Plus de cinq jours d´avance …
Ellen mène son trimaran Castorama le plus vite possible vers le Cap Horn et parvient à égaler les moyennes de Francis Joyon au même moment. Son avance sur le record à 7h10 GMT ce matin atteignait les 5 jours et 8 minutes. Malgré les nombreux grains et averses qui se sont abattu cette nuit, Castorama a enregistré des vitesses moyennes autour de 25 nœuds. Le vent de sud-ouest a basculé ouest-sud-ouest et continue aujourd´hui de tourner à l´ouest ce qui oblige Ellen à mettre un peu de sud dans son est et à se rapprocher d´une potentielle zone de glaces au sud de 56S. Au dernier pointage, Castorama progresse par 55 57S et Ellen va bientôt devoir empanner pour remonter vers le nord-est.
Ellen MacArthur devrait passer le Cap Horn cette nuit
Jean Le Cam, nouveau leader …
C’est en fin d’après midi hier que le Britannique Mike Golding, au terme d’une heure de travail en tête du mât de son Ecover, réussissait à passer une nouvelle drisse pour renvoyer sa grand voile. Heureux et soulagé, Mike se lançait sans tergiverser davantage à la poursuite des milles perdus, sous grand voile haute et gennaker. Les intentions sont claires et les chiffres parlent. A seulement une petite trentaine de milles dans l’ouest de Vincent Riou (PRB) à qui il vient de reprendre 36 milles, il affiche la meilleure vitesse de rapprochement, cap au nord et au plus près de la route directe. Le combat est physique. Le jeu est tactique. Et l’anglais sert la pression.
Peyron se fait le Golfe
Philippe Péché, chef de quart sur Orange II« Le programme consiste à aller faire un grand triangle dans le golfe de Gascogne. Nos objectifs sont de contrôler le comportement du bateau complètement chargé (soit avec la nourriture, du matériel de rechange et un peu de fuel) et de récupérer des données pour nos polaires de vitesse avec le bateau en configuration record en vue du Trophée Jules Verne. L‘objectif est d’essayer de descendre vers La Rochelle ce soir puis de rejoindre le fond du golfe de Gascogne cette nuit. Demain, on devrait se retrouver vers le cap Finistère. On attend 35 nœuds de sud-ouest ce qui nous permettra de revenir au reaching”.”
Avaries et rebondissements
Drisse cassée Il y avait bien une explication à ce ralentissement soudain alors que les leaders évoluaient dans des conditions similaires. Mike Golding avait cassé sa drisse de grand voile à 6H 30 et il a été contraint de monter au mât en cours de journée pour réparer. Grimper à 30 mètres sans échelle pour repasser une drisse n’a pas dû faire rigoler le pompier anglais. La note n’est pas trop salée et l’hémorragie se limitait à une cinquantaine de milles. Golding va repartir de plus belle à l’attaque mais cette avarie est un premier avertissement . Comme dit Jean Le Cam qui n’en rate pas une ” Qui veut naviguer loin ménage sa voilure”” . Dans cette longue régate jusqu’ aux Sables , l’état de fraîcheur des hommes mais aussi des machines peut jouer un rôle prépondérant. Or Golding revenu de très loin sur les deux finistériens a forcément cravaché sa monture.”
Ellen MacArthur à 775 milles du Cap Horn
Des vents instables reviennent…A l’approche d’un talweg qui se déplace vers le sud-est d’Ellen. Le vent de nord-ouest bascule donc à l’ouest et oblige Ellen à empanner sur tribord (quand le vent arrive par la droite) pour mettre le cap au sud-est : “le vent est tombé à 20 nœuds, puis est revenu à 33, pour redescendre à 17… et puis sans un nuage, sans prévenir, il est passé de 17 à 36, il est retombé à 17, remonté à 37 et maintenant il souffle à 15 nœuds… Le tout en 4 heures ! Impossible de savoir quelles voiles porter. Là on a 2 ris solent alors qu’on devrait être sous 1 ris génois””. Malheureusement, cette tendance devrait se confirmer pendant les jours à venir. Le vent est déjà passé de 27,3 nœuds de moyenne hier à 18,1 nœuds ce matin, et la vitesse de Castorama ne dépasse pas les 14-17 nœuds. Nouveaux risques de glaces. Depuis la bascule de vent à l’ouest et l’empannage au sud-ouest, Castorama progresse vers des latitudes “”à risques””. “”L’idéal aurait été de rester un peu plus longtemps à l’avant du talweg, explique Commanders Weather, les conditions de mer défavorables ont poussé Ellen à empanner plus tôt sur tribord. Sur ce bord SE, elle va malheureusement se rapprocher d’une possible zone de glaces””. Castorama devra sans doute empanner plusieurs fois pour rester au nord de 56S où les risques d’icebergs sont les plus forts, d’après les rapports envoyés par le Canadian Radarsat aux organisateurs du Vendée Globe.”
Rohan Veal champion du Moth
Si la classe Moth a été créée en 1930, force est de constater qu’elle a su évoluer et laisser une grande liberté à ses acteurs au fil des ans… Aujourd’hui dominée par les unités équipées de foils qui viennent – grâce à Rohan Veal – d’enfoncer encore un peu plus le clou aux championnats du monde, cette série est considérée par beaucoup comme un véritable laboratoire duquel émergent nombre de solutions d’avenir en ce qui concerne la voile légère (notons que dans les années 50, certains Moth en Australie étaient déjà équipés de mâts-ailes). Du petit cat boat des origines, il reste finalement peu de choses si ce n’est le type de gréement, et les engins les plus extrêmes présentent une coque de 30 centimètres de large, pesant moins de 10 kilos !
Une nouvelle base pour Alinghi
Imaginer une base pour une équipe de l’America’s Cup, comme celle d’Alinghi, qui englobe une centaine de personnes et 35 professions différentes, est un véritable casse-tête. Dès le mois de juillet, ce qui n’existe aujourd’hui que sous la forme de plans d’architecte ressemblera à une fourmilière. La taille, l’emplacement et l’imbrication des pièces ont été, bien évidemment, pensés pour une qualité de travail maximum au sein de chaque cellule. Le véritable défi était d’optimiser la communication au sein du Team. ” C’est passionnant, ajoute Michel Marie, le directeur des opérations d’Alinghi. Cela permet de connaître réellement les interactions entre les équipes du Team. La philosophie de la base ressemblera à celle d’Auckland en Nouvelle-Zélande, qui était déjà très performante. Il s’agissait surtout de peaufiner les détails “”. Ainsi, la communication dans la nouvelle base sera plus fluide. Lorsque, par exemple, en Nouvelle Zélande, une personne du design team souhaitait se rendre en zone technique, elle devait descendre du 2ème étage au rez-de-chaussée avant de remonter au 2ème étage… “” La fragmentation était plus importante entre le design team – comme l’équipe navigante – et la partie technique. Les passages piétons entre ces différentes zones ont ainsi été améliorés, “” souligne Michel. La base sera également interactive. Si les détails sont encore tenus secrets, elle est étudiée pour que le public puisse en profiter au maximum.”
Golding à 2 milles de Riou…
L’information de la nuit est la panne de moteur de Sébastien Josse (VMI). Ce dernier n’arrive plus à le faire démarrer depuis hier début de soirée. Après différents essais infructueux, Sébastien a décidé d’attendre de pouvoir contacter des techniciens à terre ce matin. Rappelons que si l’arbre d’hélice est plombé, garantissant la non utilisation du moteur en tant que propulseur, le moteur tourne librement et à volonté (2 heures par jour en moyenne) ce qui sert ainsi à recharger les batteries du bord. Ces batteries permettant ensuite d’alimenter en énergie le pilote automatique, l’électronique, etc. Une telle avarie peut être lourde de conséquences et la marche du bateau s’en fait immédiatement ressentir, témoin la « petite » nuit de VMI. 7,5 nœuds de vitesse moyenne sur une demi-heure, 6,7 nœuds sur 4 heures, VMI progresse sous voilure réduite et ne peut profiter du flux de 20 nœuds minimum de nord/nord-ouest soufflant dans le nord des Iles Falkland. Sébastien Josse se trouve actuellement à 450 milles dans le nord de l’archipel situé en face des côtes argentines.
Plus de 500 milles en 24 heures pour Castorama
Peu avant le Nouvel An, Ellen MacArthur signait déjà un record pour elle avec 484, 5 milles en 24h. A 8h10 GMT ce matin, au compteur de Castorama, 496, 2 milles étaient enregistrés à la vitesse moyenne de 20,67 nœuds. Cinq heures plus tard… 501, 6 milles à la vitesse de 20,9 nœuds en 24 heures ! Satisfaisant, non ? « J’ai vraiment fait vite ! Ca fait du bien de faire autant de milles en 24h ! Pour ça, j’ai dû pousser très fort sur Castorama. C’est bien et pas bien à la fois ! Mais, il faut rester devant cette dépression ! »Justement, grâce à sa vitesse, Castorama a pu se sortir des griffes du centre de l’une des dépressions qui l’entoure. Cette position va engendrer quelques heures de répit pour Ellen qui paye, par de la fatigue, les vitesses élevées de la nuit, vitesses pas toujours souhaitées… « Je ne parviens pas à mettre mon cerveau en veille. Je pousse un peu plus que je souhaiterais et je ne suis pas à l’aise. Mais, je crois que c’est le bon moment pour faire de la vitesse. » D’autant, et Ellen le sait, que dans cette partie du parcours, Françis Joyon réussissait quotidiennement à réaliser des moyennes supérieures à 500 milles… La cadence est donc élevée et il va falloir tenir !


















