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Solitaire. Victoire de Paul Loizeau devant Nicolas Lunven, Tom Dolan conserve la tête au général

Vincent Olivaud

La deuxième étape Vigo-Pornichet, simple sur le papier, aura été loin d’être une course tranquille. Les orages et la pétole ont mis les 36 skippers à rude épreuve. Paul Loiseau, bizuth de l’épreuve, signe une superbe victoire d’étape devant Nicolas Lunven. L’Irlandais Tom Dolan, 5e, sauve sa première place au général, mais l’écart se resserre avec Nicolas Lunven et Alexis Thomas, 3e, en embuscade.

Paul Loiseau (Région Bretagne – CMB Espoir), vainqueur de la 2e étape de la 57e édition de La Solitaire du Figaro Paprec
Paul Loiseau a franchi la ligne d’arrivée à Pornichet en vainqueur, ce jeudi 28 mai à 14h 52min et 05s (heure française). Il aura mis 3 jours 22 heures 52 minutes 05 secondes pour boucler le parcours théorique de 450 milles de la deuxième étape de la 57e édition de La Solitaire du Figaro Paprec. En pratique, le skipper de Région Bretagne – CMB Espoir a parcouru 491.85 milles à la vitesse moyenne de 5.18 noeuds. Le double vainqueur de La Solitaire du Figaro Paprec, Nicolas Lunven, sur PRB, a terminé cette deuxième étape en 2e position. Alexis Thomas (Wings of The Ocean) complète le podium en terminant 3e* de cette étape à 32 minutes et 34 secondes) du vainqueur.

Paul Loiseau a commencé en Laser. Champion d’Europe en J80, champion du monde jeune en SB20, il rêvait de faire la Solitaire. Pour sa première participation, il remporte une étape. « J« C’était un truc de dingue, j’ai vu cette victoire arriver très tard. Il y avait tellement peu d’écart dans la flotte que je n’avais plus personne à l’AIS. J’ai juste vu que j’étais 3e au classement hier soir.

Cette fin de course, c’était du match race sous spi, avec le vent qui tombait devant la ligne. J’ai vraiment cru que Nico (Nicolas Lunven) allait revenir, c’était horrible, j’en tremble encore ! Je me disais que c’était dingue d’arriver sur le circuit et de batailler avec un gars qui a gagné deux fois la Solitaire du Figaro. Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pas imaginé ça. Je ne réalise pas encore. J’étais déjà très satisfait de la première étape, mais gagner la deuxième, c’est au-delà de mes espérances.

L’étape a vraiment été dure. Dès la sortie de la baie de Vigo, je me suis retrouvé bloqué et tout le monde est parti sans moi. Ensuite, on a vraiment enchaîné les transitions pendant toute la course, j’ai très peu dormi. Le long de la côte espagnole, j’ai pris un orage avec 45 nœuds, ça a couché le bateau et je me suis retrouvé accroché, sans pouvoir rien faire, le tout de nuit. Forcément, ça ne met pas en confiance pour repartir ensuite (rires). Après, c’était plus que du vent léger, mais j’ai vraiment réussi à m’en sortir. C’était une super étape.

Maintenant, j’ai hâte de prendre une douche et de dormir. Ensuite, je vais me concentrer sur la prochaine étape. Forcément, tu commences à avoir le classement général dans un coin de la tête. »»

Nicolas Lunven : «« J’étais toujours plutôt en tête de mon groupe au large tout le temps. C’était très indécis les conditions, je pense que personne ne savait comment ça allait se passer. J’étais plutôt bien en phase avec le bateau, avec ce qui se passait sur l’eau même si je n’ai pas tout compris car c’était bien le bazar. C’était plutôt une bonne nouvelle de pouvoir faire converger nos routes avec Paul (Loiseau) pour se retrouver tous les deux au niveau de la côte ce matin et d’essayer de s’échapper. C’est plutôt une bonne opération cette étape donc je suis super content » commentait Nicolas une fois amarré au ponton avant d’expliquer comment il a été contraint de laisser s’échapper Paul Loiseau ce matin : « Après le contournement de la zone d’éoliennes de Guérande, j’étais vraiment revenu dans le tableau arrière de Paul, à 5 mètres. Mais j’ai subi un mauvais enchainement. J’ai pris une algue énorme et j’avais un souci de girouette qui marchait un peu quand elle voulait à la fin. Pour aller enlever l’algue, j’ai mis le pilote en mode vent et la girouette a déconné à ce moment-là. Bref, je n’ai pas réussi à enlever l’algue et Paul en a profité pour creuser. J’ai fini par faire une marche arrière pour me séparer de cette algue. Et Paul ne m’a pas attendu le coquin ! ».

Alexis Thomas : « C’est vrai que j’étais un peu abonné aux médailles en chocolat jusqu’à présent et ça fait plaisir de concrétiser enfin un podium. Je ne l’ai pas volé celui-là, je trouve que j’ai bien navigué dès le début. Après, il y a eu des rebondissements, je n’étais pas dans le bon paquet mais j’ai su prendre mon mal en patience, rester opportuniste, faire les bons choix, les bonnes options. Je pense que, cette année, j’ai débloqué quelque chose mentalement. On l’a vu l’année dernière, je fais trois très beaux débuts d’étapes, trois très belles premières 24 heures et puis après, je m’écroule totalement. Là, cette fois-ci, j’ai réussi à tenir jusqu’au bout, comme l’étape d’avant finalement. Je suis content, ça commence à rentrer », s’amuse le skipper.