Ian Lipinski et Amélie Grassi sont toujours en tête de la 3e étape à bord de CREDIT MUTUEL devant l’équipe Belge de Jonas Gerkens et Benoît Hantzpe. Ils sont entrés depuis mardi dans le détroit de Bass, l’archipel qui sépare l’Australie continentale de la Tasmanie et qui marque la fin de leur parcours en Grande Baie Australienne.
Passé en tête à la longitude du Cap Leeuwin le 5 décembre à 08.29 UTC avec une avance de 50 milles sur BELGIUM OCEAN RACING – CURIUM, l’équipage français a été vite rattrapé par les belges revenus à 1 mille d’écart avec une nouvelle dépression le 6 décembre à 09.00 UTC ; puis dans un grand bord au portant dans un vent fort les deux équipages sont partis sur des options différentes, les belges privilégiant la partie sud du plan d’eau. Habileté tactique ou problèmes techniques chez leur concurrent qui ont fait état de problèmes de hook, la phase a été assez favorable à l’équipage français qui abordait le détroit de Bass avec une avance de 100 milles, une avance inédite et jamais observée depuis le début de l’épreuve sur leur duelliste favori. Est-ce autant pour dire que la victoire va leur sourire sur cette étape 3 aprés une arrivée à La Réunion qui a laissé quelques amertumes ? Il leur reste ce soir mois de 500 milles à parcourir entre les iles du Détroit de Bass, une zone réputée difficile, et des vents plus faibles vers l’arrivée à Sydney : la prudence s’impose donc dans les pronostics au vu des multiples rebondissements ( 28 changements de leaders depuis le départ de la Réunion) déjà observés dans cette étape ou dans les précédentes. Qui pénétrera donc en tête jeudi 11 / vendredi 12 prochains dans la célèbre baie de Sydney ? une baie qui en ces derniers jours avant le départ de Sydney-Hobart le 26 décembre regorge de de voiliers toutes tailles en entrainement avant le coup de canon de la mythique course.
Ian Lipinski-Skipper Crédit Mutuel et Amélie Grassi – Navigatrice à l’entrée du Détroit de Bass au Nord de la Tasmanie ! Bonjour, Cela fait quelque temps que l’on a pas donné de news. Les conditions rencontrées étaient vraiment sportives et exigeantes. On était vraiment concentré pour essayer de naviguer en sécurité. Mais il y a toujours aussi la pression de la course et donc la nécessité d’essayer d’aller le plus vite possible, ce qui est souvent un peu en opposition avec les impératifs de préservation du bateau. Avec les jours qui ont passés dans cette succession de dépression, nous étions aussi très fatigués et donc parfois les décisions sont difficiles à rendre. On opte finalement pour un choix ou pour l’autre sans n’être jamais sûrs si c’est la bonne solution. Les évènements s’enchainent ainsi, avec quelques manœuvres qui rythment le temps, et des petites bricoles à gérer de temps en temps: réparation de voiles, vague dans le bateau, bout de descente de safran qui pète…. Et toutes ces bricoles sont habituellement une formalité à réparer, mais dans 30 à 35 kts de vent avec un bateau qui surfe à 25 kts…. c’est un peu différent! La vie à bord est compliquée aussi…. Mais on s’habitue à tout et nous serons fiers d’avoir fait cette traversée. Une autre navigation nous attend à présent jusqu’à Sydney, beaucoup plus confortable avec des zones de calme et du vent modéré. Nous allons pouvoir profiter de ces derniers jours et essayer de continuer à bien régater pour tenter de conserver de l’avance jusqu’à la ligne d’arrivée. Le finish à la Réunion nous a rappelé que rien n’est jamais terminé avant la ligne d’arrivée! On garde les yeux ouverts! A bientôt Ian
« Terre nous voilà! Cela fait toujours du bien (après avoir été loin de tout) de retrouver le côté rassurant d’une côte. Naviguer par le célèbre détroit de Bass et passer de l’océan Indien à Pacifique c’est quand même pas anodin! Un océan indien bien costaud dans les 40e qui nous a amené ses Albatros et ses dépressions mais aussi ça mer très dure à gérer. On a eu beaucoup de mal à faire bien avancer le bateau dans cette mer très courte et la vie à bord était extrêmement inconfortable. On a aussi eu quelques casses pénalisantes pour la performance (hook, galettes, ballasts,…) mais c’est surtout la perte de notre petit spi (A6) explosé depuis…10 jours qui nous a grandement pénalisé . Cumulé avec quelques erreurs de manœuvres (et une chute sur mon bassin toujours très douloureux) et cela fait un écart trop grand à notre goût avec crédit mutuel (en même temps Amelie et Ian naviguent très proprement) On reste aux aguets d’ici Sydney si une porte s’ouvre tout en mettant un point d’honneur à amener le Curium 187 au pied du célèbre Opéra » Jonas
Le skipper Sébastien Marsset qui vise une deuxième participation sur le prochain Vendée Globe a dévoilé un modèle inédit de sponsoring à partir de la trésorerie des entreprises.
Devant un public de dirigeants et de partenaires économiques réunis pour une conférence exceptionnelle, le skipper Sébastien Marsset a présenté un modèle de sponsoring financé non pas par une dépense, mais par la performance d’une trésorerie placée. Ce dispositif imaginé par Julien Chany (team manager de l’équipe de Sébastien Marsset et fondateur du cabinet Lafayette Patrimoine) répond à une réalité largement évoquée durant l’événement : les entreprises souhaitent s’engager, mais leurs budgets communication et RSE sont sous tension. Cette solution offre un levier supplémentaire aux entreprises qui veulent communiquer dans la course au large et dont les montants sont devenus importants. Sébastien Marsset vise un top10 sur le prochain Vendée Globe avec l’acquisition d’une bateau de 2020.
Cette innovation ouvre une troisième voie entre sponsoring et mécénat, adaptée aux PME comme aux ETI, et cohérente avec l’ADN de sobriété performante du projet Marsset. Un sponsoring autofinancé : comment ça marche ? Le mécanisme repose sur un principe simple : -L’entreprise utilise une partie de sa trésorerie. -Cette trésorerie est placée de manière sécurisée, sans être bloquée et sans jamais être dépensée. -Le placement génère un rendement annuel. -Et c’est ce rendement, et uniquement lui, qui finance le sponsoring et le mécénat. Le capital, lui, reste intact.
On ne touche pas à l’argent de l’entreprise : on fait travailler sa trésorerie. Ce n’est plus une dépense : c’est un flux financé par le rendement. Pour l’équipe de Sébastien Marsset, ce modèle rend le sponsoring voile : moins risqué, plus accessible, compatible avec les contraintes de trésorerie modernes et mesurable. « Ce modèle répond à une attente claire : permettre aux entreprises de s’engager sans pression budgétaire supplémentaire. Notre mission est de rendre cette solution accessible et opérationnelle. »
Durant la conférence, Foussier et Magellan Partners ont partagé leur expérience du sponsoring voile auprès de Sébastien Marsset. Leur expérience démontre que le sponsoring voile crée de la valeur, ce qui rend d’autant plus pertinente l’arrivée d’un modèle autofinancé, capable de lever le principal frein des entreprises : le coût. Cette lecture a été renforcée par l’analyse de Bruno Fraioli (SportBusiness.Club), qui a replacé l’innovation dans le contexte économique actuel : « On est face à une véritable innovation. Ici, le sponsoring se finance par la performance de la trésorerie. Ce n’est plus une dépense, mais un investissement. »
Sur le plan sportif, l’équipe est désormais tournée vers la prochaine grande échéance : la Route du Rhum 2026, première étape majeure vers le Vendée Globe 2028
La Maison des skippers été inaugurée samedi, en présence de Violette Dorange, marraine de l’équipement et le parrain Jean-Yves Le Drian. Ce nouvel espace a pour ambition de soutenir les skippers locaux en proposant des services dédiés à leur formation et à leur suivi sportif.
Installé au coeur de Lorient La Base, cet équipement d’envergure confirme le rôle du site comme capitale mondiale de la voile océanique. Plus qu’un lieu de travail, la Maison des skippers se veut un véritable espace de vie et un symbole de l’engagement collectif en faveur de la filière nautique de haut niveau.
Pour Fabrice Loher, président de Lorient Agglomération, maire de Lorient : « Avec la Maison des skippers, Lorient La Base franchit un nouveau cap. Dès ses débuts, les plus grands skippers ont choisi Lorient La Base comme port d’attache : Alain Gautier, Franck Cammas ou Hervé Laurent. Aujourd’hui, c’est une nouvelle page de l’histoire de notre pôle course au large qui s’ouvre et qui sera suivi dans les prochaines années du doublement des capacités d’accueil de ses pontons. Cette Maison des skippers incarne notre ambition : un lieu unique, fonctionnel, ouvert et d’excellences à destination de nos marins, notamment les plus jeunes, pour leur fournir les meilleures conditions pour l’évolution de leurs carrières sportives et pour relever les défis du large. C’est un véritable centre de vie dédié à la performance sportive et à l’innovation technique au service de la filière course au large qui contribue pleinement à notre développement économique et au rayonnement du Pays de Lorient dans le monde entier. »
Un investissement stratégique pour la filière Fruit d’un investissement de 7,6 millions d’euros (dont 6,5 millions d’euros de travaux) financés à 100% par Lorient Agglomération – dont 5 millions issus de l’indemnisation du bâtiment des Défis, détruit par un incendie en 2018 –, la Maison des skippers se veut bien plus qu’un simple bâtiment. Cet équipement, dont la gestion est confiée à la SELLOR, incarne la volonté de Lorient Agglomération de soutenir les marins et de valoriser l’excellence maritime, moteur d’attractivité pour tout le territoire.
Afin de devenir le carrefour incontournable des acteurs du nautisme local, la SELLOR va proposer une programmation riche en animations et en événements destinés à renforcer les synergies entre skippers, partenaires socio-économiques et jeunes talents issus de la voile légère. Pour y parvenir, une stratégie d’adhésion ciblée sera déployée, visant à rassembler les skippers adhérents au centre d’entraînement, les acteurs clés du territoire, ainsi que les locataires réguliers, en étroite collaboration avec le bureau du port. Parallèlement, la gestion des trois salles de réunion sera optimisée afin d’en maximiser l’usage auprès des acteurs de la course au large. Un calendrier d’événements nautiques récurrents (Mini Plastimo, Défi Azimut – Lorient Agglomération, 24H Ultim ou Atlantique Le Télégramme E. Leclerc), aligné sur les grands rendez-vous de la discipline (The Transat CIC ou DRHeam Cup), sera élaboré et coordonné avec l’ensemble des clubs et acteurs du secteur, garantissant ainsi une dynamique collective et cohérente. Un lieu de convergence pour marins et équipes Sur plus de 3 000 m², la Maison des skippers rassemble sous un même toit une offre complète de services :
Un centre d’entrainement (prochainement labellisé par la Fédération Française de Voile) qui propose- des formations et une préparation physique ;
Des espaces de travail et de détente pour les skippers et leurs équipes (bureaux, salle de sport, espaces partagés) ;
Un hangar modulable adapté aux différentes jauges de bateaux qui accueillera l’hivernage de l’Ultim Actual dès décembre ;
Le bureau de la capitainerie du port de Lorient La Base ;
Les locaux des acteurs de la course au large, parmi lesquels les classes IMOCA, Figaro et Ultim, la Fédération Française de Voile ainsi que le siège France de l’activité Voile de l’UCPA.
Pensé comme un point de convergence entre préparation sportive, logistique et convivialité, le bâtiment devient un véritable centre névralgique de la Sailing Valley.
Une architecture ouverte sur la mer Conçue par l’agence lorientaise Bohuon Bertic Architectes, en groupement avec BABois, AERIUS, ARMOR ÉCONOMIE et ALHYANGE, l’architecture se distingue par sa transparence et sa fonctionnalité. Les façades vitrées et les pontons boisées offrent un balcon sur le quai et sur la mer, tandis que l’organisation sur trois niveaux assure une grande lisibilité des usages. Conçue comme un vaste balcon tourné vers le port et la course au large, la façade principale du bâtiment joue sur les contrastes : claire face à l’environnement sombre, ouverte face au paysage massif des bunkers. Cette mise en scène architecturale affirme la présence d’un édifice volontairement sobre mais expressif. Côté ville, la façade arrière se distingue par un jeu d’ombre et de lumière. Épaisse et réfléchissante, elle capte le soleil en journée et s’anime d’un balisage lumineux à la nuit tombée, révélant la structure du bâtiment et marquant son ancrage au coeur du site. La construction a privilégié des matériaux « bas carbone » comme la charpente bois du hangar ou l’ossature bois et l’isolation en ouate de cellulose de certaines façades afin de bénéficier du label E+C- (énergie positive / bas carbone) avec l’objectif du niveau le plus performant E3C1. Le bâtiment dispose d’une couverture végétalisée pour le hangar des écuries et d’une chaufferie bois commune.
Un territoire en plein essor Avec la Maison des skippers, Lorient La Base renforce son attractivité. En dix ans, 31 nouveaux bateaux y ont élu port d’attache. On y recense désormais 122 teams et skippers professionnels, évoluant au sein d’un écosystème qui associe activités nautiques, quartier d’affaires, tourisme maritime et événements d’envergure. Une étude menée par AudéLor confirme cette dynamique : en dix ans, les emplois et les retombées économiques de la course au large ont été multipliés par trois. Hors construction navale, les retombées locales atteignent 35 millions d’euros par an, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 12 millions pour les chantiers de mâts, foils et coques. Étude complète AudéLor sur les retombées économiques Un nouvel emblème pour la Sailing Valley En inaugurant la Maison des skippers, Lorient Agglomération franchit une étape supplémentaire dans la structuration de sa filière voile en lien avec les centres d’entrainement voisins de La Trinité sur Mer et de Port La Forêt. À la fois lieu de travail, d’échange et vitrine, ce nouvel équipement confirme l’ambition du territoire : rester la référence internationale de la voile océanique et offrir aux marins, notamment les plus jeunes, les meilleures conditions pour l’évolution de leurs carrières sportives afin de relever les défis du large. Un chantier au service de l’insertion sociale Sous l’impulsion de Lorient Agglomération, des clauses d’insertion par l’activité économique ont été intégrées aux marchés publics, elles ont permis de faire de ce projet un véritable levier d’insertion et d’emploi local. Pilotée par la Mission Locale Réseau pour l’Emploi du Pays de Lorient ce chantier constitue un bel exemple de la mise en oeuvre du Schéma de Promotion des Achets Responsables (SPAR) que Lorient Agglomération a adopté depuis 2023.
Les chiffres clés : ▪ 10 279 heures de travail effectuées par des personnes en parcours d’insertion (soit 6 919 heures de plus que prévu, équivalant à 6,40 équivalents temps plein) ; ▪ 21 bénéficiaires accompagnés dans leur retour à l’emploi dont 5 bénéficiaires issus de quartiers prioritaires de la politique de la ville (657 h réalisées) ; ▪ Des participants âgés de moins de 26 ans (7), 26 à 49 ans (12) et 50 ans et plus (2) ; ▪ Des contrats variés, gages d’une insertion durable : CDD (2), CDI (2), contrat d’alternance (6), contrat d’intérim d’insertion (11).
Les 8 femmes de The Famous Project CIC ont franchi l’Equateur ce dimanche à 18h15 heure française en 8 jours 3 heures 35 minutes à bord du maxi-trimaran IDEC SPORT. L’occasion de bizuter Deborah Blair pour qui c’était une première ! L’équipage compte 1100 mn de retard sur le record.
Avec le franchissement de cet important marqueur et ce passage dans l’hémisphère sud, Alexia Barrier, Dee Caffari, Annemieke Bes, Rebecca Gmür Hornell, Deborah Blair, Molly LaPointe, Támara Echegoyen et Stacey Jackson attendent de Neptune non seulement protection et bénédiction, mais aussi très concrètement l’accès à ces fameux alizés de sud est. Ces vents bien établis qui soufflent depuis les côtes d’Afrique du Sud jusqu’à la corne du Brésil, permettent de contourner l’anticyclone centré sur l’île de Sainte Hélène au cour de l’Atlantique sud. C’est donc aux allures proches du lit du vent que le trimaran géant changera d’hémisphère. Sa position relativement très est lui offrira un angle au vent intéressant pour allonger la foulée en accompagnant l’adonnante, quand le vent viendra progressivement souffler par le travers du bateau. L’occasion pour Alexia et ses drôles de navigatrices de « couper un peu le fromage Atlantique » à l’écart des rivages Brésiliens. Tous les esprits du bord se tourneront alors vers la transition à réussir avec les systèmes perturbés du grand sud, boulevard vers les autres grands marqueurs de ce Trophée Jules Verne, le Cap de Bonne Espérance et son voisin, le Cap des Aiguilles, qui scande l’entrée dans l’Océan Indien, d’ici une semaine espère t’on.
Alexia Barrier et le Pot au Noir
« Ici, tu passes d’un nœud à trois nœuds, de trois à six, puis à huit, et soudain un nouveau nuage arrive et… plus rien. Quatre nœuds. Deux nœuds. Zéro. On avance, puis non, puis si, puis plus du tout. C’est un tango tropical : imprévisible et collant. »
Partis le 22 novembre dernier de la baie de Saint Paul sur l’île de la Reunion les 8 concurrents de la 2ème édition de la GLOBE40 affrontent le grand sud. L’équipage de Crédit Mutuel au coude à coude avec l’équipage belge depuis le départ a pris un net avantage à 3 jours de l’arrivée à Sydney.
Les 8 concurrents ont d’abord été confrontés aux calmes de l’anticyclone des Mascareignes qu’ils avaient déjà rencontrés lors de la remontée depuis l’Afrique du Sud. Un passage d’une semaine environ pour se remettre dans le bain de la vie au large mais néanmoins plus rapide qu’à l’aller. Puis ce fut la quête de sud pour aller à la rencontre des dépressions d’ouest, « l’autoroute des dépressions » comme on dit en langage initié. En allant les chercher les skippers ont fini par les trouver et depuis une semaine le visage de la course a changé au fur et à mesure que le chiffre de la latitude clignotait vers le sud ; 35°, puis 40°, et maintenant pas loin de 45° Sud, étant entendu que le parcours est limité par une « barrière » fixée à 46° Sud puis à 48° Sud sous la Grande Baie d’Australie.
Le début de cette phase le week-dernier a vu malheureusement l’équipage allemand de NEXT GENERATION BOATING AROUND THE WORLD devoir renoncer à concourrir sur cette étape.Une défaillance mécanique dans le gréement ( rupture de la pièce qui porte les barres de fléches et rupture du cable intermédiaire D2) aurait pu provoquer immédiatement la chute du mât mais la réaction rapide de Leenart Burke et Melvin Fink a permis d’éviter le pire à ce stade. Aprés 2 journées de réflexion et de consultation des partenaires, assureurs, de l’organisation de la course les jeunes allemands faisait le choix de reprendre le chemin inverse vers la Reunion pour réparer avec la ferme intention de reprendre la course dés que possible, vraisemblablement pas à Sydney mais à une étape suivante. Poursuivant leur lente remontée à 5/6 noeuds de moyenne ils devraient atteindre l’ile d’ici une semaine. Premier incident sérieux en 10000 milles de course pour l’ensemble de la flotte, le sort a malheureusement frappé un équipage brillant qui avait montré toutes ses capacités avec cette deuxième place lors de la grande étape Cap-Vert / La Reunion.
Pour les autres équipages la semaine qui vient de s’écouler a été celle du grand sud, celui qu’on attend, celui qu’on vient chercher dans une telle épreuve, celui qui a été rêvé, celui qui a été phantasmé. Longues glissades avec un compteur qui s’affole ( record à ce jour 30.8 noeuds pour le team belge), froid et grisaille dans cet univers de l’au delà, et les grands albatros comme gardiens du temple dans ces eaux inhospitalières mais si marquantes.Pour la plupart habitués des circuits européens et des transats les skippers trouvent là un dépassement et un aboutissement à leur parcours de coureur au large. Mais un aboutissement qui se paye en frayeurs quand le bateau « plante » dans les creux, qui se paye aussi avec le froid et la fatigue des hommes et du matériel, qui rappelle souvent à chacun que c’est un sport « mécanique », entendons par là que chaque pièce est poussée à ses limites et peut casser quelque soit les certitudes mathématiques. Au delà de la compétition tous ont le sentiment de vivre une expérience commune qui soude les équipages entre eux. Comme nous le dit Amélie Grassi à bord de CREDIT MUTUEL dans un message cette semaine: « j’ai mesuré une fois de plus la chance que nous avons d’être en course autour du monde, à glisser inlassablement dans les vagues des mers du sud. Il faut profiter de ces précieux moments. peu d’humains ont la chance de vivre cette expérience ».
En termes de course pure le rythme n’a pas ralenti avec 3500 milles parcourus pour les premiers à une moyenne proche de 12 noeuds en route surface, soit à ce jour 61% de la distance théorique réalisée et avec encore prés de 2000 milles sur la route directe pour atteindre Sydney. Les changements de leaders restent à leur rythme habituel, 29 depuis 2 semaines et rarement plus de quelques heures pour une position de leader qu’ont alterné BELGIUM OCEAN RACING et CREDIT MUTUEL. Handicapé par plusieurs avaries, pas critiques mais pénalisantes pour la performance, l’équipe belge marque cependant pour la première fois un retard d’une cinquantaine de milles sur CREDIT MUTUEL à l’approche du passage au Cap Leeuwin à la pointe sud-ouest de l’Australie, 2ème grand cap mythique du parcours. Les Class40 classiques dit » pointus » ne sont pas loin à deux jours de mer environ et 500 milles. FREE DOM poursuit un très beau parcours qui lui permet de se construire une petite avance de 50 milles sur son concurrent direct BARCO BRASIL.WILSON est toujours à l’affut à une trentaine de milles du concurrent brésilien. Et JANGADA RACING et WHISKEY JACK se tiennent aussi en cinquantaine de milles au bénéfice du premier. Les leaders sont attendus à Sydney vers le 11/12 décembre et les 15/16 décembre pour les Class40 dit « pointus ».Mais la remontée de la Grand Baie d’Australie et le passage du détroit restent encore des étapes qui se révéler redoutables.
Le duo havrais Guillaume Pirouelle (31 ans) et Cédric Château (48 ans) a remport” le championnat Class40 2025. Habitué des tops 5 sur le circuit Class40 depuis deux ans, à bord de leur Mach.5 Seafrigo-Sogetsran, le binôme s’adjuge ce titre pour la première fois, succédant à un autre Normand, Pierre-Louis Attwell, sacré en 2024.
Deuxième de la CIC Normandy Channel Race, troisième des Sables Horta, cinquième de la Rolex Fastnet Race et vainqueur de la Transat Café l’Or le Havre Normandie… Guillaume Pirouelle : « C’est quand même pas mal ! Ça montre que nous avons été réguliers tout au long de la saison ; chaque course est difficile, il y a quand même de sacrés concurrents. Nous avons été au rendez-vous toute la saison, nous avons bien travaillé !»
Nombre de Class40 étaient présents sur les courses (100 projets sont ainsi classés sur le championnat 2025 !) et, parmi eux, de nombreux prétendants aux victoires. Bien difficile, au départ de chacune des courses de ce championnat, de donner un tiercé gagnant. En effet, chaque course a offert une belle bagarre sur l’eau, jusqu’aux derniers milles de courses : Sur la CIC Normandy Channel Race, coup d’envoi du championnat, remportée par Corentin Douguet et Axel Tréhin (SNSM, Faites un don), seulement quelques dizaines de minutes séparent Seafrigo-Sogestran (G. Pirouelle/C. Chateau), deuxième, de Legallais (F. Delahaye / P. Leboucher), troisième. Aux Sables Horta, il n’est question que de quelques minutes d’écart à l’aller en double comme au retour en solo, entre le vainqueur du classement général Legallais (Fabien Delahaye), son dauphin VSF Sports (Pep Costa) et Guillaume Pirouelle, qui complète le podium. La Rolex Fastnet Race, rendez-vous aoutien des années impaires, sacre une nouvelle fois le Lift3 aux couleurs de la SNSM (C. Douguet/A. Trehin) après un peu plus de trois jours de course. VSF Sports et Les Invincibles (Pietro Luciani) complètent le podium en seulement 7 minutes ! Seafrigo-Sogestran termine cinquième, à moins de quarante minutes du vainqueur.
A l’issue de ces 3 grandes courses, le duo Pirouelle/Château est en tête du championnat mais de peu et la Transat Café L’Or Le Havre Normandie s’annonce redoutable avec 42 Class40 au départ et un scénario changé, le matin même du départ, avec l’annonce d’une escale à La Corogne. Et, une nouvelle fois, quelle intensité, quel suspens ! Les Havrais mènent le groupe des Sudistes quand le binôme Douguet/Tréhin mène celui des Nordistes. Qui l’emportera ? Il faudra attendre les dernières heures (et même minutes !) de course et le contournement de la Martinique pour le savoir. Et finalement 7 minutes après une transatlantique entière.
Cédric Château : « Se retrouver en tête du championnat avant la Transat, c’est aussi parce que des rockstars comme Corentin Douguet n’ont pas participé à toutes les courses. On ne l’avait jamais battu avant le départ, il était juste imbattable, ce qui donnait donc un petit décalage. La valeur de ce championnat, c’est qu’il montre qui est en forme sur une année, donc on est ravis de cette saison. Après la victoire sur le Trophée Europe, la victoire sur la Transat et sur le Championnat ! »
Un titre partagé Un bateau pour deux skippers. Le projet est tout à fait dans l’esprit de la Class40 : le premier, Guillaume, est skipper professionnel mais navigue aussi sur d’autres supports, comme l’Ultime Sodebo avec qui il participe à la Rolex Fastnet Race et tentera le Trophée Jules Verne cet hiver ; le second est le directeur sportif de la Normandy Elite team et navigue aussi sur d’autres supports, comme le TP52 Paprec, avec qui il participe au Mondial pendant les Sables-Horta. Aucun des deux ne peut donc être à plein temps sur le projet et c’est pourquoi ils le partagent. Mais pas seulement. Cédric Château : « J’ai monté ce projet avec nos partenaires pour donner une chance à de jeunes talents normands. Nous n’aurions pas dû faire la Transat Café l’Or ensemble car je devais laisser la main à Guillaume plus tôt mais comme notre saison 2024 a été foudroyée… Le concept est que Guillaume ne soit plus embêté par « l’ancien » en 2026, qu’il intègre un jeune au projet en 2027 et que ce jeune prenne la suite du projet en 2028. La Class40 est une classe raisonnée dans les coûts de fonctionnement et est donc une plateforme idéale pour donner une chance aux futurs marins de demain. »Dans cette logique, c’est Alexis Loison qui avait accompagné Guillaume sur la première étape des Sables-Horta quand Cédric avait lui embarqué sur le Fastnet Théa Khelif et Marion Engelhard.
Un beau bilan pour lancer 2026 Le bilan du championnat 2025 est donc plus que positif : 100 projets classés, 10 nationalités représentées parmi les skippers, 4 architectes (6 plans) dans le top 10… il fallait une belle régularité aux avant-postes pour remporter ce championnat de haut niveau. Il faut également note la belle performance des Class40 « pointus » : dans cette catégorie, la victoire revient à l’équipage pour le climat, Belco CEC (#147), de Louis Mayaud et Alexandre Bellangé, qui termine 19e du général. Deuxième, Djemila Tassin sur Belgium Ocean Racing (#153) et les Méditerranéens du projet Phénix Ha Plus Me (#142) montent sur la 3e marche. A noter également les belles performances de :
Sam Manuard, architecte de 4 bateaux classés dans les 5 premiers !
Benoit Sineau, 8ème , premier bizuth et premier amateur
Pamela Lee, 10ème et 1ère femme
Pierre Leboucher, 1er équipier de la saison 2025
Rendez-vous en 2026 pour, à n’en pas douter, au moins autant de compétition dans cette saison où le solitaire aura la part belle ! Les programmes 2026 : Class40
Ils ont dit : Pamela Lee, première femme : « Je suis ravie des résultats de ma première saison complète en tant que skipper en Class40. Je suis vraiment fière parce que c’est un véritable testament de la façon dont toute l’équipe a travaillé, ensemble, sur et en dehors de l’eau, pour rendre cela possible – en particulier avec un nouveau projet, un projet international ! Un grand merci à mon co-skipper Jay Thompson, qui m’accompagnait toute cette saison. Je suis ravie de partager ce résultat durement gagné avec mon équipe, mes supporters et mes sponsors et je le considère comme un grand encouragement pour notre potentiel futur. »
Fabien Delahaye, deuxième du championnat 2025 : « Très content de terminer une nouvelle saison sous les couleurs de Legallais sur le podium du championnat Class40 à la 2ème place comme l’an dernier. Cela témoigne de notre régularité avec Pierre (Leboucher). Une saison incroyable sur ce circuit Class40 qui ne cesse d’élever son niveau. Après notre victoire sur la CIC NCR en 2024, on gagne une épreuve majeure du circuit en 2025 avec Les Sables Horta avec une dimension Solitaire. De bonne augure pour aborder 2026 et la Route du Rhum en ligne de mire. Déjà hâte d’être à l’année prochaine ! »
Guillaume L’Hostis, troisième du championnat 2025 : « Tout d’abord, très heureux de faire un podium sur le championnat dès ma première année. Mes premières pensées vont vers mes 2 partenaires (Alternative Sailing et les Constructions du belon) qui m’ont fait confiance. On va pouvoir célébrer ce podium tous ensemble. Ce résultat valide tout le travail de cette saison, la régularité dans un championnat intense avec un beau plateau de régatiers. Maintenant place à la suite avec une belle année en solitaire et une Route du Rhum qui s’annonce relevée. «
Classement du championnat 2025 :
G. Pirouelle & C. Château (Seafrigo-Sogestran)
Fabien Delahaye (Legallais)
Guillaume L’Hostis (Alternative Sailing – Constructions du Belon)
Quentin Le Nabour (Bleu Blanc Planète Location)
Thimoté Polet (Zeiss)
Corentin Douguet (Faites un don pour la SNSM)
W. Mathelin-Moreaux & P. Luciani (Les Invincibles)
Paul Loiseau a remporté la sélection Région Bretagne-CMB Espoir à l’issue d’une semaine de navigation en baie de Concarneau. Crédité de 15 points, le skipper originaire de Clohars-Fouesnant devance ainsi Pierrig de Kerdrel (18 points, 2e) et Eliott Coville (22 points, 3e). Le jeune navigateur évoluera donc au sein de la Filière d’excellence Région Bretagne-CMB l’année prochaine, aux côtés de Lola Billy (Région Bretagne-CMB Océane). Ce contrat d’un an est renouvelable deux fois, ce qui signifie un potentiel de trois saisons à venir sous les couleurs de la Région Bretagne et du CMB pour Paul Loiseau.
Sélectionné au terme d’une semaine de parcours variés – bananes et côtiers – en baie de Concarneau, disputés dans des conditions très diverses, Paul a su tirer son épingle du jeu au milieu d’un plateau particulièrement relevé. Il rejoint ainsi la Filière d’excellence Région Bretagne-CMB, où il bénéficiera d’un cadre structurant pour se former à la course au large en solitaire, aux côtés de Lola Billy, skipper Océane. Les performances de Pierrig de Kerdrel et d’Eliott Coville, qui n’ont rien lâché jusqu’au bout et ont offert une très belle bataille sur l’eau, illustrent également la richesse de cette génération montante que la Filière entend continuer à révéler et accompagner vers le plus haut niveau.
Âgé de 21 ans et originaire de Clohars-Fouesnant, Paul Loiseau affiche déjà un palmarès impressionnant. Champion du Monde Jeune en SB20 et en Match Racing en 2025, il est également Champion d’Europe Jeune en J80 et régulièrement sur le podium des grands rendez-vous internationaux en SB20 et J80. Champion du Monde U25 en J80 en 2023 puis en SB20 en 2024, il s’est aussi illustré en remportant les 110 milles de Concarneau en double avec Eric Kerscaven, ainsi que le GPEN en Diam 24 et le Spi Ouest-France en First 31.7. Double vice-champion de France Espoir en ILCA 7, il est l’un des grands espoirs de la voile française.
Paul Loiseau, nouveau skipper Région Bretagne-CMB Espoir : « C’était intense ! Nous avons eu toutes les conditions possibles et, comme je le pensais, les courses ont été très accrochées du début à la fin. Les écarts se sont faits sur la journée d’hier, personne n’arrivait vraiment à se décrocher. Je suis super content de ma semaine : mon objectif était de prendre de l’expérience, je repars avec le bonus de gagner dans la baie où j’ai appris la voile, l’histoire est belle. Merci à la Région Bretagne et au Crédit Mutuel de Bretagne de m’avoir permis de vivre cela, merci au Pôle Finistère Course au Large et merci à mes deux compères qui ont permis cette belle finale. »
Pierre Pouliquen, Vice-président de la Région Bretagne, en charge de la jeunesse, de l’égalité des droits, des sports et de la vie associative: “Nous sommes très heureux, avec le Crédit Mutuel de Bretagne et le Pôle Finistère Course au Large, d’accueillir Paul Loiseau au sein de la Filière d’excellence Région Bretagne – CMB, aux côtés de Lola Billy, skipper de Région Bretagne – CMB Océane. En prenant la suite de Victor Le Pape à la barre du bateau Région Bretagne – CMB Espoir, il s’inscrit dans la continuité d’une belle histoire sportive, exigeante et formatrice. Depuis de nombreuses années, la Région Bretagne investit fortement dans ses filières nautiques, qu’il s’agisse de la course au large, de la formation des jeunes marins ou du soutien aux acteurs économiques du secteur. Cette Filière est un formidable levier pour faire émerger des talents, renforcer l’attractivité de nos ports et affirmer la place de la Bretagne comme grande région maritime. Je souhaite à Paul autant de réussite que ses prédécesseurs et suis convaincu que cette nouvelle étape lui permettra de franchir un cap important dans sa carrière, au contact des meilleurs spécialistes de la course au large.“
Brigitte Le Coidic, Vice-présidente de la Fédération du Crédit Mutuel de Bretagne, Présidente départementale pour le Finistère « J’adresse toutes mes félicitations à Paul Loiseau pour sa victoire dans ce Challenge 2025 et lui souhaite la bienvenue au sein de la belle équipe Région Bretagne – CMB. Avec la Région Bretagne et le Pôle Finistère Course au Large, nous partageons des valeurs : le travail, l’humilité, le partage, et une exigence de parité, notamment avec le double programme Espoir/Océane, ouvert aux jeunes talents, filles comme garçons. Un mot aussi pour Pierrig de Kerdrel et Eliott Coville : pour faire un beau premier, il faut de beaux deuxième et troisième. Votre présence en finale le prouve. Continuez à croire en vos rêves, c’est la meilleure façon de les concrétiser. Bravo et bon vent à tous ! »
Jeanne Grégoire, Directrice du Pôle Finistère Course au Large :” Nous sommes très satisfaits du niveau de cette sélection. Tout au long de la semaine, nous avons enchaîné des parcours variés, des bananes comme des côtiers, en baie de Concarneau et dans des conditions de vent très différentes. Cela nous a permis de mettre les marins à l’épreuve dans toutes les configurations et de confirmer la qualité du plateau. Rappelons que la sélection Région Bretagne – CMB Espoir est une régate aux points : la différence se fait donc sur l’eau entre les concurrents. Nous souhaitons la bienvenue à Paul Loiseau au sein de la Filière d’excellence Région Bretagne – CMB ; il a su faire la différence. Nous tenons également à féliciter Pierrig de Kerdrel et Eliott Coville, très impliqués et auteurs de belles bagarres sur l’eau. »
Depuis 2011, la Région Bretagne et le Crédit Mutuel de Bretagne unissent leurs efforts et mettent en commun leur action en faveur de la voile de haut niveau à travers la Filière d’excellence de course au large Région Bretagne – CMB. Ce dispositif professionnel de détection et de formation, dont la direction technique et sportive est assurée par le Pôle Finistère Course au Large à Port-la-Forêt, regroupe deux grands projets d’accompagnement : Océane et Espoir.
C’est devant une centaine d’invités et journalistes que le nouveau Maxi Edmond de Rothschild a été dévoilé dans sa base à Lorient. Il présente des innovations majeures qui vont lui permettre de repousser plus loin les limites du vol au large.
Après de longs mois de travail au sein de CDK, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild signé Gitana/Verdier, a été dévoilé ce mercredi 3 décembre à Lorient. A l’image de son précédent, Le Maxi Edmond de Rothschild a pour ambition de franchir un nouveau cap. Inspirés des appendices des monocoques volants de l’America’s Cup, Gitan 18 sera doté de foils en Y basculants d’une envergure de plus de 5 mètres. Le bateau sera équipé de safrans révolutionnaires, dont la géométrie en U a été pensée pour résister à la cavitation et éviter la déformation.
La dérive de la coque centrale et son plan porteur de grande envergure , sont en rupture par rapport à tout ce qui a été conçu précédemment sur ce type de bateau. Celle-ci sera beaucoup plus élancée et conçue en acier.
Le gréement du nouveau Maxi Edmond de Rothschild se démarque lui aussi par la présence de barres de flèche réglables en dynamique, permettant de gérer le cintrage du mât pour modifier la puissance de la grand-voile en navigation : du jamais vu à cette échelle.
Le cockpit et le toit ont été intégrés structurellement à la coque centrale pour lui assurer une raideur maximale.
Sur le papier, 10 à 15 % de gain de vitesse sont espérés. Reste désormais à prendre en main et à apprivoiser cette créature extra-marine en conditions réelles. « Avec ce nouveau bateau, nous avons l’ ambition d’être au plus proche du vol parfait. L’ idéal serait de pouvoir voler très haut sans jamais toucher les vagues. Nous espérons pouvoir voler dans 3 mètres de creux et atteindre une vitesse en navigation très proche des 40 nœuds moyens », détaille Charles Caudrelier, le skipper du Maxi Edmond de Rothschild.
Le détail dans le prochain numéro de Course Au Large n°114
Le XR 41, qui a connu un grand succès, se retrouve au cœur d’une vive polémique après que l’ORC a, pour la première fois, imposé une sanction spécifique à un seul type de bateau, sans aucun fondement scientifique. Cette décision suscite désormais un débat sur l’équité, les failles du système et les potentiels conflits d’intérêts au sein de la communauté internationale de la voile.
C’est un magazine Danois Bådmagasinet qui révèle l’affaire. C’est dans le rapport annuel du système de handicap ORC qu’ont été révélées des incohérences dans les performances du nouveau XR-41 , le bateau vainqueur de la classe B aux championnats du monde ORC de cette année. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce bateau danois aurait-il contourné une règle de mesure ?
Lancé en 2025, le XR-41 a été conçu par l’équipe de conception de X-Yachts en collaboration avec des partenaires externes, notamment Thomas Mielec (conception de la coque), Javier Jaudenes (aménagement du pont et intérieur) et des spécialistes de Surge Projects et C-Performance. L’objectif était de créer un modèle performant, optimisé pour la compétition, notamment dans les catégories ORC et IRC. Le résultat est-il trop bon ? Le magazine danois Bådmagasinet analyse la situation dans une série en trois parties :
Partie 1 : Le XR-41, voilier à succès, se retrouve au cœur d’une vive polémique après que l’ORC a, pour la première fois, imposé une pénalité spécifique à un seul type de bateau, sans aucun fondement scientifique. Cette décision suscite désormais un débat sur l’équité, les failles du système et les conflits d’intérêts potentiels au sein de la communauté internationale de la voile. – Rapport complet
Partie 2 : La décision controversée de l’Offshore Racing Council (ORC) de pénaliser le XR-41, champion du monde, de 10 secondes par mille nautique, suscite de vives réactions parmi les propriétaires de bateaux, X-Yachts et la Fédération danoise de voile. Les critiques pointent du doigt un manque de données, des erreurs de recalcul des scores et un processus décisionnel qui menace la confiance dans l’ORC – et potentiellement l’avenir même des nouveaux modèles ORC. – Rapport complet
Partie 3 : L’Offshore Racing Council défend désormais l’ajustement controversé qui a coûté au XR-41 le titre de champion du monde, affirmant que cette intervention est nécessaire pour corriger une erreur dans la règle de mesure – même sans fondement scientifique complet. Alors que l’ORC qualifie cette mesure de « rééquilibrage » temporaire, les critiques mettent en garde contre de graves conséquences pour les investissements des propriétaires de bateaux et la confiance dans l’ensemble du système ORC. – Rapport complet
X-Yachts a lancé le nouveau XR 41 il y a plus d’un an. Leur objectif était de créer un bateau capable de rivaliser au plus haut niveau selon la réglementation ORC et au Championnat du monde ORC, tout en pouvant être utilisé comme voilier de croisière rapide.
Un équipage a été recruté sous la direction du navigateur professionnel Jesper Radich, avec Jeppe Borch comme skipper, ainsi que les meilleurs navigateurs danois spécialisés dans la voile en grand voilier. L’équipage a suivi une préparation rigoureuse et un entraînement intensif en vue de la saison 2025.
Dominée dès le début Le XR 41 a dominé les parcours de régates dès le départ et a remporté sa catégorie dans les deux plus grandes régates d’Europe du Nord, la Mai Offshore Regatta et la Kielerwoche.
Le XR 41 était donc, à juste titre, considéré comme l’un des favoris du Championnat du monde ORC à Tallinn, en Estonie, ce qui s’est avéré exact. Lors de ce championnat, le XR 41 a dominé la compétition, et deux bateaux danois ont remporté respectivement l’or et l’argent en classe B, dont le podium se composait comme suit : FORMULE X – Jesper Radich (1-1-1-2-3-2-1), 8 points DIXI 5 – Erik Stannow (2-4-7-3-1-1-3), 14 points Windwhisper44 (Grand Soleil 44P) – M. Sutkowski (4-2-2-1-4-4-RET), 17 points Grand Soleil 44P, arrivé troisième, a déjà remporté trois fois le Championnat du monde et a été conçu par l’Italien Matteo Polli. La légende raconte que le bateau a tenté de rivaliser avec DIXI 5 lors de la dernière course, et, face à cet échec, il s’est retiré et a été mis en vente le lendemain du Championnat du monde. Selon nos sources, il n’a pas encore trouvé preneur !
Le retrait de Windwhisper de la course allait s’avérer déterminant dans le recalcul des revendications d’ORC ! Nous y reviendrons.
La domination du XR 41 sur les circuits de régates – dès sa première saison – a naturellement suscité un vif intérêt pour le bateau.
Le directeur de X-Yacht, Kræn Brinck Nielsen, déclare à Bådmagasinet que 24 bateaux ont été vendus, dont 12 ont été livrés au cours de la saison 2025, et les 12 suivants seront livrés pour la saison 2026.
Les trois skippers danois, qui ont tous navigué sur XR41 aux Championnats du monde de Tallinn : Henrik V. Jørgensen, Erik Stannow et Jesper Radich, de gauche à droite. Photo : Privée. ORC a ignoré la requête ! Ces résultats convaincants suscitent naturellement l’intérêt d’autres concepteurs et chantiers navals pour la construction du XR 41. Les régatiers, les propriétaires, les équipes, ainsi que les concepteurs et les chantiers navals, suivent toujours de près les nouvelles constructions rapides et cherchent à comprendre leurs atouts.
Kræn Brinck Nielsen, directeur de X-Yacht, explique qu’il s’agit de construire un nouveau bateau « rapide sur l’eau et lent sur le papier ». Autrement dit, dans le cadre réglementaire, on cherche à optimiser les paramètres sans trop pénaliser les performances du bateau. Il s’agit bien sûr d’une combinaison de nombreux paramètres liés à la réglementation en vigueur, un processus complexe, difficilement accessible au commun des mortels.
L’Allemand Max Gurgel, expert en optimisation des certificats ORC et ayant participé au projet XR 41, avait déjà interpellé en 2023 le Comité technique international (ITC) de l’ORC pour signaler certaines failles de la réglementation, notamment le modèle de résistance résiduelle.
En construction navale, ce modèle prend en compte la résistance rencontrée par un navire dans l’eau, non due au frottement. Il inclut la résistance de vagues (perte d’énergie liée à la formation de vagues) et la résistance de tourbillons (perte d’énergie due aux tourbillons, en particulier à l’arrière du navire).
En résumé, la réglementation ORC ne permet pas de corriger la valeur cible en fonction de la résistance du bateau dans l’eau dans certaines conditions.
En 2023, l’ITC a ignoré la demande de Max Gurgel, une erreur qu’il devrait sans doute reconnaître aujourd’hui comme une faute grave.
Le XR 41 a donc été conçu pour exploiter cette relation entre la réglementation et les modèles. Il a toujours été courant que les concepteurs exploitent les « faiblesses » ou les « failles » des règles, ce qui pouvait leur conférer un avantage sur la piste par rapport à d’autres modèles.
Plus de deux heures ont été consacrées au débat sur le thème « La XR41 est trop performante » lors du congrès ORC en Irlande. Scènes tendues au congrès de l’ORC en Irlande L’Offshore Racing Council (ORC) tient son congrès annuel en Irlande début novembre, avec plusieurs réunions de comités et une réunion finale du conseil d’administration, où les décisions politiques sont prises sur la base des recommandations des comités.
Lors de la réunion du Conseil, la motion XR 41, qui avait rencontré un vif succès, a été débattue pendant près de deux heures. Et la discussion s’est conclue par une décision controversée !
Le vice-président du Comité technique international (CTI), l’Italien Alessandro Nazareth, a examiné de nombreuses données et considérations du CTI à l’intention du Conseil. Le CTI a conclu que le XR 41 est conforme à toutes les règles et réglementations applicables. Toutefois, le CTI affirme que le XR 41 présente un comportement anormal par rapport aux modèles, sans pouvoir expliquer pourquoi.
Néanmoins, l’ITC a préparé une décision selon laquelle XR 41 devrait subir une pénalité de temps de navigation de 10 secondes/mille nautique…!
L’argument avancé est que cela ne rend pas le bateau moins compétitif (comment faut-il comprendre cela ?) – et qu’il aurait tout de même remporté le championnat du monde si un « nouveau calcul des scores » avait été effectué.
Cependant, il s’agit là d’une affirmation totalement fausse, et donc d’un argument futile, dans une discussion aussi importante.
ORC travaillera également à essayer de déterminer comment corriger mathématiquement les modèles afin que, par exemple, XR 41 ne « se comporte pas anormalement » par rapport aux valeurs VMG.
Lors de la réunion, ORC a promis d’allouer 25 000 euros pour tenter de remédier au problème lié à la réglementation. Parallèlement, l’entreprise collabore avec X-Yachts à l’échange de données et de connaissances, et ce travail devrait aboutir au 1er janvier 2026.
Pourquoi est-ce controversé ? Ce qui est controversé, c’est que, selon les informations de Bådmagasinet, c’est la première fois que l’ORC inflige une pénalité politique à un bateau sans aucun lien avec ses performances mesurées, la règle de mesure et les calculs effectués. Autrement dit, l’ORC sanctionne le XR 41 parce qu’il est trop rapide par rapport à la règle de mesure et aux modèles utilisés.
Dans le même temps, chacun reconnaît qu’il n’existe aucun fondement scientifique à la décision du Conseil et que des données factuelles supplémentaires sont nécessaires pour trouver des solutions fondées sur des bases scientifiques, afin que l’ORC dispose de modèles de données plus valides.
Le plus absurde, c’est que la GS44 italienne – arrivée troisième – a déjà remporté le championnat du monde à trois reprises, mais que l’ORC n’a pas trouvé de raison de la pénaliser avec des « secondes supplémentaires par mille nautique ».
Cela devient encore plus sensible lorsque : Le fait que le président d’ORC soit Bruno Finzi est italien. Le vice-président du CCI, Alessandro Nazareth, qui a saisi le Conseil, est italien. Le fait que le concepteur de la GS44, Matteo Polli, soit membre d’ITC est italien. Le chantier naval Grand Soleil est italien Selon certaines sources, Matteo Polli a fait pression sur l’ITC pour découvrir pourquoi le XR 41 était tellement meilleur que son bateau, et lors d’une précédente réunion de l’ITC, il aurait déclaré que le bateau était « trop bon ».
La réputation et l’avenir de l’ORC pourraient bien être compromis si cette question délicate n’est pas traitée de manière crédible, scientifique et démocratique.
Le projet Argo Challenge, qui vise à participer à la Coupe de l’America Jeunes et Femmes avec des équipages internationaux composés de marins handicapés, dans le cadre de la 38e Coupe de l’America, avance rapidement. L’événement aura lieu à Naples en 2027.
Argo Challenge débutera sa saison de voile en participant à la 71e Tre Golfi Regatta et au Maxi European Championship, prévus en mai prochain à Naples et Sorrente.
« Je suis honoré et enthousiaste, sous les couleurs du Yacht Club Gaeta, de contribuer, également à titre personnel avec mon bateau « Fra Diavolo », à ce projet auquel je crois fermement. Avec les marins d’Argo et leur talent, nous participerons à d’importants événements internationaux avec un message fort, mais toujours avec l’objectif de gagner ! » a déclaré Vincenzo Addessi, président du Yacht Club Gaeta.
Ces derniers jours, deux légendes de la voile ont rejoint Argo : Helena Lucas et Damien Seguin.
« Je suis ravie de faire partie du projet Argo. Avoir l’opportunité de participer aux épreuves de la 38e America’s Cup contre les meilleurs navigateurs du monde et savoir que les règles du jeu sont équitables est incroyable. C’est quelque chose que j’aimais dans la classe 2.4mR et j’aurais aimé que ce soit une classe olympique, mais c’est encore mieux ! », a déclaré la « golden girl » de la voile britannique, qui est entrée dans l’histoire en remportant la médaille d’or paralympique dans la classe 2.4mR à Londres en 2012. Elle est devenue la première femme à remporter une médaille dans cette classe paralympique dominée par les hommes et la première médaillée d’or paralympique britannique en voile. Helena a ensuite remporté la médaille de bronze à Rio, devenant ainsi la navigatrice paralympique britannique la plus titrée.
Damien Seguin, célèbre dans le monde entier non seulement pour ses cinq victoires au championnat du monde dans la catégorie paralympique 2.4 et ses trois médailles aux Jeux paralympiques (or à Athènes en 2004 et à Rio en 2016, argent à Pékin en 2008), mais surtout pour ses deux participations au Vendée Globe, où il a terminé septième, a ajouté : « Je suis aujourd’hui certainement le skipper handicapé le plus expérimenté sur tous les types de bateaux, des petits bateaux paralympiques aux foilers de course au large, et j’ai réussi à gagner sur toutes les plateformes malgré mon handicap. Participer à un projet lié à l’America’s Cup est un rêve. C’est aussi l’occasion de démontrer que nous pouvons être différents, compétents et très performants ».
Il n’y a pas que la France et la Grande-Bretagne sur Argo.
Confirmant le caractère international d’un projet qui construit des bases de plus en plus solides pour atteindre ses objectifs, sont également à bord :
Rafa Andarias, grand navigateur paralympique espagnol.
Fia Fielddhall, talentueuse navigatrice suédoise.
Antonio Squizzato, récent vainqueur du championnat du monde 2.4mR.
Alessandra Franchi, jeune navigatrice italienne prometteuse.
Umberto Panerai, légende du water-polo, qui fait partie de l’équipe Argo depuis le début.