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de Lamotte et Hardy mènent toujours la danse

Initiatives-Novedia
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La nouvelle est tombée au lever du jour. Brute, amère et sans appel : les skippers du premier Class 40 venu de Finlande ont été contraints de jeter l’éponge quand ils ont constaté une importante fissure dans le puit de quille. En route désormais au moteur pour Saint-Barth, les deux complices, toujours enthousiastes et compétitifs, doivent malheureusement déserter les chemins de cette grande traversée à destination du Mexique. Ce nouvel abandon rappelle combien les conditions météo exécrables et extrêmes essuyées pendant deux semaines n’ont eu de cesse de malmener les équipages et de faire souffrir les bateaux. La course perd ce jeudi un équipage de choix, qui pointait en 7ème position dans le groupe lancé aux trousses des quatre premiers. 

Sous le soleil exactement
Pour l’ensemble de la flotte, les 15 bateaux encore en course, les conditions se sont pourtant nettement améliorées ces dernières 24 heures. Le soleil est enfin de la partie et permet de sécher les corps et les cœurs après 18 jours et 18 nuits difficiles et rugueuses. Des conditions favorables à la compétition alors qu’une belle guerre de sécession est désormais engagée entre nordistes et sudistes. Pour preuve, la place gagnée par le duo franco-mexicain, Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime), aux dépens des sudistes britanniques de Keysource, Mike West et Paul Worswick. Partis bons derniers sur une route nord après deux escales techniques, les deux skippers ont retrouvé le vent de la réussite. Tous les espoirs leur sont de nouveau permis alors qu’il leur reste, à presque mi-parcours, 2 700 milles à parcourir pour rallier Progreso et les eaux du golfe du Mexique.

Bousculades à la porte ?
Idem pour le joyeux tandem de Groupe Picoty (Fournier-Criquioche), qui profite des brises portantes des alizés pour négocier au mieux son approche de l’arc antillais. A bord, la préservation du matériel reste une donnée majeure avec laquelle les skippers doivent composer dans leur recherche de performance. Les deux compères ont bien conscience et jouent de prudence tout en cherchant constamment le meilleur compromis vitesse/sécurité.
Même scénario pour les trois bateaux réunis en moins de 100 milles mais très décalés en latitude. Pour les Britanniques de Sail4Cancer (Wright-Brennan), de 40 Degrees (Harding-Merron) et les Chiliens de Desafio Cabo de Hornos (Cubilllos-Bravo Silva), tous les coups tactiques sont de nouveau permis en approche de la porte de Saint-Barth. A un jour et demi environ des premiers, ils sont attendu dans le week-end en mer des Caraïbes. Entre récupération et réparations, les prochains jours s’annoncent sous haute tension et propices à de nouveaux rebondissements pour ces poursuivants qui pourraient bien se bousculer à la porte de Saint Barth.

Qui de eux deux ?
En tête de flotte, si la douceur tropicale l’emporte déjà, les esprits restent pleinement tendus dans le vif de la compétition. En tête et en pleine forme, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy ne feront que saluer Saint-Barth. De leur côté, Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM), 4èmes, ont d’ores et déjà annoncé, faire une rapide escale pour venir à bout de problèmes récurrents de recharge d’énergie. En revanche, le doute persiste quant aux intentions des duos de Cheminées Poujoulat aux prises avec des problèmes de grand-voile, et de Telecom Italia qui a cassé son étai. Pit stop or not pit stop ? Là est toute la question. Difficile de savoir, alors que ces deux équipages, qui ont plus d’un tour dans leur cockpit, progressent à 100 milles des premiers aux abords de la dernière partie du parcours dans les eaux incertaines de la mer des Caraïbes. Eux-mêmes se tiennent en moins de 6 milles. Qui de eux deux fera éventuellement le pas pour s’arrêter ? Suspense, suspense… Gageons néanmoins que leur dernière nuit avant Saint-Barthélemy leur portera de précieux conseils…

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C’est parti pour Groupama 3 !

Groupama 3
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Ciel bourgeonnant, rafales, averses intermittentes, soleil couchant, grande houle atlantique, grains, vagues déferlantes : voilà le décor de ce nouveau départ à l’assaut du Trophée Jules Verne, le record autour du monde détenu par Bruno Peyron et son équipage en 2005 (50j 16h 20m). Groupama 3 quittait le ponton du port du Château à Brest ce jeudi 5 novembre à 13h devant un public chaleureux et les proches des équipiers venus les saluer jusqu’au phare du Petit Minou. Sous grand voile à deux ris et foc de brise, Groupama 3 larguait ensuite sa remorque à 14h00 et gagnait le large face à une houle qui prenait de l’ampleur… Le trimaran géant devait donc tirer quelques bords pour rallier le Nord de Ouessant avant de mettre en route le chronomètre à 15h 50′ 22” TU (16h 50’22” heure française).

Entrée en matière musclée

Le vent de Nord-Ouest associé à la dépression qui est passée mercredi sur la Bretagne, était encore très actif : ce ciel de traîne avec ses cumulonimbus générait une brise de vingt à vingt-cinq noeuds avec des rafales à plus de trente-cinq noeuds… Mais surtout, la mer était dure à la sortie de la Manche avec près de sept mètres de creux au large ! Les conditions n’étaient donc pas optimales pour le départ, mais la suite du programme est très favorable, dès les côtes portugaises. Franck Cammas et ses neufs équipiers devraient donc affronter pendant une demi-journée des vents de travers, voire faire du près pendant quelques heures…

« Nous allons partir sous voilure réduite et naviguer vent de travers pour quitter le plateau continental. Puis ce vent de Nord-Ouest va basculer pendant trois heures à l’Ouest et nous devrons faire du près. Ce n’est pas la situation idéale pour partir, mais la fenêtre météo est assez favorable ensuite. En fait, dès demain vendredi midi, Groupama 3 devrait être déjà le long des côtes du Portugal. Là, nous allons toucher des vents de secteur Nord, puis Nord-Est qui s’installent jusqu’à l’archipel du Cap Vert. » Indiquait Franck Cammas quelques minutes avant de quitter le ponton.

L’équipage ne semblait pas préoccupé par cette entrée en matière agitée : le fait de partir tôt en saison, de ne pas avoir eu à patienter pour attendre une « fenêtre de tir » favorable, juste après un stage préparatoire en montagne fin octobre, et de savoir que l’objectif du record fait aussi rentrer l’équipage avant Noël, rendait ce départ très serein. « On va se faire secouer à la sortie de la Manche, car il y a de la mer, mais cela est une bonne mise en jambe avant de glisser vers le Sud. Il va faire chaud dès ce week-end, nous serons à l’équateur en milieu de semaine et l’Atlantique Sud apparaît bien disposé pour qu’on le traverse rapidement » Précisait Lionel Lemonchois.

Groupama 3 doit donc recouper la ligne devant Ouessant avant le 26 décembre à 09h 09′ 26” (heure française)…

La météo par Sylvain Mondon, de Météo France :
« Groupama 3 s’élance alors que le vent de Nord-Ouest mollit lentement à 25 noeuds avec des rafales à 35 noeuds et que les grains deviennent moins nombreux : les orages se sont dissipés. Néanmoins la prudence reste de mise car la mer restera grosse encore plusieurs heures notamment en raison d’une grande houle de Nord-Ouest. Il faudra affronter ces conditions délicates pour toute la traversée du golfe de Gascogne, car si le vent va continuer de mollir et les rafales s’atténuer, la mer restera formée jusqu’à vendredi matin. La sortie du golfe de Gascogne sera donc délicate d’autant plus qu’un front froid arrivant de l’Ouest viendra à la rencontre du Franck Cammas et de son équipage en deuxième partie de nuit. L’approche de ce front occasionnera temporairement des vents de secteur Ouest moins soutenus, avant que les vents ne virent à nouveau au Nord-Ouest vendredi matin. Si Franck Cammas et son équipage ont décidé d’affronter de telles conditions, c’est surtout pour exploiter des conditions beaucoup plus favorables ensuite, notamment au niveau des alizés de Nord-Est au large du Portugal et plus au Sud. »

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Salona jubile…

Salona
Salona

Le Salona 42ibc "JubilationS" d’Olivier Duthoit, ponctue sa première saison IRC en Méditerranée de la plus belle des manières.
Premier de son groupe en IRC1 depuis la mi-parcours du championnat UNCL 2009, il a su, malgré un abandon dans le Tour de Corse, conserver sa place et terminer devant "Relayer" le First 45 de P.  Schmitt et "Imagine", Brenta 55 de G. Argellies.

"Jubilations" fut le premier S42ibc produit par le chantier Croate AD Boats, et livré par son importateur Salona France, à l’occasion du festival de la Plaisance de Cannes 2008. C’est donc sur la base d’une unité très bien conçue que la préparation automnale s’avéra payante dés l’entame du championnat 2009, "JubilationS" et son équipage ne cessant de progresser tout au long de la saison.
En hivernage à Marseille, la saison 2010 est déjà en préparation.

Source : Salona France
www.salona-france.com

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Baisse de régime des alizés

Cheminées Poujoulat
DR

Initiatives-Novedia est désormais assuré de franchir en tête le passage obligé de Saint-Barthélemy : avec plus de 120 milles d’avance sur les Italiens, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy ont suffisamment d’avance pour envisager l’avenir avec sérénité. Car ils sont en sus plus rapides que leurs poursuivants directs : Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia), Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat), Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) sont un demi-nœud moins rapide que les leaders. N’ayant en plus pas de problèmes techniques importants à résoudre à bord, le duo leader peut voir l’avenir en rose…

Presque plus personne n’atteint des vitesses à deux chiffres. Les alizés ne soufflent plus qu’à une quinzaine de nœuds et si tous les équipages peuvent enfin faire le break et reprendre des forces, si les bateaux peuvent enfin être à leur maximum de potentiel sans risquer une avarie, le souci est désormais de bien suivre les bascules de vent qui ne manquent pas de changer la donne : il faut trouver le bon angle d’attaque et composer avec une mer en voie d’apaisement.

Derrière les leaders qui pourraient passer devant Saint-Barthélemy vendredi, les écarts se resserrent entre les trois prétendants au podium. Les Bretons se font de plus en plus pressants face aux transalpins… Et le peloton est aussi en phase d’attaque : les Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion) sont offensifs et pourraient bien mettre en ballottage les Britanniques Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2) et le couple Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees)…

Mais la bonne nouvelle, c’est que le soleil est de nouveau au rendez-vous pour la plupart des concurrents : enfin il est possible de sécher les affaires, de se changer et de se reposer vraiment. Les bateaux glissent paisiblement vers les Antilles et les hommes peuvent commencer à aborder la fin de parcours (1 500 milles quand même après Saint-Barthélemy jusqu’à Progreso) avec moins de stress. Les écarts au passage des Antilles vont certainement cadrer la manière d’envisager la fin de cette première édition de la Solidaire du Chocolat.

Classement du 04/11/09 à 8h (UTC)
1. Tanguy De Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia), à 2010.24 milles de l’arrivée
2. Giovanni Soldini-Pietro D’Ali (Telecom Italia), à 121.05 milles
3. Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), à 126.17 milles
4. Damien Seguin-Armel Tripon (Cargill-MTM), à 137.75 milles
5. Tim Wright-Nicko Brennan (Palanad 2), à 247.56 milles

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Groupama 3 s’élance ce jeudi autour du monde !

Groupama
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50 jours et 16 heures : c’est le temps à battre pour s’adjuger le record du bateau à voile le plus rapide autour du monde, propriété depuis 2005 de Bruno Peyron à bord du maxi catamaran Orange 2.

Pour sa seconde tentative, Franck Cammas a composé un équipage de choc pour mener Groupama 3 dans un univers hostile et pourtant fascinant : « Le record à battre est très élevé. Pour y parvenir, outre un excellent bateau, il faut un équipage qui allie expérience, performance et solidarité. Il faut aussi avoir un partenaire fidèle et ambitieux, ce qui est le cas avec Groupama depuis douze ans maintenant. Le renouvellement de notre partenariat jusqu’à 2015 est une source de motivation supplémentaire pour rendre à Groupama la confiance qu’il m’accorde » déclare le skipper français.

Pour l’accompagner dans cette aventure autour du monde par les trois caps, l’on retrouve des fidèles du team Groupama : le suisse Stève Ravussin avec lequel il a déjà remporté deux transats Jacques Vabre, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff ou encore Jacques Caraës. Mais aussi de nouveaux venus comme Lionel Lemonchois, vainqueur en titre de la Route du Rhum, Thomas Coville, recordman de l’Atlantique en solitaire, Stan Honey, navigateur américain vainqueur de la Volvo Ocean Race ou encore Bruno Jeanjean, champion du Monde de Match Racing.

Cet équipage de rêve prépare la tentative avec le plus grand sérieux depuis le début de l’année en ayant déjà parcouru 15.000 milles soit les deux tiers du tour du monde : « Nous nous connaissons bien, nous entendons bien et avons hâte d’y aller même si nous savons que ce sera difficile. Faire le tour du monde à la voile le plus vite possible, ce n’est pas commun. Il faudra aller vite sans faire souffrir Groupama 3, bien manoeuvrer. Et aussi choisir la meilleure route » ajoute le skipper.

Grosse mer pour l’entame?

En veille météo depuis une semaine, Franck Cammas, Stan Honey et Sylvain Mondon de Météo France apprécient la qualité de la fenêtre qui s’ouvre jeudi : « Le vent et la mer vont être forts au large de Brest avec 30 nœuds de vent et cinq mètres de creux. Ca peut bouger au début mais, à partir du cap Finisterre, le vent adonnera. Ensuite, la transition avec les alizés est favorable » écrivait par mail le skipper de Groupama 3 à ses neuf équipiers.

Une analyse confirmée par Sylvain Mondon qui accompagnera Groupama 3 durant sa tentative depuis son bureau de Météo France à Toulouse  : « La fenêtre météo attendue pour la tentative de trophée Jules par Groupama 3 et son équipage n’est pas tout à fait classique pour ce genre de tentative. En effet en choisissant de s’élancer jeudi 5 novembre juste après le passage d’une zone de traîne active (nombreux grains avec fortes rafales) dans une mer encore très formée, Franck Cammas et ses hommes n’ont pas choisi la facilité. Car les forts vents de Nord-Ouest qui soufflent jusqu’à jeudi matin sur le golfe de Gascogne lèvent une mer grosse (creux supérieurs à 6m) aussi il conviendra d’être prudent.

Si Groupama 3 s’élance dans de telles conditions pour les premières 24h de mer c’est avant tout parce que les conditions attendues par la suite sont beaucoup plus favorables. Les alizés de Nord-Est seront notamment établis et réguliers jusqu’aux îles du Cap Vert. Cette configuration des alizés est très différente de ce qu’avait connu Groupama 3 en 2007 lors de sa précédente tentative puisque le maxi trimaran avait du composer avec de nombreux résidus orageux issus d’une dépression entre Canaries et Açores.

Pour ce qui est de l’Atlantique Sud, il est encore trop tôt pour avoir une idée précise de ce qui attend Franck Cammas et son équipage. Néanmoins les conditions de grande échelle peuvent être qualifiées de favorables avec des alizés de Sud-Est établis au sud de l’équateur et un Anticyclone de Ste Hélène attendu un peu plus proche de l’Afrique que de l’Amérique du sud ».

Présents ce soir à Brest pour un dernier dîner d’équipage, les dix hommes de Groupama 3 prévoient de quitter le quai du port du Château jeudi à 11h pour se présenter entre 16 et 17h sur la ligne de départ du Trophée Jules Verne devant le phare de Créac’h sur l’île d’Ouessant.
Une vedette rapide destinée aux familles et à la presse suivra le départ de Groupama 3 jusqu’à la sortie du goulet de Brest.

L’organisation à bord de Groupama 3
Trois quarts de trois personnes :
•    Franck Cammas, Loïc Le Mignon, Jacques Caraës
•    Stève Ravussin, Thomas Coville, Bruno Jeanjean
•    Fred Le Peutrec, Lionel Lemonchois, Ronan Le Goff
•    Stan Honey, navigateur, hors quart

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Vents contraires sur la route d’IDEC

Start Idec
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Si les données de la problématique Mauricienne ont en ce jour quelque peu changé, avec l’arrivée d’un flux de Nord Est en plein renforcement, Joyon n’a guère progressé dans l’analyse de la complexe situation qui lui barre pour l’heure la route vers les souriants horizons Africains. Une large zone de hautes pressions centrée en son Sud Est, génère de forts flux de Nord Nord Est pile dans l’axe de sa route. Francis, qui a franchi la nuit dernière en son 18ème jour de course la longitude du cap de Bonne Espérance, poursuit ainsi une trajectoire digne d’un tour du monde, cap au Sud Est, au coeur des quarantièmes, vers les immensités désolées du Grand Sud, et ces îles du Prince Edward qu’en bon défricheur d’océan, il se réjouit, en son malheur, d’espérer apercevoir.

Un "way Point" nommé Edward…
Les îles du Prince Edward sont deux petits îlots situés dans la partie sub-antartique de l’océan Indien et qu’administre l’Afrique du Sud. Elles sont constituées d’un premier îlot dénommé Prince Edward Island, et d’une plus grande entité, l’île Marion où demeurent quelques scientifiques d’une station de recherche météorologique et biologique. Situées par 46 degrés de latitude Sud et 37 degrés de longitude Est, elles figurent dans notre communiqué du jour, pour la simple et bonne raison qu’elles pourraient, au train et à l’allure que prend la course de Joyon, bientôt apparaître en vue des étraves d’IDEC. Nous n’en sommes pas encore là, et le grand trimaran rouge vient seulement de franchir la longitude du cap de Bonne Espérance, prélude à l’entrée, effective depuis la mi-journée, dans l’océan Indien. Un Indien que Francis espérait remonter au plus près des côtes orientales Africaines, mais qu’un fort vent de secteur Nord Est, soit exactement sur sa route, oblige à explorer de plus en plus à l’Est et de plus en plus au Sud. Et ces îles du bout du monde, de constituer une sorte de "way point", point GPS ciblé par Joyon et à atteindre pour toucher une bascule au Nord Ouest, certes peu propice à la longue glisse de portant, mais qui verrait le grand trimaran ouvrir ses voiles et pointer ses étraves vers le nord et le continent Africain.

Au près sur une mer croisée…
Dans cette attente, et en ce 19ème jour d’aventure solitaire, IDEC et son diable de pilote serrent les dents. La mer s’est fait méchante, avec cette double houle croisée en provenance qui de l’Ouest, qui du Nord Est, au bon vouloir des systèmes météo qui s’entrechoquent avec allégresse dans ces immensités Australes. S’il n’aime guère l’allure du moment, IDEC n’en laisse rien paraître, et il maintient face au vent ses 18 noeuds, une vitesse qu’envierait nombre de navires performants au portant. Reposé, vigilant aux réglages et à ne laisser traîner nulle bricole susceptible de gêner un tant soit peu la marche de son voilier, Francis se sait plongé au coeur de la grande incertitude de son nouveau pari vers l’île Maurice. "Les facteurs météo que nous rencontrons sont un peu inhabituels pour la saison" avoue t’il. "Mais ils font partie de cette route méconnue et je m’efforce de m’adapter aux circonstances." Un vrai challenge attend ce marin hors norme avec plus de 2 000 milles encore à parcourir aux allures au plus près du vent. 30 à 35 noeuds sont attendus demain, des valeurs que les marins en ce parcours se réjouissent à recevoir par l’arrière du bateau, et que Francis et IDEC affronteront bille en tête, afin de continuer à gagner toujours et encore dans l’est, au coeur du pays des albatros.

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Bagarre pour la deuxième place

Telecom Italia
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Rien n’est jamais acquis en mer, mais au vu des conditions météorologiques au large des Caraïbes (vent d’Est d’une quinzaine de nœuds), difficile d’imaginer un retournement de situation alors que Initiatives-Novedia maintient son écart face à Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia), à Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat) et à Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM). Encore 210 milles en 24 heures pour les premiers qui s’avéraient parmi les plus rapides de la flotte et ont ainsi gagné une dizaine de milles de marge depuis hier. Mais comme la brise va encore mollir au fur et à mesure que les Class’40 vont pénétrer dans la mer des Caraïbes, les leaders ne peuvent se permettre de faire un pit-stop à Saint-Barthélemy : un simple calme et tous les efforts fournis depuis dix-sept jours pour faire le break seraient réduits à néant. Quand on est en tête d’une course à la voile, on ne peut se permettre de se relâcher…

Lissage de l’océan

A l’opposé, c’est-à-dire à plus de 1 000 milles des leaders, Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) semblent avoir pris la bonne option après leur arrêt technique au Portugal : avec leur route Nord, ils ont distancé Yves Ecarlat et Lionel Regnier (Vale Inco-Nouvelle Calédonie) partis plus au Sud et grappillent une vingtaine de milles par jour. À ce rythme, ils pourraient même croiser les Britanniques Mike West et Paul Worswick (Keysource) dès jeudi soir ! Ce serait un excellent coup stratégique… Et de la stratégie, il va en falloir pour négocier cette fin d’Atlantique dans des alizés qui tendent à tourner en mollissant et qui amènent encore quelques cumulonimbus porteurs de pluies et surtout de rafales et de calmes. Certes, les conditions météorologiques sont favorables pour reprendre des forces et s’alimenter normalement, mais rappelons qu’il reste encore près de 2 000 milles à parcourir pour les premiers et plus de 3 000 milles pour les derniers !

En tout cas, la bagarre pour l’octroi du titre de dauphin est palpitante : les Italiens naviguent à vue du duo Stamm-Jourdren et le tandem Seguin-Tripon est en embuscade ! De même sur une même ligne, les deux couples Britanniques, Wright-Brennan (Palanad 2) et Harding-Merron (40 Degrees) doivent gérer la route un peu plus Sud des Finlandais Romppanen-Öhman (Tieto Passion) qui semblent avoir touché un peu plus de vent. Belle lutte aussi entre les Nordistes Lazat-Nouel (Plan, les enfants changeront le monde) et Card-Murphy (Orbis) face aux Sudistes Nigon-Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) et Consorte-Aubry (Adriatech), désormais sur la même route. L’atterrissage sur les Antilles ne va pas être très simple…

Classement du 04/11/09 à 16h (UTC)
1. Tanguy De Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia), à 1938.24 milles de l’arrivée
2. Giovanni Soldini-Pietro D’Ali (Telecom Italia), à 118.98 milles
3. Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), à 121.61 milles
4. Damien Seguin-Armel Tripon (Cargill-MTM), à 136.99 milles
5. Tim Wright-Nicko Brennan (Palanad 2), à 263.08 milles

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Une flotte dispersée

Initiatives-Novedia
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Le glissement progressif vers le Sud de Initiatives-Novedia a parfaitement fonctionné et Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy qui ont en sus, très bien géré leur matériel puisqu’ils n’ont pas d’avarie majeure, sont désormais bien installés en tête : ils devraient passer devant Saint-Barthélemy dès jeudi. Et les quinze autres Class’40 commencent à s’aligner sur la même route : au Sud, les trois partisans de la voie canarienne doivent remonter vers le Nord-Ouest en raison de la rotation des alizés qui ont dorénavant une direction plein Est. Et de l’autre côté, les Nordistes doivent plonger vers le Sud-Ouest dans ce même vent. Résultat : les routes vont se croiser dès ce mardi quand les plus méridionaux devront empanner pour se recadrer sur la route directe.

Dépression tropicale

L’Atlantique est en grand mouvement pour toute la semaine à venir : ça va souffler fort en Bretagne pendant que les alizés vont un peu s’essouffler du côté des Antilles. Car les dépressions circulent au Nord des Açores quand l’anticyclone du même nom se dégonfle un peu en s’affaissant sur l’archipel. Et pendant ce temps, le temps est très perturbé du côté des tropiques avec beaucoup de masses nuageuses et même une dépression tropicale en formation dans la mer des Caraïbes. Heureusement, elle devrait s’étioler avant que les premiers de la Solidaire du Chocolat ne rentrent dans les Antilles… Mais de fait, cette situation va provoquer un essoufflement des alizés qui va ralentir un peu la flotte avec une dizaine de nœuds de moins de secteur Est. Finis les grands surfs : il va falloir composer avec les petits grains et les bascules pour optimiser la route…

Cette bataille d’empannage à venir va donc faire croiser les routes des poursuivants. D’abord celles des trois duos qui talonnent les leaders : Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Itailia) semblent avoir compris le danger et avoir aussi résolu une partie de leur problèmes techniques. Les Italiens maintiennent leur position de dauphin, mais ont obliqué plus vers le Sud-Ouest pour croiser juste devant l’étrave de Bruno Jourdren et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : les deux Class’40 devraient naviguer à vue ce midi ! Quant à Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) légèrement plus Sud, ils devraient aussi converger vers un point de jonction en soirée… Trois bateaux à touche-touche à trois jours de l’atterrissage, cela n’est pas si courant.

Carrefour tropical

Pour les partisans du Sud, la convergence aura lieu demain mercredi entre les Britanniques Mike West et Paul Worswick (Keysource) et les Français Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) venus des Canaries, et les trois « Açoriens » : Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty), Denis Lazat et Frédéric Nouel (Plan, les enfants changeront le monde) et les Anglais Stephen Card et Shaun Murphy (Orbis). Une bonne façon de finir la traversée de l’Atlantique à quelques dizaines de milles les uns des autres… Seul le tandem franco-italien de David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) se démarque par sa trace plus Sud : ils ne devraient rejoindre ce groupe que d’ici deux jours et peut-être croiser légèrement devant…

Classement du 03/11/09 à 8h (UTC)
1. Tanguy De Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia), à 2225.26 milles de l’arrivée
2. Giovanni Soldini-Pietro D’Ali (Telecom Italia), à 110.94 milles
3. Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), à 125.78 milles
4. Damien Seguin-Armel Tripon (Cargill-MTM), à 129.99 milles
5. Tim Wright-Nicko Brennan (Palanad 2), à 205.59 milles

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Francis Joyon est ralenti par un anticyclone

Start Idec
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Hier encore "flashé" à plus de 25 noeuds, Francis Joyon voit à présent s’échapper loin en son sud la dépression d’ouest qui lui a permis depuis le dernier week-end d’aligner de belles journées à plus de 580 miles parcourus quotidiennement. Mais sa route depuis la Bretagne et Port Louis, similaire jusqu’alors au parcours "classique" d’un tour du monde par les trois grands caps et via l’équateur, prend désormais, et alors que la longitude du cap de Bonne espérance est en vue, un jour nouveau avec en perspective les abords moins usités de la façade orientale du continent africain. Ces horizons peu fréquentés des circumnavigateurs du Vendée Globe, du Trophée Jules Verne ou des grands records s’offrent à présent aux étraves d’IDEC, et force est de constater qu’ils recèlent moult difficultés stratégiques, ajoutées à la dureté bien connue des navigations en marge des 40ème rugissants.

Ainsi que le résume avec son humour et sa poésie coutumière Jean-Yves Bernot, conseiller météo bien connu et complice de Francis Joyon, "L’été sera chaud au Kerguelen". Un axiome en forme de "messages personnels du Jour J", et qui traduit de facto la villégiature sudiste entrepris par un anticyclone qui n’offre plus sur la route de l’Afrique orientale qu’un vaste flux de secteur Nord Est, axé pile-poil dans le sens de la route d’IDEC. "C’est une zone que j’observe attentivement depuis que la Volvo Ocean Race s’y est aventurée l’an passé" explique Bernot, "Et c’est vraiment l’anticyclone qui fait ici office de garde barrière. Selon son positionnement plus ou moins sud, la porte de la zone nord de l’océan Indien s’ouvre ou se referme." Hélas pour Francis, il semble bien qu’IDEC se présente au moment même où le portillon vient de retomber. Le skipper d’IDEC se trouve ainsi en ce mardi confronté à une double problématique ; traverser une zone de transition consécutive au déplacement de la dépression, et rallonger considérablement sa route en suivant, pendant 48 heures encore, un cap à l’Est Sud Est très éloigné de sa destination finale. Il doit dans l’immédiat toucher un vent plus soutenu de secteur nord qui va faciliter cette descente sous les 40ème, et user de patience dans l’attente de la rotation au Sud Est qui lui permettra enfin de regarder vers l’Afrique et l’île Maurice.

Le franchissement attendu cette nuit de la longitude du cap de Bonne espérance (18°29′51″E) se laisse mériter et Francis, comme à l’accoutumé,  ne ménage pas sa peine pour extraire son "géant rouge" du petit temps. Vents contraires, mer de plus en plus difficile, route rallongée… qui a dit que cette "la mauricienne" en multicoque était un long fleuve tranquille?

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Gitana 11 : objectif Route du Rhum

Gitana 11
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Depuis la mi-octobre et la fin du circuit des Extrême 40, où Yann Guichard et son équipage de Gitana Extrême – Groupe LCF Rothschild ont accroché pour leur première participation au championnat une 2ème place très prometteuse, le skipper du Gitana Team se consacre pleinement à la mise au point de la nouvelle unité armée par le Baron Benjamin de Rothschild. Mais avant de chevaucher l’Atlantique en solitaire, c’est avec un équipage réduit que le navigateur originaire de l’Ile aux Moines fait connaissance avec le maxi-trimaran de 77 pieds : « depuis la mise à l’eau de Gitana 11, le 7 septembre dernier, j’ai multiplié les sorties en équipage. Il me faut engranger des milles pour apprendre à connaître le bateau. Car même si nous partons d’une plateforme déjà existante, les changements réalisés sur Gitana 11 en font un trimaran complètement nouveau. Le comportement et les réactions du bateau à certaines allures diffèrent et tout cela je ne peux le découvrir qu’en naviguant » assure Yann Guichard.

Pour le skipper de Gitana 11 et ses hommes, l’objectif est  par conséquent d’acquérir un maximum de données sur le comportement du bateau dans sa nouvelle version. Et ce, afin d’envisager les évolutions à apporter au maxi-trimaran avant la longue campagne de navigations en solitaire qui l’attend dès la fin de son chantier hivernal : « ces quelques semaines de navigations en équipage réduit nous auront permis d’évaluer les modifications à apporter au bateau durant les trois mois de chantier d’hiver à venir. Nous allons principalement travailler à l’amélioration des appendices et du plan de voilure.»

Conscient de la chance de bénéficier d’une longue période de mise au point pour dompter cette incroyable machine, Yann Guichard s’avouait cependant frustré à quelques jours du départ de la Transat Jacques Vabre, qui pour la première fois depuis sa création n’est pas ouverte aux multicoques de plus de 50 pieds : « J’ai participé aux quatre dernières éditions en tant qu’équipier et notamment à bord de Gitana 11 en 2005 et 2007. C’est une course qui me plaisait beaucoup car le concept du double sur des trimarans tels que Gitana 11 est particulièrement bien adapté pour tirer toute la quintessence du bateau. Nous pouvons l’exploiter à 100 % de son potentiel, ce qui est bien souvent très instructif dans l’optique de le mener en solitaire.»

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