Tour de Belle-ile. Quatrième victoire pour Alain Gautier

© Audrey Dochler - Tour de Belle-Ile

Ils était 366 bateaux à prendre le départ ce samedi matin, au large de La Trinité-sur-Mer, d’une 11e édition remportée, moins de cinq heures plus tard, par deux très beaux vainqueurs, le trimaran Orma Sensation Océan d’Alain Gautier, qui s’impose pour la quatrième fois sur le Grand Tour, et l’ETF 26 L’Occitane (Vincent Barnaud), impressionnant sur le P’tit Tour.
Comme l’année dernière, c’est dans des très petits airs, environ 3 nœuds de nord, qu’a été donné samedi à 10h le départ de la 11e édition du TOUR DE BELLE-ILE, mais sous un grand soleil et au portant, ce qui a offert un spectacle nautique de toute beauté, avec à droite de la ligne et du bateau comité, le navire-école de la Marine Nationale Le Lynx, les multicoques, à gauche, une impressionnante flottille de monocoques, spis multicolores déployés.
Très vite, les premiers ont réussi à s’extirper de la Baie de Quiberon, même si, profitant du petit temps de la première heure de course, c’est un monocoque, en l’occurrence le Mach 45 Cartouche (Nicolas Groleau) qui a franchi devant les autres le phare de la Teignouse. Les grands trimarans ont ensuite pris le pouvoir et notamment un des plus fidèles du Tour de Belle-Ile, Sensation Océan (Alain Gautier), parvenu au bout de deux heures à passer en tête la pointe des Poulains devant Idec Sport (Francis Joyon) et Actual Leader (Yves Le Blévec). « On a réussi à glisser avant la Teignouse, ça nous a mis dans une position plus favorable pour la suite, parce que plus on était devant, plus on creusait, racontera après-coup Alain Gautier. Par contre, de l’autre côté de Belle-Ile, c’était un peu l’inverse : quand on était devant, on se faisait rattraper parce que ça mollissait. Du coup, Idec Sport, sous gennaker, est revenu très près juste avant Kerdonis, Actual aussi. Heureusement, on a réussi à garder le petit matelas d’avance qui nous a permis de redémarrer en premier. »
Et de s’imposer sur ce Grand Tour de 42 milles, après 4 heures 53 minutes et 44 secondes d’une belle régate, soit la quatrième victoire (le record de l’épreuve), la troisième consécutive pour ce trimaran Orma de 60 pieds à la riche histoire, plan VPLP mis à l’eau en… 2002 ! « C’est sûr qu’Alain a un bateau fait pour le format du Tour de Belle-Ile. Nous, c’est plus un bateau format tour du monde », sourira, beau joueur, Francis Joyon une fois revenu au Môle Caradec, après avoir pris la deuxième place, à seulement 2 minutes et 51 secondes du vainqueur, Actual Leader complétant le podium 4 minutes et 1 seconde après Idec Sport.
Mais le premier à avoir coupé la ligne d’arrivée de ce Tour de Belle-Ile après 4 heures 34 minutes et 40 secondes – et c’est une première dans l’histoire de la course – est un concurrent du P’tit Tour (parcours de 37 milles qui longe Belle-Ile par le sud là où ceux du Grand Tour la contournent par le nord), à savoir l’ETF 26 (ex Easy to Fly) L’Occitane, habituellement mené par le vainqueur de la dernière Route du Rhum en Multi50, Armel Tripon, qui avait laissé pour l’occasion les commandes de ce catamaran volant de 26 pieds à l’un de ses fidèles, Vincent Barnaud, accompagné de l’expérimenté Matthieu Souben à la barre et de Matéo Lavauzelle. Portés par une belle brise d’ouest, les trois hommes auront franchi la ligne à plus de 20 nœuds, en appui sur leur foil tribord, une des nombreuses images marquantes de ce TOUR DE BELLE-ILE 2019.

© Audrey Dochler – Tour de Belle-Ile

Tout comme celle du grand sourire de Romain Attanasio, vainqueur du Prix Michel Malinovsky, qui récompense le premier monocoque, en l’occurrence son 60 pieds Imoca Pure, arrivé à 16h38’29, succédant ainsi à sa compagne Samantha Davies, lauréate de ce Prix en 2018. Des sourires, il y en a eu beaucoup sur cette 11e édition, qui comme les dix précédentes, aura réuni dans une ambiance conviviale et autour d’une même passion pour la voile et la régate professionnels de la course au large sur des bêtes de course dernier cri et simples plaisanciers venus prendre du bon temps l’espace d’une journée pas comme les autres…