Imoca. Charal ne participera pas au Défi Azimut

Photo G. Lebec Charal

L’IMOCA Charal ne participera pas au Défi Azimut après le choc avec un ofni sur la Fastnet qui oblige l’équipe à immobiliser le 60 pieds près de cinq semaines pour un important chantier à Lorient.

« Dès le constat de cette avarie à l’arrivée de la Rolex Fastnet Race, l’équipe du Charal Sailing Team a tout mis en œuvre pour gérer les réparations dans l’objectif de s’aligner sur le Défi Azimut. Malgré l’état d’esprit et l’unité du team, le temps disponible et les différentes phases nécessaires à cette réparation, nous ne serons finalement pas sur cette course cette année. Nous devons revoir notre planification et notre organisation pour que notre duo soit fin prêt pour le défi majeur de la saison avec la Transat Jacques Vabre 2021 », annonce Mathieu Bigard, Directeur du Groupe Bigard.

« Après la sortie du Solent aux Needles, alors que nous marchions à près de 20 nœuds, nous avons violemment heurté un Ofni, qui a relevé le safran bâbord brisant le fusible. Charal est parti au lof à contre. Quand nous avons pu reprendre notre route après avoir vérifié que la quille ne semblait pas endommagée, nous ne pouvions savoir que l’avarie était plus grave » explique Jérémie Beyou son skipper, satisfait de ce retour à la compétition malgré cette fortune de mer. « C’est en fait à l’arrivée, que l’équipe venue nous accueillir a vu qu’il manquait un morceau d’étrave. Il ne restait que la mousse, la peau de carbone extérieure s’étant décollée puis arrachée. » La présence du team sur place a permis de réagir dans les meilleurs délais.

Pierre-François Dargnies, le directeur technique de Beyou Racing, qui supervise les travaux, précise : « C’est une fois le bateau à terre que nous nous sommes rendu compte que la totalité de la nouvelle étrave qui avait été implantée l’hiver dernier, était touchée sur toute sa surface suite à l’impact. L’âme s’est ramollie et la peau extérieure s’est délitée jusqu’à la jonction de l’ancienne étrave. » Après avoir stratifié pour colmater, puis asséché les fonds, le bateau a pu être convoyé prudemment à sa base à Lorient, convoyage géré par Ewen Le Clech, boat Captain.

« Tout le monde a modifié son programme, et l’équipe s’est mobilisée comme jamais pour cette opération ‘commando’ », ajoute Jérémie, « Philippe Facque, patron de CDK nous a ouvert son chantier qui pourtant était alors fermé. Le cabinet VPLP qui a dessiné le bateau, a immédiatement dépêché une équipe qui a supervisé la découpe du fond de coque, confirmant une fois de plus l’implication des architectes depuis maintenant près de cinq ans. C’est un vrai plus de pouvoir poursuivre notre étroite collaboration avec VPLP sur Charal 1. »

Pierre-François Dargnies confirme : « Tous les intervenants ont été hyper réactifs à l’image notamment de Gepeto composite, ou de Filumena et d’Ecritures qui s’occupent de la décoration de la coque. Tout a été minutieusement planifié entre la greffe de la nouvelle étrave, la pose des peaux de carbone intérieures et extérieures, la cuisson… ».

Au final ce sont plus d’une dizaine de spécialistes de haut vol qui entourent le 60 pieds IMOCA. « A regret, malgré nos efforts, nous ne serons pas prêts pour disputer le Défi Azimut cette année » conclut Pierre-François Dargnies.

Guère surpris, mais visiblement touché, Jérémie Beyou insiste sur l’état d’esprit de son équipe, et de tous les prestataires et experts, qui n’ont pas hésité un seul instant à se mobiliser pour se mettre au service du chantier. « L’enjeu est d’achever les réparations à la mi-septembre, puis de remettre le bateau à l’eau aussitôt afin de reprendre les entrainements au plus vite » confirme le skipper, qui avec Christopher Pratt, a bouleversé son planning. Ils enchaînent actuellement trois blocs intenses de préparation physique, les sessions météo avec Christian Dumard et Marcel Van Triest, tout en supervisant l’analyse des performances récentes, la préparation de l’avitaillement… Sportivement c’est donc sur la Transat Jacques Vabre que l’équipe se concentre.