Le skipper japonais Kojiro Shiraishi a dévoilé ce jeudi, à Lorient, son nouvel IMOCA très innovant, signé Guillaume Verdier, qui a eu carte blanche. Pour Kojiro Shiraishi, ce projet ne consiste pas seulement à créer un nouvel IMOCA, mais aussi à construire une équipe autour d’un bateau solide, confortable et rapide.
« J’ai demandé à Guillaume Verdier de dessiner mon bateau. Il est venu me rencontrer les mains dans les poches. Nous avons confié la construction à Multiplast. On espère que ce bateau contribuera au développement de la Classe IMOCA. Avec ce nouveau bateau, nous participerons à The Ocean Race Atlantic, puis à The Ocean Race. Nous aurons Nicolas Lunven, qui vient de remporter la Solitaire, Sam Davies, qui est pour moi la plus grande navigatrice au monde. Autour de ces marins, nous avons également des jeunes comme Gaston Morvan, Charlotte Yven, Alexandre Demange et Arisa Moriya. Après The Ocean Race, l’objectif sera le Vendée Globe. Ce sera mon dernier. Je veux tout donner pour celui-là. L’objectif est aussi de promouvoir la course au large au Japon. C’est le défi de notre équipe, DMG Mori Sailing Team. »

Un bateau très innovant
Pour Guillaume Verdier : « Ce bateau n’est pas une révolution, parce que tout a déjà été fait dans la voile, mais il s’inscrit en rupture par rapport à ce qui a été fait précédemment sur les IMOCA à foils, en s’inspirant des coques des AC75 de l’America’s Cup, où les monocoques sont plus proches des multicoques.
On a réussi à prendre confiance dans cette nouvelle architecture grâce aux outils dont nous disposons aujourd’hui. On a un simulateur dynamique développé par Romain Garo et Véronique Soulé, qui nous permet de voir et de comprendre le comportement du bateau dans un bassin de carène numérique, où l’on a la certitude que cela peut marcher. Par rapport à un IMOCA traditionnel, où l’on se forçait à gîter, on a désormais un bateau qui navigue avec une gîte minimale. Tout est différent. C’est en cela que c’est un nouvel IMOCA. Il ira plus vite. On pense que c’est un bateau qui tapera moins, même si on l’a fait plus solide. On n’a pas voulu prendre de risque. C’est important que le marin ne se soucie pas de sa structure. »
Ce nouveau dessin de carène, travaillé dans la longueur, a été un défi pour les équipes de Multiplast : « Cela a été compliqué, mais cela nous amuse aussi. Ces formes de coque sont un défi pour le drapage du carbone. Cela a posé des questions de sécurité et d’adaptabilité. C’est aussi un défi avec l’écoscore mis en place par la Classe IMOCA. Cela a imposé des contraintes et ouvert de nouvelles voies. La structure longitudinale du bateau était vraiment différente. Le bateau sera plus résistant. C’était un chouette défi », déclarait le patron du chantier.
Le design a été confié à Axel de Beaufort, sur le thème de l’espace voulu par Kojiro. « Le défi autour du monde ressemble un peu à l’espace. » Sur les voiles d’avant est dessiné un motif traditionnel japonais de vagues, comme celles d’Hokusai. Il y a aussi un motif porte-bonheur, qui symbolise le fait de surmonter les difficultés. On retrouve également Kiki la petite sorcière, personnage créé par une écrivaine japonaise. « Au-delà de l’horizon, la magie existe. Elle nous accompagnera dans ce voyage. Avec la technologie la plus avancée, nous souhaitons emmener le Japon », expliquait Kojiro.


















