d’avance sur Courrier Dunkerque.
Ce soir, bon petit repas et dodo très tôt pour être en forme demain. Rentrer dans les cinq sur le tour de Bretagne nous ferait bien plaisir !»

Daniel Souben, skipper de Courrier Dunkerque :
« Les conditions de la manche deux et trois étaient plus régulières et les grosses écuries ont sorti leur jeu. Nous avons montré que nous sommes compétitifs dans ces conditions-là et sommes revenus sur Nouvelle Calédonie. Nous limitons la casse sur la première manche et faisons presque un sans-faute sur les deux dernières.
Avec les deux manches à supprimer, nous sommes en avance sur notre tableau de marche 2008, qui est plutôt une bonne référence !
Pour préparer la navigation de demain, notre navigateur s’est reposé aujourd’hui. Nous annoncerons demain un autre changement d’équipage ! »

Régate intense à Hyères

IShares Hyeres
DR

Avec

un vent variable en force, oscillant entre 5 et 10 nœuds, la partie ne

s’annonçait pas facile et comme le notait Franck Cammas en direct du

plan d’eau avant les courses de l’après-midi, "il va falloir être bons

dans les relances et fluides dans les manœuvres." Le flux s’est

cependant renforcé pour atteindre une dizaine de noeuds et devenir

raisonnablement régulier. Dès l’entrée en matière, Gitana Extreme –

Groupe LCF Rothschild menait les débats, ayant manifestement réglé le

bateau après avoir souffert hier d’un déficit de vitesse, s’attendant

comme la plupart des équipes à de la brise. La mauvaise nouvelle du

jour aura bien sûr été l’accrochage entre Renaissance et Ecover, ce

dernier refusant un tribord et percutant le safran bâbord du catamaran

de Peyron. Celui-ci parvenait néanmoins à terminer la première course

en seconde position, mais le verdict n’allait pas tarder à tomber : la

cassette de safran et la barre de liaison étaient trop endommagées pour

envisager de reprendre la course cet après-midi. Comme on l’a vu, cet

incident allait avoir des répercussions sur le classement général.

Entre

bons coups et passages à vide, Groupama a pu momentanémant remonter au

provisoire (second à l’issue de la première course) mais se retrouve ce

soir en 5ème position. La bagarre aura surtout été intense entre Gitana

Extreme – Groupe LCF Rothschild, BMW Oracle Racing et Masirah (Oman

Sail), tandis que l’équipage d’Holmatro montrait une meilleure forme

qu’hier. A la faveur d’un vent forcissant, atteignant près de 15

noeuds, Carolijn Brouwer et ses hommes semblaient plus à l’aise que

dans les petits airs et reviennent donc non loin de BT (7ème), en 8ème

position. Les débats restent difficiles à suivre pour Ecover, iShares

et Luna – Le Grenelle de la Mer, même si l’équipe française se sera

montrée inspirée sur certains départs.

Loïck Peyron explique…
"Techniquement,

l’affaire est un peu compliquée puisque la tête de safran et la barre

sont cassées. C’est pour ça que j’ai fini la manche en barrant debout à

l’arrière du flotteur, pour contrôler le safran bâbord avec un morceau

de barre entre mes jambes, tandis que je contrôlais le safran tribord

avec l’autre main et l’autre morceau de barre… puisqu’ils n’étaient

plus solidaires !"

L’arme secrète de BMW Oracle Racing?
Arthur

Baurre, 11 ans, second des championnats de France d’Optimist, était à

la barre de l’Extreme 40 BMW Oracle Racing hier lors du run chronométré

de la parade précédant les courses officielles. James Spithill, skipper

de l’équipe américaine, a déclaré : "Il a barré durant toute la parade.

Notre niveau de Français est très mauvais, il a compris le bateau bien

mieux qu’il ne nous a compris ! Il s’en est très bien sorti, et après

la journée que nous avons eue hier mon équipage se demande s’il n’est

pas meilleur que moi. Peut-être qu’il recevra un coup de fil et une

offre d’emploi, suivant la façon dont les choses se passeront pour nous

aujourd’hui ?"

🔒 Sierra Echo relève le défi !

Octo Finance
Octo Finance

D´ici quelques jours, Pierre-Yves Moreau et Benoît Lequin vont se lancer dans un défi totalement inédit. De la Statue de la Liberté jusqu´à la base de Kéroman à Lorient, ils vont traverser l´Atlantique sur un catamaran non habitable de 20 pieds. Pour soutenir leur projet et garantir leur sécurité tout au long de la traversée, Sierra Echo met à disposition d´Ocean Express le dispositif d´électroluminescence SAIL LIGHT ainsi qu´une balise de tracking et deux balises de détresse personnelles.

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Espoirs Île de France s’illustre à Saint Cast

Tour de France - Espoirs Île de France
DR

Cette régate en baie a été remportée par les amateurs du bateau Espoirs Île de France suivis des étudiants de CSC HEC Ecole Navale et TU Delft. A l’arrivée de cette manche, la flotte est partie en convoyage – comprenez au moteur – jusqu’à Saint-Quay.

Le départ de cette manche banane classique est donné à 13 heures 50. Les 23 Farr 30 prennent un bon départ. Le parcours est mouillé au 40° pour 1,1 milles. Dans cinq à six nœuds de vent, la course est particulièrement tactique. Brest Grandes Ecoles enroule en tête la première bouée au vent, suivi d’Espoirs Île de France et de CSC – HEC – Ecole Navale. A la première porte sous le vent, les Franciliens, menés par Jean-Pierre Nicol, dépassent l’équipage brestois de Loïc Le Garrec. Le vent tourne et un changement de parcours est annoncé : la bouée au vent est mouillée au 50° et le dog leg réduit à une seule marque. A l’arrivée, les amateurs d’Espoirs Île de France claquent leur première manche ! Une victoire qui les classe 5ème au général et leaders du classement amateur Malongo. L’équipage CSC – HEC – Ecole Navale d’Hervé Gautier termine deuxième et les Hollandais de TU Delft troisième.

Nouvelle Calédonie se classe 4ème de la manche et conserve le spi rouge de leader du classement général Honda pour la 5ème journée consécutive ! Chez les étudiants, les vainqueurs de la manche de ralliement entre Dieppe et Saint Cast, Brest Grandes Ecoles, confirment en terminant 6ème. Ils se maintiennent en tête du classement étudiant CSC et occupent la 4ème place du général. Courrier Dunkerque, 5ème de la manche, continue de talonner le leader et c’est Toulon Provence Méditerranée – COYCH qui occupe la troisième marche de ce podium général provisoire.

La flotte du 32ème Tour de France à la Voile devrait arriver Saint-Quay-Portrieux vers 19 heures ce soir. Au programme demain : un ou plusieurs parcours banane. La Baie de Saint Brieuc sera la dernière escale avant la grande étape du tour de Bretagne dont le départ sera donné dimanche matin. Il s’agira d’être le meilleur sur les 240 milles qui séparent Saint-Quay de la Trinité sur Mer.

Résultats de la manche du jour 3.1 :

1 Espoirs Ile de France PAHUN Jimmy
2 CSC HEC Ecole Navale GAUTHIER Hervé
3 Tu Delft SCHANDEVYL

Rappel du classement général provisoire avant jury après la banane 3.1 de Saint Cast :

1 Nouvelle-Calédonie DREANO Ronan 49
2 Courrier Dunkerque SOUBEN Daniel 67
3 Toulon Provence Méditerranée – COYCH HENRY Fabien 85

Cent trente monotypes à Santander

Championnat du monde J80
DR

Du jamais vu en voile habitable française: 32 équipages français se déplaceront à Santander pour disputer le championnat du Monde des J/80, une preuve du dynamisme de la classe française. Il faut dire que le challenge est intéressant à relever. En 2007 à la Trinité-sur-Mer et en 2008 à Kiel, les espagnols également friands du monocoque de 8 mètres, avaient gagné le Mondial. Alors, les meilleures équipes françaises iront en Espagne pour essayer de frapper fort et de démontrer leur efficacité à bord des J/80.

Les teams de l’Ecole navale seront évidemment présents avec toujours un haut niveau embarqué. Luc Nadal et son « Gan’ja », pilier de la classe française ne sera pas là non plus pour faire de la figuration. Il faudra aussi compter sur le « TBS » de Pierre Follenfant et Sylvain Pelissier « All Purpose ». Qui détrônera Ignacio Camino Rodriguez ? Réponse le 11 juillet.

Ils ont dit

Ludovic Gilet, président de la classe française des J/80 : "On sera en force à Santander avec 32 équipages français engagés, ce qui est une fabuleuse récompense pour la classe Française. Notre jaugeur sera sur place et nous mettrons nos moyens de vérification des J/80 à la disposition des organisateurs. Cela sera sans aucun doute un grand championnat du Monde ".

Carlos de Mones, J/80 «Jack in the Basket » : “Pour ce Mondial, nous avons constitué une équipe stable depuis deux ans. Il est important de bien se connaître à bord pour un si gros championnat. Nous nous sommes entraînés en février et mars au Crouesty. Puis nous avons participé au Spi Ouest France, au Grand Prix du Crouesty et remporté l’Obélix Trophy. Ce Mondial sera très intéressant sportivement car les Champions du Monde sont de Santander et il y a là bas une grande flotte de J/80. Le niveau devrait être élevé. Du côté de la délégation française, on va essayer de partager les infos météos, nous allons passer également du bon temps ensemble en Espagne ".

Quatre en quarts

Match Race Marstrand - Anna Kjellberg versus Linda Rahm
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Berntsson a remporté tous ses duels ce jeudi, y compris une bagarre passionnante face à Adam Minoprio, qui se voit donc éliminé de cette épreuve. Certes, le Suédois a pu bénéficier du soutien des spectateurs, mais il a également montré son sang froid lors d’une situation difficile. Il a fallu attendre le dernier match de la journée pour obtenir le résultat définitif, mais Bernntsson et Col étaient en forme face respectivement à Bjorn Hansen et Ian Williams. Comme c’est sans doute le cas pour Minoprio, la semaine est sûrement de celles que le champion britannique aimerait vite oublier car en plus de leur élimination, c’est aussi les conséquences sur le championnat qu’il faut considérer. Pour Williams, il s’agissait de la quatrième fois qu’il se faisait éliminer avant les quarts de finale à Marstrand.

Avec huit qualifiés déterminés, il a fallu sélectionner son adversaire pour la suite. Mathieu Richard a avoué que c’est une chose qu’il n’appréciait pas trop, car au cours des dernières épreuves ce sont ceux qui ont choisi qui avaient tendance à perdre. Il a finalement sélectionné Philippe Presti, assurant ainsi qu’un Français accède à la demi-finale. Peter Gilmour a préféré éviter une rencontre avec son compatriote, Torvar Mirsky et a donc choisi Berntsson. Damien Iehl a opté pour un duel avec Magnus Holmberg sans préciser les raisons derrière son choix. Torvar Mirsky se retrouvera face à Sébastien Col.

Pour l’épreuve féminine, la déception est au rendez-vous côté français. Claire Leroy n’était pas en forme et ne passera pas en demi-finales. La vedette locale Anna Kjellberg et la Britannique Lucy Macgregor dominent le classement avec cinq victoires après sept duels. Elles seront en compagnie de Katie Spithill et Linda Rahm pour les derniers duels de cette épreuve.

Repêchage

Johnie Berntsson (SWE) Berntsson Sailing Team 6-1
Sebastien Col (FRA) French Match Racing Team/K-Challenge 6-1
Peter Wibroe (DEN) Wibroe Racing Team 5-2
Adam Minoprio (NZL) ETNZ/BlackMatch 3-3
Ian Williams (GBR) Bahrain Team Pindar 3-3
Mattias Rahm (SWE) Stena Bulk Sailing Team 3-3
Bjorn Hansen (SWE) Team Onico 1-6
Francesco Bruni (ITA) Team Joe Fly Match Racing 1-6

Match Cup (femmes)

Lucy MacGregor (GBR) 5-2
Anna Kjellberg (SWE) 5-2
Katie Spithill (AUS) 4-3
Linda Rahm (SWE) 4-3
Claire Leroy (FRA) 3-4
Nicky Souter (AUS) 3-4
Lotte Meldgaard Pedersen (DEN) 3-4
Sally Barkow (USA) 1-6

Tour de chauffe à Porquerolles pour les Extreme 40

iShares Cup Hyères practice day 2009 - Luna
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L’un des points forts de la flotte de l’iShares Cup est de pouvoir s’adapter à des courses côtières comme à des parcours olympiques, des plans d’eau rapides et étroits au plus près des côtes, runs de vitesse sur des parcours plus longs comme ceux d’hier. Après la conférence de presse officielle, présentée par le maire de la ville d’Hyères et vice-président de TPM, Jacques Politi, les skippers avaient hâte de retrouver la compétition. Franck Cammas, skipper de Groupama :

" Je suis impatient de naviguer ! Les Extreme 40 sont des machines géniales et espérons que Hyères soit plus venteux que Venise ! J’espère cependant que nous n’aurons pas à passer trop près de la digue car si il y a vraiment beaucoup de vent, nous allons avoir des situations vraiment "Extreme"!"

Bien que les prévisions aient fait état de vents faibles pour les jours à venir, les hautes températures à Hyères ont permis à une jolie brise thermique de s’établir pour les manches d’entraînemet de l’après-midi. Shirley Robertson, skipper d’iShares, revenait sur les conditions musclées rencontrées ici même l’année dernière :

"Nous avons eu une brise conséquente en 2008, et j’ai fini avec des points de suture ! Lorsque vous foncez au portant sous grand gennaker avec les safrans hors de l’eau, vous ne pouvez pas faire grand-chose à part vous accrocher et espérer que ça passe ! C’est ça, Hyères ! Je pense que ce week end nous pouvons nous attendre à des surprises."

La belle victoire de Luna skipppé par Erik Maris, ayant mené le raid de bout en bout cet après-midi, a bien prouvé que le jeu était ouvert.

Et comme Loïck Peyron, skipper d’Oman Sail Renaissance, notait : "L’iShares Cup est un jeu très excitant, et courir sur un plan d’eau ouvert peut changer bien des choses".

Résultats de l’iShares Raid :

1 LUNA (Erik Maris)
2 BMW ORACLE Racing (James Spithill)
3 Gitana (Yann Guichard)
4 Groupama (Franck Cammas)
5 Oman Sail Renaissance (Loick Peyron)
6 BT (Nick Moloney)
7 Holmatro (Carolijn Brouwer)
8 Oman Sail Masirah (Pete Cumming)
9 iShares (Shirley Robertson)
10 Ecover (Mike Golding)

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