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Imoca. Boris Herrmann et Team Malizia mettent à l’eau leur nouvel IMOCA Malizia 4

03/07/26 - Lorient (FRA) - Roll out

Boris Herrmann et son Team Malizia ont franchi une étape majeure ce lundi 6 juillet 2026 à Lorient avec la mise à l’eau de leur nouvel IMOCA, Malizia 4. Après deux années de conception et de construction, plus de 150 personnes mobilisées et environ 85 000 heures de travail, le voilier de nouvelle génération a touché l’eau pour la première fois à 7h38 devant le chantier CDK de Lorient La Base.

Pensé pour les grandes échéances à venir, notamment The Ocean Race et le Vendée Globe, Malizia 4 marque le début d’un nouveau cycle sportif pour l’équipe allemande emmenée par Boris Herrmann.

« C’est une journée très émouvante pour nous tous », a confié le skipper. « Pendant des mois, nous avons vu Malizia 4 prendre forme, des premiers dessins à sa construction pièce par pièce. La voir enfin sur l’eau est très spécial. Je suis extrêmement fier de l’équipe et de ce que nous avons accompli. »

Un IMOCA polyvalent et tourné vers la performance

Malizia 4 a été conçu autour d’une idée centrale : être performant dans le plus grand nombre possible de conditions. L’objectif est de conserver les qualités du précédent Malizia – Seaexplorer au portant dans le vent fort, tout en gagnant en vitesse au près, dans le petit temps et lors des phases de transition.

Le bateau est issu d’une collaboration inédite entre trois équipes IMOCA : Team Malizia, TR Racing de Thomas Ruyant et Team Banque Populaire de Loïs Berrehar. Les trois structures développent des sisterships, avec l’architecte Antoine Koch, le bureau d’études Finot-Conq et la société d’ingénierie structurelle Gsea Design.

Le nouvel IMOCA présente une coque plus étroite, plus plate et avec moins de rocker que son prédécesseur. Long de 60 pieds, soit 18,23 mètres, il dispose d’un bout-dehors de 6 pieds.

Une lame située sous la coque noire et rouge constitue l’une de ses particularités visuelles. Elle doit réduire la surface mouillée lorsque le bateau gîte, favoriser un écoulement plus propre de l’eau et limiter la traînée.

Les foils, construits par C3 Technologies, cherchent un compromis entre les anciens foils en forme de C de Malizia – Seaexplorer et des profils plus plats, plus efficaces au près et dans les transitions. Les safrans en V, peints en rouge Monaco comme les foils et la quille, doivent quant à eux faciliter l’assiette du bateau.

Un cockpit repensé pour la course en équipage

Conçu aussi bien pour la navigation en solitaire que pour The Ocean Race en équipage, Malizia 4 adopte un cockpit entièrement fermé, doté de grandes baies vitrées panoramiques. L’aménagement comprend deux tables de winchs, des winchs plus grands et une circulation simplifiée.

L’un des changements les plus visibles est l’arrivée de volants de barre à la place de la barre franche. Pour Boris Herrmann, cet élément est déterminant dans la quête de performance en équipage : « Notre objectif est de gagner The Ocean Race. Nous pensons que barrer à la main peut apporter un gain plus important qu’une nouvelle forme de coque ou de foil dans certaines conditions. »

Le cockpit a été conçu pour offrir davantage de protection, d’ergonomie et de sensations au barreur. Les espaces de vie et de navigation sont également rapprochés du cockpit, avec des couchettes dans la zone arrière ainsi que dans deux espaces fermés latéraux.

Technologies embarquées et engagement climatique

Malizia 4 embarque de nombreux systèmes de suivi et de sécurité. Le nouveau partenaire ifm fournit des capteurs destinés à suivre en temps réel les niveaux de ballast, la hauteur de vol et l’assiette du bateau lorsqu’il décolle sur ses foils.

Le voilier compte plus d’un kilomètre de câblage, une électronique B&G, un pilote automatique développé avec Pixel sur Mer, des hydrogénérateurs et la technologie SEA.AI. Cette dernière combine intelligence artificielle, caméras optiques et imagerie thermique afin de détecter les objets flottants susceptibles de représenter un danger.

Le système énergétique associe un moteur électrique Molabo, un générateur Fischer Panda et des batteries Solid State Marine. Il est destiné aux manœuvres portuaires, à la sécurité et à la recharge lorsque les sources renouvelables ne suffisent pas.

Fidèle à l’identité de Team Malizia, le bateau ne porte pas les couleurs d’une seule marque. Il affiche les Objectifs de développement durable des Nations unies ainsi que le slogan : « A Race We Must Win – Climate Action Now ». L’équipe poursuit ainsi son engagement en faveur de la connaissance et de la protection de l’océan.

Grâce à l’OceanPack, un mini-laboratoire déjà utilisé sur les précédents bateaux de l’équipe, Malizia 4 collectera des données sur le CO2 à la surface de l’océan, la température et la salinité de l’eau. Ces informations, particulièrement précieuses dans des zones isolées comme l’océan Austral, seront transmises aux scientifiques.

La coque, imaginée par le designer JB Epron, reprend les couleurs noir et rouge de Team Malizia et porte cette question intrigante : « What’s under your boat? », soit « Qu’y a-t-il sous votre bateau ? ». Une référence à l’océanographe Sylvia Earle, dont cette interrogation a inspiré Boris Herrmann dans son engagement pour l’océan.

Malizia 4, qui naviguera sous pavillon monégasque avec le numéro de voile MON1297, sera officiellement baptisé le 18 juillet à Lorient, à l’occasion des dix ans de Team Malizia. L’équipe prévoit ensuite une phase intensive d’entraînement avant une livraison vers New York à la mi-août.

Le programme sportif débutera avec The Ocean Race Atlantic, de New York à Lorient, à partir du 1er septembre 2026. Boris Herrmann enchaînera ensuite avec la Route du Rhum, puis The Ocean Race 2027 et, à plus long terme, son troisième Vendée Globe en 2028-2029.