Les Canaries sont désormais dans le sillage des 3 IMOCA du group sud qui vont commencer à accélérer sérieusement. Paprec-Arkea, le plus au sud est bien placé et a pris un petit avantage sur Charal. Les 2 bateaux vont devoir négocier le dévent de Grand Canarie avant de réellement faire parler la poudre au portant vmg dans les alizés. Thomas Ruyant et Morgan Lagravière qui ont choisi une autre voie en passant à l’ouest de Grand Canaria sont bien placés également mais contraint de rester quelques heurs de plus dans un couloir por évoter le dévent de l’île. D’ici ce soir on verra si cette option sud est payant.
Yoann décrypte la situation : « l’option Sud offre des garanties quasiment jusqu’au bout avec des vents portants que l’on connaît. En revanche, c’est une route plus longue donc il faudra compenser la distance avec de la vitesse. L’option Ouest est en revanche plus courte mais elle est beaucoup plus incertaine ». Il faudra attendre l’arrivée pour savoir quel était le chemin le plus pertinent. « Les dés sont jetés, pendant un moment, les bateaux de l’Ouest seront mieux classés que nous mais on verra ce que ça donne d’ici une semaine », sourit Yann le co-skipper si expérimenté. Pendant ce temps à bord, la routine est bien en place. Les deux hommes se sont succédé à la barre, Yoann a dû « bricoler un peu dans le bateau pendant l’après-midi et les petits plaisirs du bord sont nombreux. Il nous reste encore des fruits frais et puis il nous arrive d’échanger des tranches de saucisson et du fromage entre deux quarts », apprécie Yann. De quoi se requinquer et être d’attaque pour la suite. Ce dimanche, les Canaries se rapprochent et il convient de bien se positionner afin « d’attraper les alizés et là ça va débouler vite ! » prévient Yann Eliès, le co-skipper.
🎥 Onboard #3
Jérémie et Franck dans les alizés, ça y est ça glisse !! Notre duo profite de ces superbes conditions pour préparer le bateau à la traversée, cap vers la Martinique ! 💥
— Jérémie Beyou – Charal Sailing Team (@JeremieBeyou) November 12, 2023
À bord de For People, Morgan Lagravière, plante le décor dans une note vocale envoyée en fin de nuit. « On a des bouchons d’oreilles pour nous protéger des sifflements des foils dans les aigus. Avec Toto, on arrive à peine à se parler. Mais sinon le bateau est au top. Il nous régale dans des conditions de vent portants, il a comportement hyper marin, hyper sain On fait des super moyennes de vitesse. C’est un bonheur permanent », raconte le vainqueur en titre avec Thomas Ruyant, aux côtés duquel il récidive sur cette Route du café. Ce matin, il se félicite de cette route sud qui lui garantit de régater avec les plus récentes unités de sa catégorie.
Mais gare aux partisans du nord, qui bénéficient toujours de la faveur des routages, et qui ont aussi le privilège de progresser dans le bon tempo. « On est à 150 milles dans l’est des Açores, on a un ciel un peu couvert, la mer est bien rangée, avec un clapot qui fait que ça tape. On a 20-22 nœuds de vent. On a le scénario prévu et maintenant faut faire avancer le bateau », rassure Julien Villion, premier de cordée sur cette route escarpée. À bord de Teamwork.net, le co-skipper de Justine Mettraux progresse très proche du duo de Groupe Dubreuil qui met aussi du charbon dans la machine sur cette route exigeante. Seule une poignée de milles sépare ces deux bateaux, qui se préparent à traverser un premier front, pas très actif lundi matin.
Maxi Banque Populaire XI - skipper : Armel Le Cleac’h
Arkea Ultim Challenge
Lorient le 29 juin 2023
Banque Populaire XI et SVR-Lazartigue devraient passer la ligne d’arrivée ce dimanche en fin de soirée vers 23 heures. Le dénouement est proche et tout peut encore arriver. Banque Populaire XI pourrait remporter sa première grande course mais rien n’est joué à 470 mn de l’arrivée à Fort de France.
Il y a deux ans, SVR-Lartigue avait réussi à passer Banque Populaire XI dans les derniers moments de la course pour lui souffler la 2e place. Armel Le Cléac’h s’en souvient parfaitement et il fait tout pour creuser un écart conséquent avec SVR-Lazartigue, son plus solide adversaire sur cette transat. Le Maxi Edmond de Rotshild étant en proie à un problème de pilote et désormais loin derrière à 810mn.
Ce matin à 7h l’écart entre BPXI et SVR était de 184mn mais il a considérablement diminué pour tomber à 130 mn. A l’approche de la Martinique, les conditions météos sont compliquées avec des cellules orageuses et des alizés qui peuvent se montrer tout à coup compliquées à gérer. Vers 6h du matin la vitesse moyenne de BP est passée de 32nds à 10 nds. Elle est remontée à 20nds à 10h. Cela peut-être un orage, un changement de voile, le vent devant forcir sur la route mais la trajectoire pas très rectiligne du bateau interroge. Cela pourrait être aussi des sargasses. Coincées dans les appendices, c’est un vrai fléau. Le pire étant la casse d’un appendice suite au choc avec un ofni. On continuera à surveiller de près la vitesse de BPXI. Un retour à 30 nds signifiera que tout va bien. MAJ : A 11h, BPXI avançait à plus de 36 nds, donc tout va bien à bord ! Derrière SVR-Lazartigue continue d’avancer à 30 nds. A ce rythme les deux bateaux pourraient finir ensemble ou SVR repasser devant dès cet après midi s’il continue d’aller 10ns plus vite. A suivre ici. L’ETA donnée est à 23h ce dimanche 12 novembre.
Teamwork et Groupe Dubreuil peuvent désormais avancer au près plein ouest. Ils continuent à creuser un écart important avec les tenants de l’option sud porté ce matin à 243 mn sur For People. Au sud, Paprec-Arkea devance Charal au passage des Canaries. Le reste de la flotte tente toujours de s’extirper de l’Anticyclone.
Il y a du jeu en Imoca et on connaîtra le résultat des options prises dans 24 ou 48h par les tenants d’une route nord et celle du sud. Au nord, cela avance correctement. Julien Villion sur Teamwork à la vacation ce matin
Les favoris, avec leur bateaux de nouvelle génération, For People, Paprec-Arkea et Charal ont pris la même option au sud et tactiquent au passage des Canaries. Paprec-Arkea et Charal naviguent de concert pour passer les Canaries en choisissant de passer au large de Fuerteventura. Les Class40 devant eux visibles à l’AIS peuvent être utiles pour éviter les pièges et. dévents. For People a choisi une route plus à l’ouest dès hier soir en choisissant de passer à l’ouest de Gran Canaria. Il aura sans doute plus de manœuvres à faire.
Derrière eux, Sam Davies et Jack Boutell tiennent bien le rythme sur Initiatives Coeur ainsi que V&B Monbana, For Planet, L’Occitane qui a bien joué pour passer l’anticyclone et Malizia qui revient aux avants-postes. Ce dernier devrait revenir devant dans les alizés. En fin de journée après le passage des îles et calés dans les Alizés, on aura une meilleure idée des écarts et des vitesses entre le nord et le sud.
Le chemin aura été long, compliqué et éprouvant mais ils y sont. Le groupe de 3 Class40, Alle Grande Pirelli, IBSA et Groupe Snef en ont fini des Canaries qu’ils ont passé cette nuit. La route des Alizés est désormais devant eux le temps de bien se caler un peu plus sud. Amarris reste encore leader mais son chemin plus au nord de Ténérife parait moins simple.
Une course de vitesse s’engage désormais où le Musa40 Alle Grande Pirreli a un petit avantage. Ambrogio Beccaria a eu le temps de nettoyer la carène du bateau. Nicolas Andrieu est confiant à la vacation ce matin :
Luca Rosetti sur 998 – Race = Care a frappé un grand coup en arrivant premier en bateau de Série et 5e au scratch – de la deuxième étape de La Boulangère Mini Transat ce dimanche 12 novembre à 1h26 (heure de Paris). Le navigateur italien a réalisé une trajectoire quasi parfaite, légèrement au nord de la route directe.
Une stratégie qui lui a permis de terminer la course avec une avance de plus de 60 milles sur son dauphin, et plus du double sur le trio gagnant du premier round. Tant et si bien qu’il est plus que probable qu’il comble ses 15h05 de retard encaissées aux Canaries et qu’il se hisse, du même coup, sur le podium au classement général. Le suspense va néanmoins rester à son comble au moins jusqu’à l’arrivée de Michaël Gendebien (971 – Barillec Marine – Actemium) prévue ce dimanche après-midi, mais les émotions sont déjà fortes, tout comme le sentiment du travail bien fait.
Vous remportez cette étape 2 – Air Caraïbes avec panache. Que ressentez-vous ? « C’est vraiment difficile pour moi de décrire ce moment. Il y a quatre ans, lors de ma première participation à la course, je suis arrivé tout près d’ici, en Martinique, avec immédiatement l’envie de refaire la course. De redémarrer un projet, mais cette fois axé sur la performance. Rapidement, j’ai récupéré un Maxi 6.50 puis je me suis installé en France pour mieux me préparer et m’entraîner. J’ai affiché mes ambitions de victoire dès le départ de cette 24e édition. La première étape entre Les Sables d’Olonne et Santa Cruz de La Palma ne s’est pas déroulée comme je l’espérais mais celle qui s’achève a vraiment été incroyable. Bien sûr, il y a eu des moments compliqués, dans la pétole au début surtout, mais aussi hier. Je pensais être trop nord et j’imaginais, de ce fait, que la fin de course serait un peu complexe pour moi. Il se trouve cependant que lorsque j’ai entendu le classement à la BLU, je me suis rendu-compte que j’avais 60 milles d’avance sur le deuxième. Je n’ai pas vraiment compris la situation mais je suis évidemment content de l’épilogue ! »
D’une manière plus générale, comment avez-vous géré cette étape ?
« Ça a été délicat dans la mesure où il a fallu faire un choix important dès le début. En m’engageant sur une route nord, je savais que je n’aurais plus d’autres choix que d’aller au bout, que je ne pourrais pas me recaler dans le sud ensuite. Les jeux ont ainsi été faits très tôt. Globalement, j’étais plutôt assez sûr de mon option mais j’avoue que j’ai quand même eu quelques doutes, en particulier après le passage de El Hierro car je me suis retrouvé dans la pétole et en retard sur les routages. Ensuite, lorsque les alizés se sont établis, j’ai rapidement compris que mes concurrents plus au sud étaient vraiment très rapides car ils avaient plus de pression que moi. Mon avance a fondu mais j’ai ensuite fait du bon boulot dans la bascule et je me suis replacé en tête plus ou moins à la mi-course. J’ai commis quelques erreurs mais visiblement moins que les autres ! »
A quel moment vous avez compris que vous alliez remporter cette deuxième étape ?
« Aujourd’hui, après la vacation et la réception du pointage. La veille, j’avais concédé quelques milles à mes concurrents et cela m’avait fait beaucoup cogiter. Je pensais récupérer un flux d’est or le vent était plutôt orienté au secteur nord-est. Dans ce contexte, j’ai imaginé que la situation était plus favorable pour mes copains de jeu. J’avoue que je n’ai pas bien compris ce qui s’est véritablement passé mais je suis content de la manière dont ça s’est terminé pour moi ! »
Vous aviez bouclé la première étape avec 15h05 de retard sur le premier mais aujourd’hui le scénario de cette deuxième manche fait que vous êtes possiblement en passe de monter sur le podium au classement général, et même de l’emporter…
« Dans l’instant, je ne me projette pas sur le classement final. Les émotions sont trop fortes. Je suis avant tout heureux d’avoir mené mon projet à son terme et de la manière dont je l’ai fait. Mon premier objectif était d’arriver au bout. La première étape a été un peu compliqué car si j’ai longtemps été en tête, la fin de course n’a pas été favorable à mon option. On verra demain ce qui se passe. Ce qui est sûr c’est que j’ai fait de mon mieux et que je n’ai rien lâché. J’ai constamment cherché à aller le plus vite possible. »
Quid des heures à venir ? Allez-vous rester les yeux rivés sur le chronomètre en attendant les autres ?
« Je risque d’avoir du mal à faire autre chose. Je l’ai d’ailleurs bien vu hier lors que j’ai perdu quelques milles. Je n’avais ni envie de dormir, ni envie de manger. J’avais seulement envie de pousser le bateau à son maximum pour ne rien avoir à regretter. Je vais attendre. De toutes façons, je suis totalement impuissant car dépendant de ce que vont faire les autres. »
Dans l’instant, quel est le sentiment qui domine ?
« Tout est un peu mêlé. On verra ce qui se passe demain. D’ores et déjà, je considère avoir fait une super course. Je suis content parce que j’ai toujours fait mes choix et la majorité d’entre eux ont été gagnants. Je suis arrivé 8e de la première étape et je gagne la seconde avec pas mal d’avance. Une avance qui me permet de rêver de nouveau de podium et même de victoire et ça, c’est top ! »
Le Maxi Banque Populaire XI continue de mener la cadence en Ultim devant SVR-Lazartigue. Les premiers Class40 arrivent aux Canaries et devraient être rattrapés par les 3 Imoca qui ont pris la route sud.
Armel Le Cleac’h et Sébastien Josse sont à moins de 24h de l’arrivée à fort de France et sont toujours en tête avec une avance qui augmente doucement mais sûrement devant SVR-Lazartigue. D’après les dernières estimations, ils sont attendus demain vers 18h, à Fort-de-France, soit 23h, heure métropole, avec une avance d’environ 4 heures sur leurs poursuivants à bord de SVR Lazartigue. Une ETA qui ne cesse de raccourcir. Pressés de ne pas laisser se dérober sous leurs étraves fumantes la primeur de la ligne d’arrivée à Fort-de-France – qui sauf pépin majeur leur tend les bras -, Armel Le Cléac’h et Sébastien Josse charbonnent dans un dernier bord au nord-ouest de vitesse pure rythmé par un alizé pourtant modéré.
En IMOCA la course est intéressante avec un groupe de 2 bateaux qui a pris une option nord – TeamWork et Groupe Dubreuil – et qui sont en tête et un groupe de 3 bateaux – Charal, Paprec-Arkea et For People qui a passé l’anticyclone et recommence à accélérer depuis la fin de soirée. Ils avancent désormais au sud à 24 nds et progressent en distance au but à la même vitesse qu’au nord. Ces 3 bateaux de nouvelles générations devraient pouvoir reprendre la tête de la course dans les prochains jours une fois bien câlé dans les alizés et au portant vmg. Quelques bateaux à dérives ont, eux aussi mis, cet après-midi, le clignotant à droite, cap à l’ouest toute n’ayant pas d’autre choix avec un anticyclone qui leur barre la route. 6 à 8 bateaux sont restés bloqués toute la journée. De l’autre côté du plan d’eau, la majorité des équipages qui ne veulent pas perdre le sud doivent encore ronger leur frein au passage du long péage de la zone de calmes freinant l’accès à l’autoroute du soleil.
En Class40, Amarris s’accroche toujours à la première place et défend chèrement sa place. Il descend vers les Canaries et bénéficie toujours de son positionnement ouest face à un groupe de 3 bateaux redoutables avec Alla Grande Pirreli, IBSA et Groupe Snef qui ont pris une route très sud et qui passent cette nuit au milieu des Canaries le long de Fuerteventura. Le passage des îles et la gestion de leur dévente va être clé.
Selon l’ETA prévisionnelle du Maxi Banque Populaire XI, son arrivée en Martinique, devrait s’effectuer demain dimanche 12 novembre. A bord du Maxi Edmond de Rothschild l’équipage a effectué quelques réparations et le pilote remarche.
L’arrivée ne sera pas simple pour BP XI qui navigue toujours sous la pression de SVR-Lazartigue qui comme le rappelle Armel Le CLeac’h lui avait déjà grillé la politesse il y a 2 ans. Mais la victoire est à portée. BPXI continue d’augmenter son avance sur SVR-Lazartigue avec 143 mn. La flotte navigue le long de la zone d’exclusion au large du Brésil. Charles Caudrelier a pu se reposer un peu et confier la barre au pilote automatique enfin réparé. Ils vont pouvoir remettre du charbon et sauver cette 3e place.
La nouvelle est tombée hier en fin d’après-midi. Le Maxi Edmond de Rothschild déplore une sérieuse avarie de barre, qui l’oblige à poursuivre sa course en mode dégradé. Mais pour l’heure Charles Caudrelier et Erwan Israël font preuve d’une belle force de résistance, pour à la fois s’accrocher derrière les deux premiers et contenir le retour de Sodebo Ultim 3. En tête, un dernier bras de fer est engagé entre le Maxi Banque Populaire XI et SVR Lazartigue, qui ont fait leur retour dans l’hémisphère nord dans la soirée hier ; la cartographique indiquant environ 1H30 d’écart entre les deux à l’équateur.
Le passage de la latitude zéro, aussi virtuel que symbolique, n’en matérialise pas moins de coup d’envoi d’une ultime course de vitesse entre ces deux géants qui progressent dans un couloir d’alizés, entre la zone interdite à la navigation le long des côtes sud-américaines et le Pot-au-Noir. Silence radio ce matin aux avant-postes, alors que le Maxi Banque Populaire XI affiche un petit surplus de vitesse et 120 milles d’avance sur son poursuivant immédiat. Soit un gain d’environ 10% sur la distance qu’il lui reste à parcourir pour rallier Fort-de-France. Le sprint ULTIM est bel et bien lancé pour une arrivée estimée en fin d’après-midi, heure antillaise demain (vers 2h, dans la nuit de dimanche à lundi, heure métropole).
Sébastien Simon et Iker Martinez sur Groupe Dubreuil on pris une option ouest comme Teamwork. Les deux imocas espérent tirer partie de leur option dans 4-5 jours comme le raconte Sébastien. Un pari intéressant.
Après quatre jours de mer, la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre voit la flotte des IMOCA optionner. Cette nuit, Justine Mettraux et Julien Villion sur Teamwork ont ouvert le bal, en mettant le cap à l’ouest. Ils ont été suivis peu de temps après par Sébastien Simon et Iker Martinez, à bord de Groupe Dubreuil. Les deux duos mènent désormais la course, devant le reste de la flotte qui pointe au Sud, vers Madère.
Teamwork fait donc route désormais vers Santa Maria, aux Açores (marque de parcours à laisser à tribord), à 340 milles dans son ouest, à une vitesse d’environ 12 nœuds, dans un vent de sud-ouest. Groupe Dubreuil n’est qu’à quelques milles dans son nord. En revanche, les premiers leaders, Jérémie Beyou et Franck Cammas sur Charal, sont en cinquième position, à 125 milles de la tête de flotte et surtout à près de 200 milles dans le sud-est de Teamwork. Le groupe du sud, constitué de 20 bateaux, est maintenant mené par Sam Davies et Jack Bouttell sur Initiatives-Cœur 4, en troisième position. Actuellement, le peloton est bloqué dans une bulle de vent léger, s’étalant jusqu’à Madère.
Julien Villion à bord de Teamwork est étonné d’être à deux bateaux seulement sur cette route ! Il n’y a jamais de route facile mais on peut faire confiance à Julien en terme de météo. Ce fameux anticyclone était le marqueur de choix stratégique, la flotte a éclaté en fin de journée (vendredi soir) entre les partisans d’une route sud qui est la route de la transat par les alizés qui va sans doute imposer de passer par les Canaries et la route qu’on a choisie nous, qu’on appelle la route directe, qui est assez proche de l’orthodromie et qui contourne l’anticyclone par l’autre côté. On est donc toujours au près, mais on a l’avantage de ne pas avoir perdu de vent. On n’est pas prêts de recroiser les partisans de la route sud avant un bon moment, au moins une semaine. Maintenant, chacun a choisi son option, celle dont on parlait depuis le départ du Havre, on est dans la minorité donc on verra ou tout ça nous mène. On a vraiment pris le temps de prendre cette décision et de prendre en compte tous les éléments, maintenant on espère que ce soit la bonne ! » Pour Justine Mettraux, cette échappée est également très importante car la navigatrice suisse vise sa première victoire sur une course en IMOCA après une série de performances solides et régulières sur le circuit. Si elle remporte cette course, elle deviendrait alors la première femme de la Classe IMOCA à gagner une course en solitaire ou en double depuis la victoire d’Ellen MacArthursur la Route du Rhum en 2002.
Plus au sud la situation de Thomas Ruyant montre bien le dilemme.
De grosses vagues et des baleines pour l’équipage d’Evrika qui est prêt à prendre de la vitesse après une première étape lente. Crédit : OGR 2023 / Evrika
Ils sont partis du Cap il y a 6 jours et expérimentent la navigation dans l’océan Austral en direction d’Auckland. 200 milles séparent déjà les 10 premiers voiliers. Pen Duick VI, Spirit of Helsinki, Translated 9 et Maiden sont en tête du classement, comme ce fut le cas pendant la majeure partie de la première étape.
Sterna SA (42) contraints de retarder son départ pour effectuer des réparations sur leur Swan 53 après avoir découvert une fissure derrière le raccord de leur vit-de-mulet quelques heures avant de se présenter sur la ligne de départ, doivent rattraper leur retard. Finalement, juste avant le départ, le skipper Rufus Brand et son équipage étaient plus qu’impatients de reprendre la course. ” C’est frustrant, mais nous savions qu’en arrivant au Cap, nous ne prendrions peut-être pas le départ vu la quantité de travail que nous avions à faire. La journée d’hier a été très dure mentalement. Nous pensions pouvoir partir, mais en fin de compte, les choses ont pris plus de temps et nous ne pouvions pas nous précipiter. Maintenant, plus rien ne nous empêche de rattraper la flotte. Nous sommes tous très impatients d’y aller. Nous sommes toujours dans la course, c’est un petit contretemps dans le temps. Dans une course qui peut durer 180 jours au total, deux jours, ce n’est rien.“
Le bateau américain Godspeed est arrivé au Cap après 58 jours de course et 3 jours après le départ de l’étape 2. Ce fut une réunion extrêmement émouvante pour les familles du populaire Skeleton Crew. Ils sont devenus les grands favoris de l’OGR, pas nécessairement en termes de classement, mais pour leur esprit, leur détermination et leur humour. Ils ont parcouru toute l’étape depuis le Royaume-Uni avec sept défenses suspendues au tableau arrière, dans leur style pratique unique. Cette organisation à but non lucratif, dont la mission est d’offrir une thérapie par la voile aux militaires et aux vétérans, a fait forte impression sur le reste de la flotte. À tel point que les équipages qui sont partis avant de voir arriver Godspeed ont laissé des cartes de bonne chance et des cadeaux (principalement de la bière) pour leur souhaiter bonne chance pour l’étape 2.
Pendant ce temps, l’équipage du Swan 57, Explorer, qui est arrivé un jour avant le début de l’étape 2, le 5 novembre, a effectué d’importants travaux de maintenance à bord. Ils ont travaillé sur le gréement dormant, les fixations du vit-de-mulet, raccourci l’étai et l’étai intérieur, réglé l’ensemble du gréement pour améliorer les performances au près, et remplacé une grande partie du gréement courant. Ils ont effectué des réparations sur deux voiles, notamment en trouvant un moyen de réparer le système de chariot de latte cassé sur la grand-voile qui résistera à l’océan Austral, et en raccourcissant et en réparant le génois. Les composants électriques endommagés par l’eau lors de la première étape ont été remplacés, de même que le générateur et les pompes de cale. Les quatre poignées de winch, tombées par-dessus bord, ont également été récupérées ? et les six seaux perdus lors de la première étape. Le capitaine de l’Explorer, Mark Sinclair, alias Captain Coconut, a révélé ce que tout le monde veut savoir. Pourquoi ont-ils été si lents ? “Nous avons emprunté la route classique qui consiste à contourner le bas de l’anticyclone de l’Atlantique Sud plutôt que de longer le côté est de l’Atlantique Sud. À cette occasion, il s’est avéré que ce n’était pas le meilleur choix par rapport à ceux qui ont emprunté la route plus directe. Dans des conditions normales, cette route présente l’avantage d’être à l’opposé du vent, elle est donc plus longue mais elle devrait être plus rapide. Nous avions une route plus longue mais pas plus rapide. Mais qui a envie de parcourir 7 000 milles au vent ? C’est beaucoup plus amusant de passer de l’autre côté et de suivre la route classique”, explique le skipper de la Golden Globe Race, qui n’était pas non plus réputé pour sa rapidité dans cette course !
Les anciens participants de la Whitbread, Neptune, sont de retour en course après s’être détournés vers Port Elizabeth pour enquêter sur un éventuel problème avec leur barre de direction et leur barre franche. Ils ont contacté le contrôle de course de l’OGR mercredi pour clarifier la situation et il a été établi qu’ils n’avaient pas besoin d’assistance extérieure pour la maintenance nécessaire. Port Elizabeth, un port de commerce, limite l’ancrage et le sloop en aluminium de 60 pieds s’est donc mis à quai pour effectuer les réparations. Personne n’est descendu à terre et il a été confirmé que les scellés des sacs de communication n’ont pas été compromis et qu’ils n’ont pas reçu d’assistance extérieure. Une évaluation de la situation sera effectuée par l’OGR et une pénalité de temps pourrait être appliquée pour l’entrée au port, une stipulation de la NOR.
“Trois records de vitesse successifs aujourd’hui – 17,9 nœuds (Seb), 18 nœuds (Nolwen) et 19 nœuds (Gaby). La caravane a le vent en poupe”, rapporte Triana FR (66) dans l’un de ses tweets. Ils ont impressionné tout le monde lors de la première étape avec leur vitesse constante à bord du Swan 53, remportant la première place de la classe Aventure. Pendant ce temps, Maiden a annoncé une “Nouvelle vitesse maximale – KATE !!!! 20.6KTS !!!!!!!!”
Le vainqueur de la première étape, Spirit of Helsinki, profite à nouveau de la vie en tête de la flotte. Jussi Paavoseppä, skipper du Swan 651 et ancien participant à la Whitbread, a eu le temps de réfléchir sur la ligne de départ en observant la faune classique de l’océan Austral, qu’il a décrite lors de son dernier appel SoundCloud.” Nous avons vu une baleine à bosse sauter de toute sa hauteur à 100 mètres de nous et nous en avons croisé une qui dormait à 20 mètres de nous, je pense que c’était un cachalot.” Franchir la ligne de départ nous a fait du bien, c’était bon de retourner sur l’eau. Nous avions notre G1 en place et il y avait 15 nœuds de vent, alors que la limite est de 12 nœuds, nous avons donc décidé de passer au G2. Nous avons donc décidé de passer en G2. Nous avions donc un G2 et une grand-voile pleine, nous étions trop peu puissants, mais nous avons tout de même pris un bon départ. Quand il y a eu une accalmie, nous sommes repassés en G1 et après cela, nous avons volé.
De grosses vagues et des baleines pour l’équipage d’Evrika qui est prêt à prendre de la vitesse après une première étape lente. L’équipage d’Evrika, à bord du superbe Swan de 65 pieds, a également repensé au départ de la course et aux scènes phénoménales qui se sont déroulées dans la baie de la Table lorsque le navire de la marine sud-africaine SAS King Sekhukhune 1 et la frégate Floréal de la marine française ont donné le signal du départ de l’étape 2. “La ligne de départ était très excitante. Nous avons été poussés par Pen Duick VI et nous étions très proches de la frégate Floréal. J’espère que quelqu’un avait un appareil photo. Les vues sur la baie étaient également incroyables. Et puis hier, nous avons eu une compétition entre les baleines pour savoir qui ferait le meilleur saut. Tout cela a été extraordinaire.
La première tempête de l’océan Austral pourrait s’approcher de la flotte dans les prochains jours, les premiers voiliers devant arriver à Auckland, en Nouvelle-Zélande, à partir de la deuxième semaine de décembre.
Achille Nebout et Gildas Mahé toujours leaders sur Amarris préfèrent voir la bouteille à moitié pleine alors que leurs concurrents directs ont profité de la nuit pour filer au sud. Les fichiers météos ont bien évolué entre une route nord ou sud. A bord de Groupe Snef il a fallu aussi faire des choix.
Gildas Mahé :
MESSAGE DU CLASS40 ALLA GRANDE PIRELLI
Bonjour la terre,
Désolé du retard de l’envoi du mail nocturne. La journée d’hier, c’était finalement du “champagne sailing” comme dit Nico. Dommage que nous n’avons pas vu notre belle position sud devenir notre cauchemar. Cela aurait été une hémorragie de milles très lente mais très sûre aussi. Là, ça y est c’est déjà les alizés, il fait chaud la mer est belle et le spi finalement vole. pour fêter tous cela et pour calmer la douleur de l’hémorragie de milles, on a sorti la cocotte minute et j’ai préparé des pâtes malloreddus : haricots rouges, ail et anchois. Heureusement qu’on n’a pas de rdv galant bientôt et c’était très bon. Côte bateau tout va bien, on a profiter de la pétole pour bricoler pas mal, on avait une fuite dans un tube de ballast, de lashing de poulie qui était en train de casser et que heureusement on a vu avant. Nico a encore le défi de finir les réparations, il est étalé au fond du cockpit.