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Jimmy Pahun, sacré pour la 10ème fois !

Jimmy Pahun
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Jimmy Pahun : « La première fois, c’était en 1985 » se souvient l’enfant de Locmiquélic. « Je suis ému et à la fois, je revois défiler les 20 Spi auxquels j’ai participé, je pense à tous les gens avec lesquels j’ai navigué, certains ont disparu… On peut imaginer que la victoire est facile, mais c’est faux. Cette année, nous avons fait 31ème à la première manche, c’est dire ». Autre motif de satisfaction pour Jimmy, son équipage Ile de France en Mumm 30 a également remporté le Spi Ouest France Bouygues Telecom dans sa catégorie. «Je suis très heureux pour eux et pour la Région Ile de France, c’est du beau travail ».
Si Jimmy est sacré aujourd’hui pour sa 10ème victoire, il n’est pas le marin le plus titré du Spi, en effet, les jumeaux anglais Jardine sur Stouche (J 24), âgés de 80 ans, absents cette année et le tandem Fournier Le Ray sur Brittany Drizzle (Half Tonner), absents également, ont plus de 20 victoires à leur actif.

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Arrivée de la 5ème étape ce soir …

ABN ARMO 1 Mike Sanderson
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A près de 200 milles à l’arrière, Les Pirates de Paul Cayard ont laissé s’installer une distance désormais insurmontable avec le groupe de tête. Leur seul mission est désormais de regarder dans leur rétroviseur et de tenir leurs poursuivants, Brasil 1, désormais en 4ème position, et Ericsson, à distance.
 
ABN AMRO TWO, qui a pu reprendre une cinquantaine de milles ces dernières 24 heures, pourrait encore venir jouer les trouble-fêtes dans ce groupe de chasse, mais Josse est conscient que Movistar, sur cette étape, a fait une sérieuse OPA sur sa seconde place au Général provisoire.
 
Les premiers concurrents sont attendus dans la nuit. Au mieux vers 21h (heure Paris).

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Changement de leader …

Yannick Bestaven - Aquarelle.com
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Ils s’étaient faits chiper la vedette par Le Cleac’h/Troussel (Brit Air) pour trois petites minutes au passage de Porto Santo vendredi soir. Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com) ont repris les commandes lundi matin pour la troisième fois depuis le départ. En jouant le juste milieu, ni trop nord ni trop sud, ils ont trouvé le bon compromis entre la pression de vent, plus forte au sud, et l’angle de vent, meilleur au nord. Mais les écarts sont toujours aussi minimes avec les quatre premiers bateaux en moins de 3 milles. La météo semble simple et la seule préoccupation du moment est d’aller le plus vite possible. En dehors de Marc Thiercelin et Oliver Krauss (Siemens), qui tentent une option sud plutôt radicale – à plus de 50 milles au sud du bateau le plus sud – le reste de la flotte s’étale toujours sur 120 milles de large. Les options nord et sud au passage de Madère ne sont plus maintenant qu’un lointain souvenir et les premiers empannages pour contourner l’anticyclone des Açores ont commencé. D’après Erwan Tabarly (2e à 0,8 mille sur Cercle Vert), « c’est maintenant qu’il va falloir commencer à empanner que les écarts devraient se créer. » On peut donc s’attendre encore à quelques chamboulements au classement…
 
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Ronan Guérin (Aquarelle.com), leader :  « J’ai une grosse toux depuis une semaine, mais cela ne m’empêche pas d’être à fond. On est tellement sur les écoutes que je pense qu’à l’arrivée nos mains ressembleront à des pattes de gorilles. On est repassé en tête et j’espère qu’on va le rester. Tout se passe bien pour nous. On a une bonne vitesse, un bon rythme. On dort 6 heures par jour. La nuit, on s’était habitué à naviguer à la lueur de la lune. Mais elle se lève de plus en plus tard et c’est un peu noir en début de nuit. Cela va être de plus en plus dur de régler correctement la nuit. Côté météo, cela a l’air plus simple que prévu. On ne pouvait pas imaginer une transat aussi idéale. On fait route directe sur Saint-Barth. C’est un peu l’autoroute. Comme l’alizé va bien finir par s’installer, on ne va faire qu’accélérer dans les prochains jours. »
 
Erwan Tabarly (Cercle Vert), 2e ce matin :  « On a enfin 15-20 nœuds de vent portant. C’est parfait. La régate est serrée avec les quatre premiers bateaux en 3 milles. Certains jouent la pression du vent en allant plus sud. Les autres l’angle de vent pour la suite. Je pense qu’une petite différence va bientôt se faire. On est bientôt arrivé dans le sud de l’anticyclone qu’on contourne. Le jeu va vraiment s’ouvrir lorsqu’il va falloir empanner régulièrement. »
 
Corentin Douguet (E.Leclerc/Bouygues Telecom), 3e ce matin :  « En ce moment, la tendance générale est de lofer. Tout le monde pousse la barre pour accélérer. En étant au sud, les autres ont plus de pression. Mais ensuite, le vent va tourner à droite (du nord-est à l’est, ndlr). Donc il faut être au nord pour avoir le bon angle. Question météo, on y va un peu à tâtons, au feeling, car on n’a pas de nouveaux fichiers depuis vendredi ! Du coup, on navigue un peu à l’ancienne, en regardant le ciel, le baromètre. Après 8 jours de course, on a un bon rythme, mais quelques réveils difficiles. Il faut parfois plusieurs minutes entre le réveil et la prise de conscience de ce qu’on fait là"

Les leaders à 4h00
1 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 2347,1 milles de l’arrivée
2 – Gildas Morvan/Erwan Tabarly (Cercle Vert) à 0,8 mille du premier
3 – Corentin Douguet/Thierry Chabagny (E.Leclerc/Bouygues Telecom) à 2,2 milles du premier

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Retour d´alizé …

Corentin Douguet T Chabagny E Leclerc Bouygues telecom
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« La messe est dite à Rome, mais pas sur l’AG2R » plaisante Gildas Morvan (Cercle Vert), 2e à 4,4 milles. Mais en ce dimanche de Pâques, tout le monde n’est pas d’humeur à rire. « On est en train de rebrousser chemin et on a les boules » soupire Servane Escoffier (Armor Lux – Salaün Holidays), obligée d’abandonner à cause d’un étai cassé. Servane et Christophe Lebas devraient arriver la nuit prochaine à Madère. Ce quatrième étai cassé entraîne le troisième abandon depuis le départ. Seuls Stanislas Maslard et Liz Wardley (Donneurs de Vie – All Mer), victimes du même problème, ont réussi à réparer rapidement à Porto Santo puis repartir.
Pour les autres, ce week-end pascal offre des conditions estivales. Mais l’heure n’est pas au farniente. Plutôt à la concentration maximale et à un peu de détente au moment des vacations. « Il fait chaud ; le chapeau, les lunettes et la crème solaire sont sortis, énumère Armel Le Cleac’h (Brit Air), aux commandes de la course depuis le passage de Porto Santo vendredi soir. Avec la plein lune, on a l’impression que c’est le soleil de nuit qui se lève. Il nous faudrait presque des lunettes de lune ! » A bord d’E.Leclerc/Bouygues Telecom, 3e à 6,6 milles, Thierry Chabagny et Corentin Douguet ont la tête dans le guidon. « On a Cercle Vert juste devant nous à un mille depuis deux jours, raconte Thierry Chabagny. C’est comme en vélo, deux coureurs vont plus vite qu’un seul. En ce moment, on lui suce la roue. Mais on aimerait bien être plus près pour profiter de son aspiration et déboîter. » Avec 10 000 milles de courses en commun, Douguet et Chabagny se considèrent « quasiment comme un vrai petit couple.» En revanche, Armel Tripon et Eric Drouglazet, 6e sur Gedimat, font chaque jour plus ample connaissance. « Eric partage tout et a énormément de métier, se réjouit Armel Tripon. On discute beaucoup. Sur cette course, mon objectif était de partir avec un régatier de haut vol pour compléter ma formation. Avec Eric, j’ai un peu embarqué l’Histoire de la course au large ! »
Côté tactique, la flotte, scindée en deux autour de Madère, a tendance à combler le vide qui séparait les deux groupes. On ne peut plus parler d’une option nord et d’une autre au sud, mais plutôt d’une flotte très étalée sur plus de 140 milles de large, entre Seguin/Lemaître (Des Pieds Et Des Mains) au nord et Thiercelin/Krauss (Siemens) au sud, et 173 milles de long, entre Le Cleac’h/Troussel (Brit Air) en tête et Le Baut/Monsempes (Port-Olona) en queue de flotte. Pour l’instant, la meilleure position semble être celle du juste milieu. C’est vers là que convergent les deux leaders des options nord et sud, Le Cleac’h/Troussel et Bestaven/Guérin (Aquarelle.com). « Je ne pense pas qu’un des deux groupes (nord ou sud, ndlr) ait raison, analyse Yannick Bestaven. Je pense que tout le monde a raison. Nous faisons tous la même route à la même vitesse. De notre côté, en restant au milieu, on garde un œil sur les deux groupes… » Il faudra donc attendre quelques jours pour savoir quel côté, nord ou sud, du plan d’eau était le plus judicieux. Treizième à bord de Veolia, Jean-Luc Nélias livre son analyse comme une bonne parole : « aujourd’hui, on se moque des classements. Les écarts sont ridicules. On sait que cela ne va se décider que dans une semaine… » Alors, rendez-vous est pris le week-end prochain !
 
Ils ont dit :
Armel Le Cleac’h (Brit Air) :  « Il y a 2 ans, on a fait quatre Top Chrono AG2R. L’objectif est de faire aussi bien, et là on en a déjà deux. On fait une moyenne de 8 nœuds. On essaye de gagner dans le sud pour être dans les alizés. »
 
Gildas Morvan (Cercle Vert) :  « On pensait qu’on arriverait à se recentrer dans le sud sans trop perdre, mais ce n’est pas évident. On voit E.Leclerc/Bouygues Telecom dans l’axe derrière à environ 4 milles. Tous les coureurs, les Bilou, Riou, etc. qui reviennent sur circuit viennent chercher la régate au contact. On est tellement proche, que le moindre empannage peut te faire descendre dans le classement. Il faut garder notre stratégie. On a touché quelque chose d’assez gros cette nuit. On espère qu’il n’y a rien. Erwan (Tabarly) va peut-être plonger cet après-midi. »
 
Servane Escoffier (Armor Lux – Salaün Holidays) :  « On est en train de rebrousser chemin. Dans l’empannage on a cassé l’étai. Il n’y avait pas beaucoup de vent, mais cela a dû travailler pendant la première partie de course. On abandonne. C’est dur. On a les boules. On s’est battu pour trouver des partenaires, pour préparer la course. On ne veut pas s’arrêter réparer et repartir avec 200 milles de retard, parce qu’il n’y a plus de course, plus de compétition. On a eu la loi des séries sur cette course. Il ne faut pas être fataliste, mais faut savoir jeter l’éponge. On est à environ 50 milles de Funchal. On remonte doucement. On a juste la grand-voile. Si le vent tombe, on mettra peut-être le moteur. »
 
Armel Tripon (Gedimat) :  « Ca se passe pas mal depuis Madère. On est sous spi au portant. Eric (Drouglazet) a la niaque. C’est boulot, boulot à fond sur le bateau. On est en bataille avec les Mousquetaires, Portos et Aramis. Depuis le début, nous n’avons pas eu beaucoup de moment de répit. L’école de Droug’, c’est aussi ça. J’ai collecté beaucoup d’info à ses côtés qui me seront utiles pour la suite de la saison. »
 
Jean-Luc Nélias (Veolia) :  « Techniquement, Bostik est à 800 m devant, et Banque Populaire à 800 m derrière. Dire qu’il y a un groupe nord et un autre sud, tout est relatif, car il n’y a que 50 milles de différence. Les écarts sont ridicules. On voit des bateaux tout le temps. On se moque du classement aujourd’hui. On regarde juste la vitesse des autres bateaux. »
 
Marc-Pacôme Jouany (AXA Atout Cœur Pour Aides) :  « Ce sont les vacances ! Il y a du soleil, il fait doux, mais il n’y a pas assez de vent. Depuis 24 heures, on a 5 nœuds avec des petites molles, mais ça ne dépasse jamais 10 nœuds. On a vu Guy Hoquet Immobilier de visu. C’était sympa. Cela veut dire qu’on n’est pas loin de la course. »
 
Adrien Monsempes (Port-Olona) :  « On ne reçoit ni météo ni classements. On commence à toucher du vent, environ 15 nœuds. L’ambiance à bord est très bonne. On glisse sous spi. C’est super. On fait un peu de ménage, séchage, nettoyage. On est à fond sur l’écoute et sur la barre. »
 
Benoît Petit (Les Mousquetaires) :  « Bertrand (de Broc) a vu les premiers poissons volants, donc on est sur le bon chemin. Droug’ et Armel (Tripon) sont dessous et derrière on voit Roxy, et je crois qu’il y a Brossard. On attend la suite des événements dans les 48 heures à venir. On ne sait pas trop ce qu’on va trouver. Est-ce que le sud aura plus de vent ? On verra ça. On s’est bien tiré la bourre cette nuit avec Gedimat. Il y avait des nuages, c’était stimulant. »
 
Yannick Bestaven (Aquarelle.com) :  « On ne voulait pas aller trop sud. On s’est positionné en milieu de flotte. C’est volontaire. Nous sommes en super formes et nous avons réparé les pépins du bord, notamment une vanne de ballast qui fuyait et nous a handicapés jusqu’à Madère ; un winch qui ne tournait plus ; et une petite déchirure sur le spi. Il y a un empannage à gérer à un moment ou un autre et il ne faut pas être trop bas par rapport à l’anticyclone. Nous, on préfère faire du VMG et pas trop de milles.

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La flotte progresse … doucement

Gildas Morvan Erwan Tabarly Cercle Vert
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Jeudi dernier, à la veille du passage de Madère, les 26 concurrents encore en course dans la Transat AG2R s’imaginaient englués autour des îles pendant plusieurs jours. Finalement, le faible vent et les quelques zones de pétole n’ont pas vraiment arrêté la flotte qui progresse toujours à une vitesse moyenne : 6 nœuds sur les dernières 24 heures. Que ce soient les partisans de l’option nord, qui tentent une route plus courte mais avec moins de vent, ou ceux du sud, qui s’engagent dans l’optique inverse, tout le monde reste dubitatif quant à l’arbitrage météo qui n’a tranché en faveur d’aucun des deux camps. Il va falloir attendre plusieurs jours pour savoir qui des duos Le Cleac’h/Troussel (Brit Air), Morvan/Tabarly (Cercle Vert) et Douguet/Chabagny (E.Leclerc/Bouygues Telecom) au nord ou de leurs homologues du sud Bestaven/Guérin (Aquarelle.com), Jourdain/Nélias (Veolia), Grégoire/Veniard (Banque Populaire), Pavant/d’Ali (Groupe Bel) et Beyou/Riou (Delta Dore) ont été les plus inspirés.
 
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Armel Le Cleac’h (Brit Air), leader :  « Les quarts s’enchaînent tranquillement avec Nicolas (Troussel). Pour l’instant, la météo correspond aux prévisions. On n’est pas surpris par l’évolution des paquets sur l’eau et on surveille attentivement chaque classement qui tombe. A court terme, notre difficulté est de contourner l’anticyclone qui nous barre la route. Il est difficile de voir à long terme, car nous n’avons pas de nouveaux fichiers météo depuis vendredi. »
 
Gildas Morvan (Cercle Vert), 2e ce matin :  « ça y est ! Le vent vient de rentrer un peu à 8-10 nœuds. C’était un peu dur ces dernières heures… C’est plutôt bon signe, mais on attendait quand même plus de vent. La molle de cette nuit n’était pas vraiment prévue. On attend les classements avec impatience. Cela nous permet de voir les caps et vitesses des autres. Cela fait partie de la stratégie, mais ne nous empêche pas de faire notre route. »
 
Benoît Petit (Les Mousquetaires), 6e ce matin :  « Le vent était assez instable cette nuit, mais on s’est quand même bien reposé. La première semaine de course a été assez dure. Au niveau tactique, le jeu reste assez ouvert. Avec notre position nord, on va chercher la courbure de l’anticyclone pour empanner dans quatre ou cinq jours et, peut-être, recroiser devant les sudistes. »
 
Kito de Pavant (Groupe Bel), 11e ce matin :  « Il n’y a pas de drame entre les deux options. Ceux du nord jouent la route directe, tandis que nous, au sud, on cherche plus de pression. Je pense que ça va payer pour nous. De toute façon, les deux flottes se regrouperont tôt ou tard forcément. Si un des deux groupes fait la différence, il reviendra contrôler l’autre. Sinon, on n’a pas vu passer cette première semaine de course. On pensait être vendredi, alors qu’on est déjà dimanche ! Pietro (d’Ali) et moi sommes un peu fatigués. On n’a pas encore pris notre rythme de “croisière“. »

Le Classement à 5h40
1 – Brit Air
2 – Cercle Vert
3 – E. Leclerc / Bouygues Telecom
4 – Aquarelle.com
5 – Gédimat
6 – Les Mousquetaires
7 – Groupe Bel
8 – Brossard
9 – Roxy
10 – Delta Dore
11 – VEOLIA
12 – Banque Populaire
13 – Bostik
14 – Groupe CELEOS
15 – Suzuki Automobiles
16 – Des Pieds et des Mains
17 – Lubexcel
18 – Siemens
19 – Entreprendre Au Pays de Lorient
20 – ATAO Audio System
21 – GUY HOQUET Immobilier
22 – AXA Atout Coeur pour Aides
23 – Armor Lux / Salaün Holidays
24 – Donneurs de Vie –  All Mer
25 – Objectif Océans
26 – Port Olona

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Deux options vers Saint-Barth

Brit air Armel le Cleac'h Nicolas troussel
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L’immensité Atlantique se dresse maintenant devant les étraves des 26 coursiers de la Transat AG2R. C’est loin Concarneau. Déjà oublié le passage obligé de Porto Santo la nuit dernière et les néons aguicheurs du Pato Bravo, l’unique bistrot du quai. Ses tables de ferraille rouge qu’on faisait brinquebaler au rythme des histoires de marins, quand leur venait ce curieux besoin de faire des phrases, du temps des Transat à escales. On ne s’arrête plus, mes capitaines. Cap sur Saint-Barth’
D’accord, mais quel cap ? Au sud pour contourner « par dessous » une bulle sans vent qui se profile et courtiser en premier les cotillons des alizés ? Au nord pour ne pas allonger la distance ? Le doute est la chose la mieux partagée du monde marin. Dix équipages ont opté pour un passage au vent de l’île de Madère, les autres se sont laissés tenter par un plongeon au sud sous le vent du même caillou. Et chacun croit en sa bonne étoile, en tentant de se persuader que l’autre à tort. Ce midi en tous cas, on n’en trouvait pas un pour se féliciter de sa vitesse. C’est mou, ils font la moue partout.
On en est là. Au sud – ATAO Audio System et tous les leaders de la première semaine, de Bostik à Groupe Bel en passant par Veolia, Aquarelle.com et Delta Dore – on fait confiance à des modèles météo qui pensent qu’il vaut mieux « descendre » quitte à rallonger la route, plutôt qu’être barré au nord. « Tout le monde sait qu’il y a une bulle devant » résume Dominic Vittet (ATAO Audio System) mais il faut descendre vite pour récupérer derrière un flux de vent régulier »… Jérémie Beyou (Delta Dore) appuie :  «d’après nos modèles, si tu vas au nord tu prends un caramel .» Et un caramel chez les navigateurs, n’est pas plus agréable qu’une « bâche », « veste », « rouste » et autres « valises » subitement lourdes à porter. Au sud, donc, on ne se préoccupe plus du classement, calculé sur la route théorique. On accepte de perdre du terrain en espérant en gagner davantage plus tard. Et l’on reparle de « retour sur investissement » et autres « milles à mettre sur la table »…
 
Suspense, suspense…
 
Reste que c’est chez les nordistes, passés au vent de l’île de Madère, qu’on trouve les leaders du jour. Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air). Les vainqueurs de la dernière édition ont fait ce choix  « pour éviter le dévent de l’île et ne pas faire trop de chemin en plus » confirme en substance un Armel Le Cléac’h qui a (re)fait le coup du chacal à tout le monde la nuit dernière à Porto Santo, revenant de l’ouest au nez et à la barbe de l’Aquarelle.com de Yannick Bestaven et Ronan Guérin, pour rafler le Top Cap AG2R. A l’heure où les grands fauves vont boire, juste avant minuit, Brit Air a pris son envol et devancé de 3 petites minutes le duo d’Aquarelle.com et de 4 celui de Veolia (Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias). Un « écart » annonciateur du regroupement général (on trouvait alors les 11 premiers en 50 minutes et les 21 premiers en 3h, au bout de 6 jours et 1000 milles de course !).
C’était juste avant le grand éclatement, cette séparation de trafic à Madère dont on est bien incapable de prédire le résultat Avantage nord pour l’instant, à l’instar de l’apparition dans le trio de tête de Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom), à la lutte serrée pour la deuxième place avec le Cercle Vert de Gildas Morvan et Erwan Tabarly, respectivement 5 et 3,5 milles derrière le tandem de tête… mais sans plus de certitudes qu’au sud. Corentin Douguet s’amuse de la situation : « Au sud, on a tous les météorologues reconnus de la course, les Mino Vittet, Jérémie Beyou, Jean-Luc Nélias, Roland Jourdain et j’en passe. Et nous ben… on est au nord ! D’abord parce qu’on craignait le dévent de Madère, ensuite parce qu’on ne trouvait pas pertinent de rallonger la route. On fait un choix conservateur. On verra bien. »
On verra bien, c’est ce que dit aussi Jérémie Beyou, de l’autre côté de la flotte. D’accord, mais quand ? « Pas avant deux ou trois jours » pour Dominic Vittet. «Il faudra attendre trois ou quatre jours » surenchérit Louis Bodin le météorologue de la course qui assure pour la suite :  « l’anticyclone des Açores revient s’installer à sa place… sur les Açores et sous cet anticyclone l’alizé va progressivement s’établir au secteur Nord à Nord-est dans la journée pour 10 à 15 nœuds puis 15 à 20 nœuds . »
La route de l’Atlantique devrait s’ouvrir, donc. Mais quand ? Aux dernières nouvelles, c’était toujours un faible flux de nord-ouest qui déhalait les bateaux à des vitesses de l’ordre de 5 nœuds.
Le classement de 16h aujourd’hui donne toujours avantage au nord, avec des Bateaux comme Gedimat (Tripon-Drouglazet, 16e hier et 4e à 13,6 milles aujourd’hui), Roxy (Davies-Barrier, 6e à 16 milles) ou encore Brossard (Duthil-Manuard), tous revenus dans les dix premiers. Le premier « sudiste » est le Veolia de Roland Jourdain et Jean Luc Nélias (8e à 17,4 milles) alors qu’ATAO Audio System plonge sans trembler en 20e position à 48 milles.
L’aile sud « recule » pour mieux prendre son élan avant le grand saut, cet Atlantique qui ouvre son immensité à toutes les hypothèses. L’aile nord engrange en attendant l’éventuel retour de flamme. Les jeux sont faits rien ne va plus ? « Absolument pas !», s’inscrit en faux Jean Maurel « ils ont juste pris une première décision stratégique d’importance. On a deux options marquées avec des cadors de chaque côté… mais la course ne se jouera pas uniquement là-dessus. Il reste 2600 milles à couvrir !» Roland Jourdain (Veolia) abonde en ce sens : « c’est l’inconnu devant, il y a du suspense… pour 15 jours !» Du suspense. Quelque chose nous dit qu’on n’a pas fini d’utiliser le mot.

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Maud Fontenoy autour du monde avec L’Oréal

Maud Fontenoy
DR

Son nouveau projet, Maud Fontenoy l’a souhaité tout aussi ambitieux que les précédents, une aventure éprouvante qui n’a été tentée que de très rares fois. Un parcours autour du monde long de près de 25 000 miles nautiques, étalé sur environ 150 jours de mer avec au programme les passages du Cap de Bonne Espérance et du Cap Horn, puis les mers du sud… Un challenge périlleux que beaucoup ont qualifié « d’Everest par la face nord », dont elle veut peser tous les risques. Maud Fontenoy : "C’est avant tout la réalisation d’une aventure humaine, d’une envie de s’accomplir, de repousser ses limites et ce faisant, d’aller jusqu’au bout d’un rêve".

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ABN AMRO ONE toujours leader …

ABN AMRO 1 bute dans la vague
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Solidement installé dans sa position de leader, ABN AMRO ONE, semble être pour l’instant indétrônable. En seconde position, Movistar distant de 51 milles, ne spécule plus que sur un faux-pas des hommes de Sanderson dans la baie de Chesapeake pour venir s’emparer de la première marche du podium. Mais les « faux-pas » d’ABN AMRO ONE depuis le début de cette course autour du monde, se comptent à peine sur les doigts d’une main, ….. et ont toujours été rattrapés.

A 130 milles de Movistar, les Pirates de Paul Cayard restent en embuscade, et si leur chance de s’emparer de l’une des deux premières places d’honneur semble compromise, ils leur restent à défendre leur troisième place jusqu’à la fin, avec  Ericsson à 57 milles dans leur sillage et Brasil 1 à quelques encablures. Là encore, les spéculations vont bon train à bord de ces trois VO 70.

A l’arrière, fermant la marche, les Kids d’ABN AMRO TWO accusent un retard tel qu’il semble très improbable qu’ils puissent revenir dans le match avant la ligne d’arrivée ; même si l’on remarque que les vitesses de progression des leaders se tassent un peu. Josse ne peut que constater que cette 5ème étape de large lui a complètement échappé jusqu’à présent.

Seuls les pièges de la baie de Chesapeake pourraient venir mettre un peu de désordre dans un ordre établi depuis plusieurs jours.

En se dirigeant vers Baltimore, les concurrents savent qu’ils leur restent encore un dernier obstacle à franchir. Cette baie de Chesapeake peut en effet devenir la vallée des larmes pour certains concurrents qui seront tombés dans l’un de ses nombreux pièges, courants, paniers à homards, trafic maritime, et vents thermiques imprévisibles.

Fort de son expérience de la course, il y a huit ans, Mike Sanderson sait combien cette fin de parcours peut s’avérer délicate : « C’est un parcours long et étroit qui donne l’impression de naviguer sur un lac, avec toutes les difficultés qui vont avec. Mais heureusement, à cette période de l’année, le système météo devrait nous garantrir un peu de brise et une mer toujours plate. Cela devrait aller… »

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Le Cléac´h prend les commandes

Brit air Armel le Cleac'h Nicolas troussel
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Sacré Armel Le Cléac’h ! Tapi dans l’ombre (8e hier soir), au vent de la flotte comme dans les livres, « Le Chacal » a attendu patiemment son heure hier pour venir finalement  voler la vedette d’un souffle à Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com). « Nous voulions rester à droite de la flotte pour anticiper et quand le vent a pris de l’ouest, sur Brit Air avec Nico (Troussel) nous nous sommes retrouvés avec un meilleur angle au vent et davantage de capacité d’accélération, alors qu’Aquarelle était contraint de lofer », explique, pédagogue, Armel Le Cléac’h à 5h ce matin. Résultat : sous la lune pleine et sur le poteau, pour moins de 3 minutes d’avance, Le Chacal est venu rafler le premier bouquet devant la plage de Porto Santo, s’adjugeant le Top Chrono AG2R devant Aquarelle.com, donc et le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nelias, passés… 3 et 4 minutes plus tard !
La flotte est incroyablement groupée au bout de 6 nuits et 1000 milles de course : les 5 premiers sont passés en 12 minutes, les 11 premiers en moins d’une heure et les 21 premiers en 3h30…
« On n’attendait pas Brit Air ici, c’est sûr », confirme Ronan Guérin sur Aquarelle.com. Il explique surtout que deux options sont en train de se jouer maintenant. La flotte se sépare. Un groupe a choisi de passer au nord de l’île de Madère, l’autre préfère gagner dans le sud. Séparation de trafic. Brit Air, Cercle Vert (Gildas Morvan-Erwan Tabarly 2e à 1,7 milles) et au moins E.Leclerc-Bouygues Telecom (Corentin Douguet-Thierry Chabagny, 6e à 2,3 milles)  passent au nord, ne prenant pas le risque de subir un dévent de l’île. Les dauphins d’Aquarelle.com, mais aussi Banque Populaire, Bostik, Veolia, Delta Dore et Groupe Bel choisissent, eux, de plonger dans le sud. « L’idée du sud est d’anticiper une dorsale qui a priori serait difficile à négocier dans le nord », explique Ronan Guérin. Il y a du « match » ce matin à Madère, au moment d’entamer la deuxième partie du parcours. La grande traversée.
 
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Armel Le Cléac’h (Brit Air), leader et vainqueur du Top Cap AG2R :   « Très contents ! Après un début de course un peu laborieux, ça fait plaisir, même si nous sommes très groupés. On a grappillé peu à peu, en commençant par revenir dans les dix premiers, puis nous avons bien anticipé la bascule de vent hier. On s’est retrouvé au vent de la flotte, avec un meilleur angle et une meilleure capacité d’accélération pendant qu’Aquarelle.com a été obligé de lofer et voila. Maintenant, nous passons au nord de Madère, car nous n’avons pas voulu prendre le risque d’un éventuel dévent de l’île, on verra bien ».
 
Erwan Tabarly (Cercle Vert), 2e : “  On a viré, il y a une demi-heure et on s’apprête à virer à nouveau dans 5 minutes… On a pris l’option de faire le tour de l’île par le Nord pour éviter le dévent de l’île et on tire des bords. On a environ 15 nœuds de vent en moyenne de Ouest Nord Ouest… Le vent a commencé à rentrer plus fort hier après-midi et depuis, on marche à 8-9 nœuds. C’est quand même agréable d’avancer car la nuit dernière dans la pétole a été difficile. Là, je vois deux bateaux avec nous… mais il faut que je te laisse, Gildas m’appelle… On vire ! »
 
Ronan Guérin (Aquarelle.com), 2e : “Tout le monde se retrouve pour un nouveau départ ! J’avoue qu’on a été surpris de voir Brit Air débouler devant nous à la bouée, mais c’est comme ça. Maintenant il y a clairement deux camps, passer au nord de Madère ou jouer le sud. On a choisi la deuxième solution. Pour la première fois depuis le début de la course, on suit le routage de notre ordinateur. L’idée c’est qu’il y a une dorsale anticyclonique à négocier et on voit une zone avec peu de vent sur la partie nord dans 4 ou 5 jours. Maintenant, on est vraiment heureux d’être en mer, sous la pleine lune, avec 15 nœuds de ouest-nord-ouest… et on espère bien gagner une place d’ici Saint-Barth’ ! »

Les vainqueurs du Top Cap’AG2R, passage de la bouée à Porto Santo
1 – Armel Le Cléac’h/Nicolas Troussel (Brit Air), passé à 23h36’00 à Porto Santo
2 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 2 minutes et 59 secondes
3 – Roland Jourdain/Jean-Luc Nélias (Veolia) à 4 minutes et 22 secondes

Les leaders à 4h00 ce matin
1 – Armel Le Cléac’h/Nicolas Troussel (Brit Air) à 2646,5 milles de l’arrivée
2 – Gildas Morvan/Erwan Tabarly  à 1,7 milles du leader
3 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 1,8 milles du leader

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Deuxième départ de l´AG2R cette nuit à Porto Santo

B de Broc B Petit les mousquetaires
DR

Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com) ont pris les commandes de la Transat AG2R, à la faveur d’une option à l’est qui s’avère payante, après 24 heures de calmes. Vers minuit on pourrait bien assister à un tassement quasi général à la bouée de Porto Santo, où sera jugé le prix intermédiaire Top Cap’AG2R. A 16h, le trio de tête est complété par le Banque Populaire de Jeanne Grégoire et Gérald Véniard et Les Mousquetaires, le Figaro Bénéteau de Bertrand de Broc et Benoît Petit.
 
Rendez-vous minuit Porto Santo pour 2e départ Transat AG2R et remettre compteurs à zéro avant traversée Atlantique. Ce pourrait être le titre de la petite annonce passée par Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com), qui ont pris ce matin la tête de la Transat AG2R. Fort bien inspirés, les deux complices se sont recalés devant tout le monde après leur petite escapade à l’est. Une option osée… et payante, au moins pour l’instant. Le vent de sud-sud-ouest a succédé à la pétole. Il souffle à nouveau faiblement mais pourrait bien se renforcer en soirée (façon de parler, autour de 10 nœuds) et surtout tourner ouest, ce qui – chacun son tour – avantagerait les bateaux de l’ouest, ceux du flanc droit de la flotte.
 
Pour l’instant, à 16h, Aquarelle.com, donc, mène la danse. « C’est sympa, on fait une belle trajectoire et depuis quelque temps on prend des milles. On grignotait depuis deux jours et on savait qu’aujourd’hui serait une belle journée. On sera dans la nuit à Porto Santo et on a la balle ! » sourit Yannick Bestaven.
Quelques encablures derrière, Bertrand de Broc, lui, ne s’émeut pas plus que ça de sa 3e place au pointage : «nous ne faisons pas tout à fait la route et nous avons de l’écart latéral à refaire par rapport à ceux qui sont à notre vent. Alors on se considère dans le paquet de tête, c’est tout », tempère le navigateur des Mousquetaires. Grosse ambiance en revanche à bord de Banque Populaire, revenu de la 14e place à 16h hier soir à la 2e aujourd’hui ! « C’est super, on a fait comme dans les livres sous deux gros nuages noirs cette nuit et ça a marché » rigole Gérald Véniard.
 
« Même enlevés par des extraterrestres… »
Humeur plus légère, voix plus détendues à la vacation, plaisanteries qui fusent (Jean-Luc Nélias, Veolia: « on parle de s’arrêter 15 jours à Porto Santo en attendant une météo moins aléatoire pour traverser l’Atlanqique»), le moral est revenu en même temps que le vent sur la flotte. Alors qu’hier, personne ne se voyait avant samedi dans la journée à Madère, tous parlent plus volontiers maintenant de cette nuit. « Et ce sera quasi comme un deuxième départ j’ai l’impression », lâche Armel Le Cléac’h (Brit Air, 8e à 6,8 milles), bien revenu dans le match. « Si ça se trouve, on va se retrouver à 15 à passer la porte en l’espace d’une heure, c’est sympa de se retrouver tous comme ça », s’amuse Corentin Douguet (E.Leclerc-Bouygues Telecom, 6e à 6 milles).
 
A 70 milles du passage à Porto Santo qui marque la fin des premiers 1000 milles de course (sur 3710 au total) et le début de la grande traversée, l’effet entonnoir joue à plein : Brossard (Fred Duthil-Sam Manuard), pourtant 12e, n’est qu’à 9,5 milles du leader et ce n’est qu’un exemple. Quoiqu’il se passe d’ici la bouée les écarts resteront faibles : « et la course se joue à Saint-Barth’, pas à Porto Santo !» rappelle Jean-Luc Nélias. Christophe Bouvet (Guy Hoquet Immobilier 20e à 30 milles) est bien de cet avis : « A l’échelle d’une Transat, nos 30 milles de retard ne me paraissent pas grand-chose. »
 
En outre, même un « arrêt au stand », comme celui qu’annoncent Servane Escoffier et Christophe Lebas (Armor Lux – Salaün Holidays) et Objectif Océans (Pierre-Emmanuel Pavageau-Nicolas Bertho) pour réparer leurs spis sont loin d’être rédhibitoires, même si obligatoirement d’au moins trois heures. Stanislas Maslard et Liz Wardley, les géniaux bricolos de Donneurs de Vie-All Mer acquiescent à distance. Ceux là peuvent s’arrêter pour réparer (remplacement de l’étai brisé prévue demain matin), il ne peut plus leur arriver grand’chose. « Notre étai de fortune tient bien la route, la preuve, on grignote », s’amuse Stan, « Entre les spis déchirés, l’étai qui casse et autres bricoles en tous genres, on est devenu de vrais Mac Gyver à bord. J’ai l’impression que même si on se fait enlever par des extra-terrestres ou même si une baleine coupe en deux notre bateau, on finira cette course ! » Et puis,  « devant ils peuvent très bien coincer au début de la traversée, alors trois heures de retard…  »
Devant ? « Un alizé léger semble s’établir. Il convient d’être un peu moins pessimiste que ces derniers jours », assure le directeur de course, Jean Maurel. Marc Thiercelin (Siemens) reste méfiant : « a priori la deuxième partie du parcours sent un peu la difficulté. Tant mieux, ça ne me dérange pas ».
En attendant qui passera le premier cette nuit à Porto Santo et empochera le Top CAP’ AG2R ? Il y a des récompenses pour les trois premiers. La nuit sera chaude du côté de Madère.
 
Ils ont dit :
 Gérald Veniard (Banque Populaire) : « C’est super bien, on est très contents ! On a croisé juste devant le groupe et E.Leclerc-Bouygues  est juste derrière dans notre axe. On a bien travaillé cette nuit, on a fait comme dans les livres en entrant dans deux gros nuages bâbord amures pour en ressortir tribord amures et je crois que ça a payé. Jeanne (Grégoire) avait dit qu’on serait dans les trois premiers hier, alors je l’ai écoutée, on est allés où elle disait et ça a marché. Allez, si tout va bien, si le vent tourne ouest et se renforce un peu, on sera à Porto Santo entre 22h et minuit »
 
Corentin Douguet (E.Leclerc/ Bouygues Telecom) : « C’est notre meilleur classement depuis le départ, on est forcément contents notre trajectoire médiane est intéressante. Je vois Bostik, ATAO, Delta Dore… c’ est de la navigation au contact, c’est vraiment sympa de se retrouver tous là et si ça se trouve il va passer 15 bateaux en une heure dans la porte. Nous sommes à fond tout le temps, Je prépare des pâtes au thon et je vais faire ma sieste. Après Porto Santo, ce n’est pas simple, pas l’autoroute, il faudra trouver la bonne solution. »
 
Christophe Bouvet (Guy Hoquet Immobiler) : « La première partie de course a été très rapide dans des conditions musclées. Là, on vient de passer deux jours galères à chercher le vent. On accroche la queue du peloton. Le moral est bon, on est très content. C’est très serré, rien n’est fait pour le moment »
 
Marc Thiercelin (Siemens) : « On sort tout juste d’une nuit de lutte comme je les aime. C’était magnifique, un ciel assombri, de la lune, à se battre avec parfois seulement 1 à 1,5 nœud de vent. Moi j’aime bien, c’était intéressant ! Maintenant, le vent est un peu rentré, on a du sud-ouest pour environ 7 nœuds, au près, à moins de 80 milles de Porto Santo et ça devrait tourner vers l’ouest. Franchement, avec Oliver on s’est bien battus cette nuit, moi je ne déteste pas ces combats de petits temps à la limite de la crise nerveuse… et à priori la deuxième partie du parcours sent un peu la difficulté, ça ne me dérange pas.»
 
Jean-Luc Nélias (Veolia) : « A priori, la course ne se joue pas à Porto Santo mais à Saint Barth’ ! Alors on reste philosophes, c’est revenu par l’arrière dans la pétole, on est habitués à ce genre de situation. Aquarelle.com fait un truc intéressant mais de toutes façons avec nos infos nous n’aurions pas tenté ce qu’ils ont fait. L’Atlantique ? Le dernier à Porto Santo peut encore faire premier à Saint-Barth’ et au vu des prévisions on va lancer un truc avec la VHF : avec quelques autres concurrents on se disait que ce serait bien de s’arrêter 15 jours à Porto Santo en attendant un alizé mieux établi. On a réunion à ce sujet… »
 
Yannig Livory (Entreprendre au Pays de Lorient) : « Top Chrono AG2R du jour ? Super, il y a une prime qui va bien nous aider côté budget ! Tout va vraiment bien à bord, ça redémarre tranquillement après une nuit de pétole, on regrette juste nos deux premiers jours de course où on n’a pas assez poussé nos choix, mais là on a bien recollé et il y a du plaisir. »
 
Stanislas Maslard (Donneurs de Vie All Mer) : « Nous allons nous arrêter à Porto Santo pour changer notre étai qui arrive demain matin et en profiter pour recoudre un spi. On a réussi a bricoler quelques chose qui fonctionne bien puisqu’on reprend des places. Je crois que maintenant il ne peut plus rien nous arriver, on peut être enlevé par des extraterrestres ou être coupé en deux par une baleine, je crois qu’on finira cette course et on a bon espoir de recoller sur la traversé de l’Atlantique. On a la gnak ! Et Liz progresse en Français… (derrière, depuis la banette on entend la charmante voix de Liz et son accent des antipodes qui se marre en criant : « je crois qu’Armor Lux a été mangé par un requin ! »)
 
Jean-François Pellet (Lubexcel) : « Beau temps belle mer, depuis ce matin, c’est mieux ! On voit bien que ça va être serré au passage de Porto Santo, ce sera un peu comme un deuxième départ, j’aimerais bien voir arriver le vent d’ouest le plus tôt possible. En tous cas nous on est opérationnels à 100% pour attaquer la traversée de l’Atlantique ».

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