Une grande course éprouvante

Photos Snim : Piérick Jeannoutot

La SNIM fête cette année ses 50 ans et plus de 1500 marins sont venus à ce grand rendez-vous de la Société Nautique pour batailler dans les deux rades.

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Parmi les nombreux concurrents on retrouve le VOR 70 SFS II de Lionel Péan qui s’est renforcé avec Ewen LeClech (Figariste et spécialiste du multicoque océanique) ou Guillaume Florent (médaillé olympique en Finn, après une campagne de la Coupe de l’America). Egalement en IRC1, Team Vision Futur (TP52), habitué des podiums sur la SNIM et Genapi (GP42) vainqueur du championnat Méditerranée en 2015. En IRC2, le A40RC de Dominique Tian, vainqueur du championnat Méditerranée en 2015 et fer de lance des cinq derniers titres IRC de la Société Nautique de Marseille aura fort à faire, face aux autres A40RC, notamment Geranium Killer, son dauphin au général. En IRC3, Bernard Daurelle (Jin Tonic) et Pierre Alain Tocci (Tahina-Socafluid), Tip, le Sunfast 3600 de Gilles Pagès (La Grande Motte) vient défendre son titre de champion Méditerranée 2015. Sans oublier le voisin du CNTL, Yves Ginoux sur son Farr 36 Week-end Millionnaire.

Du côté de la rade sud, en IRC4, bagarre annoncée entre X34 (Almogaver – Antoine Illes – Palavas) et A31 (Firsty 3 – Pascal Muller – YCR), où l’ensemble des ténors de la catégorie seront présents. Côté monotypie, le championnat Méditerranée des Surprise s’apparente à un duel franco-suisse, arbitré par l’Italien Andréa Vailati, du Verbano Yacht Club. Enfin les Grand Surprise et leur magnifique spi jaune seront au rendez-vous pour la troisième année consécutive.


SNIM 2016 J1 par CourseAuLarge

 

Pour cette première journée, trente nœuds étaient annoncées en fin de soirée. La flotte des grands IRC a bataillé sur la grande course, alors que les deux ronds sud ont offert des parcours banane à l’immense flotte des IRC4 et aux Grand Surprises.

La grande Course
La grande course, plus communément appelée la course de nuit, offre cette petite dose d’adrénaline, ce soupçon de stress et cette énorme envie que l’on ne retrouve pas forcément sur les parcours entre trois bouées.  Le parcours est magique, il propose une navigation de rêve avec un départ en rade nord, Canoubier, Château d’If, la bouée de Elevine à contourner sur la côte bleue, au large de Carry-le-Rouet, Frioul, Planier et un passage de bouée à Embiez pour les IRC 1 et 2. Les IRC 3 – ce qu’il en reste – sont envoyés à l’Ile Verte.

 

 

Des conditions musclées
Elle était très attendue et n’a laissé aucun équipage indifférent avec des conditions musclées, mais surtout une deuxième partie de course sportive voire de haute voltige, qui a usé les organismes ! Les derniers ont franchi la ligne sur le coup des 2h du matin ! Cette deuxième journée, qui s’est déroulé sous un grand soleil, dans un petit temps a offert un peu de répit aux équipages.

 

Du côté des grandes unités, la bouée à contourner, signe du retour, avait été jetée aux Embiez. Si la première partie de la grande course a été unanimement plébiscitée par l’ensemble des marins pour son côté fun, le retour sur Marseille devait prendre l’allure d’une galère au propre comme au figuré, avec des creux de quatre mètres et des pointes à 40 nœuds ! “On a eu une mer très hachée, explique Philippe Faure, président du comité de course. Certains ont fait relâche à Bandol ou à La Ciotat, pour ne pas prendre de risques…“ Les autres ont joué !

Même SFS II, taillé pour ce type de situation, s’est malgré tout trouvé à plusieurs reprises avec le pont submergé par les vagues. “SFS II est un bateau extraordinairement marin“ témoigne Guillaume Florent. “Ce fut une course au demeurant très amusante, dans une ambiance musclée qui rappelle la Volvo Ocean race, où nous avons été amenés à négocier tous les types d’allures.“

Si on s’est bien amusé sur SFS, la “navigation Volvo“ n’a pas fait rire tout le monde. “Avec 20/22 nœuds, on s’est éclaté sur le grand bord de portant jusqu’aux Embiez, raconte Mickaël Mergui, vainqueur en compensé, qui découvre peu à peu le TP52. Quant au retour, une autre histoire. “On a pris des gerbes d’eau sur le pont, comme sur la Volvo, avec des claques à 37 nœuds. A partir de Cassis, on a préféré jouer la sagesse pour ne pas prendre de risques et arriver entiers. Ce qui est certain, c’est que l’on découvre le bateau, et qu’au niveau sécurité, on a vu beaucoup de choses…“

Avec un homme à la mer pendant une vingtaine de minutes – pas le moindre bobo – Arobas 2 a frôlé la catastrophe. Michel Gendron, skipper d’Adrenaline, a chuté sur le pont et s’est cogné le visage, lors d’un empannage musclé vers Cassidaigne. Le bateau a rallié La Ciotat pour le confier aux pompiers. Le Marseillais s’en tire avec six points de suture et une grosse contusion au visage.

“J’ai vu beaucoup de monde ce matin, témoigne Estelle Chollier, somatopathe qui a installé son cabinet éphémère, sur la SNIM. Cervicales, épaules abimées, contractures musculaires dues aux froid et à l’effort physique, mal de dos lombaires…“

Même son de cloche du côté de Joël Xiberras, skipper de Glen Ellen V, vainqueur en IRC2, savoure, ce matin, en attendant de repartir. “La descente sous spi a été très chaude, avec des claques à 40 nœuds et il y a eu une belle bagarre entre les trois A40RC, et notamment Team Chalet du Soleil, avec qui on a fait un chassé-croisé. Il y a eu beaucoup de casse sur cette course, avec des spis déchirés, nous, un problème de phoque…

 

Grand soleil ! Les quarante nœuds, le froid et la houle qui ont battu les bateaux toute la nuit sont oubliés, effacés par le ciel bleu, et on regretterait presque que le vent soit si timide en cette matinée printanière. Les bateaux piaffent derrière les bouées et attendent le départ qui recule et recule encore, faute d’air. À midi le go est enfin donné, le thermique se lève et se stabilise à 10-12 nœuds en Sud-Est. Georges Korhel, président du comité de course des IRC 4, raconte : “c’était une journée de rêve, avec des conditions comme la SNIM est capable d’en offrir. Nous avons pu envoyer trois manches dans l’après-midi, avec 43 bateaux sur l’eau ce qui est considérable : la ligne des bateaux faisait près de 550 mètres !» Pas d’accident à déplorer pour une flotte aussi importante, et pour cause ! Georges, qui est aussi le Principal Race Officer des Voiles de Saint-Tropez, poursuit : “Le niveau global est plutôt bon et assez homogène, et la mer était superbe, sans cette houle qui nous avait tant gênés hier.“

Dans ces conditions de navigation idylliques, Sun Day de Frédéric Nicaise termine la journée avec une belle petite avance sur Meltem de Laurent Sagols. Le Catalan est en embuscade à mi-SNIM !

 

Les classements avant jury

IRC 1 (après 3 courses, 3 retenues)
1/ Team Vision Future – Mickaël Mergui – 3 pts
2/ Magic Twelve – François Pailloux – 7 pts
3/ Chili Pepper – Jacques Bureau – 11 pts

IRC 2 (après 3 courses, 3 retenues)
1/ Team Chalets du Soleil – Philippe Saint-André – 4 pts
2/ Geranium Killer – Daniel Pithois – 7 pts
3/ Glen Ellen V – Dominique Tian – 8 pts

IRC 3 (après 3 courses, 3 retenues)
1/ Euro-Voiles – Denis Infante – 7 pts
2/ Twinl-Cession Entreprises – Frank Loubaresse – 7 pts
3/ Tip – Gilles Pagès – 7 pts

IRC 4 (après 5 courses, 4 retenues)
1/ Sunday – Frédéric Nicaise – 7 pts
2/ Meltem – Laurent Sagols – 13 pts
3/ Atlog – Anthony Steinberg – 14 pts

Grands Surprise (après 5 courses, 4 retenues)
1/ Vieux Farceur/Teamwinds – Benjamin Fournier-Foch – 4 pts
2/ Airbus YS2 – Christophe Bore – 12 pts
3/ AS Areva TA – Christophe Dupin – 14 pts

Surprise (après 3 courses, 3 retenues)
1/ CER 2 Genève Aéroport – Nicolas Groux – 6 pts
2/ CER1 Signaterre – Mathieu Cadei – 7 pts
3/ Roch-Guarine 2 – Pierre-Louis Quillec – 15 pts