Solitaire. Fabien Delahaye  » On remet les compteurs à zéro »

Photo Vincent Olivaud

Le skipper du Figaro Groupe Gilbert accuse un retard de 2 heures et 23 minutes sur le leader au classement général provisoire mais il sait que tout peut encore arriver dans cette Solitaire qui ne fait que commencer. Prochain gros morceau, une deuxième manche longue de 490 milles et principalement côtière avec la pointe Bretagne et le Cotentin à négocier en restant en veille permanente pour surveiller cailloux, trafic maritime et autres pièges.

Fabien, comment appréhendes-tu cette deuxième étape ? Est-ce que tu as regardé le classement général provisoire ?
« Honnêtement quand on voit la difficulté de l’étape, le classement ne veut rien dire pour l’instant. Chaque étape est une course, on remet les compteurs à zéro à chaque fois. On n’en est qu’au début, les écarts sont faciles à faire et à défaire, on verra à la fin. Ma première étape est décevante en termes d’écart au premier mais il va encore se passer plein de choses. L’objectif est de la prendre comme une course à part entière. »

Que vous réserve cette manche entre Lorient et Fécamp ?
« C’est l’étape la plus courte de cette édition 2021. Au vu des conditions météo, elle risque également d’être la plus rapide, on devrait en effet arriver mercredi après trois jours de mer. Enfin sur le papier c’est presque la plus difficile aussi parce que le parcours est très côtier. On aura donc de grosses difficultés à passer : les algues qui peuvent distribuer beaucoup et qui plus est de manière aléatoire, des passages à fort courant comme la pointe Bretagne et le raz de Sein et le Four ou la pointe Cotentin avec le raz Blanchard et Barfleur. Le tout avec un vent de Nord-Est, au près, face à la mer. En gros, ça ne va pas être une partie de plaisir ! On risque d’arriver cassé à Fécamp, ça va être un sprint intense. »

Comment te sens-tu après cette escale à la maison ?
« En effet j’étais chez moi donc ce n’était pas une escale de Solitaire normale. D’habitude on part un mois sans revenir, là c’est la cerise sur le gâteau car on est dans la course mais avec nos repères habituels. J’ai pu passer à la maison, j’ai eu plus de temps pour préparer les manches suivantes. Je suis reposé, prêt à partir. »