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Chiffonniers au contact et suspense en mer Celtique

Armel Tripon (Gedimat) - Solitaire du Figaro
DR

Faire de la vitesse et serrer le vent. Voilà le menu du jour pour les 52 Figaristes lancés, au près, dans la traversée de la dorsale anticyclonique depuis la nuit dernière. Tous semblent viser un point fictif au sud du Fastnet. « The Rock » n’est pas marque de passage, mais c’est dans son sud immédiat que pourrait bien se jouer le prochain moment clé de l’étape. A savoir une phase de transition entre le vent d’ouest à nord-ouest actuel qui oblige à vivre penché et la bascule au sud-ouest, prévue demain, qui permettra d’ouvrir les voiles en grand et d’envoyer les spis pour accélérer nettement vers Dingle, encore distante d’un peu moins de 190 milles ce mercredi après-midi.
Dans cette grande bataille vers l’Irlande, on peut constater d’abord que les leaders au classement général sont une fois de plus dans le coup. Le jeune Nicolas Lunven (CGPI, 11e à 1,9 mille) tient parfaitement son rang de maillot jaune et bénéficie en outre d’un bonus non négligeable : il navigue à vue, quasiment bord à bord, avec son plus dangereux adversaire Yann Eliès (Generali). Ce n’est pas forcément du luxe. Ces deux-là sont dans le paquet des leaders, le plus proche de la route directe, mais aussi le plus à l’est de la flotte. Ce petit groupe est emmené depuis hier par Antoine Koch (Sopra Group) et Armel Tripon (Gedimat), tous deux auteurs d’une remarquable trajectoire. Entre autres…

Avantage gauche ?

Entre autres, car dans l’ouest on est passé à l’attaque. En virant de bord un peu plus tard dans le début de la dorsale la nuit passée, des ténors comme Armel Le Cléac’h (Brit Air), Gildas Morvan (Cercle Vert), Charles Caudrelier Benac (Bostik) et Erwan Tabarly (Athema) ont joué une carte importante. Ceux-là semblent désormais idéalement placés, à la fois parce qu’ils sont plus proches du vent venant de l’ouest et surtout parce qu’ils anticipent avec davantage de marge le fameux passage au sud du Fastnet. « Il faut attendre » assure Michel Desjoyeaux (Foncia), qui s’y connait un peu en stratégie, « mais je donnerais bien quelques crédits de plus à ceux de l’ouest.»
Au pointage de 16h, on constate un premier changement d’importance : Armel Le Cléac’h – un homme de l’ouest donc – vient s’intercaler en deuxième position à 0,2 mille, juste devant Armel Tripon qui était jusqu’ici quasiment à égalité avec Antoine Koch en tête et dont le Gedimat se retrouve désormais 3e à 0,6 mille. Et ce n’est pas un hasard, car cette alternance entre un homme de l’ouest et un homme de l’est se répète avec une régularité de métronome dans les 15 premiers. Il n’y a pourtant guère que 5 milles d’écart latéral entre la pointe gauche et la pointe droite des leaders… mais quelle bagarre !

Absolument rien n’est joué au moment où les concurrents sortent de la Manche ce soir, pour s’atteler à la traversé de la mer Celtique. Et côté spectacle, pardon aussi : avec les deux leaders du général à droite (Nicolas Lunven et Yann Eliès) et leurs deux poursuivants immédiats (Charles Caudrelier Benac et Armel Le Cléac’h) de l’autre côté, on attaque à tous les étages dans cette troisième étape vers les brumes d’Irlande. Or, malgré cette débauche d’inventivité et d’idées différentes, les écarts sont toujours infimes : les six premiers en un petit mille, les douze en deux milles, les vingt en quatre milles…
Autrement dit encore, il y a d’ores et déjà peu de chances que l’arrivée à Dingle demain soir jeudi accouche de grands écarts, d’autant que l’accélération avec le sud-ouest atténuera, en temps, les effets des écarts en distance au classement général. Donc il est quasiment acquis que le suspense sera entièrement préservé avant la quatrième et dernière étape, ce dont on avait perdu l’habitude ces dernières années. Pour la 40e de La Solitaire, les Figaristes font décidément fort bien les choses.
BM

Les echos du large :

Michel Desjoyeaux (Foncia, 9e à 16h00) : « Le vent est en train de partir un peu plus ouest, donc on commence à ouvrir les voiles. On va accélérer un petit peu et les camarades au-dessus vont arrêter de nous marcher sur la tête. J’ai fait un début pas trop mal mais cette nuit dans la dorsale, je me suis arrêté net, Charles Caudrelier Benac est passé et j’ai mis beaucoup de temps à me remettre en route. Je ne sais pas trop pourquoi mais je n’arrivais pas à régler correctement le bateau et à le faire avancer dans le petit clapot. Il y a des gens de gauche qui ont réussi à passer la dorsale comme Armel Le Cléac’h, et Gildas Morvan qui s’en sortent super bien, je ne sais pas comment ils ont fait. Quand on va arriver à l’approche de la pointe et de la petite dépression, le vent va passer ouest, puis sud-ouest et à ce moment-là ceux qui sont plus en haut s’en sortiront mieux. Il faut attendre, mais je donnerais quelques crédits de plus à ceux qui sont à l’ouest. Je tire mes cartes météo papier avec mon fax toutes les 6 heures et pour l’instant le schéma météo du départ se confirme. »

Nicolas Lunven (CGPI, 11e) : « Il y a deux groupes, est et ouest, et je suis globalement où je voulais être, donc tout va bien. Le fait qu’il n’y ait pas eu d’écarts à se creuser dans l’anticyclone est plutôt une bonne chose et en plus j’ai Yann Eliès à 100 mètres sous mon vent, qui est mon plus gros concurrent au classement général. Je ne vais pas calquer ma course sur tel ou tel bateau, mais c’est sûr que c’est positif. Je pense qu’on a fait le plus dur la nuit dernière dans l’anticyclone. Je ne pense pas qu’il y aura de grosse mistoufle d’ici l’arrivée, mais tant qu’on n’a pas franchi la ligne… »

Paul Meilhat (Domino’s Pizza, 30e) : « Je n’étais pas content de mon début de course, notamment parce que j’ai chopé plein d’algues qui m’ont ralenti jusqu’à Penmarc’h. Là, je suis bien remonté dans le milieu du paquet, on est au près océanique. Les conditions étaient un peu tordues car le vent a beaucoup varié et la mer était un peu mal rangée mais ça va mieux. Tout va bien. La météo a l’air assez clair… »

Armel Tripon (Gedimat, 3e) : « C’est un peu nouveau pour moi d’être devant sur La Solitaire, et c’est bien motivant ! Il n’y a pas vraiment de pression, c’est plus de l’excitation qui fait que je n’arrive pas trop à dormir franchement… Je régate quand même ! Le vent est à peu près stable, ça ne cartonne pas trop, on se prépare à la nuit prochaine. Dans l’idée générale, il y aura une transition délicate avant de retrouver le vent de sud-ouest. Sinon à bord, c’est musique, chocolat et petite plongée dans l’eau hier pour enlever les algues… Il y a du monde autour, le moral est super bon, c’est quand même agréable d’être là, à jouer avec les tous premiers depuis le début. Il n’y plus qu’à se battre jusqu’au bout et tenir la cadence. »

Nicolas Troussel (Crédit Mutuel de Bretagne, 22e) : « La bataille est âpre, cette nuit et ce matin, ce n’était pas facile… Les bateaux se sont un peu éparpillés, on fera le point au prochain classement. J’ai pas mal dormi cette nuit, mais je me suis fait un peu décrocher, donc je cravache pour essayer de remonter. Pour l’instant il y a un bord un peu obligatoire avec deux options : soit lon fait un peu plus de vitesse ou bien un peu plus de cap. L’arrivée sur Dingle peut être un peu plus compliquée, donc il faut être vigilant pour bien gérer l’atterrissage sur les côtes irlandaises. Il y aura un ou deux petits coups à faire sans doute. Il faut prendre son mal en patience et rester concentré sur la vitesse du bateau. »

Gérald Véniard (Macif, 6e) : « Il y a des petites éclaircies sympathiques, je suis en train de sécher au soleil au moment ou vous m’appelez. On est au près, il reste 200 milles avant d’arriver à Dingle dans la nuit de jeudi à vendredi. »

Antoine Koch (Sopra Group, 1er) : « Ça va pas mal, la nuit s’est plutôt bien passée donc le moral est bon. C’est un peu tout droit maintenant. La difficulté est que le vent est très instable en force et en direction, donc il faut être tout le temps aux réglages de grand voile et pataras pour aller le plus vite possible. Plus on est devant et plus on est dans l’ouest, plus on aura un vent un peu plus fort et adonnant qui sera favorable. Il reste 200 milles à faire, je pense qu’on arrivera en milieu de nuit de jeudi à vendredi. C’est très motivant d’être bien placé dans un bon coup et c’est le meilleur antidote contre la fatigue, mais c’est vrai qu’on n’a pas pu beaucoup dormir. La première clé maintenant est d’aller vite vers la pointe de l’Irlande et il y aura peut-être une phase de transition à gérer entre le vent d’ouest-nord ouest qu’on a maintenant et le sud-ouest. Enfin, le long de la côte irlandaise, ça peut être piégeux, donc il faudra être attentif jusqu’au bout. »

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Jean Le Cam sera à bord du Multi50 d’Yves Le Blevec

Le Blevec / Le Cam
DR

Le choix : un élément de réussite essentiel
Pour Yves Le Blevec, bien choisir son co-skipper était primordial. Il fallait un co-skipper aux compétences pointues pour mener un multicoque à travers l’Atlantique mais aussi un homme qui partage les mêmes valeurs et le même franc-parler. Yves, vainqueur de la Transat 6.50 en 2007 a choisi un marin de grande expérience au palmarès très étoffé tant en monocoque qu’en multicoque, Jean Le Cam.

Yves Le Blevec et Jean Le Cam, deux parcours parallèles et complémentaires
Pendant que l’un joue les perfectionnistes sur ses bateaux, l’autre prépare des multicoques géants comme un orfèvre.
Après avoir été responsable technique de la préparation du maxi catamaran Team Adventure pour The Race, Yves le Blevec enchaîne la préparation du VMI de Sébastien Josse, du maxi catamaran Orange 1 de Bruno Peyron et endosse le titre de team manager et boat captain sur Orange 2. Ces expériences constituent une véritable école de vie : « Participer à la gestion des projets Orange 1 et 2 avec Bruno Peyron m’a apporté énormément. Cela permet de mettre en place un projet homogène. Avant de pouvoir gagner, il faut être certain d’arriver …». Puis, pendant 2 ans, il prépare minutieusement son prototype Mini 6.50 GROUPE ACTUAL afin de courir la Transat 6.50 Charente Maritime – Bahia. Homme avenant et chaleureux, Yves a toujours mené son projet avec une énergie positive remarquable. Il affiche clairement son objectif : remporter la Transat 6.50 Charente Maritime – Bahia. Cette victoire, il l’obtient au bout de 23 jours 3 heures 51 minutes 24 secondes.

Marin passionné, Jean le Cam attache une grande importance à mettre au point et à perfectionner ses propres bateaux. Pionnier du Formule 40, grand animateur des multicoques Orma 60, figure emblématique de la classe Imoca 60 et de la classe Figaro, il collectionne les plus beaux titres : Champion du Monde de Formule 40 en 1988 et 1989, triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, vainqueur de la Transat AG2R en 1994, 2ème du Vendée Globe 2004-2005, 2ème de la Route du Rhum 2006.

Un échange enrichissant
Yves et Jean ont tous les deux un point commun : Ils se passionnent pour la mise au point des bateaux afin d’optimiser leurs performances au point le plus extrême. Jean le Cam apportera un œil extérieur au projet d’Yves le Blevec. La Transat Jacques Vabre sera l’occasion de mettre en exergue leurs compétences au service du Multi50 ACTUAL et de le peaufiner en vue de la Route du Rhum 2010.

Déjà dans le bain
Dès la mise à l’eau du Multi50′ ACTUAL, les deux skippers entameront une longue période d’entraînement qui passera notamment par la qualification obligatoire de 1000 milles. Jean Le Cam a déjà commencé à étudier le parcours de 5005 milles entre le Havre et Puerto Limon au Costa Rica, tandis qu’Yves le Blevec peaufine la fin de la construction du trimaran qui sera mis à l’eau le 20 août prochain.

Pour Samuel TUAL, Directeur Général du Groupe ACTUAL : «Nous sommes très satisfaits du choix d’Yves parce que Jean le Cam est très expérimenté en course au large et notamment sur la Transat Jacques Vabre qu’il a courue de nombreuses fois. Il est connu et reconnu pour ses performances sportives. En plus d’être un skipper talentueux, Jean Le Cam est passionné par la technologie et l’innovation. Les échanges d’expertises qu’il a eus avec Yves le Blevec sont enrichissants et vont permettre de renforcer notre projet. C’est une personnalité qui nous va bien et qui partage des valeurs humaines communes à Yves et à ACTUAL, il représente un atout indéniable pour notre projet."

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Enorme bagarre dans les îles

Foncia - Solitaire du Figaro
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La route des figaristes pourrait figurer dans le meilleur des programmes touristiques au menu « visite guidée des îles bretonnes ». Sauf que les intéressés sont loin d’être en villégiature. A vrai dire, les hostilités ont démarré vers minuit alors qu’il a fallu faire un choix important : passer au-dessus ou au-dessous de Belle-Ile. Dans un long bord bâbord adonnant, la route logique emmenait les protagonistes sous le vent de l’obstacle, une option choisie par la majorité de la flotte. Seuls une dizaine de bateaux, emmenés par Armel Le Cléac’h (Brit Air) ont privilégié l’option du large et attendent désormais de savoir à quelle sauce ils seront mangés par les leaders de l’intérieur soit Michel Desjoyeaux (Foncia), Charles Caudrelier Benac (Bostik), Erwan Tabarly (Athema) et Gérald Veniard (Macif) pour ne citer qu’eux.

Ce matin, après une nuit bien humide et parfois pluvieuse, les 52 solitaires ferraillent désormais dans l’archipel des Glénan où la visibilité est mauvaise. Les pensionnaires du Centre d’Entraînement de Port La Forêt y sont en terrain connu et sauront peut-être mieux que quiconque éviter tous les dangers de cette baie mal pavée. Toutefois, nul n’est prophète en son pays, comme le faisait remarquer Armel Le Cléac’h à la vacation du matin et la situation est loin d’être limpide. Le vent est en train de basculer au nord-nord-ouest pour 11 nœuds environ et de nombreux coureurs ont déclenché les premiers virements de bord.

Dans les heures qui viennent, ça va tricoter dans tous les sens en baie de Port Laf’. « Ils risquent de passer entre les Glénan et les îles aux Moutons et dans l’étroit chenal des Pourceaux » prédit Jacques Caraës à bord du catamaran Direction de Course. Il y aura des cailloux, du courant, de nombreuses algues et enfin des bateaux de pêche, signalés au petit matin par Le PSP Cormoran, le patrouilleur accompagnateur de la Marine Nationale.

Il faut espérer que les coureurs aient pris le temps de se reposer un peu avant d’attaquer cette matinée tactique et technique. Les 25 milles restants jusqu’à cap Caval à la pointe de Penmarc’h (dernière marque de parcours à respecter) s’annoncent passionnants en tout point : les écarts sont très faibles, le vent doit tomber et son orientation reste fluctuante.

En tout cas, ce début de troisième étape tient ses promesses en termes de suspense et d’intensité. Rendez-vous en milieu de matinée au passage de cap Caval (Grand Prix GMF Assistance) où le classement pourrait encore être remanié.
C.El

Les échos de la mer

Erwan Tabarly (Athema- 3e à 4h30) : « J’arrive vers les Glénan »
« Tout va bien on est au près, le vent mollit un peu, j’arrive vers les Glénan, il va se passer encore beaucoup de choses et beaucoup de jeux. Les conditions sont assez clémentes, par contre le passage de Belle-Ile, ce n’est pas un moment facile pour dormir. Je n’ai pas encore dormi pour l’instant mais ca va je ne suis pas trop fatigué. On attend une bascule, je ne vais pas tarder à virer sinon je vais être sur les cailloux, je pense que je vais devoir tirer quelques bords pour aller sur Cap Caval, il va y avoir du jeu. »

Armel Le Cléac’h (Brit Air – 9e à 4h30) : « On arrive dans les cailloux »
« Ca ne va pas être facile. On arrive dans les cailloux, pointe au sud du Finistère avec un peu du courant et un vent qui va mollir un peu. Il faut être vigilent car c’est un endroit où il y a pas mal d’algues ce n’est donc pas le moment où l’on va dormir. J’ai pris l’option de passer au vent de Belle-Ile, en me disant qu’il y aurait plus de dévent sous le vent. Je ne sais pas où sont mes camarades, je crois apercevoir des feux devant donc je ne sais pas si ça a été bénéfique. Il y a du jeu, le vent bouge pas mal, on a eu des nuages avec de la pluie cette nuit et un vent qui est rentré jusqu’à 16-17 nœuds, là ça molli et entre les iles, le courant, les algues, et les effets de cite on arrive dans la baie de port la forêt : il y a des coups à faire. C’est un endroit que l‘on connait bien mais il faut faire attention à ne pas faire de bêtises. Il y aura surement des choses à éviter ! »

Nicolas Lunven (CGPI- 12e à 4h30) : « les conditions ne sont pas simples »
« Tout se passe bien, les conditions ne sont pas simples car on attendait une rotation du vent qui a eu du retard, cela me perturbe un peu, je n’ai pas fait un meilleur bord par rapport aux camarades donc on fera mieux la prochaine fois. Le vent molli, il faut être bien vigilent aux réglages, je viens de croisé une demi longueur derrière Défi Mousquetaires. Je me suis reposé entre Belle-Ile et Groix. Je suis en forme, j’ai réussi à faire 3 à 4 petites siestes de 10 minutes. Le temps devrait se dégagé dans la matinée. J’ai hâte que le jour se lève pour voir le plan d’eau et pour voir où j’en suis dans la flotte. J’ai des bateaux devant et je ne sais pas qui c’est. »

Gildas Mahé (Banque Populaire- 14e à 4h30) : « Une nuit pas mal ! »
« Une nuit pas mal, le bateau allait bien, je suis sous pilote histoire de pas faire trop d’écart de barre car je ne suis pas très précis la nuit. Je reste aux réglages et je laisse le pilote barrer, je contrôle ce qu’il fait et je vérifie que l’on ne se ramasse pas des tonnes d’algues.
J’attends le classement car certain sont passé à l’extérieure de Belle-Ile en ce qui me concerne je suis passé à l’intérieur, donc on verra bien. Les conditions sont bretonnes : humide, pas beaucoup de vent et de visibilité. Ca s’améliore actuellement, il n’y a pas beaucoup de mer donc ce n’est pas désagréable"

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La grande escalade

Vers Dingle - Solitaire du Figaro
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L’étape de montagne annoncée a bien lieu. La grande bagarre aussi. Les îles bretonnes ont parfaitement joué leurs rôles d’obstacles naturels et entrainé déjà quelques décisions stratégiques de haute volée et le lot de spectacle qui va avec : la nuit dernière, quelques-uns sont passés, sans succès, au grand large de Belle-île, dont Armel Le Cléac’h (Brit Air, 4e au général) et Gildas Morvan (Cercle Vert, 7e). Les autres, a contrario, ont fait l’intérieur.

Un peu plus loin au niveau des Glénan, certains ont tiré très à terre pendant que leurs camarades viraient plus tôt, avant le refus du vent, pour aller chercher Cap Caval, au sud immédiat du phare d’Eckmühl. Cette marque de passage obligé sanctionnait le Grand Prix GMF Assistance, remporté ce matin à 9h35 par un certain Michel Desjoyeaux (Foncia). D’autres enfin ont joué un joli coup avec un repositionnement judicieux en traversant au milieu des cailloux des Glénan, comme Yann Eliès (Generali, 2e au général) qui raconte : « je suis passé où je ne passerai jamais si je n’étais pas en course. J’ai coupé le fromage entre deux cailloux distants de 50 mètres l’un de l’autre. J’ai pris un risque en partant à 90 degrés de la route, mais je suis bien revenu dans le paquet, à la bagarre avec tout le monde. »

Des écarts faibles devant

La bagarre, ils n’ont que ce mot à la bouche. Et dès ce matin, on sentait qu’elle était rude. S’il n’y avait que peu d’écarts parmi les leaders derrière Michel Desjoyeaux (Foncia) au passage de Cap Caval (les 15 premiers en une demi-heure) il a fallu tout de même trois heures pour voir toute la flotte des 52 bateaux passer la marque. Au près, tribord amures, tous ont donc décidé de partir dans l’ouest, puisque le vent de nord-ouest relativement faible, 7 à 10 noeuds sur zone cet après-midi, est dans l’axe de la route vers l’Irlande.

Au pointage de 16h, à 333 milles de l’arrivée à Dingle, on n’en était toujours qu’à la latitude de la baie d’Audierne et les écarts en terme de distance au but étaient infimes : les 25 premiers en moins d’un mille et demi ! On n’arrivait même pas à ce pointage à déterminer un leader, Charles Caudrelier Benac (Bostik) et Michel Desjoyeaux (Foncia) étant pointés à exacte égalité (0.0 mille) Pour la place de troisième provisoire suivaient dans l’ordre et tous à égalité à 0,3 mille (555 mètres…) le premier bizuth Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham), Gildas Mahé (Banque Populaire), Erwan Tabarly (Athema) et Armel Tripon (Gedimat). Autrement dit six bateaux pour trois places sur le podium provisoire. Et tous pouvaient imaginer prendre la tête…

A ce petit jeu de tricot sur fond de ciel tout gris et houle opposée à la marche – pas exactement l’idéal pour faire de la voile – le leader au classement général Nicolas Lunven (CGPI) tenait parfaitement son rang : 12e à 0,7 mille. Son dauphin Yann Eliès (Generali, 15e) n’était qu’à 1 mille du leader. Absolument rien n’était joué encore donc, malgré cette débauche d’inventivité et les multiples nuances de trajectoires enregistrées depuis le départ de Saint Gilles Croix de Vie. Enfin, il faut encore se méfier de Jean-Pierre Nicol (Gavottes) et Louis Duc (Caen Normandie). « Recalés en escalier après trois virements, ils profitent d’un meilleur coup d’ascenseur et sont aspirés par le flot au nord du raz de Sein », note Jacques Caraës, le directeur de course. Très attardés au passage de Cap Caval, ces deux-là – décalés plus à l’est mais aussi plus au nord – pourraient être sur un bon coup. Ils sont en tous cas à l’attaque, avec un jeu radicalement différent de celui des 50 autres bateaux. Affaire à suivre, peut-être… comme sera surtout à suivre l’autre grand moment clé de la course prévu cette nuit : le virement de bord dans l’attaque de la dorsale anticyclonique. De son timing dépendra probablement le leadership de cette grande escalade vers l’Irlande.
BM

Les echos du large :

Michel Desjoyeaux (Foncia, 1er ex-aequo à 16h00) « Jusqu’à maintenant, je n’ai pas fait de super étapes, alors là, je me rattrape un peu. C’est quand même un peu impressionnant de voir toute la flotte derrière soi. On a eu deux heures de mou à Penmarc’h, un quart d’heure de vent plus soutenu et c’est encore retombé. Comment je vois l’avenir ? Gris ! On ne devrait pas voir le soleil jusqu’à Dingle. Ce n’est pas génial mais c’est comme ça. »

Charles Caudrelier Benac (Bostik, 1er ex-aequo) « J’ai été en tête au moins une fois à toutes les étapes, mais je n’ai jamais conclu. Là, j’ai une bonne vitesse, j’ai réussi à glisser sous Michel (Desjoyeaux). Il faut maintenant que je reste devant. A la crêperie de Port La Forêt, il y a une crêpe Michel Desjoyeaux. La patronne m’a promis que si j’arrivais à le battre, il y aurait une crêpe Charles Caudrelier. Alors voilà, mon objectif est de battre Michel. C’est une étape qui s’annonce dure et pour l’heure, on n’a pas trop rigolé. Je savais qu’il faut être agressif dès le début, parce avec tout ce beau monde et le niveau qu’il y a… Alors j’ai attaqué à fond. Cette étape est importante pour moi. J’essaie de rester agressif sinon, ça ne gagne pas. »

Armel Tripon (Gedimat, 6e) « Belle nuit et bonne nav’ pour moi. C’est agréable de se retrouver dans le match après 24 heures de course. Il y avait un premier choix à faire : passer sous le vent ou au vent de Belle Ile. Ensuite, il y avait pas mal de changements de vent, en intensité et en direction, donc, de quoi s’occuper. Ensuite, on est arrivé aux Glénan avec la bascule et le jour qui se levait.
En ce moment, c’est gris uniforme, j’ai 8,5 nœuds de nord-ouest mais c’est assez changeant donc, vigilance aux réglages. Il y a aussi quelques beaux paquets de laminaires (des alques, ndr)… on arrive en mer d’Iroise. »

Fabien Delahaye (Port de Caen Ouistreham, 3e et 1er bizuth) « J’ai eu quelques dauphins avec moi au réveil… sinon, je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit pour essayer d’attraper le bon wagon. Ce que j’ai fait cette nuit à bien payé, j’ai réussi à gagner des places. Ca fait du bien d’être dans le bon peloton. Mais il faut continuer à réfléchir car il y a encore pas mal de route.»

Jérôme Samuel (Opéra en plein Air, 39e)« Ma deuxième partie de nuit n’a pas été facile. Au début, j’étais bien placé, dans les 25. Mais j’ai décidé de tirer au large des Glénan et ce n’était pas la bonne tactique. Je suis déçu, mais bon, la route est longue. Sinon, le vent a été mou à cap Caval. Là; c’est reparti, j’ai une douzaine de nœuds. On va faire beaucoup de près sur cette étape. Avec un peu de chance, on pourra mettre le spi à l’arrivée en Irlande ! »

Yann Eliès (Generali, 15e) : « Je suis de nouveau dans le paquet. Je me bagarre comme tout le monde contre les algues. Ce que j’ai fait cette nuit était un peu risqué : bien rangé dans le paquet, j’ai décidé de partir à 90° de la route. Mais j’ai du vécu et je prends mes décisions en fonction de mon expérience. J’essaye de me reposer un peu mais c’est l’étape où il faut aller chercher les mètres un par un. Ce sera un combat dur, rude et fatigant jusqu’ à Dingle. »

Adrien Hardy (Agir Recouvrement, 25e): « Les conditions ne sont pas évidentes car il y a beaucoup de mer par rapport au vent qui est très inégal. On gagne des mètres puis on en perd, il faut être à l’affût sans cesse depuis Penmac’h. Actuellement, j’ai Frédéric Duthil à mon vent, dessous, il y a Jérémie Beyou et Gildas Morvan et plus bas Armel Le Cléach. C’est motivant de naviguer avec eux mais il y a quand même du monde devant. »

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Bon départ pour Aviva sur la Rolex Fastnet

aviva
DR

« Nous avons eu un bon départ sur la Rolex Fastnet Race à bord d’Aviva. Nous étions les premiers sur la ligne dans les petits airs qui étaient attendus. Avec de nombreux bateaux spectateurs, nous avons frayé notre chemin dans le Solent avec BT en tête à Yarmouth, suivis de près par Hugo Boss. Le vent a commencé à mollir mais la marée nous était favorable et toute la flotte a commencé à se regrouper alors que nous approchions de Hurst Castle. » Rapportait Dee hier soir.

Le progression d’Aviva pendant la nuit lui a permis d’être en tête de la flotte IMOCA au lever du jour avec seulement trois autres bateaux devant, le 100 pieds Leopard, le 80 pieds Beau Geste et le 72 pieds Ran. Dans son blog de ce matin, Harry Spedding ne semblait pas réaliser qu’Aviva était en tête au moment même où il écrivait ces quelques lignes : « Les conditions variables et légères de cette première journée ont continué toute la nuit, malgré quelques accélérations qui n’ont pas duré aussi longtemps que nous l’aurions souhaité. Les nombreux changements de voile nous ont gardés occupés. Le jour s’est levé et est arrivé avec le front attendu. Plus de vent, mais aussi de la pluie fine. Pendant quelques heures, nous étions au près avec un ris, une mauvaise visibilité et trempés! Après avoir été le dernier bateau de la nouvelle génération aux Needles, ça fait plaisir de rattraper les autres et d’avancer dans la flotte IMOCA. Je ne suis pas certain de notre position actuelle mais comme la tête de la course a changé toutes les 20 minutes hier, nous sommes déjà contents de faire partie de ce groupe. Il y a une houle assez hâchée et j’ai du mal à taper sur les bonnes lettres du clavier. Comment Dee y arrive dans le Grand Sud, je me le demande! »

Andrew Roberts, Directeur du projet Aviva Ocean Racing, commentait ce matin: “Partir au Nord a payé tôt ce matin, mais en se rapprochant de la Péninsule du Lizard, avec le changement de marée cela a donné l’avantage aux bateaux plus au Sud.»

Cependant, à 11:10 BST, l’équipage d’Aviva a rapporté avoir passé la Pointe du Lizard entourés de Team Pindar et BT. « Il fait gris et ça tape mais la marée est maintenant avec nous et nous progressons vers Lands Ends. Nous serons bientôt en Mer d’Irlande.”

Classement des IMOCA Open 60 à 11:00 UTC:

1 – ARTEMIS OCEAN RACING II – Samantha Davies & Sidney Gavignet
2 – SAFRAN – Marc Guillemot
3 – TEAM PINDAR – Mike Sanderson
4 – BT – Sébastien Josse
5 – AVIVA – Dee Caffari & Brian Thompson
6 – AKENA VERANDAS – Arnaud Boissières & Vincent Riou
7 – ARTEMIS OCEAN RACING The Profit Hunter – Simon Clay
8 – HUGO BOSS – Alex Thomson
9 – PAKEA BIZKAIA – Unai Basurko
10 – OCEAN OF SMILES – Christophe Bullens
11 – TOE IN THE WATER – Steve White

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Premier raidillon tonique vers l´Irlande

Départ de Saint Gilles - Solitaire du Figaro
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Impeccable départ devant Saint Gilles Croix de Vie ce lundi à 13h00. Après être sortis du port seuls en utilisant leurs moteurs (plombés ensuite en mer juste avant le départ) les 52 concurrents de La Solitaire du Figaro ont lancé leurs coursiers à l’attaque des 485 milles de cette troisième étape à destination de Dingle. Et celle-ci s’annonce passionnante : peu d’écarts au classement général – les 30 premiers tiennent en à peine plus de 2 heures – et du jeu stratégique potentiel tout au long des plus ou moins 4 jours de mer que viennent d’entamer les navigateurs.
Joli spectacle dès l’entame donc, dans des conditions estivales : grand soleil, six noeuds de vent d’ouest, mer absolument plate. L’occasion d’offrir quelques bords de près du meilleur goût aux spectateurs des côtes vendéennes qui ont si bien accueilli la course, les quais de Saint Gilles n’ayant pas désempli durant toute l’escale.
Trop gourmands au départ, deux skippers et non des moindres se sont fait rappeler à l’ordre pour avoir mordu la ligne avant le top : Nicolas Bérenger (Koné Elevators) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles). Ils réparaient aussitôt. Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr) avait été le plus prompt sur la ligne, mais très vite, deux groupes se dessinaient : la majorité partait sur la droite bâbord amures, alors qu’un autre petit groupe préférait le bord opposé, avec là aussi des ténors : Michel Desjoyeaux (Foncia), Eric Drouglazet (Luisina) ou encore Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom).

Gérald Véniard en tête à Yeu

Quarante-cinq minutes après le départ, à la bouée Radio France – première marque de parcours de cette troisième étape – c’est Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom) qui passait en tête devant Jérémie Beyou (Bernard Paoli) et Armel le Cléac’h (Brit Air). Ces trois ténors de la série et du classement général (respectivement 6e, 5e et 4e) suivis d’une flotte relativement groupée mettaient ensuite le cap sur La Sablaire, bouée cardinale à respecter sous le vent de l’île d’Yeu. Dans un vent toujours orienté ouest qui forcissait légèrement (9/10 noeuds), la première partie de tricot était entamée.

Mais ce n’était encore que le hors d’œuvre de cette troisième manche qui amènera les concurrents à d’abord aller virer la bouée Cap Caval, sous la pointe de Penmarc’h, avant de nombreux choix à gérer pour la remontée proprement dite vers l’Irlande. Mais n’anticipons pas. Pour l’heure, à bord des Figaro Bénéteau, chacun est concentré sur le choix des bords, les réglages, la barre… « Cette fois il ne suffira pas seulement d’aller vite, il faudra surtout aller vite au bon endroit » prévenait Frédéric Duthil avant le départ. Il applique pour l’instant à la lettre ce principe simple à énoncer à terre et si difficile à concrétiser sur l’eau. Mais encore une fois, la grande bagarre ne fait que commencer. Le leader Nicolas Lunven (quasiment le premier à quitter les pontons ce matin – histoire de ne pas trop subir la pression médiatique ?) sait parfaitement cela lui aussi. Ses épaules de 26 ans seront-elles assez solides pour contenir la meute des ténors lancés à ses trousses ? Il est évidemment trop tôt pour se prononcer sur le sujet.

A 16h01, c’est Gérald Véniard (Macif) qui passait en tête la marque de La Sablaire, à Yeu, juste devant Michel Desjoyeaux (Foncia) et Armel Le Cléac’h (Brit Air). A cette marque, tout près de la plage c’était un peu une « ambiance Mont Ventoux » qu’on observait. A bord d’une multitude de bateaux suiveurs, on était venu applaudir l’escalade tonique de ce premier raidillon avant la grande montée vers l’Irlande. L’empoignade vers Erin commençait. Alors que le vent d’ouest à nord-ouest forcissait légèrement, il n’y avait qu’un seul mot d’ordre à bord des Figaro Bénéteau : A l’attaque !
BM

En bref

Abordage sans gravité près de l’île d’Yeu
Peu après le départ, sous l’île d’Yeu, un abordage a eu lieu entre le Figaro Bénéteau de Ronan Treussart (Black Hawk) et un catamaran de sport. Le catamaran a démâté mais plus de peur que de mal pour ses deux occupants qui ont été aussitôt pris en charge par leur moniteur de voile. Ronan Treussart poursuit sa route.

Ils ont dit (à 17h, en mer):

Gérald Veniard (Macif), 10ème à la bouée Radio France
« C’est un début de course en fanfare avec du vent bien cisaillé entre le départ où on avait du plein ouest et l’approche de l’île d’Yeu ou c’était nord-ouest. Ca va continuer à varier assez fort en force et en direction, mais il faut faire avec, ce n’est que le début d’une longue bataille. On va continuer à tricoter, c’est clair. Là, on a le courant dans le nez, il faut exploiter effets en surface des reliefs sous-marins pour prendre la bonne veine. Sinon, c’est toujours plaisant de passer une bouée en tête à quelques heures du départ. Je ne crache pas dessus mais prudence, la route est encore longue. »

Michel Desjoyeaux (Foncia, 14ème)
« J’étais du bon côté du plan d’eau, ma vitesse était correcte même si je me suis bagarré avec des algues. Ca va continuer à distribuer jusqu’à Dingle alors autant s’y mettre dès maintenant ! J’ai fait un 360 peu après le départ pour un refus de tribord avec Gérald (Veniard), je pensais que ça passait et puis en fait non… Sinon, le thermique est en train de prendre de la droite, on a du 290°, on est au près serré, il ne faut pas tirer trop sur la barre. »

Ronan Treussart (Black Hawk, 11ème), relate son incident au moment du passage de La Sablaire où de nombreux bateaux spectateurs assistaient au passage très groupé des Figaro Bénéteau :
« J’étais tribord amures, juste au vent de Luisina et je suis entré en collision avec un cata de plage sorti de nulle part. Le cata a démâté. C’est pour eux que j’ai eu peur. Je ne les ai vraiment pas vus venir. Je n’aime pas du tout faire des trucs comme ça. Heureusement, ils ont été récupérés par le semi-rigide de leur entraîneur et tout va bien pour eux. C’est le principal. »

Jean-Pierre Nicol (Gavottes, 35ème)
« Il y a eu beaucoup de virements, de passages à niveau des dévents vers Yeu… C’est assez tonique comme début ! Et quand on sait qu’on part pour 4 jours… Là, je sors d’un virement, je viens de matosser 80 kg de matériel et il y a toujours beaucoup de réglages à faire avec le vent perturbé par l’île. Mais je suis content d’être sur l’eau. Au départ, l’ambiance était sympa, avec beaucoup d’encouragements « allez Jipé, allez Gavottes ». Maintenant, je vais me retrouver tout seul sur l’océan, avec des bateaux devant et des bateaux derrière. Ce sera à moi de jouer… »

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Fin du championnat d´Europe de Laser et du Mondial Star

Xavier Rohart
DR

Championnat d’Europe de Laser Standard : Rodrigue Cabaz, 18ème et Félix Pruvot, 22ème  
Le championnat d’Europe de Laser Standard vient de s’achever à Borstahusen en Suède sur la victoire du champion olympique de Pékin, Paul Goodison. Le premier Français est le jeune Rodrigue Cabaz, le membre de l’Equipe de France Espoirs se classe 18ème . Contrat rempli pour le licencié du SNO Nantes qui s’était fixé pour objectif d’entrer dans les 20 premiers. En revanche, pour Félix Pruvot, seul membre de l’équipe de France engagé, le résultat est en-deça des objectifs. Le militaire se classe 22ème.
« Le résultat n’est pas bon ! Pour moi, le championnat d’Europe était un objectif mais je suis passé à côté » résume t-il sobrement. Félix, qui reprend cette année une préparation olympique, veut se tourner rapidement vers le prochain objectif de sa saison : le championnat du monde. Le calendrier est serré et le Français va devoir vite récupérer avant de se remettre dans le bain de la compétition puisque le rendez-vous mondial débutera mercredi 19 août par une manche d’entraînement. La compétition se tiendra à Halifax au Canada. « Je vais essayer de me reposer au maximum pour arriver le plus frais possible là-bas. On aura a priori du vent donc il faudra être prêt au niveau physique » raconte Félix. Il y retrouvera l’autre membre de l’équipe de France, Jean-Baptiste Bernaz qui a volontairement fait l’impasse sur l’Européen en raison de la proximité des deux événements. Rodrigue Cabaz, fera également le déplacement au Canada.

Interview de Félix Pruvot :
« « Le résultat n’est pas bon ! Pour moi, le championnat d’Europe était un objectif mais je suis passé à côté. On a eu du petit temps tout au long du championnat sauf hier où le vent a atteint 12 nœuds. Le vent était très instable en direction et il y avait aussi pas mal de courant à gérer. Mes départs n’ont pas toujours été bons non plus. Donc il n’y a pas grand-chose à dire de plus… Maintenant, je vais me tourner vers le prochain objectif qui est le championnat du monde. Je vais essayer de me reposer au maximum pour arriver le plus frais possible là-bas. On aura a priori du vent donc il faudra être prêt au niveau physique. »
 
Interview de Rodrigue Cabaz :
« « J’avais pour objectif de faire dans les 20 premiers sur ce championnat d’Europe donc je suis satisfait de mon résultat. Le petit temps n’est pas ma spécialité mais j’ai abordé l’épreuve sans trop de pression. Les deux premières manches ont bien marché et cela m’a mis en confiance pour la suite. Par contre, la fin du championnat a été plus difficile notamment hier. Il fallait avoir pas mal de réussite dans des conditions de vent changeantes (fortes bascules avec 10 – 11 nœuds vent et beaucoup d’algues sur le plan d’eau). J’ai pris cher, ce n’était pas ma journée. Mais au final, je m’en sors bien ! »

Résultats du championnat d’Europe de Laser Standard :
1 – Paul Goodison (GBR) – 22 pts
2 – Javier Hernandez (ESP) – 46 pts
3 – Pavlos Kontides (CYP) – 54 pts

Championnat du monde de Star : Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot, 18ème
Le championnat du monde de Star vient de s’achever hier à Varberg en Suède sur la victoire du duo américain Szabo / Peters. Les néo-zélandais Hamish Pepper et Craig Monk prennent la médaille d’argent et ce sont les Brésiliens Schmit Grael et Seifert qui complètent le podium. Il faut descendre bien plus loin dans le classement pour trouver nos représentants français Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot. Ils se classent 18ème d’un championnat qui ne leur aura pas souri.
La météo durant ces six manches a été particulièrement difficile avec un vent variant de 3 à…8 nœuds !  Des conditions que Xavier et Pierre-Alexis n’avaient encore jamais rencontré ni en entraînement, ni en régate. Les Français ont « grillé leur joker » dès la première manche. 13ème lors des premières minutes de course, ils se trompent de bord par la suite et payent une addition salée : ils terminent au final 43ème de cette manche. Pas facile de repartir confiant après une entrée en matière comme celle-ci d’autant qu’il faudra constamment, durant le championnat, chercher le bon compromis entre les bascules de vent et les nombreux effets de site. Le duo cumulera pourtant de bien meilleures manches notamment une place de 3 dans la manche 4 et une place de 6 aujourd’hui. Mais cela sera insuffisant pour espérer entrer dans le Top Ten. Pour le coach, Bertrand Dumortier, les deux hommes ont fait des erreurs tactiques dues notamment à un manque de vitesse au près. Certains départs ont également été ratés et « dans le petit temps, tu ne reviens pas après ». Pierre-Alexis Ponsot confirme l’analyse de Bertrand tout en rappelant que l’association avec le double champion du monde et médaillé de bronze ne date que de mars dernier. « Disons que nous avons six mois de retard » renchérit le licencié su SNO Nantes. Point positif de ce championnat, Bertrand, Xavier et Pierre Alexis ont amorcé en Suède un travail avec un entraîneur polonais grand connaisseur du Star. Cette collaboration s’est avérée intéressante et le clan Français espère bien la poursuivre en vue de la préparation au gros objectif à venir : le prochain mondial qui se tiendra à Rio en janvier 2010.

Interview de Bertrand Dumortier, entraîneur :
« Nous avons eu du très petit temps sur l’ensemble de ce championnat. C’était des conditions difficiles. Xavier et Pierre Alexis n’allaient pas très vite au près et il y a eu aussi quelques départs ratés. Dans ces conditions, c’est difficile de revenir après un mauvais départ. La première manche leur fait très mal, elles les tuent même !  Xavier et Pierre Alexis n’avaient encore jamais rencontré ces conditions météo. Toute la semaine, nous avons eu l’appui d’un entraîneur polonais de haut niveau, qui connaît bien le support et cela nous a aidé. On va essayer de poursuivre cette collaboration. Bien sûr, on est déçu, le résultat n’est pas bon. »

Interview de Pierre Alexis Ponsot :
« Les conditions de petit temps n’ont pas été faciles. Il y avait constamment des compromis à faire entre les bascules de vent d’une part et les effets de site d’autre part. L’interrogation était permanente sur ce qui allait prévaloir au final. Difficile d’anticiper ! Nous sommes toujours en recherche de vitesse, notamment au près. Nous avons commencé ici une collaboration avec Bertrand et un autre entraîneur polonais. Cela a été positif et on sent des améliorations. On va essayer de poursuivre ce travail et le rapprochement avec ce spécialiste du Star en vue de la préparation au mondial de janvier à Rio. Ce rendez-vous sera un objectif important pour nous. Et c’est vrai que la collaboration avec Xavier n’a débuté qu’en mars dernier donc on a environ six mois de retard mais il y a quand même des choses positives ! »

Résultats du championnat du monde de Star :
1 – George Szabo et Rick Peters (USA) – 30 pts
2 – Hamish Pepper et Craig Monk (NZL) – 37 pts
3 – Lars Schmidt Grael  et Ronald Seifert (BRA) – 47 pts

18 – Xavier Rohart et Pierre Alexis Ponsot (La Pelle Marseille / SNO Nantes) – 81 pts

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La horde aux trousses du petit Nicolas

Nicolas Lunven - Solitaire du Figaro
DR

« La place, on s’en fout. Ce qui compte c’est le temps. » Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile, 17e à 1h08) est un pragmatique jeune homme. En treize mots, il résume l’essentiel. Car voilà : La Solitaire du Figaro – c’est aussi ce qui fait son charme – est une course au temps, pas aux points. Donc une course lisible par le public, à l’image du Tour de France cycliste. « Le premier arrivé gagne, celui qui met le moins de temps à couvrir l’ensemble de l’épreuve remporte le général, c’est aussi simple que ça », résumait le créateur de l’épreuve, Jean-Michel Barrault, en 1970.
Alors, outre le brossage d’ego dans le sens du poil que vaut une place sur le podium d’étape, outre aussi les deux coups de semonce vivifiants d’un Nicolas Lunven (CGPI) qui vient bousculer la hiérarchie et se hisser au sommet du classement général au nez et à la barbe des cadors annoncés, outre enfin l’évidence qu’un peu d’avance vaut mieux qu’un peu de retard, le constat est simple et tient en quatre mots, cette fois : rien n’est joué. Ils sont au moins une vingtaine à pouvoir encore espérer une place sur le podium final de Dieppe, dans quinze jours.

A égalité avant les montagnes

Que disent les chiffres ? D’abord que le podium tient en 24 minutes et que ni Yann Elies (Generali, 2e à 17 minutes), ni Armel Le Cléac’h (Brit Air, 3e à 24 minutes) ne paraissent disposés à y laisser monter les petits copains. Ils disent aussi que cette deuxième étape entre La Corogne et Saint Gilles Croix de Vie n’a fait que réduire à petit feu des écarts déjà infimes en Espagne à l’issue de la première étape. Ils sont six en une demi-heure, treize en moins d’une heure et vingt en une heure et demie ! Parmi eux, on retrouve les six anciens vainqueurs de La Solitaire, accompagnés d’une bonne brochette de vainqueurs d’étape ou de classement des bizuths. Dans ce « Top 20 », ils ne sont que cinq à n’avoir pas encore gagné un titre de gloire majeur sur l’épreuve : Erwan Tabarly (Athema, 9e à 39 minutes), Nicolas Bérenger (Koné Elevators, 11e à 42 minutes), Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires, 14e à 1h06), Armel Tripon (Gedimat, 19e à 1h30) et Alexandre Toulorge (Audition Santé, 20e à 1h33).

Autrement dit encore, du haut de ses 26 ans et du sommet du classement Nicolas Lunven contemple quelques pyramides sacrées de palmarès. Tous les ex vainqueurs sont là, donc, de Nicolas Troussel à Eric Drouglazet et de Charles Caudrelier Benac à Jérémie Beyou en passant par les sieurs Armel Le Cléac’h et Michel Desjoyeaux. Les deux premiers du Vendée Globe sont donc derrière lui… mais assez proches pour qu’il sente leurs souffles rauques sur sa nuque. Il sait cela : « quand je vois le classement général, c’est très serré en temps. Or il nous reste deux étapes énormes sur lesquelles, potentiellement, il peut y avoir des écarts monstrueux. Donc, 30 minutes d’avance, ce n’est rien. Je sais que je peux prendre cinq heures sur l’étape qui vient… ».

N’empêche qu’il faudra être au moins aussi gourmand que l’Alceste de Sempé pour aller chercher le Petit Nicolas sur son nuage. Charles Caudrelier Benac (Bostik) a sa petite idée sur le sujet : « je suis 4e à 27 minutes, c’était aussi ma position juste avant de courir la troisième étape quand j’ai gagné La Solitaire, en 2004…» Ils sont une vingtaine comme cela, de grands méchants loups à se dire que La Solitaire (re)commence lundi, chacun pour soi et l’envie pour tous. Une vingtaine à fourbir leurs armes en se disant que rien n’est joué, que tout reste à faire, qu’ils remettraient volontiers au pas cette insolente jeunesse qui ne respecte plus rien. A savoir qu’il faudra se faire mal pour cela, se battre jusqu’au bout. Charles Caudrelier Benac, encore : « le niveau est tellement élevé que si tu n’es pas le plus agressif, il y aura toujours quelqu’un dans les vingt petits camarades qui va l’être et va gagner. A un moment, il faut bien réaliser qu’avec les bons, c’est la guerre pour gagner un mètre…» La bagarre (re)commence lundi. Elle sera énorme. Et délicieuse.

BM

Ils ont dit

Nicolas Lunven (CGPI, leader au général) : objectifs à la hausse ?
« J’ai dit à l’arrivée de la première étape que le contrat était rempli, c’est vrai… Bon, maintenant, je vais être obligé de modifier le contrat ! C’est génial d’être en tête, mais je ne m’en préoccupe pas trop. J’étais venu sur La Solitaire avec l’objectif de faire dans les dix.»

Yann Eliès (Generali, 2e au général) : « j’ai subi »
« En partant de La Corogne, j’avais de la fièvre, donc, pendant l’étape, j’ai subi. J’ai dormi quasiment les deux nuits, je n’étais pas bien. Quand t’es dedans, t’as un peu les boules parce que tu vois que tu n’as pas les armes pour te battre. A l’arrivée, 17 minutes de retard sur le premier… je ne m’en sors plutôt pas mal. Je hais ces étapes où t’es collé à la barre pour ne rien gagner. Parce que mine de rien, si t’étais mal placé, t’avais beau astiquer pendant deux jours, ça changeait pas grand-chose au classement. Ce qu’il fallait, c’était être bien placé et moi j’étais mal dès le début, donc de toute façon, je savais que ce ne serait pas en ma faveur. Ensuite, j’ai subi. Je n’allais pas me mettre plus mal encore que ce que j’étais déjà. Il fallait essayer de dormir, de récupérer. »

Charles Caudrelier Benac (Bostik, 4e à 27 minutes) : « la guerre pour gagner un mètre »
« Voilà, je n’ai plus que 3 places à grappiller. Les bateaux demandent tellement d’énergie pour aller vite… dès qu’il y en avait un qui mettait le pilote, je le voyais tout de suite et je gagnais énorme… ça ne pousse pas à aller se coucher ! Ensuite, on va jusqu’au moment où on ne se rend même plus compte de la fatigue et on arrive à un point de rupture. Le problème est qu’on ne le réalise qu’après. Là, à l’arrivée, je me suis rendu compte que j’avais déconnecté. On peut vite paniquer parce qu’on est fatigué, la moindre petite chose peut prendre des échelles importantes. »

Michel Desjoyeaux (Foncia, 8e à 37 minutes) : « ça se joue au pouillème »
« Pour vous donner un ordre d’idée de la difficulté : à un moment, j’allais à peine moins vite qu’Armel (Le Cléac’h) qui était juste à côté de moi. Je ne comprenais pas pourquoi. En fait, j’avais une petite garcette (cordelette) de 5mm de diamètre et d’un mètre de long coincée dans le safran. Voilà où on en est aujourd’hui. Ce n’est même pas de l‘ordre du dixième de nœud. Sur ce coup là, Armel a dû me mettre quatre longueurs en une demi-heure. Ce n’est rien. En pourcentage de vitesse, cela fait des pouillèmes. Mais une fois que t’as perdu ces longueurs, tu sais qu’il va te falloir quatre ou cinq heures pour les récupérer ! »

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Tir groupé dans la boucaille

Un cargo sur la Figaro
DR

Les conditions se sont légèrement corsées dans le golfe de Gascogne où souffle désormais un vent de nord de 15 à 20 nœuds. A la houle résiduelle qui pousse les tableaux arrières, s’oppose maintenant un petit clapot coiffé de crêtes blanches. L’humidité est permanente et la visibilité toujours réduite à moins d’un mille. Elle est cependant suffisante pour que les hommes de tête qui naviguent au contact depuis ce matin puissent continuer à se toiser. Jérémie Beyou (Bernard Paoli), qui était parti en dernière position à La Corogne a réalisé une superbe opération en se décalant au large, au dessus de la route. Au dernier pointage, c’est donc lui qui ouvre la voie devant Charles Caudrelier Benac (Bostik) et Gérald Veniard (Macif). Mais derrière, ils sont encore dix à se tenir en l’espace de deux milles avec Gildas Mahé (Banque Populaire), Armel Le Cléac’h (Brit Air), Michel Desjoyeaux (Foncia), Nicolas Lunven (CGPI), Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr), Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom) ou encore Laurent Gouezigoux (Trier c’est préserver).

Ce gros peloton est éparpillé en latitude au dessus de la route et pour l’heure, on n’entrevoit aucune échappée à l’horizon. Il faut donc s’attendre à un passage groupé à SN1 (Grand Prix GMF Assistance) jeudi après midi car les conditions météo parfaitement stables (si ce n’est quelques petites oscillations du vent) n’autorisent aucune stratégie à court ou moyen terme.

Les efforts à bord des monotypes sont concentrés sur un seul objectif : vitesse. Si ce n’est pas l’autoroute du golfe, ça y ressemble donc ! A ceci près qu’à bord des Figaro Bénéteau 2, impossible de se reposer sur le régulateur de vitesse. Depuis ce matin, les speedomètres sont certes tous calés autour de 7,5 nœuds, mais pas question de faire chuter les moyennes ! Il faut donc « être dessus » comme disent les navigateurs. Etre dessus, c’est avoir matossé au vent tout le matériel embarqué jusqu’à la moindre petite cuillère. Etre dessus, c’est barrer et adapter les réglages, réagir aux caprices de la girouette pour gagner de dérisoires longueurs qui se transformeront en précieuses minutes à Saint Gilles Croix de Vie. Etre dessus, c’est parfois être dessous, la tête dans l’eau, pour s’assurer de l’absence d’algues, de filets, de sacs plastiques ou autres traînards indésirables. Voilà le programme pour les plus motivés ou les plus en forme. Quant aux plus fatalistes, ceux qui estiment qu’il sera difficile de revenir sur la tête de course, ils peuvent, à ces allures régulières, brancher le pilote automatique et se laisser bercer par la houle avant de sombrer dans les bras de Morphée.

C.El

Echo du large :

Gérald Véniard (Macif) : « Il ne fait pas très beau pour un mois de novembre ! Du brouillard, peu de visibilité, il y a de l’humidité dans l’air. J’ai 18 noeuds de vent, je me refais un peu actuellement dans une houle résiduelle et un petit clapot. Je suis content d’être dans le paquet de tête. Je me bagarre pour rester devant les cadors, Michel Desjoyeaux et Armel Le Cléac’h. Le vent est assez variable en direction. Là je suis sous pilote en mode vent afin de garder un bateau plus véloce, quitte à faire plus de route. »

Gildas Mahé (Banque Populaire): « J’ai passé une partie de la nuit sous pilote car ça allait bien comme ça, mais il y a une troupe de fous furieux derrière moi – Armel, Michel, Gérald… donc il ne faut pas mollir et Charles (Bostik) est juste à mon vent. Je me suis bien refait car le départ a été difficile, mais depuis tout va bien, j’ai une bonne vitesse au débridé. Il faut rester concentré en permanence. »

Laurent Pellecuer (Arnolfini.fr) : « Je suis en plein forme, j’ai dormi juste après la bascule, un peu de repos mérité après le passage du front. Je fais des débuts de course passionnants depuis le début de cette Solitaire, mais je trouve qu’il y a trop de monde maintenant ! J’étais devant ce matin et depuis : Lunven est passé, Duthil essaye de passer et Tabarly est juste derrière moi ! Je fais de bonnes séances de barre, ce n’est pas toujours concluant mais il faut se forcer. Je suis confiant sur ma route. »

François Gabart (Espoir Région Bretagne) : « Je suis actuellement sous la pluie, dans un ciel tout blanc, ça fait partie des ingrédients de l’étape. Ça n’a pas été facile ce départ, je n’étais pas trop inspiré. Désormais je suis en milieu de flotte, et ce n’est pas mal, j’ai Yann Eliès sous mon vent (j’aurais préféré que ce soit sur la 1ère étape !), Joseph Brault est juste devant moi et Fabien Delahaye à mon vent. Il reste une longue ligne droite vers SN1. J’alterne barre et pilote, tout va bien. J’ai beaucoup dormi cette nuit car tout allait bien sous pilote et là je re-barre avant de retourner faire une petite sieste. »

Antoine Koch (Sopra Group) : « Cette étape n’est pas comme je l’imaginais. On a pris une option Ouest avec Gildas Morvan après le départ et c’était une mauvaise idée, toute la flotte est passée devant nous ! Il reste du chemin jusqu’à SN1 mais globalement c’est tout droit et le vent est établi maintenant. Il faut minimiser l’écart mais je doute de pouvoir revenir. On va assez vite sur la route donc c’est plutôt sympa, on peut se reposer correctement. »

Fabien Delahaye (Port de Caen-Ouistreham) : « On est au reaching bâbord, il y a 18 nœuds, un peu de mer, maintenant ça va être un long bord vers SN1, après un début laborieux dans la baie et dans la molle. J’ai abordé au mieux ce front et grappillé quelques places, je vois un gros paquet au vent… Il faut travailler pour aller vite. C’est une course de vitesse maintenant que tout le monde est placé. Ce bord permet de trouver les bons réglages de pilotes et de se reposer. J’essaye de jouer ma course et de grappiller pour le classement bizuth. »

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Jérémie Beyou mène la harde

Jeremie Beyou leader - Solitaire du Figaro
DR

Dans le jargon, on appelle ça « une course de sangliers », comprenez un long run de vitesse où il ne faut rien lâcher aux réglages pour gagner et conserver ces quelques dixièmes de noeuds de plus que les copains pour s’en sortir. La recherche de vitesse pure est la principale obsession des 52 solitaires en route bâbord amures au près serré vers l’estuaire de la Loire ce matin, à 85 milles de la marque SN1 (Grand Prix GMF Assistance) dans l’estuaire de la Loire et 130 milles de Saint Gilles Croix de Vie.

Jérémie Beyou (Bernard Paoli), a cette nuit accentué son avance. Il a gagné un peu plus d’un mille sur la harde. Le jeune marcassin Nicolas Lunven (CGPI) – dont les père et oncle furent deuxièmes de La Solitaire en 1973 et 1974 – confirme que bon sang ne saurait mentir : il réalise la bonne opération de la nuit en se hissant en deuxième position. Après sa 2e place à La Corogne à 16 minutes du vainqueur, il conteste maintenant le leadership au général de Yann Eliès (Generali), celui-ci étant pointé 25e à 6,1 milles. Mais il sera toujours temps de faire les comptes ce soir, probablement vers 22h, quand les premiers bateaux seront en approche de la ligne d’arrivée à Saint Gilles Croix de Vie. Armel Le Cléac’h ne sera pas loin lui non plus. Le skipper de Brit’Air, 3e du général, pointe en 6e position à 3,2 milles.

Les sprinteurs devant

« Sur l’eau la visibilité s’est un peu améliorée, les bateaux sont au près sur un bord vers SN1 dans 16 à 20 noeuds de vent de secteur nord-ouest à nord », raconte le directeur de course Jacques Caraës ce matin. Il ajoute : « c’est orageux, il y a quelques éclairs. La mer est toujours assez agitée et ce n’est pas forcément très agréable à bord des bateaux ».

Ce qui est certain en revanche, c’est que les bons sprinteurs sont devant. Quatre des six anciens vainqueurs en lice dans cette édition sont dans les huit premiers. Outre les deux précités (Beyou et Le Cléac’h), on retrouve ainsi Charles Caudrelier Benac (Bostik) à la 3e place à 2,4 milles et Michel Desjoyeaux (Foncia), 8e à 3,5 milles. Les places de 4e et 5e sont éloquentes elles aussi, puisqu’elles accueillent deux fines gâchettes de régatiers, toujours très rapides sur l’eau : Frédéric Duthil (Bbox Bouygues Telecom, 4e) et Gérald Véniard (Macif, 5e). A eux deux, ceux-là ont gagné la moitié des étapes des trois dernières éditions – 5 sur 11 possibles – ce qui donne une idée du niveau minimum requis pour figurer dans le Top Ten cette année. Il n’y a pas de hasard et peu de surprises ce matin : les plus rapides sont devant. Chez les bizuths, Christophe Espagnon (Groupe Legris Industries) est le mieux placé : 24e, juste devant Yann Eliès.

A quand le dénouement ? « Les premiers pourraient arriver dès 22h ce soir, même s’il peut y avoir encore du jeu au portant sous spi dans la dernière partie de l’étape, entre SN1 et l’arrivée », estime Jacques Caraës. Pour l’heure, les « sangliers » et le jeune marcassin Lunven filent à un peu plus de sept noeuds sous la pleine lune. La harde sait qu’il y a quelques minutes à gagner au général sur cette étape avant d’attaquer les cols hors catégorie de cette 40e Solitaire que sont les deux dernières manches.

BM

Echos du large :

Nicolas Lunven (CGPI, 2e à 1,7 milles) :« Le vent mollit un peu, j’ai environ 16 nœuds. Nous avons eu jusqu’à 22 nœuds avec une mer assez formée mais là ça se calme. Au niveau de ma position, on verra au classement mais je ne suis pas mécontent. Il y a un groupe dans mon sud, Charles Caudrelier est juste derrière avec Fred Duthil, Erwan Tabarly et quelques autres. J’ai hâte que ça se termine, c’est long 300 milles de près ! La motivation, c’est d’avoir des bons autour de moi. J’ai essayé de bien me reposer quand le pilote pouvait barrer correctement. En cumulé, j’ai finalement pas mal dormi et je suis donc totalement opérationnel quand je suis à la barre. »

Erwan Tabarly (Athema, 12e à 4 milles) : « Ce n’est pas une étape facile, il faut passer du temps à régler et à barrer. La motivation c’est de voir des bateaux devant soi, il faut combler l’écart. J’étais bien dans le match en début de première nuit, j’ai eu une perte de vitesse au petit matin, du coup je me suis fais distancer par CGPI et Bbox Bouygues Telecom, c’est un peu dommage, mais je commence à reprendre mon retard. »

Gildas Morvan (Cercle Vert, 22e à 5,6 milles) : « L’étape n’est pas finie, il y a encore du jeu, il faut aller vite et rester concentré, faire attention au vent, bien le sentir. On a du mal à dormir. Je grignote quelques bateaux par ci par là. Je vois un paquet devant moi… Il faut s’accrocher pour revenir devant. La Solitaire ce n’est qu’une fois par an, donc je m’accroche ! »

Joseph Brault (Samsung Mobile, 30e à 7 milles) : « Ça commence à être un peu dur d’être toujours au près dans les même conditions ! J’alterne entre pilote et barre. Il y a beaucoup de nuages sombres, des éclairs sans tonnerre et un vent assez variable, cela pourrait changer un peu la donne. »

Yannig Livory (CINT 56, 33e à 7,5 milles) : « ça tape beaucoup, le vent change en direction mais ça avance. J’ai entre 18 et 20 noeuds, je suis à la limite Est de l’orage. Au départ je n’étais pas terrible mais j’ai fais un bon coup pour raccrocher. Mais là je perds de nouveau des places, il faut être très assidu ! J’ai beaucoup barré depuis le début, pas lâché grand-chose. Sinon tout va bien, l’ambiance est très calme sur l’eau, il n’y a pas grand monde à la VHF. »

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