Problème sur le mât de Spindrift

Trophée Jules Verne, 2015 © Yann Riou | Spindrift racing

Après le foil dans l’océan Indien, voici que le mât se délamine dans l’Atlantique. Moment d’effroi pour l’équipage lorsque Yann (Guichard), faisant son tour de check comme il a l’habitude de le faire, constate un enfoncement horizontal sur 40cm de long à un 1/3 bas du mât, côté bâbord.

Malgré les nombreuses fois où les régleurs et les équipiers d’avant montent les yeux au ciel pour régler, hisser et affaler les voiles, rien n’a laissé entrevoir un tel problème. Depuis le Détroit de Lemaire, nous naviguions au près, face à une mer formée dans peu de vent. Rien d’anormal pour justifier un tel dommage, mais peut-être qu’une vague, plus puissante que les autres, a fait plier le mât.

Mast Repair

Immédiatement un check minutieux de Seb (Marsset) et Antoine (Carraz) vérifiant l’extérieur tout comme la partie interne du mât, est effectué. Après plusieurs téléphones avec le bureau d’étude, les premiers doutes à savoir si c’est réparable sont levés et les instructions données. L’équipe se met hâtivement au travail car nous n’avons que très peu de temps devant nous pour réparer. Ironie du sort, c’est alors qu’on retouche du vent fort qui nous permettrait de garder notre avance, alors que l’on doit par tous les moyens réduire notre vitesse pour permettre les réparations à plus de 15 mètres de haut. Exercice extrêmement difficile dans du vent de plus de 25 nœuds et une mer de deux mètres de face qui bringuebale le bateau dans tous les sens.

Antoine est à nouveau sollicité mais tout comme Seb, François, Loïc et le reste de l’équipage qui se redistribue les rôles et les quarts afin de poncer, percer, couper, coller, strater, réparer et continuer à faire avancer Spindrift 2 de façon à ce que nous puissions rester compétitifs et dans la course jusqu’à Ouessant.

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C’est que le challenge est grand. On sait tous trop bien qu’il faut un bateau en bon état pour s’attaquer à l’Atlantique retour. Vent fort, mer formée et courte sont les attribus de ce dernier tronçon de route. Nous ne savons pas, à l’heure actuelle, si on pourra utiliser toute la garde robe de Spindrift 2 et si notre performance en pâtira.

Dans un premier temps, le moral en a pris un coup, la fatigue n’aidant en rien, mais l’équipage reste plus que jamais uni et motivé pour réussir cette réparation et boucler ce tour du monde tel l’objectif que l’on s’est fixé.

11h15 (HF) : Spindrift navigue à l’heure actuelle à 31,2 nds.