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Solitaire. Le triplé de Nicolas Lunven : « Au-delà de mes espérances ! »

LA SOLITAIRE DU FIGARO PAPREC 2026 - Etape 3 - Arrivée finale au Havre (76)

En terminant quatrième de l’ultime étape de la 57ème édition de La Solitaire du Figaro Paprec entre Pornichet et Le Havre, Nicolas Lunven (PRB) s’impose au classement général devant Alexis Thomas (Wings of the Ocean) et Paul Morvan (Foricher-French Touch). Cette édition, l’une des plus difficiles depuis de nombreuses années, selon les marins, consacre l’expérience. Nicolas Lunven remporte ici sa troisième Solitaire.


Neuf ans après sa dernière participation, Nicolas Lunven a signé un retour retentissant sur La Solitaire du Figaro Paprec. Déjà vainqueur de l’épreuve en 2009 et 2017, le skipper de PRB est revenu sur le circuit avec humilité mais aussi avec une immense expérience acquise au plus haut niveau de la course au large. Longtemps placé dans le sillage des leaders, il a su rester au contact jusqu’à cette ultime étape décisive entre Pornichet et Le Havre. Sur une édition particulièrement ouverte, marquée par l’abandon du leader Tom Dolan (Kingspan) alors qu’il semblait tenir la course, Nicolas Lunven a parfaitement géré son effort et les nombreux pièges du parcours pour reprendre les commandes du classement général et décrocher une troisième victoire historique sur l’épreuve. À 42 ans, il confirme une nouvelle fois son statut de référence du Figaro et signe l’un des plus beaux retours de l’histoire récente de la course. Il rentre dans le cercle très fermé des triple vainqueurs de La Solitaire du Figaro Paprec.

C’est l’été dernier, alors qu’il disputait The Ocean Race Europe à bord de l’IMOCA Holcim-PRB que l’idée de revenir sur la Solitaire a germé ; son ami et concurrent sur l’eau, Yoann Richomme, trouvant tout un tas d’arguments pour inciter Nicolas à faire partie du jeu sur cette édition. Sans aucune connaissance du Figaro Bénéteau 3, le Breton s’est mis au défi … et au travail.

Avec méthode et beaucoup d’engagement, il a commencé les entrainements en début d’année puis s’est aligné sur les courses d’avant-saison avec des résultats immédiats : 11e de la Solo Guy Cotten, 2e du Trophée Laura Vergne en double avec Tom Goron, vainqueur du Spi Ouest France et du Trophée BPGO en double, toujours avec Tom Goron.

Sur la Solitaire, Nicolas a tout de suite pris énormément de plaisir et retrouvé ses marques. Gestion du sommeil, choix tactiques, stratégie, … Il a exploité parfaitement chaque ingrédient qui fait une course réussie. À cela s’est ajouté le plaisir de la navigation au contact dans des conditions extrêmement variées. Il fallait être un marin complet pour remporter cette Solitaire disputée ici dans de tous petits airs et là, dans du vent fort et une mer démontée. Nicolas l’est sans aucun doute. Parti de Perros-Guirec avec beaucoup d’humilité et la simple intention de naviguer proprement, il livre au final une copie impeccable et la facette d’un (grand) athlète inspirant.

Sous les couleurs de PRB, avec lequel il avait déjà disputé le Vendée Globe (6e), Nicolas entre dans la cour des très grands, les marins XXL qui savent mesurer leur victoire à l’aune du plaisir qu’ils ont pris à régater et du talent de ceux qu’ils ont combattu. Durant ces trois semaines, il a livré une bataille de chef sur l’eau et à terre, des tranches de vie d’un homme simple, passionné et animé par l’envie de bien faire. Cette troisième victoire, après celles de 2009 et 2017, est gravée pour toujours dans l’histoire de la course au large.

Nicolas Lunven à son arrivée au Havre : « Pour être honnête, je ne réalise pas encore. Pour l’instant, j’ai faim, j’ai froid, je suis mouillé et j’ai très mal au dos (rires). Je ne suis pas encore un triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, on verra demain. Ça me trottait dans la tête de revenir faire du Figaro et puis quand Yoann (Richomme) en a parlé sérieusement l’été dernier, je me suis dit que je n’allais pas le laisser tout seul faire ça et que j’allais l’embêter un peu. Finalement, il m’a laissé tranquille. Mais revenir était plutôt une belle idée. Je ne venais pas pour la gagner car lorsque j’ai ouvert le dossier Figaro 3, en janvier dernier, il y a à peine six mois, j’ai mesuré le boulot ! Les premiers entrainements m’ont tout de suite indiqué que j’avais une grosse marge de progression par rapport aux cadors du circuit. Je me disais, que ce n’était pas grave, que je ne la gagnerai pas mais que j’apprendrai plein de choses. C’était avant tout ça ce retour.

Je n’imaginais pas être capable de gagner la Solitaire en six mois. Le début de saison s’est bien passé mais je me disais que j’avais une bonne étoile avec moi, avec Tom Goron. Il m’a apporté sa grosse contribution dans sa manière de faire avancer le bateau. Je lui ai bien piqué toutes ses idées que j’ai pu mettre en application. Le début de la Solitaire s’est bien passé. J’étais dans le match donc je me suis dit qu’on pouvait peut-être revoir les ambitions à la hausse. J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette Solitaire même si cette dernière étape m’inquiétait un peu. J’allais naviguer dans des conditions que je n’avais pas expérimentées. Mais je me suis vraiment régalé sur la première et la deuxième étape. Et finalement, je m’en suis sorti aussi sur la dernière. J’ai redécouvert le plaisir de naviguer en Figaro. C’est une façon de régater dans laquelle je me sens à l’aise. Je me sens bien dans ce jeu-là. Je suis très fier d’avoir gagné cette Solitaire car c’est bien au-delà de mes espérances.

En 2009, j’étais parmi les plus jeunes. Et le lendemain de cette victoire, je me suis tout de suite dit que j’avais envie de la regagner. J’ai mis 8 ans pour y arriver ! Et là, j’ai mis 6 mois. Chacune de mes trois victoires a été très différente. Je dirais que l’émotion qui domine est l’apaisement. Je peux prendre ma retraite et aller faire du jardinage (rires). »