Avec le renouveau printanier, les couleurs et la décoration des bateaux d’Alinghi ont changé : un design plus léger dans les tons de gris clair. L’équipe s’entraîne déjà depuis deux semaines à bord de petits monotypes quand elle ne régate pas aux quatre coins de la planète.
Mais mardi, les Suisses n’étaient pas seuls sur le plan d’eau. Les deux bateaux de BMW ORACLE Racing étaient également de la partie… à noter que l’un d’eux arborait un petit bout dehors.
Au large de la plage de Malvarrosa on s’attendait également à voir évoluer le Desafío Español et Mascalzone Latino-Capitalia Team … deux équipes qui entrent peu à peu dans leur préparation en vue des prochains Louis Vuitton Acts.
Le nouvel ACC du team Luna Rossa sera en outre baptisé aujourd’hui 11h00 à Valencia…
Grande satisfaction pour Slam concernant les débuts en compétition du RC44, la firme italienne présentant une grande visibilité sur le bateau de Coutts durant tout l’événement. Russell Coutts remporte l’épreuve, battant son rival Jes Gram Hansen sur Mascalzone Latino-Capitalia. Après avoir attendu toute la journée que des vents à 35 noeuds s’affaiblissent, les phases finales de Match Racing à Dubai ont finalement commencé à 17h heure locale. Seuls deux derniers round robins ont pu avoir lieu avant que la nuit tombe !
8h, ancienne base des sous-marins de Kéroman – La remise à l’eau de Groupama 2 est matinale ! Impatients de revoir leur trimaran dans son élément, les membres du team Groupama s’activent avec en tête, Franck Cammas. Rompus aux rituels de ces remises à l’eau, chacun connaît sa place et sait ce qu’il a à faire. Ainsi, l’opération, bien que toujours délicate, se déroule rapidement et sans encombres. La plateforme posée, il reste à doter provisoirement Groupama 2 de son mât dit de « secours » (Perdu en novembre dernier, le gréement a du être totalement refait et le nouvel espar ne sera livré que le 10 avril prochain). Une fois mâté, Groupama 2 rejoint son ponton habituel à quelques mètres de là, pour le plus grand plaisir de son skipper. Un Franck qui ne cache pas son envie de naviguer.
Mais qu’il ne s’impatiente pas trop, les semaines à venir lui donneront entière satisfaction. Groupama 2 ayant été remis à l’eau en configuration solitaire (hydraulique, pilotes automatiques, système anti-chavirage et protections de postes de barre en place), Franck prendra le large dès la fin du mois de mars pour des entraînements en solitaire. Suivront ensuite, au mois d’avril, des entraînements en équipage : à dix, en configuration Grands Prix, mais aussi à six en vue de la première échéance du circuit 2006, la couse en équipage réduit entre Londres et Nice, dont le départ sera donné sur la Tamise le 8 mai prochain.
Retour sur le chantier d’hiver de Groupama 2
Ce matin, s’achèvent trois mois de chantier intensifs pour reprendre les mots du skipper de Groupama 2 : « Afin d’être dans le timing, ce ne sont pas moins de vingt personnes qui ont travaillé sur Groupama 2 cet hiver. Il y a tout d’abord eu Eric Beylot et son équipe de Gepeto Composites, principalement chargés des réparations consécutives au chavirage. Du pont du flotteur bâbord à la crosse de bras de liaison arrière bâbord en passant par la ligne de quille du flotteur tribord, ils ont réalisé l’ensemble de ces travaux. Parallèlement, notre équipe technique s’est concentrée sur le remplacement du système électrique et de l’électronique embarqué, totalement perdus, ainsi que sur la mise en place d’optimisations en vue de la Route du Rhum. »
En effet, outre les travaux de réparations, cette trêve hivernale aura été l’occasion pour Franck et son équipe de préparer la course de fin de saison, celle qui occupe déjà tous les esprits : la Route du Rhum. « Il s’agit principalement de modifications visant à améliorer la sécurité à bord de Groupama 2 en solitaire.» précise le skipper avant de poursuivre « L’expérience sur la dernière transat nous a forcément guidés dans nos choix. Ainsi, pour ne pas rencontrer des problèmes de barres similaires à ceux survenus sur la Jacques Vabre et qui ont nécessité notre arrêt à Porto Santo, nous avons changé les secteurs de barres, désormais en aluminium. De même, nous avons opté pour des barres escamotables. Nous avons également optimisé le système d’hydraulique en réduisant au maximum le nombre de connexions et nous avons modifié certains points afin d’utiliser une plus grande amplitude des vérins. » Enfin, le confort étant indissociable de la performance, Franck bénéficiera en solo de protections de postes de barre.
A nouvelle saison…
… nouvelle décoration En 2006, le trimaran arborera un nouveau numéro de course. Et quoi de plus logique que le n°2 pour ce Groupama, 2ème du nom. Ce changement de numéro s’accompagne également de légères modifications dans la décoration, et notamment de deux bandes orange qui ornent désormais les étraves du multicoque. Détails anodins … les observateurs assidus ne manqueront cependant pas de constater, dès le mois de juin, l’harmonie entre Groupama 2 et son « grand » frère. La saga continue !
… nouveaux « moussaillons » Début février, Bruno Laurent a rejoint l’équipe technique de Groupama 2. Excellent technicien mais également fin régatier, Bruno remplace Ewen Le Clech tant à terre – il est le nouveau boat captain du 60′ – qu’en mer, où il prendra place au poste de piano durant les Grands Prix.Cette nouvelle saison signe également le retour de Philippe Laot au sein du team. Ce concarnois de 33 ans vient renforcer une équipe par ailleurs composée de Tanguy Brodu, Jean-Marc Normant, Michel Letty et d’Olivier Mainguy. Celui que l’on surnomme « Philoun » sera plus particulièrement en charge du suivi de l’accastillage.
Le 21e Mini Fastnet s’élancera pour la sixième édition de la célèbre baie du 3 au 10 juin (prologue le 3 juin), pour 700 milles – sans escale – qui séparent Douarnenez du phare du Fastnet et retour à Douarnenez, en passant par le chenal du Four et entre les îles Scilly, puis à la pointe de Land’s End, au sud de l’Angleterre.
Un record d’inscriptions : elles ont été ouvertes sur le site Internet du Mini-Fastnet le 15 février… en 48 heures, une avalanche de bulletins d’inscription sont arrivés au Winches club. Devant un tel succès, et après de longues discussions, le Winches Club a décidé de lancer la course avec 100 bateaux sur la ligne, contre 84 les années précédentes. Le 17 mars, il reste tout de même 67 équipages sur la liste d’attente !
200 régatiers multinationaux défendront les couleurs de leurs pays – outre une majorité de Français – nous verrons une douzaine de pavillons flotter au fronton de la maison du nautisme de Tréboul (Belgique, Espagne, Ecosse, Finlande, Grande-Bretagne, Irlande, Pays-Bas, Suisse, République Tchèque, Slovénie…-. Dans cette superbe flotte, bon nombre de coureurs se sont déjà illustrés dans le circuit Mini : Peter Laureyssens qui a gagné les deux dernières éditions du Mini-Fastnet et la Transat 6.50 en catégorie série ; Didier Le Vourc’h, deuxième du Mini-Fastnet 2005, en proto ; Isabelle Joschke qui a fait un superbe parcours dans la dernière Transat.6.50 ; Erwan Leroux, vainqueur de l’édition 2004 ; Sylvain Pontu, cinquième en série de la dernière Transat 6.50 ; Karen Liebovici qui revient au Mini… et Bruno Peyron, détenteur du troisième "Trophée Jules Verne" en 2005.
Du 25 au 28 mai 2006, le 21e Mini-Fastnet sera précédé du "Trophée Marie-Agnès Péron" (disparue en mer lors de la Mini Tansat de 1991 au départ de Douarnenez), 200 milles en Mer d’Iroise, entre Douarnenez, Sein, Les Glénan et Ouessant. Cette course, en solo, verra s’affronter 72 concurrents ; là aussi, les inscriptions ont fait "un tabac", 48 skippers sont sur la liste d’attente. Parmi les inscrits : Isabelle Joschke, Sylvain Pontu, Peter Laureyssens, Erwan Leroux… seront sur les pontons douarnenistes pendant trois semaines !
Un an plus tard, le contrat est rempli pour Damien qui, en ayant disputé 900 milles en solitaire et un Tour de Bretagne en double à bord de son Figaro Bénéteau Des Pieds et Des Mains, a prouvé qu’il avait les armes pour se battre aux côtés des membres d’une classe qu’il souhaitait plus que tout intégrer.
Forte de ces garanties données par le skipper, et après avoir réuni la commission médicale, interrogé les cadres et techniciens de haut niveau, la Fédération Française de Voile, par la voix de son Président Jean-Pierre Champion, vient d’accorder à Damien Seguin le droit de participer à La Solitaire Afflelou Le Figaro 2006, à la condition de satisfaire aux règles d’admission fixées par l’avis de course. Cette décision tant attendue par le marin et son entourage marque une première victoire pour celui qui, privé de l’usage d’une main depuis sa naissance, n’a eu de cesse de briser les frontières entre le monde des handicapés et celui des valides.
Passée l’émotion de la nouvelle, Damien Seguin ne cache pas son immense satisfaction : « Cette décision me fait extrêmement plaisir. J’ai cherché dès le début à être traité comme n’importe qui d’autre, handicap ou pas. Je suis particulièrement heureux de voir que j’ai été jugé sur mes qualités de marin plutôt que sur une particularité physique. Je tiens vraiment à remercier la Fédération Française de Voile et les organisateurs de la Solitaire Afflelou Le Figaro pour ne pas avoir définitivement fermé la porte et s’être donné du temps pour prendre en compte la situation. Aujourd’hui la balle est dans mon camp et c’est à moi de faire mes preuves sur l’eau pour justifier la confiance qu’ils m’accordent. Cela me motive d’avantage et me donne encore plus envie de faire de très belles courses pour leur montrer qu’ils ont eu raison de me laisser être un marin comme un autre ! »
Damien Seguin le dit lui-même, c’est maintenant à lui de faire ses preuves. L’heure est désormais à l’entraînement et à la pratique du large. Dès le 9 avril prochain, il prendra le départ de sa première Transat AG2R en compagnie de Denis Lemaitre. L’objectif sera bien sûr de montrer de quoi il est capable au large, mais aussi de rallier Saint-Barthélemy, ce qui officialisera sa qualification pour la Solitaire Afflelou Le Figaro qui mettra les voiles le dimanche 6 août au départ de Cherbourg. En fin d’année, c’est à une autre belle aventure qu’il s’attaquera, la Route du Rhum… mais d’ici là le bizuth Seguin entend bien faire parler de lui sur fond de résultats sportifs !
Dans ces conditions, pas question de se reposer sur ses lauriers. On a beau avoir remporté la Solitaire Afflelou Le Figaro pour Charles, terminé troisième de la dernière édition de cette exotique transat pour Nicolas, il faut répéter ses gammes. C’est donc en toute logique que les deux hommes s’entraînent à Port-la-Forêt sous la direction de Christian Le Pape et Loïc Ponceau : « On fait vraiment du bon travail, tant sur l’eau avec des petits parcours qu’en salle avec des cours météo » analyse le skipper de Bostik qui a toujours eu un faible pour le travail à la table à cartes : « C’est vrai que j’aime ça. Durant la transat, ce sera ma partie alors que Nico sera davantage responsable de la marche du bateau. C’est un teigneux, il aime se faire mal. Barrer pendant des heures, manœuvrer sur la plage avant et régler les voiles pour gagner quelques centièmes de nœuds, il sait très bien faire » ajoute Charles.
Extrêmement déterminés, les deux hommes parviennent à associer rigueur et fluidité dans la préparation de cette transat : « Bostik est parfaitement paré à prendre la mer. Avec Erwan Lebec, notre préparateur, nous procédons cette semaine à un ultime check en mettant le bateau au sec. La nouvelle grand-voile n’est pas encore sortie de son sac. Ce sera pour la semaine prochaine lors des ultimes entraînements. A Concarneau, il ne nous restera plus qu’à charger les vivres frais la veille du départ ».
Quel temps fera-t-il alors ? « C’est tout l’intérêt de cette transat monotype. Elle est à la fois variée et ouverte. Variée car on peut partir avec du mauvais temps dans le nez ou sous le soleil avec du vent portant. Et ouverte car, vu le niveau des marins engagés, on n’est jamais à l’abri d’une option comme celle qui avait permis à Armel Le Cléach et Nicolas Troussel de l’emporter en 2004, alors qu’ils avaient un peu de retard sur les leaders. Il va falloir être très fort pour l’emporter » ajoute Nicolas Bérenger. Domicilié dans le Sud de la France, le co-équipier de Bostik ne tarit pas d’éloges au sujet de Charles : « C’est vraiment un honneur pour moi de faire équipe avec lui. Il est très accrocheur sur l’eau et, quand il veut quelque chose, il l’a. Je ne crois pas qu’un autre skipper aurait pu m’apporter autant qu’il ne le fait. On a hâte d’y être ». Le mot est lâché. Envie d’en découdre, de régater, de se faire violence mais aussi plaisir parfois : « Je me souviens d’une journée lors de la dernière édition. Nous naviguions sous spi dans 25 nœuds de vent quand nous nous sommes fait doubler par trois baleines. C’était magnifique » conclut le sudiste qui a longtemps habité en Bretagne.
Avant de songer au but ultime et d’entrer dans le cercle fermé des vainqueurs du Tour de France à la Voile, il va falloir s’armer de patience et affronter un parcours semé d’embûches, 37 au total, 27 parcours en baie ou olympiques et 10 régates de ralliement. La polyvalence sera comme chacun le sait, le facteur clé de succès pour espérer l’emporter et ils sont plus d’un à se sentir l’ambition nécessaire pour monter sur le trône.
En effet, 35 équipages français et européens se préparent activement pour cette aventure dont Dunkerque sera le point de départ pour la vingtième fois. Une aventure qui depuis 1978 continue de faire rêver des milliers de passionnés amoureux du concept sans équivalent de cette épreuve. Le Tour de France à la Voile reste la seule compétition monotype alliant un mois durant course au large et régates en baie le long des côtes françaises toujours si difficiles à appréhender. Le Cap Gris Nez, le Raz Blanchard, le Four, le Raz de Sein, l’embouchure de la Gironde, le Golfe du Lion et finalement la rade de Hyères seront autant de marques de parcours pouvant rapidement se transformer en passage de légende pour les 14 équipages inscrits au classement Général, les 10 candidats à la victoire dans le classement Amateur et les 11 Etudiants.
Concernant la victoire finale, ils sont plus nombreux que jamais à pouvoir y prétendre, on pense naturellement à TOULON PROVENCE MÉDITERRANÉE COYCHyères déjà tenant du titre, champion de France des équipages et qui vient de claquer la Primo Cup en ce début de saison. Mais les impressionnants Hyérois auront fort à faire. En effet, cette année les prétendants ont les dents longues, DEFI PARTAGÉ – MARSEILLE par exemple qui, après deux ans consécutifs à la seconde place, se verrait bien cette fois sur la plus haute marche du podium, tout comme le champion du monde Pierre-Loïc BERTHET et son Team à qui la troisième place en 2005 a donné soif de revanche. Quant à JOE FLY, 7ème du général en 2003, gageons qu’il portera haut les couleurs de l’Italie le long des côtes françaises. ILE DE FRANCE skippé par Jean-Pierre NICOL, à qui Jimmy PAHUN – toujours manager de l’équipe – a confié la barre, semble également pouvoir jouer les trouble fête.
Et n’oublions pas DIEPPE SEINE-MARITIME, COURRIER DUNKERQUE et LA ROCHELLE JEUNES de Serge MADEC, un habitué du Tour de France à la Voile qui sait toujours s’entourer des meilleurs rochelais. Le challenger numéro 1 reste sans aucun doute le défi venu de la NOUVELLE CALEDONIE skippé par Vincent PORTUGAL et son armada composée de « sacrés clients » comme Bernard MALLARET ou Damien IEHL. De leur côté, COTES D’ARMOR, ENTREPRISES ET COLLECTIVITÉS MANCHE ET BASSE NORMANDIE, EBSCO et ESPOIRS AQUITAINS pourraient faire parler la poudre sur quelques étapes. Les filles de Kiny PARADE, très en vue sur les pontons durant toute la saison 2005, reviennent en 2006 avec encore plus d’envie, la victoire l’année passée lors du dernier ralliement à Menton leur ayant donné des « ELLES EN MER».
Chez les amateurs, les Suisses sont représentés en force avec BIENNE-VOILE et VILLE DE GENÈVE. Les régatiers du centre d’entraînement de Genève devraient se battre pour la victoire dans ce classement avec VILLE DU PORT – BRED – LA RÉUNION, de belles joutes en perspectives entre ces deux bateaux adeptes de conditions météorologiques complètements différentes. Le Mumm 30 de PERPIGNAN MÉDITERRANÉE barré par Paul MC KENZIE, le plus catalan des skippers australiens, ne devrait pas être très loin de ces deux là. T.SERVICE INTERIM – RÉGION DE BRUXELLES – CAPITALE participera à son 14ème Tour de France à la Voile aux côtés des savoyards de la station de ski VAL THORENS et des habitués d’ENTPE – SÉCURITÉ ROUTIÈRE.
ESPOIR ILE DE FRANCE et NANTES – SAINT NAZAIRE offriront quant à eux la possibilité à de nouveaux skippers d’exercer en condition de course leurs nombreux talents. Y’A DU TALENT À 50 ANS ferme la marche de cette catégorie avec un nom qui sonne comme un programme.
Nos 11 équipages étudiants s’affronteront pour ravir le titre à PORT AUTONOME LA ROCHELLE premier l’an dernier. ALFA LAVAL et GROUPE HEC – OP SEARCH SPORT pourraient y parvenir confortés par leur victoire d’étape en 2005 respectivement au Crouesty et aux Sables-d’Olonne. Le mano a mano entre CENTRALE PARIS et CENTRALE NANTES s’annonce tout aussi palpitant alors que dans le même temps les centraliens prendront part à la lutte acharnée que vont se livrer L’EIGSI CHARENTE-MARITIME, MER – MONTAGNE – LES SAISIES – INSA, BREST GRANDES ECOLES ENSIETA ESC – BREST et l’X – ENSAM pour la suprématie des écoles « d’ingés. ». Les néerlandais de vanUden TUDelft apporteront une note couleur orange à ce classement pendant que le DEFI SCLEROSE EN PLAQUES utilisera pour la huitième fois la voile pour transformer l’aventure sportive et humaine en victoire sur la maladie.
En ce qui concerne les nouveautés de la course, le Tour de France à la Voile affirme son engagement environnemental et se fait précurseur en annexant la Charte du Plaisancier de Pavillon Bleu dans son avis de course. Cette première pour une épreuve internationale démontre la volonté commune des organisateurs et concurrents d’agir en faveur de la protection du milieu marin.
L’an passé, la non-sélection de Damien Seguin à la Solitaire avait fait du bruit dans le microcosme de la voile. "En cas de problème majeur, il ne pourra pas réagir en bon marin", lui avait-on rétorqué. Une phrase pour le moins vexante pour un garçon qui, depuis plus de 15 ans, navigue avec les valides. A vrai dire, on reprochait à Seguin son manque d’expérience au large en solitaire. Soit.
"J’ai bon espoir" Alors, le skipper avait décidé de louer un Figaro 2 et de partir en solitaire accomplir 900 milles. "J’en avais marre de m’opposer à eux en permanence. Il fallait que j’aille sur l’eau afin de leur apporter la preuve de mes capacités". Ce qu’il fit sans aucun souci. Un an plus tard, Damien Seguin ne sait toujours pas s’il sera autorisé à participer à la Solitaire. "J’ai tout fait pour leur prouver que j’en étais capable, alors j’ai bon espoir". En attendant la réponse de la FFV qui a hérité de ce dossier brulant, Seguin n’a cesse de s’entraîner à Lorient. En solitaire, mais aussi en double avec son coéquipier Denis Lemaître en vue de la Transat AG2R : "Ce sera ma première transat. Avec Denis, nous sommes complémentaires. Lui, il a plus d’expérience que moi au large. Je suis d’un tempérament fougueux, impulsif car je viens de l’olympisme. Denis va me canaliser". Face aux ténors de la série, Seguin sait qu’il sera difficile de se faire une place au soleil. Aussi, rêve-t-il "d’une belle course, propre tactiquement". "Je pense que si on réalise une belle course, on pourra rêver d’une belle place".
Le Rhum sur un tri de 42 pieds Une belle place à Saint-Barth’ permettrait, peut-être, de faire taire certains de ses détracteurs : "Mon objectif est d’être au départ de la Solitaire Afflelou – Le Figaro l’été prochain, puis sur la ligne de départ de la Route du Rhum". En effet, à Saint-Malo, le prof d’EPS du lycée d’Auray doit prendre la barre d’un trimaran de 42 pieds, le "Krysalid" actuellement en construction : "C’est une classe nouvelle. Nous avons voulu un bateau sain, rapide et sécurisant". Là encore, sa participation au Rhum dépend de la décision des instances fédérales. Damien le sait et quelle que soit la décision de la FFV, il se battra : "Parce qu’à 27 ans, j’ai vraiment envie de faire de la course au large en solitaire".
"Des Pieds et des mains" En parallèle, il utilise son association "Des Pieds et des Mains", créée en 2003 et destinée à faire voler en éclats les préjugés sur le handicap. "Et favoriser l’intégration de tous dans le monde des valides par le biais du sport", dit-il. D’ailleurs, à Concarneau, il a prévu d’organiser une petite régate une semaine avant le départ : cette course, la Pozigotte Race, devrait réunir quelques skippers de renom sur des Mini J. Des valides sur des bateaux d’ordinaire réservés aux handicapés, en voilà une belle initiative. A moins que quelqu’un ne s’y oppose ?
Alors c’est le bonheur ? Affirmatif. Je stresse aussi un peu. C’est dur à tout point de vue
Des ennuis sur cette longue étape entre Wellington et Rio ? Des voiles endommagées. Lors de l’inshore à Capetown, on avait cassé les lattes et continué tant bien que mal jusqu’à l’arrivée. La grand-voile n’avait pas trop aimé. On avait réparé mais bon. Ensuite on a fait des petites erreurs dans les prises de ris et ça l’a encore fatiguée. Ca nous a un peu handicapé. Mais c’est surtout notre option nord dans le Pacifique qui nous a coûté bonbon… (rires).
Tu fais des belles performances globalement mais tu n’es pas à l’abri d’un retour des « éclopés » de l’Atlantique ou de l’Indien. Et oui, Paul Cayard (Pirates) a fait deux à Melbourne et à Rio. Il est un cran au dessus. Il est en train de démarrer, c’est un gros diesel et il ne va pas être facile à contrôler. On a la pression. C’est quand même un grand virtuose. Et puis il y a encore plus de 50% des points à prendre avant l’arrivée. Rien n’est acquis. C’est le moins qu’on puisse dire. Même pour ABN One ! S’il se plante dans les inshore…
On a l’impression que les écarts en performance se resserrent entre les bateaux depuis le départ Oui le « gap » du départ a disparu, les équipages connaissent mieux leurs montures, les Farr vont bien et ils ont gagné en fiabilité même si Movistar a encore eu un problème de quille. Ca régate pur et dur. Il faut être continuellement à 100/110% sinon tu te fais larguer.
Un commentaire sur la récente nomination de Kostecki aux commandes d’Ericsson en remplacement de Neal Mac Donald ? Je m’en doutais un peu. Le bateau est en queue, ça ne pouvait pas durer comme ça. Il fallait un coupable et c’est le skipper. C’est un poste à siège éjectable. On est dans un milieu de pros, il n’y a pas de place pour les sentiments.
Le plus dur est fait sur le plan météo. Maintenant, c’est de la régate jusqu’à la fin ? C’est clair ! D’ailleurs tous les bateaux partent avec des voiles neuves (le nombre de voiles est contingenté sur la Volvo, ndlr). On oublie les mers du sud. Désormais, c’est plus ambiance Figaro, navigation à vue. A jouer les nuages, les effets de côte. On passe de « offshore aventure » à «offshore régate ». Déjà l’arrivée à Rio, trois voiliers se tenaient dans un mouchoir après 6000 milles de course. J’estime qu’avec ABN Two on est à l’aise au reaching sans être vraiment plus rapide, on n’a pas de souci dans le petit temps, mais au louvoyage on a vu qu’on ne tenait pas en VMG face aux meilleurs Farr. Les voiles neuves devraient nous permettre d’améliorer le comportement du bateau.
Et ce fameux record de 563 milles en 24 h dans l’Océan Indien ? On a eu pas mal de chance. Le vent avait le bon angle et la mer était relativement plate. On a fait du reaching pendant 24 h à presque 24 nds de moyenne. Je pense que c’est possible de retrouver le même genre de conditions et de faire mieux encore.
Le bateau est conforme à tes souhaits ? Oui, il est très solide. Au Cap Horn, j’ai été impressionné par le potentiel du bateau. On a fait des pointes à 40 nds au GPS. Je serrais un peu les fesses car la mer s’est creusée en arrivant sur le plateau continental. Il y avait 40/45 nds établis. On était à 2 ris dans la g.v. et un petit foc à l’avant. On était sur un toboggan. Y a même des vagues qu’on évitait de prendre au risque de se planter grave. J’ai retrouvé des circonstances partagées sur Orange (le cata géant de Bruno Peyron, sur lequel Sébastien a fait le tour du monde). Il fallait préserver le bateau. On ne choquait pas la g.v. au portant pour éviter d’aller trop vite. Un peu comme sur un Figaro dans le baston pour garder le contrôle du bateau.
Vous repartez de Rio en fin de mois avec le même équipage ? Le 25 mars nous avons une inshore et le 2 avril on part pour Baltimore sur la côte Est des USA (5 000 milles). Notre équipage reste identique à une personne près. Je peux vous dire qu’il y aura un autre français à bord de ce bateau très cosmopolite. Nous annoncerons cela officiellement dans quelques jours. Il remplace notre chef de quart blessé dans la dernière étape. Il sera barreur, régleur pendant cette étape. Ensuite, nous reviendrons à la composition initiale.
Les Volvo 70 sont très exigeants. On dénombre beaucoup de blessés depuis le départ d’Espagne Effectivement, les voiliers vont très vite et les impacts des vagues sont violents. Notre n°1 a eu le coccyx cassé et une vertèbre fendue et un autre garçon s’est cassé deux phalanges quand une vague l’a embarqué. Les bateaux vont à la vitesse des multicoques mais en plus ils pénètrent dans l’eau. Des tonnes d’eau déferlent sur le pont à la vitesse d’un torrent fou.
Vous prenez des précautions ? Je me souviens avoir dit haut et fort que je préservais mes équipiers en abattant dans les manœuvres. Aujourd’hui, j’ajouterai : c’est une règle d’or, l’abc de la conduite d’un Volvo 70, si on veut conserver son équipage intact. Ils ne prennent pas tous ces précautions et continuent à naviguer comme sur des VOR 60 qui culminaient à12/14 nds. Ce qui à mon sens est stupide et dangereux.
Ton meilleur souvenir de la course à ce jour ? C’est tout récent, l’arrivée à Rio. On réussit à accrocher le podium après avoir eu jusqu’à 250 milles de retard sur les premiers. 6 heures avant l’arrivée, on était dans des grains pas possibles, on déchire le spi, on le répare, on le renvoie une heure avant l’arrivée et grâce à cela on gratte les Brésiliens. Une belle histoire non !
Et l’avenir de la Course ? Volvo se pose beaucoup de question sur le futur de la course. Mais je note que les sponsors sont unanimes à vouloir continuer à naviguer l’an prochain avec leurs bateaux… Au moins 5 bateaux. Ils ont la volonté de créer un semi circuit Volvo ou de se greffer à une course existante pour continuer à faire naviguer ces bateaux et ne pas les mettre à la poubelle le 17 juin (le jour de l’arrivée de la Volvo à Gothenburg en Suède, ndlr)
Toujours envie de Vendée Globe ? Toujours ! Du côté de VMI, c’est terminé et d’ailleurs mon ancien bateau devrait être vendu bientôt. On cherche un autre partenaire. Ca bouge mais rien de concret !
Propos recueillis par Patrice Carpentier
Classement général provisoire avant le départ de l’étape Rio – Baltimore 1. ABN AMRO 1 – 38.5 pts 2. ABN AMRO 2 – 28 pts 3. Movistar – 25 pts 4. Pirates of the Caribbean – 21.5 pts 5. Brasil 1 – 20 pts 6. Ericsson – 16.5 pts 7. Brunel – 11.5 pts