Le chantier Naval de Vidy (Suisse) confie la barre de son esse 850 qui a été élu bateau de l’année 2005 par la presse européenne spécialisée, à Damien Seguin pour l´édition 2005 du Spi Ouest France. Il portera pour l’occasion le même nom que celui qui sera donné au Figaro de Damien (le baptême du Figaro est prévu courant mai) :
Nom du bateau : des pieds et des mains…
Damien Seguin au Spi Ouest France
Carnet de bord de Brian Thomson
"Nous allons très certainement faire du largue serré vers le centre de l’anticyclone, autour duquel nous allons ensuite virer. Nous referons par la suite un autre bord de largue serré vers le nord, jusqu’à l’île Maurice dans des vents d’Est qui se situent dans le secteur Nord de l’anticyclone. Ce n´est pas l’option que nous attendions. Nous avions l’intention d’aller au Sud de l’anticyclone et de continuer à naviguer en vent arrière, pour enfin le contourner par l’Est. Mais cette dorsale nous a tellement ralenti, que l’anticyclone va trop s’allonger d’Est en Ouest avant que nous puissions y arriver. Il nous serait alors totalement impossible de le contourner par l’Est. Cela nous ferait aller jusqu´à mi-chemin vers l´Australie et bien après les îles Kerguelen pour y arriver."
"Toute navigation au près avec des vents forts, ou même au largue serré est un danger pour les grands multicoques. Nous allons donc faire bien attention dans ces 5 prochains jours pour ne pas casser le bateau. En ce moment, nous continuons de faire une belle navigation vent arrière, puisque nous faisons cap à l’est. Mais une forte houle Nord s’est formée depuis la nuit dernière. Elle annonce des vents plus forts qui se trouvent devant. La nuit dernière nous avons passé beaucoup de temps bâbord amures, cap NE. Et toujours à cause de cette forte houle, nous avons du prendre un ris, hisser le yankee et remplir les deux ballast arrières pour réduire le tangage. Il nous fallait garder le bateau en dessous des 13 nœuds. Tribord amures, nous pouvons maintenant naviguer sous grand-voile haute, Gennaker moyen, sans ballast et faire du 20 nœuds. Tout dépend de l’état de la mer sur un bateau rapide comme le notre. Comme je l’ai mentionné auparavant, les graphiques des courbes polaires du bateau doivent bien souvent être ignorées. Nous pouvons aller aussi vite que les conditions nous le permettent, et ces conditions changent sans arrêt. Nous devrons empanner plus tard dans la soirée; cela signifie prendre de nouveau un ris, affaler le Gennaker moyen et envoyer le yankee avant même de penser à faire tourner le bateau…
…C’est vraiment une tache fascinante de réussir à mener ce genre de bateau autour du monde; pour qu’il aille à la fois vite mais en toute sécurité. Chaque jour, j’apprends de nouvelles choses sur la météo, sur de nouvelles solutions pour naviguer et gérer le bateau. Et naturellement sur les relations et personnalités à bord qui changent constamment !
…Il vaut mieux ne pas trop penser à la distance et au temps qui accompagnent un tel voyage. Certains équipiers nous demandent sans arrêt le nombre de milles qu´il reste à parcourir, la date estimée d´arrivée, etc. D´autres apprécient tout simplement la navigation au jour de jour, quart après quart. Damian, qui a une grande expérience de la mer, était agréablement surpris d´apprendre qu´il ne restait plus que 5000 milles à parcourir. Il croyait être à plus de 6000 milles de l´arrivée car il n´avait pas les yeux constamment rivés sur les chiffres. Comme on dit en anglais "Une casserole trop regardée ne bout jamais". Il vaut mieux savourer cette expérience jour après jour et en tirer le meilleur. Peu importe la distance qu´il nous reste à parcourir. Bientôt, l´aventure sera terminée et il faudra se réhabituer au stress de la vie à terre. Et aux petits plaisirs du quotidien aussi, bien sûr!".
Ed Baird N°1, devant Mathieu Richard…
Ed Baird, premier du round robin à six a du choisir son adversaire pour les demi-finales. Un choix difficile à faire car tel qu’il le dit « on choisit son adversaire par rapport aux matchs courus jusque là – dans certaines conditions – et le lendemain les conditions sont tout autres ». son choix s’est porté sur Philippe Presti qu’il a battu lors de leurs deux duels de la semaine.
Du bon vent pour les phases finales
Avec 10 nœuds de vent pendant les demi-finales et près de 15 nœuds pour la finale, on a assisté à un beau spectacle aujourd’hui.
Demi-finales :
Mathieu Richard a éliminé Chris Dickson par 2 à 0
Ed Baird a éliminé Philippe Presti par 2 à 0 également
La place de 5ème qui se jouait en même temps que les demi-finales a vu la victoire de Paolo Cian contre Sébastien Col par 2 à 1.
Finale et petite finale
Ed Baird remporte la victoire par 2 à 0 contre Mathieu Richard.
Chris Dickson se classe 3ème par 2 à 1 contre Philippe Presti.
Oryx Quest 2005 : Un océan d´écart
Une nouvelle dépression est en train de se former dans les terres, au nord-ouest du catamaran. Elle devrait se creuser progressivement en se déplaçant vers le sud-est, c´est à dire droit sur la position de Tony Bullimore et de ses équipiers. Daedalus peut donc s´attendre à une mer agitée et à des vents violents et très instables, les mêmes conditions rencontrées par Doha 2006 deux semaines plus tôt. Cette région est connue pour ses Pamperos, des grains d´une intensité telle qu´ils peuvent désemparer un équipage inconscient du danger. Ces coups de vent se développent dans les terres où ils puisent leur énergie dans l´air sec et chaud de la Pampa argentine, avant de se déplacer vers l´océan. Un nuage allongé en forme de cigare indique souvent l´arrivée de ce phénomène. La mer devient alors très calme et plate avec une soudaine augmentation de l´humidité. Puis le vent commence à souffler, de plus en plus fort et en rafales. Les embruns sont projetés avec violence sur le pont. L´équipage peine à réduire la toile et à mener le bateau dans la bonne direction… Mais Tony Bullimore connaît bien cette région et il garde les yeux grands ouverts sur les signes avant-coureurs de ces coups de vents “made in Argentine””.
De l´autre côté de l´océan Atlantique, Doha 2006 accuse son premier revers météo depuis plusieurs semaines. Après un passage forcé sous l´anticyclone de Sainte-Hélène, le maxi-catamaran a du poursuivre sa route vers l´est sous un autre anticyclone en formation dans l´océan Indien. Hier, Brian Thompson espérait encore pouvoir contourner ce système par le sud et par l´est. Mais cela ne sera pas le cas. L´anticyclone n´a cessé de grossir, faisant grimper la pression atmosphérique au point de constituer un véritable obstacle entre Doha 2006 et Madagascar. Brian Thompson et ses équipiers se sont donc résignés à passer dans l´ouest de ce système. Mais ce dernier recours stratégique implique une remontée au près dans des vents assez forts et pendant plusieurs jours, jusqu´à ce que le bateau Qatari approche de Madagascar, actuellement 1500 milles devant ses étraves. L´heure est à la prudence, car c´est précisément ce type de conditions qui a eu raison de Geronimo le mois dernier. D´après Olivier de Kersauson, le trimaran a heurté un objet immergé. Mais la pénible remontée face au vent et face aux vagues n´a évidemment pas arrangé les choses. Devant cette crainte de casser, Doha 2006 ralentit. Il n´a parcouru que 245 milles en 24 heures. Une aubaine pour son poursuivant Daedalus, qui en profite pour réduire l´écart d´une centaine de milles. “
Trophée BPE : Drouglazet : ” Cette transat promet d´être belle “””
Cette Saint-Nazaire/Cuba est une grande première pour la série ?
– Eric Drouglazet : " Absolument et c´est excellent. A l´heure où des bateaux tournent autour de la planète 24 heures sur 24 et où les courses à la voile se multiplient, il ne manquait plus qu´une transatlantique en solitaire à armes égales ! CeTrophée BPE promet d´être une belle aventure, une belle course avec beaucoup d´options. "
Comment vous préparez-vous en vue de cette course ?
– E.D. : " Certains ont fait le choix d´engranger de nombreux milles. Auparavant, j´aurais fait la même chose mais cette année, j´ai préféré passer moins de temps sur l´eau avant d´attaquer la saison afin d´arriver avec les "crocs" sur l´épreuve. Ainsi, je suis certain de prendre un maximum de plaisir à naviguer. Par ailleurs, j´ai travaillé en collaboration avec Delta Voile pour l´optimisation des voiles. Pour une course de longue haleine telle que la Saint-Nazaire-Cuba, elles ne doivent pas se détériorer trop vite. J´ai également essayé de prévoir toute casse éventuelle, notamment pour l´énergie embarquée car sans elle, on peut rapidement se trouver hors-course et finir en convoyage, ce qui n´est évidemment pas le but. C´est pourquoi on essaie de prévoir une boite à outils très complète. J´ai également beaucoup bossé la météo et participé à des stages avec Jean-Yves Bernot au pôle d´entraînement de Port-la-Forêt. "
Quelles sont les difficultés du parcours ?
-E.D. : " La première sera la traversée du Golfe de Gascogne même si on le connaît bien pour l´avoir déjà traversé en long en large et en travers lors de la Solitaire du Figaro. Selon les conditions, il peut être déterminant. Ensuite il faudra bien négocier le passage des Açores, notamment l´île de Flores, car à partir de cet instant, deux options risquent de se dessiner franchement et mieux vaudra être dans le bon wagon car sur ce type de parcours, les écarts à l´arrivée peuvent être importants. "
Dans quel état d´esprit partez-vous ?
-E.D. : " Je me prépare toujours au pire : 45 noeuds, fronts froids de sud-ouest… Quoi que ce ne serait pas vraiment pour me déplaire. Le risque sur cette transat, c´est de se retrouver en sur-régime, notamment dans le cas où on serait amené à naviguer à vue les uns des autres. Néanmoins, je pense que pour gagner cette Transat BPE, il faudra être capable d´imposer un rythme aussi important que sur une étape de 200 milles de la Solitaire mais sur la durée d´une transatlantique. "
Propos recueillis par Perrine Vangilve
27ème édition du Spi Ouest France/Bouygues Telecom : J-6
« On est «à donf » comme dirait Ellen Mac Arthur » raconte Monique Vallégant, la directrice de la SNT (Société nautique de la Trinité). « Même si nous sommes rôdés, l´organisation du Spi reste un moment fort de la saison et il y a, malgré tout, de petites montées d´adrénaline ». Sept permanents mettent actuellement toute leur énergie au service du grand rendez-vous Pascal, ils seront 150 à partir de mercredi soir… « Les bouées sont gonflées, les parkings sont prêts, les salles aussi. Il y a, comme d´habitude, des modifications de dossiers, des désistements, mais la bonne nouvelle c´est que nous allons réussir à prendre tout le monde cette année. Personne ne sera privé de Spi ». Son mari, Jean Paul Vallégant, président de la SNSM de la Trinité est en charge de la sécurité. Une lourde responsabilité sur ce qui demeure la plus grande épreuve française de voile habitable. Penché sur les fichiers météo, Jean Paul Vallégant nous annonce un temps clément… « La sécurité, c´est essentiel. Quand une épreuve de cette ampleur se déroule tôt dans la saison, il y a davantage de risques de mauvais temps et il fait quand même encore froid. Cette année, nous avons fait le choix d´ouvrir l´épreuve aux bateaux dont la taille est supérieure à 7 mètres. En effet, depuis quelques années on voyait arriver des bateaux un peu extrêmes, pour lesquels il aurait pratiquement fallu créer un autre rond. La baie de Quiberon n´étant pas extensible et notre souci restant la sécurité, nous préférons nous cantonner à des séries classiques et garder l´homogénéité de l´épreuve ».
De Castro, as des composites et marin de talent
Nicolas de Castro est arrivé sur le maxi-catamaran «Orange 2» après deux saisons comme préparateur puis naviguant sur des trimarans 60 pieds. Et pas des moindres puisqu’il a travaillé pour Jean-Luc Nélias et Michel Desjoyeaux. Ce dernier a vite reconnu les connaissances de Nicolas en construction navale mais il a également découvert en lui un fin régatier. Une double compétence que le skipper de «Géant» a mis à profit en l’intégrant dans son équipage dès 2001. Ainsi devenu fidèle à la philosophie de Mer Agitée, qui veut que les membres de l’écurie partagent et mettent leur savoir-faire au service des différents projets, c’est donc naturellement que de Castro a rejoint l’équipe «VMI» pour la préparation du monocoque au Vendée Globe de Sébastien Josse.«Spécialiste du composite mais aussi très bon navigateur, l’œil critique que Nico porte aussi bien sur le projet que sur le bateau est spécialement intéressant», confie Josse.
L’Open 6.50 monte en puissance
Depuis deux week-ends d’entraînement à La Trinité, l’OPEN 6.50 s’impose facilement face à ses concurrents directs ! Un bateau de plus en plus rapide et une émulation au sein des coureurs donne le sourire à toute la Classe qui envisage une saison riche et des compétitions haletantes ! L’équipage de « Joli Grillon » issu de l’écurie rochelaise « Partner Sailing Team » (William Thomas, Christian Ponthieu, Thomas Allin et Jean-Noël Belles) qui découvrait l’Open 6,50 n’a pas fait de quartier en Baie de Quiberon pour leurs premiers bords sur le bijou de carbone. Début mars, alors qu’une brise soutenue à 25 nœuds soufflait sur les entraînements, ils furent les seuls à courir une manche, aucun autre bateau de la catégorie ne se risquant à sortir ! A l’aise dans le petit temps !Toutes autres conditions pour ces 12 et 13 mars, qui ont vu une très légère brise assez instable rythmer les entraînements. Si la manche de samedi fut annulée faute de vent, « Joli Grillon » menait pourtant largement la danse en tête devant « Macao », « Otor Bretagne », « Follen Du » et « MC² ».La régate du dimanche quant à elle n’a fait que confirmer l’aisance de l’OPEN 6.50 dans le petit temps puisque les trois voiliers occupaient les trois premières places, « Joli Grillon » mené par le Partner Sailing Team se trouvant confortablement sur la première !Emulation de Classe !La présence des membres de l’écurie de Partner & Partners (entre autre Championne du Monde de Melges 24 en 2004, victorieuse la saison passée à Key West, à la SNIM et de la Semaine de la Rochelle) sur le circuit à vraisemblablement fait progresser l’ensemble des coureurs. En effet, l’esprit d’équipe qui fait la réputation de l’écurie rochelaise depuis 5 ans a marché à plein parmi les équipages régatant en Open 6,50. « Notre approche au sein de la Partner Sailing Team est d’échanger systématiquement nos réglages et nos sensations avec les autres équipages navigants sur les Open 6,50 comme nous le faisons systématiquement sur les circuits monotypes internationaux. Notre objectif n’est pas de gagner à tout prix, mais de progresser collectivement, c’est ce qui nous a séduit dans la mission qui nous a été confiée par les promoteurs et Jean Marie Finot l’architecte de l’Open 6,50. Sur le plan sportif, nous n’avons aucun intérêt à ce que nos concurrents en Open 6,50 ne relèvent pas leur niveau, c’est au contraire un levier pour nous contraindre à travailler d’avantage pour élever notre niveau à chaque régate. L’essentiel pour nous, c’est de créer une émulation pour que les Open 6,50 soient devant. Depuis 2000, nous approchons chaque support de la même façon. Commente William Thomas, manager sportif du Partner Sailing Team et co-skipper de « Joli Grillon »». Le vendredi précédant les régates une séance de speed tests était programmée et les conseils étaient abondamment échangés entre les équipages de 6,50. « Nous avons beaucoup progressé ce week-end, analyse Christian Ponthieu, nous n’avons plus aucun déficit en cap ou en vitesse par rapport aux autres bateaux même vis-à-vis des séries réputées pour leurs qualités au près. Le bateau est hyper maniable, rapide et hyper vivant et ceci par tous les temps ! » Prochain rendez-vous à La Rochelle.Pour le week-end Pascal du 26 au 28 mars, les Sportboats de moins de 7 mètres se retrouveront à La Rochelle.Une nouvelle occasion de se confronter et de progresser puisqu’en marge des régates, speed tests et débriefings seront prévus.La classe progresse, se développe, tient ses promesses… et ses premières victoires !Source : Classe Open 6.50
Premiers pas sur la terre…
Premières réactions de l´équipage :
Bruno Peyron (sur le podium) : « Je tiens à remercier en premier les constructeurs, avec plus de 100 000 heures de travail effectuées. Les préparateurs, qui ont fait un boulot formidable et bien sûr les architectes (le design team du chantier Multiplast, dirigé par Gilles Ollier) qui ont fait naître le bateau. Cela n´a pas toujours été facile et Alain Prost doit bien comprendre ce que je veux dire, mais de cet échange permanent est née cette lignée de maxi-catamarans qui ont fait 1er et 2ème de The Race, puis le Trophée Jules Verne en 2002 et 2005 ».
Bruno Peyron (suite) : « Que le Trophée Jules Verne et le record absolu autour du monde soient à nouveau réunis, je trouve cela plus joli. Ce passage avec deux records dissociés restera comme une parenthèse dans son histoire, un peu comme dans la Coupe de l´America quand un catamaran était venu défié un grand monocoque. »
Philippe Péché ( Chef de quart) : « Sur ce tour du monde, on a effectué 129 changements de voiles d´avant. Nous avons effectué 54 prises de ris (réduction de la grand voile), 55 empannages et 8 virements de bord (changement d´amures). Nous ne sommes jamais restés sous-toilé ou sur-toilé et les manoeuvres s´effectuaient avec un tempo précis. Nous n´avons pas cassé une seule latte dans la grand voile. En 2002, on en avait cassé 7. A chaque fois, c´est au moins deux heures de perdues ».
Lionel Lemonchois (Chef de quart) : « Avec les nouveaux safrans dessinés par Mick Kermarec (architecte impliquée notamment dans la Coupe de l´America), on place le bateau où l´on veut sur la vague. Une grosse évolution à faire concerne la position et la protection du barreur. Avec la vitesse, on en prend plein la gueule et cela va à l´encontre de la performance. On avait un petit pare-brise de protection que l´on trimballait d´une coque à l´autre. Il a volé en éclat dès la première grosse vague. J´étais à la barre et c´était à l´entrée de l´océan Indien. Heureusement, on n´a pas fait beaucoup de reaching (allures près du vent), mais beaucoup de vrai portant. Le bateau mouillait alors très peu. Sinon, cela aurait été encore bien pire ».
Roger Nilson (Navigateur-Médecin) : « En moyenne, côté météo, on a eu de la chance. Les français sont plus décontractés que les anglo-saxons. J´aime ça et cet équipage est vraiment merveilleux. Sinon, il n´y a pas eu un bobo sérieux à bord. Les gars sont pros et savent ce qu´ils font. »
Florent Chastel (Numéro 1) : « La manoeuvre que je crains le plus et les deux autres qui la faisait comme moi (Nicolas Castro et Ronan Le Goff) ne me contrediront pas, c´est quand il faut aller en bout de bôme pour mettre la sécurité sur le ris que l´on vient de prendre. Avant de la mettre, c´est un petit bout de 14 qui prend toute la tension. On le voit, on l´entend travailler et si il casse, cela fait catapulte. La bôme est tirée vers le bas par l´écoute, puis vers le haut par la voile qui se regonfle. Même attaché, je ne suis pas serein à ce moment là ».
Orange II pulvérise le chrono du Tour du Monde…
Mission accomplie ! En coupant par une belle nuit noire mais néanmoins étoilée la ligne d’arrivée située au large de l’île d’Ouessant à 3h23 ce matin, Bruno Peyron et ses treize hommes d’équipage viennent de réussir une remarquable performance. Ils ont pulvérisé les temps de parcours effectués l’an dernier par l’américain Steve Fossett et par Olivier de Kersauson. Ce nouveau temps de référence, pas un des membres de l’équipage n’aurait oser imaginer l’établir avant le départ pris le lundi 24 janvier à 11h03. Le maxi-catamaran Orange II, mis à l’eau le lundi 22 décembre 2003, prouve haut la main qu’il est bel et bien le voilier océanique le plus rapide de la planète. Après avoir été le plus véloce sur 24 heures (706,20 milles) et après avoir remporté le record de la Méditerranée (Marseille/Carthage) l´été dernière, il vient d’inscrire la plus brillante des lignes à son jeune palmarès. Ce « mangeur » d’océan, skippé de main de maître par Bruno Peyron qui a su réunir autour de lui un équipage de haute volée, a un bel avenir devant ses deux étraves. Mais ce matin, point question d’avenir, juste un bonheur à savourer pleinement avant de rejoindre le port de Commerce de Brest et le quai Malbert où Orange II est attendu dans la mâtinée, vers 10h30. Lors du passage de la ligne, le vent de sud soufflait à 25/27 nœuds de secteur sud-sud-ouest. Le maxi-catamaran l’a coupé à 28 nœuds de vitesse, à 0,5 milles de la côte. « On a essayé d’être précis, à l’image de notre parcours » lâche Bruno Peyron, avec une vraie émotion dans la voix.


















