Comment gagner le Vendée Globe Virtuel ?

On ne présente plus le jeu Virtual Regatta qui vous permet vous aussi de faire le Vendée Globe. 210 000 bateaux ont réussi à terminer la course lors de la dernière édition. De nombreuses améliorations ont été apportées au jeu. Explications avec son fondateur, Philippe Guigné.

L’évolution importante concerne l’immersion dans le jeu. « On s’est rendu compte que les joueurs se projetaient dans le Vendée Globe et certains vivaient intensément les choses. Cela se matérialise par tous ces joueurs qui ne franchissent pas la ligne volontairement pour aller ramener leur bateau chez eux. La 3D va leur permettre d’aller plus loin. On est capable de récupérer toutes les infos de l’environnement dans lequel est le bateau – nébulosité, hauteur des vagues… –, donc on va pouvoir mettre le bateau dans sa configuration de navigation théorique. Les images 3D seront assez réalistes. » Pour autant, on ne pourra pas piloter son bateau en temps réel, Virtuel Regatta étant un jeu de management et non de simulation comme Virtual Skipper.

ordi-3dIl y a tout un tas de fonctionnalités qui vont également sortir. Notamment des Achievments, sorte de récompenses qui sont données quand on franchit des étapes. « On va loguer tout un tas d’expériences sur le joueur, et notamment ses milles nautiques parcourus. Les milles seront logués sur le compte. Cela permettra de gagner des récompenses. »

L’évolution majeure porte sur le moteur jeu. Depuis toujours, le jeu prend en compte un vent qui est fixé sur des périodes de 12 heures. Il y a un côté facilitateur pour la navigation, mais en même temps, on sait que cela n’existe pas dans la réalité. « C’est le point le plus grave de la simulation sur lequel on avait arbitré il y a quelques années, mais aujourd’hui, on se dit que ce n’est pas bien de faire ça. On a donc décidé d’interpoler totalement le vent dans le temps. À partir de ce Vendée Globe, le vent va évoluer en permanence. On va récupérer les fichiers de la NOA en les retravaillant et en les lissant, de manière à faire une interpolation totale dans le temps. Le vent va donc désormais évoluer en permanence, comme dans le monde réel. Du coup, on va donner aux joueurs le régulateur d’allure, qui avant était payant. »

ordi-2dCe régulateur d’allure, c’est un cap fixé par rapport à l’angle du vent. Par exemple, on veut naviguer à 45° du vent : si le vent change, le bateau changera de cap en maintenant l’angle avec le vent. Avec la mise à jour permanente du vent, le risque devient important de voir son bateau partir dans une direction opposée en cas de changement brutal de système météo. « On pense que les joueurs vont jouer de manière plus naturelle, comme on navigue dans le monde réel. »

Faudra-t-il être au taquet en permanence sur le jeu ? « Non, je pense que cela va être une manière nouvelle de faire. On va naviguer au régulateur d’allure, on aura moins de précision et les performances seront moins bonnes. Ce qu’on veut, c’est lutter contre les robots, les joueurs qui veulent trop utiliser de technologies. On veut rendre le jeu au grand public. Je veux qu’un mec normal puisse gagner Virtual Regatta. Je ne veux pas que ce soit un informaticien ou un type qui va développer des routeurs, des algorithmes. Je veux mettre en échec les robots. »

Est-ce ce qu’il s’est passé sur la dernière édition ? « Non, Lilian n’utilisait pas de routeur. Après, il y a des routeurs qui sont développés pour Virtual Regatta. Il y a plein de personnes qui, autour de Virtual Regatta, développent des services. Certains sont supers pour la communauté, d’autres tuent un peu le jeu avec une approche pas très saine. Nos données seront maintenant cryptées. Avec ces programmes, il y avait beaucoup de joueurs qui arrivaient à gagner il y a cinq ans. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. S’il n’y a pas d’aléas dans la météo, ils vont gagner. Si le routage s’avère parfaitement juste, les mathématiques vont l’emporter sur l’intuition humaine. C’est cela que l’on veut empêcher. »

Mais en étant plus proche de la réalité, les routeurs comme Adrena vont-ils pouvoir être plus efficaces en fonctionnant normalement ? « On va recompiler les fichiers météo de la NOA pour qu’ils soient lissés sur toute la longueur, en rajoutant quelques variables. À chaque fois que l’on va se connecter, on aura un vent rafraîchi toutes les 10 min. Comme dans le monde réel. » Cela va multiplier le nombre de connexions ? « Je pense que cela va changer la manière de jouer. Celui qui a gagné le dernier Vendée, il se mettait à la table à la carte 2 heures le matin et il faisait sa stratégie sur les 24 heures qui venaient ; il faisait sa programmation et il y revenait 12 heures après. Dans la journée, il ne se reconnectait pas. »

Vous êtes prêt pour la surchauffe du départ ? « En termes de performance et de fiabilité, on est passé sur Amazon, avec des serveurs “scalables” si l’audience monte, pour faire face. On pourra répliquer les machines en temps réel à la volée. C’est un chantier complexe qu’on a terminé il y a six mois pour le tester dans tous les sens. On est prêt ! »

La rédaction de Course Au Large fera la course sous le bateau Magcourseaularge. Suivez-nous ! Il y a 4 ans notre bateau avait terminé 463è. Nous essaierons de faire mieux cette année.