Foils v1 ou v2 sur Apivia

Pour 2021, l’équipe APIVIA dispose déjà d’une nouvelle paire de foils prête à être testée. Plus radicale, plus puissante, plus profonde… Baptiste Chardon, Ingénieur Imoca APIVIA suit le projet depuis ses débuts, en 2018. Il explique l’histoire des foils d’APIVIA, leur fonctionnement et ce qui nous attend avec la V2.

La fabrication de cette seconde paire a été lancée en décembre 2019. L’objectif était de permettre à Charlie de naviguer avec sur The Transat CIC et lors de la Transat New-York-Vendée-Les Sables d’Olonne. Le contexte sanitaire mondial en a décidé autrement : « Les courses ont été annulées en raison de la pandémie. La fabrication de la V2 a pris plus de temps que prévu à cause du confinement et donc de l’arrêt de la production, elle n’est arrivée qu’une semaine avant la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. » L’équipe a juste eu le temps de tester ces foils flambants neufs lors d’un week-end. Le timing était serré : il ne restait plus que quelques jours avant la VALS, plus que 3 mois avant le Vendée Globe… « On s’est dit qu’à un moment donné, pour bien faire le Vendée Globe, il fallait déjà le finir. On n’avait pas assez de recul sur cette deuxième paire de foils. On avait confiance dans notre paire V1, on savait que le bateau était performant. On a donc choisi d’utiliser cette paire sur la course. C’était un choix de raison, mais quand même un choix osé, et « risqué ». Sur le coup, c’est vraiment un choix de sécurité et de modestie. »

Et ça peut se comprendre ! Pour un skipper, ce n’est pas uniquement le design de son bateau qui lui permet de gagner des nœuds de vitesse. C’est le fait de connaître son équipement par cœur, de maîtriser tous les réglages sur le bout des doigts. La V2 est donc toujours sur l’étagère, et elle n’a été ni éprouvée, ni optimisée à l’heure actuelle. Il va donc falloir que Charlie apprivoise ces nouveaux appendices… somme toute prometteurs.

Le choix de la radicalité
Si on veut être totalement transparents, Charlie n’a pas encore décidé quelle paire de foils il utiliserait cette saison. Baptiste explique : « La V2 est une paire de foils plus puissante, donc ça a du sens de la mettre cette année car quand on navigue en double, on peut plus tirer sur la machine. Mais c’est possible aussi qu’elle soit beaucoup trop puissante pour être maniée au large, et que du coup la V1 soit amplement suffisante. »

Alors la question qui brûle toutes les lèvres est : quelles différences entre la V1 et la V2 ? Et bien les nouveaux foils sont plus grands et plus puissants. Ils ont été allongés, leur donnant ainsi une surface plus importante qui leur permettra de pousser plus fort sous le bateau. En outre, les nouveaux appendices seront plus profonds, ils ne sortiront presque plus de l’eau et travailleront donc en permanence. L’équipe espère également que ces foils seront un peu plus raides que les précédents et qu’ils se déformeront moins sous le poids du bateau par conséquent.

Des premières modifications ont été faites sur cette V2 suite au Vendée Globe de Charlie. La plus importante consiste à avoir remis des fences. Il s’agit de petites taules à 90° du foil qui permettent de contrer l’effet de ventilation : « Par moment, à cause de la proximité avec la surface de l’air et la dépression du foil, la pression au niveau de la section est presque identique à celle de l’air. Du coup l’air vient agripper le foil qui, au lieu de pousser dans l’eau, pousse dans l’air. Ainsi, si le foil pousse disons 10 tonnes d’un seul coup, il n’en pousse plus aucune et c’est la chute. Les fences évitent que ce phénomène se propage sur tout le foil. Si ça arrive, au lieu de passer de 10 tonnes à 0, il n’y a que 20% du foil qui vont arrêter de pousser. La chute sera bien moins violente. C’est un élément de sécurité et surtout de performance. » Car le but est de garder une vitesse constante. Il est préférable d’être à 22/24 nœuds en permanence que de faire une pointe à 35 nœuds, de chuter à 10 et de devoir reconstruire toute sa vitesse à nouveau…

Ces nouveaux foils ont déjà pu être testés sur l’IMOCA 11TH Hour Racing et actuellement, c’est avec eux qu’il a été le plus rapide. C’est déjà de bon augure même si les deux bateaux sont très différents. Les navigations à bord d’APIVIA prévues en début de saison seront donc déterminantes pour la suite.

source Apivia