En suivant un cap de 20° plus proche de la route que ses adversaires, Vincent Riou a fortement réduit l’écart latéral, de 180 à 150 milles, avec Jean Le Cam et Mike Golding (Ecover). Le skipper Britannique reste toujours dans une position menaçante, en embuscade à 60 milles derrière Bonduelle. Alors que l’arrivée se profile à 646 milles du leader – moins de trois jours – le suspense est à son comble. Tel Icare se brûlant les ailes, trop proche du soleil, Vincent Riou va-t-il perdre toute son avance en flirtant de trop près avec le centre anticyclonique ? Ou bien va-t-il rebondir comme une bille de billard en touchant la bascule de vent pour mieux accélérer et déposer ses adversaires ? Seule certitude, cette journée de lundi s’annonce décisive. Pour Vincent Riou, le choix du bon timing pour virer de bord sera primordial. Trop tôt, il risque de se faire reprendre par Jean Le Cam. Trop tard, ce sont les calmes de l’anticyclone qui l’arrêteront inexorablement pendant quelques heures…
Castorama accentue son avance …
Après une bonne progression cette nuit, MacArthur porte ce midi son avance à plus de deux jours sur Francis Joyon. Castorama se trouvait ce matin à 400 milles dans le nord-ouest de l´archipel et navigue actuellement au près dans un vent assez fort et instable : "le vent a beaucoup faibli, puis il a monté en rafales sous une bande nuageuse. Je suis sous 1 ris Solent et j´ai un peu trop de vent pour cette configuration de voiles… J´ai abattu de 10 degrés en attendant que ça tombe un peu". Ellen MacArthur compte désormais 521 milles d´avance et il lui reste moins de 9 jours pour battre le record. La pression monte d´heure en heure. Comme le rappelait Ellen ce week-end, le moindre petit problème à partir de maintenant peut avoir de lourdes conséquences. La tension est palpable, à bord du trimaran, comme à terre. Chaque coup de fil d´Ellen peut annoncer une catastrophe. La collision avec un objet non identifié hier n´a fait que renforcer l´idée que tout espoir de record peut s´écrouler en une fraction de secondes.
Orange II a franchi l´équateur après 7 jours de course
Bruno Peyron : « On a passé l’équateur, il y a une quinzaine de minutes. On est encore avec des vents très faibles et une petite vitesse de 10-12 nœuds, mais on a vérifié sur les images satellite que l’on se trouve au bon endroit. Depuis les Canaries on a eu du vent extrêmement faible. On peut le voir sur les moyennes, mais la bonne nouvelle, c’est que le bateau va vite, dans peu de vent. La sortie du Pot-Au-Noir est vers 1° Sud et on devrait accélérer progressivement. Dans les heures qui viennent, l’alizé de sud-est va arriver et on devrait repartir au près avec une vingtaine de noeuds de vent assez soutenu. Pour la suite, on va descendre plein sud pendant deux jours et essayer de raccrocher le système qui se trouve au niveau du 20-25e Sud, et prendre la première à gauche.
America´s Cup – Du nouveau pour 2005
Alors que le mois de janvier touche à sa fin, il y a déjà du nouveau en 2005, que ce soit dans les coulisses ou sur l´eau, pour les huit challengers et le Defender Team Alinghi.
Les équipes les plus actives sont les deux syndicats de l´hémisphère Sud, Emirates Team New Zealand et les Sud-africains de Team Shosholoza, qui s´entraînent déjà sur l´eau. En plus de leurs entraînements cet hiver, ces deux équipes ont consolidé de nouveaux partenariats pour 2005, s´assurant ainsi de nouvelles ressources pour renforcer leur base financière.
S´agissant des autres syndicats, même si leurs Class America ne naviguent pas, de nombreux équipiers continuent de régater sur différents circuits. Jochen Schuemann (Alinghi) a remporté début janvier le championnat du monde des 5,5 mètres à Sydney. Le barreur de Luna Rossa, James Spithill, vient d´obtenir une seconde place en Melges 24 dans la très disputée semaine de Key West. De son côté, Iain Percy, le skipper de + 39 Challenge, est sur le point de disputer le mondial Star en Argentine.
Tout est encore possible !
Haute tensionPlus l’arrivée approche, plus les écarts se resserrent en tête de la course. Aujourd’hui, Jean Le Cam (Bonduelle) est passé devant au classement de 11h00 pour seulement… 0,7 mille ! Quatre heures plus tard, Vincent Riou (PRB) avait repris les commandes de 4,6 milles. Quant à Mike Golding (Ecover), il n’a pas dit non plus son dernier mot. Le Britannique pointe l’étrave de son monocoque blanc à tout juste 51 milles du leader. Comme il l’avait prévu, Vincent Riou a viré le premier en direction des Sables. Le skipper de PRB a touché en début d’après-midi cette fameuse bascule de vent tant attendue, de l’est au nord-est, ce qui lui permet désormais d’afficher une VMG (vitesse de rapprochement) égale à sa vitesse sur l’eau : 8,5 nœuds à 16h00. Pendant ce temps, Jean Le Cam, toujours tribord amures vers l’Irlande, progresse à près de 10 nœuds sur l’eau, mais à seulement 3,7 nœuds vers Les Sables… Mieux vaut, pour le skipper de Bonduelle, qu’il puisse virer sans tarder, car chaque heure qu’il passe en tribord amures augmente inexorablement son retard sur le leader. Séparés de 120 milles en latéral, les deux premiers nous offrent ainsi un mano a mano final de toute beauté, à quelques jours du dénouement toujours incertain de ce 5e Vendée Globe, prévu dans la nuit de mercredi à jeudi.
Plus que 33,4 milles entre Riou et Le Cam
Vincent Riou (PRB) progresse toujours cap au Nord. Sa trajectoire est parallèle aux côtes de France et le Bigouden ne se rapproche plus des Sables d’Olonne. Il va chercher ce fameux « point de giration » à partir duquel il pourra orienter à l’Est son étrave et progresser vers l’arrivée. Son adversaire direct, Jean Le Cam (Bonduelle), sur une trajectoire plus « lofée », s’est considérablement rapproché au classement général, 33,4 nautiques, relançant les supputations d’arrivée. Mais il n’a pas pour autant comblé son décalage Nord-Sud avec le leader, un décalage qui stagne à près de 3 degrés de latitude, soit 180 milles. C’est bien l’évolution de centre des hautes pressions située dans l’ouest de l’Irlande qui décidera à qui, de Vincent ou de Jean, il offrira l’angle et la force de vent favorables au retour vers la ligne d’arrivée.
Au sang froid de Riou, Le Cam oppose sa ruse et son esprit joueur. Il a réussi à créer un nouveau décalage Est Ouest de près de 100 milles qui relance quelque peu les actions de Bonduelle à la hausse. Pas de course de « petits chevaux » pour Jean qui veut rester maître de son destin. Mike Golding (Ecover) épouse sans bruit cette stratégie. Il réduit son déficit sur Vincent Riou à 102 milles.
Castorama, toujours dans le rythme …
Ces dernières 24 heures, Castorama a réussi à devancer le rythme de IDEC et gagne quelques heures de plus sur le record avec désormais 1 jour et 12 heures d´avance. Ellen est actuellement à 700 milles dans le nord de l´équateur et progresse toujours au près dans un vent qui commence à devenir plus favorable en force comme en direction : "le vent est un peu instable entre 14 et 18 nœuds. Le bateau avance bien mais à 14 nœuds sous génois c´est un peu limite et à 18 nœuds, c´est la même chose sous 1 ris Solent, donc c´est un peu dur de trouver le bon compromis… De toutes façons, je suis plus heureuse sous grand voile haute à cause de la position du chariot sur le rail. Mais c´est stressant de ne pas toujours avoir la bonne configuration de voiles. A l´instant même, on est surtoilé au lieu d´être sous-toilé et je me demande ce qui est mieux ou pire. Le vent bascule de 20 degrés tout le temps et de façon assez brutale, pas du tout progressivement". L´allure du trimaran de 75 pieds Castorama et celle de son concurrent virtuelle IDEC sont quasiment les mêmes. Ces dernières 24 heures, Ellen MacArthur a parcouru 317 milles sur la distance au but, contre 257 pour Francis Joyon. Mais aujourd´hui, le français avait été plus vite avec plus de 300 milles parcourus, puis 299 et 278 les jours suivants.
Orange II en route plein Sud vers l’équateur
Dimanche midi, le maxi catamaran de Bruno Peyron a parcouru 2900 milles depuis son départ de l’île d’Ouessant. Seuls sur le parcours autour du monde, voilier et hommes d’équipage gardent en point de repère le parcours du catamaran Cheyenne de Steve Fossett, détenteur depuis 2004 du record absolu autour du monde, celui du trimaran Geronimo, détenteur du Trophée Jules Verne la même année, et celui d’Orange I, l’aîné, détenteur du Trophée Jules Verne de 2002 à 2004. Par mail, Bruno Peyron nous envoie ses comptes actuels. « Voici le classement virtuel au jour 6 : 1er Orange I qui est juste devant nous, 60 milles dans notre sud ; 2e Orange II ; 3e Geronimo 70 milles dans l´Ouest de notre position ; 4e Cheyenne, 490 milles dans notre Nord. » Au terme de ce sixième jour, Orange II est effectivement au même niveau que Geronimo et un jour de mer devant Cheyenne.
A trois jours de l’arrivée …
Partie d’échecs C’est une partie d’échecs passionnante qui se joue à l’entrée du Golfe de Gascogne. Le décalage au Nord de Vincent Riou lui permetttra t’il de conserver son avantage sur Le Cam ou la position plus à l’Est de ce dernier l’autorisera t’elle à grimper encore sur la route directe et reprendre la pole position ? Les paris sont ouverts. Entre Vincent Riou qui affiche toujours une grande sérénité et Jean Le Cam faussement résigné, il bien difficile de se faire une opinion. L’un et l’autre ont abattu leurs cartes avec clarté et vont jeter leurs dernières forces dans la bataille. L’évolution du centre des hautes pressions qui paresse à l’Ouest de l’Irlande et leur distille un flux d’Est Sud -Est va aussi peser dans ce dénouement. A qui offrira t’il la force et l’angle de vent le plus favorable pour propulser son 60 pieds le premier sur la ligne d’arrivée ?
Le Cam à 76 milles de Riou …
Le jeu de l’élastique – ou du yo-yo – est incessant et doit mettre les nerfs des concurrents à rude épreuve après trois mois de mer. En fin de semaine dernière, Vincent Riou (PRB) comptait plus de 160 milles d’avance sur Jean Le Cam (Bonduelle). En début de semaine, au moment de contourner une petite bulle anticyclonique, Jean Le Cam et son compère Mike Golding (Ecover) tentaient le tout pour le tout en coupant la route au plus près du centre anticyclonique, au risque de se faire arrêter dans des zones sans vent. En deux jours, l’écart retombait à moins de 30 milles entre les deux premiers de ce Vendée Globe. Mais voilà qu’en milieu de semaine Vincent Riou s’est à nouveau échappé et a repris près de 160 milles d’écart… Jusqu’à ce matin où il n’en possède plus que 76 milles et que son avance se réduit comme peau de chagrin ! La raison ? A plus de 600 milles au large des côtes portugaises, Vincent Riou et ses poursuivants n’ont tout simplement pas les mêmes conditions météos. Le skipper de PRB se trouve actuellement à la latitude de Vigo et suit un cap à 40° de la route directe. 170 milles plus au sud, à la latitude de Lisbonne, Jean Le Cam reçoit plus de vent et suit un cap de 10° plus proche de la route. Résultat : la vitesse de rapprochement de Jean est supérieure de 3 nœuds à celle de Vincent… Le plus terrible pour Vincent est qu’il ne peut pas virer pour contrôler ses adversaires car il perdrait dès lors toute son avance si chèrement acquise. La tension doit être extrême pour les trois concurrents de tête après 83 jours de course ! Le suspense est toujours total…


















