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Arrivée de la 5ème étape ce soir …

ABN ARMO 1 Mike Sanderson
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A près de 200 milles à l’arrière, Les Pirates de Paul Cayard ont laissé s’installer une distance désormais insurmontable avec le groupe de tête. Leur seul mission est désormais de regarder dans leur rétroviseur et de tenir leurs poursuivants, Brasil 1, désormais en 4ème position, et Ericsson, à distance.
 
ABN AMRO TWO, qui a pu reprendre une cinquantaine de milles ces dernières 24 heures, pourrait encore venir jouer les trouble-fêtes dans ce groupe de chasse, mais Josse est conscient que Movistar, sur cette étape, a fait une sérieuse OPA sur sa seconde place au Général provisoire.
 
Les premiers concurrents sont attendus dans la nuit. Au mieux vers 21h (heure Paris).

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Jimmy Pahun, sacré pour la 10ème fois !

Jimmy Pahun
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Jimmy Pahun : « La première fois, c’était en 1985 » se souvient l’enfant de Locmiquélic. « Je suis ému et à la fois, je revois défiler les 20 Spi auxquels j’ai participé, je pense à tous les gens avec lesquels j’ai navigué, certains ont disparu… On peut imaginer que la victoire est facile, mais c’est faux. Cette année, nous avons fait 31ème à la première manche, c’est dire ». Autre motif de satisfaction pour Jimmy, son équipage Ile de France en Mumm 30 a également remporté le Spi Ouest France Bouygues Telecom dans sa catégorie. «Je suis très heureux pour eux et pour la Région Ile de France, c’est du beau travail ».
Si Jimmy est sacré aujourd’hui pour sa 10ème victoire, il n’est pas le marin le plus titré du Spi, en effet, les jumeaux anglais Jardine sur Stouche (J 24), âgés de 80 ans, absents cette année et le tandem Fournier Le Ray sur Brittany Drizzle (Half Tonner), absents également, ont plus de 20 victoires à leur actif.

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Le duo Bestaven-Guérin a repris la tête…

Corentin Douguet E Leclerc Bouygues telecom
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 « Depuis le départ, on est à fond sur le bateau pour bien naviguer et bien le régler, s’enthousiasme Yannick Bestaven. On regarde tous les classements pour voir ce que font nos adversaires. Mais on suit notre propre route, indépendamment de ce qu’il se passe. Il faut croire en ses choix, sinon c’est un coup à prendre de mauvaises décisions et à tirer des mauvais bords. » Partis très au sud de la flotte, Dominic Vittet et Lionel Lemonchois (ATAO Audio System) se sont trouvés un nouveau jeu à bord : « On a plus qu’un grand spi léger et on a voulu faire la route sud (a priori la plus ventée, ndlr), raconte Dominic. C’est un véritable jeu d’équilibristes et il faut le préserver ce spi. Alors j’ai mis en place le jeu des claques. A chaque fois que le spi claque, tu prends une croix. Un départ au lof, c’est dix croix. Et celui qui le déchire est disqualifié. Le perdant, entre Lionel (Lemonchois) et moi, offre l’apéro à l’autre et à tous ses potes dans un bar à Saint Barth. Au prix de la tournée, je peux vous dire qu’on fait attention. C’est efficace ! Pour l’instant, le score est de 2-2. J’espère qu’on finira à égalité… » Vittet et Lemonchois vont devoir redoubler d’attention car la route est encore longue jusqu’aux Antilles. Les deux tiers du parcours Concarneau/Saint Barth se trouvent encore devant leur étrave…

Classement du 17/04/06 à 13:47 GMT (Locale PARIS 15:47)

1     Aquarelle.com : Bestaven Yannick/guerin Ronan
2     Cercle Vert :
Morvan Gildas/tabarly Erwan
3     E. Leclerc /
Bouygues Telecom : Douguet Corentin/chabagny Thierry
4     Brit Air :
Le Cleac’h Armel/troussel Nicolas
5     Les Mousquetaires :
De Broc Bertrand/petit Benoît
6     Gédimat :
Tripon Armel/drouglazet Eric
7     Bostik :
Caudrelier Charles/berenger Nicolas
8     Groupe Bel :
De Pavant Kito/d’ali Pietro
9     Brossard :
Duthil Frédéric/manuard Samuel
10     Banque Populaire :
Gregoire Jeanne/veniard Gérald
11     VEOLIA :
Jourdain Roland/nelias Jean-luc
12     Delta Dore :
Beyou Jérémie/riou Vincent
13     Suzuki Automobiles :
Defert Eric/riou Gwen
14     Groupe CELEOS :
Treussart Ronan/rouxel Thomas
15     Lubexcel :
Pellet Jean-françois/caso Jean-christophe
16     Roxy :
Davies Sam/barrier Alexia
17     Des Pieds et des Mains :
Seguin Damien/lemaitre Denis
18     AXA Atout Coeur pour Aides :
Nigon Erik/jouany Marc-pacôme
19     ATAO Audio System :
Vittet Dominic/lemonchois Lionel
20     Entreprendre Au Pays de Lorient :
Livory Yannig/fouche Jean-françois
21     GUY HOQUET Immobilier :
Bouvet Christophe/gouezigoux Laurent
22     Siemens :
Thiercelin Marc/krauss Oliver
23     Objectif Océans :
Pavageau Pierre-emmanuel/bertho Nicolas
24     Port Olona :
Le Baut Jimmy/monsempes Adrien

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La flotte progresse … doucement

Gildas Morvan Erwan Tabarly Cercle Vert
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Jeudi dernier, à la veille du passage de Madère, les 26 concurrents encore en course dans la Transat AG2R s’imaginaient englués autour des îles pendant plusieurs jours. Finalement, le faible vent et les quelques zones de pétole n’ont pas vraiment arrêté la flotte qui progresse toujours à une vitesse moyenne : 6 nœuds sur les dernières 24 heures. Que ce soient les partisans de l’option nord, qui tentent une route plus courte mais avec moins de vent, ou ceux du sud, qui s’engagent dans l’optique inverse, tout le monde reste dubitatif quant à l’arbitrage météo qui n’a tranché en faveur d’aucun des deux camps. Il va falloir attendre plusieurs jours pour savoir qui des duos Le Cleac’h/Troussel (Brit Air), Morvan/Tabarly (Cercle Vert) et Douguet/Chabagny (E.Leclerc/Bouygues Telecom) au nord ou de leurs homologues du sud Bestaven/Guérin (Aquarelle.com), Jourdain/Nélias (Veolia), Grégoire/Veniard (Banque Populaire), Pavant/d’Ali (Groupe Bel) et Beyou/Riou (Delta Dore) ont été les plus inspirés.
 
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Armel Le Cleac’h (Brit Air), leader :  « Les quarts s’enchaînent tranquillement avec Nicolas (Troussel). Pour l’instant, la météo correspond aux prévisions. On n’est pas surpris par l’évolution des paquets sur l’eau et on surveille attentivement chaque classement qui tombe. A court terme, notre difficulté est de contourner l’anticyclone qui nous barre la route. Il est difficile de voir à long terme, car nous n’avons pas de nouveaux fichiers météo depuis vendredi. »
 
Gildas Morvan (Cercle Vert), 2e ce matin :  « ça y est ! Le vent vient de rentrer un peu à 8-10 nœuds. C’était un peu dur ces dernières heures… C’est plutôt bon signe, mais on attendait quand même plus de vent. La molle de cette nuit n’était pas vraiment prévue. On attend les classements avec impatience. Cela nous permet de voir les caps et vitesses des autres. Cela fait partie de la stratégie, mais ne nous empêche pas de faire notre route. »
 
Benoît Petit (Les Mousquetaires), 6e ce matin :  « Le vent était assez instable cette nuit, mais on s’est quand même bien reposé. La première semaine de course a été assez dure. Au niveau tactique, le jeu reste assez ouvert. Avec notre position nord, on va chercher la courbure de l’anticyclone pour empanner dans quatre ou cinq jours et, peut-être, recroiser devant les sudistes. »
 
Kito de Pavant (Groupe Bel), 11e ce matin :  « Il n’y a pas de drame entre les deux options. Ceux du nord jouent la route directe, tandis que nous, au sud, on cherche plus de pression. Je pense que ça va payer pour nous. De toute façon, les deux flottes se regrouperont tôt ou tard forcément. Si un des deux groupes fait la différence, il reviendra contrôler l’autre. Sinon, on n’a pas vu passer cette première semaine de course. On pensait être vendredi, alors qu’on est déjà dimanche ! Pietro (d’Ali) et moi sommes un peu fatigués. On n’a pas encore pris notre rythme de “croisière“. »

Le Classement à 5h40
1 – Brit Air
2 – Cercle Vert
3 – E. Leclerc / Bouygues Telecom
4 – Aquarelle.com
5 – Gédimat
6 – Les Mousquetaires
7 – Groupe Bel
8 – Brossard
9 – Roxy
10 – Delta Dore
11 – VEOLIA
12 – Banque Populaire
13 – Bostik
14 – Groupe CELEOS
15 – Suzuki Automobiles
16 – Des Pieds et des Mains
17 – Lubexcel
18 – Siemens
19 – Entreprendre Au Pays de Lorient
20 – ATAO Audio System
21 – GUY HOQUET Immobilier
22 – AXA Atout Coeur pour Aides
23 – Armor Lux / Salaün Holidays
24 – Donneurs de Vie –  All Mer
25 – Objectif Océans
26 – Port Olona

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Retour d´alizé …

Corentin Douguet T Chabagny E Leclerc Bouygues telecom
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« La messe est dite à Rome, mais pas sur l’AG2R » plaisante Gildas Morvan (Cercle Vert), 2e à 4,4 milles. Mais en ce dimanche de Pâques, tout le monde n’est pas d’humeur à rire. « On est en train de rebrousser chemin et on a les boules » soupire Servane Escoffier (Armor Lux – Salaün Holidays), obligée d’abandonner à cause d’un étai cassé. Servane et Christophe Lebas devraient arriver la nuit prochaine à Madère. Ce quatrième étai cassé entraîne le troisième abandon depuis le départ. Seuls Stanislas Maslard et Liz Wardley (Donneurs de Vie – All Mer), victimes du même problème, ont réussi à réparer rapidement à Porto Santo puis repartir.
Pour les autres, ce week-end pascal offre des conditions estivales. Mais l’heure n’est pas au farniente. Plutôt à la concentration maximale et à un peu de détente au moment des vacations. « Il fait chaud ; le chapeau, les lunettes et la crème solaire sont sortis, énumère Armel Le Cleac’h (Brit Air), aux commandes de la course depuis le passage de Porto Santo vendredi soir. Avec la plein lune, on a l’impression que c’est le soleil de nuit qui se lève. Il nous faudrait presque des lunettes de lune ! » A bord d’E.Leclerc/Bouygues Telecom, 3e à 6,6 milles, Thierry Chabagny et Corentin Douguet ont la tête dans le guidon. « On a Cercle Vert juste devant nous à un mille depuis deux jours, raconte Thierry Chabagny. C’est comme en vélo, deux coureurs vont plus vite qu’un seul. En ce moment, on lui suce la roue. Mais on aimerait bien être plus près pour profiter de son aspiration et déboîter. » Avec 10 000 milles de courses en commun, Douguet et Chabagny se considèrent « quasiment comme un vrai petit couple.» En revanche, Armel Tripon et Eric Drouglazet, 6e sur Gedimat, font chaque jour plus ample connaissance. « Eric partage tout et a énormément de métier, se réjouit Armel Tripon. On discute beaucoup. Sur cette course, mon objectif était de partir avec un régatier de haut vol pour compléter ma formation. Avec Eric, j’ai un peu embarqué l’Histoire de la course au large ! »
Côté tactique, la flotte, scindée en deux autour de Madère, a tendance à combler le vide qui séparait les deux groupes. On ne peut plus parler d’une option nord et d’une autre au sud, mais plutôt d’une flotte très étalée sur plus de 140 milles de large, entre Seguin/Lemaître (Des Pieds Et Des Mains) au nord et Thiercelin/Krauss (Siemens) au sud, et 173 milles de long, entre Le Cleac’h/Troussel (Brit Air) en tête et Le Baut/Monsempes (Port-Olona) en queue de flotte. Pour l’instant, la meilleure position semble être celle du juste milieu. C’est vers là que convergent les deux leaders des options nord et sud, Le Cleac’h/Troussel et Bestaven/Guérin (Aquarelle.com). « Je ne pense pas qu’un des deux groupes (nord ou sud, ndlr) ait raison, analyse Yannick Bestaven. Je pense que tout le monde a raison. Nous faisons tous la même route à la même vitesse. De notre côté, en restant au milieu, on garde un œil sur les deux groupes… » Il faudra donc attendre quelques jours pour savoir quel côté, nord ou sud, du plan d’eau était le plus judicieux. Treizième à bord de Veolia, Jean-Luc Nélias livre son analyse comme une bonne parole : « aujourd’hui, on se moque des classements. Les écarts sont ridicules. On sait que cela ne va se décider que dans une semaine… » Alors, rendez-vous est pris le week-end prochain !
 
Ils ont dit :
Armel Le Cleac’h (Brit Air) :  « Il y a 2 ans, on a fait quatre Top Chrono AG2R. L’objectif est de faire aussi bien, et là on en a déjà deux. On fait une moyenne de 8 nœuds. On essaye de gagner dans le sud pour être dans les alizés. »
 
Gildas Morvan (Cercle Vert) :  « On pensait qu’on arriverait à se recentrer dans le sud sans trop perdre, mais ce n’est pas évident. On voit E.Leclerc/Bouygues Telecom dans l’axe derrière à environ 4 milles. Tous les coureurs, les Bilou, Riou, etc. qui reviennent sur circuit viennent chercher la régate au contact. On est tellement proche, que le moindre empannage peut te faire descendre dans le classement. Il faut garder notre stratégie. On a touché quelque chose d’assez gros cette nuit. On espère qu’il n’y a rien. Erwan (Tabarly) va peut-être plonger cet après-midi. »
 
Servane Escoffier (Armor Lux – Salaün Holidays) :  « On est en train de rebrousser chemin. Dans l’empannage on a cassé l’étai. Il n’y avait pas beaucoup de vent, mais cela a dû travailler pendant la première partie de course. On abandonne. C’est dur. On a les boules. On s’est battu pour trouver des partenaires, pour préparer la course. On ne veut pas s’arrêter réparer et repartir avec 200 milles de retard, parce qu’il n’y a plus de course, plus de compétition. On a eu la loi des séries sur cette course. Il ne faut pas être fataliste, mais faut savoir jeter l’éponge. On est à environ 50 milles de Funchal. On remonte doucement. On a juste la grand-voile. Si le vent tombe, on mettra peut-être le moteur. »
 
Armel Tripon (Gedimat) :  « Ca se passe pas mal depuis Madère. On est sous spi au portant. Eric (Drouglazet) a la niaque. C’est boulot, boulot à fond sur le bateau. On est en bataille avec les Mousquetaires, Portos et Aramis. Depuis le début, nous n’avons pas eu beaucoup de moment de répit. L’école de Droug’, c’est aussi ça. J’ai collecté beaucoup d’info à ses côtés qui me seront utiles pour la suite de la saison. »
 
Jean-Luc Nélias (Veolia) :  « Techniquement, Bostik est à 800 m devant, et Banque Populaire à 800 m derrière. Dire qu’il y a un groupe nord et un autre sud, tout est relatif, car il n’y a que 50 milles de différence. Les écarts sont ridicules. On voit des bateaux tout le temps. On se moque du classement aujourd’hui. On regarde juste la vitesse des autres bateaux. »
 
Marc-Pacôme Jouany (AXA Atout Cœur Pour Aides) :  « Ce sont les vacances ! Il y a du soleil, il fait doux, mais il n’y a pas assez de vent. Depuis 24 heures, on a 5 nœuds avec des petites molles, mais ça ne dépasse jamais 10 nœuds. On a vu Guy Hoquet Immobilier de visu. C’était sympa. Cela veut dire qu’on n’est pas loin de la course. »
 
Adrien Monsempes (Port-Olona) :  « On ne reçoit ni météo ni classements. On commence à toucher du vent, environ 15 nœuds. L’ambiance à bord est très bonne. On glisse sous spi. C’est super. On fait un peu de ménage, séchage, nettoyage. On est à fond sur l’écoute et sur la barre. »
 
Benoît Petit (Les Mousquetaires) :  « Bertrand (de Broc) a vu les premiers poissons volants, donc on est sur le bon chemin. Droug’ et Armel (Tripon) sont dessous et derrière on voit Roxy, et je crois qu’il y a Brossard. On attend la suite des événements dans les 48 heures à venir. On ne sait pas trop ce qu’on va trouver. Est-ce que le sud aura plus de vent ? On verra ça. On s’est bien tiré la bourre cette nuit avec Gedimat. Il y avait des nuages, c’était stimulant. »
 
Yannick Bestaven (Aquarelle.com) :  « On ne voulait pas aller trop sud. On s’est positionné en milieu de flotte. C’est volontaire. Nous sommes en super formes et nous avons réparé les pépins du bord, notamment une vanne de ballast qui fuyait et nous a handicapés jusqu’à Madère ; un winch qui ne tournait plus ; et une petite déchirure sur le spi. Il y a un empannage à gérer à un moment ou un autre et il ne faut pas être trop bas par rapport à l’anticyclone. Nous, on préfère faire du VMG et pas trop de milles.

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Le Cléac´h prend les commandes

Brit air Armel le Cleac'h Nicolas troussel
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Sacré Armel Le Cléac’h ! Tapi dans l’ombre (8e hier soir), au vent de la flotte comme dans les livres, « Le Chacal » a attendu patiemment son heure hier pour venir finalement  voler la vedette d’un souffle à Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com). « Nous voulions rester à droite de la flotte pour anticiper et quand le vent a pris de l’ouest, sur Brit Air avec Nico (Troussel) nous nous sommes retrouvés avec un meilleur angle au vent et davantage de capacité d’accélération, alors qu’Aquarelle était contraint de lofer », explique, pédagogue, Armel Le Cléac’h à 5h ce matin. Résultat : sous la lune pleine et sur le poteau, pour moins de 3 minutes d’avance, Le Chacal est venu rafler le premier bouquet devant la plage de Porto Santo, s’adjugeant le Top Chrono AG2R devant Aquarelle.com, donc et le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nelias, passés… 3 et 4 minutes plus tard !
La flotte est incroyablement groupée au bout de 6 nuits et 1000 milles de course : les 5 premiers sont passés en 12 minutes, les 11 premiers en moins d’une heure et les 21 premiers en 3h30…
« On n’attendait pas Brit Air ici, c’est sûr », confirme Ronan Guérin sur Aquarelle.com. Il explique surtout que deux options sont en train de se jouer maintenant. La flotte se sépare. Un groupe a choisi de passer au nord de l’île de Madère, l’autre préfère gagner dans le sud. Séparation de trafic. Brit Air, Cercle Vert (Gildas Morvan-Erwan Tabarly 2e à 1,7 milles) et au moins E.Leclerc-Bouygues Telecom (Corentin Douguet-Thierry Chabagny, 6e à 2,3 milles)  passent au nord, ne prenant pas le risque de subir un dévent de l’île. Les dauphins d’Aquarelle.com, mais aussi Banque Populaire, Bostik, Veolia, Delta Dore et Groupe Bel choisissent, eux, de plonger dans le sud. « L’idée du sud est d’anticiper une dorsale qui a priori serait difficile à négocier dans le nord », explique Ronan Guérin. Il y a du « match » ce matin à Madère, au moment d’entamer la deuxième partie du parcours. La grande traversée.
 
Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Armel Le Cléac’h (Brit Air), leader et vainqueur du Top Cap AG2R :   « Très contents ! Après un début de course un peu laborieux, ça fait plaisir, même si nous sommes très groupés. On a grappillé peu à peu, en commençant par revenir dans les dix premiers, puis nous avons bien anticipé la bascule de vent hier. On s’est retrouvé au vent de la flotte, avec un meilleur angle et une meilleure capacité d’accélération pendant qu’Aquarelle.com a été obligé de lofer et voila. Maintenant, nous passons au nord de Madère, car nous n’avons pas voulu prendre le risque d’un éventuel dévent de l’île, on verra bien ».
 
Erwan Tabarly (Cercle Vert), 2e : “  On a viré, il y a une demi-heure et on s’apprête à virer à nouveau dans 5 minutes… On a pris l’option de faire le tour de l’île par le Nord pour éviter le dévent de l’île et on tire des bords. On a environ 15 nœuds de vent en moyenne de Ouest Nord Ouest… Le vent a commencé à rentrer plus fort hier après-midi et depuis, on marche à 8-9 nœuds. C’est quand même agréable d’avancer car la nuit dernière dans la pétole a été difficile. Là, je vois deux bateaux avec nous… mais il faut que je te laisse, Gildas m’appelle… On vire ! »
 
Ronan Guérin (Aquarelle.com), 2e : “Tout le monde se retrouve pour un nouveau départ ! J’avoue qu’on a été surpris de voir Brit Air débouler devant nous à la bouée, mais c’est comme ça. Maintenant il y a clairement deux camps, passer au nord de Madère ou jouer le sud. On a choisi la deuxième solution. Pour la première fois depuis le début de la course, on suit le routage de notre ordinateur. L’idée c’est qu’il y a une dorsale anticyclonique à négocier et on voit une zone avec peu de vent sur la partie nord dans 4 ou 5 jours. Maintenant, on est vraiment heureux d’être en mer, sous la pleine lune, avec 15 nœuds de ouest-nord-ouest… et on espère bien gagner une place d’ici Saint-Barth’ ! »

Les vainqueurs du Top Cap’AG2R, passage de la bouée à Porto Santo
1 – Armel Le Cléac’h/Nicolas Troussel (Brit Air), passé à 23h36’00 à Porto Santo
2 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 2 minutes et 59 secondes
3 – Roland Jourdain/Jean-Luc Nélias (Veolia) à 4 minutes et 22 secondes

Les leaders à 4h00 ce matin
1 – Armel Le Cléac’h/Nicolas Troussel (Brit Air) à 2646,5 milles de l’arrivée
2 – Gildas Morvan/Erwan Tabarly  à 1,7 milles du leader
3 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 1,8 milles du leader

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ABN AMRO ONE toujours leader …

ABN AMRO 1 bute dans la vague
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Solidement installé dans sa position de leader, ABN AMRO ONE, semble être pour l’instant indétrônable. En seconde position, Movistar distant de 51 milles, ne spécule plus que sur un faux-pas des hommes de Sanderson dans la baie de Chesapeake pour venir s’emparer de la première marche du podium. Mais les « faux-pas » d’ABN AMRO ONE depuis le début de cette course autour du monde, se comptent à peine sur les doigts d’une main, ….. et ont toujours été rattrapés.

A 130 milles de Movistar, les Pirates de Paul Cayard restent en embuscade, et si leur chance de s’emparer de l’une des deux premières places d’honneur semble compromise, ils leur restent à défendre leur troisième place jusqu’à la fin, avec  Ericsson à 57 milles dans leur sillage et Brasil 1 à quelques encablures. Là encore, les spéculations vont bon train à bord de ces trois VO 70.

A l’arrière, fermant la marche, les Kids d’ABN AMRO TWO accusent un retard tel qu’il semble très improbable qu’ils puissent revenir dans le match avant la ligne d’arrivée ; même si l’on remarque que les vitesses de progression des leaders se tassent un peu. Josse ne peut que constater que cette 5ème étape de large lui a complètement échappé jusqu’à présent.

Seuls les pièges de la baie de Chesapeake pourraient venir mettre un peu de désordre dans un ordre établi depuis plusieurs jours.

En se dirigeant vers Baltimore, les concurrents savent qu’ils leur restent encore un dernier obstacle à franchir. Cette baie de Chesapeake peut en effet devenir la vallée des larmes pour certains concurrents qui seront tombés dans l’un de ses nombreux pièges, courants, paniers à homards, trafic maritime, et vents thermiques imprévisibles.

Fort de son expérience de la course, il y a huit ans, Mike Sanderson sait combien cette fin de parcours peut s’avérer délicate : « C’est un parcours long et étroit qui donne l’impression de naviguer sur un lac, avec toutes les difficultés qui vont avec. Mais heureusement, à cette période de l’année, le système météo devrait nous garantrir un peu de brise et une mer toujours plate. Cela devrait aller… »

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Maud Fontenoy autour du monde avec L’Oréal

Maud Fontenoy
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Son nouveau projet, Maud Fontenoy l’a souhaité tout aussi ambitieux que les précédents, une aventure éprouvante qui n’a été tentée que de très rares fois. Un parcours autour du monde long de près de 25 000 miles nautiques, étalé sur environ 150 jours de mer avec au programme les passages du Cap de Bonne Espérance et du Cap Horn, puis les mers du sud… Un challenge périlleux que beaucoup ont qualifié « d’Everest par la face nord », dont elle veut peser tous les risques. Maud Fontenoy : "C’est avant tout la réalisation d’une aventure humaine, d’une envie de s’accomplir, de repousser ses limites et ce faisant, d’aller jusqu’au bout d’un rêve".

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Deux options vers Saint-Barth

Brit air Armel le Cleac'h Nicolas troussel
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L’immensité Atlantique se dresse maintenant devant les étraves des 26 coursiers de la Transat AG2R. C’est loin Concarneau. Déjà oublié le passage obligé de Porto Santo la nuit dernière et les néons aguicheurs du Pato Bravo, l’unique bistrot du quai. Ses tables de ferraille rouge qu’on faisait brinquebaler au rythme des histoires de marins, quand leur venait ce curieux besoin de faire des phrases, du temps des Transat à escales. On ne s’arrête plus, mes capitaines. Cap sur Saint-Barth’
D’accord, mais quel cap ? Au sud pour contourner « par dessous » une bulle sans vent qui se profile et courtiser en premier les cotillons des alizés ? Au nord pour ne pas allonger la distance ? Le doute est la chose la mieux partagée du monde marin. Dix équipages ont opté pour un passage au vent de l’île de Madère, les autres se sont laissés tenter par un plongeon au sud sous le vent du même caillou. Et chacun croit en sa bonne étoile, en tentant de se persuader que l’autre à tort. Ce midi en tous cas, on n’en trouvait pas un pour se féliciter de sa vitesse. C’est mou, ils font la moue partout.
On en est là. Au sud – ATAO Audio System et tous les leaders de la première semaine, de Bostik à Groupe Bel en passant par Veolia, Aquarelle.com et Delta Dore – on fait confiance à des modèles météo qui pensent qu’il vaut mieux « descendre » quitte à rallonger la route, plutôt qu’être barré au nord. « Tout le monde sait qu’il y a une bulle devant » résume Dominic Vittet (ATAO Audio System) mais il faut descendre vite pour récupérer derrière un flux de vent régulier »… Jérémie Beyou (Delta Dore) appuie :  «d’après nos modèles, si tu vas au nord tu prends un caramel .» Et un caramel chez les navigateurs, n’est pas plus agréable qu’une « bâche », « veste », « rouste » et autres « valises » subitement lourdes à porter. Au sud, donc, on ne se préoccupe plus du classement, calculé sur la route théorique. On accepte de perdre du terrain en espérant en gagner davantage plus tard. Et l’on reparle de « retour sur investissement » et autres « milles à mettre sur la table »…
 
Suspense, suspense…
 
Reste que c’est chez les nordistes, passés au vent de l’île de Madère, qu’on trouve les leaders du jour. Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel (Brit Air). Les vainqueurs de la dernière édition ont fait ce choix  « pour éviter le dévent de l’île et ne pas faire trop de chemin en plus » confirme en substance un Armel Le Cléac’h qui a (re)fait le coup du chacal à tout le monde la nuit dernière à Porto Santo, revenant de l’ouest au nez et à la barbe de l’Aquarelle.com de Yannick Bestaven et Ronan Guérin, pour rafler le Top Cap AG2R. A l’heure où les grands fauves vont boire, juste avant minuit, Brit Air a pris son envol et devancé de 3 petites minutes le duo d’Aquarelle.com et de 4 celui de Veolia (Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias). Un « écart » annonciateur du regroupement général (on trouvait alors les 11 premiers en 50 minutes et les 21 premiers en 3h, au bout de 6 jours et 1000 milles de course !).
C’était juste avant le grand éclatement, cette séparation de trafic à Madère dont on est bien incapable de prédire le résultat Avantage nord pour l’instant, à l’instar de l’apparition dans le trio de tête de Corentin Douguet et Thierry Chabagny (E.Leclerc-Bouygues Telecom), à la lutte serrée pour la deuxième place avec le Cercle Vert de Gildas Morvan et Erwan Tabarly, respectivement 5 et 3,5 milles derrière le tandem de tête… mais sans plus de certitudes qu’au sud. Corentin Douguet s’amuse de la situation : « Au sud, on a tous les météorologues reconnus de la course, les Mino Vittet, Jérémie Beyou, Jean-Luc Nélias, Roland Jourdain et j’en passe. Et nous ben… on est au nord ! D’abord parce qu’on craignait le dévent de Madère, ensuite parce qu’on ne trouvait pas pertinent de rallonger la route. On fait un choix conservateur. On verra bien. »
On verra bien, c’est ce que dit aussi Jérémie Beyou, de l’autre côté de la flotte. D’accord, mais quand ? « Pas avant deux ou trois jours » pour Dominic Vittet. «Il faudra attendre trois ou quatre jours » surenchérit Louis Bodin le météorologue de la course qui assure pour la suite :  « l’anticyclone des Açores revient s’installer à sa place… sur les Açores et sous cet anticyclone l’alizé va progressivement s’établir au secteur Nord à Nord-est dans la journée pour 10 à 15 nœuds puis 15 à 20 nœuds . »
La route de l’Atlantique devrait s’ouvrir, donc. Mais quand ? Aux dernières nouvelles, c’était toujours un faible flux de nord-ouest qui déhalait les bateaux à des vitesses de l’ordre de 5 nœuds.
Le classement de 16h aujourd’hui donne toujours avantage au nord, avec des Bateaux comme Gedimat (Tripon-Drouglazet, 16e hier et 4e à 13,6 milles aujourd’hui), Roxy (Davies-Barrier, 6e à 16 milles) ou encore Brossard (Duthil-Manuard), tous revenus dans les dix premiers. Le premier « sudiste » est le Veolia de Roland Jourdain et Jean Luc Nélias (8e à 17,4 milles) alors qu’ATAO Audio System plonge sans trembler en 20e position à 48 milles.
L’aile sud « recule » pour mieux prendre son élan avant le grand saut, cet Atlantique qui ouvre son immensité à toutes les hypothèses. L’aile nord engrange en attendant l’éventuel retour de flamme. Les jeux sont faits rien ne va plus ? « Absolument pas !», s’inscrit en faux Jean Maurel « ils ont juste pris une première décision stratégique d’importance. On a deux options marquées avec des cadors de chaque côté… mais la course ne se jouera pas uniquement là-dessus. Il reste 2600 milles à couvrir !» Roland Jourdain (Veolia) abonde en ce sens : « c’est l’inconnu devant, il y a du suspense… pour 15 jours !» Du suspense. Quelque chose nous dit qu’on n’a pas fini d’utiliser le mot.

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Regroupement de la flotte sur l´AG2R

Yannick Bestaven - Aquarelle.com
DR

La valse des leaders continue sur cette 8e Transat AG2R, dont les 26 équipages encore en lice sont en proie depuis 24 heures au manque de vent. Au large du Maroc, le peloton de tête d’hier avec le Bostik de Charles Caudrelier et Nicolas Bérenger, le Veolia de Roland Jourdain et Jean-Luc Nélias et le Groupe Bel de Kito de Pavant et Pietro D’Ali bute dans une bulle sans vent. A la vacation de 5h ce matin, Nicolas Bérenger raconte « une mer glacis, avec un gros grain devant dans lequel on ne sait pas ce qui va se passer». On dirait un Pot au noir des mauvais jours…
Du coup, légèrement décalés dans l’est par rapport au gros de la flotte, Yannick Bestaven et Ronan Guérin (Aquarelle.com) sont passés en tête au pointage de 4h. Mais ne fanfaronnent pas pour autant, car comme dit joliment Ronan Guérin : « on est en tête avec zéro mille d’avance ».
Sous les nuages, entre les grains, on joue à chasse risée pour atteindre poussivement au final des moyennes comprises entre 4 et 5 nœuds, presque trois fois moins rapides que pendant la furie des trois premiers jours de course. Et Saint-Barth’ est encore à 2775 milles… Les bateaux légèrement attardés en ont profité pour recoller et les positions aux classement pourraient bien encore jouer au yoyo au moins toute cette journée de vendredi.
L’espoir ? La dépression peu active qui génère cette panne de vent devrait se décaler lentement vers l’est et des vents de 5 à 10 nœuds pourraient s’établir par l’ouest.

Ils ont dit à la vacation de 5h00 ce matin…
Ronan Guérin (Aquarelle.com), leader : “On est premiers avec zéro mille d’avance ! Maintenant c’est sur qu’il vaut mieux être ici que derrière. On navigue dans des conditions de pétole, sous des grains, c’est un peu mou l’histoire ! Mais on réussit tout de même à avancer sur l’objectif de Porto Santo et ce matin on est accompagnés de dauphins. A part ça, on navigue un peu comme on joue à la console de jeux : avec la télécommande du pilote automatique, on cherche le meilleur angle au degré près. Mais le plus compliqué reste à venir : il n’y a pas d’alizés établis après Madère donc la route directe vers Saint-Barth’, c’est fichu ! Il y aura des dépressions, de la pétole, un peu de tout !
 
Nicolas Bérenger (Bostik), 3e à 0,6 milles :  « Depuis 24 heures, c’est la cata complète, on est dans la pétole… La mer est glacis, on a un énorme grain devant nous et je ne sais pas ce qui va se passer. On butte dans une bulle et ça tasse par l’arrière  (les bateaux de derrière reviennent, ndr). On a Veolia à droite et Groupe Bel à gauche et ce sera la loterie pour voir qui sortira le premier. Ce serait injuste que ce ne soit pas un de nous trois qui passe premier à Madère, car c’est nous qui naviguons le mieux depuis le début, je trouve. »

Les leaders à 4h00
1 – Yannick Bestaven/Ronan Guérin (Aquarelle.com) à 2775,3 milles de l’arrivée
2 – Kito de Pavant/Pietro D’Ali (Groupe Bel) à 0,5 milles du premier
3 – Charles Caudrelier/Nicolas Bérenger (Bostik) à 0,6 milles de l’arrivée

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