Les skippers de Class40 se retrouvent à nouveau en solo. Sur le môle Caradec de la Trinité-sur-Mer, trente Class40 prennent le départ ce vendredi 24 avril à 14 heures de la première édition de la Trin’40.
Pour composer avec des conditions de vent faibles, voire très faibles, sur les deux premiers jours de course, mais aussi potentiellement sur la fin de parcours, le directeur de course, Gilles Bricout, a annoncé jeudi soir le raccourcissement du parcours de la Trin’40. Un choix justifié à la fois par l’enjeu de voir toute la flotte de retour au port jeudi au plus tard, mais aussi pour des raisons de sécurité.
« Les dernières prévisions montraient une zone sans vent le long du DST (dispositif de séparation du trafic) en Manche, avec un courant qui aurait pu faire dériver les Class40 dans le rail des cargos. Par mesure de prudence, d’autant que nous sommes sur la première épreuve en solitaire de l’année, nous avons préféré enlever les deux bouées prévues en Angleterre et privilégier le golfe de Gascogne, ce qui laisse tout de même un très beau terrain de jeu, et 702 milles théoriques pour faire parler le talent des marins. Chacun pourra également choisir de quel côté passer Belle-Île, ce qui permettra peut-être d’ouvrir un peu le jeu, en espérant que le vent thermique se lève pour permettre d’accélérer un peu. Ce qui est sûr, c’est que la première journée de course sera placée sous le signe de la tactique et de la concentration, et va mettre leur patience à rude épreuve ! »
Avant le départ, les préparateurs s’activent. « Notre rôle, c’est d’être un peu les bonnes fées du bateau, résume Pierre Régaud, préparateur depuis 2025 du Class40 Alderan, mené par la navigatrice Sasha Lanièce. En Class40, les équipes sont petites, proportionnellement aux budgets. Souvent, on retrouve un seul préparateur, qui forme un vrai binôme avec le marin. On fait en sorte de lui mettre entre les mains un bateau techniquement opérationnel à 100 %, où rien n’a été laissé au hasard ».
Car dans la course au large, le diable se niche dans les détails, et Dieu sait qu’il y en a sur ces bateaux de plus en plus complexes, où les avaries peuvent toucher autant l’électronique que les voiles, les cordages, les systèmes mécaniques, les stratifications structurelles… bref, tout ce qui permet de mener ces montures tambour battant ! « Il faut être consciencieux et rigoureux, tout en ayant une bonne capacité à anticiper le pire, souligne Pierre-Emmanuel Dubois, qui travaille aux côtés du skipper William Mathelin-Moreaux sur le Class40 Patapain Les Invincibles. C’est d’autant plus vrai sur les courses en solitaire, car on sait que pour un marin seul tous les problèmes techniques peuvent vite avoir des conséquences lourdes ».
Vérifier qu’ils ont tous les outils nécessaires pour assurer leur sécurité c’est aussi tout un monde qui s’est activé cette semaine sur les pontons trinitains. Aidés par les précieux bénévoles de la Société nautique de la Trinité-sur-Mer (SNT), coorganisatrice de l’événement aux côtés de la Class40, les contrôleurs de la Fédération Française de Voile ont procédé toute la semaine aux contrôles sécurité.
Derrière cet immuable rituel avant chaque départ de course, il y a une centaine de points bien précis vérifiés sur chaque bateau. Feux d’allumage, bouées de secours, pharmacie de bord, présence et contenu du « grab bag », ce kit d’urgence dont le skipper doit pouvoir se saisir rapidement en cas d’urgence, vérification des moyens de communication (VHF et téléphone satellite), mais aussi présence des balises de détection ou du radeau de survie… révisé en temps et en heure bien sûr !
« Nos bateaux sont régulièrement contrôlés, donc en général, il y a peu de mauvaises surprises, mais c’est toujours important, surtout quand c’est le début de la saison, rappelle Jules Bonnier, qui vient de reprendre le Class40 Plastic Odyssey. Tout ce travail est vraiment très précieux pour s’assurer qu’on part dans les meilleures conditions possibles ».
« Je suis assez excité de partir, ça va être une belle bataille ! On est prêt ! Ça va être la première fois qu’on se retrouve tous en solo depuis longtemps et aussi nombreux puisque nous sommes 30 Class40 au départ. Ça va être hyper intéressant de voir ce que tout le monde a fait pendant l’hiver, si tout le monde a bien travaillé ! J’ai hâte de prendre le départ et de voir ce que ça va donner. Les objectifs sont : avant tout de se faire plaisir et ensuite essayer d’être dans le groupe de tête. La première partie de course ne va pas être facile puisqu’il va y avoir un peu de pétole. Ça veut dire des gros passages à niveau avec du courant et des moments clés où il ne faudra pas se louper parce qu’on peut vite se retrouver un petit peu derrière. Il va falloir être bien vigilant. En tout cas je serai à l’attaque. C’est une bonne opportunité pour être à fond et bien tout tester donc on va essayer de bien faire les choses ! » William Mathelin-Moreaux, skipper de Patapain Les Invincibles
Pep Costa, skipper VSF SPORTS : « Pour cette première édition de la Trin’40, je vais prendre le départ sur mon VSF Sports, en solitaire depuis La Trinité-sur-Mer pour 1 200 milles qui s’annoncent aussi passionnants qu’exigeants. C’est typiquement le genre de course où il faut être juste en permanence : dans les choix météo, dans la gestion du bateau, et surtout dans la gestion de soi. On ne gagne pas seulement en allant vite, mais en restant lucide et constant du début à la fin. Cette épreuve a clairement le potentiel de devenir un rendez-vous fort du circuit Class40, un vrai révélateur du niveau de chacun. Pour moi, c’est une occasion unique de me confronter aux autres, de progresser, et de faire partie de la toute première page de cette nouvelle aventure! »
« Pour moi, c’est une course de découverte et de préparation. J’ai envie de passer cinq jours en mer en étant bien, « safe » et à l’aise ». Achille Nebout Amarris.


















