La belle victoire d’Armel Le Cléac’h

Armel Le Cléac’h à bord du Mono Banque Populaire VIII remporte la Transat bakerly après 12 jours, 2 heures, 28 minutes, et 39 secondes de course. Une belle victoire construite depuis plusieurs jours face au PRB de Vincent Riou qui n’a rien lâché. Un beau duel entre les deux hommes qui se termine par la première victoire d’un bateau à foil sur un Imoca standard.

Sous la pression de Vincent Riou qui est toujours resté offensif et percutant, le skipper de Banque Populaire VIII équipé de foils, confirme qu’il est l’un des grands favoris du prochain tour du monde en solitaire et que les développements techniques effectués sur son monocoque ont porté leurs fruits. Pour autant, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur les performances des bateaux à foils. Vincent Riou arrive devant Jean-Pierre Dick et a rencontré quelques problèmes techniques à bord, notamment la casse de son antenne qui l’a handicapé pour la réception des BMS.

À 39 ans, ce navigateur, qui compte parmi les plus grands talents de la compétition océanique, double vainqueur de la Solitaire Bompard Le Figaro et connu pour ses deux places de deuxième sur le Vendée Globe, accroche une ligne de plus à son prestigieux palmarès, après 3 751 milles parcourus à la vitesse moyenne de 12,91 nœuds.

Ce marin toujours très accrocheur sur l’eau, qui doit son surnom de « chacal » à son âme de compétiteur et sa faculté à ne jamais lâcher morceau, décroche une belle victoire, construite mille après mille sur un parcours complexe, à travers de nombreux systèmes météo et transitions rythmées. Autant de pièges et de difficultés, qu’il a négociés au mieux, donnant toute la mesure de son art de naviguer en haute mer au meilleur niveau de performance.

Aux avant-postes depuis le départ donné le 02 mai au large de Plymouth, le skipper de Banque Populaire prend le leadership trois jours plus tard. Après avoir empanné au large du cap Finisterre, aux abords duquel Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) a été contraint à l’abandon sur une avarie de grand voile, il maintient un cap plein Ouest pour profiter d’un vent soutenu. Il tire alors le meilleur profit de ses appendices porteurs, qui soulagent le bateau lui permettant de voler au dessus des vagues aux allures portantes, pour engranger des milles à haute vitesse. Il dépasse Vincent Riou sur son PRB, avec lequel il livrera un duel digne des plus grandes courses. « Ça « foile » pas mal », lâche-t-il à la vacation du jour alors qu’il est flashé à 22 nœuds ! Il ne lâchera plus les commandes de la flotte, maintenant puis creusant l’écart avec son poursuivant toujours offensif et percutant, qui annoncera plus tard avoir perdu des voiles précieuses.

Pour Armel Le Cléac’h et toute son équipe, ce premier succès à la barre du monocoque IMOCA Banque Populaire vient aussi récompenser la technologie développée autour de ce coursier océanique, lancé en 2015 dans la perspective du Vendée Globe. Comptant parmi les derniers nés équipés de ces fameux foils, Banque Populaire démontre autant son potentiel de performance qu’il prouve sa fiabilité sur le parcours de la Transat Anglaise, d’un rare niveau d’exigence maritime à travers de l’Atlantique Nord.

Armel Le Cléac’h, fort de cette première victoire à la barre de son monocoque IMOCA, remportée lors de la dernière édition en 2008 par Loïck Peyron, confirme plus que jamais qu’il compte parmi les plus grands favoris pour le prochain tour du monde en solitaire, qu’il disputera pour la troisième fois.