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1000 Race. Sam Goodchild, vainqueur : « Je ne pouvais pas espérer meilleur début !»

Photo : François Van Malleghem

Sam Goodchild (MACIF Santé Prévoyance) s’est imposé ce vendredi matin sans surprise sur la 1000 race. Le skipper de MACIF Santé Prévoyance aura mis 4 jours 22h 19min pour couper la ligne d’arrivée au terme d’une course dominée de bout en bout. Corentin Horeau devrait terminer second.

Très vite installé aux avant-postes dès la sortie de la baie de La Forêt, le navigateur n’a ensuite plus jamais quitté les commandes malgré une météo loin d’avoir épargné la flotte. Entre le DST d’Ouessant et les Scilly d’abord, puis dans les longues zones molles entre le waypoint Guy Cotten et la marque virtuelle Gallimard, les écarts n’ont cessé de se resserrer avant de se rouvrir brutalement au gré des pièges du golfe de Gascogne. Mais à chaque séquence clé, le franco-britannique a semblé naviguer avec un temps d’avance. Toujours dans le bon rythme, précis dans ses placements, inspiré dans ses choix stratégiques, il a exploité avec une remarquable justesse le potentiel de son IMOCA (le bateau vainqueur du dernier Vendée Globe avec Charlie Dalin) quelles que soient les conditions rencontrées. Petit temps piégeux, météo instable, longues séquences de reaching et de près : la course a constamment changé de visage sans jamais vraiment offrir de répit aux marins. Un terrain exigeant que Sam Goodchild a traversé avec un mélange de lucidité, de vitesse et de sérénité qui a fini par étouffer toute forme de suspense. À l’arrivée, l’écart dépassait les 100 milles sur son plus proche poursuivant. Une performance majuscule pour une première en solitaire, qui confirme un peu plus encore la place prise par Sam Goodchild parmi les références actuelles de la classe IMOCA. Interview.

Pour une première en solitaire sur cet IMOCA, difficile d’imaginer meilleur scénario. On imagine que cette victoire a une saveur particulière ?

« Oui, carrément. C’était ma toute première course en solitaire sur ce bateau donc forcément je suis très heureux que ça se soit passé comme ça. On n’était que sept au départ, mais réussir à mener la course quasiment de bout en bout reste une vraie satisfaction. Et ce n’était pas si simple : il y avait beaucoup de transitions, du trafic de pêche, pas mal de moments où il fallait rester très concentré. Ce n’était pas seulement une question de vitesse pure. Mais le bateau a été irréprochable du début à l’arrivée, je n’ai eu aucun souci technique, ce qui m’a permis de rester pleinement focalisé sur la performance. Donc oui, forcément, je suis très content de la manière dont tout s’est déroulé. »

On a eu l’impression que vous étiez rapide dans toutes les phases de jeu malgré des conditions très variées…

« Oui, et c’est forcément très encourageant. On a beaucoup travaillé cet hiver avec l’équipe pour faire évoluer certains détails sur le bateau, notamment dans les phases de transition ou les conditions un peu compliquées, et on sent que tout ça va dans le bon sens. Cette 1000 Race était intéressante parce qu’on a vraiment eu un peu de tout : du reaching rapide, du portant, du près, de longues phases de molle… Sur le bord entre le Fastnet et le waypoint Guy Cotten, on a dépassé plusieurs fois les 30 nœuds, donc ça a permis de bien découvrir le bateau en solitaire dans des conditions variées. Ce n’était pas non plus la mer la plus dure qu’on puisse rencontrer, ce qui m’a plutôt arrangé parce que c’est là que MACIF Santé Prévoyance est le plus exigeant, mais pour une première, le parcours était vraiment très complet. »

Avec plus de 100 milles d’avance à l’arrivée, vous avez quand même largement dominé les débats…

« La météo a quand même beaucoup joué dans cette histoire. Il y a eu plusieurs moments où les autres sont revenus par derrière et puis à un moment c’est moi qui ai réussi à repartir avant eux dans la molle. L’option sud prise avant la marque virtuelle Gallimard m’a aussi aidé à creuser un écart important. Donc ce n’est pas uniquement une question de vitesse pure. Mais c’est vrai que le bateau va vite, il faut être honnête là-dessus. C’est un super IMOCA. Et surtout, on a une équipe qui travaille énormément. Je n’ai eu aucun problème pendant la course, ce qui m’a permis de rester concentré quasiment à 100 % sur la performance et la stratégie.

Qu’est-ce qui vous rend le plus satisfait sur cette victoire ?

« Je pense surtout le fait d’avoir réussi à être propre dans l’ensemble. Bien sûr, j’ai fait deux ou trois petites erreurs et il y a toujours des choses qu’on aimerait mieux faire la prochaine fois – c’est un peu notre maladie dans ce milieu – mais rien de grave, rien de cassé. Si l’équipe ne découvre pas de mauvaise surprise en inspectant le bateau, alors oui, ce sera une vraie réussite. Et puis je suis surtout heureux pour tous les membres du team. Ils bossent comme des fous toute l’année. Ma partie du travail, c’est d’essayer de gagner des courses, donc forcément quand ça marche, ça fait plaisir. J’ai le sentiment d’avoir été à la hauteur du travail réalisé autour du projet. »

Vous semblez aussi avoir plutôt bien géré physiquement la course…

« Oui, même si cette dernière nuit n’a pas été simple avec énormément de pêche sur le plateau continental. Je me suis retrouvé au milieu des bouées et je n’ai pas réussi à vraiment me relâcher. Je me disais que ce serait quand même dommage de finir la course sur une erreur comme ça. Mais avant-hier, j’ai réussi à dormir presque sept heures dans la journée grâce aux longues phases de petit temps, et ça m’a énormément aidé pour finir plus frais. »

Cette victoire change-t-elle quelque chose pour la suite de votre saison ?

« Ça commence bien, forcément. Mais il faut garder un peu de recul aussi. Là, on était sept bateaux et c’était une reprise du solitaire pour beaucoup de monde. La vraie grosse échéance, ce sera la Route du Rhum à la fin de l’année, avec une flotte beaucoup plus dense et probablement des conditions très différentes, notamment davantage de mer. Donc il ne faut surtout pas s’emballer en se disant que tout est parfait. L’objectif, c’est de continuer à progresser. On a encore des évolutions prévues sur le bateau au fil de la saison et on va continuer à tester beaucoup de choses. Mais ce qui est rassurant, c’est qu’on part déjà d’une base très fiable et très performante. »

Vous aviez reconnu avant le départ ressentir une forme de pression en prenant la suite de Charlie Dalin à bord de ce bateau vainqueur du Vendée Globe. Visiblement, vous la gérez plutôt bien…

« Oui, forcément, il y a un peu de pression quand on récupère un bateau avec un tel palmarès et qu’on succède à un marin comme Charlie. Mais pour l’instant, ça se passe plutôt bien ! On verra surtout ce que ça donnera avec une flotte de 25 IMOCA au départ de la Route du Rhum. En attendant, je ne pouvais pas vraiment espérer meilleur début en solitaire avec ce projet. »