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Victoire de SFS pour la première journée

Tour de France à la Voile 2017, acte de Dunkerque, le 07 juillet 2017. Crédit photo : Jean-Marie LIOT / ASO

La 40e édition du Tour de France à la voile a été lancé hier à Dunkerque. Une première journée qui s’est déroulée dans des conditions légères. Le Team SFS de Sofiane Bouvet remporte le raid côtier.
Les 29 équipages en lice dans le 40ème Tour de France à la Voile ont vécu une journée d’ouverture très technique ce vendredi 7 juillet à Dunkerque. Forts courants, bancs de sable, épaves : les écueils étaient nombreux et le léger vent d’Ouest demandait aux marins de naviguer finement le long des dunes de Flandre. A ce petit jeu, c’est le Team SFS de Sofian Bouvet qui s’en est le mieux sorti, remportant le Raid Côtier au terme d’un formidable duel avec Trésors de Tahiti. Vivacar.fr CEFIM complète le podium du jour. Chez les amateurs, Homkia / Les Sables d’Olonne Agglomération occupe le haut du tableau tandis que le classement Amateurs est ce soir dominé par Toulon Provence Méditerranée.

Courant fort et vent faible pour la première journée du Tour de France à la Voile 2017 : les marins devaient avoir les nerfs solides, surtout les tacticiens ! Si les conditions estivales étaient très confortables pour les observateurs, elles l’étaient donc beaucoup moins pour les régatiers. La météo, très calme, exigeait en effet une attention de tous les instants. Il fallait prendre garde à la répartition des poids à bord, être fin à la barre et aux réglages, rester à l’affût de la moindre risée et faire les bons choix stratégiques. La moindre erreur faisait perdre de précieuses longueurs.
C’est à 12h30 qu’a été donné le coup d’envoi du premier Raid Côtier de cette 40ème édition du Tour. Les marins avaient hâte d’en découdre, certains un peu trop, à l’instar de Cheminées Poujoulat et des Espagnols de New Territories, qui ont volé le départ et ont dû franchir à nouveau la ligne. Tout un symbole, c’est le team de Dunkerque Voile, fin connaisseur des effets de site locaux, qui a pris le meilleur départ. Mais assez rapidement, trois équipages se sont détachés, et pas des moindres : Trésors de Tahiti, Team SFS et Vivacar.fr CEFIM.

Team SFS l’emporte d’un souffle devant Trésors de Tahiti et Vivacar.fr CEFIM
Puis un duel s’est mis en place en avant de la flotte. Tout au long de la régate, les Tahitiens ont mis une pression d’enfer sur les leaders de Team SFS avec Sofian Bouvet à la barre, accompagné de Noé Delpech et Achille Nebout. Tout en contrôle, ces jeunes talentueux ont su s’accrocher et résister aux assauts de leurs dauphins tahitiens, remportant brillamment ce Raid Côtier. Coup d’essai, coup de maître pour le Team SFS qui participe pour la première fois au Tour et ne cache pas ses hautes ambitions. Deuxièmes aujourd’hui, les Tahitiens emmenés par Teva Plichart entament donc de bien belle manière leur deuxième Tour de France à la Voile (ils avaient terminé 14e du premier Raid côtier en 2016). Avec une meilleure préparation et le renfort de Quentin Ponroy, cet équipage affiche une cohésion et une sérénité qui leurs permettent de viser le haut du tableau, comme le prouve leur résultat du jour. A la 3e place, on retrouve l’équipage de Vivacar.fr CEFIM qui a tout tenté pour revenir sur Trésors de Tahiti, en vain. Mais la 3e marche du podium satisfait pleinement ce team qui profite notamment de la présence à bord (jusqu’à Jullouville) de Paul Meilhat, qui a participé au dernier Vendée Globe sur SMA, et prendra part au prochain en 2020.

Fondation FDJ – Des Pieds et des Mains et Team Oman Sail dans le Top 5, les tenants du titre 9e
Si le trio de tête s’est assez rapidement dessiné, plusieurs équipages se sont battus pour les places dans le Top 5. C’est finalement l’équipage de Fondation FDJ – Des Pieds et des Mains, emmené par le double champion paralympique Damien Seguin, qui a terminé au pied du podium. Premier équipage international aujourd’hui, le team Oman Sail s’est de son côté emparé de la 5e place. Ultra dominateurs l’an dernier, les tenants du titre de Team Lorina Limonade – Golfe du Morbihan ont dû se contenter de la 9e place. Ils ont manqué leur entame, contournant la première marque à une très inhabituelle 17e place, avant d’entamer une remontée dont ils ont le secret. Même si le résultat n’est pas à la hauteur de leurs espérances, ils ont limité les dégâts.
Du côté des amateurs, le podium est composé d’Homkia / Les Sables d’Olonne Agglomération, Dunkerque Voile et Techneau. Chez les jeunes, le trio de tête est composé de Toulon Provence Méditerranée, Ville de Genève – CER 2 et Team Lorina Mojito – Golfe du Morbihan.

Demain, les 29 Diam 24 participeront à une journée d’exhibition qui ne sera pas comptabilisée dans le classement. Les équipages en profiteront pour continuer à prendre leurs marques dans le deuxième grand exercice du Tour : les fameux Stades Nautiques.

ILS ONT DIT

Réactions des trois premiers à l’arrivée :
Sofian Bouvet (Team SFS) : « Nous savions que nous étions à l’aise dans le petit temps, la victoire du jour confirme notre bon niveau de jeu. Tout s’est bien passé pour nous et le résultat final nous ravit. Avec les Tahitiens, nous avons jusqu’au bout livré un beau combat. C’est aussi grâce à eux que nous sommes restés 100 % concentrés jusqu’à la ligne d’arrivée. La course a été longue, environ 4 heures, et je faisais parfois des blagues pour détendre l’atmosphère. Maintenant, place aux régates en Stade Nautique. Nous aimons cet exercice sur des petits parcours. Mais d’autres se débrouillent aussi très bien. Affaire à suivre ! »

Teva Plichart (Trésors de Tahiti) : « Je suis très fier de mon équipage qui est resté décontracté malgré des conditions difficiles nerveusement. Nous avions une bonne communication à bord avec Quentin (Ponroy) et Pierre (Pennec). SFS a été très bon. Nous avons attaqué à fond, mais impossible de les passer ! L’an dernier, nous avions très mal commencé le Tour par manque d’entraînement et de cohésion. Aujourd’hui, on se sent à l’aise, sereins. C’est important d’être devant aujourd’hui, mais le Tour est une longue épreuve… »

Matthieu Souben (Vivacar.fr CEFIM) : « Ce matin, on aurait signé tout de suite pour cette 3e place ! C’est une belle journée pour nous qui nous met dans une dynamique positive. Nous n’avons rien à envier aux grosses équipes, même s’il reste des points à travailler. C’est notre première participation sous ces couleurs mais chacun dans l’équipe a déjà participé plusieurs fois au Tour. L’équipe est composée de personnes qui viennent d’horizons très différents mais chacun est spécialiste dans son domaine. Pour nous, l’objectif final c’est le Top 5. »

Magnifique première journée

À l’issue de cette première journée du Marseille 2017 European IRC Championship, les 500 marins ont pris un gros bain de soleil, et comme prévu les manches se sont jouées dans du petit temps avec quelques favoris qui ont laissé des plumes.

Ce matin sur les pontons, on croise du beau monde, et pas que des marins. Mickaël Boyd, le Président du RORC, le plus célèbre des clubs anglais, qui s’apprête à accueillir la 3e édition en 2018. Présence remarquée, également, de Ricardo Provini, le responsable technique de l’UVAI venu soutenir les quatre clubs (UNCL, CNTL, SNM et UNM) organisateurs de l’événement et la demi-douzaine de bateaux italiens, en quête du titre suprême, qui vient de Naples, Florence, Gènes…

Si ça s’active sur les pontons, le vent n’est pas pressé de s’installer dans les rades nord (IRC 0, 1, 2) et sud (IRC 3 et 4). Après un peu d’attente, une première manche est lancée en rade sud.

En IRC3, le Mumm 36 anglais répondant au doux nom d’Alice (ci-contre) dame le pion aux habituels cadors méditerranéens sur les trois premières manches du jour. Jin Tonic Sequel, suivi de Tip et Week-end Millionnaire se classent dans cet ordre derrière le bateau anglais sur les deux première manches, et n’arrivent pas à suivre le rythme « endiablé ».

Seul le Mumm 36 tropézien Absolutely termine devant les sujets de sa Majesté, lors de la quatrième et dernière manche du jour.

“C’est la première fois que nous naviguons en Méditerranée“, sourit James Read, équipier d’Alice“Nous sommes arrivés il y a un peu moins d’un mois, le bateau par container, pour disputer la Semaine de Porquerolles et nous sommes ravis d’être à Marseille. Je me rends compte que les bateaux sont très bien préparés et les équipages affutés. C’est du haut niveau…“

Ces premières victoires « surprise » (“C’est un bateau qui aime les conditions de vent moyen“) placent clairement les anglais au-dessus des Méditerranéens.

En rade nord, la situation est encore plus complexe. Le thermique rentre de manière très irrégulière vers 14h, et permet de lancer deux manches pour les IRC0 et une manche pour les IRC1 et 2.

Les craintes du petit matin de Mickaël Mergui (Team Vision Future) sont justifiées : « A Marseille, avec ce petit vent changeant, à 20 mètres près, tu peux te retrouver dans un flux nord ou ouest, et ça modifie complètement la donne. » Avec une première manche plutôt correcte, le bateau varois a complètement raté la deuxième. « Les conditions de vent n’étaient pas du tout  fair-play, c’était un peu la loterie … »

Une loterie qui a souri à Laurent Camprubi, le sociétaire du CNTL, qui a amené son TP52 (Alizée) à une magnifique victoire de manche. “C’est une très belle journée, je suis super content pour l’équipage, quand je vois le plateau de haute volée qu’il y a en IRC0. Nous sommes les seuls, chez les gros, à posséder un équipage complètement amateur. C’est magique de voir ces minots se défoncer, et avec une telle banane à l’arrivée…“

Les IRC1 et IRC2 disputent une seule manche, et ce sont les fins connaisseurs du plan d’eau qui tirent leur épingle du jeu. Geranium Killer avec Dimitri Deruelle et Magic Twelve de François Pailloux s’emparent de la tête du classement de leur classe.

Enfin, en IRC4, Expresso2, le Jpk 10.10 de Guy Claeys remporte deux manches et prend une place de 2e et de 3e. Saint-Tropez encore à l’honneur…

 

Les classements généraux avant jury :

IRC0 (2 courses disputées)

1/ Lorina 1895 – Benjamin Enon (Fra) – 6 pts
1/ Phoenix – Hasso Plattner (USA) – 6 pts
3/ Wallyno – Benoit de Froidmont (Bel) – 7 pts
3/ Alizée – Laurent Camprubi (Fra) – 7 pts

IRC1 (1 course disputée)

1/ Magic Twelve – François Pailloux (Fra) – 1 pt
2/ Tonnerre de Glen – Dominique Tian (Fra)
3/ Imagine – Jean-Claude André (Fra)

IRC2 (1 course disputée)

1/ Geranium Killer – Pascal Fravalo (Fra) – 1 pts
2/ Adrenaline – Michel Gendron (Fra) – 2 pts
3/ Charte du Plaisancier – Thierry Foucaud (Fra) – 3 pts

IRC3 (4 courses disputées)

1/ Alice – Simon Henning (GB) – 5 pts
2/ TIP – Gilles Pagès (Fra) – 16 pts
2/ Jin Tonic Sequel – Bernard Daurelle (Fra) – 16 pts

IRC4 (4 courses disputées)

1/ Expresso 2 – Guy Claeys (Fra ) – 7 pts
2/ Fioupelan – Frédéric Forestier (Fra) – 20 pts
3/ Old Fox – Paolo Colangelo (ITA) – 22 pts

Les prix :

Il y aura un trophée Marseille 2017 European IRC Championship, pour chaque classe, IRC 0, 1, 2, 3, 4. Le premier du classement toutes classes recevra le titre de Champion d’Europe IRC.

Le programme : 

Les trois clubs marseillais (CNTL, SNM et UNM) associés à l’UNCL sont en charge de l’organisation de l’événement sur mer et à terre. Les bateaux sont amarrés et regroupés à la Société Nautique durant l’événement. Chaque jour, le signal d’avertissement de la première course sera donné à 11h. L’heure du signal d’avertissement de la grande course sera donnée par avenant.

Vendredi 7 juillet

8h : Petit déjeuner servi sur la plateforme de la SNM
11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers
18h : Bières servies sur la plateforme de la SNM

Samedi 8 juillet

8h : Petit déjeuner servi sur la plateforme de la SNM

11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers
18h : Bières servies sur la plateforme de la SNM
20h : Soirée des équipages au CNTL

Dimanche 9 juillet

8h : Petit déjeuner servi sur la plateforme de la SNM
11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers
16h : Remise des prix au club-house du CNTL

 

L’élite de la Course au Large pour un Choc des Titans

ALors que The Bridge s’achève, un autre événement est confirmé et s’annonce comme un grand rendez-vous de 2018 mais cette fois-ci dans le sud. C’est un événement nautique majeur que la ville de Nice accueillera du 28 avril au 6 mai 2018, le plus beau et le plus grand jamais organisé pour la capitale azuréenne : NICE ULTIMED. Une régate XXL qui réunira en Méditerranée les meilleurs skippers du moment sur les plus grands voiliers de course au monde, les trimarans Ultimes, véritables géants des mers, conçus pour affoler les compteurs autour du globe. « Du jamais vu au cœur de la Méditerranée et une fantastique opportunité pour Nice de franchir une nouvelle étape dans son ambition de renforcer sa grande tradition nautique » souligne le maire de Nice, Christian Estrosi.

« Le concept innovant de cette course lui permettra d’être au contact du public sur les nombreux passages au plus près des côtes, de mettre en valeur les sites méditerranéens les plus remarquables et d’offrir au public de très nombreuses animations sur l’eau et sur terre », poursuit Christian Estrosi. « Nous bénéficions, je le rappelle, de l’expertise d’ASO qui est une référence en matière d’organisation de grands événement sportifs et qui nous accompagne dans l’organisation de Nice UltiMed à laquelle je souhaite également associer les deux clubs phares de notre ville, le Club Nautique de Nice et l’Aigle Nautique. C’est donc un événement nautique exceptionnel qui se prépare pour Nice et pour la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. »

Un format sportif inédit pour les plus grands bateaux de course au monde
C’est donc dans moins d’un an et pour la première fois au cœur de la Méditerranée, que les plus grands multicoques de course au monde seront réunis pour une confrontation au format innovant. « Le lancement de Nice UltiMed est une très bonne nouvelle ; ça sera pour nous a priori la première course de la saison et je suis très heureux de retourner naviguer en Méditerranée. » s’enthousiasme Armel Le Cléac’h, vainqueur du dernier Vendée Globe.
Afin que ces trimarans ultra-rapides puissent s’exprimer à pleine puissance dans ce bassin tout en restant au plus proche du public, NICE ULTIMED proposera un format sportif hybride de « Sprint au Large », trait d’union entre Course au Large et Stade Nautique. Entre son départ et son arrivée, jugés dans la Baie des Anges, la course offrira un parcours sublime à la rencontre de côtes méditerranéennes parmi les plus iconiques. « La raison d’être de cet évènement est de partager avec le public méditerranéen l’extraordinaire spectacle offert, tant à terre que sur l’eau, par ces bateaux dont les dimensions dépassent l’entendement : ils sont plus longs qu’un terrain de basket, plus larges qu’un terrain de hand, atteignent 35 mètres de hauteur, soit un immeuble de 10 étages, et sont propulsés par une voilure dont la surface équivaut à 2,5 courts de tennis ! » souligne Jean-Baptiste Durier, Directeur de NICE ULTIMED.

L’élite de la Course au Large pour un Choc des Titans
A course exceptionnelle, casting exceptionnel. NICE ULTIMED réunira l’élite des skippers, des hommes hors-normes. Athlètes de très haut-niveau, à la force mentale colossale et capables de résister à des conditions extrêmes, ils font partie du clan très fermé de la petite dizaine de marins aptes à défier les océans en solitaire sur ces bêtes de course géantes, aussi rapides qu’instables.
Inscrite au calendrier du Collectif Ultim, NICE ULTIMED verra s’aligner le vainqueur du dernier Vendée Globe, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire XI), le détenteur du record du Tour du Monde en solitaire, Thomas Coville (Sodebo) et Yves Le Blévec (Actual), 3ème de la dernière Transat anglaise. Le quatrième membre du Collectif Ultim, François Gabart (MACIF), décidera de sa participation à l’issue de sa tentative de record du Tour du Monde en solitaire prévue cet hiver, et du chantier de remise en état de son trimaran qui la suivra. D’autres trimarans géants sont attendus au départ, pour un casting qui s’annonce redoutable, avec notamment la participation de Francis Joyon (IDEC Sport), détenteur du Trophée Jules Verne, le record du Tour du Monde en équipage.

Et c’est en équipage, justement, que NICE ULTIMED sera disputée. Secondés par des équipiers de haut vol, les skippers pourront exploiter leurs multicoques à pleine puissance, dans un exercice radicalement différent du solitaire. « C’est intéressant d’avoir une nouvelle course en équipage au programme. Je suis attaché à cette alternance solo/équipage, et cette course offre cette possibilité d’avoir aussi un changement de lieu par rapport à l’Atlantique. Cela ouvre de nouveaux parcours et d’autres conditions de navigation parfois plus complexes et plus compliquées » ajoute Thomas Coville. Un véritable Choc des Titans en perspective.

L’imprévisible Méditerranée et l’écrin niçois comme nouvelle arène
Aussi somptueuse que piégeuse quand il s’agit d’y naviguer, la Méditerranée constitue en effet une arène d’un nouveau genre pour les Ultimes. « La Méditerranée est un terrain de jeu complexe avec de nombreux pièges météos qu’il va falloir contourner. Cet événement est aussi l’occasion de faire découvrir aux Méditerranéens notre formidable machine » commente Francis Joyon. « C’est vraiment intéressant d’aller en Méditerranée et d’y effectuer un parcours de format intermédiaire, à la limite de la régate. Cela va permettre de se confronter sur des formats très sportifs, c’est-à-dire au contact avec les autres », précise Yves Le Blévec.

« Je me réjouis du projet Nice UltiMed qui se déroulera au printemps 2018. Et ce, pour plusieurs raisons. D’une part, le Collectif Ultim a pour ambition de faire aussi naviguer ses bateaux dans le cadre d’événements dont les formats sont différents de ceux sur lesquels ils se mesurent habituellement. Ce projet répond à cette ambition. D’autre part, nous profitons insuffisamment du magnifique bassin méditerranéen. » souligne Patricia Brochard, co-Présidente de Sodebo et Présidente du Collectif Ultim.
« Je suis ravi de l’émergence d’un nouveau modèle d’événement qui inclut nos problématiques d’activation en Méditerranée en prévoyant de nombreuses opérations de Relations Publiques associées à notre participation » détaille Patrice Lafargue, Président-Directeur Général du groupe IDEC.

« La création de Nice UltiMed est la preuve, s’il faut encore le prouver, que la voile française est en avance sur son temps et toujours en quête d’innovation. Nice UltiMed est un événement extraordinaire, un mix entre compétition et exploit, qui réunit des marins hors norme et qui servira au rayonnement du bassin méditerranéen » ajoute Nicolas Hénard, Président de la Fédération Française de Voile.

Un événement de grande ampleur, dans un théâtre iconique, Nice, qui sera servi par une production télévisuelle d’envergure et un déploiement à terre original à la rencontre du public, sur la célèbre Promenade des Anglais.

Du spectacle à venir au championnat d’Europe IRC à Marseille

Annoncé au Nautic de Paris en présence des présidents des clubs de Marseille, celui de l’UNCL et du Yacht Club de France, le Championnat d’Europe IRC s’annonce spectaculaire pour cette grande première qui se tiendra à Marseille dès demain avec plus d’une cinquantaine de bateaux et une dizaine de nationalités en présence (allemand, anglais, belge, italien, espagnol, hollandais, luxembourgeois, suisse, français) réparties dans les cinq catégories de l’IRC.

“On parle beaucoup de bateaux qui volent, avec l’America ‘s Cup. Mais ceux du Marseille 2017 European IRC Championship, même s’ils restent sur l’eau, sont des bateaux magnifiques, rapides, et on trouve du très haut niveau dans les équipages !“ La constatation est de Philippe Peytou, le vice-président de la Société Nautique de Marseille.

Place forte du nautisme dans les catégories habitable, Marseille, par l’intermédiaire de ses clubs phares, le CNTL, l’UNM et la SNM, associés à l’UNCL, a obtenu l’organisation de cette deuxième édition européenne de l’IRC, la jauge principale de la voile habitable.

Nous sommes fiers d’accueillir ce grand rendez-vous de l’IRC“, se félicite Michel Lamberti, porte parole des trois clubs marseillais. L’association des clubs a joué en faveur de la sélection de notre ville. A nous, désormais, de mettre en avant nos atouts, naturels d’une part, avec cette rade extraordinaire que l’on nous envie, et techniques d’autre part, à travers notre savoir-faire pour l’organisation des régates et pour le côté festif.“

 “C’est une bonne nouvelle de constater que les forces vives de la voile habitable européenne jaugée IRC ont répondu présents, avec une vingtaine de bateaux en plus, par rapport à la première édition qui s’est déroulée en Irlande. Nous montons en puissance…“ reprend Jean-Philippe Cau, président de l’Union Nationale de la Course au Large.

Chaque catégorie va offrir des joutes de toute beauté sur les deux ronds prévus en rade nord et en rade sud.

L’IRC0 rassemble les sept bateaux amiraux de la flotte. Des unités splendides aux mains d’équipages de haut niveau, avec la présence de quatre TP52 ou assimilés (les trois français méditerranéens Team Vision Future (ci-dessus)AlizéeArobas et l’AllemandPhoenix), un Cookson 50 Italien affuté (Endlessgame), un Wally au design épuré (Wallyño) et un Swan 601 (Lorina), tous redoutables.

Principal favori, Team Vision Future, auteur d’un triplé éclatant Massilia Cup, SNIM et Semaine de Porquerolles, avec Mickaël Mergui à la barre. L’ancien Figariste reste humble. “C’est la deuxième saison que l’on navigue sur le bateau, donc on a plus d’expérience. Le groupe est quasiment le même depuis six ans, on se connaît très bien, et ça nous permet d’aller chercher les petites secondes qui font la différence…“

En IRC1, le Ker 40 Italien Cippalippa Rosa fera figure de favori, tout autant que le Ker 46 Tonnerre de Glen, auteur du doublé SNIM/Semaine de Porquerolles. “On part un peu dans l’inconnu“, affirmait pourtant il y a quelques semaines Eric Daher, le responsable du projet. Les Marseillais ont la maîtrise de leur nouveau bateau bien en main, en gros temps comme en petit temps. A suivre également Tokahoma, un tout nouveau plan Nivelt.

En IRC2, la bagarre entre les A 40 RC retiendra toute l’attention, avec Géranium Killer, et un certain Dimitri Deruelle à son bord, et aussi le luxembourgeois Vito. Deux bateaux qui se tirent la bourre depuis le début de la saison. A ne pas mésestimer Jivaro, un J 133 impressionnant sur la dernière Giraglia.

En IRC3TIP, le Sun Fast 3600, actuel leader du Championnat Méditerranée Equipages IRC-UNCL 2017 est la tête de série n°1 de ce championnat d’Europe, suivi comme son ombre par Jin Tonic Sequel, le A35 de Bernard Daurelle, vainqueur de la Giraglia dans sa catégorie. On parlera aussi espagnol, avec Tramendu, le Dehler 36 VJ de Salvaror Vieta Molina du RCN Barcelona. “Nous sommes très contents de participer à ce championnat d’Europe. Cela fait dix ans que l’on régate sur les côtes catalanes et dans les Baléares. Nous sommes une équipe mixte composée d’amis et de membres de la famille. On espère finir dans les dix premiers…“

Enfin, la classe IRC4, avec une vingtaine de concurrents, sera très ouverte. A suivre : Havana Glen (A31) actuel second du Championnat,Meltem (Dufour 34) qui possède un équipage rodé, Expresso (Jpk 10.10) qui a remporté la SNIM, la Semaine de Porquerolles en équipage, et la Giraglia en Solo, les Sun Fast 3200 comme Team Captain Nason’s et Le Grand Large.

A noter que le premier grand vainqueur de ce Championnat d’Europe, en 2016, l’Irlandais Paul Gibbons (IRC 4 – Anchor Challenge – Quarter Tonner), n’a pas pu se déplacer pour défendre son titre.

Les prix :

Il y aura un trophée Marseille 2017 European IRC Championship, pour chaque classe, IRC 0, 1, 2, 3, 4. Le premier du classement toutes classes recevra le titre de Champion d’Europe IRC.

Le programme :

Les bateaux devront être à quai, amarrés à la Société Nautique de Marseille, le 5 juillet, à 9h00 (dernier délai).

Chaque jour, le signal d’avertissement de la première course sera donné à 11h. L’heure du signal d’avertissement de la grande course sera donnée par avenant.

Les bateaux seront amarrés et regroupés à la SNM durant l’événement.

Mercredi 5 juillet

A partir de 9h jusqu’à 18 : Confirmation des inscriptions à la SNM, inspections d’équipements et contrôles de jauge et de sécurité.

18h30 : Briefing des skippers à l’UNM

19h30 : Cérémonie d’ouverture Club House de l’UNM

Jeudi 6 juillet

11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers

Vendredi 7 juillet

11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers

Samedi 8 juillet

11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers

Dimanche 9 juillet

11h : Mise à disposition en mer, parcours banane et/ou parcours côtiers

16h : Remise des prix au club-house du CNTL

Plus d’informations :

www.uncl.com

Idec et Sodebo à bon port à New York

Après l’arrivée triomphale de Macif dans The Bridge, Francis Joyon sur Idec et Thomas Coville sur Sodebo sont à leur tour arrivés à New York. Les deux maxis trimarans sont arrivés dans la nuit et en début de matinée et viennent compléter les quais du port de Brooklyn au pied du terminal où le Quenn Mary s’était amarré samedi dernier. Seul Actual est encore en course. Place désormais au repos pour les équipages qui vont pouvoir profiter de cette journée de fête nationale aux USA.

C’est sous les lumières de cette ville tentaculaire que Francis Joyon et ses quatre équipiers sont apparus peu après minuit face à Manhattan. Avec un temps de course de 8 jours 11 heures et 09 min et 3 sec, Idec s’empare de la deuxième place de The Bridge. Cet équipage de 5 marins n’a pas démérité et n’aura laissé aucune chance aux hommes de Sodebo qui n’auront jamais pu revenir sur Idec. « Francis ne nous a laissé aucune marche de manœuvre. Il avait un œil devant et derrière en nous contrôlant d’une façon parfaite »avouait Thomas Coville à son arrivée à Brooklyn.

C’est ensuite au petit matin, accompagné par un lever de soleil somptueux que Sodebo a tiré des bords dans la Hudson River, jouant avec les reflets sur les buildings et poussant même jusqu’au célèbre pont de Brooklyn. Les quelques badauds présents sur les quais et sur le pont devaient se demander d’où pouvait bien provenir ce drôle de bateau.

Avec un temps de course de 8 jours 16 heures et 18 min et 55s à une vitesse moyenne de 17,04 noeuds, Sodebo monte sur la troisième marche du podium mais avec une pensée émue suite à l’accident de Thierry Briend, évacué dès son arrivée. «  Ca n’a pas été facile cette histoire avec Thierry » commentait Thomas Coville, presque en larme a l’évocation de cette histoire. « Sinon pour la course on essaye toujours de gagner avant le début. L’épilogue tu ne le maitrises pas et on a tous l’espoir de gagner mais la fin n’est pas la même pour tous. Il y a une histoire d’homme qui se créé autour de la course et c’est magique avec cette super équipe. Si c’était à refaire je repartirai avec les mêmes, enfin si ils le veulent bien. C’était une super Transat ».

Interview de Francis Joyon :

« Globalement, on est contents. Les gars se sont bien amusés. J’ai un équipage heureux qui est toujours content de naviguer proprement, de faire des bonnes blagues. On a fait des belles manœuvres, on a vraiment fait marcher le bateau au mieux tout le temps. Au niveau de la stratégie, on a essayé de faire des routes les plus propres possibles.
J’ai trouvé très amusant d’avoir des bateaux au contact, de pouvoir faire de la stratégie par rapport à eux. J’avais fait ça du temps des trimarans ORMA, et j’ai retrouvé ça avec plaisir. On a été devant MACIF un bout de temps, puisque le deuxième jour on était encore en tête. On était assez optimistes sur les capacités du bateau dans un certain type de temps, mais il est vrai que quand ses plans porteurs ont pu le faire voler, on ne pouvait plus faire grand chose à part regarder passer cinq nœuds pus vite que nous. On a essayé de faire des stratégies et des routes différentes qui ont parfois été assez payantes. Contre les vents debout, on a forcément moins eu la sensation de vitesse au portant qu’on a pu avoir sur le tour du monde, ça nous a un peu manqué. Mais, on a découvert aussi les stratégies au près et les vitesses-cibles qu’on ne connaissait pas, on a vu les combinaisons de voilure les plus favorables.  Cela reste un bateau très complexe, et chaque fois que je navigue dessus, j’apprends énormément
»

Classement de The Bridge le lundi 3 juillet à 23h00

1 – Macif 8j 00 h et 31 min
2 – Idec 8j 11 h 9 min et 3s
3 – Sodebo 8j 16h 18 min et 55 s
4 – Actual à 353 milles de l’arrivée

Macif vainqueur de The Bridge 2017

C’est en début d’après midi lundi 3 juillet veille de fête nationale américaine que le trimaran Macif a franchi la ligne d’arrivée à New York. Au terme d’une course qui aura durée 8 jours 31 minutes et 20 secondes, François Gabart et ses équipiers remportent The Bridge, la course historique entre Saint Nazaire et New York.

Avec un peu plus de 48 heures de retard sur le géant d’acier le Queen Mary 2, Macif inscrit son nom au palmarès de cette course célébrant les 100 d’amitié entre la France et les Etats-Unis suite au débarquement des américains en 1917.

Le dernier né de cette armada des maxis trimarans mené par le talentueux skipper François Gabart aura été sur tous les coups, ne cédant que très peu de milles à ses concurrents. Une course quasi parfaite contre vents et courants et lors de la conférence de presse organisée à l’arrivée, les sourires des marins en disaient long sur le plaisir d’avoir été sur cette traversée. «  Nous somme vraiment très satisfait de cette course. Je remercie l’équipe car nous sommes tous différents avec des profils divers et l’enjeu était que justement ces différences puissent engendrer quelque chose de bien. On a eu beaucoup de plaisir à faire avancer le bateau vite et bien. Naviguer en équipage est totalement différent du solitaire. Tout va plus vite dans les manœuvres et dans les relances. Je suis fier de l’équipe sur cette course et de l’équipe en général » commentait François Gabart à son arrivée.

Dans la matinée du 4 juillet (heure française), Idec de Francis Joyon devrait rejoindre Macif au ponton à Brooklyn, suivi à la mi-journée par Sodebo de Thomas Coville. Actual, 511 milles derrière est attendu vers le 5 juillet.

Classement de The Bridge le lundi 3 juillet à 23h00

1 – Macif en 8j 31 min et 20 s

2 – Idec à 91 milles du leader

3 – Sodebo à 140 milles du leader

4 – Actual à 511 milles du leader

Philippe Bertrand et Thierry Libra sur Solenn remportent la Duo Max

Avec 37 minutes d’avance au classement général sur leur premier poursuivant, Philippe Bertrand et Thierry Libra ont gravé leur nom sur la coupe de la Duo Max 2017 sous les couleurs du CNTL, menant leur JPK 1080 Solenn devant un autre bateau du club, le Delher 38 Delos mené par Pierre et François Lacoste. Art Immobilier Construction, le JPK 1010 du Cercle Nautique de Golf-Juan skippé par Daniel Dupont et Sandrine Revil, boucle le podium de cette course hauturière destinée à faire partager leur passion du large à des régatiers aguerris et à des amateurs.

Une très belle édition
Partie de Marseille avec du vent léger en direction de Roses (Espagne) le samedi 24 juin, la flotte des 34 concurrents de la 11ème édition de la Duo Max a eu droit à un menu particulièrement “musclé” aussi varié que peuvent l’être les conditions météo en Méditerranée en ce tout début de saison estivale : du vent, parfois très fort, de la mer, on parla même de déferlantes, des grains et de la pluie, et bien entendu, l’incontournable dose de petit temps, indissociable de la notion même de course au large. Au terme des trois étapes et après avoir parcouru près de 400 milles nautiques occasionnant un certain nombre d’avaries diverses et variées, ce sont finalement 28 duos qui ont réussi à boucler la totalité du parcours et ont franchi la ligne d’arrivée mouillée dans la rade de Marseille.

Une ouverture à de nouveaux coureurs
Au-delà de l’attrait d’une course hauturière en double entre la France et l’Espagne, et de sa prise en compte pour le championnat IRC Méditerranée en double grâce à un double classement – Osiris/IRC,  la Duo Max, qui est organisée par la commission voile sportive du CNTL sous la direction de Marc Sanjuan, a également pour but de servir de porte d’entrée à des amateurs. “C’est très important pour nous” explique-t-il avec un enthousiasme qui n’a pas faibli avec le temps “Le choix de la saison et le format permettent d’attirer de nouveaux équipages qui s’essayent à la course au large et au double grâce à la Duo Max, notamment des jeunes, mais pas que, puisque nous avons également un certain nombre d’équipages intergénérationnels. Pour le Club, c’est une possibilité d’initiation irremplaçable

Départ de la course Les Sables-Horta

@ Christophe Favreau

C’est ce dimanche que la course la course les Sables – Horta est partie aidée par un vent ed 0-12nds. 19 skippers sont partis pour cette première étape de 1 270 milles à destination des Açores. Si la paire Aymeric Chappellier – Arthur Le Vaillant (AINA Enfance et Avenir) a pris le meilleur départ, le binôme Cédric de Kervenoael – Robin Marais (Transports Hesnault – Cabinet Z) a, lui, fait forte impression en passant la bouée de dégagement en tête puis en bouclant le petit parcours de dégagement mouillé en baie des Sables d’Olonne (6 milles) toujours dans la même position, après une heure de course. Reste qu’au moment de mettre franchement le cap au large, c’est le tandem Phil Sharp et Corentin Douguet (Imerys) qui s’est installé aux commandes de la flotte, affichant d’emblée son statut de favori, même si le scénario annoncé pour cette première manche risque bien de créer quelques surprises. Cela pourrait d’ailleurs bien commencer dès la nuit prochaine et demain, avec la première difficulté de l’épreuve : une dorsale plantée au beau milieu du golfe de Gascogne !

Ce matin, au moment de quitter le ponton Vendée Globe de Port Olona, si certains affichaient clairement leur impatience d’en découdre, à l’image d’Halvard Mabire et Miranda Merron  (Campagne de France), d’Alexander Krause et Antoine Carpentier (Stella Nova), de Phil Sharp et Corentin Douguet (Imerys), de Catherine Pourre et Benoît Hochard (Eärendil) ou des Espagnols Pablo Santurde del Arco et Gonzalo Botin (Tales II), tous en course pour la victoire ou, a minima, le podium, d’autres, moins expérimentés, ne cachaient pas avoir une petite boule au ventre. « C’est la première fois que je vais faire du grand large. Je ressens un truc un peu particulier. J’ai l’impression de couper un peu le cordon. C’est quelque chose qui n’est pas du tout anodin pour moi mais je suis impatient de découvrir ce qu’est la houle Atlantique », a notamment déclaré Cédric de Kervenoael (Transports Hesnault – Cabinet Z), auteur d’un début de course pour le moins tonitruant. De fait, si le duo Aymeric Chappellier – Arthur Le Vaillant (AINA Enfance et Avenir), positionné en milieu de ligne, a pris le meilleur départ, le skipper Parisien et Robin Marais ont réussi un joli coup en tricotant à terre pour remonter au près jusqu’à la bouée de dégagement qu’ils ont donc enroulé en tête devant deux pointures de la Class40 : Tales II (Pablo Santurde del Arco – Gonzalo Botin) et Stella Nova (Alexander Krause – Antoine Carpentier), respectivement deuxième et troisième à cette première marque de parcours. Autant dire que ceux qui le redoutaient déjà sur le papier pour le classement Vintage ont la confirmation qu’il s’agit là d’un client sérieux pour la victoire chez les bateaux « première génération » …et peut-être pas seulement puisque deux heures après le coup d’envoi, ce dernier jouait toujours aux avant-postes, au coude à coude avec Oman Sail de Sidney Gavignet et Fahad Al Hasni.

Une première étape très tactique
Reste que tout reste à faire sur cette première étape des Sables – Horta qui s’annonce très tactique, ainsi que l’ont confirmé tous les marins, peu avant leur départ des Sables d’Olonne. « Elle ne sera assurément pas aussi simple qu’il y paraît », a justement rappelé François Lassort, skipper de Montres Michel Herbelin. Dans un premier temps, lui et les autres vont devoir négocier au mieux le passage d’une dorsale dans le golfe de Gascogne. « Le vent devrait, en effet, commencer à mollir en milieu de nuit. Les premiers devraient être tirés d’affaire demain à la mi-journée », a expliqué Denis Hugues, le Directeur de course. C’est, de fait, ce à quoi se préparent les concurrents. « Nous allons avoir quelques heures un peu délicates, avec très peu de vent, voire pas du tout. On verra qui sort en premier de la dorsale et touche le nouveau vent avant les autres. En attendant, il va falloir être patient, c’est sûr », a indiqué Gonzalo Botin qui, en réalité, redoute surtout le passage du cap Finisterre, mardi. Et pour cause, outre le fait qu’il va sans doute falloir y affronter des conditions un peu sportives (jusqu’à 35-40 nœuds), il va surtout falloir y faire le bon choix de trajectoire pour rejoindre Horta. Deux options : contourner l’anticyclone des Açores soit par le Sud et rallonger la route avec un peu plus de pression, soit par le Nord avec une trajectoire plus directe, mais avec le risque de tomber dans la molle à proximité du centre de la zone fermée de hautes pressions. « Pour l’heure, la météo n’est pas très stable. Le déplacement de l’anticyclone reste très incertain. C’est difficile de prévoir les choses et de faire des plans sur la comète », a commenté, pour sa part, Phil Sharp (Imerys) qui se réjouit néanmoins du match à venir, tout comme Sidney Gavignet (Oman Sail). « Il va y avoir des choix importants à faire et une multitude de petites choses à jouer jusqu’à l’arrivée. On va bien s’amuser ! », a assuré le skipper. On n’en doute pas !

Ils ont dit :
Phil Sharp, skipper d’Imerys : « Cette première étape s’annonce très tactique. Dans un premier temps, l’idée sera d’arriver le plus vite possible au cap Finisterre. Là, nous aurons sans doute beaucoup de vent. Nos priorités seront de naviguer proprement et de réussir à prendre la bonne route pour rejoindre les Açores car il va falloir choisir entre une option Nord et une option Sud. Pour l’heure, la météo n’est pas très stable et c’est difficile de prévoir les choses. Il va falloir être dessus tout le temps. Après The Transat bakerly que j’ai fait l’année dernière, je sais qu’une prévision n’est qu’une prévision, et que les choses peuvent bouger très vite. Corentin et moi espérons faire une bonne première étape pour arriver au Peter Café les premiers ! (Rires) Plus sérieusement, nous partons pour gagner mais la concurrence est coriace, à commencer par les Espagnols de Tales II qui vont aller vite, c’est sûr. Il y a aussi le tout nouveau AINA Enfance et Avenir puis Oman Sail qui vont être intéressants à observer. »

Gonzalo Botin, co-skipper de Tales II : « Comme à chaque départ de course, on est super content de partir en mer et on a envie d’aller jouer avec les copains. La première nuit va sans doute être un peu délicate. Je pense qu’on n’aura pas trop de vent, voire pas de vent du tout. On verra qui sort en premier de la dorsale et touche le nouveau vent avant les autres. Il va falloir être patient, c’est sûr. Le passage du cap Finisterre sera intéressant également parce qu’il y aura de l’air. A ce moment-là, on risque vraiment de voir des différences entre les bateaux parce qu’il y aura des gens prudents et d’autres qui pousseront plus fort. Selon moi, c’est surtout là que les premiers écarts risquent de se créer au sein de la flotte. Cela étant, je pense qu’entre les premiers ça va rester très serré et qu’il va y avoir du match jusqu’à la fin. Pablo (Santurde) et moi, nous partons avec l’objectif de finir sur le podium, mais aussi et surtout celui de finir la course parce que lors de nos deux précédentes participations, nous avons abandonné pour différentes raisons. »

Catherine Pourre, skipper de Eärendil : « Globalement, ça s’annonce assez confortable. Nous allons toutefois commencer par traverser une petite dorsale. Le petit temps est une des choses que je crains le plus car il ne permet pas de se reposer. Il faut être dessus tout le temps. C’est aussi dur psychologiquement, surtout quand parfois tu vois des bateaux à 100 mètres de toi qui avancent pour une raison totalement inconnue et que toi, tu es littéralement scotché. L’autre gros sujet de cette première étape sera l’approche du cap Finisterre surtout que la météo est un peu particulière, avec des petites dépressions qui sont en train de se former et qui pourraient bien perturber la fin de parcours. Il faudra donc être bien inspiré ou avoir un gros coup de bol pour attaquer la suite par le bon côté : soit le Nord, soit le Sud. L’arrivée sera, elle aussi un bon dossier, avec, traditionnellement, très peu de vent. Lors de mes deux précédentes participations à la course, je suis passée par le canal Saint-Georges. La première fois, ça m’a bien réussi, la deuxième, nettement moins. Cette première étape va donc être assez tactique et c’est tant mieux ! »

Sidney Gavignet, skipper d’Oman Sail : « Pour nous qui avons beaucoup de points d’interrogation concernant le bateau techniquement parlant, c’est bien de commencer la course en douceur. Ceci dit, ça va sans doute partir relativement vite puisque les premiers mille vont se faire avec entre 12 et 15 nœuds, au reaching. C’est la nuit prochaine que ça va devenir plus délicat avec un passage de dorsale, et donc du petit temps. Je pense que ce sera un premier point assez crucial de la course, car il y a des bateaux qui vont très fort dans le petit temps et d’autres nettement moins. Ceux qui arriveront à sortir de la dorsale en premiers auront forcément un avantage pour la suite. Après le cap Finisterre, il y aura manifestement une grande phase de reaching. A partir de là, c’est essentiellement la puissance qui va jouer même s’il va y avoir un choix important à faire en termes de tactique. Ça va être assez sympa, avec plein de petites choses à jouer. »

Jean-Luc Schoch, co-skipper d’Esprit Scout : « Pour les premiers milles, on devrait avoir un peu de vent et surtout, retrouver le soleil. Ça devrait donc bien se passer. On a toutefois un point à surveiller au cap Finisterre où il devrait y avoir pas mal de vent. Après, il faudra faire un peu de nav’ pour choisir le bon côté de l’anticyclone pour descendre jusqu’aux Açores. On verra mais je suis sûr que ça va être sympa. Pour moi, cette Les Sables -Horta est une grosse bulle d’oxygène car je fais ça en amateur, sur mes vacances. C’est un gros moment d’évasion. Pour le résultat, nous essayerons évidemment de faire au mieux mais nous ne sommes pas en position de gagner quoi que ce soit. Nous sommes là pour nous faire plaisir avant tout. De plus, en ce qui me concerne, ça va être ma première fois aux Açores. Ça va être la découverte et je suis super content ! »
François Lassort, skipper de Montres Michel Herbelin : « On est dans les starting-blocks. Tout est prêt. C’est même la première fois que le bateau est prêt 24 heures avant le départ. La bonne chose, c’est qu’on a pu se reposer hier. On aimerait un petit rayon de soleil, mais on va aller le chercher en mer ! (Rires) Nous sommes super contents de ce qui nous attend pour cette première étape, même si elle risque de ne pas être aussi simple qu’il y parait. L’arrivée, notamment, me semble assez compliquée. Bref, on verra, mais le match est ouvert. Avant tout, on veut se faire plaisir. C’est toujours la petite blagounette de dire qu’on veut gagner le classement Vintage, mais c’est sympa. Nous, on ne lâchera rien pour essayer de finir premier bateau « ancienne génération », ça c’est sûr !
»

Aymeric Chappellier, skipper d’AINA Enfance et Avenir : « Le fait de pouvoir prendre le départ est une vraie libération pour nous. Je pense malgré tout que nous n’allons pas faire la même course que les autres parce que nous allons beaucoup bricoler. La bonne nouvelle c’est que les conditions vont être assez clémentes pour ça au début, avec une petite traversée de dorsale dans la nuit et demain. Ainsi, nous aurons le temps de nous reposer et de nous organiser. L’objectif n’est pas du tout d’aller cherche un résultat sportif sur cette course, mais de prendre un peu le bateau en main, de trouver les bonnes manettes et d’évaluer un peu la concurrence. Nous partons vraiment sans pression. Comme je l’ai dit, la première victoire pour nous, c’est d’être là, seulement quinze jours après la mise à l’eau du bateau. Nous sommes, par ailleurs, fiers de porter les valeurs de l’association AINA Enfance et Avenir, de permettre aux partenaires et à leurs collaborateurs de découvrir le bateau, puis de lancer l’aventure ».
Antoine Carpentier, co-skipper de Stella Nova : « Nous sommes évidemment contents de partir. On a hâte d’en découdre avec les autres. On est prêt. Le bateau aussi. Il est assez polyvalent, du coup que ce soit mou ou venté, ça devrait bien se passer. Ce que l’on redoute, c’est simplement de finir dans la molle et que les cartes soient rebattues à dix milles de la ligne d’arrivée. On verra bien. Pour l’instant c’est encore loin. On va déjà se concentrer sur le départ, qui devrait être assez mou, et faire en sorte de prendre le bon wagon
».

Jean Galfione, skipper de Serenis Consulting
: « On est prêt et content de partir avec des conditions clémentes qui vont nous éviter de nous retrouver dans le rouge d’entrée de jeu. Jean-Christophe et moi allons pouvoir échanger tranquillement et ainsi aborder sereinement la première difficulté du parcours, en l’occurrence une dorsale plantée au milieu du golfe de Gascogne dans laquelle il faudra éviter de rester englué trop longtemps. Après, il faudra se méfier du passage du cap Finisterre où il devrait y avoir pas mal d’air. A priori, le plus fort n’est pas sur notre route mais si c’est le cas, il faudra être capable de lever le pied. L’avantage, c’est que nous serons alors au portant. Je ne m’inquiète donc pas trop, même si, dans le vent fort et à cette allure, nos concurrents directs marchent très fort. Nous avons un bateau polyvalent et les moyens de jouer. Evidemment, il faudra faire les bons choix tactiques, surtout que deux options très différentes vont s’ouvrir à la sortie du golfe de Gascogne : une au nord et l’autre au sud. Les objectifs ? L’important, ce sera déjà de finir, d’éviter les bêtises et les incidents à bord. Sur un plan plus général, j’espère de prendre du plaisir et là, les conditions devraient le permettre. En termes de résultat, si j’arrive à accrocher une place dans le Top 5, je serais content car tous les très bons bateaux de la Class40 sont présents. Il va falloir être bon ! »

Cédric de Kervenoael, skipper de Transports Hesnault – Cabinet Z
: « On est impatient de partir. A titre personnel, c’est la première fois que je vais faire du grand large, donc je ressens un truc un peu particulier. De fait, c’est assez différent, dans mon esprit en tous les cas, d’aller aux Açores ou d’aller en mer d’Irlande par exemple. Là, j’ai le sentiment de couper un peu le cordon. Comme je ne suis pas un professionnel, je suis assez content de le faire avec Robin (Marais) car cette histoire n’est clairement pas anodine pour moi. J’espère que ça va bien se passer. Il y a logiquement un petit pincement au cœur en quittant le ponton mais j’ai envie de faire cette course. Après avoir passé des années et des années à tourner autour de trois bouées, j’ai envie d’aller voir ce qu’est la houle Atlantique ! »

Déboires et derniers milles dans The Bridge

La dureté de l’Atlantique s’est rappelée au bon souvenir d’un équipage sur la course de The Bridge. Si pour Macif cette journée de lundi sonne comme une délivrance, pour Sodebo en revanche la fin de course est plus difficile. Entre la perte d’un safran et la blessure à la tête de Thierry Briend la tâche s’annonce difficile pour rattraper Idec, toujours deuxième à une centaine de milles devant.

 Lors d’un point presse organisé hier soir à New York, Bernard Duval, directeur de course de The Bridge, faisait état de l’accident survenu à Thierry Briend alors à la barre de Sodebo. Une vague plus forte que les autres a secoué le triamran et désarçonné le barreur qui lors de sa chute a violemment heurté le bateau. Thierry, inconscient sur le coup, est hors de danger et le diagnostic réalisé par les membres de l’équipage sous la direction du docteur Jean Yves Chauve n’a pas nécessité d’évacuation. Sodebo est toujours en course et Thierry Briend est au repos forcé avec une minerve et sous la surveillance constante de Jean Luc Nélias.

Sodebo était à 07h00 (heure de Paris) à 358 milles de l’arrivée et continue de naviguer à bonne allure malgré la perte d’une partie d’un de ses safrans suite à une collision avec un thon. Un handicap certain pour Sodebo qui concède des milles à Idec. Avec 88 milles d’avance sur Sodebo, Idec continue sa très belle progression et pointe ce matin à 269 milles de New York.

« Il va nous être difficile de revenir sur lui (Ndr, Macif), à moins d’un grand coup de tampon à l’arrivée sur New York, un scénario possible qui verrait un regroupement pour un nouveau départ vers le pont de Verrazano et l’arrivée. Nous allons de surcroît devoir beaucoup manœuvrer, et tirer des petits bords pour gagner un peu dans le sud, tout en modifiant le plan de voilure en conséquence, prises de ris, réduction des voiles d’avant… Nous avons été accompagnés hier par un très grand nombre de dauphins. Nous n’avons pas vu de grands cétacés et c’est très bien ainsi. Notre dérive vibre un peu, et j’ai tenu à maintenir cette petite vibration qui agit un peu comme un avertisseur de notre arrivée pour les baleines endormies entre deux eaux sur notre route » commentait Francis Joyon.

De son côté, Francois Gabart et ses équipiers de Macif continuent leur course et devraient en toute logique terminer cette traversée de The Bridge en grand vainqueur. Avec 152 milles (position à 07H00) à parcourir jusqu’au pont de Verrazano, l’ETA du trimaran se situe en début de soirée, lundi 3 juillet, soit environ 60 heures après le Queen Mary 2. Une très belle navigation mais il est certain que si les vents avaient été mieux orientés et plus soutenus la compétition entre le paquebot transatlantique et les maxis trimarans aurait été beaucoup plus serrée. Les conditions finales sur le parcours vont une nouvelle fois contraindre Macif à quelques manœuvres le tout dans un vent léger et instable en direction.

567 milles derrière Macif, Actual continue de naviguer dans un vent plus fort que ses adversaires mais toujours au près. Une situation qui devrait perdurer au moins 24 heures.

Classement de The Bridge le dimanche 3 juillet à 07h00

1 – Macif à 152 milles de l’arrivée

2 – Idec à 118 milles du leader

3 – Sodebo à 206 milles du leader

4 – Actual à 567 milles du leader

 

Le Queen Mary 2 à bon port à New York.

Il fallait être très matinal samedi matin pour admirer une nouvelle fois un spectacle unique que seul The Bridge est capable de fournir. Après un petit tour au pied de Manhattan et de la statue de la liberté, le Queen  Mary est venu s’amarrer dans le port de Brooklyn mettant un terme à sa traversée historique. Pendant ce temps les 4 cavaliers océaniques continuaient leur chevauché sur un parcours toujours chaotique.

Au tout petit matin, alors que les premières lueurs du soleil viennent à peine caresser l’horizon, le Queen Mary 2 franchissait symboliquement le pont Verrazano. Le spectacle qui allait suivre allait laisser sans voix l’ensemble des 2000 passagers présents sur le pont. Si la pluie avait un moment était annoncée c’est sous un soleil étincelant que la manœuvre du commandant Christopher Wells au pied des tours de Manhattan a ravi les passagers. Il n’en fallait pas plus pour achever ce voyage mais c’était sans compter sur la bonne étoile de Damien Grimont, organisateur et créateur de The Bridge. Un arc en ciel, un bateau à pompe au pied de la statue de la liberté, la chorale sur le pont arrière, l’émotion palpable, le ballet d’hélicoptères, le direct sur CNN et le concert de corne de brume au passage d’un autre paquebot tels étaient les cerises sur ce gâteau déjà bien chargé.

« Les gens qui ont eu la chance de vivre cette aventure on vécu quelque chose d’exceptionnel. Ca a été crescendo. Il s’est passé un truc. Découvrir 2000 personnes heureuses en même temps c’est rare. Les gens me tombaient dans les bras, ils ont vécu la semaine de leur vie. C’est le meilleur retour que je puisse avoir pour The Bridge. On a allumé une pile humaine avec toutes ces connexions. Ce qui a été aussi très important c’est la réconciliation des habitants de Saint-Nazaire avec le Queen Mary. C’était très important et je suis heureux de ce retour réussi. L’humain a réconcilié le bateau. La suite a été incroyable avec des émotions uniques et cette arrivée à New York restera gravée à jamais dans l’esprit des gens. On a fait des Bridges constamment sur cette aventure ; entre les marins qui découvrent le basket ou des concerts à bord, des jeunes qui touchent les trimarans pour la première fois, les exemples ne manquent pas  » nous confiait Damien à bord du Queen Mary quelques minutes après l’arrivée à quai.

Du coté de la course si Macif continue sa course en tête, Idec a réussi à contenir la remontée de Sodebo et retrouve un peu de marge à 718 milles de l’arrivée. Légèrement plus sud qu’Idec, Sodebo dispose pour l’heure d’un ange d’attaque légèrement plus ouvert pour les prochaines heures et l’arrivée d’un front devrait permettre de retrouver de bonnes moyennes au moins pour une petite journée. Actual est quant à lui toujours sous la zone des glaces et évolue 10 nœuds moins vite que Macif sur les dernières 24h.

 

Classement de The Bridge le dimanche 2 juillet à 04h00

1 – Macif à 650 milles de l’arrivée

2 – Idec à 69 milles du leader

3 – Sodebo à 137 milles du leader

4 – Actual à 492 milles du leader

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