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Entretien avec Armel Le Cleac’h

150416- Entrainement en solo au large Lorient pour le monocoque 60 pieds IMOCA Banque Populaire VIII, Skipper, Armel Le Cléac'h. @Yvan Zedda

Toujours leader du classement à 15h, Armel Le Cléac’h à bord du Mono Banque Populaire VIII maintient une avance de 16 milles sur Vincent Riou(PRB) qui le talonne de près. Après avoir empanné le premier hier soir et dépassé Madère, le skipper attend avec impatience de retrouver les alizés pour pouvoir accélérer le rythme au fil des heures. Dans une mer peu formée, il navigue actuellement dans des vents portants, à 13,5 nœuds de vitesse. D’ici la fin d’après-midi, le vent va monter jusqu’à environ 20 nœuds, lui permettant de faire route Sud-Sud Ouest pour passer à l’Ouest des Canaries. D’ici là, il nous livre ses premières impressions sur ce début de régate.

Es-tu content de tes premiers jours de course ?
Oui, tout va bien même si sur les dernières heures Vincent Riou a réussi à me recoller un peu.
La météo est différente de ce qui était prévu au départ, il a fallu adopter une autre stratégie mais je m’en suis pas trop mal tiré. Surtout, il n’y a pas de problème technique à bord, le bateau va bien, moi aussi, c’est important pour attaquer la course. Les conditions météo du départ ont favorisé ça. A part quelques bricoles, un petit bout de scotch ou d’élastique à remettre, tout fonctionne très bien.

Le marin se porte bien ?
Les premières 48 heures ont été assez fatigantes et toniques mais depuis j’ai réussi à me reposer et à retrouver un meilleur rythme. Je fais de bonnes siestes dès que je peux et j’arrive à manger régulièrement.
Maintenant, j’ai envie de me concentrer sur la météo et la stratégie pour réfléchir à la meilleure façon d’aborder cette Zone de Convergence Inter Tropicale.

D’ailleurs, quelle stratégie envisages-tu pour la suite ?
Pour les prochains jours, ça va être un long bord vers le Pot au Noir en essayant d’éviter les dévents des îles Canaries et du cap Vert. Pour l’instant c’est un peu mou mais ça devrait s’accélérer dans les prochaines heures en touchant un alizé bien en place. Là, c’est une course de vitesse avec un bon choix de voiles à faire. Le Pot au Noir est loin mais c’est important de se placer bien à l’avance.

Quel regard portes-tu sur tes concurrents ?
Les principaux favoris sont dans le match, c’est relativement serré. Nous sommes une dizaine à naviguer à moins de 100 milles les uns des autres. Pour l’instant, il n’y a pas de passage à niveau, c’est plutôt des petits écarts. On retrouve, pas très loin, ceux avec qui je m’entraîne régulièrement à Port-La-Forêt, c’est intéressant de regarder la stratégie des autres, ça montre les choix de chacun.

Peux-tu nous décrire ce que tu vois autour de toi ?
En ce moment, il y a pas mal de nuages, un peu de soleil, j’aperçois à la jumelle Vincent Riou derrière moi, il n’est pas très loin depuis quelques heures. Je n’ai pas vu beaucoup de cargos depuis hier, pas beaucoup d’animaux marins non plus mais j’aperçois les premiers poissons volants. La température s’est réchauffée, ce n’est pas encore les températures estivales mais on va vite descendre dans le Sud. J’ai encore une petite polaire pour la nuit mais d’ici 24h, on va avoir des conditions agréables pour aller jusqu’à l’équateur.

La météo, capricieuse depuis le début de la course, oblige le skipper de la Banque de la Voile à revoir ses cartes afin de se positionner au mieux pour aborder le fameux Pot au Noir. En attendant, pour les prochaines 24 heures, un long bord l’attend où la vitesse prendra le dessus sur la stratégie.

CLASSEMENT DE 15H :
1) Armel Le Cléac’h – BANQUE POPULAIRE
2) Vincent Riou – PRB
3) Paul Meilhat – SMA
4) Jérémie Beyou – MAITRE COQ
5) Morgan Lagravière – SAFRAN

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Joli coup de Vincent Riou

Depuis le départ des Sables d’Olonne, Vincent Riou joue aux avant-postes. Au coude à coude hier avec Morgan Lagravière, Paul Meilhat, Jérémie Beyou et Sébastien Josse, le skipper de PRB a réussi un joli coup cette nuit et a pu distancer ses concurrents pour se rapprocher du tableau arrière du monocoque bleu et blanc d’Armel Le Cleac’h.
« J’ai fait une bonne nuit car j’ai bien avancé sur le reste de la flotte. Il faut en profiter. Les conditions nous étaient favorables cette nuit donc c’est là qu’il faut essayer de faire la différence » expliquait Vincent ce matin. Constamment sur les réglages, il a déclenché son empannage dans le bon timing la nuit dernière pour s’échapper plus rapidement des calmes de l’anticyclone. Depuis ce matin, il occupe la deuxième place du général et pointe son étrave à seulement 16,6 milles de Banque Populaire soit un gain de 10 milles en 24 heures et quatre places au classement.
Décalé de 5 à 7 milles des hautes pressions par rapport à ses adversaires comme Jérémie Beyou, Vincent a pu retoucher du vent plus rapidement cette nuit et surtout bien se positionner par rapport à Madère. « Dans ces zones, la punition peut tomber à 10 milles près » résume le skipper du monocoque vendéen. Jérémie Beyou, lui, est resté plus longtemps aux prises avec les vents faibles et a surtout dû faire deux empannages contre un seul pour PRB et Banque Populaire. Au final, cela lui a coûté plusieurs dizaines de milles : « La nuit n’a pas été simple. On s’est bien fait dosé avec Gitana. On est tombé dans du mou. J’ai empanné une première fois en même temps que Vincent mais lui a fait tout droit. Et nous, on a pris 20 milles… Pas très rigolo. Vincent était derrière moi et il se retrouve 20 milles devant» expliquait ce matin le skipper de Maitre Coq.
Vincent profite donc de conditions favorables à son monocoque même s’il sait que la tendance pourra s’inverser dès que les « foilers » évolueront sous des allures de reaching : « Dans les jours à venir, ce sera comme à chaque fois pendant un tour du monde, un coup ce sera pour nous, un coup pour les autres. Ce sera d’ailleurs plus pour les autres (les foilers) dans les prochains jours. J’ai été surpris de voir Banque Populaire à l’AIS ce matin. Je pensais qu’avec son avance, ce serait compliqué de revenir rapidement sur lui mais au final il n’est pas très loin. On va continuer à bien se positionner avant que l’alizé se renforce et que les foilers arrivent à aller un peu plus vite que nous. »
La course est extrêmement engagée depuis le coup d’envoi dimanche dernier. « Je n’ai pas fait une nuit complète mais j’ai dormi au total presque 3-4 heures. Cela fait du bien et ça va aider à passer une bonne journée. Ça commençait à être difficile. Comme il y a de la compétition avec tous les bateaux autour, il faut travailler pour réussir à être devant. Du coup, on ne dort pas beaucoup. J’espère que dans les jours à venir, ça va se stabiliser un peu car depuis le départ c’était assez extrême, ça ressemblait plus à une Solitaire du Figaro qu’à un Vendée Globe » décrivait-il au sortir d’une nuit récompensant les efforts investis depuis le départ.
L’heure est maintenant à la descente vers le sud bâbord amure. Le vent de nord-est est bien là et devrait prendre du coffre au fur et à mesure de la journée (15 nœuds pour Vincent en début d’après-midi). Les skippers vont devoir enchainer les manœuvres : Spi, grand gennaker, gennaker, génois… Une bonne partie de la garde-robe devrait y passer pour les prochaines heures et il va falloir réussir à trouver un peu de repos pour ne pas commettre d’erreur dans ces manœuvres éreintantes. Et surtout garder la lucidité nécessaire pour franchir le pot au noir, d’ici trois jours.

Interview de Vincent Riou ce matin :
« Le Pot au Noir est dans trois jours mais je n’ai pas encore regardé comment il se présentait. Ça va être mon travail du jour. Je vais commencer à observer sa taille, sa position, comment il se comporte mais jusqu’à présent j’avais d’autres chats à fouetter. On va à 12 – 12,5 nœuds au vent arrière, sous spi et nous sommes en train de rentrer dans le dévent de Madère. C’est un endroit qui peut être compliqué à passer puisque c’est une île très haute qui entraîne des perturbations très loin. Là je vais passer à 150 km dans son Sud- Ouest et c’est vraiment le minimum. Physiquement, ça va mieux qu’hier soir car, non seulement, nous avons bien avancé cette nuit mais en plus j’ai réussi à dormir. C’est pas mal car depuis le départ, c’était vraiment engagé ».
Classement à 15h
1- Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac’h)
2- PRB (Vincent Riou) à 16,6 nm
3- SMA (Paul Meilhat) à 27,9 nm
4- Maitre Coq (Jérémie Beyou) à 32,6 nm
5- Safran (Morgan Lagravière) à 32,8 nm

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Idec en code orange départ samedi

@ JM Liot/DPPI/IDEC

Il y aurait une fenêtre éventuellement samedi prochain. Francis Joyon et son commando repassent aujourd’hui en Code Orange dans leur stand-by en vue d’une nouvelle tentative contre le record du tour du monde à la voile, en multicoque et en équipage, le Trophée Jules Verne. Cela signifie concrètement qu’en compagnie de son routeur à terre le Néerlandais Marcel van Triest, le skipper d’IDEC SPORT envisage sous réserve, un départ à Ouessant samedi prochain 12 novembre.

La situation en Atlantique Nord, bien qu’en voie de dégradation, demeure favorable pour envisager de rallier l’Equateur en moins de 6 jours, et un temps en moins de 13 jours au Cap de Bonne espérance semble, à l’heure où nous écrivons ces lignes, envisageable. Francis Joyon et Marcel van Triest continuent d’observer l’évolution des grands systèmes météo en Atlantique et vont jour après jour affiner leurs analyses jusqu’à confirmer, ou infirmer, la possibilité d’un départ samedi.

Après être dimanche dernier 6 novembre revenu en code rouge, suite à l’entre-ouverture d’une intéressante fenêtre météo en Atlantique, toute l’équipe du maxi trimaran IDEC SPORT, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Boris Herrmann, Bernard Stamm et Clément Surtel, basculent de nouveau aujourd’hui en mode pré-départ, soit en code orange, synonyme d’un possible envol samedi pour un tour du monde. Marcel van Triest précise qu’un départ samedi prochain offrirait une intéressante configuration de navigation en Atlantique Nord, avec la possibilité de rejoindre l’équateur en moins de 6 jours, un chrono tout à fait respectable si l’on considère que la descente se fera au plein vent arrière, allure peu propice aux très grandes vitesses à bord d’un géant des mers tel IDEC SPORT. La situation en Atlantique sud, problématique la semaine dernière, semble évoluer doucement dans le sens souhaité, avec la remontée de l’anticyclone de Sainte Hélène.

Plus que jamais en alerte, bateau et avitaillement prêts, toute l’équipe d’IDEC SPORT demeure donc suspendu aux analyses pluri-journalière de Marcel et de Francis. A suivre…

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La déception de Jean-Pierre Dick

« La réalisation n’est pas bonne » C’est par cette phrase que Jean-Pierre Dick a commencé la vacation téléphonique avec son équipe ce matin. La voix est déçue, celle d’un skipper qui n’a pas fait un bon choix tactique et qui pointe à la 12ème place après avoir mené le début de la course.

Pourquoi as-tu empanné plus tard que tes concurrents directs ?
« J’ai voulu faire du décalage pour éviter le dévent sous l’île de Madère qui n’est pas évident à négocier (ndlr : le dévent peut aller jusqu’à 150 milles au large des îles). Je ne voyais pas la zone de pétole comme j’ai eu. J’ai été complètement arrêté cette nuit. Sur les fichiers, il y avait du vent plus loin c’est pour ça que j’ai progressé dans cette direction. Je suis finalement allé trop loin dans l’anticyclone. C’est plus facile à dire après qu’avant ! Au final la réalisation n’est pas bonne. »

Comment vois-tu les prochaines heures de course ? 
« Là, je navigue dans du petit temps, du vent évanescent qui s’échappe sous les nuages. Il n’y a pas encore des conditions pour lancer mon StMichel-Virbac. C’est un peu frustrant pour l’instant. Sur les fichiers il y a du vent clair, dans la réalité j’ai toujours entre 7-8 nœuds de vent, des bouffes à 10 – 12 nœuds. J’ai hâte que cela redémarre, de pouvoir accélérer vers le Pot au Noir.»

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Vers un duel Le Cleac’h Riou ?

Photo sent from the boat Edmond de Rothschild, on November 9th, 2016 - Photo Sebastien Josse Photo envoyée depuis le bateau Edmond de Rothschild le 9 Novembre 2016 - Photo Sebastien Josse

Ce début de course est intense. Parmi les skippers, il y a ceux qui sont rentrés dès le début dans le match et ceux qui rentrent en mode course progressivement.
Ce n’est une surprise pour personne de voir Armel Le Cleac’h devant. Il maîtrise parfaitement ses trajectoires et profite de son positionnement pour creuser à nouveau l’écart. Juste derrière lui, Vincent Riou (PRB) n’a rien lâché. Est ce le début d’un duel au long cours qui animera cette 8è édition ? C’est peut-être un peu tôt pour le dire parce qu’il y a encore de sacrés compétiteurs en course et ce n’est pas forcément ceux que l’on attendait dans cet ordre. Paul Meilhat (SMA) et Morgan Lagravière (Saffran) sont à 12h, 3e et 4è. Après avoir vécu chacun 2 années de préparation difficile, ce début de course les a libérés. On les sent prendre confiance dans leur bateau et dans leur choix tactique. De quoi leur faire pousser les ailes et batailler avec Sébastien Josse (Edmond de Rothschidl) et Jérémie Beyou (Maitre Coq). Ce dernier était ce matin un peu abattu d’avoir vu Vincent Riou filer devant lui.

La course est longue. Les foilers n’ont pas encore exploiter tout leur potentiel. Des surprises sont encore à prévoir. Alex Thomson et Jean-Pierre Dick le savent. Après avoir pris des options risquées il y a 48h, ils en paient un prix élevé aujourd’hui en concédant plus de 70 miles au leader.

A l’arrière de la flotte, Jean Le Cam est 7è. Une magnifique place pour son bateau Hubert et ses fans. L’expérience parle. Rien n’est joué.

Les alizés sont au rendez-vous et devraient se renforcer au fil des heures, passant d’une douzaine de nœuds à plus de vingt : il faudra donc manœuvrer pour affaler le spinnaker de plus de 400 m2 et passer sous gennaker… Et pour les foilers, sortir cet appendice pour attaquer et faire grimper les vitesses au-delà de vingt-cinq nœuds. Ces deux prochains jours s’annoncent donc de plus en plus toniques avant d’aborder le Pot-au-Noir et chaque solitaire va commencer à se pencher sur la façon d’entrer dans cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) qui peut redistribuer les cartes.
Enfin aux Sables d’Olonne, Didac Costa (One Planet-One Ocean) est reparti et va pouvoir vivre son rêve.

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Le commando Joyon est de retour !!!

// Trophée Jules-Verne ///

Le commando Joyon est de retour !!!
Pendant que ça s’excite du côté des Les Sables d’Olonne avec le Vendée Globe, les pontons de La Trinité-sur-Mer ne sont pas en reste avec le retour des Joyon’s boys ! Début du stand by du Francis Joyon – Trimaran IDEC, c’est parti !
#DeboutLesGarsRéveillezVous
#CetteFoisOnLaura
#OnChangePasUneEquipeQuiVaGagner – avec Boris Herrmann, Alex Pella, Gwenole Gahinet, Gwénolé Gahinet – navigateur, Francis Joyon – Trimaran IDEC, Bernard Stamm, Bernard STAMM, Clement Surtel, Saint-Philibert, Bretagne, France et La Trinité-sur-Mer.

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Armel au large de Madère

Photo sent from the boat Banque Populaire VIII, on November 9th, 2016 - Photo Armel Le Cleac’h Photo envoyée depuis le bateau Banque Populaire VIII le 9 Novembre 2016 - Photo Armel Le Cleac’h

Armel Le Cléac’h confirme cette nuit sa position de leader. Vincent Riou a bien anticipé et se retrouve pas très loin en deuxième position suivi par Paul Meilhat qui montre tout son talent. Les alizés sont désormais au rendez-vous avec une douzaine de nœuds de Nord-Est à Est et la grande descente vers l’équateur va accélérer le rythme…

C’est au cœur de la nuit que les solitaires se succèdent pour manœuvrer au large de Madère puisque la plupart a choisi de s’écarter de l’archipel mercredi soir afin de ne pas subir les perturbations des îles. D’ailleurs Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) qui fut le premier à enclencher l’empannage, l’a réalisé à une soixantaine de milles des reliefs volcaniques, ce qui lui permet de glisser dans une douzaine de nœuds de secteur Nord-Est.

Mais toute la flotte n’a pas fait le même choix : Pieter Hereema (No Way Back) et Enda O’Coineen (Kilcullen Voyager-Team Ireland) à 400 milles plus à l’Est continuent leur chemin avec l’intention de passer entre Madère et les Canaries… Et d’autres solitaires ont aussi changé leur fusil d’épaule lorsque la dorsale a été franchie et que la brise s’installait au secteur Nord-Est : ils ont préféré prendre du Sud plutôt que de se décaler très au large comme les leaders à l’image de Conrad Colman (Foresight Natural Energy) ou de Kojiro Shiraishi (Spirit of Yukoh).

Sous spinnaker et grand-voile haute, les conditions météorologiques sont ce jeudi matin très paisibles avec une douzaine de nœuds pour les premiers, parfois un peu moins pour le peloton et encore un peu moins pour Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) qui pointe son étrave du côté du cap Saint-Vincent. Désormais ceux qui ont empanné au large de Madère vont glisser directement vers le Pot-au-Noir situé dans le Sud des îles cap-verdiennes, en un seul bord.

Les alizés sont au rendez-vous et devraient prendre du coffre au fil des heures, passant d’une douzaine de nœuds à plus de vingt : il faudra donc manœuvrer pour affaler le spinnaker de plus de 400 m2 et passer sous gennaker… Et pour les foilers, sortir cet appendice pour attaquer et faire grimper les vitesses au-delà de vingt-cinq nœuds. Ces deux prochains jours s’annoncent donc de plus en plus toniques avant d’aborder le Pot-au-Noir et chaque solitaire va commencer à se pencher sur la façon d’entrer dans cette Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) qui peut redistribuer les cartes.

Mais d’ici là, c’est encore une grande dispersion sur le plan d’eau : Armel Le Cléac’h fut donc le premier à enclencher l’empannage vers 23h00 mercredi, suivi quelques minutes plus tard par Vincent Riou (PRB) et Paul Meilhat (SMA), puis Seb Josse (Edmond de Rothschild) et Jérémie Beyou (Maître CoQ), enfin par Morgan Lagravière (Safran), Alex Thomson (Hugo Boss) et Yann Éliès (Quéguiner-Leucémie Espoir). Tous sont à une soixantaine de milles dans le Nord-Ouest de Madère et vont chercher à s’en éloigner encore un peu avec une route Sud-Sud Ouest. Actuellement sur le 19°W, ils doivent glisser progressivement vers le 28°W pour aborder le Pot-au-Noir.

Enfin aux Sables d’Olonne, Didac Costa (One Planet-One Ocean) a désormais un bateau prêt et opérationnel après le changement de son circuit électrique et la réparation de sa connexion de ballast. L’Espagnol avait dû patienter en raison du coup de vent qui balayait le golfe de Gascogne mercredi, mais il pourrait reprendre la mer dès ce jeudi midi grâce à des conditions de mer et de vent moins rudes et une marée haute à la mi-journée. Bonne route !

Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) : « C’est une superbe nuit : pas de grain, mer plate, petite brise… La descente vers le Pot-au-Noir commence ! Je suis au large de Madère que je devrais passer vers midi. Nous sommes dans des alizés qui vont se renforcer gentiment : dans trois jours, nous sommes aux Cap-Vert. Je navigue sous grand-voile haute et spinnaker, mais on ne va pas assez vite pour mettre le foil : il va falloir que le vent rentre plus pour que je puisse l’utiliser en attaquant. Pour l’instant, il faut glisser vers le Sud mais avec dix nœuds de vent actuellement, c’est paisible et j’en profite pour me reposer. Parce qu’il va bientôt falloir manœuvrer pour changer de voile d’avant ! Passé du spi au grand gennaker, ça te donne un coup de bambou… »

Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean) : « Je suis à la latitude du cap Saint-Vincent : c’est une belle nuit. J’y vais doucement, à mon rythme : je m’occupe de mon petit bateau parce qu’il y a encore quelques petits détails de finition, des ajustages à faire. Car c’est une mobylette : je me demande ce que je vais faire quand j’aurais terminé mes petits bricolages… Pour l’instant, je suis encore dans la dorsale avec peu de vent, une dizaine de nœuds et je marche à sept nœuds dans un ciel qui se dégage : la température monte et c’est sympa. On attaque les quinze jours de rêve du Vendée Globe ! Je devrais empanner du côté de Madère et je fais ma route sans m’occuper des autres… »

Kito de Pavant (Bastide-Otio) :
« Je suis dans le sillage de Jean Le Cam et d’Alex Thomson : la nuit est magnifique, je suis sous spi et c’est vraiment sympa ! J’ai pu dormir et j’essaye de me remettre de la crève que j’ai attrapée avant de partir des Sables d’Olonne. J’attend d’être plus à l’Ouest avant d’empanner : j’ai encore la journée en tribord amure pour déborder Madère afin de me dégager de toutes les îles. Le vent varie de dix à quinze nœuds mais c’est beaucoup plus tranquille que le premier jour de mer… J’ai pu dormir trois fois une heure, ce qui n’est pas habituel ! »

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Thomas Coville dans les temps

30septembre 2015, Large Belle-Ile, entrainement Transat Jacques Vabre 2015, Trimaran SODEBO ULTIM', skipper, Thomas Coville, coskipper Jean-luc Nelias.

Thomas Coville est en avance sur le record. Si le passage de l’Equateur se profile toujours dans la nuit de vendredi à samedi, Thomas Coville et la cellule routage de Sodebo Ultim’ restent concentrés sur la suite. La traversée de l’Atlantique sud et la négociation de l’anticyclone de Sainte-Hélène sont toujours incertaines d’autant qu’une remontée exceptionnelle de glaces est observée avec de gros amas très nord vers 43 °sud à la longitude de Caught Island. Ce qui implique de ne pas aller plus bas pour éviter les growlers.

Joint cet après-midi, Thomas raconte ses premiers jours sur le record…
Chaque matin et chaque soir tu nous offres une destination de rêve à travers cette descente express dans l’Atlantique…
« Tu pars de Ouessant, le lendemain matin tu es déjà en Espagne, en soirée tu as passé le Portugal. Hier matin j’ai passé Madère, hier soir les Canaries et demain j’arrive au Cap Vert. Tu défiles toutes les îles de l’Atlantique Nord, en presque quelques heures. Ça va très très vite en vitesse mais aussi en climatologie.
Je suis parti avec mon ciré lourd, une cagoule, j’aurais presque pu supporter des gants. Six heures après, c’était ambiance espagnole. Au Portugal, j’ai enlevé une couche. Très vite, les températures ont grimpé et maintenant il fait plutôt chaud à l’intérieur du bateau.
C’est sur ce tronçon du tour du monde que le voyage est le plus rapide et le plus agréable. Ça glisse, il va faire beau pendant une semaine et ce sont les meilleures conditions de navigation. »

Beaucoup de manœuvres sur ces dernières 24h, comment te sens-tu ?
« On s’est fait un peu peur avec une dorsale anticyclonique. Il a vraiment fallu que je m’arrache physiquement pour enchaîner les empannages toutes les 2 heures pour aller chercher la bonne rotation de vent et rester dans le bon couloir avec de la pression.»

Que dire de cette fenêtre ?
« Cette fenêtre n’est pas mal du tout. Ça fait un joli trait on l’on est presque proche de la ligne droite. On devrait avoir un super temps à l’Equateur mais pour le moment je suis concentré sur la suite et notamment la position de l’anticyclone de Sainte-Hélène qui se met sur notre chemin. En même temps, il y a une remontée des glaces exceptionnelle nous contraignant à ne pas aller au-delà du 43°. J’attends donc de voir une fois sous l’Afrique du Sud comment nous aurons négocié l’anticyclone de Sainte-Hélène. »

Le plus dur ?
« Le long du Portugal où c’était très engagé. Des grains de 40-45 nœuds, il fallait tenir et gérer la surpuissance du bateau qui était impressionnante sans rien cassé. Nerveusement c’était assez dur. »

Perçois-tu les odeurs venues de la terre ?
« Non je ne sens plus rien, la seule chose qui me permet de rester connecter avec la terre c’est l’odeur du pain que je me suis surpris à renifler ce matin pour mon petit déjeuner.»

Et ton rythme de vie à bord ?
« Je n’avais pas très faim jusqu’au passage du cap Finisterre, mais ça va mieux. J’ai commencé les plats lyophilisés, je retrouve un bon rythme. De sommeil aussi. Je me sens plus frais maintenant que le matin du départ.»

Anecdote – Le requin mardi 8 novembre aux environs de 16.00
Thomas a touché un requin qui s’est enroulé sur le safran central. Il a choqué en grand pour ralentir le bateau et le requin s’est dégagé. Le skipper de Sodebo l’a vu plié en deux dans le sillage. Il faut savoir que lorsque quelque chose se prend dans les appendices, le bateau devient ingérable et dangereux. Thomas a su réagir rapidement et avoir les bons réflexes.

Dans le viseur :
Passage des Iles du Cap Vert demain midi
Passage de l’Equateur : dans la nuit de vendredi à samedi

Repères :
Départ le 6 novembre à 14 heures 49 minutes et 52 secondes
Passage du Cap Finisterre : le 7 novembre vers 6 heures
Temps à battre : 57 jours 13 heures et 34 minutes,
Soit une arrivée avant le 3 janvier 2017 à 04 heures 22 min et 57 sec.

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Ne pas se tromper

SMA, skipper Paul Meilhat (FRA) at start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendée Globe SMA, skipper Paul Meilhat (FRA) au départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne le 6 Novembre 2016 - Photo Vincent Curutchet / DPPI

La journée d’hier aura donné raison à Armel Le Cleac’h qui a fait les bons choix en continuant à l’ouest quand Jean-Pierre Dick et Alex Thomson empannaient. Il profite de son bon placement ce matin pour accélérer.
Le ralentissement dû à la dorsale anticyclonique a permis aux poursuivants de revenir sur les leaders. Paul Meilhat (SMA) a fait un sans-faute et devance ce matin Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), Vincent Riou (PRB) et Jérémie Beyou. Si Alex Thomson (Hugo Boss) semble bien isolé à l’est payant son option le long des côtes portugaises, Jean-Pierre Dick (St Michel Virbac) reste bien dans le match après avoir bien anticipé son recadrage à l’ouest.
L’objectif des leaders aujourd’hui est de choisir sa route jusqu’à Madère en profitant du vent qui va progressivement s’orienter au Nord-Ouest puis au Nord dans les heures qui viennent en approchant l’archipel de Madère.

Personne ne semble ce matin savoir de quel côté déborder les îles. Car ces reliefs volcaniques perturbent toujours le vent, en force et en direction et les solitaires savent qu’il faut prendre ses aises avec ces terres. Soit la rotation du vent au secteur Nord arrive avant midi et sous spinnaker, les leaders pourront glisser à l’extérieur, vers le large, soit la brise reste plus longtemps instable et de secteur Ouest et l’option de glisser entre Madère et les Canaries trouve de l’intérêt.

En tous cas, l’archipel s’annonce comme un carrefour avant l’empannage décisif qui déterminera la voie vers l’équateur. Tous les solitaires vont donc converger vers le même point avant de se disperser de nouveau lors de la rotation du vent vers le Nord-Est, lorsque les alizés qui soufflent sous l’anticyclone des Açores seront atteints…

Paul Meilhat (SMA) : « Il y a encore beaucoup de grains avec un vent assez instable. Mais les conditions ne sont pas désagréables même s’il faut encore manœuvrer : il ne faut pas dormir plus de dix minutes par ci par là… Nous sommes toujours dans une brise de Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds, qui va mollir quand on va traverser la dorsale en fin de matinée. Mais on s’est regroupé : je suis avec Sébastien Josse et on fait route vers Madère. La problématique est de savoir de quel côté on laisse l’archipel parce que ces îles perturbent beaucoup le vent à proximité ! Pour l’instant, on a eu des conditions rapides mais sollicitantes et je n’ai pas encore compris qu’on était parti pour le tour du monde… C’est plutôt comme une Solitaire du Figaro. Et on s’est regroupé avec la brise qui a tourné un moment au Sud-Ouest : il a fallu faire du près et Vincent Riou et Jérémie Beyou ne sont pas loin. On sera du côté de Madère sous spinnaker juste après midi. »

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On rentre dans le dur

Après deux jours de course, les concurrents du Vendée Globe Virtuel sont dorénavant plus de 371 000 et le chiffre ne cesse de progresser.
La tête de course est rapide et la concurrence farouche. Plus de 150 000 bateaux tenaient le rythme hier à l’avant de la course. Un rythme facilité par la trajectoire direct qui menait les bateaux des Sables au Cap Finistère. On rentre maintenant dans le dur avec une météo qui se complique, déjà des premiers choix à faire comme sur le réel. Chercher les Alizés à l’ouest ou longer les côtes portugaises. La tête de course a opté pour l’empannage, et on retrouve les premiers plutôt le long des côtes. Reste que l’écart entre les premiers et le 160 000 reste pour l’instant d’une centaine de milles.
L’écart devrait pourtant se creuser dans les jours qui viennent avec ceux qui auront appris rapidement à se servir de cette nouvelle version où la mise à jour des conditions de vent est quasi en temps réel. Pas simple de résister à plusieurs connexions dans la journée quand on constate son bateau mal réglé.
Notre bateau magcourseaularge continue sa descente. Hier, on s’y est cru en étant 261e au classement à quelques encablures du 2nd. Aujourd’hui, le classement est sévère : 87000e actuellement. A suivre le passage de la dorsale où il faut trouver son chemin. On a choisit de pousser vers l’ouest, c’est toujours ça de pris sur la route.

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