Erwan Tabarly vainqueur de la 1er étape perd sa première place au général et concède 1h à Yoann Richomme. Arrivé à 13h11 ce mercredi, à Paimpol – Lézardrieux, Erwan Tabarly s’est octroyé la cinquième place de la deuxième étape de la Solitaire Bompard – Le Figaro. Une étape tactique et complexe qui a finalement réservé plus de surprises que prévu, à commencer par des écarts importants à l’arrivée. En ce qui le concerne, le skipper d’Armor Lux, qui a compté jusqu’à deux heures de retard à la pointe Bretagne hier, a finalement réussi à réduire son écart avec le premier à 1 heure et 11 minutes. S’il concède malgré tout sa place de leader au classement général à Yoann Richomme, le navigateur Fouesnantais conserve néanmoins sa place sur le podium à la mi-course, et reste complètement dans le match pour la victoire finale malgré son handicap actuel de 1 heure et 3 minutes.
« Cette étape a été hyper compliquée. Dans le sud de l’Angleterre, notamment, rien ne s’est passé comme le prévoyait. Dans les derniers milles jusqu’à Wolf Rock, par exemple, on devait progresser au reaching or on a fini au près. Cela nous a tous bien crevé car il a fallu continuer de se poser la question des choix des bords à tirer puis matosser encore et encore. Toute cette portion a vraiment été dure surtout que le vent était hyper changeant et que ce n’était pas facile de prendre les bonnes bascules », a commenté Erwan Tabarly, peu après son arrivée au port de Lézardrieux, qui payé un peu cher son choix de partir au large à une dizaine de milles de la marque Runnel Stone. « Jusqu’alors, j’étais à la bagarre avec Charlie Dalin et Nicolas Lunven. Le vent est tombé et j’ai décidé de me décaler quand eux ont préféré longer la côte. Là, j’ai pris cher car ils m’ont franchement décroché sur ce coup », a commenté le skipper d’Armor Lux. Dès lors, il n’a pas eu d’autres choix que de cravacher autant que possible pour réduire un maximum son retard.
Déçu mais pas vaincu
« J’avais deux heures de retard au passage du Four et c’était délicat car sur la deuxième moitié du parcours, je savais qu’il n’y avait plus grand-chose à faire, sinon être spectateur. En tête, Yoann (Richomme) est passé avec le courant pour lui à chaque fois alors que, plus à l’arrière, nous l’avons eu quasi systématiquement contre nous. Dans ce genre de situation, on se sent un peu impuissant et on ne peut rien faire d’autre que de constater les dégâts », a indiqué le vainqueur de la première étape entre Deauville et Cowes. « Au bout du compte, une cinquième place, ce n’est pas si mal. De plus, ça ne m’est encore jamais arrivé d’être classé troisième après deux étapes. C’est quelque chose que je dois savourer même si je dois bien l’avouer, il y a une petite déception d’avoir pris une heure dans la vue », a expliqué Erwan qui reste cependant dans le match. « Je vais encore me battre pour gagner. Rien n’est encore figé. Yoann navigue super bien. Jusqu’ici, tous les coups qu’il tente fonctionnent mais souvent, il passe proche de la correctionnelle. On va bien voir ce qui va se passer par la suite même si, a priori, sur les deux étapes qu’il reste, il devrait y avoir une part d’aléatoire assez petite, plus en tous les cas que le long des côtes sud de l’Angleterre où il se passe souvent des choses sans qu’on sache pourquoi », a conclu Erwan Tabarly.
Erwan Tabarly y croit encore
Yoann Richomme en tête de la Solitaire

Yoann Richomme apparaissait comme un des nombreux favoris de cette Solitaire. Sur la 1re étape, il manque de peu de l’emporter après avoir fait un sans faute au passage de Wolf Rock. Sur cette deuxième étape, il a su à nouveau faire les bons choix. Longtemps deuxième derrière Gildas Morvan qui a animé la course une grande partie de l’étape, Yoann Richomme a su faire la différence et l’emporter après une étape finalement encore plus dure que la première. Il prend la tête du classement général devant son co-équipier de Macif, Charlie Dalin à 30 minutes qui a terminé troisième de l’étape. Nicolas Lunven sur Générai termine 2e de l’étape.
Rapide dans toutes les conditions, incroyablement opportuniste, toujours dans les bons coups, Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) a donné une leçon de maîtrise parfaite de sa course à ses petits camarades de jeu. En remportant ce midi cette deuxième étape de La 47e Solitaire Bompard Le Figaro entre Cowes et Paimpol/Lézardrieux, le Lorientais de 33 ans confirme qu’il est entré cette année dans la cours des « grands », celle des Figaristes affûtés, celle des meilleurs compétiteurs sur l’eau. Ce premier succès sur une étape pour Yoann le propulse en tête du classement général provisoire, 30 mn devant son « collègue » Macif, Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), et 1 heure devant Nicolas Lunven. Du beau et bon boulot…
« Je me suis fait mal, jamais je ne m’étais autant fait mal. Je suis cramé » avouait, sans cacher son émotion, « Yoyo » à son arrivée au ponton de Lézardrieux. Les traits tirés, les paluches usées, la démarche chaloupée valent mieux qu’un long discours : le marin s’est arraché jusqu’à plus soif sur cette étape diablement compliquée. Tout a commencé à la sortie du Solent où Yoann se fixe comme objectif de coller au train Gildas Morvan (Cercle Vert), le Géant Vert sur motivé aux crocs acérés, en tête depuis la ligne de départ. Commence alors un duel d’anthologie le long des côtes anglaises. A toi, à moi… Gildas et Yoann donnent un rythme fou à la course enchaînant les virements de bord façon tricotage à maille serrée, apprivoisant les oscillations du vent, ne faisant qu’une bouchée des renverses de courants. Le divorce a lieu sur la traversée de la Manche où Yoann à la trajectoire rondement menée prend la poudre d’escampette à l’entrée de la mer d’Iroise. A partir de là, malgré des camarades de jeu affamés, Skipper Macif 2014 continue sur sa lancée laissant pantois Nicolas Lunven (Generali), Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) et Gildas Morvan qui jamais ne réussiront à le rattraper…
Will Harris (Artemis 77), premier au classement Bénéteau des bizuths
« Il fallait être dessus tout le temps. Si tu dormais, tu perdais des places. » expliquait Sam Matson (Chatham), 12e de cette deuxième étape, le premier des Britanniques sur la ligne d’arrivée. Autre sujet de Sa Majesté à avoir parfaitement géré sa course, malgré les difficultés du parcours et le niveau relevé du plateau de coureurs, Will Harris (Artemis 77), 24 ans, termine 16e et premier au classement Bénéteau des bizuths, à quelques minutes seulement de Vincent Biarnès (Guyot Environnement), local de l’étape dont c’est la 8e participation à La Solitaire Bompard Le Figaro cette année. Comme après chaque manche de cette cruelle mais si belle course en solitaire à armes égales, il y a les heureux et les déçus, mais tous gardent en ligne de mire qu’il reste encore deux étapes, deux parcours à courir, deux gros morceaux à avaler. L’heure est au repos des guerriers qui ont puisé au maximum de leur énergie. Robin Elsey (Artemis 43) en a fait les frais : le skipper s’est endormi sur la dernière ligne droite du parcours et a talonné sur un caillou…
Ils ont dit à leur arrivée :
Yoann Richomme (Skipper Macif 2014), premier à Paimpol/Lézardrieux : « Je suis séché complet, cette étape a été encore plus dure que la première, j’ai l’impression de ne pas avoir dormi pendant quatre jours. Quelle bataille, je n’ai jamais lâché. Le long de l’Angleterre, c’était instable, il fallait être dessus, dès que tu dormais, tu payais cash. Il fallait se faire mal, je me suis rarement autant fait mal. Je me sens bien, mes coups tactiques passent quasiment tous. Avec Gildas, c’était super, j’ai réussi à le rejoindre, ensuite il m’a largué. J’avais peur qu’il parte définitivement. Et puis, il a fait une traversée de la Manche moyenne, il m’a ouvert la porte et je l’ai prise. C’est génial, je n’en reviens toujours pas. A chaque fois, je suis dans les bons coups. Je n’ai jamais navigué comme ça. J’ai puisé loin et ça paye. Ce matin, je ne tenais plus, je m’écroulais dans le cockpit. Derrière, ils sont morts de faim, je ne pouvais rien lâcher. J’avais envie, j’avais enchaîné les places de deuxième en début de saison, mais je sentais que j’en avais sous le pied. Je préfère finir ma dernière saison avec Macif sur une bonne note ! Une victoire d’étape, c’est un rêve. Pour moi, c’est même presque plus dur que de gagner La Solitaire. C’est beaucoup d’émotions. »
Nicolas Lunven (Generali), 2è : « Je suis content de ma prestation. Yoann a vraiment été au-dessus du lot, il a été impressionnant du début à la fin. Le résultat est un peu meilleur que sur la première étape. On verra ce que cela donne au général. Il y a eu beaucoup de rebondissements, il s’est passé beaucoup de trucs notamment dans le groupe de tête. C’est chouette de faire étape comme ça, de se bagarrer à ce point là, c’est sûr qu’on ne s’est pas ennuyé. Il ne fallait surtout pas décrocher. Il y a eu pas mal d’élastique sur cette étape et de temps en temps, il se rompait, il fallait toujours rester du bon côté de la rupture. J’ai pas mal dormi dans la descente de Wolfrock à Portsall et la dernière nuit sous spi le long des côtes de Bretagne nord. Ça tire un peu, c’est sûr ; mais je me suis vautré dans mon avitaillement et j’ai surtout faim ! »
Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), 3è : « Je suis fatigué, et il fait humide. C’était une belle grosse étape. Encore une fois, j’ai dû cravacher pour remonter après un début de course compliqué. Je me suis énormément battu. Yoann et Gildas (Morvan) ont pris la poudre d’escampette lundi matin, je savais qu’il me restait jusqu’à mercredi pour remonter. Je savais qu’à l’Occidentale de Sein et dans le Four, ça allait repartir par devant. Le plus petit écart que j’ai eu, c’est 1,9 mille, et ensuite cela s’est donc un peu creusé. Heureusement, le courant et le vent fort ont permis de limiter les écarts en temps à l’arrivée. Avec Generali, on était ensemble tout le temps, on a vraiment eu une belle bagarre avec Nico, on s’est vu toute la course. Je n’ai pas pris d’option extrême. Je ne suis pas parieur, je me place sans prendre de gros risques. Une fois que la course en mer est terminée, la course à la récup’ commence. Hydratation, alimentation, sommeil pour être d’attaque samedi. Tant que la 4è étape ne sera pas finie, la course continue. Je serai vraiment content quand je serai sur la première place du podium. »
Gildas Morvan (Cercle Vert), 4è : « Cette étape a vraiment bien débuté avec un beau départ de l’île de Wight, c’était vraiment sympa de partir au coup de canon du Royal Yacht Squadron. Je double en tête aux Needles et après, j’ai continué à bien tricoter, à garder Yoann Richomme derrière moi et à passer Wolf Rock avec un petit peu d’avance sur le reste de la flotte. Malheureusement, j’ai mal « timé » l’arrivée sur Portsall par rapport au front qui est arrivé en retard et c’est à ce moment là que Yoann s’est barré par devant. L’affaire était presque pliée. Au final, je suis forcément déçu de ne pas l’avoir gagnée cette étape. Mais, je suis content d’avoir fait un bon jeu sur ce parcours, d’avoir été devant longtemps, d’avoir fait une belle navigation. Après une place de 20è à 7 heures sur la première, c’était important pour moi que je parvienne à naviguer devant. J’ai manqué un peu de réussite sur cette étape, ce sera pour la prochaine ! »
Erwan Tabarly (Armor Lux), 5è : « C’était une étape éprouvante, le vent changeait beaucoup de direction, je suis bien crevé. J’ai décroché des quatre premiers à Land’s End, c’est dommage, j’étais encore avec Generali et Skipper Macif 2015. J’ai fait un mauvais bord et ensuite avec les renverses de courant, j’ai lâché le peloton de tête. Après une mauvaise renverse de courant, ce n’était plus possible de revenir. Le vent est complètement tombé quand on est arrivé à Carn Base avant Wolf Rock. Derrière les premiers qui sont partis, on a dû batailler contre 2-3 nœuds de courant. Là, c’était rideau ! »
Alexis Loison (Groupe Fiva), 6è : « C’était une étape difficile, donc je suis content de terminer 6è, même si j’ai longtemps été à la bagarre pour le podium. J’ai laissé un petit regret à la pointe anglaise, c’est le jeu. J’ai tenté des options auxquelles je n’ai pas suffisamment cru une fois prises. C’était une super étape, je me suis régalé. En nav’, on a tout eu, on était toujours en train de chercher le prochain coup à faire. Au niveau du général, on va regarder la montre et voir les écarts. Je dois remonter de deux places, mais certains m’ont mis deux fois un caramel. Le top cinq est encore possible, si je m’arrache. »
Corentin Douguet (Sofinther-Un Maillot pour la Vie), 7è : « C’était une étape compliquée, c’était rien de le dire. J’ai réussi à sauver les meubles. La côte anglaise est vraiment tordue. A Cowes, je n’arrivais pas à être déçu de ma sixième place, mais là, je n’arrive pas à être content. Il reste deux étapes, il y a encore des coups à faire, il peut se passer des choses, il y a encore du temps à reprendre, ou à perdre d’ailleurs. Pour l’instant, je suis 6è au général, cela n’est pas un drame, loin de là. Je vais maintenant essayer de me reposer à peu pour repartir samedi à bloc ! »
Sébastien Simon (Bretagne-CMB Performance), 8è : « Je termine 8è, et non sans peine, parce qu’à un moment je passe 25è et je remonte petit à petit. Je ne m’attendais pas à une étape avec autant d’écart en temps. Il s’est passé énormément de choses, même à l’arrivée, il a fallu rester concentré. »
Will Harris (Artemis 77), 16è – 1er bizuth : « C’était très particulier et trop cool de partir de Cowes, j’ai pu montrer à ma famille et à mes amis, ce qu’était La Solitaire. Je suis resté éveillé toutes les dernières 24 heures. A un moment j’ai réussi à avoir du vent, une bascule heureuse qui m’a permis de reprendre 10-12 bateaux. »
Justine Mettraux (TeamWork), 19è : « Je suis plutôt contente de ma course en général. J’ai fait quelques coups à l’envers, mais c’était très intéressant. C’était une étape très difficile au niveau du repos. Il va donc falloir que je dorme beaucoup avant les prochaines. »
Benoît Hochart (Presqu’île de Ruys-Miramar), 31è : « C’était bien, très varié : pétole, grosses conditions, des gros passages à niveau qui tirent devant. J’apprends plein de trucs. Il y a des phases de course, où je me suis bien senti, même si cela ne se voit pas encore ! »
Yves Ravot (Hors la Rue), 35è : « Quel que soit le résultat, si on n’a pas le sourire, alors autant arrêter ce qu’on fait. »
Gildas Morvan et Yoann Richomme animent le début de course

La deuxième étape de la Solitaire partie hier de Cowes a été longuement animée par Gildas Morvan tout au long des côtes anglaises. Yoan Richomme n’a pas lâché le bateau vert et les deux hommes sont restés longtemps devant. La flotte ne va pas tarder à enrouler la première marque avant de repartir vers la France. A son approche plusieurs groupes ont pris des options différentes; proche des côtes ou au large. Le résultat de ces paris sera connue en fin de soirée.
Pour Gildas Morvan, le soufflet d’une première étape ratée ne semble être qu’un vieux souvenir. Parti en trombe dans les eaux du Solent au départ de cette deuxième étape Cowes-Paimpol/Lézardrieux, tous les indicateurs sont passés au vert pour le skipper aux vingt participations qui a repris du poil de la bête. A croire que ce solitaire, toujours très jovial à terre, a mangé du lion pour se refaire une santé sur cette deuxième étape de La Solitaire Bompard Le Figaro.
Au coude-à-coude avec Yoann Richomme (Skipper Macif 2014), les deux solitaires donnent le tempo le long des côtes anglaises. « On a réussi à s’échapper un peu tous les deux , à toucher l’ouest-nord-ouest à terre avant tout le monde pour partir un peu », explique-t-il après le passage de Start Point, qui marque le début de cette échappée belle au pas de deux. Même son de cloche de la part de son partenaire de cordée qui renchérit : « Avec Gildas, on a eu un peu le même type de navigation, on a pris des risques en allant plus loin que les autres dans la baie, cela a payé ! Ce n’est que le début, mais mieux vaut être devant en ce moment. »
Un lundi au soleil.
Sur l’eau, si le soleil est de la partie, les caprices du vent qui a fait la girouette dans tous les sens cette nuit, obligeant à une veille de tous les instants, continue de déjouer les prévisions et de semer le trouble dans les esprits. « Je m’applique à aller vite. On n’a pas la météo qui était prévue avant de partir. Je sais qu’on doit avoir une bascule à venir. Après Wolf Rock, on sera de nouveau au près, peut-être un peu débridé, le vent va monter progressivement à 25-30 nœuds, on verra comme ça se passe », raconte Erwan Tabarly (Armor-Lux). Bien qu’il concède un peu de retard, le leader au classement général reste dans le coup sur ce début de deuxième round. Tout comme les Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), Nicolas Lunven (Generali) et autre Thierry Chabagny (Gedimat), qui s’accrochent aux avant-postes sur ce début de parcours technique et tactique où la moindre erreur se paye cash.
Le jeune bizuth, Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) en sait quelque chose. Légèrement décalé au sud, plus au large du relief escarpé des côtes du Devon, il n’a jamais pu se recaler. « Je ne voulais pas me faire piéger dans les dévents de Start Point et un petit décalage se transforme malgré moi en une grande option », concède-t-il. Dans le top Ten ce matin, le classement de ce début d’après-midi est sans appel : le voilà relégué en 27e position à près des dix milles des premiers.
Un mardi dans la brise
Il lui faudra cravacher pour rallier la bouée de Carn Base et le phare de Wolf Rock, les prochaines marques jalonnant le parcours jusqu’à l’entame de la traversée de la Manche. Après le phare qui balise le sud-ouest de Land’s End, où la tête de flotte est attendue vers 1h du matin la nuit prochaine, la course promet de changer progressivement de visage avec l’arrivée d’un coup de vent. Ce système dépressionnaire apportera son cortège de bruine, de pluie et de vents forcissant : 25 à 30 nœuds d’ouest, sud-ouest, 35 dans les rafales dans l’après-midi. Des conditions, qui augurent une deuxième partie de traversée de la Manche tonique et sportive au près débridé, mais qui devraient néanmoins faire le bonheur des gros bras de la brise.
La guerre sur l’eau.
Mais d’ici là, les 39 solitaires ne devront pas baisser la garde, autant pour déjouer les pièges et les embûches de ce parcours complet et complexe, que les imprévus qui jalonnent la route pour rejoindre les côtes bretonnes. Cet après-midi, à une petite vingtaine de milles du cap Lizard, la tête de flotte a croisé un navire de guerre de la Royal Navy en poste pour des essais de tirs que les deux premiers ont croisé au plus près avec la consigne de le laisser à tribord. Compréhensif, ce bâtiment a rapidement mis fin à son exercice militaire pour laisser la flotte de La Solitaire Bompard Le Figaro poursuivre sa route et sa course au gré des pointes et des bascules ponctuant la route. La guerre sur l’eau en mode compétition pouvait repartir de plus belle.
Ils ont dit au sud de l’Angleterre :
Gildas Morvan (Cercle Vert) : « Cela s’est bien passé sur le départ devant le Royal Yacht Squadron, j’ai réussi à faire des bons virements et à prendre la tête. J’ai réussi à creuser un peu sur les adversaires, ce qui m’a permis d’aligner un peu tranquille, de tirer les bords que je voulais sans être gêné. J’ai creusé un peu devant aux Needles et ensuite ça s’est bien enchaîné, les virements ont été assez espacés. Au début de la nuit, on avait entre 15 et 20 nœuds, c’était plutôt gérable et après en deuxième partie de nuit, le vent a molli. C’était très changeant avec des passages de grains, le vent tournait dans tous les sens et c’était moins évident. Il n’y a pas eu beaucoup de repos, juste une petite sieste à la barre. Le vent devrait mollir jusqu’à Wolf Rock, il va bien falloir jouer les bascules. Là, on est à 50 milles de Lizard (10h15, ndlr) et cela reste difficile de savoir à quel moment on va arriver à Land’s End. Je vais me faire un petit déjeuner, je n’ai pas beaucoup mangé. C’est l’heure des corn flakes ! ».
Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) : « Je suis plutôt content de cette nuit, ce n’était vraiment pas simple. On est allé chercher un front au fond d’une baie et au final, ça a tourné bizarrement. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé, on a dû faire plein de virements de bord, j’ai même envoyé le spi tellement le vent tournait dans tous les sens. Mais je ne me suis pas trop mal sorti de ce petit pot de pus, et Gildas (Morvan) aussi. On a un peu le même type de navigation, on a pris des risques en allant plus loin que les autres dans la baie, cela a payé.
C’est clair qu’on a bien étalé la flotte et qu’on a une petite avance confortable. Ce n’est que le début, mais mieux vaut être devant en ce moment. En revanche, on n’a pas tout à fait la météo prévue, c’est un peu bizarre. On devrait avoir un bord direct sur le cap Lizard. Mais il faut multiplier les virements et on retourne à terre voir si on peut attraper une bascule de vent. Pour aller à Wolf Rock, c’est assez compliqué. On n’a pas vraiment le vent prévu, il va falloir inventer et s’adapter.
Ce matin, on profite d’un bon rayon de soleil, j’espère que cela va durer jusqu’à ce soir. Cela fait du bien, cela permet de sécher, on s’est encore pris des bonnes averses cette nuit. D’autant qu’on va retrouver du temps pour la traversée de la Manche, et probablement jusqu’à la la fin du parcours.
Je viens de faire une petite sieste de dix minutes, je commençais vraiment à piquer du nez. Mais cela n’est pas évident d’y aller, le vent bouge beaucoup. Sur ce bord là, ça va, mais en tribord, le bateau tape dans les vagues, il faut presque être à la barre tout le temps. Ce n’est pas propice au repos. »
Erwan Tabarly (Armor Lux) : « Le départ du Solent s’est bien passé pour moi. C’était super, assez tactique avec beaucoup de manœuvres. Près de 24 heures plus tard, on est toujours au près et cela va durer jusqu’à Carn Base. Le vent a molli par rapport à hier, on a 10-12 nœuds, la mer est plate, il y a du soleil, cela nous change un peu ! Là, c’est plutôt agréable. C’est la journée de répit avant demain où on attend encore du vent et de la pluie, il faut en profiter ! C’est ambiance lunettes, chapeau et crème solaire, la totale. Je suis dans un petit groupe Nicolas Lunven et Charlie Dalin. Devant nous, deux bateaux se sont un peu échappés. Ils ont un petit peu d’avance, il ne faudrait pas qu’ils en aient plus. Je m’applique à aller vite. On n’a pas la météo qui était prévue avant de partir. Je sais qu’on doit avoir une bascule à venir. Après Wolf Rock, on sera au près, peut-être un peu débridé, le vent va monter progressivement 25-30 nœuds, on verra comme ça se passe. »
Le match continue

La deuxième étape de la Solitaire a démarré cette après-midi. Le leader Erwan Tabarly est déjà aux avant-postes. Pour beaucoup de concurrents, c’est un peu le match retour qui va se jouer jusqu’à Wolf Rock.
Par 20 nœuds de vent, sur la mer verte du Solent, les 39 solitaires ont coupé la ligne devant le Royal Yacht Squadron au son des canons légendaires. Ceux-là même qui avaient donné le départ de la première coupe de l’America en 1851. Si le Britannique Alan Roberts (Alan Roberts Racing) a pêché par gourmandise en coupant la ligne trop tôt, Gildas Morvan (Cercle Vert), Vincent Biarnès (Guyot Environnement), Charlie Dalin (Skipper Macif) et Erwan Tabarly (Armor Lux) ont pris les devants d’une meute de figaristes très groupée. Cap à l’est vers Land’s End, la pointe sud-ouest de l’Angleterre en tirant des bords !
L’entame de cette deuxième étape de la 47e édition de La Solitaire Bompard Le Figaro restera ancrée dans les mémoires. Dans un décor splendide fait de voiliers de toutes tailles et de toutes sortes, du passage des cargos et du Red Funnel, du public venu en nombre au pied du Royal Yacht Squadron, les 39 skippers se sont élancés vers l’est. Objectif : la porte Radio France située à 10 milles au niveau de la cardinale nord Sconce. Sitôt coupé la ligne, les virements de bord se sont enchaînés rapidement avec le courant dans le bons sens. Dans ces manœuvres de changement d’amure parfois rocambolesques, Benjamin Dutreux (Team Vendée) a porté réclamation contre Nicolas Lunven (Generali) suite à un choc sans dommage entre les deux Figaro Bénéteau 2. Déjà deux groupes se sont formés sur cette remontée dans le Solent : celui emmené par Nick Cherry côté nord, et l’autre côté sud (le long de l’île de Wight) avec Gildas Morvan (Cercle Vert) en tête.
Nuit tactique en perspective
Le vent souffle pour 20 nœuds, et selon Météo Consult, devrait progressivement se renforcer autour de 25 nœuds avec une mer agitée. Les virements de bords vont donc se succéder tout en tenant compte du courant qui sera contraire dans six heures. En approche de Portland Bill, les marins devront donc avoir le bon flair pour naviguer là où il a le moins de jus. Les effets de pointe, les baies vont rythmer la première partie de la deuxième étape jusqu’à Wolf Rock. Encore du jeu et des écarts, encore peu de temps pour recharger les batteries, encore une belle étape de La Solitaire Bompard Le Figaro !
Les dix premiers à la porte Radio France :
1 – Gildas Morvan (Cercle Vert)
2 – Charlie Dalin (Skipper Macif 2015)
3 – Xavier Macaire (Chemins d’Océans)
4 – Thierry Chabagny (Gedimat)
5 – Vincent Biarnes (Guyot Environnement)
6 – Corentin Douguet (Sofinther – Un Maillot pour la Vie)
7 – Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM)
8 – Nicolas Lunven (Generali)
9 – Justine Mettraux (TeamWork)
10 – Erwan Tabarly (Armor Lux)
Ils ont dit avant de quitter Cowes
Erwan Tabarly (Armor Lux) : « Je vais essayer de faire la même chose sur cette deuxième étape. Je me sens bien, je suis encore sur la vague de la victoire. Maintenant, il y a d’autres étapes, il ne faut pas rester sur cette euphorie. Il faut que je reste concentré, et que je navigue comme sur la première étape. Je ne vais pas regarder les copains, je n’ai pas beaucoup d’avance donc il faut que je me fixe sur ma course. C’est serré entre les quatre premiers, mais pour autant, on ne va pas se contrôler. Je vais essayer d’être devant… Ca va être compliqué d’aller jusqu’à Wolf Rock, il va y avoir du jeu, on sera au près et il y aura des renverses de courants à gérer car parfois le vent mollira à certaines pointes. Il y aura des passages délicats contre le courant. Ce ne sera pas simple jusqu’à Wolf Rock. »
Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) : « J’ai été bien aidé pour préparer ce départ. Mon papa est venu m’aider pour la nourriture, mon préparateur a fait un super boulot et j’ai été bien briefé en météo. J’ai pu me reposer à 100%. On va avoir du près jusqu’à Wolf Rock avec deux groupes qui vont déjà se détacher entre le large et la côte. Ce sera un premier tri. Le deuxième tri sera à Wolf Rock avec peu de vent et beaucoup de courant. Il y aura déjà des écarts je pense. Je suis à bloc pour rester devant face à ce Will (Harris) qui doit avoir envie de revanche. J’aimerais faire une étape dans les 15. Je ne connais pas du tout ce coin, le Four, la chaussée de Sein. J’ai juste fait un seul convoyage là-bas. Je ne connais pas grand-chose, mais je me faisais un monde de la côte anglaise et au final, ça s’est bien passé. Je cache bien mon stress, je ne comprends pas tout alors je suis en stratégie peace and love. Je vais essayer de m’accrocher à la fin du premier wagon. »
Damien Cloarec (SafeRail) : « Il reste un peu de fatigue de la première étape qui a laissé des traces, ce n’est pas anodin de passer quatre jours en mer. On n’a eu que trois nuits de récupération derrière. C’est une belle deuxième étape qui nous attend avec un peu de vent au près au début, mais cela ne va pas durer. Ensuite, ce sera assez stratégique au niveau des pointes et des renverses de courants jusqu’à Land’s End, où cela devrait mollir un peu. Mais après, pour notre retour en Bretagne, une dépression va nous tomber dessus avec pas mal d’air. Et après spi plein pot le long des côtes de Bretagne nord pour une belle arrivée à Paimpol mercredi. Je reste super déçu du classement de la première étape, parce que j’ai la sensation d’avoir bien navigué, mais la météo, Dame Nature, en a décidé autrement avant l’arrivée. Maintenant, il faut prendre manche après manche et on verra à La Rochelle. »
Marc Noesmoen (Team Vendée Formation) : « Il y a encore un petit peu de fatigue de la première étape. Mais je pense qu’on va vite reprendre le rythme sur ce deuxième parcours. Ce sera assez costaud. On va partir avec du vent dans le Solent au près. Comme sur la première étape, on va se faire un petit peu rincer, puis on arrivera dans la molle sur Wolf Rock. Ce que j’appréhende un peu plus maintenant qu’on connaît la Manche, c’est le chenal du Four, où il faudra jouer dans les cailloux, peut-être de nuit, et en plus avec du vent. Je n’y suis déjà allé que deux fois, une fois sur le Tour de Bretagne l’an dernier, et l’autre fois lors d’un convoyage. Le début de course va être très important avec des passages à niveau sur les timings de la renverse. Je me suis déjà fait avoir à cap Lizard sur la première étape et je ne voudrais pas rééditer. »
Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham) : « J’ai super bien dormi, mais ensuite j’ai quelques soucis physiques au niveau du dos, qui ne sont pas tout à fait résolus, mais avec les médocs ça devrait aller. Là, à la sortie du Solent, va y avoir du jeu, mais il faudra faire attention, il y a beaucoup de trafic avec un vent autour de 15-20 nœuds au départ et puis il y aura de la mer dès la sortie du Solent, au niveau des Needles. Le mer sera formée et il faudra se ré-acclimater rapidement à des conditions assez costauds. Il y aura du jeu au niveau des placements par rapport à la flotte, avant un petit répit à partir de Wolf Rock. Il faudra alors savoir se reposer avant la dépression suivante très creuse, rapide mais musclée. Il va falloir bien préparer le bateau et être en forme pour bien passer ce moment là. Il faudra faire gaffe au matériel. Au niveau physique, je verrai comment ça évolue au fil de la course. Cette étape sera physique et va tirer sur les organismes. Mais, ça me plaît ! »
Martin Le Pape (Bellocq Paysages) : « Je me sens bien reposé ! Je suis arrivé pas trop cramé de la première étape, je suis allé chez le kiné tous les jours, du coup, j’ai bien récupéré. Je suis motivé comme jamais pour cette deuxième étape. Il va y avoir encore du près, jusqu’à Wolf Rock et sûrement sur le début de la traversée de la Manche. Ensuite on abattra, on fera des zig-zags dans notre Bretagne chérie. C’est bête à dire, mais je suis content d’aller retrouver les côtes bretonnes, je les connais bien, il y aura des manœuvres à faire, des trajectoires à réussir et tout ça avec du courant. Ce sera encore une étape variée… Je suis confiant pour celle-ci , j’ai autant d’envie qu’au départ de Deauville. Il y a aura des passages à niveau, mais je pense que sera moins sélectif que sur la première parce qu’il y aura plus de vent. »
Vincent Biarnès (Guyot Environnement) : « J’ai bien dormi cette nuit, je n’ai pas récupéré, mais comme d’habitude, on ne récupère pas vraiment après une étape de La Solitaire. C’était sympa d’être à Cowes, un haut lieu de la voile mondiale. En revanche, on a eu une météo bien british ! Le départ sera particulier, on a l’habitude de partir dans l’axe du vent entre un bateau comité et une bouée, là c’est un départ à l’anglaise entre la terre et une bouée de l’autre côté du Solent, avec du courant. Ce sera particulier. Il faut que je commence bien, comme à Deauville. Il faut être devant rapidement car ce sera important de dépasser les pointes en étant devant cette nuit. Ce sera une belle étape de Manche avec du vent, de la pluie et du courant ! L’arrivée à Paimpol mercredi midi, ça va être super pour moi particulièrement, qui suis des côtes d’Armor. J’ai à cœur d’arriver bien, je mise beaucoup sur cette étape. »
Duo Cat-Amania, victoire de Gérard Quenot et Daniel Peponnet
Le dernier jour de course s’est courue ce vendredi 24 juin pour les 108 coureurs de la Duo Cat-Amania 2016. Afin de rattraper la journée non courue de mercredi, Gilles Bricout, le Président du Comité de Course, avait avancé l’heure de la mise à disposition. Malheureusement, une fois encore les dieux de la météo n’étaient pas avec lui et ce n’est qu’après une bascule de vent, un rappel général et un vent qui avait une nouvelle fois tourné, que le départ a pu être donné à 11h58. Cette fois-ci, c’était la bonne! Un vent établi à 10/15 nœuds, forcissant vers la fin à 15/18 nœuds et un beau soleil ont permis aux coureurs de profiter à fond de cette dernière journée. Étant donné les conditions favorables, Gilles Bricout en a profité pour épicer la manche, et a placé une bouée variable au niveau de Nord Quiberon, sur ce parcours de 23 milles entre Port-Haliguen et la Trinité-sur-Mer. C’est donc fatigués mais heureux, que les 54 duos ont franchi la ligne d’arrivée, après une bagarre serrée entre les premiers du classement qui se tiennent dans un mouchoir de poche.
Gérard Quenot et Daniel Peponnet sont les grands vainqueurs de cette édition 2016 avec Atlantic Loisirs, un JPK 10.10. La dernière journée leur a donné des sueurs froides: “Nous sommes partis avec un handicap car Daniel s’est blessé au genou hier soir, j’ai donc du bosser deux fois plus aujourd’hui! C’est d’ailleurs certainement pour ça que l’on fait une moins bonne journée,” s’amuse Gérard, “Nous avons pris un départ moyen et nous sommes partis à l’opposé de Cifraline 4. C’était une bonne option sauf qu’après la bouée au vent, Daniel Andrieu est parti très vite sous spi et nous avons fait des erreurs dans le choix des voiles. Nous devions finir dans les cinq premiers afin de pouvoir prétendre à la victoire et à ce moment de la course, nous étions 7e. Nous avons rattrapé notre retard sur le dernier bord grâce à une bonne tactique. Cette dernière journée a été difficile car nous avions ce matin 5 points d’avance sur Cifraline 4 et ce soir nous n’en avons plus qu’un!”.
Le sourire jusqu’aux oreilles, ils repartent enchantés de leur semaine: “Nous sommes ravis! C’est une victoire importante car le niveau est élevé et le format de cette course est particulier, on ne peut pas enlever une manche. Il faut donc être réguliers et c’est vraiment un challenge. Finalement, nous avons moins de victoires sur la semaine que Daniel Andrieu et Alexandre Ozon sur Cifraline 4 qui sont 2e au général, mais nous n’avons aucune mauvaise manche. La moins bonne, nous l’avons faite aujourd’hui avec une 5e place. C’était vraiment une belle régate, de bons moments partagés.”
En deuxième position, on retrouve Daniel Andrieu et Alexandre Ozon sur Cifraline 4, un Sun Fast 3200. C’est Alexandre qui revient sur cette semaine de compétition acharnée et de bons moments passés entre copains: ” C’était super! Je navigue depuis tout petit car j’ai fait le tour du monde avec mes parents et adolescent, je me suis mis au dériveur. Il y a 12-13 ans, j’ai racheté un bateau, je me suis remis à la régate et c’est là que j’ai eu la chance de rencontrer Daniel. Ça a accroché tout de suite! C’était la première fois que nous naviguions en duo avec Daniel, nous avons l’habitude de naviguer ensemble en équipage. Je suis n°1 dans l’équipage, et je crois que ce n’est pas un hasard car je suis assez indiscipliné et chahuteur, alors ils me mettent devant et je leur fout la paix! Nous sommes contents de notre place, il ne manque pas grand-chose pour remporter cette Duo Cat-Amania. Nous nous sommes bien entendus sur les manœuvres et la tactique. Daniel est très fort sur les départs et la lecture du plan d’eau, après il suffit d’aller vite! Nous avons fait un chouette duo, il y avait de beaux concurrents, c’était vraiment top! La SNT a très très bien organisé cette régate, tout le monde prend soin des coureurs, et on ne voit pas ça partout. C’est très agréable. Ce sont des petites choses, mais qui finalement simplifient la logistique. En plus, on croise les copains, qui ont souvent aussi participé à la Course des Iles. Alors ce qui n’a pas été réglé à ce moment-là, on le fait pendant la Duo Cat-Amania!”.
Jean-François de Premorel et Laurent Tilleau, ferment la marche sur la troisième marche du podium, sur JP Concepts – Antipode, un Sun Fast 3200: ” Nous sommes très contents, c’est bien. C’était une très belle semaine, avec un temps variable, parfois humide, mais toujours sympathique! Il y a eu des moments compliqués, TRÈS compliqués! C’est notre cinquième Duo ensemble et nous avons toujours réussi à monter sur le podium mais sans jamais parvenir à jumper jusqu’à la première place! Toutes les régates ont été intéressantes : lundi, il y avait du vent c’était très bien, mardi ça a été plus compliqué! Le Comité de Course a très bien agi, il a arrêté quand il fallait. Jeudi, ça été chaud-chaud avec les orages et nous avons sauvé les meubles. Aujourd’hui, nous sommes très mal partis, c’était vraiment une course de rattrapage. Mais nous sommes contents car nous avons été relativement réguliers. Le bateau va très vite, nous avons changé le mât et le gréement. C’est une nouvelle version turbo du Sun Fast 3200, comme celui de Daniel Andrieu! L’ambiance est très bonne et nous terminons par une magnifique journée. C’était vraiment sympathique, c’est une très belle épreuve. Ce que nous apprécions dans la Duo Cat-Amania: de vraies régates de bon niveau où personne ne se prend au sérieux.”
La remise des prix a été précédée d’un dîner au Thalasso & Spa Resort de Carnac, où l’ambiance a comme toujours été conviviale. La Société Nautique de la Trinité-sur-Mer tient à remercier ses bénévoles pour leur implication et dévouement pendant toute la semaine, ainsi que ses partenaires: la Compagnie des Ports du Morbihan, la Sellor, le port de la Trinité-sur-Mer, le port de Locmiquélic, le port de Lorient, le port de Port-Haliguen, Voile Bretagne Sud, le Crédit Agricole, Ouest-France, la ville du Palais, le Yacht Club Crouesty-Arzon, Uship et North Sails.
Classement temps compensé manche 5:
1. Cifraline 4 : Daniel Andrieu et Alexandre Ozon – Sun Fast 3200
- Galatée: Jean-Louis Goblet et Catherine Adam – A 35
3. Lady Jane: Paul Chiron et Philippe Tostivint – J 120
4. Hey Joe: Antoine Croyère et Julien Letissier – A 35
5. Atlantic Loisirs: Gérard Quenot et Daniel Peponnet – JPK 10.10
Classement général après cinq manches:
1: Atlantic Loisirs – Gérard Quenot et Daniel Peponnet – 16 points
2: Cifraline 4 : Daniel Andrieu, Alexandre Ozon – 17 points
3: JP Concept Antipode: Laurent Tilleau, Jean-François de Premorel 31 points
4: Hey Joe – Antoine Croyère, Julien Letissier -33 points
5: Crescendo: Philippe Sauzieres, Yves Chuberre – 41 points
Nouveau parcours raccourci pour la deuxième étape
Gilles Chiorri, directeur de course de La Solitaire Bompard Le Figaro, a annoncé ce vendredi, en ouverture de la remise des prix de la première étape à Cowes, qu’il avait un peu modifié le tracé du deuxième parcours au programme entre l’Ile de Wight et Paimpol, dont le coup d’envoi sera donné dimanche, à 16h (heure française). Pour rejoindre la ligne d’arrivée mouillée à l’entrée de l’estuaire du Trieux, les 39 concurrents seront invités à en découdre sur 435 milles au lieu des 470 milles prévus à l’origine.
Peu de modifications et pas de grands changements pour ce nouveau parcours qui respecte la philosophie du tracé originel entre les côtes anglaises et leurs cousines bretonnes. Bien que raccourcie de 35 milles, cette deuxième étape au départ du Solent n’en promet pas moins une navigation rythmée et technique au gré des baies, des courants et des cailloux bretons parsemant le Finistère nord et les Côtes d’Armor. De quoi ouvrir le jeu et encourager des rebondissements des falaises blanches des Needles, jusqu’à l’arrivée jugée au large de Bréhat et la côte de granite rose.
Carn Base, Wolf Rock, Porstall, phare du Four…
La flotte s’élancera de Cowes en abordant le Solent par sa partie ouest. Au regard des conditions météo annoncées pour le départ, cette deuxième étape débutera au louvoyage au passage emblématique des Needles pour se poursuivre jusqu’à la cardinale de Carn Base dans l’ouest de Land’s End.
Manche et mer d’Iroise
Un dernier petit tour au large des Cornouailles anglaises et Wolf Rock, et il sera temps d’entamer une traversée de la Manche pour rallier Portsall, une marque coutumière de la Solitaire. Un tour d’Ouessant par l’ouest plus tard et la flotte mettra le cap pour rallier l’Occidentale de Sein avant d’embouquer le chenal du Four, via un aller-retour par la mer d’Iroise…. Le phare du Four et la grande basse de Porstall ponctueront le parcours final en direction de Paimpol avec une arrivée dans l’estuaire du Trieux.
ETA : mercredi dans la nuit ou au petit jour
« Initialement, le parcours descendait un peu plus au sud dans la baie d’Audierne, mais en raison du risque d’une panne de vent et des contraintes du programme, le parcours passe de 475 à 430 milles. Les premières ETA prévoient une arrivée dans la nuit de mardi à mercredi, ou mercredi matin. Je n’ai pas voulu refondre complètement ce parcours, mais j’ai souhaité l’adapter au contexte de la course pour rester dans la jauge de durée d’une étape de la course », explique Gilles Chiorri.
Le grand bonheur d’Erwan Tabarly

Il a gagné cette première étape après 3 jours 9 heures et 25 minutes de mer. Une étape compliquée, raccourcie à deux reprises, marquée par de nombreux rebondissements. Pour le skipper d’Armor-Lux, qui a devancé de 7 minutes 19 Yoann Richomme puis de 11 minutes 49 Charlie Dalin, respectivement deuxième et troisième, c’est évidemment une immense satisfaction de décrocher ainsi sa toute première d’étape après treize éditions où il est si souvent passé tout près. Il l’avait d’ailleurs annoncé fort et clair dès le départ à Deauville, il lui fallait à tout prix cette victoire. Désormais c’est chose faite !
Erwan, vous remportez votre première victoire d’étape dans la Solitaire Bompard – Le Figaro. Que ressentez-vous ?
« C’est un grand bonheur ! Je suis vraiment super content ! C’est génial ! Cela faisait déjà plusieurs éditions que je me disais qu’il fallait que j’en remporte une. La 14e est finalement la bonne et ça fait du bien car ces dernières années, je suis passé six fois sur le podium mais la victoire m’a toujours échappé. A chaque fois, ça c’est joué à peu de chose, mais toujours en ma défaveur. Cette fois, j’ai eu ce petit truc en plus qui m’a permis de concrétiser, j’ai envie de dire enfin ! Cette victoire, c’est vraiment celle d’un acharné qui réussi à force de persévérance et je suis heureux de ça, surtout que ça a vraiment été compliqué du début à la fin. Dur aussi. Dans les derniers milles, il a fallu composer avec les orages. Il y avait des éclairs dans tous les sens puis le vent a commencé à tomber pour finir par s’écrouler complètement à un mille de la ligne. Avec le courant, j’ai vraiment cru que je n’arriverais pas à la passer. J’ai eu cette hantise jusqu’au dernier moment. J’avais même mon mouillage de prêt ! »
A quel moment avez-vous commencé à y croire ?
« A environ 60-70 milles de l’arrivée. A ce moment-là, je me suis retrouvé à moins d’une longueur de Yoann (Richomme). Au début, il allait un peu plus vite que moi mais la tendance s’est inversée et je suis passé devant lui. Là, je me suis dit que la première place pouvait être au bout mais je suis resté concentré par je savais qu’il restait encore plein de coups à faire, et à faire bien. Sur cette étape, nous avons vraiment tout eu : de la brise, de la pétole, des effets de site et de courants… il y a eu des rebondissements en pagaille. Au final, les écarts vont être assez dingues. Je n’ai pas encore trop regardé dans le détail, mais ça semble incroyable. Pour l’instant, je savoure simplement ma victoire. Je la voulais absolument. Presque plus encore que la victoire au général. Je ne pouvais pas rêver mieux pour commencer la course mais je n’oublie pas que ce n’est pas fini. Il reste trois étapes. Il ne faut donc pas s’emballer d’autant que j’ai des concurrents redoutables à mes trousses, à commencer par les deux skippers Macif, Yoann et Charlie (Dalin). Quoi qu’il en soit, ce qui est pris n’est plus à prendre. »
Après votre victoire, en avril dernier, dans la Transat AG2R – La Mondiale, il semble que vous soyez sur une belle lancée…
« On dirait. Peut-être que d’avoir gagné à Saint-Barth a été un petit déclic, je ne sais pas. Peut-être aussi que d’avoir fait une pause avec le Figaro l’an passé m’a fait du bien. J’ai eu un peu de réussite sur cette étape et il en faut toujours un peu pour faire la différence. Ce qui est certain, c’est que cela m’enlève énormément de pression. Jusqu’ici, je m’en voulais vraiment de n’avoir jamais réussi à m’imposer sur une étape. Je me disais que ce n’était pas possible de continuer de passer à côté de ça. A présent, c’est fait et je vais savourer, comme je l’ai déjà dit. Je ne veux pas encore penser au classement général. Je veux aborder étape par étape, et on verra bien. »
Classement : 1. Erwan (Armor Lux) : le 22/06/2016 à 22:27:54 (HF) – 3j 9h 25mn 54sec (5.66 nœuds) ; 2. Yoann Richomme (Skipper Macif 2014) : le 22/06/2016 à 22:35:13 – 3j 9h 33mn 13sec (5.65 nœuds) ; 3. Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) : le 22/06/2016 à 22:39:43 3j – 9h 37mn 43sec (5.65 nœuds)
Victoire de Lipinski/Picault en proto, fin tragique en Série
Ian Lipinski et Sébastien Picault ont franchi la ligne de ce 31ème Mini Fastnet à 08 heures 13 minutes 08 secondes et remportent ainsi une victoire éclatante. Le vent est revenu en fin de nuit et c’est à plus de 10 noeuds que le proto « Griffon.fr » (865) a fait son entrée en baie de Douarnenez. En tête depuis le début de la régate, le coursier bleu n’a laissé à personne le soin de mener la flotte de cette victorieuse balade irlandaise.
C’est avec une banane grande comme ça que Ian Lipinski et Sébastien Picault sont arrivés avec leur « Griffon.fr » aux pontons de Tréboul.
« Pic », comme l’appellent ses potes était volubile à souhait. Généralement taiseux, le Concarnois, à l’abri de sa chevelure de Viking, a plutôt l’habitude des borborygmes ou des grognements. En ce matin d’arrivée victorieuse, il répondait avec un plaisir évident à toutes les questions. De son côté, Ian laissait la parole, avec un plaisir tout aussi évident, à son co-skipper, mais aussi ami de longue date.
Le proto « Wild Side » (753) d’Emmanuel Renaud et Nicolas d’Estais est arrivé deuxième suivi de Maxime Sallé / Ludovic Mechin.
Le podium des prototypes*
1. 865 – Ian Lipinski / Sébastien Picault – Griffon.fr – arrivé ce matin à 8h 13mn 08s, a bouclé le parcours en 3jours 13h 3mn 8s
2. 753 – Emmanuel Renaud / Nicolas d’Estais – Wild Side – arrivé à 12h 37mn 00s
3. 618 – Maxime Sallé / Ludovic Mechin – On the road again 2 – arrivé à 13h 16mn 05s
En série, un terrible coup de théâtre
Terrible ! C’est terrible ce qu’il vient d’arriver à l’équipage Tchèque du « Pogo Dancer » ! Il était en tête des Séries à l’entrée de la baie de Douarnenez, quelques milles encore à parcourir pour lever les bras au ciel et savourer une victoire arrachée de haute lutte après presque quatre jours et nuits d’un combat incessant. A terre, le drapeau Tchèque était déjà sorti, les titres des journalistes déjà trouvés, les copies prêtes à envoyer. Et puis « bim! paf ! », une sorte de crochet du sort sous le menton et c’est le KO ! Un trou sans le moindre souffle de vent, plus rien, la mer se fait glu, plus rien ne bouge. Et là, un peu plus loin, à peine quelques encablures en arrière, les voiles gonflées des adversaires qui continuent de glisser sur l’Océan. Mètre après mètre, l’avance fond comme neige au soleil ! Ils sont là, juste derrière…à côté, à toucher…ça y est, ils sont devant ! C’est plié, foutu, la victoire leur échappe, comme un nuage qui passe. C’est à pleurer, la joie change de bord, le ciel est le même, mais les bras qui se dressent ont changé de camp, et seule la victoire est jolie.

Le podium :
1. 869 – C’est Charly Fernbach et Davy Beaudart – « Le Fauffiffon Hénaff » qui l’emportent à 12h 36mn 20s,
parcours bouclé en 3jours 17h 26mn 20s
2. 887 – Pierre Chedeville et Paul Cloarec -« Blue Orange Games – Seaowl » à 12h 36mn 57s
3. 913 – Germain Kerleveo et Fred Duthil « Technique Voile » à 12h 38mn 26s
suivi de :
4. 909 – Tanguy Bouroullec et Erwan Tymen « Pogo Partners » à 12h 39mn 26s
5. 910 – Tom Dolan et François Jambou « Offshoresailing.fr » à 12h 39mn 36s
6. 902 – Clarisse Cremer et Clément Bouyssou « TBS » à 12h 40mn 56s
7. 908 – Pavel Roubal et Milan Kolacek « Pogo Dancer » à 12h 41mn 30s
Victoire d’Erwan Tabarly sur une étape d’anthologie
Très belle victoire dans cette 1e étape de la Solitaire d’Erwan Tabarly qui n’aura rien lâché et tout donné jusqu’au bout pour passer dans les dernières heures de course Yoann Richomme et Charlie Dalin, les skippers Macif malheureux qui ont animés la course de bout en bout sans pouvoir s’imposer. Ils terminent 2è et 3è du podium.
Les skippers auront tout eu toutes les conditions météos sur cette étape dont le 1er aura mis 3 jours 9h et 25mm pour en venir à bout. Une course qui aura été raccourcie privant les skippers du Tour de l’Ile de Wight bien que le vent soit revenu à la fin. Thierry Chabagny termine 4ème. Alors que le vainqueur a franchi la ligne, le dernier de la flotte est à 120 milles.
Richomme et Tabarly s’échappent
Si la flotte était encore compacte hier, elle s’est complètement étirée au passage de Wolf Rock qui aura été très sélectif en avantageant les leaders. L’écart entre le premier et les derniers est ce matin supérieur à 60 milles. Yoann Richomme premier au passage de Wolf Rock est toujours en tête avec Erwan Tabarly dans son sillage et 3 miles d’avance sur Charlie Dalin et Thierry Chabagny alors qu’un épais brouillard est tombé sur la flotte.
Il reste moins de 85 milles à parcourir.














