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Moins de vent dans les prochaines 24h

tabarly 09
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Le temps des aventuriers est-il révolu ? Dans leur quête de l’île au trésor, les solitaires de la Transat BPE n’ont plus guère d’incertitudes sur leur position. Le bon vieux sextant est, comme le loch à poisson, rangé depuis longtemps aux oubliettes de l’histoire de la course au large. Le pendule du professeur Tournesol peut toujours indiquer l’ouest, qu’on ne compte pas non plus sur nos navigateurs pour lire dans les entrailles d’un poisson volant, les augures d’une victoire espérée. Plus prosaïquement, les skippers d’aujourd’hui risquent de passer plus de temps penchés sur les écrans d’ordinateurs que le nez au vent, en train de humer les variations de l’air. Quoique… quand un François Gabart (Espoir Région Bretagne) annonce, quelque peu dépité, avoir perdu quelques dizaines de milles, englué dans une bulle sans vent, on se dit que parfois dame nature sait encore réserver quelques coup de pied de l’âne à tous ces mathématiciens de la course au large, capable de couper les barbules des fichiers grib en quatre, pour trouver la meilleure stratégie possible pour relier la ligne d’arrivée. Comme si la météo aimait à jouer avec les nerfs et les certitudes des navigateurs… et mettre à mal les stratégies élaborées tout au long de la gigantesque partie d’échecs qui se trame sur l’Atlantique. Dans une moindre mesure, tous les hommes du sud qui attendaient avec impatience leur heure, ont vu, tout au moins provisoirement, leurs plans contrariés. Une aubaine pour Gérald Veniard (Macif) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) qui se retrouvent relancés dans la course au podium. Gildas Morvan (Cercle Vert) continue quant à lui de baliser la route, mais il sent toujours dans son tableau arrière le souffle chaud de l’étrave de Nicolas Troussel qui ne lâche rien. Le skipper de Financo, malgré l’impossibilité de se servir de son pilote en mode vent, résiste à coups de siestes écourtées, d’heures de barre sous le soleil et de coquetiers imparables, quand le bateau fonce dans la nuit noire, que le vent tourne sans que le pilote ne suive et que le navigateur n’en puisse mais.

Grosse fatigue

Pour d’autres, les heures de veille accumulées commencent à se faire sentir. Chacun essaye comme il peut de ne pas trop tirer sur les réserves sachant que l’arrivée sur Marie-Galante peut être complexe. Certains usent de petits artifices pour recharger leurs batteries : utiliser une part des réserves d’eau douce comme Thierry Chabagny pour se laver à grandes eaux, surveiller du coin de l’œil la route d’un concurrent proche au classement général, adapter son sommeil aux heures les moins chaudes… Mais il arrive parfois que la routine immuable subisse quelques accrocs ; Franck Le Gal (Lenze) en a fait l’amère expérience. Parti se reposer quelques instants, le navigateur solitaire n’a pas branché correctement son alarme de réveil. Au final, un gros dodo de cinq heures qui s’est traduit par une route à rebours de la volonté de son navigateur… Mais qui sait si ce ne sera pas au bout du compte, un mal pour un bien. Dans l’affaire, le skipper de Lenze estimait avoir perdu une bonne dizaine de milles. Mais qu’est-ce que dix milles au regard d’une lucidité et d’une énergie retrouvée ? Car c’est bien le paradoxe de ces Transatlantiques des temps modernes : appareils de navigation sophistiqués, pilotes automatiques élaborés, informatique de pointe cohabitent avec des habitudes ancestrales : manger dans une gamelle, trouver du plaisir dans un rasage à l’eau douce, se cacher du soleil aux heures les plus chaudes, dormir par bribes… Tintin vit encore.

Le mot du jour : hygiène
Pour les concurrents de la Transat BPE, la navigation sous le soleil est aussi l’occasion de s’entretenir, de prendre soin de soi. Pouvoir enfiler un tee-shirt propre, prendre une douche à grande eau est à la fois indispensable pour l’hygiène, mais aussi un excellent antidote contre les petits maux du corps et de l’âme. Au point que certains navigateurs se font un devoir de se raser quasiment tous les jours et de maintenir une hygiène de vie irréprochable. Pour certains la performance est à ce prix…

Ils ont dit :

Gildas Morvan – Cercle Vert – 1er au classement de 15h
« Les dernières 24 heures ont été un peu dures car les conditions étaient très changeantes, mais cette nuit j’ai réussi à récupérer, donc ce matin j’ai la forme. En plus on a du vent et des vagues donc on s’amuse bien. J’ai le pouvoir et ne comptez pas sur moi pour le rendre aux autres concurrents ! Je me demandais cette nuit comment ça se fait qu’on s’amuse autant! Ca ressemble à une Solitaire du Figaro : on est tout le temps dessus, on n’a pas le temps de s’ennuyer. La nuit on essaie de trouver un réglage pilote, car tous les débuts de nuit en ce moment, on nous coupe la lumière ! C’est le black out total, c’est quasiment impossible de barrer ! Dans ces cas-là, le pilote navigue beaucoup mieux, je le laisse faire et je vais me reposer jusqu’à ce que le jour se lève. Avec un partenaire comme Cercle Vert, je suis gâté niveau nourriture ; à bord, j’ai du foie gras et plein d’autres bonnes choses à manger, c’est génial d’avoir un sponsor dans l’alimentaire ! Tous les bateaux sont assez groupés ; ça se joue vraiment sur des petites bascules, un petit coup à droite, un petit coup à gauche… C’est fou, j’ai l‘impression d’être parti il y a trois jours, c’est incroyable d’en être déjà à un nombre à trois chiffres de l’arrivée ! »

Franck Le Gal – Lenze – 8ème au classement de 15h
« Ce fut une mauvaise nuit pour moi, j’ai fait une bêtise, j’ai mis mon réveil en oubliant l’interrupteur, donc j’ai navigué cinq heures sur le mauvais bord… La bonne nouvelle, c’est que je suis reposé, mais la mauvaise, c’est que je suis allé là où je ne voulais pas. L’alizé a molli un peu mais ça reste des conditions supportables. Je pense que j’ai accusé la fatigue, je paye peut être l’addition de tous ces efforts. C’est une bêtise mais ça arrive, ça aurait pu être pire. J’essaie de rester positif. Il y a une bataille sympa à trois, avec Synergie et Gedimat, ce n’est pas mal. Hier on s’est bien amusé avec Armel, on était à la VHF toute la journée. Et là je suis proche d’Isabelle, mais je ne peux pas la joindre car elle n’a pas assez d’énergie je crois. De ce côté-là je ne suis pas inquiet, pourtant je ne suis pas du tout économe depuis le départ ! Je suis aussi assez large en eau, donc je vais sans doute reprendre une douche en fin de journée. Côté nourriture, c’est la caverne d’Ali Baba dans le bateau ! Je n’ai pas envie de jeter, donc j’aurai pas mal de choses à l’arrivée. J’ai de l’excellent jambon Serrano et de la viande des grisons, ça peut faire un bon apéro à Marie-Galante… »

Nicolas Troussel – Financo – 2ème au classement de 15h
« La journée et la nuit prochaine devraient être assez déterminantes pour la suite des événements. Je ne barre pas la nuit, j’y suis toute la journée. La nuit, je suis sous pilote en mode compas avec la télécommande dans les mains. Si les conditions sont très changeantes, je fonctionne avec des siestes d’1/4 d’heure à l’intérieur du bateau, par terre avec une petite mousse, comme ça je suis prêt à sortir en cas de problème. Je sais que je me réveille si le spi claque ou s’il y a un souci sur le bateau, qu’il ralentit ou que le vent tourne. Je récupère bien comme ça. Je mets tout de même les réveils pour être sûr d’être prêt en cas de problème. Il faut vraiment être à l’affut. Je me bagarre pour rester au contact des autres. La course ressemble effectivement à une Solitaire du Figaro mais la différence c’est qu’on a intérêt à dormir beaucoup plus que sur une Solitaire ! Moi je dors en moyenne quatre heures par nuit. Je fais en fonction du bateau. Je n’ai pas fait d’images, je n’ai pas le temps, je préfère me concentrer sur la barre. »

Classement
1- Morvan Gildas à 920milles de l’arrivée
2- Troussel Nicolas à 18,9 milles du leader
3- Chabagny Thierry à  29,7,milles du leader
4- Véniard Gérald à 43,5 milles du leader
5- Tabarly Erwan  46,6 milles du leader
6- Gabart François  76,8 milles du leader
7- Joschke Isabelle  135,7  milles du leader
8-  Le Gal Franck 151,3 milles du leader
9-  Tripon Armel 164 milles du leader
10- Hardy Adrien 217,7 milles du leader

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Parajumpers se mouille !

Parajumpers
Parajumpers

La marque italienne Parajumpers s’intéresse depuis peu au monde du nautisme et propose, parmi quelques lignes d’inspiration nautique plus "fashion", la collection Windbreaker. Une gamme ultra-résistante puisque le tissu est composé de 8% de métal, les produits étant malgré tout légers et imperméables.

Cette collection Windbreaker est composée, outre les 8% de métal, permettant la forte résistance des tissus, de 66% de nylon, 26% de polyester pour un poids total de 110 gr / mq.
Sa matière en fait donc un coupe vent très efficace.

La veste M-Crew ici présentée dispose de grandes poches devant à l’intérieur desquelles se trouvent d’autres emplacements ainsi que d’une capuche enveloppante. Au dos de cette veste, un grand zip permet de la plier en boule.
Et les zips sont, bien entendu, étanches.

Source : Parajumpers
www.parajumpers.it

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IMOCA : des mesures qui vont dans le bon sens

Depart Vendee Globe 2008
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Dominique Wavre, Président de la Classe précise: "les résolutions adoptées aujourd’hui sont très importantes et je peux vous assurer que cette Assemblée fut réellement extraordinaire". Dominique s’est montré satisfait du travail effectué par les membres de l’IMOCA lors de ces deux jours à Barcelone. Après un Vendée Globe éreintant, on attendait beaucoup de la nouvelle réglementation de la jauge IMOCA, Classe qui rassemble une grande partie des meilleurs skippers au monde. "Tous les membres s’accordent sur le fait que la Classe doit poursuivre son développement afin de pérenniser le succès du Vendée Globe et d’offrir à tous, skippers, sponsors et public, un bon programme de courses, comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Dans le contexte de cri se économique actuel, nous devons également nous adapter afin de garantir le plus grand nombre de bateaux au départ des courses."

Mesures de sécurité et de fiabilité.
Consciente de l’importance de ces objectifs, l’Assemblée s’est appliquée à limiter les écarts de vitesse entre les nouveaux bateaux et ceux des générations antérieures. Trois mesures ont été votées : le nombre de voiles limitée à 10 (peu importe le nombre d’équipiers à bord), le nombre d’appendices limité à 5 (1 quille, 2 safrans et 2 dérives) et la définition d’une hauteur de mât maximum. Cette dernière résolution aura également un impact sur la sécurité dans la mesure où elle permet de limiter la puissance des mâts. Cette mesure est une conséquence directe de la série de casses observées lors du Vendée Globe. Ces mesures se ront définies afin de faciliter l’utilisation de la bôme lors de la mise en place d’un gréement de fortune. Elles permettront également plus de manœuvrabilité en cas de perte de mât. Les problèmes se quille rencontrés ont également engendré la mise en place d’une mesure qui instaure de nouveaux tests obligatoires de contrôle de torsion, de flexion et de vibration des quilles afin de prévenir un grand nombre d’abandons.

Concernant la sécurité des skippers, Wavre a rappelé l’expérience de Yann Eliès au cours de laquelle il s’est cassé le fémur et s’est retrouvé dans l’impossibilité d’atteindre sa trousse de secours et autres équipements d’urgence. « Nous allons tenter de faciliter la tâche des navigateurs blessés en améliorant l’accès aux équipements de secours et nous adapterons la règle en conséquence » Des mesures techni ques seront également étudiées afin de maintenir le tableau arrière hors de l’eau en cas de chavirage, permettant au skipper de s’extraire du bateau par la trappe de secours comme l’a fait Jean Le Cam lors du Vendée Globe.

Les membres de l’Assemblée ont également approuvé le besoin de développer de nouvelles technologies, notamment les systèmes d’énergies renouvelables. L’une des prochaines règles autorisera le développement de moteurs électriques qui fonctionneront à l’aide d’éoliennes, de panneaux solaires ou d’hydro générateurs dont les bateaux IMOCA sont déjà équipés.
Le programme de course
Le programme de courses a également été défini. La décision la plus attendue était la confirmation de l’European Pro Tour dont le départ sera donné à Istanbul, avec des étapes à Nice, Barcelone, un port B ritannique (à confirmer) et une arrivée à Brest. Les autres épreuves au calendrier sont La Transat Jacques Vabre, La Route du Rhum, La Barcelona World Race et le Vendée Globe.

Dominique Wavre réélu Président et un nouveau Conseil d’Administration
Le nouveau Conseil d’Administration de l’IMOCA a été élu comme suit: Président, Dominique Wavre; Vice-président, Pascal Chadail et Jacques Guilbaud; Secrétaire Général, Bernard Stamm; Président du Technical Committee, Pascal Chadail; Président de l’Event Committee, Jean Le Cam. Yann Eliès et Alex Thomson complètent le Conseil d’Administration. Luc Talbourdet reste Trésorier.

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Telefonica Blue toujours en tête

Rio Telephonica Blue 09
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Après 8 jours de mer, la charge est toujours menée par le concurrent espagnol, Telefonica Blue, l’équipage inspiré de cette 6èmeétape, qui continue à tenir la dragée haute à ses adversaires, après leur avoir volé la vedette au point de passage des Iles Fernando de Noronha dans la nuit de jeudi à vendredi.

Distancé d’une centaine de mille, le peloton, extrêmement compact, ne ménage pourtant pas ses efforts pour tenter de revenir sur Bekking et ses hommes. Mais le danger n’est pas encore immédiat car la flotte progresse actuellement, vent de travers, dans des alizés de nord-est bien établis, à des vitesses relativement uniformes, entre 19 et 22 nœuds.

Les choses pourraient pourtant évoluer dans les prochains jours, car Telefonica Blue va rencontrer sur sa route des vents moins soutenus alors que les autres concurrents continueront à progresser dans une belle brise.

L’effet d’accordéon pourrait cependant ne pas être suffisant pour vraiment menacer le concurrent espagnol qui redécollera sans doute avant d’être rattrapé par la meute.

Depuis le passage de l’archipel de Fernando de Noronha, à la pointe nord-est du Brésil, tous les équipages ont choisi de naviguer largement sous la route orthodromique qui mène à Boston. Un cap nord-ouest qui devrait les conduire à passer au large des premières îles Caraïbes dans moins de 48h.

Cette trajectoire n’offre pas beaucoup d’opportunité de faire un coup d’éclat, comme celui d’Ericsson 3 lors de la précédente étape entre la Chine et le Brésil. Il est donc fort probable que les prochains 1 500 milles se résument à une course de vitesse pure, avec pour seul juge de paix, un potentiellement dangereux effet d’accordéon.

Ce dimanche 19 avril – Positions à 08h 30(heure française)
1- Telefonica Blue à  2 564 milles de l’arrivée
2 – Ericsson 3 à 105 milles
3 – Ericsson 4 à 110 milles
4 – Puma à 112 milles
5 – Telefonica Black à 127 milles
6 – Delta Lloyd à 149 milles
7 – Green Dragon à 149 milles

Classement général Provisoire après 9 manches (sur 17)
1- Ericsson 4 – 69,5 points (après Fernando)
2- Puma – 59 points (après Fernando)
3- Telefonica Blue – 58,5 points (après Fernando)
4- Ericsson 3 – 46 points (après Fernando)
5- Green Dragon – 42 points (après Fernando)
6- Telefonica Black –25 points (après Fernando)
7- Delta Lloyd – 18 points (après Fernando)
8- Team Russia –10,5 points

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Morvan creuse son avance

Gildas Morvan - Cercle Vert
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Sur la route du paradis, ils sont encore six prétendants à espérer parvenir au saint des saints. Du leader au sixième François Gabart (Espoir Région Bretagne) il n’y a que soixante-cinq milles de route, soit à peine plus de six heures de décalage, aux vitesses actuelles. Et la procession, loin d’être ordonnée comme une belle file indienne, laisse apparaître un léger désordre. Si tout le monde converge au final vers la même destination, les chemins pour y parvenir ne sont pas aussi linéaires qu’ils veulent bien paraître. Comme si chacun jouait du franc-bord pour accéder aux places d’honneur. Au petit matin, les hommes du sud tenaient encore la corde quand au classement de l’après-midi, Nicolas Troussel (Financo), Gérald Veniard (Macif) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) semblaient avoir repris quelques couleurs. Tout le monde veut être en première ligne pour tenir les cordons du poêle. Comme les positions des uns et des autres varient au gré des classements et des bascules de vent, les humeurs des navigateurs s’en ressentent. Si certains reconnaissent se faire parfois envahir par la pression de la compétition, d’autres y trouvent au contraire des motifs de se réjouir : Gildas Morvan en premier lieu, qui semble se fondre à merveille dans le costume de maître de cérémonie, mais aussi un Erwan Tabarly (Athema) qui avouait s’amuser comme un fou et ne masquait pas son plaisir d’être en mer. Plus au nord, Gérald Veniard ne disait pas autre chose, qui s’émerveillait de pouvoir toujours être dans la bagarre et viser une place sur le podium.

La longue route
Bien évidemment, pour ceux qui se trouvent décrochés au classement général, la route, sans prendre des allures de chemin de croix, commence à sembler parfois longuette. Tous sont des compétiteurs et il est forcément déplaisant de se trouver condamné à figurer dans les rangs du fond, quand on est venu avec des ambitions tout aussi légitimes que les hommes de tête. Un souci technique, une option mal négociée, ce sont au final des points de détails qui marquent la différence après quatorze jours de course. Rapporté au nombre d’heures de navigation enquillées depuis le départ, le débours est, somme toute, faible. Les dix premiers peuvent encore débouler sur la ligne d’arrivée en moins de vingt-quatre heures… Mais, compte tenu du niveau de la flotte, d’Isabelle Joschke (Synergie) à Adrien Hardy (Agir Recouvrement) en passant par Armel Tripon (Gedimat) et Franck Le Gal (Lenze), tous savent bien que prétendre aujourd’hui à la victoire aurait un caractère quasiment sacrilège. Pour tous, il s’agit de se rabattre sur des objectifs intermédiaires, de trouver de nouvelles sources de motivation… C’est, pour Armel Tripon, la bagarre quasiment bord à bord avec son copain Franck Le Gal : avoir un lièvre qu’on connaît bien est une bonne manière de se garantir une vitesse performante. Adrien Hardy puise dans les ressorts de la rédemption sa motivation nouvelle : même si sa stratégie ne s’est pas révélée gagnante, le jeune navigateur entend bien démontrer qu’il n’a rien perdu de son mordant et qu’il faudra compter avec lui sur les courses à venir. Louis-Maurice Tannyères (Nanni Diesel) ne fait pas autre chose quand il surveille avec attention chacun des classements qui tombent. Son challenge serait de pouvoir coiffer sur le fil, Yannig Livory (CINT 56) ou mieux encore Victor Jean-Noël (Pays de Marie-Galante). L’ancien entrepreneur varois est d’autant plus motivé qu’au bout du compte, il n’apprécie finalement que modérément le caractère contemplatif de la navigation en solitaire. A défaut de pouvoir tutoyer les anges, la comparaison méticuleuse des milles engrangés par chacun est peut-être une autre manière d’élever son âme…

Classement de dimanche 19 avril à 17h30 :
1 – CERCLE VERT / Gildas Morvan à 1115 milles de l’arrivée
2 – FINANCO / Nicolas Troussel, à 29.7 milles du leader
3 – ATHEMA / Erwan Tabarly, à 35.2 milles du leader
4 – MACIF / Gérald Véniard, à 50.7 milles du leader
5 – SUZUKI Automobiles / Thierry Chabagny à 51.9 milles du leader
6 – ESPOIR REGION BRETAGNE / François Gabart à 70.1 milles du leader
7 – SYNERGIE / Isabelle Joschke, à 135.3 milles du leader
8 – LENZE / Franck Le Gal, à 150.2 milles du leader
9 – GEDIMAT / Armel Tripon, à 158.5 milles du leader
10 – AGIR Recouvrement / Adrien Hardy, à 227.0 milles du leader

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Morvan et Tabarly dans le trio de tête

tabarly 09
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 Comment les marins vivent-ils actuellement la réception des classements et tout particulièrement le premier d’une journée qui s’annonce ? Des uns aux autres, la réponse diffère quand un constat s’impose; chacun y cherche de quoi se rassurer, se conforter dans son idée ou tout simplement se dire que la patience va devoir encore être de mise. Du nord au sud, les positions qui tombent ne sont donc pas attendues de la même manière et ne disent pas la même chose. Ainsi, François Gabart (Espoir Région Bretagne) en élève appliqué bien décidé à ne pas laisser le manque d’expérience du à sa jeunesse le priver d’un heureux dénouement, décortique-t-il chaque relevé afin d’y puiser un maximum d’informations sur la progression des autres. Gildas Morvan (Cercle Vert) affirme ne pas y prêter attention. Info ou intox ? Gérald Veniard (Macif) quant à lui, trouve dans son recul au classement, comme dans toute chose, matière à philosopher. Les regarder sans en faire une obsession. S’en inspirer pour en extraire le meilleur sans laisser de côté son intuition et son libre arbitre. Les concurrents de la Transat BPE, comme l’ensemble des compétiteurs, entretiennent des rapports particuliers avec les classements, mais pour tous, ils sont un point de repère dans un quotidien parfois décalé et la certitude qu’aucun d’eux ne lâchera.
 
A terre également, les pointages revêtent une importance cruciale et à y regarder celui de ce matin d’un peu plus près, les informations ne manquent pas. Au nord, la majorité des solitaires a retrouvé du vent et quitté la zone rouge, mais pas de manière encore assez flagrante pour contenir les assauts des sudistes qui eux bénéficient d’un flux plus prononcé d’au moins un nœud voire plus pour certains. Nicolas Troussel en leader assuré depuis plusieurs jours a réussi à maintenir son assise, mais il sent à présent le souffle d’un certain Gildas Morvan sur son tableau arrière. Aux avant-postes il y a encore quelques heures, Gérald Veniard et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) ont du laisser leur place sur le podium. Au sud, le trio n’est plus! En effet, si le skipper de Cercle Vert a poursuivi sa route en tentant de gagner vers la route directe, François Gabart et Erwan Tabarly ont fait le choix d’aller chercher plus de pression en glissant encore un peu. Le premier s’en inquiétait ce matin quand à bord d’Espoir Région Bretagne on affichait une belle satisfaction. Mais le dénominateur commun d’une voie à l’autre demeure non seulement une réduction des écarts en distance au but, mais également la tendance amorcée d’un resserrement de la flotte en latéral. L’entonnoir se forme et tout l’intérêt sera de savoir qui s’en extraira le premier…
 
Ils ont dit…
 
Gildas Morvan (Cercle Vert) – 2ème au classement de 5h
 
« La nuit est toujours très noire, et le vent est irrégulier, on a entre 14 et 18 nœuds. C’est entré doucement dans la nuit, c’était bien parti, mais là ça a molli à nouveau. J’essaie de dormir quoi qu’il arrive, surtout qu’il fait encore assez frais la nuit et que quand le vent est assez fort le pilote barre bien donc j’en profite.
Je suis à nouveau dans les 3 premiers mais je n’ai pas fait de plans sur la comète pour avoir cette position. J’ai fait ma route en fonction des conditions mais il peut encore se passer plein de choses, il y a encore du boulot. Et le classement je ne le regarde quasiment pas en fait, ce que je surveille et ce qui m’ennuie le plus, c’est le décalage par rapport à Athema et Espoir Région Bretagne qui glissent très sud. Ca ça m’inquiète plus que le classement. Moi aussi j’aurais aimé descendre un peu plus. Enfin, j’essaie de bien naviguer avec ce que j’ai. Il va juste falloir faire les décalages au bon moment. Oui je me détends un peu, le matin, j’écoute un peu de musique et pendant que je barre aussi, mais en général dans des conditions si molles on ne se distrait pas trop, quand le vent sera établi ça ira mieux.
J’écoute beaucoup de Bashung, Micky Green, Serge Gainsbourg, Renan Luce, Cold Play, U2, et Texas et bien sur Amy Winehouse ! »
 
François Gabart (Espoir Région Bretagne) – 5ème au classement de 5h
 
« Le vent s’est levé assez fort donc je ne vais pas trop traîner. J’ai entre 23 et 25 nœuds. Ce n’était pas prévu comme ça, il faut surveiller les fichiers car je ne sais pas trop dans quel sens ça va changer. C’est plutôt une bonne surprise ce vent mais je ne sais pas ce qu’ont les autres par contre. Il va falloir regagner dans l’ouest au fur et à mesure dans les jours qui viennent car là j’ai quand même 30 milles de décalage avec Gildas, mais je suis tout de même content de ma position. J’attends le prochain classement pour voir les conditions qu’ont les autres. Il ne faut pas négliger les classements, ils permettent de déduire le vent que chacun a et ça c’est très important. Par exemple je pense que pour Nico Troussel et Gérald Veniard c’était important pour eux de voir que Thierry Chabagny et Adrien Hardy étaient empétolés hier… . Mais bon, après ce n’est c’est qu’un constat, il faut malgré tout faire sa route en fonction des conditions qu’on a. Les placements tactiques on les fera plutôt à l’approche de Marie-Galante.
J’ai bien dormi en début de nuit ce qui tombe bien car là ce n’est pas le moment d’aller me coucher, surtout que je viens d’empanner. Je pense qu’on a tous trouvé notre petit rythme de croisière, moi je fonctionne beaucoup par siestes de 20 minutes. »
 
Gérald Veniard (Macif) – 4ème au classement de 5h
 
« La nuit a été agréable, le bateau recommence à glisser gentiment et on a une belle lune qui nous a bien éclairé la seconde partie de la nuit. Il  y a plein d’étoiles aussi, c’est superbe. Les concurrents les plus au sud ont plus de vent, actuellement ils nous prennent à peu près 40 milles par jour et malheureusement j’ai peur que l’hémorragie ne soit pas tout à fait terminée… Ce n’est jamais agréable de perdre des places sans pouvoir y faire grand-chose parce que je ne peux pas y aller moi dans le sud… Par contre on aura un meilleur angle pour empanner mais bon… C’est la vie, il faut rester philosophe ! Là c’est un moment difficile à passer, mais je me dis que je n’ai pas tellement de raisons d’être malheureux, ce n’est pas terminé. Là je dois avoir environ 14 nœuds de vent et j’avance à 7,5 nœuds. Je fais tout en même temps, je lis en écoutant des émissions de radios. J’ai découvert l’émission « Les Pieds sur Terre » sur France Culture, c’est génial ! Et je gère mon petit stock de livres, ça devrait me tenir jusqu’à la fin. Côté nourriture, j’ai même de quoi faire le retour s’il faut, et c’est pareil pour l’eau ! Donc il va y avoir une douche complète du bonhomme certainement aujourd’hui ça va être génial. Le départ de Mermoz a été un moment très difficile ! Mais je me console en me disant que c’est un oiseau de mer et qu’il n’est donc certainement pas perdu. Je ne sais pas ce que c’est comme race mais j’en ai souvent vu au large des comme ça. Je me demande comment il fait pour vivre si loin des côtes, mais je ne me fais pas de soucis pour lui. Lui il était incroyable, il entrait dans la cabine, il faisait comme chez lui, il se posait sur moi, pour un animal sauvage c’était très surprenant à voir. »

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Passation de pouvoir sur la Transat

Morvan 09
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 Nicolas Troussel a fini par céder la conduite de la course aux hommes du sud. Gildas Morvan, à la faveur d’un recentrage judicieux, a réussi à glisser son monotype devant l’étrave de Financo. L’homme des Abers devant celui de la baie de Morlaix : cette Transat BPE ressemble bigrement à une bataille entre gens de pays. D’autant qu’un Erwan Tabarly qui pointe juste derrière est, lui aussi, en terrain de connaissance.
Le vent retrouvé sur l’autoroute des alizés regonfle à la fois les voiles et le moral des navigateurs. Même un Adrien Hardy (Agir Recouvrement), isolé sur la route du nord, reconnaissait avoir retrouvé une certaine joie de vivre après deux jours difficiles : ce n’est jamais simple de se débattre dans des vents erratiques, quand la houle ballotte le bateau et que l’anticyclone étend ses langueurs sur la flotte. Et tous de faire, contre mauvaise fortune bon cœur. Les tenants de l’option nord, même s’ils voient défiler un peu trop vite à leur goût la caravane des sudistes, prennent aussi un réel plaisir à glisser sur une mer moins ordonnée qu’il n’y paraît. Et d’enquiller les surfs tel un Armel Tripon (Gedimat) qui avait réussi à atteindre les 18 nœuds sous pilote dans une nuit d’encre…


Tripon fripon, Veniard peinard

Armel Tripon, le skipper de Gedimat reconnaissait d’ailleurs être parfaitement heureux de son rôle du chien dans un jeu de quille. En optant pour une route radicalement sud, le Nantais sait qu’il trouble l’exercice de contrôle entre les leaders. S’il lui reste à combler un retard de près de 150 milles sur la tête de course, Armel s’amuse visiblement d’obliger ses concurrents directs à jeter un œil régulier dans le rétroviseur. S’il en est un autre qui découvre les délices du solitaire longue distance, c’est bien Gérald Véniard le skipper de Macif. Le Savoyard, habitué des joutes au contact de la Solitaire du Figaro, s’illumine à chaque vacation, du bonheur d’être en mer, de profiter du temps qui s’égrène au fil des messages échangés avec sa compagne, de ses conversations avec un moineau migrateur surnommé Jean Mermoz, autre navigateur ailé solitaire, hébergé quelques jours à bord. Quand certains se rongent les sangs à la lecture des classements, d’autres ont choisi de prendre avec avidité les plaisirs simples que la navigation dans les tropiques offre tous les jours : un surf sous spi, le soleil, la navigation en short et tee-shirt quand la métropole frissonne encore à chaque petit matin… Au final, le plaisir partagé n’est-il pas une des meilleures garanties d’efficacité ?

Le mot du jour : polaire de vitesse
Aujourd’hui, la polaire de vitesse est devenue un élément primordial de l’élaboration d’une stratégie pour un navigateur. La polaire de vitesse intègre les vitesses cibles du bateau suivant son allure, son angle par rapport au vent, la vitesse du vent. Toutes ces données théoriques, affinées par les solitaires au cours de leurs heures de navigation sont ensuite intégrées dans l’informatique de bord et permettent d’établir des routages en fonction des prévisions météorologiques. Les limites d’utilisation de la polaire sont les prises en compte de l’état de la mer ou la fatigue du navigateur. C’est, dans ce cas, au navigateur d’introduire un coefficient pondérateur.

Ils ont dit :

Armel Tripon – Gedimat – 9ème au classement de 15h
« Ça me fait plaisir de savoir qu’Erwan me surveille, ça veut dire que je suis dans le match ! Je suis content oui, mais comment ne pas l’être ? J’ai trouvé ce que je suis allé chercher, c’est-à-dire plus de pression tout en m’écartant de cet anticyclone. Cette nui,t ça a bien cartonné et là, j’ai autour de 20 nœuds. Il y a pas mal de mer, la mer d’alizé, pas du tout rangée, mais il y a quand même quelques belles vagues à prendre en surf. Cette nuit, j’ai fait du 16/18 nœuds sous grand spi, dans la nuit noire c’était sympa. J’étais sous pilote, c’était marrant ; il y a une super sensation de vitesse, de danger aussi car si on lofe ou on abat un peu trop, le bateau peut vite flancher. Je suis assez décalé, ce qui m’offre une opportunité de jeu et puis, j’aime bien savoir que les autres ont un œil sur moi, d’autant que moi, je n’ai personne à surveiller derrière. Ça devrait durer encore 8 ou 9 jours, il va encore se passer beaucoup de chose. C’est très intéressant à ce stade du jeu. Heureusement qu’il y a encore du suspense et qu’on ne connaît pas le nom du vainqueur, ça tient tout le monde en haleine. »

Adrien Hardy – Agir recouvrement – 10ème au classement de 15h
« Les conditions sont bien meilleures qu’hier et avant-hier, ça fait du bien. Je commence à toucher un peu de vent, c’est bon pour le bateau et bon pour le moral. C’est très dur de savoir que les autres avancent pendant que toi tu galères. J’ai été optimiste jusqu’au bout, mais finalement ça a été horrible, j’ai eu des vents orienté assez nord avec de la houle, c’était vraiment très désagréable. J’ai essayé de me dépatouiller avec ce que j’avais. J’ai eu des périodes de découragement et dans ces moments là, j’allais me reposer car je considérais que ça ne servait plus à rien. Je regarde quand même les classements même si je sais bien que ça va continuer à gagner dans le sud …
Il y a encore de la route, même si pour moi, il ne va plus se passer grand-chose niveau stratégie, maintenant c’est tout droit jusqu’à l’arrivée, ça va être une course de vitesse. Ce sera déjà bien quand j’arriverai à avancer à la même vitesse que les gars du sud. C’est le jeu, j’ai joué, peut être un peu trop, mais c’est comme ça. Là, il fait 24 degrés à l’intérieur du bateau et le vent est un peu plus établi, j’ai 15 nœuds ; les alizés sont de retour. »

Erwan Tabarly – Athema – 2ème au classement de 15h
« Je pense qu’il peut rester encore un peu de tactique, la route est longue. Moi, j’ai 25 nœuds de vent, ça avance bien, ça déboule c’est même un peu chaud par moment. J’avance au dessus de 10 nœuds en permanence. C’est agréable d’aller vite, ça permet de faire de la navigation, de mettre le pilote et même de faire des vacations. Je me suis décalé de Gildas : lui joue plutôt les bascules, il est à l’affut de toutes les rotations de vent. Quant à moi, je mise sur la force du vent. Pour l’instant je ne sais pas ce qu’il y a de mieux. C’est encore serré et il y a François juste derrière, il est bien revenu, il avance bien, je le surveille de très près. Je ne suis pas surpris, je sais bien qu’il a du talent. Je regarde aussi les nordistes, je ne suis pas trop surpris d’aller plus vite qu’eux car ils sont plus proches de la bulle. J’ai le temps de vivre un peu, aujourd’hui ca va être plus dur car il y a du vent, mais jusqu’à présent c’était plutôt tranquille. J’ai aussi des livres, mais pas eu le temps de les entamer encore. Armel, je le regarde aussi de près, il a un décalage important mais au dernier pointage il avançait moins que moi donc c’est rassurant, mais tout de même il ne faut pas le perdre de vue. »

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InterDist distribue l’accastillage Seldén.

Selden Mast
Selden Mast

La société Seldén France annonce qu’elle vient de confier, à compter du 1er mars 2009, la distribution de sa toute nouvelle gamme Accastillage de pont à la société InterDist (distributeur Spinlock, Lancelin, Gill et Whale).

La gamme complète d’accastillage de pont Seldén se compose de :
– poulies à billes, à friction, winch ou pour câbles
– taquets coinceurs ou à sifflets
– tourelles hautes, de mâts,….

Suite à son implantation française en avril 2007 (Vendée 85), la société Seldén, réputée pour sa large gamme de produits, souhaite, à ce jour, se concentrer sur son activité principale, la fourniture de gréements complets carbone ou aluminium et d’équipements (tangons, bouts dehors carbone ou aluminium, enrouleurs de génois…).

Source : Seldén France
www.seldenmast.fr

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Avantage aux sudistes

gabart 09
DR

Si les conditions de vent rencontrées ces derniers jours remportaient jusqu’alors les suffrages de l’ensemble de la flotte de la Transat BPE 2009, force est de constater que depuis hier soir l’adhésion à la tendance est bien différente selon que l’on soit au nord ou au sud. Et pour cause… Depuis le départ de Belle-Île-en-Mer le 5 avril dernier, les choix stratégiques en termes de route avaient été différents et, à de petits détails près ou presque, tous avaient connu des conditions de navigation assez semblables. Du près dans une mer plus ou moins formée de l’Ouest au Sud dans un premier temps, puis le passage à Madère et le portant, les surfs et la conduite inhérente à la route des Alizés ou du moins ce qui devait y ressembler. Mais depuis plusieurs jours, tous s’étaient préparés à ce que cela ne dure pas. La sanction a donc fini par tomber, motivée par la fameuse bulle anticyclonique bien campée sur ses positions au niveau du 27ème Nord.

Les derniers classements marquaient un resserrement lent et progressif des écarts; le levé du black-out des positions ce matin en a livré bien plus. A titre d’exemple, Gildas Morvan a profité de la nuit pour réduire le retard de presque 30 milles, jusqu’alors concédé à Nicolas Troussel. Erwan Tabarly a fait de même en gagnant presque 26 milles. Mais c’est au jeune François Gabart que revient la palme du « grignotage », le skipper Espoir Région Bretagne ayant grappillé pas loin de 35 milles sur ses aînés… Plus loin de la zone désertée par le vent, ces derniers bénéficient en toute logique de vents plus soutenus que leurs concurrents nordistes dont les moyennes de vitesse chutent de manière significative. L’équation est connue ! Les sudistes touchent donc du doigt une récompense attendue et mûrement construite ces derniers jours et s’appliquent maintenant à mettre de l’ouest dans leur route pour se rapprocher de l’orthodromie et gagner au maximum vers Marie-Galante. Au nord, dans la nuit molle, les interrogations vont bon train, la principale étant de savoir combien de temps ce régime strict leur sera imposé. De quelques heures à deux jours, les avis divergent selon l’optimisme des caractères de chacun, mais une dominante s’impose sans discussion, la hâte de se sortir des affres de la pétole et la crainte de voir la concurrence s’échapper.

Alors que la flotte de la Transat BPE Belle-Île-en-Mer – Marie Galante 2009 a déjà parcouru la moitié de la route entre la Bretagne et les Antilles, une certaine tension s’installe au nord, quand au sud on affiche une forme insolente. Les uns peinent à trouver le sommeil et les autres jouent la carte de la sérénité… Combien de temps les sourires de la flotte seront-ils inversement prononcés ?
 
 
Ils ont dit…
 
Nicolas Troussel (Financo) – 1er au classement de 5h
 
« Ca va pas mal, il n’y a pas beaucoup de vent, on se traîne un peu depuis hier soir, c’est un peu laborieux, mais ça va revenir. Cette nuit il devait y avoir quelque chose comme 7 nœuds. Il faut donc être sur les réglages, il y a des bords pas facile à tirer car on a des empannages à faire donc ce n’est pas évident de savoir de quel côté se mettre car on ne sait pas d’où le vent va revenir. Il faut être plus vigilent aux variations et moi je suis toujours embêté avec ma girouette, je suis tout le temps avec ma télécommande à corriger la marche du bateau. On en a plus pour longtemps de ce passage mou, ça commence à rentrer doucement. Ce soir ça devrait être établi nickel.  Le fait d’être à mi-course ne me surprend pas, car je compte en jours et j’étais à 10 jours mardi soir, donc dans ma tête c’est déjà fait. Quant aux routages ils nous font arriver vers le 25 ou le 26. Mais pour tout te dire je regarde l’état actuel de la course, et je réfléchis à ce qu’il faut faire pour que ça marche. Ce que je vois c’est surtout les écarts par rapport aux autres. Je regarde les différences latitude – longitude. »
 
Thierry Chabagny (Suzuki) – 3ème au classement de 5h
 
« La nuit a été un peu longue en termes de force de vent, donc j’ai passé pas mal de temps à la barre. On a un vent de nord-est entre 6 et 9 nœuds. Je pense que ça peut durer encore 2 jours à ce rythme là. Disons qu’à quelque chose prêt ça pourrait être top : si ça montait juste à 10 nœuds ce serait nickel, mais si ça descendait à 4 là ce serait vraiment très chiant. L’anticyclone est énorme donc si le vent tourne un peu on pourra aller plus facilement dans le sud donc ça durera moins longtemps. C’est vraiment lui qui va décider. Mais bon, je m’y étais préparé, je savais que ça allait mollir. Hier j’étais toute la journée à la barre, donc pas de repos. En fait j’ai l’impression de revenir à un régime de Solitaire du Figaro dans ces moments là. Alors que la nuit précédente on avait 15 nœuds de vent et j’étais sous pilote tout la nuit. Là je vole du sommeil à droite à gauche donc forcément c’est plus fatigant et beaucoup moins agréable. La mi-course ce n’est pas un cap psychologique mais c’est intéressant de le savoir pour la gestion des stocks de nourriture et d’eau. Ce n’est pas agréable cette molle, c’est terrible parce que ça te fait perdre énormément de terrain. J’essaie de faire du sud depuis une semaine pour éviter d’être ralenti mais c’est tout de même arrivé… »

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Le Team Banque Populaire en mode D35

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L’heure de la grande rentrée des classes sonne donc du côté de la Suisse et quel que soit le support, c’est avec la même passion et l’ambition d’une progression à long terme que Pascal Bidégorry et ses équipiers vont effectuer la conversion. De trois coques à deux coques et des horizons océaniques au lac Léman, les envies et les attentes restent d’une rare cohérence comme le confirme le skipper des multicoques Banque Populaire : « Le fait de prendre part au Championnat de Décision 35 va nous permettre d’avoir un programme sportif plus fourni et plus équilibré sur l’ensemble de l’année et de ce fait d’avoir un équipage habitué à fonctionner et à vivre ensemble. On sait qu’avec un Maxi Trimaran comme Banque Populaire V, il y a des périodes de break, ne serait-ce qu’en termes d’entretien. Nous allons les combler de manière constructive. D’autre part, le Décision 35 est un support qui nous permet de faire du multicoque à haut niveau et dans des conditions techniques et logistiques relativement simples. Ce bateau reste un monotype et même s’il y a un minimum de mise au point à faire, ça reste facile d’accès ».


Un équipage de choc à bord du D35

La semaine prochaine, une partie de l’équipage taillé pour les records mettra donc le cap sur Versoix, camp de base des premiers entraînements à bord du monotype. Une fois encore, Pascal Bidégorry s’est entouré d’un casting de choix pour aller défier les grands habitués de la série : « J’aurai la chance d’être accompagné par Yvan Ravussin, quelqu’un d’indispensable dans la mise en place de ce beau projet. L’équipage sera également composé d’un noyau dur des navigants du Maxi Trimaran parmi lesquels Jérémie Bayou, Emmanuel Le Borgne, Ronan Lucas, Antoine Gautier et Kevin Escoffier. Enfin, nous aurons le plaisir de retrouver Dimitri Deruelle* avec qui nous avions amorcé un travail très fructueux sur les dernières épreuves du Championnat Orma. Il a l’habitude des petits bateaux, de la monotypie et des plans d’eaux techniques. Il a beaucoup à nous apporter. Malgré la contrainte de poids que nous impose la jauge, l’équipage sera composé de 8 navigants du Maxi Banque Populaire qui se relayeront pour la saison ! ».

Des objectifs entre humilité et compétitivité

La semaine prochaine sera donc consacrée aux premiers entraînements sur le lac à bord d’un Décision 35 prêté par Guy de Picciotto avec qui Pascal Bidégorry a déjà eu l’occasion de naviguer. Le Team Banque Populaire hissera ses propres voiles à bord. La livraison du monotype aux couleurs de la Banque de la Voile se fera quant à elle aux environs du 27 avril. Un moment attendu par le skipper : « En attendant d’avoir le Décision 35 à bord duquel nous disputerons les régates, notre équipe technique pourra quand même travailler sur la plateforme, poser l’électronique et préparer la carène. Dès qu’il sera prêt nous le mettrons à l’eau à Versoix pour les premières navigations. Notre but sera alors de nous familiariser avec notre monture et d’affiner notre organisation à bord. Nous sommes parfaitement objectifs quant à nos attentes en termes de résultats. Nous ne pouvons que constater qu’il y a sur le Championnat beaucoup d’équipages chevronnés qui sont présents depuis de nombreuses années. Il nous faudra donc d’abord acquérir les automatismes. Nous y allons avec beaucoup d’humilité mais nous ferons tout pour être compétitifs le plus rapidement possible. Nous sommes toutefois assez confortés par le fait que de nombreuses équipes ont fait appel cette saison à d’anciens navigants du Circuit Orma. Nous devrions donc pouvoir y trouver nos marques… ».

Leur grande expérience du multicoque et l’envie irrépressible de tirer le meilleur du Décision 35 seront à n’en pas douter des atouts de poids face à la concurrence pour Pascal Bidégorry et ses hommes. Dès dimanche prochain, le skipper basque, accompagné par Yvan Ravussin et Emmanuel Le Borgne, iront d’ailleurs jauger leurs futurs adversaires en « simple » observateur sur le plan d’eau suisse. Après deux semaines d’entraînement, le Team Banque Populaire pointera ses étraves vers le premier rendez-vous du Championnat de Décision 35, le Grand Prix Corum. Une première confrontation qui leur  en apprendra forcément beaucoup sur les forces en présence…

* Le marseillais Dimitri Deruelle est l’un des piliers du Tour de France à la Voile qu’il a remporté à deux reprises. Il totalise également deux sélections au Jeux Olympiques et deux titres de Champion du Monde. Dimitri a également officié en tant que tacticien à bord de Banque Populaire IV.

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