Le trimaran IDEC est lui dans un moins bon état et ne devrait pas pouvoir être récupéré selon son skipper. Francis Joyon : “Le bateau est sur les rochers et je crains qu´il soit impossible de le sauver. Il est encastré les étraves dans les rochers et le cul en l´air. Le mat est tombé il y a une heure et le bateau est en train de se disloquer peu à peu. Nous tentons actuellement, avec une vedette de la SNSM de le dégager des rochers, mais je crains qu´il finisse en 1000 morceaux, à cause de la houle qui rend très difficile la manoeuvre de sauvetage””.Plus d´information dans la matinée…Rappel : Hier, mercredi 6 juillet à 14 heures 44, Francis Joyon a pulvérisé le record de la traversée de l’Atlantique Nord à la voile et en solitaire. Son temps de course : 6 jours, 04 heures, une minute et 37 secondes pour rallier le phare d’Ambrose, au large de New York, au cap Lizard (pointe occidentale de la Cornouaille anglaise)Soit une distance de 2 980 milles nautiques, à la moyenne de 19,75 noeuds. Il relègue à plus de 22 heures le précédent temps de référence réalisé en juillet 1994 par Laurent Bourgnon et son trimaran de 60 pieds Primagaz.”
Trimaran IDEC : terrassé en pleine gloire
Ce qui aurait dû n’être qu’un gentil convoyage routinier, au portant vers la maison, s’est mué en véritable cauchemar cette nuit… Au terme d’une exceptionnelle carrière, et moins de 24 heures après avoir inscrit un ultime record historique dans le grand livre d’histoire de la voile, le trimaran IDEC s’en est allé brutalement, « disloqué en quelques minutes après son échouage », selon les propres mots de son skipper, Francis Joyon, visiblement sous le coup de l’émotion. Lors d’une brève conférence de presse organisée à La Trinité-sur-Mer, le nouveau recordman de l’Atlantique et des 24 heures en solitaire est revenu sur ce funeste épisode. Malgré un évident déficit de sommeil, et en proie à des sentiments contradictoires – Francis évoquant tout à la fois les journées de « bonheur total » de sa traversée mais avouant également « n’avoir jamais eu aussi peur en bateau » que cette nuit – le solitaire le plus rapide de la planète a livré l’incroyable récit de son naufrage.« J’ai dû rester tétanisé pendant une heure »« Après le passage de la ligne au cap Lizard, j’ai fait route sur le chenal du Four, puis j’ai passé le Raz de Sein en soirée… Comme j’avais rendez-vous à La Trinité au matin, j’ai décidé de ralentir un peu le bateau en réduisant la toile, et en me mettant au vent arrière, cap franchement au large de Penmac’h – à peu près 30° à droite. Comme cela faisait longtemps que je n’avais pas dormi, mon sommeil a de suite été très profond… J’étais sous pilote, et je pense qu’il a dévié – comme il l’avait fait une ou deux fois pendant le record – mais je n’avais cette fois pas la vitesse suffisante pour que la variation m’alerte. Je me suis réveillé brutalement en entendant un gros crash, le bateau était posé dans les déferlantes, avec un rocher de 6 mètres de haut à gauche, et un rocher de 6 mètres de haut à droite, j’étais suspendu au milieu…J’avais filé droit sur les cailloux les plus agressifs que l’on puisse trouver vers la pointe de Penmac’h. Je pense qu’il devait être une heure du matin, et j’ai tout de suite lancé un Mayday car je croyais être sur des rochers isolés, un peu au large, je n’ai pas du tout imaginé que le bateau avait tourné au point d’être à la côte. Dans le noir total, j’ai donné ma position… et le Cross Corsen m’a informé du fait que des sauveteurs venaient à ma rencontre, car le bateau était accessible à pied ! Ils m’ont aidé à débarquer, et m’ont guidé à travers les cailloux, par la terre… J’ai dû rester tétanisé pendant une heure, car je me suis complètement laissé prendre en charge, ce qui ne me ressemble pas du tout. Comme les sauveteurs m’ont trouvé très choqué, pas tout à fait net, ils ont demandé mon hospitalisation – j’ai eu droit à 3 heures d’examens à Pont L’Abbé. Mon frère est arrivé vers 4 heures du matin, et nous sommes retournés au bateau pour essayer de le déséchouer avec l’aide de la SNSM : un pompier – plongeur s’est mis à l’eau, je suis monté sur le pont pour l’aider à amarrer le trimaran, mais pendant ce temps-là, il a pivoté, et en quelques minutes les déferlantes l’ont complètement broyé, ont fait tomber le mât… Malgré l’extraordinaire courage et la bonne volonté des gars de la SNSM, à l’heure actuelle il ne reste que des miettes . C’est incroyable qu’en si peu de temps un bateau puisse être disloqué de cette façon. »« Ces six jours en mer à bord d’IDEC n’auront été que du bonheur, et forcément, lorsque l’on connaît ce genre de succès avec un bateau, on s’y attache… Je ne suis pas loin de penser que ces morceaux de fibre peuvent réellement avoir une âme (…) J’ai vraiment l’impression que le bateau avait fait du meilleur boulot que moi, qu’il était allé chercher ces deux records : je commençais à échafauder d’autres défis, je m’étais d’ailleurs fixé d’atteindre avec lui les 600 milles en solitaire ! (…) Mais au bout du compte, en mer, on est seul responsable et il faut assumer les erreurs tout comme parfois on est amené à récolter des lauriers… »Patrice Lafargue, PDG d’IDEC : « Voir ce bateau détruit, c’est bien sûr beaucoup d’émotion, nous y étions attachés. Mais c’est Francis qui nous l’a fait aimer, et ce que nous aimons avant tout, c’est Francis – aujourd’hui il est là, c’est l’essentiel, et s’il veut encore de nous, on continuera à la suivre, à faire d’autres grandes choses. »
Coville bataille ferme
Le skipper a envoyé à ce sujet un bref message à ses routeurs ce matin: ” Je suis pris dans d’énormes orages et peu de vent pour l’instant mais je m’attends au pire. C’est très très impressionnant, il y a de grosssssses droites a+ tom””. Au dernier pointage, le vent était retombé à 15 noeuds et le bateau n’avançait plus qu’à 9 noeuds en attendant de renvoyer un peu de toile, une fois les orages passés. Etant dans les temps du record de Francis Joyon, il n’est pas question pour Thomas de prendre des risques maintenant. Le fin de parcours sera difficile à gérer. Il faut éviter de passer dans les Iles Turks and Caicos, gérer les orages et prochainement le trafic maritime à l’approche des iles. Pas facile pour un solitaire.Source Sodebo”
Francis Joyon, roi de l´Atlantique
Affolement du speedomètre, journées à plus de 500 milles se succédant sans relâche, brise soutenue et efforts de tous les instants… la fin de cette traversée Atlantique aura bel et bien été à la mesure du solide skipper morbihannais : franche, musclée, et exigeante. L’occasion pour Francis de faire une fois de plus une brillante démonstration de sens marin, et de détermination sans faille. • Vitesse moyenne sur la route théorique (2925 milles) : 19,75 noeuds• Amélioration par rapport au précédent record : 22 heures 33 minutes et 05 secondes• Record des 24 heures en solo effectué sur la traversée (3 juillet 2005) : 543 milles Le trimaran IDEC fait maintenant route vers la Trinité-sur-Mer, son port d’attache, où il est attendu en tout début de matinée demain matin.
Baston en vue
2 empannages, un vent entre 18 et 20 noeuds, toujours plein vent arriere, l´anticyclone au nord avec ses vents plus mous dès que l´on s´en rapproche, la nuit dernière n´a pas été très différente des deux précédentes, si ce n´est qu´il n´y avait plus de grains violents.
Thomas Coville qui a repris quelques milles sur le tableau de marche de Francis Joyon, et compte plus d´une centaine de milles d´avance, regarde maintenant du côté de l´arrivée. Tous les modèles convergent depuis hier soir pour dire que la dépression tropicale qui s´évacuait finalement vers l´Ouest remonte un peu plus nord que prévu et va venir perturber la zone des Bahamas. Les modeles ne sont par contre pas tous d´accord sur la force du vent à l´arrivée sur San Salvador: 30, 40 ou 50 noeuds.
En attendant les prochaines sorties de modèles, c´est toujours la stratégie des escaliers qui prime. Il faut gagner du terrain vers la ligne d´arrivée sous le vent sans se rapprocher trop du centre de l´anticyclone plus au nord.
Source Sodebo Voile
Global Challenge : tous à La Rochelle !
Malheureusement pour lui, le dernier monocoque de 72 pieds (22 mètres)
ne pourra directement entrer dans le bassin des Chalutiers pour des
raisons de marée et devra attendre 4 heures du matin, ce mardi 5
juillet 2005, avant de pointer l’étrave dans le bassin situé au cœur de
la ville aux deux tours. Plusieurs centaines de personnes étaient
présentes à l’arrivée des bateaux hier dans le bassin pour accueillir
les marins et la fête durera tard dans la nuit comme il se doit. Le
bassin des Chalutiers va maintenant vivre au rythme de ce Global
Challenge 2004/2005 et plusieurs animations sont d’ores et déjà
prévues.
Temps forts : le 10 et le 13 juillet ! GPO, la Société des
Régates Rochelaises et la ville de La Rochelle accueillent donc
plusieurs centaines d’hommes et femmes lors de ce Global Challenge et
un village est ouvert au public afin de profiter pendant une dizaine de
jours de la présence de ces bateaux de 22 mètres uniques au monde. Côté
temps forts, à noter une remise des prix privative le dimanche 10
juillet où plus de 400 convives sont attendus sans oublier le « Public
Open Day » prévu le dimanche 10 juillet. En effet, de 10 heures à 16
heures 30, il sera possible au grand public de visiter les bateaux et
de rencontrer les membres d’équipage et les skippers, d’autant que
certains parlent français. En effet, rares sont les possibilités de
visiter et de découvrir l’intérieur et le confort rudimentaire de
bateaux conçus pour faire ce type de tour du monde, contre les vents et
courants. Enfin, dernier rendez-vous important à noter : le départ. Les
bateaux quitteront en parade le bassin des Chalutiers le mercredi 13
juillet à 8h30 pour couper la ligne de départ mouillée au large de La
Rochelle par la Société des Régates Rochelaises à 12h00. Destination
pour eux Portsmouth en Angleterre, soit les 435 derniers milles de
cette régate planétaire.
Source GPO”
PRB : 2008 en ligne de mire
Le chef de projet vient d’être missionné pour superviser la construction jusqu’à ce que le dernier coup de peinture, orange, soit posé sur la coque. Cette coque, il en connaîtra les formes dès l’automne 2006 et les plans définitifs seront livrés au début de l’année prochaine. C’est à cette période que l’équipe s’étoffera pour construire le nouveau PRB dont la livraison est programmée dans le courant de l’année 2006. Vincent pourra alors tirer ses premiers bords avant le coup d’envoi de la Route du Rhum à l’automne, premier rendez-vous du plan Farr.
Interview de Vincent Riou :
Quel est l’état d’avancement de ce nouveau PRB ?
« Pour l’instant, on n’en est pas bien loin. Nous avons perdu un peu de temps au démarrage, mais les choses commencent à avancer. Nous connaîtrons les plans de forme à l’automne et les plans définitifs au début de l’année prochaine. »
Grégoire Metz est le chef de projet de ce bateau, quel sera son rôle ?
« Son rôle sera de gérer la construction du bateau du début à la fin. Il a un rôle de gestion des plannings, d’organisation, mais pas du tout un rôle technique. J’ai choisi Grégoire parce qu’il a déjà beaucoup travaillé dans le monde du bateau. Il a notamment participé à la construction du trimaran Belgacom. Par ailleurs, il me fallait absolument quelqu’un qui soit bilingue pour travailler avec le cabinet aux Etats-Unis. »
Quel sera le profil général de ce bateau ?
« Je n’en sais encore rien. J’ai donné carte blanche au cabinet pour dessiner le bateau le plus rapide sur le parcours du Vendée Globe. Je ne leur ai donné aucune contrainte. »
Planning prévisionnel :
Fin septembre 2005 : début de la fabrication des moules
Mi décembre 2005 : début de la construction
Mi 2006 : mise à l’eau et baptême du nouveau PRB
Octobre 2006 : première course, la Route du Rhum
Source : PRB
Francis Joyon à l´aube d´un nouvel exploit océanique
Vacation radio du jour écourtée. Après 5 jours et quelques heures d’une joute herculéenne sur l’Océan à bord d’un trimaran géant de 27 mètres, Francis Joyon a du mal à se déconnecter, même pour quelques secondes du pouls de son navire. Depuis son double empannage de la nuit, IDEC navigue bâbord amure dans un régime de Nord Ouest soutenu mais très irrégulier en force et en direction. Finis les fins réglages sous pilote automatique. Le vent oscille, « jusqu’à 30 degrés sous les grains » en direction, mais aussi en force, passant sans crier gare de 16 à 25 nœuds. Il faut plus que jamais anticiper, surveiller et adapter le « moteur », GV et voiles d’avant, aux caprices du temps. Joyon est dans son élément, l’adversité brutale d’un grand voilier qui accélère, enfourne, passe en survitesse puis risque l’arrêt buffet. Son « motto », garder la maîtrise, toujours et encore, prenant ici un ris, renvoyant là le grand gennaker. Les chronos s’affolent. Francis navigue, en totale harmonie avec son voilier qu’il s’évertue à mener de minute en minute, d’heure en heure, au maximum de son potentiel.
La chronique de Capian : premiers pas
Premiers pas
Le choix du bateau :
J’ai acquis mon bateau en novembre 2004.
Je n’envisageais pas d’acheter un proto et ce, pour plusieurs raisons : difficulté du choix d’un bon bateau, tarif élevé, compétences techniques nécessaires (stratification,…).
Ce sera donc un Série, un Super Calin, le 286 « Capian » qui appartenait à l’architecte-constructeur de la série : Jean Pierre Magnan.
Il m’a semblé judicieux, pour mes débuts d’opter pour un bateau reconnu comme « parlant », facile à apprendre, et solide.
De toute façon, mon budget était insuffisant pour acquérir les derniers sortis (Bingo, Ginto, Pogo 2) et, le Super Calin a gagné 3 des 5 courses méditerranéennes de la saison passée : il a donc un fort potentiel.
Autre élément d’importance, le chantier est à Orange et le constructeur sympathique et attentionné.
Une autre décision est prise. Le bateau restera à Port Camargue pour bénéficier des échanges et de l’émulation qui y existe. Un ponton est en effet quasiment réservé aux Ministes, à des conditions préférentielles et c’est le club du coin qui organise Mini solo, Mini max, Course des Lions, … ce qui en fait une plaque tournante de la série dans le sud.
Un apprentissage fastidieux
Les premières sorties se font en solo. Et tout de suite, je me rends compte que la difficulté réside dans le fait qu’il faut tout faire tout seul (ça paraît évident, hein ! – mais on ne l’appréhende vraiment qu’une fois sur l’eau, quand le vent monte… et qu’il faut gérer le changement génois – Solent + la prise de ris, dans le bon ordre, sans sac de nœuds et sereinement. Un bon travail de définition et de chronologie pour chaque manœuvre sur le papier s’avère nécessaire et portera ses fruits. J’essaie de structurer mes sorties avec un débriefing écrit de chacune et les essais – erreurs avec remises en question ne manquent pas.
L’apprentissage se fait parfois dans la douleur : un spi à l’eau par-ci, un petit gratte-caillou par là (où l’on apprécie à sa juste valeur la disponibilité du chantier). Ou encore départ au tas par 30 nœuds avec les deux safrans hors de l’eau, le spi qui se regonfle sous le vent, pendu aux filières, à se demander comment on va s’en sortir cette fois. La réponse : le mousqueton de drisse du spi s’est ouvert. Je dois dire que cette fois, j’ai apprécié !
Le chemin à parcourir me semble long : manœuvres en solo (empannage surtout), travail sur la vitesse, météo, apprentissage du bateau, bricolage et bidouillages. Néanmoins, le plaisir est là et rien que de naviguer sur mon Mini me comble. Au cap San Sebastian en double au mois de janvier, pendant la nuit, sous spi grand et GV haute, assis sur la barre d’écoute, le loch marquait 14 nœuds pour la première fois, avec un sillage phosphorescent qui m’a paru digne d’un hors bord. Le bateau enfournait jusqu’au mât !Je me rendrai compte plus tard que le petit spi tire le bateau vers le haut et évite de recevoir les vagues directement du haut du roof sur les bottes. Je prends part aux régates d’hiver, en équipage (à 3) ou en double, mais j’attends avec impatience les courses « Mini » qualificatives pour la Transat et de pouvoir me confronter aux autres, d’entrer dans le jeu pour lequel mon bateau est fait et auquel j’aspire.


















