Paul Morvan (Foricher – French Touch) s’impose sur cette 3e étape devant Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025) et Loïs Berrehar (Banque Populaire). Mais c’est Nicolas Lunven (PRB), 4e de la 3e et dernière étape, qui remporte la 57e édition de la Solitaire du Figaro Paprec. Après 10 participations, il décroche sa 3e victoire sur la Solitaire et entre dans le club très fermé des marins ayant réalisé un triplé.
Cette dernière étape de 630 milles n’aura laissé que peu de répit aux navigateurs, entre petit temps en début de parcours pendant la descente vers BXA à l’entrée de la Gironde, puis conditions musclées, techniques et physiques sur le reste de l’étape. La dernière journée de navigation le long de l’Angleterre et dans la traversée de Manche pour rejoindre Le Havre aura été particulièrement tonique : vent fort, mer formée, les Figaro Beneteau 3 ont affolé les compteurs ! Une fin d’étape particulièrement exigeante, dans des conditions éprouvantes
Paul Morvan (Foricher – French Touch), Finistérien de 23 ans, fils de Gildas Morvan et frère de Gaston, aura réalisé un finish incroyable sur cette étape et une très belle Solitaire en remportant sa première victoire d’étape dès sa 2e participation. 5e au départ de cette dernière étape, il prend la 3e place du classement général derrière Alexis Thomas (Wings of Ocean).
Paul Morvan a sans cesse navigué aux avant-postes, au contact de la tête de flotte. Cette dernière journée aura été décisive : à la faveur d’un placement fin, à l’approche de Cherbourg, il a su profiter du courant pour imposer son rythme et, comme depuis le début cette Solitaire 2026, terminer l’étape de très belle manière. Rapide, à l’aise dans la conduite de son bateau, maître de sa stratégie, il a parfaitement géré cette dernière phase de l’étape et est resté lucide jusqu’au bout, contenant les assauts de ses poursuivants.. Cette première place vient couronner un marin solide qu’il faudra surveiller. Joint cet après-midi, Jérémie Beyou, triple vainqueur de l’épreuve, son partenaire sur le Trophée Banque Populaire Grand Ouest et le Trophée Laura Vergne, qui l’a également accompagné dans sa préparation, ne s’y était pas trompé : « Paul montre vraiment de super belles choses. Je suis sûr qu’il va nous épater du haut de ses 23 ans et gérer cette fin d’étape comme un vieux briscard. »
Les mots de Paul Morvan à l’arrivée : « J’avais rarement fait une étape comme celle-là en solitaire ! En même temps, le vent fort, ce sont des conditions que j’aime bien. Sur la Solo Guy Cotten, c’est ce qui m’avait permis de me détacher. C’est assez stimulant ! Et je me dis que si c’est dur, ça l’est pour tout le monde. J’ai pris un bon départ, j’étais content. J’aime bien les petits parcours bananes, ça me rappelle mes années laser, à devoir se faufiler entre tout le monde. Et c’était sympa d’être tout de suite dans le bon paquet. On a bien bataillé avec Nicolas Lunven, Tom Goron et Alexis Thomas pendant les 20 premières heures. C’était vraiment bien, ça met toujours dans un bon état d’esprit. Je n’ai jamais lâché la tête de course sur cette étape, c’est une vraie satisfaction. Sur les autres manches, j’avais toujours une période un peu moins bien, là j’ai toujours été dans le bon groupe. J’ai encore une marge de progression pour arriver au niveau de Nicolas Lunven et Tom Dolan et gagner une Solitaire. C’est bien, ça va me motiver à vite retourner à l’entraînement l’hiver prochain avec de bonnes pistes de travail !
Je suis content aussi niveau tactique. Mon schéma était clair, dès le début, j’étais dans le bon phénomène. Je n’ai pas assez poussé le curseur pour partir avec Loïs et Tom, la zone de transition était hyper dure à gérer mais, derrière, je réussis à me remettre dans le bon groupe. Pour la fin d’étape, j’avais dans l’objectif d’aller chercher la bascule de courant à Cherbourg. J’avais la bonne vitesse sous gennaker et ce petit décalage me permet de faire la différence en accrochant cette veine de courant. Ça m’a mené jusqu’à l’arrivée. J’ai réussi à bien switcher du mode ‘bourrin’ sous 35 nœuds dans une mer hyper formée, au mode tactique en fin d’étape. Ça ne m’arrive pas souvent d’aller plus vite que des Loïs Berrehar ou des Hugo Dhallenne sur des bords un peu débridés, donc je suis bien content !
Pour l’instant, je ne réalise pas encore que j’ai gagné une étape de La Solitaire du Figaro Paprec. Ça ne m’était jamais arrivé d’être en tête à une arrivée de La Solitaire, qu’est-ce qu’elles sont longues les deux dernières heures ! Il faut que je me pose pour comprendre ce qu’il vient de se passer. Quoi qu’il en soit, troisième à Vigo, vainqueur au Havre, troisième au général… Je pense que j’ai réussi ma Solitaire ! »
Nicolas Lunven aura été régulier et aux avant-postes sur toutes les étapes, sans pour autant les dominer. Mais, pour son retour en Figaro 3, il s’impose avec brio en terminant 4e de cette étape disputée dans des conditions très difficiles. Il a notamment profité de l’abandon de Tom Dolan, qui faisait une véritable démonstration sur cette étape.
Hugo Dhallenne (Skipper Macif 2025) termine 2e de cette 3e étape. Un podium qui sauve sa Solitaire au classement général.
Martin Le Pape (Paprec) termine 7e de l’étape.
Lois Berrehar (Banque Populaire) termine 3e de l’étape après l’avoir mené avec Tom Dolan jusqu’à l’ile de Sein.
Paul Cousin (Région Normandie) termine 5e de l’étape.
Paul Loiseau (Bretagne-CMB ESpoir) termine 8e de l’étape. Il manque le podium de la Solitaire de peu. Il termine 4e au classement général et premier Bizuth.









