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Vendée Globe. Damien Seguin : « Les grandes émotions seront quand même là au départ ! »

Damien Seguin
Le skipper francais Damien Seguin s'entrainant sur l'imoca Groupe APICIL pour le Vendée Globe 2020. (Photo Jean-Louis CARLI)

Le skipper de Groupe APICIL sera le premier skipper handisport à s’élancer sur ce tour du monde, sans escale et sans assistance. Le triple médaillé paralympique s’est confiné en compagnie de sa femme, de son préparateur mental et physique et d’un ami. A deux jours du départ, Damien confie commencer à ressentir la pression, mais poursuit sa préparation sereinement. Etude de la météo, sport, sollicitations médias, conférence en visio avec son équipe … les journées du skipper s’enchainent à un rythme effréné. Entretien avec le skipper de Groupe APICIL.

Damien, comment te sens-tu à deux jours du départ ?

« La pression commence à monter doucement mais le stress pas plus que ça… En même temps comme je suis coupé du village, je me rends moins compte. J’ai l’impression d’être assez zen. On fait tout en tous cas pour que je le sois ici dans la maison où je suis confiné. Le fait d’être avec mon préparateur physique et mental, Tifenn et Matthieu (un ami) aide beaucoup. L’idée était d’avoir une ambiance sympathique et studieuse car il y a pas mal de boulot à faire que ce soit au niveau de la météo ou même de la préparation physique. Tout ceci se fait dans la bonne humeur. J’ai l’encadrement que je souhaitais avoir. C’est vrai que ce confinement c’est quelque chose que nous n’avons pas l’habitude de gérer donc on essaie de le faire au mieux. Cela aura au moins l’avantage de me permettre de partir reposer, en pleine forme, avec une bonne idée de la météo. »

Comment vis-tu ce départ à huis clos ?

« C’est vrai qu’il y a un peu de regrets sur ce départ à huis clos car j’ai vu les deux dernières éditions partir. Que ce soit la descente du chenal ou sur l’eau sur la zone de départ, ce sont des moments assez uniques. Ça va être différent cette année mais je ne suis pas sûr qu’il y ait moins d’émotion car il y aura quand même un petit peu de public avec les personnes qui me sont proches, mon équipe et mes partenaires. Ce sera plus intime mais les grandes émotions seront là aussi. Et puis, quoi qu’on en dise, ça reste un départ de tour du monde. Ce n’est pas rien ! »

Quelles vont être les conditions du départ ?

« Le départ s’annonce cool ce qui n’est pas mal, mais après ça se complique très vite. Nous allons avoir une première semaine pas simple à gérer car il y a une grosse dépression qui va s’installer dans l’ouest. Du coup, le contournement de l’Espagne et du Portugal se fera dans des conditions un peu atypiques car nous n’avons pas l’habitude de le faire avec des dépressions. Il faudra s’adapter et c’est un avant-goût de ce que nous pourrons avoir un peu plus sud. »





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Trophée Jules Verne: Gitana officiellement en stand-by dans l’attente d’une fenêtre

le Maxi Edmond de Rothschild et son équipage
le Maxi Edmond de Rothschild et son équipage © E.Stichelbaut / polaRYSE / GITANA S.A

Le Maxi Edmond de Rothschild et son équipage sont officiellement en stand-by pour leur première tentative sur le Trophée Jules Verne. Amarré à Lorient, son port d’attache, le géant de 32 mètres est prêt à s’élancer sur les 22 000 milles nautiques théoriques du mythique record du tour du monde à la voile. Avec leur routeur Marcel van Triest, le duo de skippers de Gitana 17, scrutent la météo à la recherche de la fenêtre, entendez par là le bon créneau de départ. Le projet est ambitieux, à la hauteur du record actuel de 40 jours 23 heures et 30 minutes détenu par Idec Sport depuis 2017, et par conséquent l’équipe aux cinq flèches s’est donné le temps et les moyens de soigner cette fameuse rampe de lancement atlantique.

Depuis bientôt une semaine, Marcel van Triest, Franck Cammas et Charles Caudrelier analysent quotidiennement les fichiers météos des différents modèles (européen et américain) en espérant se voir dessiner sur ces derniers la fenêtre idéale leur permettant de s’élancer sur le Trophée Jules Verne. « Nous faisons chacun notre propre analyse et puis nous échangeons le matin pour comparer nos points de vue et décider du code du jour que nous communiquons à l’équipage et au team », confiait Franck Cammas.

« Dans le cahier des charges il y a bien sûr la météo de départ qui est capitale dans notre choix ou non de déclencher un départ mais nous cherchons au-delà avec un scénario jusqu’au cap des aiguilles (cf : cap d’Afrique du Sud qui marque l’entrée dans l’Océan Indien). Donc nous devons nous projeter aussi jusqu’à la fin de l’Atlantique Sud, ce qui nous engage à des prévisions à une dizaine de jours » Marcel van Triest

le routeur du Maxi Edmond de Rothschild, avant de détailler la situation actuelle : « La semaine dernière, nous avons étudié très sérieusement une fenêtre qui consistait à partir de Ouessant lundi (le 2 novembre) après le passage d’un front. Et même si les temps annoncés à l’équateur et en Afrique du Sud étaient vraiment engageants, nous y avons renoncé car les conditions de départ étaient engagées – au près dans 6 m de creux pour rejoindre la ligne de départ – et suite à une dégradation progressive de cette option. Actuellement, il y a une dépression stationnaire au large de Gibraltar. Ce phénomène très lent remonte au large de la péninsule ibérique et devrait s’évacuer par les îles britanniques dans les prochains jours. Mais il crée une situation de blocage sur notre route car il a pour conséquence directe une rupture des alizés dans l’Atlantique Est. Cette première option, que nous avons accepté de laisser passer, n’était pas une fenêtre de début de stand-by mais plutôt une fenêtre de janvier… La probabilité d’accrocher la bonne dépression dans l’Atlantique Sud était de 25 % et dans ce cas le demi-tour est long et peut te coûter cher si tu laisses filer entre temps d’autres belles opportunités. »

Le Gitana Team est pour l’heure en code noir et sa cellule météo estime qu’il n’y pas d’opportunités de départ dans les prochains jours, comme nous l’expliquait le routeur : « Pour que le chemin s’ouvre à nouveau, il faut attendre que la perturbation évoquée s’évacue, ce qui permettra à l’Anticyclone des Açores de se rétablir et aux alizés de se réinstaller au niveau des Canaries. » Patience donc !

Pendant la période de stand-by du Maxi Edmond de Rothschild, que l’équipe aux cinq flèches a fixé du 1er novembre aux premiers jours de février 2021, l’annonce des changements de situation et d’un éventuel départ du bateau se fait via un système de codes couleurs dont voici la signification :

Code noir : pas de départ possible avant 96h
Code rouge : observation d’un départ possible entre 72 et 96h
Code orange : observation d’un départ possible entre 48 et 72h
Code jaune : départ probable entre 24 et 48h
Code vert : départ dans les 24h

« Chaque code correspond à une séquence météo mais aussi à une action qui doit être menée par l’équipe. La majorité des éléments est à bord mais il nous reste encore quelques détails. Par exemple dans ce timing, il nous faudra charger l’avitaillement des 40 jours et les sacs des navigants. La crise sanitaire que nous traversons ajoute également quelques étapes. L’ensemble de l’équipe et plus particulièrement les six navigants seront testés dans le laps de temps que nous offre notre système de codes afin de partir sereinement et avec des garanties », précisait Cyril Dardashti, le directeur du Gitana Team.

Garder le contact

Cette période d’attente de la fenêtre idéale n’est jamais facile à négocier que ce soit pour l’équipage, dont le quotidien peut basculer du jour au lendemain, ou pour l’équipe technique. Afin de traverser ce stand-by du mieux possible, marins et team ont instauré une forme de routine : sport quotidien, analyse météo, sortie d’entraînement hebdomadaire et vérifications d’usage. « Pour garder le contact avec le bateau, nous y venons tous les jours. Cela nous permet aussi de revoir des détails, surtout d’ergonomie ou d’organisation à bord, et d’y apporter des ajustements si besoin. Mais surtout nous avons souhaité instaurer une navigation par semaine ou au maximum tous les 10 jours, selon la météo, pour ne pas nous retrouver à nous élancer autour du monde après une trop longue coupure de sensations au large », expliquait Charles Caudrelier.

Dimanche, les trente-trois solitaires du Vendée Globe ouvriront le bal des circumnavigations 2020-2021 en quittant les Sables d’Olonne. Gageons que les images de ces marins larguant les amarres ne manqueront pas d’attiser l’envie de notre duo de skippers, déjà bien impatient de guider le Maxi Edmond de Rothschild sur son premier tour du monde, le premier d’un maxi-trimaran volant !

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Vendée Globe. Jérémie Beyou, l’adrénaline commence à monter

Jeremie Beyou
le skipper francais Jeremie Beyou s'entrainant pour le Vendee Globe. (Photo Gauthier LEBEC / Charal Sailing Team)

Jérémie Beyou avec son IMOCA Charal reste le grand favori de ce Vendée Globe même si son statut est contesté par Charlie Dalin, Alex Thomson ou Thomas Ruyant.

Depuis le week-end dernier, Jérémie Beyou passe deux heures quotidiennes en visio pour évoquer la situation météo, en compagnie de Marcel Van Triest, spécialiste reconnu du routage, Bertrand Pacé, coach navigation et voiles, qui l’accompagne depuis deux ans, Christopher Pratt, son skipper remplaçant, et Nicolas Andrieu, responsable de la performance au sein du Charal Sailing Team. Ces séances sont complétées par celles, collectives, assurées par Jean-Yves Bernot pour le pôle Finistère course au large de Port-la-Forêt. « Il y a de la matière grise réunie, mais je pense que ce n’est pas un luxe vu la situation qui nous attend », sourit Jérémie.

Effectivement, la météo qui attend les 33 skippers à partir de dimanche leur promet pas mal de nœuds dans le cerveau :
« On n’est pas sur une situation très classique, ça risque d’être assez lent et complexe, a priori, ce n’est pas l’autoroute », confirme Jérémie. Dans le détail, ça donne quoi ? « On devrait partir dans du vent medium d’une quinzaine de nœuds de secteur sud, plutôt maniable, ce qui va nous permettre de se dégager rapidement des côtes pour progresser vers l’ouest à la recherche d’une baisse de pression qui remonte du Portugal. Ce passage de front au près, assez sport, est prévu pour lundi au petit matin, il y aura ensuite au moins une autre zone de basses pressions à gérer, mais c’est moins calé. Et ce qui se passe en-dessous l’est encore moins, parce qu’il n’y a pas d’alizé. »

« Stratégiquement, il va rapidement y avoir un choix à faire entre continuer à gagner dans l’ouest ou piquer au sud. Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment d’indices en faveur d’une route ou d’une autre. J’espère que ça va s’éclaircir dimanche matin, sinon, il faudra choisir sur l’eau dans la journée de lundi. »

Avant cela, il y aura un départ à gérer, particulier à terre, avec un départ du ponton à huis clos, mais aussi en mer, avec une flotte record sur l’eau. « Je pense que lors de la descente du chenal, il y aura quand même des gens sur les balcons pour faire un peu de bruit, c’est plus sur le ponton que ça risque d’être un peu triste, car personne n’est autorisé à venir avec nous, regrette Jérémie. Ensuite, le départ reste une préoccupation, on n’a jamais fait ça à 33, certains n’ont même jamais pris un départ en solo en IMOCA. Depuis quelques courses, j’ai ma routine, avec une démarche un peu agressive, j’entends continuer dans cette voie là, mais j’essaierai de prendre de la marge. ».

A deux jours du départ, le skipper de Charal est partagé entre plusieurs sentiments :

« Il y a un peu tout qui se mélange : l’appréhension d’avoir oublié quelque chose, l’impression de ne pas avoir eu assez de temps, alors que je sais que nous avons tout mis en œuvre pour être prêts le jour J, et la hâte de partir. » Le skipper est fin prêt, le bateau aussi, ne reste que les produits frais à embarquer : salade composée, quiches lorraines et plat de lasagnes pour les 48 heures initiales, fruits (kiwis, bananes, pamplemousses) pour la première semaine, histoire d’accompagner les bons petits plats Charal que lui a concoctés son partenaire. Le tout entrecoupé de son péché mignon : les pétales de bœuf séché. Quand la performance passe aussi par le plaisir gustatif…

Un protocole strict

Le confinement annoncé la semaine dernière par Emmanuel Macron a conduit tous les participants à s’adapter à la nouvelle donne, ce que confirme Vincent Beyou, qui dirige le Charal Sailing Team : « Le nouveau protocole de départ nous a contraints à revoir tout le dispositif, dans la mesure où nous ne pouvons plus avoir d’invités. Nous n’aurons que deux semi-rigides affectés à la sécurité du bateau, la répartition a été complexe parce qu’un des deux ne doit comporter que des personnes confinées : si Jérémie a un problème après le départ, il ne faut pas casser la bulle sanitaire. » Jérémie Beyou et le « groupe skipper » (6 personnes maximum, confinés depuis le 1er novembre) arriveront au village au plus tard à 7h51 dimanche, il répondra aux médias pendant 15 minutes, avant de rejoindre le ponton de Port Olona, d’où l’IMOCA Charal sera le cinquième bateau à appareiller, à 8h31.

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Vendée Globe. Une casquette de protection en carton pour Sébastien Destremau

Casquette en carton sur l'IMOCA Merci de Sébastien Destremau Photo : JeanMarieLiot

A quelques heures du départ du Vendée Globe, Sébastien Destremau a décidé d’installer une casquette en carton pour le cockpit de Merci, son monocoque, afin de mieux affronter les embruns. Avec un message à faire passer. «J’ai absolument voulu la faire en carton d’abord par souci d’économie et aussi parce que j’en ai marre de ces bateaux qui sont tout en carbone alors qu’il y a plein de choses qu’on peut faire autrement. Tous les éléments non structurels devraient être en matériaux bio-sourcés. Ça viendra », confiait alors le marin de 56 ans, arrivé le dernier aux Sables d’Olonne il y a quatre ans, après 124 jours de mer.

La structure a été confectionnée par un sculpteur cartonniste et a été posée vendredi soir sur le monocoque. Soit moins de 48 heures avant le départ. « C’est une casquette en carton selon une technologie nouvelle. Le tout sera enduit d’une résine pour l’isoler de l’eau. C’est le gros clin d’œil écolo du bateau pour le Vendée Globe », explique Hugues Destremau, frère du skipper qui, comme Alex Thomson (Hugo Boss), a embarqué un moteur à propulsion électrique.

La grande question est de savoir si cet ensemble d’environ 60 kg, qui paraît quand même bien léger, va tenir. Et si oui, combien de temps ? « On a roulé sur des éléments avec une voiture et les tests ont été plus que concluants, donc pourquoi ne pas essayer ».

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Vendée Globe. VPLP : “On n’a pas été timide dans nos choix ! “

le skipper francais Jeremie Beyou s'entrainant pour le Vendee Globe.
le skipper francais Jeremie Beyou s'entrainant pour le Vendee Globe. (Photo Gauthier LEBEC / Charal Sailing Team)

Le cabinet d’architecte VPLP design a remporté – en association avec Guillaume Verdier – les deux derniers tours du monde en solitaire. Pour cette édition, chacun a dessiné ses propres bateaux. Une course dans la course ! A la veille du départ de la dixième édition, Quentin Lucet et Vincent Lauriot-Prévost font le point sur les changements et les innovations intervenus depuis 4 ans dans le design des Imoca – une éternité, ou presque à l’échelle de cette course mythique. Passionnant.

L’arrivée de la concurrence architecturale
Lors du Vendée Globe précédent, 6 des 7 bateaux neufs construits spécialement pour cette édition étaient issus de la collaboration entre VPLP design et Guillaume Verdier. Sur la ligne de départ le 8 novembre, les 8 bateaux neufs de la génération 2020 se répartissent entre 4 architectes : VPLP design (3), Juan Kouyoumdjian (2), Guillaume Verdier (2), Sam Manuard (1). Et ça change tout : “Le challenge prend une dimension différente, résume Vincent Lauriot-Prévost : avant, il fallait faire du mieux qu’on pouvait, cette année il faut faire mieux que les autres. Les choix que nous avons faits peuvent être remis en question, c’est excitant, mais moins confortable !

Des choix plus affirmés
Conséquence : les archis ont dû mouiller leur chemise ! “Nous ne savions pas ce que faisaient les autres équipes quand nous avons commencé à travailler sur Charal et sur HUGO BOSS, rappelle Vincent Lauriot-Prévost, il a donc fallu prendre des risques. Sinon l’écueil était de faire un bateau moyen, et ça on ne pouvait pas se le permettre.” D’où un changement d’approche radical en termes de design : “On a assumé nos choix, complète Quentin Lucet. Les générations 2008 et 2012 incarnaient la quête de la puissance et de la légèreté, celle des foilers de 2016 se voulait un compromis, avec des bateaux à foils capables de revenir aux dérives si les foils ne fonctionnaient pas. Pour 2020, nous avons proposé des carènes qui ne fonctionnent qu’avec leurs foils.” Autrement dit, la quête de la diminution de la traînée a remplacé celle de la puissance. “On n’a pas été timides et ça tombait bien, c’était le cahier des charges des équipes de Jérémie Beyou et d’Alex Thomson.”

Une nouvelle relation avec les équipes
Avec trois projets en portefeuille – Charal, HUGO BOSS et DMG Mori, sistership de Charal – VPLP design a pu concentrer ses efforts sur ce cycle de Vendée Globe. “Avec moitié moins de bateaux au départ cette année, on a pu mettre en place un accompagnement beaucoup plus privilégié, confirme Quentin Lucet. Le niveau d’échange est meilleur, le climat de confiance aussi, on navigue plus souvent avec eux… Quelques jours avant le convoyage pour Les Sables, on était encore à bord de Charal. Ça permet une continuité qui est très riche.” Adrien Letourneur, l’ingénieur de VPLP design en charge de la performance sur le projet de Jérémie Beyou “était quasiment à plein temps chez Charal, souligne Vincent Lauriot-Prévost. Ce qui arrivait très rarement avant.”

Un niveau technique et des performances toujours plus élevés
Ce nouveau mode d’échange avec les teams est d’autant plus nécessaire que les bateaux le réclament. “Les équipes sont plus exigeantes et leurs bureaux d’études s’étoffent, raconte Quentin Lucet. Entre 2005 et 2016 le temps consacré à la conception architecturale et à la structure a été multiplié par 5. Et pour ce Vendée Globe 2020, il a encore augmenté de 50 % ! Quant aux études, elles ont doublé de durée : 6 mois contre 3 lors du cycle précédent.” Bilan : le saut de performance s’annonce supérieur aux habituels progrès entre chaque cycle de Vendée Globe. “On a changé de mode, lâche Vincent Lauriot-Prévost. Par rapport aux foils de la génération 2020, ceux de 2016 sont de petites jambettes !” Quentin Lucet chiffre ainsi les gains de performance des nouveaux foilers entre 70 et 100° du vent réel “entre 20 et 30 % par rapport à leurs prédécesseurs”.

De nouveaux outils très puissants
Chaque cycle de Vendée Globe voit le développement de nouveaux outils : “Ça ne fait qu’évoluer depuis 12 ans, rappelle Vincent Lauriot-Prévost, la nouveauté, pour VPLP design, c’est qu’on les développe désormais en interne, avec le support de Gurit pour le calcul de structure. Dans la même pièce, on a tous les spécialistes, ça nous permet une réactivité et une agilité beaucoup plus importante.” Désormais dotée de son propre simulateur, SYD, mais aussi de VPP (programme de prédiction de vitesse) très précis et de capacités de calcul renforcées, l’agence peut aller loin dans les détails. “On est capable aujourd’hui d’étudier beaucoup plus précisément le fonctionnement d’un foil, car on sait calculer sa déformation, son twist, et les modifications du profil qui vont avec”, explique Quentin Lucet. Même chose pour les optimisations des bateaux existants : “Grâce au simulateur, on a une notion beaucoup plus claire du fonctionnement des améliorations que l’on propose. Les gains de performance et les comportements dynamiques sont nettement mieux quantifiés qu’avant.” MACSF (ex Safran, ex Queguiner) et SeaExplorer Yacht Club de Monaco (ex Edmond de Rothschild), qui ont fait l’objet d’optimisations importantes – en particulier de nouveaux foils – en ont directement bénéficié.

Le rôle des skippers reste prépondérant
Les progrès continus des machines n’empêchent pas le rôle joué par le skipper de rester un paramètre essentiel dans la performance, sur ce Vendée Globe peut-être encore plus qu’avant : “La course va mettre en évidence la capacité des marins à exploiter leurs bateaux, pronostique Vincent Lauriot-Prévost. Il y a énormément de paramètres à maîtriser pour parvenir au bon compromis en termes de réglages et de performance, on arrive à une telle complexité que la prime au temps passé à naviguer en amont de la course va être encore plus importante qu’avant.” Quel va être ce pourcentage d’exploitation des bateaux, de plus en plus durs à vivre ? “Je pense qu’ils vont se rapprocher de 100 %, risque Vincent Lauriot-Prévost, car les pilotes sont bien meilleurs qu’avant.” Quentin Lucet parie sur 2 à 4 jours de mieux que le temps réalisé par Armel Le Cléac’h en 2016-2017 (74 jours 3 heures 35 minutes et 46 secondes). “Les VPP donnent un temps de course de 65 à 70 jours à 100 % de la polaire, rappelle-t-il. Mais on est toujours plus surpris par les performances des skippers dans le monde réel que par nos simulations !

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Vendée Globe. Armel Tripon : “C’est un peu stressant cette épée de Damoclès avant de partir…”

Armel Tripon se confie sur son confinement, l’état de préparation du bateau.

© Saem Vendée / Nefertiti Prod

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Vendée Globe. Louis Burton en confinement à Saint-Malo

Louis Burton
Le skipper francais Louis Burton s'entrainant sur l'imoca Bureau Vallée 2 pour le Vendée Globe 2020 (Photo Stephane MAILLARD)
Comme pour tous les autres skippers de ce Vendée Globe, Louis Burton profite de ses derniers moments en famille et du confinement obligatoire pour engranger un maximum de sommeil, faire du sport et profiter de sa famille. « C’est un peu dommage de ne pas venir voir le bateau tous les jours mais l’équipe a fait un travail formidable. Le bateau est prêt, je pourrai partir demain ! » confie Louis depuis sa maison de Saint-Malo. Le skipper de Bureau Vallée II rentre doucement dans sa bulle de coureur au large et profite des derniers instants chaleureux avant de rentrer dans la rudesse et l’inconfort d’un tour du monde en solitaire. 

 Le sommeil du juste      
 « Je fais le tour du cadran depuis quelques jours, je dors comme un bienheureux » confie Louis confiné depuis dimanche dernier avec Servane Escoffier, sa compagne et team manager du projet, et ses deux enfants. Pour le skipper de Bureau Vallée II, les grosses nuits de sommeil lui permettent également de gérer un stress qu'il explique très bien: « C’est à la fois agréable d’être confiné, mais à la fois stressant car je ne suis pas près de mon bateau ni de mon équipe. Même si nous nous appelons tous les jours, il y a un manque. Je sais cependant que tout est en ordre, tout est embarqué, il ne reste que les produits frais à mettre à bord ».
 
 L’étude de la stratégie et des fichiers météo    

Le 8 novembre à 13h02, ce sera le grand départ du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. L’étude des fichiers météo demeure la clé de voûte pour se projeter sur le passage de la ligne et rapidement sur le golfe de Gascogne. « Je travaille en ce moment avec Davy Beaudart (son co-skipper sur la dernière Transat Jacques Vabre) sur le schéma météo général. A partir de jeudi, avec Julien Villion nous analyserons plus précisément le début de course, car nous recevrons deux fichiers par jour ». La veille du départ, samedi 7 novembre, Louis prévoit un dernier long briefing météo avant le grand saut…

 Le trac du départ    

 Le village du Vendée Globe a été contraint de fermer ses portes vendredi dernier suite au confinement national. C’est donc un départ sans public dans le chenal et sur l’eau qui attend les 33 skippers dimanche prochain. « C’était déjà formidable d’avoir eu deux semaines sur le village avec du public, mais je suis déçu pour le jour du départ. Toutes ces personnes sur les quais qui applaudissent et qui vous encouragent, cela donne de la force et de l’énergie. » confie Louis. La pression monte doucement mais sûrement pour le skipper de Bureau Vallée II même s’il prend part pour la troisième fois au Vendée Globe. « J’avoue que j’ai un peu le trac » sourit-il. Un bon trac avant de monter sur la grande scène planétaire où Louis Burton espère plus que tout « apporter du bonheur et un souffle de liberté ».     
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Vendée Globe. Fabrice Amedeo : ” Eviter les collisions avec les baleines !”

La plupart des bateaux se sont équipés de dispositifs pour éviter les Ofnis. Si les skippers qui ont tapés quelque chose ne savent pas toujours précisément quoi, il arrive que ce soit avec des baleines comme ce fut le cas avec certitude pour Kito de Pavant qui avait du abandonner sur le dernier Vendée Globe où une vidéo lui avait permis d’identifier une baleine.

À bord de Newrest – Art & Fenêtres, Fabrice Amedeo disposera de deux systèmes, OSCAR et Whale Shield, destinés à éviter les collisions avec les OFNI (objets flottants non identifiés) et avec les cétacés. Des avancées technologiques pleines de promesses, mais aussi un saut dans l’inconnu car rien ne garantit aujourd’hui qu’ils fonctionnent. Pour en savoir plus, le skipper a fait appel à Olivier Adam, bio-acousticien spécialiste des émissions sonores des cétacés.

Il s’agit d’une inquiétude majeure chez tous les skippers qui s’apprêtent à parcourir les mers du globe. Dans le jargon, on les appelle les OFNI, les objets flottants non-identifiés, responsables de nombreux abandons dans l’histoire de la course au large. Ils peuvent être des bouées égarées, des billes de bois, des conteneurs mais aussi et dans la plupart des cas : des cétacés. « Il y a une vraie omerta sur le sujet, explique Fabrice Amedeo. Les chocs avec les cétacés sont malheureusement fréquents et, à chaque fois, les marins invoquent un choc avec un OFNI pour des raisons d’image. Nous ne voulons pas passer pour des tueurs de baleines. Je pense au contraire qu’il faut en parler car si 30 IMOCA lancés autour du monde n’échappent pas à des chocs avec des cétacés, qu’en est-il de la flotte de commerce mondiale ? ».

Pour faire face à cette menace pour leurs bateaux et pour l’environnement, les marins de la classe IMOCA sont de plus en plus nombreux à s’équiper. « C’est une bonne initiative, commente Catherine Chabaud, première femme à avoir bouclé le Vendée Globe et aujourd’hui députée européen. Le sujet des filets de pêche et de la protection des dauphins est une préoccupation de la commission européenne et notamment du commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevičius, qui a lancé un groupe de travail auquel je participe. Pour les cétacés, le sujet est également très important et la course au large a un rôle à jouer en termes d’exemplarité mais aussi dans la recherche de solutions innovantes qui pourraient ensuite être déployées sur les navires de commerce. J’avais lancé un groupe de travail sur le sujet avec des skippers au ministère de l’écologie après le dernier Vendée Globe, et c’est une réelle satisfaction de voir que les marins prennent le sujet à bras le corps aujourd’hui et vont plus loin ».

OSCAR, une portée de détection de 600 mètres

L’une des solutions développées récemment pour se protéger des OFNI est le système OSCAR : un boitier rectangulaire placé en tête de mât. Il est composé de deux caméras, une qui identifie les formes en surface et l’autre thermique, qui identifie les contrastes de températures. Elle pourrait donc détecter le corps chaud d’un mammifère marin. Sa portée de détection s’étend jusqu’à 600 mètres. « Si OSCAR détecte un animal ou un objet à la surface de l’eau, sur la route du bateau, une alarme se déclenche instantanément, explique Fabrice. C’est un outil relativement récent qui compte beaucoup sur l’acquisition de données. En somme, plus il y a de bateaux équipés, plus il sera performant ». La moitié de la flotte au départ du Vendée Globe en est équipée.

« De tels systèmes de caméras thermiques avaient déjà été développés et testés sur des éditions précédentes du Vendée Globe, à l’instar de Marc Guillemot qui avait travaillé sur le sujet avec Safran, explique Catherine Chabaud. Mais jamais autant d’ambition n’avait été mise dans un projet anti-collision et surtout avec autant de skippers ».

Whale Shield, pour écarter les cétacés à proximité

A l’initiative d’Alex Thomson en début d’année, une deuxième solution a été proposée aux skippers : le Whale Shield. Il s’agit d’un pinger installé à l’avant du bulbe de quille, à 4,50 mètres de profondeur, qui émet un ultra-son supposé écarter les cétacés. Ce système a été développé par une société australienne, Future Oceans, afin d’équiper les filets de pêche pour éviter que les dauphins ne se retrouvent coincés. Cinq bateaux en sont équipés au départ du Vendée Globe. Des questions se posent sur l’efficacité de ce nouveau système qui a besoin de retours d’expériences, et sur la pertinence de le mettre en marche ou pas et dans quelles conditions.

Une démarche constructive

Fabrice ne s’est pas contenté d’installer ces deux technologies sur son IMOCA. « Il y a toujours un doute de savoir si ces systèmes fonctionnent réellement, explique-t-il. Tant que nous n’avons pas d’accident, on se dit que ça marche peut-être et le jour où l’on aura un accident, on se dira que ça ne marchait pas ». Afin d’en savoir plus sur la pertinence et l’efficacité du Whale Shield, le skipper a fait appel à Olivier Adam, bio-acousticien, Professeur à l’Université de la Sorbonne, spécialiste des émissions sonores des cétacés.
Selon le spécialiste, si un navire a une « signature acoustique forte », autrement dit : fait du bruit quand il passe dans l’océan, il n’est pas insensé d’ajouter du bruit pour faire fuir les cétacés sur sa trajectoire. En revanche, s’il a une « signature acoustique faible », autrement dit s’il est quasiment furtif, mieux vaut ne pas donner d’indications aux cétacés sur la présence du bateau.

Pour en avoir le cœur net, Fabrice Amedeo et Olivier Adam ont procédé à une série d’enregistrements du monocoque Newrest – Art & Fenêtres au moyen d’un hydrophone. « Olivier a été surpris que l’IMOCA fasse si peu de bruit en navigation, décrypte Fabrice. Le résultat de cet enregistrement est toutefois à relativiser : le bateau avançait à une vitesse moyenne sur mer plate ». Le bio-acousticien poursuit : « C’est plutôt une bonne nouvelle parce que c’est un indicateur de performance, d’abord, et parce que le bateau de Fabrice ne devrait pas attirer les cétacés puisque très silencieux et considéré comme furtif dans ces conditions de mer plate et vent moyen ». Et s’interroge : « un doute sur la génération acoustique persiste, notamment sur les différences qu’il pourrait y avoir entre les catégories de bateaux et selon l’état de la mer et les conditions météorologiques. Il serait intéressant de refaire des enregistrements acoustiques pour tenter de mettre en évidence des sons spécifiques (sifflements, frappes de la coque dans les vagues, transmission du bruit du mât à travers la coque) qui pourraient attirer les cétacés. »

Selon Olivier Adam, il y a 89 espèces de cétacés qui ont toutes des réactions différentes : certaines vont s’éloigner des bateaux, d’autres vont s’approcher et interagir comme les dauphins. « Quand un supertanker ou un ferry percute une baleine, la version officielle est que c’est un accident. Ça peut arriver évidemment… Mais si on va un peu plus loin sur des études de comportement, on s’aperçoit qu’il y a notamment quatre espèces, les cachalots, les baleines à bosses, le rorqual commun et éventuellement la baleine bleue, qui sont particulièrement imposantes, peu manœuvrantes, qui n’ont pas peur de venir à proximité des bateaux et sont curieuses de voir ce qu’il se passe à la surface », explique-t-il. C’est un vrai sujet sur lequel les scientifiques travaillent depuis les vingt dernières années. En course au large, il s’agit de comprendre comment se passent les collisions avec des bateaux potentiellement silencieux et furtifs. Fabrice a cette démarche constructive, il comprend la mer, les problématiques sur l’environnement, donc je trouve que c’est réellement très intéressant. »

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Vendée Globe. Benjamin Dutreux, comment prendre son IMOCA pour aller surfer à Biarritz !

Partir en Imoca surfer à Biarritz Lost in th Swell
Partir en Imoca surfer à Biarritz Lost in th Swell

Benjamin Dutreux, le skipper d’Omia – Water Family est confiné comme tous les autres skippers en attendant le départ dimanche mais reste très actif notamment auprès des plus jeunes pour porter le message de la préservation de l’eau. Juste avant d’être confiné aux Sables, Benjamin Dutreux était parti fin septembre à Biarritz avec son IMOCA accompagné de la bande des Lost in the Swell avec Ronan, Ewen & Aurel, un trio d’aventuriers utilisant des transports écologiques pour la conquête de nouvelles vagues pour aller surfer – et de Mathieu Crepel et Damien Castera, à l’initiative de l’expédition Odysea.

Partir en Imoca surfer à Biarritz
Partir en Imoca surfer à Biarritz Lost in th Swell

Mais c’est durant 2 semaines que Benjamin Dutreux et toute son équipe ont multiplié les interventions sur le village du Vendée Globe avec les enfants lors de jeux pédagogiques, conférences, film et lancement du livret pédagogique “Terre Océan”. Désormais chez lui, Benjamin, l’un des deux plus jeunes skippers de ce tour du monde, finalise les derniers préparatifs mais reste au contact des petits et grands qui souhaitent partager son aventure et apprendre les gestes utiles à la préservation de l’eau, de leur santé et de l’ensemble du vivant.

Avec la fermeture du village, notre course en solitaire commence quasiment avec une semaine d’avance ! J’espère que ce Vendée Globe sera néanmoins pour beaucoup un moment d’évasion quotidien. C’est en tout cas ce que je souhaite partager avec le public et les enfants qui nous suivront. Nous avons cette chance incroyable de participer à cette aventure, chaque jour sera un défi, et notre environnement, ces mers et ces océans reflèteront à la fois la force et la liberté qu’offre notre planète et sa fragilité. Autant d’émotions, de réflexions, de sensations, de doutes, de joies à partager tous ensemble. A quelques jours du départ, la pression monte petit à petit, mais c’est bon signe, c’est que la préparation prend forme ! Je suis tellement fier d’avoir ce bateau sur le ponton du Vendée Globe à côté de tous les autres participants ! Mais aussi de toute mon équipe qui fournit un travail incroyable! Tant derrière les écrans qu’avec les outils ! Ça me motive plus que jamais, j’y penserai dans les moments difficiles pour boucler ce tour du monde !”

Les interventions dans les écoles de la Water Family se poursuivront tout au long du Vendée Globe.
Un dispositif spécial est mis en place pour les élèves et les professeurs qui pourront poser leurs questions à Benjamin même en pleine mer. Les enseignants peuvent s’inscrire à la newsletter de Benjamin Dutreux

« Je suis ambassadeur de l’association depuis 2016. L’année suivante, nous avons monté une animation sur toutes les villes départ du Tour de France à la voile. Depuis le début, je souhaite que mon projet sportif s’appuie sur des actions très concrètes qui soient responsables et durables mais surtout inspirantes. Et la Water Family matche parfaitement avec mes valeurs.
Nous avons déployé tout un programme pédagogique: j’interviens avec mon team dans les écoles et je resterai au contact via vidéo et mail lors de ce tour du monde
” explique Benjamin

Les parrains du bateau sont des enfants sensibilisés par l’association :”Nous avons aussi choisi de lier le baptême du bateau avec les 10 ans de la Water Family entourés de nombreux ambassadeurs de l’association et d’enfants qui sont devenus les parrains de mon 60 pieds,” rappelle Benjamin.

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Vendée Globe. Giancarlo Pedote : ” La chance est aussi primordiale dans la réussite d’un projet !”

Giancarlo PEDOTE sur Prysmian Group
Giancarlo PEDOTE sur Prysmian Group © Martina ORSINI

Giancarlo Pedote, le skipper de Prysmian Group, est prêt pour le Vendée Globe. « Être au départ de cette 9e édition me fait comprendre toutes les choses que j’ai faites depuis mes 14 ans. Je me suis toujours impliqué à fond dans tout ce que j’ai entrepris, et en particulier dans le sport car je suis un compétiteur né », explique Giancarlo Pedote qui a pratiqué la boxe à haut-niveau, mais aussi de multiples activités, toujours avec un niveau d’exigence accru. Amorcer un comportement positif en se montrant exigeant avec soi-même, aller jusqu’au bout des choses… ainsi fonctionne le navigateur italien qui s’active à dépasser ses limites au quotidien. Pour lui, une seule question revient en boucle : « Est-ce le meilleur que je peux faire ? ». En ce sens, il le sait, l’exigence nécessite d’avoir préparé l’ensemble de ses actions. Il s’agit de savoir ce que l’on fait et ce que l’on veut faire pour y parvenir. « Sur un projet tel qu’un Vendée Globe, il ne s’agit nullement de tout contrôler, mais de réfléchir clairement aux actions à entreprendre pour atteindre un objectif. Selon moi, 80% du projet se jouent à terre. Plus tu as optimisé ton bateau, plus tu t’es entraîné physiquement et plus tu as bossé la météo, plus tu minimises le nombre de galères à venir en mer car, de toutes façons, il y en aura », avance le skipper de Prysmian Group qui a fait en sorte de se préparer au mieux pour son premier tour du monde, un exercice qui comporte naturellement une foule d’inconnues.

Paramètre C
« Lorsque l’on part pour quelque chose que l’on ne connait pas, c’est difficile de tout prévoir et de tout imaginer, mais une circumnavigation, qu’elle soit la première, la deuxième, la troisième ou plus pour un marin en solitaire, garde toujours un part d’incertitudes car la donne est toujours différente, ne serait-ce que par rapport à la météo. C’est pourquoi je pense que la clé d’un tel projet est, avant tout, la fiabilité de la machine », détaille le marin qui n’a donc pas ménagé ses efforts depuis qu’il a récupéré l’ex Saint-Michel Virbac, il y a un an et demi. « Une bonne préparation du bateau et des choix techniques lucides sont essentiels car comme je l’ai dit, elle représente une part très importante de la performance ou, à tout le moins, de ses chances d’atteindre ses objectifs, mais cela ne fait pas tout. La chance est, elle aussi, primordiale dans la réussite d’un projet. Si elle n’est pas avec toi, c’est compliqué. Neptune doit décider de te laisser passer. Pour ma part, je suis quelqu’un d’assez fataliste. Je sais que je me suis donné les moyens de mes ambitions mais que je n’ai pas la main sur tout », poursuit Giancarlo qui, à l’aube du coup d’envoi de ce Vendée Globe prévu le 8 novembre prochain à 13h02 en baie des Sables d’Olonne, trouve un sens à tout ce qu’il a entrepris ces dernières années. « Mes études, mes voyages, les différentes langues que je parle et toutes ces expériences acquises depuis mon adolescence s’imbriquent tous ensemble aujourd’hui. Dans le passé, j’ai parfois eu le sentiment de faire des choses sans savoir réellement pourquoi, mais je réalise aujourd’hui que, sans en avoir eu conscience, j’avais mis tout ça dans une enveloppe qui s’appelle « Vendée Globe » ». Une enveloppe à présent grande ouverte… pour le meilleur.

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