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Interview d´Ellen, superwoman !

Castorama / Ellen MacArthur
Castorama / Ellen MacArthur

– Vous venez de croiser deux icebergs que votre radar n´a pas détecté. Pas trop angoissée ?
Ellen MacArthur : “Il est vrai que c´est toujours un choc de voir des icebergs surtout lorsqu´on file à 20 nœuds. Ce qui est inquiétant, c´est que ces icebergs sont très nord. Ça fait peur, surtout la nuit, car mon radar ne les a pas détectés : il est altéré par le solent en fibre de carbone qui ne laisse pas passer les ondes. Je suis vraiment tendue… “”

– Deux jours et demi de moins que Joyon à mi-parcours : vous attendiez-vous à une telle avance ?
E.M. : “”Je ne m´y attendais pas et je suis assez étonnée d´avoir cette avance-là. De plus, les vents ne vont pas être mauvais d´ici au cap Horn, mais il faut toujours être prudent, car la ligne d´arrivée est encore loin. Je me souviens qu´Olivier de Kersauson et son équipage avaient perdu 6 jours entre l´équateur et Brest, donc méfiance. Bien sûr, ça aide mentalement d´avoir de l´avance à mi-parcours, mais le bateau est plus usé et moi aussi. La seule ligne qui compte, c´est l´arrivée et elle est loin. Alors, je reste concentrée””.

– Quelles différences existent-ils entre un tour du monde sur monocoque de 60 pieds et sur multicoque de 75 pieds ?
E.M. : “”Le stress ! Physiquement, un trimaran est certes plus exigeant qu´un monocoque, mais le stress n´est pas le même. Ici, ça va plus vite, à 20-22 nœuds. Tout arrive tellement plus vite, surtout les ennuis. Donc, il est difficile de se détendre. Je suis toujours sous pression, stressée””.

– Rassurez-nous, vous prenez quand même du plaisir à naviguer ?
E.M. : “”Oui, bien sûr, même si j´ai vraiment eu du mal lors des deux premières semaines. Là, ça va mieux. Hier, j´ai eu droit à un coucher de soleil, soleil que je n´avais pas vu depuis quatre jours : il y avait de belles couleurs, des oiseaux partout : c´était super beau. Ces moments-là sont magiques et me procurent énormément de plaisir””.

– Dans quel état se trouvent le trimaran… et son skipper ?
E.M. : “”Le bateau n´est pas en mauvais état. Certains bouts sont usés, mais ça va. J´effectue régulièrement un check-up complet du bateau et tout va bien. Je touche du bois… Quant au skipper, il est un peu fatigué, mais ça va mieux maintenant. En fait, mon état dépend de la météo””.

– Avez-vous le temps de suivre le Vendée Globe, notamment la progression de Nick Moloney qui navigue sur votre ancien “”Kingfisher”” ?
E.M. : “”Oui, je suis de près cette course. Chaque jour, je note la position des concurrents afin de ne pas les percuter car je vais plus vite qu´eux. Le Vendée Globe est une course géniale avec ses joies et ses peines. Sinon, je suis à 700 milles de Nick. On ne va pas changer nos routes pour se faire un petit coucou, mais j´avoue que ce serait génial de se voir en pleine mer””.

– Que peut-on vous souhaitez en ce début d´année 2005 ?
E.M. : “”Oh rien, il faut d´abord avoir une pensée pour tous ses gens qui ont été touchés par le tsunami…””

Propos recueillis par Philippe Eliès”

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Jean qui râle , Vincent qui sourit

Jean Le Cam / Bonduelle
Jean Le Cam / Bonduelle

Piégé dans les dévents de la Cordillère des Andes alors que ses poursuivants continuaient à cavaler , Le Cam n´a donc pas pleinement savouré ce franchissement du Horn qui sonnait comme une délivrance. Le leader était tout de même soulagé de refermer la porte du Grand Sud . ” Cela fait du bien de revenir dans un monde civilisé. Comme je l´ai franchi de nuit , je n´ai pas vu grand chose mais je savais qu´il était là dans la pénombre. C´est super bien et satisfaisant d´arriver à cette marque en tête. Maintenant une autre histoire commence… “”

Le Cam en colère
Outre le fait qu´il ne s´attendait pas à être aussi ralenti , on sentait le skipper de Bonduelle chiffonné et un brin crispé. Et comme ce finistérien a son franc parler , le “” taiseux”” qu´il est a fini par cracher le morceau. Il était irrité par la transparence des trajectoires : “” Hier soir j´ai fait deux empannages pour me recaler et ce matin je l´ai appris par le journal. Je n´ai rien à ajouter… Quand tu es devant et que tu tombes dans la pétole ce n´est pas drôle mais que tout le monde soit rapidement au courant je m´étonne. Je n´ai jamais fait une course où tout le monde a accès à toutes les données .”” lâchait il carrément remonté. Il s´en est suivi un grand blanc avant que Denis Horeau le directeur de course apporte quelques explications techniques. (*)

Jean Le Cam fatigué à la sortie de cette navigation parfaitement maitrisée dans le Pacifique mais si stressante quand il a fallu jouer à cache cache avec les icebergs a consenti à raconter un peu son approche du cap mythique. “” Juste avant le passage, j´ai vu une île c´était la première fois que je voyais la terre depuis les Sables. Cela m´a fait penser à Astérix quand ils disent Terre Terre. Deux mois sans voir la Terre c´est bizarre. J´étais comme un gamin. “”

Arrêt au stand du Horn ?
Après cette parenthèse poétique, place à la course avec un casse tête météorologique pour débuter cette remontée vers les Sables. Et là , le leader était avare de détails sur sa situation météo du moment. C´est de bonne guerre mais vu l´abondance d´informations en circulation , Vincent Riou n´avait nul besoin des confidences du roi Jean pour imaginer le scénario. Et le bigouden se réjouissait forcément de voir l´écart se réduire comme peau de chagrin : “” Cela risque de faire un nouveau départ. Comme cela on va s´amuser. La question est y aura t´ il un arrêt au stand pour tout le monde où cela ne concernera t´il que Jean ? Les prévisions météo jouent plutôt en notre faveur. Je pense que Bonduelle devrait repartir avant nous et garder une petite centaine de milles d´avance “” confiait le skipper de PRB lui aussi soulagé à l´idée de quitter le Grand Sud. “” L´océan indien a vraiment été difficile et le Pacifique stressant avec cette vigilance constante aux icebergs. Remonter vers des latitudes plus clémentes c´est sympa “”. Et comme l´effet d´élastique semble cette fois en faveur des chasseurs , le jeu s´annonce très ouvert. “”Cela peut faire une belle régate et que le meilleur gagne ! “” a conclu le skipper de Loctudy;G.Dréan – Le Télégramme* La direction de course dispose de positions toutes les 30 minutes. Avec un petit délai celles- ci apparaissent en différé sur la cartographie du site officiel. Les trajectoires sont ainsi visualisées dans le détail.”” Ce qui permet de rendre la course très compréhensible du grand public. Inconvénient on a un regard perçant et percutant sur la stratégie des uns et des autres”” convient Denis Horeau. “

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Le Cap Horn demain matin…

Vendée Globe 2004
Vendée Globe 2004

On l’a dit, et ses trajectoires limpides en attestent, Jean Le Cam a, depuis la Nouvelle-Zélande récité une partition sans faute et qui fera date. Un autre marin s’illustre avec d’autant plus de mérite et de brio que les systèmes météos ne lui ont fait aucun cadeau ; il s’agit du discret Dominique Wavre (Temenos) qui tutoie depuis 4 jours les 400 milles parcourus en 24 heures (405 le 30 décembre !). Cet incroyable tempo, maintenu au plus fort de la tempête, ramène le Suisse à 413 milles de son prédécesseur immédiat Sébastien Josse (VMI), soit un gain de 126 milles en 24 heures. Certes, Sébastien ne dispose plus de ses grandes voiles portantes depuis son choc avec un growler. Sa quête constante d’autres angles de vent nuit à l’efficacité de ses trajectoires. Mais à moins de 2 000 du Horn, Dominique propulse son véloce Temenos en parfait état vers l’Atlantique où il jouera à fond sa carte d’outsider pour une place d’honneur.

Longtemps piégés au large de la Nouvelle-Zélande par des vents contraires, les deux « Nordistes » Nick Moloney (Skandia) et Joé Seeten (Arcelor Dunkerque) sentent enfin la pression dans leurs voiles des flux venus du nord. Les caps indiquent enfin l’est sud est et les vitesses de rapprochement s’en revigorent. Ex compagnon de route du duo Wavre-Dick (Virbac-Paprec), l’Australien se trouve aujourd’hui bien isolé avec un passif lourd de quelques 850 milles . Mais l’homme est un combattant et son bateau, l’ex Kingfisher d’Ellen Macarthur récupère jour après jour son formidable potentiel si durement éprouvé lors du chavirage. Le Dunkerquois Seeten peut se réjouir ; il franchit aujourd’hui l’antéméridien, symbole à ses yeux non plus de l’éloignement, mais du rapprochement vers l’arrivée.

Passera ? passera pas ? Le Britannique Conrad Humphreys (Hellomoto) n’est plus ce matin qu’à 25 petits milles de l’Américain Bruce Schwab (Ocean Planet). Les deux hommes convergent au large de l’île Campbell en quête des mêmes flux d’ouest. Après son extraordinaire traversée de l’océan Indien, Conrad n’aspire qu’à poursuivre dans le Pacifique sa chevauchée fantastique. Une 9ème place ce soir au général au dépend d’Ocean Planet serait accessoire à ses yeux. N’empêche ! Le 8 décembre dernier, c’est bien en 17ème position que le marin de Plymouth réintégrait la flotte du Vendée Globe après son changement de safran en Afrique du Sud !

* Michel Desjoyeaux : 10 janvier 2001 en 62 jours, 02 heures et 49 minutes

Classement de 04h00 TU (05h00 heure française)

1. Jean Le Cam (Bonduelle) à 7 388,4 milles de l’arrivée
2. Vincent Riou (PRB) à 241,9 milles du leader
3. Mike Golding (Ecover) à 298,2 milles

(Source : Vendée Globe°

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Icebergs dans le nord de Castorama

Ellen MacArthur
Ellen MacArthur

 A 4h30 GMT ce matin, Ellen annonçait avoir vu 2 gros icebergs d´environ 20 mètres de long à 2 milles dans son nord (à ce moment précis, Castorama se trouvait par 50 58 S / 175 52 E) : "je peux les voir sur bâbord… C´est vraiment stressant. Il faut que je retourne sur le pont. Il ne me reste plus que 4 heures de jour. J´espère avoir passé le pire de cette zone…" De nombreux icebergs avaient été repérés par les concurrents du Vendée Globe dans la même région mais un peu plus au sud. Il y a deux semaines, le MRCC de Nouvelle Zélande avait d´abord alerté les organisateurs du Vendée Globe de la présence de glaces dans l´ESE de l´île Campbell sur plusieurs centaines de milles de longitude et de latitude. L´actuel leader du Vendée Globe, Jean Le Cam, fût le premier à relever des icebergs sur sa route. Quelques jours plus tard, Sébastien Josse (VMI) heurtait un growler (morceau d´iceberg) et cassait le bout dehors de son 60 pieds. L´ensemble de ces relevés a poussé Castorama a suivre une route plus nord ces dernières 48 heures. Cela n´a malheureusement pas empêché Ellen de voir deux icebergs sur une position très nord. Les prochaines heures s´annoncent particulièrement stressantes à bord du trimaran, alors que la nuit tombe sur cette partie du globe.

Depuis 19h00 GMT hier soir, Castorama affiche des vitesses supérieures à 20 nœuds dans un vent de SSW soufflant entre 20 et 26 nœuds. Ellen MacArthur a déjà parcouru 14640 milles à la vitesse moyenne de 17,4 nœuds depuis le départ de sa tentative de record en solitaire il y a 35 jours. Malgré cette bonne progression, Castorama commence à perdre quelques minutes sur le record de Francis Joyon. Son avance s´élève toujours à 2,5 jours mais sa route est actuellement plus nord que celle d´IDEC au même moment. Ellen MacArthur doit donc continuer sans relâche pour espérer battre le record de Francis Joyon, qui fut le premier à boucler un tour du monde en solitaire, sans escale, sur multicoque (en 72 jours, 22 heures et 54 minutes). Elle doit en permanence repousser ses limites physiques et psychologiques tout en gérant au mieux son temps de sommeil et de repos. Le Dr Claudio Stampi, spécialiste en la matière, suit Ellen depuis 5 ans : "pour l´instant, je peux dire qu´elle fait du très bon travail du point de vue de la gestion du sommeil". Ellen porte un bio-moniteur qui enregistre son temps de repos et ses dépenses énergétiques et qui envoie les données au Dr Stampi pour analyses. Ces cinq derniers jours, Ellen a dormi en moyenne 6 heures par 24 heures. Le miminum qu´elle ait dormi depuis le départ est 1h32, le 28 décembre, lorsque Castorama affrontait son 3e coup de vent successif. En solitaire, les marins dorment par "siestes" de 10, 20, 30, parfois 40 minutes. Mais dans les conditions difficiles de vent et de froid, il est évidemment beaucoup plus difficile de s´endormir et avec les vents instables et les fortes rafales qui vont concerner Ellen ces prochaines 48 heures, le sommeil sera encore plus dur à gérer.

Castorama approche actuellement de la ligne de changement de date, l´antiméridien (180 degrés E/W). A partir de là, Ellen pourra commencer à décompter les degrés de longitude ouest jusqu´au Cap Horn (à environ 4000 milles dans son est) et jusqu´à l´arrivée.

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Un nouveau jour se lève. Bonne année !

Lever de soleil
Lever de soleil

Les deux flottes du Vendée Globe.

Il y a bien aujourd’hui deux flottes dans le Vendée Globe. Celle, rapide, concernée par la dépression centrée par 60 degrés de latitude sud et vigoureusement étirée sur la partie orientale du Pacifique Sud, et l’autre, laborieuse, que les hautes pressions de Nouvelle-Zélande martyrisent depuis hier. Avec la dite dépression, ils sont six, de Jean Le Cam (Bonduelle) à Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec) 1990 milles derrière, à naviguer dans un flux d’Ouest Nord Ouest bien établi, véritable tapis roulant vers l’Amérique du Sud. Au sein de ce groupe et ancré en 5ème position, Dominique Wavre (Téménos) fait des étincelles à plus de 15 noeuds sur la route. En tête, Jean Le Cam poursuit son sans faute Pacifique, trajectoire parfaite, vitesse élevée et ce matelas d’avance jalousement entretenu et bonifié : 262 milles au dépend de Vincent Riou (PRB) et 325 devant Mike Golding (Ecover), soit des écarts légèrement supérieurs à ceux d’hier à la même heure.

Dans l’Est et le Sud de la Nouvelle-Zélande, l’heure est aux vitesses faibles et aux trajectoires erratiques. Nick Moloney (Skandia) n’en finit pas de chercher une porte vers les latitudes sud. La journée d’hier lui a coûté 160 milles de retard supplémentaires sur Jean Pierre Dick. L’Australien entraîne dans son sillage de misère Joé Seeten (Arcelor Dunkerque), 101 milles parcourus en 24 heures ! et Bruce Schwab (Ocean Planet), tous deux « interdits » de sud par des vents contraires. Un sud où le Britannique Conrad Humphreys (Hellomoto) refuse lui de s’aventurer, malgré les promesses de vents forts et portants. Il interrompt (momentanément) sa belle marche en avant devant la menace effective des glaces dans ce secteur et cherche une navigation plus paisible, moins stressante, dans le Nord des îles Campbell. Benoît Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western) l’imitera t-il sur cette route de la raison, ou cherchera t’il à profiter un peu plus longtemps de la pression rencontrée dans le sud pour rester au plus près du tableau arrière du Britannique ?

Tout en réparant son pilote automatique défaillant, Anne Liardet (Roxy) est entrée en mer de Tasmanie. Sa trajectoire converge dorénavant vers celle du revenant Patrice Carpentier (VM Matériaux) dont la réparation « à la Parlier » de sa bôme brisée force l’admiration.

(Source : Vendée Globe 2004)

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Ils regardent déjà vers le cap Horn…

Albatros au dessus de Temenos
Albatros au dessus de Temenos

Vitesse élevée, cap au Nord Est ; Sébastien Josse (VMI) et Dominique Wavre (Temenos) sont bien rejoints par le fort vent d’ouest de la dépression. Les deux hommes cherchent dans le nord une pression plus faible et l’assurance de s’éloigner des zones d’icebergs. Très rapide cette nuit, le Suisse a finalement peu repris au jeune Français plus proche de la route directe. Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec) est aux prises avec le même système; il calque sa route sur celle de Wavre. Une démarche que l’Australien Nick Moloney aimerait imiter. Mais la dépression se déplace vite et menace de le laisser sur place, englué dans les calmes. Nick est à la bagarre et aimerait rester dans ce bon wagon à destination du Horn. Journée cruciale pour l’Australien qui croisera prochainement la route de la flotte des concurrents du Global Challenge, course autour du monde en équipage et avec escale d’Est en Ouest.

Joé Seeten est lucide. Il voit les calmes qui menacent Moloney. Il doit lui aussi descendre de son perchoir Néo Zélandais pour les éviter (Joé croise à 50 milles seulement de l’île Stewart !) Mais le vent est au Sud Ouest et piège encore le Dunkerquois. Situation encore plus délicate pour son poursuivant immédiat, l’américain Bruce Schwab (Ocean Planet), pris dans les calmes de la Mer de Tasmanie et qui lutte furieusement à grand coup d’empannages pour se dégager. Sait-il le jovial américain qu’il figure désormais en tête de liste des victimes désignées du « glouton », l’insatiable Britannique Conrad Humphreys (Hellomoto) qui fonce à toute vitesse sous la Tasmanie vers les forts vents d’Ouest. Revenu du diable vauvert après son arrêt contraint et prolongé en Afrique du Sud, Conrad n’est plus qu’à 240 milles du voilier à la bannière étoilée et continue d’aligner des journées à 350 milles sur la route. Avec l’arrêt décidé en Nouvelle Zélande de Marc Thiercelin (Pro Form), c’est bien en 9ème place que le skipper d’Hellomoto pourrait terminer l’année, soit un gain de… 7 places en 3 semaines !

A près de 5 000 milles de la tête de la course, Karen Leibovici (Benefic) arrive à la longitude du cap Leeuwin, marque de parcours symbolique atteinte 16 jours après Vincent Riou (PRB).

Classement de 04h00 TU (05h00 heure française) :
1. Jean Le Cam (Bonduelle) à 8 416,5 milles de l’arrivée
2. Vincent Riou (PRB) à 184,3 milles du leader
3. Mike Golding (Ecover) à 244,6 milles

(Source : Vendée Globe 2004)

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Par ici… les Minis !

Circuit Mini - Départ Transat 6.50 2003
Circuit Mini - Départ Transat 6.50 2003

La classe Mini a récemment publié sur son site internet la liste très attendue des pré-inscriptions à la grande Mini-Transat, alors que les prétendants à la grande transocéanique en solo à la barre d’un petit bateau se bousculent déjà. Premier constat : la liste officielle est déjà pleine à craquer et le clan de ceux relégués en liste d’attente ne cesse d’augmenter. Rappelons en effet que les places sont chères (ou plutôt très convoitées parce que limitées à 72) et que les candidats ne doivent pas lésiner sur la motivation et la ténacité dont il leur faut faire preuve pour décrocher leur ticket d’entrée. Et à jeter un petit coup d’œil sur cette liste déjà trop remplie, on remarque aussi que tous – ou presque – sont déjà qualifiés et remplissent toutes les conditions nécessaires pour s’engager dans la grande aventure. Sur les 63 pré-inscrits (9 places sont en effet réservées), seule une petite dizaine d’entre eux doivent en effet encore s’acquitter du nombre de milles réglementaires et/ou disputer une course qualificative pour valider leur candidature en bonne et due forme.

Le Blevec, Sayer et Douguet de retour…
Difficile aussi de ne pas souligner que des ministes, déjà devenus grands, font leur grand retour sur le circuit pour cette 15ème. Ainsi Yves Le Blevec – le fidèle équipier de Bruno Peyron à bord d’Orange II, qui avait essuyé les plâtres de sa première Mini en 2001 – va-t-il rattraper la barre de son ancien bateau. Un certain Dephemerid’eux (le 151), ce plan Finot-Conq de 1995, vainqueur en titre sur l’épreuve qu’il a remportée en 2003 avec Armel Tripon. Dans cette longue liste, on tombe aussi sur Chris Sayer, le Néo-Zéd, inconditionnel de l’épreuve. En 1999, Chris s’était illustré en décrochant une superbe 3è place à bord de son mini « fait maison » sur une édition qui avait pourtant malmené la flotte entre Lanzarote et la Guadeloupe. Conquis, le Kiwi n’avait pas tardé à retourner dans son chantier en Tasmanie pour donner corps et forme à un plan Backewell-White. Les aléas du calendrier et les règles de qualification l’avaient écarté de la grille de départ en 2003. Ce qui n’avait pas empêché le solitaire des antipodes à prendre le départ « en pirate »…pour terminer 3è hors classement. Cette année et pour sa 3è, Chris is back… dans la liste officielle cette fois Parmi les pré-inscrits qui font dores et déjà figure de favoris, à noter aussi la présence de Corentin Douguet – ce ministe, figariste, régatier affûté – qui avait déjà disputé l’édition 2001. La revoilà bien armé d’un proto dernier cri, un plan Manuard 2003.Un sérieux concurrent, assurément…

LF

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Orange II prêt pour le tour du monde

Orange II
Orange II

Parti mercredi pour une sortie d´entraînement, “Orange II”” est rentré à sa base lorientaise, hier. Après un chantier de huit semaines et quelques essais en mer, le maxi-multicoque est fin prêt à larguer les amarres. Tout le gréement dormant a été changé, ainsi que les deux safrans qui avaient causé bien des soucis à l´équipage lors de la dernière tentative.

13 ou 14 à bord

Reste maintenant à connaître les noms des équipiers qui seront retenus pour cette giration planétaire : “”On sera 13 ou 14 à bord : je n´ai pas encore décidé si j´allais être dedans ou hors quart””.
Pas superstitieux pour un sou -“”nous étions 13 à bord de “”Orange”” lors de la tentative victorieuse en 2002″”-, Bruno Peyron va, en revanche, avoir un choix difficile à faire d´ici à une semaine. En effet, sur les 15 équipiers qui étaient à bord hier, un équipier au moins (voire deux) restera à quai.
Et vu les CV nautiques des hommes présents sur le géant, la sélection ne sera pas aisée. Le “”noyau dur””, c´est-à-dire ceux qui étaient déjà à bord lors du Jules Verne 2002 (Yann Eliès, Yves Le Blévec, Ronan Le Goff, Philippe Péché, Laurent Chastel et Jean-Baptiste Epron) seront très certainement du voyage. Comme il est fort probable que le Suédois Roger Nilson, Jacques Caraës et Sébastien Audigane, tous trois présents en 2004, fassent aussi partie de l´équipage.

Stamm, Caudrelier, Lemonchois…

Quant aux nouveaux “”venus””, ils ont des atouts à faire valoir : Lionel Lemonchois, Bernard Stamm et Charles Caudrelier, excusez du peu. “”Bien sûr, j´espère être retenu, car ça me plaît beaucoup””, avoue le dernier vainqueur de la Solitaire du Figaro. Privé de Vendée Globe, le Suisse Stamm est lui aussi partant pour un tour du monde express : “”Je ne connaissais pas ce type de bateau. C´est très rapide””. Et forcément, ça lui plaît. Bruno Peyron n´a donc que l´embarras du choix.
Rassuré par les belles performances de son géant l´été dernier (1), le skipper a hâte d´en découdre : “”On sait pourquoi on a fait ce bateau-là. J´ai toujours dit que je voulais qu´il devienne l´engin le plus rapide de la planète : c´est la raison pour laquelle on s´attaque à des choses ambitieuses””.

60 jours de nourriture

Détenteur à deux reprises du Trophée Jules Verne, l´aîné des frères Peyron veut reprendre son bien à Kersauson : “”Oui, je veux récupérer ce Trophée qui me tient à cœur et aussi battre le temps absolu de Fossett. Ainsi, on réunifiera les deux titres, comme en boxe””.
Avant d´entrer sur le ring, Peyron et ses équipiers ont mené une impitoyable chasse au poids. Ainsi, les deux moteurs ont été enlevés et remplacés par un générateur : “”On a économisé entre 800 et 900 kg””.
Côté nourriture, l´équipage va embarquer de quoi s´alimenter pendant 60 jours. Sachant que le Trophée Jules Verne est à 63 jours 13 h 59´ 46´ et le record absolu du “”Cheyenne”” de Steve Fossett à 58 jours 9 h 32´ 45´´…

Philippe Eliès

(1) : record de la plus grande distance parcourue en 24 h (706,2 milles à la moyenne de 29,29 nœuds), record de la Méditerranée en 17 h 56´ 13´´ (à la moyenne de 25,53 noeuds) et très belle performance lors de la traversée de l´Atlantique en août où “”Orange 2″” a raté le record de 31 petites minutes.

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Bonduelle en tête, à 4 jours du Horn…

Vendée Globe 2004
Vendée Globe 2004

Jean Le Cam (Bonduelle) poursuit sa marche en avant et gonfle imperceptiblement (mais sûrement) son capital d’avance. Serein et appliqué, il aligne avec une étonnante régularité des journées à 380 milles. Son décalage dans le sud au plus près de la route directe continue de payer.
Vincent Riou (PRB), qui passe la dernière « porte » du Pacifique ce matin, sait Golding la menace (Ecover) plus que jamais en embuscade une cinquantaine de milles dans son sud. Les trois hommes avalent le Pacifique avec un appétit glouton, se gavant de milles bien calés en bordure d’une dépression décidée à les déposer sans coup férir aux portes du bonheur, le fameux Cap Horn à 1 735 milles de l’étrave de Bonduelle.

– 381 milles au compteur d’hier. 384 aujourd’hui. Jean Le Cam s’est ouvert un joli boulevard en plein cœur de l’Océan Pacifique. Sa cavalcade dans le froid et l’humidité parfaitement maîtrisée pourrait lui offrir le Horn dès dimanche. Derrière, loin derrière puisque Sébastien Josse et son VMI blessé accusent plus de 950 milles de retard, le mouvement général s’oriente au nord, sous la double pression de l’arrivée prochaine d’un centre dépressionnaire et de la lancinante menace des icebergs. Pour Dominique Wavre (Temenos), Jean Pierre Dick (Virbac-Paprec), Nick Moloney (Skandia) et aussi Joé Seeten remonté au ras de la Nouvelle Zélande, les « portes » du Pacifique seront parés sur une route bien au Nord.

– A 77 milles des côtes de l’île du sud de la Nouvelle Zélande, Marc Thiercelin (Pro Form) cherche un abri, pour réparer ou jeter l’éponge ? Réponse aujourd’hui, mais les propos désabusés de Marc n’invitent guère à l’optimisme : « J´en ai gros sur le coeur. Quand je commence un travail, je le finis toujours. C´est la décision la plus difficile que je vais devoir prendre. Je n´ai jamais abandonné une course de toute ma carrière. Cette fois, j´ai peur que le matériel ait été plus fort que moi. »

– A l’arrêt depuis hier matin en Tasmanie, Patrice Carpentier (VM Matériaux) a entamé ses travaux d’hercule, au premier rang desquels la réparation de sa bôme brisée. Point d’idée d’abandon chez le doyen de la course qui prendra le temps de redonner à son monocoque les moyens de rallier les Sables d’Olonne. Son immobilisation forcée fait les affaires de l’américain Bruce Schwab qui hisse son Ocean Planet sur la 10ème marche du podium.

– 5 nœuds plus rapide sur 24 heures, soit un gain de plus de 100 milles par jour… Conrad Humphreys (Hellomoto) est sans pitié pour Benoît Parnaudeau (Max Havelaar/Best Western). Le Britannique poursuit sa belle remontée et devrait « chiper » au Rochelais sa 12ème place dans la journée. Entré bon dernier dans l’Océan Indien le 8 décembre dernier, Conrad aura ainsi rattrapé 4 concurrents.

Classement de 04h00 TU (05h00 heure française)

1. Jean Le Cam (Bonduelle) à 8761,6 milles de l’arrivée
2. Vincent Riou (PRB) à 185,7 milles du leader
3. Mike Golding (Ecover) à 237,9 milles

(Source : Vendée Globe 2004)

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Oryx Quest 2005 : Cheyenne, 4ème géant sur les rangs

Cheyenne à l´arrivée du record autour du monde
Cheyenne à l´arrivée du record autour du monde

Depuis 1993, David Scully est à l’origine de toutes les campagnes de records à la voile en multicoque de Steve Fossett. Ensemble, ils ont battu douze records officiels, dont notamment celui de la traversée de l’Atlantique et du tour du monde. Conçu par les célèbres architectes navals Gino Morrelli et Pete Melvin, Cheyenne a été construit en 1998 par le chantier Cookson en Nouvelle-Zélande et a été le premier d’une nouvelle génération de multicoques géants, conçus pour s’attaquer aux records majeurs de la course au large. Mené par Fossett, Cheyenne a établi toute une série de records, dont le temps de référence pour la traversée de l’Atlantique en 2001 en 4 jours et 17 heures ainsi que le nouveau record pour le tour du monde en 58 jours et 9 heures en 2004.

Fossett confiant, Edwards contente

“Je suis heureux que Cheyenne soit au départ de cette nouvelle et fabuleuse course”, a déclaré Fossett. “Je regrette de ne pouvoir moi-même y participer, mais je suis déjà engagé sur la réalisation du premier tour du monde sans escale en avion à bord du Virgin Atlantic GlobalFlyer. Avec David Scully à la barre, je suis certain que Cheyenne et son équipage relèveront le défi face à une telle concurrence et je crois qu’ils ont de bonnes chances de remporter la course.”
“Nous sommes absolument ravis que Steve ait décidé d’aligner Cheyenne sur l’Oryx Quest 2005. C’est un des multicoques les plus célèbres et sa participation contribuera à rendre cette épreuve encore plus compétitive. Il s’agira du premier affrontement de ces bateaux sur la même course. Nous avons toujours été confiants sur le fait d’avoir au moins quatre bateaux au départ le 5 février, mais c’est particulièrement merveilleux de pouvoir accueillir Cheyenne à nos côtés. Cela souligne encore une fois l’énormité et l’importance de cette épreuve pour l’avenir des multicoques géants au Qatar” a déclaré Tracy Edwards, l’organisatrice de la course.

Actuellement dans le bassin du port de Plymouth en Angleterre, Cheyenne est d’ores et déjà en configuration de course et sera chargé sur cargo avant la fin du mois de décembre pour rejoindre Doha au Qatar.

Source Oryx Quest

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