Romain Pilliard s’est inscrit à la Route du Rhum avec l’ancien trimaran d’Ellen MacArthur. Mesurant 75 pied, son trimaran tombe de facto dans la classe Ultim et va se retrouver avec Gitana, Banque Populaire, Macif, Sodebo et Idec. Une belle aventure qu’offre justement la Route du Rhum.
Si Romain Pillard n’est pas aussi connu du grand public que les François Gabart ou Armel Le Cléac’h, le milieu de la voile, il connaît. Organisateur du Tour de Belle-île, il a navigué auparavant en Figaro, en ORMA avec Yvan Bourgnon et Jean Maurel, il a été équipier sur Mari-Cha IV et fait du TP52 en Nouvelle-Zélande. A 42 ans, le défi ne lui fait pas peur bien au contraire.

 » Le bateau sera remis à l’eau en juin. Nous sommes à la fin de la préparation. C’est un bateau très fiable, très bien construit en Australie, destiné à faire le Tour du Monde en solitaire avec Ellen. C’est un bateau tolérant plus qu’un Orma sur toilé. Il est sain, prêt à affronter des conditions difficiles en Atlantique. Nous avons déjà un programme de navigation. Je vais travailler avec Roland Jourdain et Christian Dumard. Le bateau est au chantier chez Nautymor à Hennebond. On a fait des modification sur les flotteurs avec Benoit cabaret co-architecte du bateau avec Nigel Irens. On a augmenté le volume à l’arrière des flotteurs pour le rendre plus polyvalent, confortable et performant au près parce qu’il était très typé au portant et avait tendance à naviguer beaucoup sur l’arrière. La deuxième modification concerne le cockpit que l’on a aéré parce qu’il était très ramassé. L’idée à l’époque était de permettre à Ellen, sur son Tour du monde d’avoir tout sous la main. Comme le bateau est destiné après la Route du Rhum a faire aussi de l’équipage, on a modifié le pont. On a écarté deux winchs traveller que l’on a mis près du poste de barre. Du coup on a supprimé les deux barres franches qui était dans le cockpit au centre pour créer deux plateformes de barre du type de celle que l’on a sur les MOD70 ou ORMA, un peu excentrées du bras arrière. Pour moi, cela ne changera rien. On a fait une plateforme avec un pare brise pour se protéger. Ce n’est pas un bateau qui mouille trop. Benoit cabaret comme Hélène sont content qu’il renavigue. Il peut encore avoir de beaux jours devant lui. La vitesse de pointe du bateau, on est autour de 35nds. C’est respectable mais quand Armel annonce des pointes à 46nds. C’est différent. Il y a moyen de faire une belle Route du Rhum. Il faut déjà arrivé. A cette époque là ce n’est jamais anodin. »

Romain Pilliard est sur un budget global d’1,8M. Il recherche encore 900 000 € pour un partenaire titre. Avoir ses couleurs sur un Ultim et sur la Route du Rhum à ce prix-là, c’est un pari gagnant. Romain porte un projet ambiteux autour de l’économie circulaire.
USE IT AGAIN, ce sera le nom de course du trimaran. Les objectifs sont d’alerter le grand public de l’urgence de modifier nos modes de consommation, montrer qu’un projet performant peut s’intégrer dans une économie circulaire, donner la parole aux initiatives qui agissent dans le cadre de l’économie circulaire.

Ce Trimaran qui était en train de mourir sur un terre-plein depuis 6 ans, est aujourd’hui prêt à naviguer. Tout son équipement et celui du marin a été choisi parmi du matériel de préférence reconditionné ou recyclé en tenant compte des contraintes techniques et de sécurité. L’énergie nécessaire à bord pour le fonctionnement des instruments de navigation et les outils de communication du marin, sera produite uniquement grâce à des énergies 100% naturelles : panneaux solaires, éolienne et hydro-générateur.