Il y a 25 ans, La Nioulargue… Nul n’a oublié la régate organisée par Patrice de Colmont autour du défi lancé par Ikra et Pride en 1981. Cette rencontre désormais mythique a donné naissance à la Nioulargue devenue depuis « Les Voiles de Saint Tropez », une régate pas comme les autres, qui rassemble lors de la première semaine d’octobre les plus extraordinaires bateaux à voile modernes aux côtés des plus beaux yachts classiques. Une foule de régatiers et de passionnés de voile viennent du monde entier tirer des bords en baie de Saint Tropez dans la lumière et le vent des premiers jours d’automne. L’événement sera une nouvelle fois orchestré par l’équipe de la Société Nautique de Saint-Tropez présidée par André Beaufils, fidèle gardien de l’esprit unique de cet événement hors normes.
Le regroupement exceptionnel de tous les Pen Duick
Eric Tabarly disait de la Nioulargue qu’il avait l’impression en déambulant sur les quais de Saint-Tropez de "marcher dans un livre ouvert". Un vibrant hommage sera rendu cette année à l’homme et à son génie. A l’initiative de Jacqueline Tabarly, les cinq Pen Duick d’Eric Tabarly qui naviguent encore seront pour la première fois rassemblés à Saint-Tropez et c’est un grand moment de yachting qui sera partagé à la fois par les navigants qui pourront les croiser sur le plan d’eau et par le public qui pourra les voir à quai devant la Capitainerie. On trouvera ainsi bord à bord :
-Pen Duick premier du nom, le cotre aurique (voiles trapézoïdales) de 15m hors tout dessiné par William Fife en 1898.
-Pen Duick II, 13,60m, gréé en ketch à l’origine avec lequel Eric est entré dans la légende en remportant la Transat anglaise en 1964.
-Pen Duick III, goélette en aluminium de 17,45m lancée en 1966, reconnaissable entre toutes par son étrave à guibre qui lui donne un très élégant nez pointu et qui a fini sa carrière en 1989 autour du monde dans le Vendée Globe entre les mains de Jean-François Coste.
-Pen Duick V, 10,65m, un des premiers sloops doté de ballasts, un système qui permet d’équilibrer l’assiette du bateau en pompant de l’eau avec lequel Eric Tabarly a pulvérisé le record de la Transpac en 1969.
-Pen Duick VI, grand ketch de 22 mètres conçu par son skipper pour la course autour du monde en équipage de 1973 mais qui mènera celui-ci à une victoire moins prévisible, à nouveau dans la Transat anglaise en solitaire, en 1976.
Pour des raisons de tirant d’eau, Pen Duick VI sera amarré au môle Jean Réveille.
(Pen Duick IV a disparu en mer en 1978 pendant la première édition de la Route du Rhum alors qu’il était mené par Alain Colas qui l’avait rebaptisé Manureva)
Des parcours plus attractifs, une sécurité améliorée
C’est une priorité des organisateurs et des pouvoirs publics : dans l’optique d’améliorer la sécurité sur le plan d’eau, la direction de la course a souhaité renforcer encore la zone de restriction au public installée à proximité des zones de départ. Cette zone est délimitée par une ligne de protection à 200 mètres "sous le vent" de la ligne de départ qui sert de limite aux bateaux spectateurs. Le nombre de bateaux prévus pour signaler et faire respecter cette zone de protection sera augmenté et leur identification améliorée. Cette mesure vient en complément de l’arrêté préfectoral concernant l’ensemble de la manifestation. C’est ainsi que depuis plusieurs années, les départs des "modernes" sont donnés en face de la plage des Salins, afin de fluidifier la navigation dans le golfe et de bénéficier d’un vent parfois plus soutenu.
Concernant les parcours, les organisateurs vont proposer à chaque taille de bateau des parcours tenant compte des conditions météo et des performances respectives de chaque classes afin de permettre des affrontements de qualité pour les petites comme pour les plus grandes unités.
Des séries à l’honneur
Toujours en recherche d’innovations favorisant à la fois l’esprit sportif et la convivialité, les organisateurs ont souhaité soutenir une tendance déjà sensible au sein des Voiles en mettant à l’honneur 4 séries de monotypes – bateaux strictement identiques – chez les bateaux modernes : les First 40.7 (chantier Bénéteau), les « A 40 » (chantier Archambault), les « Tofinou » (chantier Latitude 46) et les « Swan 45 » (chantier Nautor). En plus de leur score dans le classement général, ces bateaux bénéficieront d’un classement spécifique au sein de leur série et seront regroupés dans le port de Saint-Tropez.
La Grande Classe courra en temps réel le jeudi
Créé en 2004 et se tenant traditionnellement le jeudi, le Trophée de la Grande Classe réunit, comme aux régates anglaises de 1880 à 1930, les plus grands "racers" classiques présents à Saint-Tropez. Couru en temps réel, sur un parcours de 25 milles qui contourne le désormais fameux haut fond de la Nioulargue, le Trophée de la Grande Classe verra des précédents vainqueurs comme Mariquita ou Cambria remettre en jeu le trophée, une demi coque de Valkyrie II, face à une adversité qui pourra compter sur le renfort de Lulworth, un nouveau venu spectaculaire puisqu’il s’agit du plus grand cotre aurique du monde, un bateau qui domina ce type de régate de 1925 à 1933, et vient d’être remis à l’eau à l’issue de trois années d’une profonde restauration.
Source Voiles de St Tropez
Voiles de St Tropez 2006, 25 ans de Nioulargue
PCO Technologies enlève l’Open Demi-Clé
La bataille fut acharnée, sur cette épreuve longue et très difficile tactiquement où il fallait composer avec de forts courants et un manque de vent récurrent… « Jusqu’au bout, cette épreuve a été très éprouvante nerveusement. C’était un jeu d’accordéon permanent. » nous raconte Ronan. C’est donc avec une joie non dissimulée et un grand soulagement qu’ils ont franchit cette dernière ligne d’arrivée.
Les deux régatiers ont fait preuve de beaucoup régularité, de réussite et de concentration. Ils ont toujours été durant ces 3 étapes dans le groupe de tête. Face à une concurrence redoutable qui elle n’ont plus n’a rien lâchée, Ronan et Tanguy ont su tirer leur épingle du jeu. Ils finissent la première étape à Brest en 4ème position, 10 minutes seulement derrière le leader et remportent avec brio la plus longue étape de 500 miles : Brest – St Quay, via les cotes britanniques avec 1heure et 3 min d’avance sur le second.
Une jolie passation des clés du bateau entre le nouveau et l’ancien propriétaire :
Ronan Deshayes (3ème en bateau de série de la Transat 6,50 2005), vient d’acheter le plan de Lamotte afin de participer à la prochaine Transat en prototype cette fois. Pour s’y préparer au mieux, il a décidé de courir les courses en double du programme avec Tanguy de Lamotte l’architecte et ex-skipper du bateau, afin bénéficier de son expérience pour progresser rapidement sur l’optimisation des modes de réglages du bateau.
Après avoir brillé dans le trio de tête durant les 4 / 5ème du parcours de la Mini Fastnet, en s’offrant le luxe de virer le mythique rocher du Fastnet avec une demi heure d’avance sur leurs 95 poursuivants, où ils terminent finalement à la 5ème place de cette édition très disputée, ils signent ensemble la première victoire du bateau sur l’Open Demi Cle 2006.
Ronan Deshayes se prépare désormais à sa prochaine grande épreuve en solo cette fois, la nouvelle course : « Les Sables – Les Açores » dont le départ sera donné aux Sables d’Olonne le 30 juillet prochain.
Ile de France, vainqueur à Saint-Quay-Portrieux
Après 26 heures de course, l’équipage de Jean-Pierre Nicol franchit la ligne d’arrivée à la Tourelle du Grand Léjon à 23h07, suite à une réduction de parcours. Il est suivi de près par MATONDO CONGO – Route de l’équateur, qui termine second, et par DEFI PARTAGÉ MARSEILLE, qui complète le podium. Au classement général, ILE DE FRANCE reprend donc le Spi Rouge aux Suisses de VILLE DE GENÈVE – CARREFOUR PRÉVENTION, 10e ce soir.
Jean Pierre Nicol, skipper de ILE DE FRANCE : ‘des étapes aussi longues sont plus faciles à digérer quand on les gagne. On n’y croyait pas trop. Cela s’est joué après le Raz Blanchard et on a su revenir dans le coup à la fin. Le petit temps était notre gros point faible lors des saisons précédentes. Nous avons beaucoup travaillé cet hiver et on peut voir que cela paye’.
Pierre-Loïc Berthet, skipper de MATONDO CONGO – Route de l’équateur : ‘cela devient une habitude cette année de finir les manches avec très peu d’air. Mais c’était une belle étape. Nous avons eu un beau passage de la pointe de la Hague et de belles conditions jusqu’à 15 milles de l’arrivée. Il y avait déjà de grosses différences entre les bateaux sur le long bord que nous avons tiré vers la presqu’île du Cotentin. Puis il y a eu un deuxième coup d’accélérateur à la Hague et cela s’est regroupé à quelques milles de l’arrivée. Nous sommes très contents de cette deuxième place mais nous avons encore beaucoup de manches à courir et les conditions météo ne sont pas faciles. Il faut jouer ‘placé’.
Dimitri Deruelle, skipper de DÉFI PARTAGÉ MARSEILLE : ‘c’était une étape difficile, avec un peu tout type de conditions. Il fallait être très complet. Nous avons d’abord passé une nuit au près, tous au rappel, et puis nous avons dû nous reconcentrer sur des conditions de petit temps avec des vents variables. Nous sommes parvenu à grapiller des places les unes après les autres. Nous sommes enfin à notre place par rapport au début du TFV où les conditions étaient plus aléatoires’.
L’autre mondial du week-end
L’été a bien commencé. Les plages sentent déjà le beignet et la crème solaire et la presqu’île de Giens est envahie par ces catamarans multicolores venus des quatre coins du monde. Nous nous sommes déjà tous laissé tenter par une ballade sur ces bolides entre deux baignades mais là, nous sommes bien dans la Formule 1 du genre. Parmi les bateaux engagés sur l’épreuve, le « Tiger » (5,51m) a déjà remporté cinq titres de champion du monde. Cette année, les trois équipages du Nissan Hobie Cat Pro Team seront présents et chacun a sa manière, se pose en favoris :
– Les Français Jean Christophe « Kinou » Mourniac et Franck Citeau auront l’avantage psychologique de courir à domicile. C’est leur quatrième participation et ils se sont déjà classés second en 2002, puis 4e en 2004 et 2005. Ils visent ici le podium.
– Les Australiens Darren Bundock et Glenn Ashby sont eux les grands candidats à la victoire. Dans le top 3 des neufs épreuves de niveau international déjà disputées ensemble cette année, le duo star a notamment remporté l’Eurocat à Carnac et les mondiaux ISAF en Autriche. Au total, « Bundy » a été sacré quatre fois champion du monde et quatre fois champion d’Europe de Tornado (catamaran olympique) et il est double champion du monde de Formule 18 en Hobie Tiger (2004 et 2005).
– Les Espagnols Fernando Echavarri et Antón Paz courront pour la première fois cette année sous les couleurs du Pro Team puisque Fernando était sur la Volvo Ocean Race à bord de Movistar. L’Espagnol prépare les J.O de Beijing en Tornado et ils occupent actuellement avec Antón, la tête du classement mondial. Si le duo débute en Formule 18 (4e mondiaux Hobie Tiger en 2005), il est à surveiller de très près cette semaine !
« C’est ma passion, j’aime la simplicité, un bateau, une remorque, et voilà, en quelques minutes tu es sur l’eau, en prise directe avec l’élément. Des sensations fortes et accessibles » nous explique Franck Citeau, professionnel depuis plus de 10 ans mais aussi équipier à bord des trimarans océaniques de 60’, « C’est aussi très motivant de se battre sur une épreuve comme les mondiaux, le niveau présent est impressionnant, chacun vient donner le meilleur, c’est notre Coupe du Monde à nous ! » poursuit-il, avant de conclure, « Darren (Bundock) et Glenn (Ashby) sont archis favoris, ils naviguent 200 jours par an et survolent les débats depuis le début de la saison. Avec Kinou, nous avons également nos cartes à jouer et il faut compter sur une grosse concurrence. Sur les 160 bateaux, 15 peuvent gagner. Il y a notamment 40 équipages français et la Hollande est aussi une nation très forte. »
A 48 heures du coup d’envoi du championnat, Darren Bundock est effectivement détendu : « Nous nous sentons confiants avec Glenn, nous avons beaucoup régaté et nous sommes satisfaits de notre vitesse » explique celui qui passe 6 mois par an en Europe et enchaîne les régates en Hobie Tiger et Tornado à une cadence infernale. « Notre objectif de l’année est de remporter les trois championnats du monde, nous avons gagné le mondial ISAF en Autriche, nous voulons celui-ci, et également les mondiaux de Tornado qui se dérouleront en Argentine en septembre ». Pour l’équipage australien, outre le duo français, la menace cette semaine vient de Mitch Booth (Australien, sous bannière néerlandaise) et de l’Hollandais, Mischa Heemskerk.
Coup d’envoi dimanche, en rade de Hyères. Un spectacle à ne pas rater !
Source Nissan Hobie Cat Pro Team
De retour à la maison !
La « joie profonde » évoquée hier soir sur la ligne n’était pas un vain mot. Les « visages fatigués » non plus. Après une ultime balade le long des côtes bretonnes – le record de l’Atlantique et le record des 24 heures en poche – Bruno Peyron et les onze hommes d’équipage d’Orange II ont été accueillis presque en famille au port de plaisance de La Baule-Le Pouliguen. C’était cet après-midi, à 16h30, après avoir mouillé le géant au beau milieu de la baie où Bruno Peyron a tiré ses premiers bords. L’occasion de recueillir les sentiments d’une partie des membres de la Dream Team d’Orange qui règne désormais à la fois sur le record du Tour du Monde, sur celui des 24 heures, et donc, sur celui de l’Atlantique Nord. Morceaux choisis.
Yann Guichard (barreur) : « Je suis super heureux. C’est un rêve de gamin qui se réalise. Je l’étais déjà d’avoir été invité à participer… mais là battre ce record, avaler 760 milles en une seule journée, c’est magique ! Le bateau ? Il est tellement puissant, il faut regarder les cadrans pour se rendre compte des vitesses… à la barre c’est comme un gros Tornado (petit catamaran olympique, spécialité de Yann Guichard, NDR) et je me suis relativement vite acclimaté, j’ai la chance de barrer 250 jours par an et cela ne m’a pas posé trop de soucis… mais c’est vraiment génial de pouvoir aller si vite tout en restant ‘safe’ comme ça. Après le bris du safran sous le vent, on avait la barre en travers et c’était chaud…on a été obligé de lever le pied, sinon je suis sur qu’on le faisait en moins de quatre jours.»
Jean-Baptiste Le Vaillant (régleur) :
« Cette traversée est une vraie satisfaction, une expérience à la fois intéressante et enrichissante. La première journée notamment a dépassé toutes nos espérances, c’était vraiment extra ! Malheureusement, quand on a commencé à prendre confiance dans le bateau, il y a eu ce problème de safran. Une avarie frustrante car Orange II est sans conteste un excellent bateau. On l’a d’ailleurs beaucoup poussé, davantage à mon sens que lors du tour du monde effectué l’an passé. On était plus en colère, plus teigneux. Et pour cause, lors un sprint de quatre jours comme celui-ci, on est à fond dessus ! »
Pascal Bidégorry (barreur, chef de quart) :
«Ce bateau c’est un rouleau compresseur qui avance et qu’on ne peut pas arrêter. Le plus impressionnant, ce n’est pas la vitesse de pointe, c’est sa puissance et sa constance : il va toujours, toujours, toujours vite et pendant longtemps. Il est extrêmement sain et donne un incroyable sentiment de sécurité. On se dit qu’on peut partir sans problème faire le tour du monde avec. C’est surtout là-dessus que ça m’a donné des idées pour le mien, dont la construction débute en janvier pour une mise à l’eau en 2008. Le record ? Comme d’habitude je ne réalise pas encore ! »
Ronan Le Goff (numéro un) :
« 766,8 milles en 24 heures, c’était bien, très bien, mais même ça c’est améliorable ! Pourtant, ça a vraiment envoyé du lourd à bord durant ces quatre jours. Tenir des moyennes supérieures à 30 nœuds, c’est loin d’être anodin et physiquement éprouvant. Au total sur cette traversée, nous avons effectué 10 prises de ris et 13 changements de voile. Beaucoup de manœuvres et peu de sommeil, le contre coup risque d’être assez violent demain ! Reste que c’était vraiment top ! »
Bernard Stamm (barreur et responsable mécanique) :
«Le bateau est génial, tu vois les chiffres sur les compteurs… 36, 37, 39 nœuds et ça reste très sain et sans stress. Et dans ces moments là si tu descends par hasard à 33 nœuds… ben tu sais que t’as merdé ! (rires) »
Roger Nilson (navigateur) :
« J’ai la sensation du travail bien fait… Certes, sur ce record il faut être un peu chanceux, mais c’est fantastique d’avoir pu réunir un bateau très bien préparé, un équipage super compétent et une fenêtre météo intéressante. Ce sont trois paramètres pas faciles à réunir, c’était le cas cette fois et on s’est vraiment fait plaisir. La fin du parcours aurait pu être optimisée, et je reste aussi optimiste quant au record des 24 heures : sur cette journée, nous avons effectué huit manœuvres, il y a de la marge… »
Ludovic Aglaor (barreur, responsable équipage)
C’était très sympa, il y avait un gros potentiel avec cette fenêtre météo particulièrement intéressante. C’était vraiment intense, on avait réussi à gagner deux tonnes en poids par rapport au Jules Verne et ça a forcément joué. C’est une belle revanche par rapport à la tentative d’il y a deux ans où c’était un peu rageant d’échouer à 31 minutes… je suis très content !
Jean-Baptiste Epron (régleur, responsable logistique)
Ces records là, je les suivais quand j’étais gamin… Avec ce genre de bateau pour moi c’est le record et la distance idéale. Le Trophée Jules Verne c’était énorme, mais celui-là, la traversée de l’Atlantique, il est vraiment mythique, il a une histoire… En plus, j’ai la sensation qu’on peut encore faire mieux ! »
Jacques Caraës (régleur, responsable video)
«On a pris beaucoup de plaisir à être vite au bon endroit, c’est a priori pour ça qu’on fait de la voile ! Les moyennes atteintes représentent une bonne dose de stress, mais c’était maîtrisé… On a eu la chance de réunir un bon équipage, un bateau bien préparé et une bonne fenêtre météo, c’était le cocktail de la réussite. Par rapport à la concurrence, ce sera intéressant de voir comment se comporteront les grands trimarans type Groupama, qui perdront sans doute en confort mais gagneront peut-être en rapidité de manœuvre. »
Bruno Peyron
« Il faut quatre ingrédients pour réussir ce genre de performance : l’outil, les hommes, la météo et un peu de chance. Grâce aux architectes et au chantier, on a le bateau le plus rapide du monde à l’heure actuelle. Les hommes ont prouvé qu’il savaient mener la machine. La météo était ok… et la chance, et bien on en a manqué un peu avec cette avarie de safran, mais on en a eu assez pour que cela ne nous arrête pas ! »
Léger, léger…
Ce matin à la vacation radio de 11h00, le moral des concurrents était un peu à l’image du ciel : maussade. Deux heures après un beau départ dans un vent compris entre 10 et 12 noeuds, les Mumm 30 se sont retrouvés encalminés au pied des falaises normandes. ‘C’est vraiment du tout petit temps, déclarait Jean-François Lhuissier, à bord d’ILE MAURICE – NAÏADE RESORTS – EBSCO. Nous avançons à un demi noeud. Il n’y a pas de vent et la mer est toute plate. La question est de savoir par où va revenir le vent. C’est très tendu parce qu’on espère arriver avant les copains. Nous sommes à gauche, à la côte, mais la flotte est relativement groupée. Pour l’instant, le courant nous aide, mais la renverse est prévue vers 14h00. Ce sera le moment stratégique de la course’. Et l’équipage de Sylvain Chtounder s’en sort plutôt bien. Au pointage à la bouée A21 au large du Cap d’Antifer, ILE MAURICE – NAÏADE RESORTS – EBSCO actuellement leader ex-aequo du classement Amateur avec PERPIGNAN – MÉDITERRANÉE, était cinquième.
En tête du classement général, ILE DE FRANCE passait la bouée d’Antifer en 3ème position et semblait pressé de terminer : ‘il y match ce soir, rappelait le skipper Jean Pierre Nicol à la vacation. C’est pour cela que nous sommes devant et que nous nous dépêchons d’arriver ! ‘ Suite à une pénalité de 20% écopée lors du deuxième départ ce matin (pour avoir été pris au-dessus de la ligne, tout comme ALFA LAVAL et VAN UDEN TUDELFT), ILE DE FRANCE pourrait néanmoins voir sa place de leader menacée par les Suisses de VILLE DE GENÈVE – CARREFOUR PRÉVENTION, seconds au Général à quatre petits points des Franciliens.
Source Tour Voile
Gery Trentesaux, capitaine des Bleus
Et dire que voici encore un mois vous hésitiez à partir en Angleterre !
C’est vrai que nous avons eu des petits problèmes d’ajustement de jauge avant le Spi Ouest-France et n’arrivant pas à les résoudre, j’ai songé jeter l’éponge. Mais d’un autre côté, je ne me sentais pas d’abandonner un projet que j’avais initié. Ensuite cela n’a pas été facile non plus, car nous devions aller courir les Scottish Series avec le First 44.7, mais le bateau a été endommagé dans le port de Concarneau par un voilier en perdition. Ensuite, on voulait modifier la quille, installer des barres de flèche «boomerang» et faire de nouveaux Solent (en Trilam) ou petits génois car nous avions décidé de réduire la voilure sur l’avant. Hormis les voiles, on ne l’a pas fait. Pour finir, on est parti là bas sans entraînement. Bref des circonstances loin d’être idéales !
Vous avez réduit la voilure pour une compétition a priori peu ventée ?
C’est un choix ! Quelle est la meilleure configuration pour le meilleur rating IRC ? On avait constaté plus tôt en saison de belles performances dans le petit temps mais on se vautrait dès 12 nds de vent. Et comme nous n’avons pas eu le temps d’alourdir la quille on a pris le risque de diminuer la surface des génois avec en contrepartie la possibilité de rentrer plus à l’intérieur les points d’écoute et ainsi d’améliorer le cap au près. Le bateau avait certes un petit handicap entre 6 et 12 nds de vent mais en deçà ou au-dessus, ça allait bien. Et au-delà de 15 nds, on allait plus vite, plus haut qu’avant avec un gain d’environ une minute à l’heure.
Venons en aux régates de la Commodore. Combien de manches courues ?
Neuf, dont une courte offshore (de jour) et une longue offshore comptant une nuit en mer. On a eu du petit temps les deux premiers jours. Nos deux co-équipiers (courant respectivement en Classe 2 et Classe 3) le Grand Soleil Paprec skippé par Stéphane Névé et le A 35 Batistyl de Cyrille Le Gloahec s’en sont bien sortis, mais nous on avait du mal. Globalement, les Irlandais menaient le bal et on suivait derrière. Lors de la première offshore, il y a eu une confusion sur les marques à contourner dans le Solent. Un détail stupide qui nous (les trois bateaux de France Blue étaient concernés, ndlr) avantageait en rien mais qui nous a coûté des pénalités dans un premier temps, puis une disqualification à la demande de nos «gentils adversaires», transformée pour finir en… pénalité, quand même de 25% pour nous et de 50% pour les deux autres. Nous reléguant en 8ème position au classement provisoire sur 13 équipes engagées. Vraiment dommage car nous avions bien fonctionné dans cette manche surtout Paprec et Batistyl.
Comment alors avez-vous opéré ce retour aux avant-postes ?
Le lendemain, France Blue a claqué les deux manches Rolex par équipe dans un vent enfin revenu. Nous, on fait 2 et 1 et les deux autres 2 et 4 chacun. On remonte à la 4ème place derrière les Irlandais et la meilleure équipe britannique. Vendredi, on gagne la banane du matin pour revenir à 0,5 pt de l’équipe irlandaise troisième et à une quinzaine de points des leaders. Au départ de la dernière manche en fin d’après-midi, la grande course créditée d’un coefficient 2, on peut donc espérer des lendemains heureux. Ils furent très heureux ! A l’issue d’un long zigzag de part et d’autre de Wight on choisit le large en fin de parcours alors que le vent tombe à terre. Pour finir Paprec finit second de son groupe, derrière le JPK Guyader de l’équipe France White, Batistyl l’emporte dans sa classe et nous on finit 2 derrière Codiam, également de France White. Au final, on grille la politesse aux Irlandais relégués aux oubliettes dans cette manche à surprises.
Et au classement individuel ?
Le Ker 46 anglais Fair Dos VII s’impose devant Paprec et Batistyl. Le 4ème est un de ces redoutables Mills 39 et on prend la 5ème place ex-aequo avec un étranger.
Un premier bilan !
La jauge IRC est quand même bien faite de permettre la confrontation de voiliers de production et de protos. Je regrette un peu de ne pas avoir plus optimisé le First 44.7, mais malgré cela on ne peut pas se plaindre. Paprec, servi par un excellent équipage, a très bien fonctionné, très régulièrement. Batistyl m’a impressionné aussi et nous… on s’est amélioré au fil des épreuves.
On a quand même l’impression que les Irlandais donnés grands favoris se sont mélangé les pinceaux ?
Ils étaient effectivement très bien préparés avec d’excellents bateaux. Ils ont dominé dès la première journée. Résultat : ils ont commencé à se chamailler entre eux à coups de réclamations et de coups bas. En fait, ils ne nous ont pas vu remonter au classement jeudi puis vendredi. Car sur les 9 manches, en final France Blue remporte les quatre dernières (incluse la grande course à coef 2 où France Blue fait jeu égal avec France White). Entre nous, les Anglais préféraient voir les Français gagner plutôt que les Irlandais…
C’est la seconde victoire des Français à la Commodore en trois éditions ; un dernier commentaire ?
C’est vrai qu’on ne s’y attendait pas trop cette fois-ci. J’aimerais aussi insister sur l’ambiance qui a été très bonne au sein de l’équipe tricolore qu’elle soit bleue, blanc, rouge et aussi sur la belle remontée également de France White (Codiam, Guyader et TBS) qui monte sur la troisième marche du podium.
Vous allez défendre votre titre dans deux ans ?
Bien sûr ! Déjà des compétiteurs m’ont appelé avec l’idée de faire des bateaux vraiment de course comme en avaient les Irlandais et certains Anglais.
Propos recueillis par Patrice Carpentier
En route…
Ce n’est pas encore la finale pour les skippers de Vakko Odyssée Cannes – Istanbul 2006, mais on y approche. Le président du comité de course, Alain Gabbay, devait faire quitter le port d’Andros à l’ensemble des voiliers qui y étaient amarrés. En route pour les Dardanelles, en course et face à une forte brise.
La météo sur la Mer Egée alterne avec des vents de nord-est entre force 5 et force 7 à 8. L’île d’Andros est précisément située entre la Grèce et la Turquie ce qui forme un entonnoir où le vent accélère encore. Alain Gabbay devait donc profiter d’une légère accalmie pour faire sortir les bateaux du port et se dégager de la côte avant le retour en force d’Eole.
Les nefs modernes devraient aussi faire route par le nord afin d’éviter le vent le plus puissant qui sévit au cœur de la mer Egée. Au fur et à mesure qu’ils vont approcher de la mer de Marmara, ils vont bénéficier de conditions de navigation moins extrêmes et laisseront Andros toujours aux prises avec Eole. Alain Gabbay qui doit relancer les bateaux en course marquera une ligne d’arrivée à l’entrée des Dardanelles. La course sera encore une fois interrompue puisqu’il est interdit de naviguer à la voile dans cet étroit passage entre la Mer Egée et la Mer Marmara. Puis la course reprendra une 4e et dernière fois pour rejoindre Istanbul.
Source Odyssée Cannes Istanbul
Bruno Peyron pulvérise le record de l´Atlantique
Le premier sentiment ?
« C’est une joie profonde… Il y a des grands sourires sur des visages fatigués… C’est normal, on s’est donné comme il faut et de temps en temps dans la vie ça fait du bien de se donner à fond ! On est focalisé sur l’instant. Pour moi ça fait trois… Trois Jules Verne, Trois records de l’Atlantique. Ce qui me plait aussi c’est la manière : ça s’est passé exactement comme on voulait, tout l’équipage a eu les bonnes réactions au bon moment. On a touché un bout de glaçon – enfin, je pense que c’est ça – mais on a bien réagi. Le bateau est blessé mais entier et à l’endroit, et on peut être fier de ce boulot là. C’est un peu surréaliste a ussi, comme si on était partis hier de New York…
Un record très éprouvant physiquement ?
C’est un record physique qui demande de l’engagement. On n’était pas très nombreux. Nous avions choisi d’être douze, deux quarts, donc forcément ça a été physique. Mais c’est une belle fatigue. Sur le Tour du monde c’est différent car on gère sur la longueur, là nous étions dans l’avion la veille du départ et Jet Lag ou pas, nous sommes partis tout de suite. De plus, nous avions l’espoir de ne pas faire trop de manœuvres et en fait on a du en faire une bonne vingtaine. Et on les fait avec tout l’équipage sur le pont, y compris à 35 nœuds et en pleine nuit dans la brume, bien sûr. Et quand le quart soit disant de de repos se fait réveiller deux fois, forcément ça use.
L’avarie sur le safran ?
On a perdu entre 6 et 8 heures avec cette histoire de safran, mais quelque part ce n’est pas grave, même si on sait qu’on peut faire encore mieux, que le bateau le mérite. Mais je le répète, ce n’est pas grave, ça laisse un peu de latitude à nos amis et adversaires qui vont tenter de nous battre… et ça nous donnera une occasion de retourner sur l’eau le chercher, même si on n’a pas fait exprès !
Descendre sous la barre des 4 jours, c’est possible ?
Catégoriquement, oui ! Quand on faisait notre routage avant de percuter notre Ofni, ce bout de glaçon, nous étions sur ce rythme de traverser en moins de quatre jours. Donc, je le répète : catégoriquement, c’est oui. Traverser en moins de quatre jours, c’est possible.
La concurrence arrive, de nouveaux maxis…
La concurrence ? Il leur reste une dizaine d’heures de marge. On aurait pu les prendre cette fois-ci, mais une dizaine d’heures c’est à mon avis ce qu’on leur laisse. Et je suis ravi que des adversaires s’engagent, car si on est encore numéro un de la discipline, il va falloir se battre pour le rester. Les équipes qui arrivent sont de très belles équipes, très performantes…
C’est la victoire d’un groupe ?
C’est certain. Lors du Jules Verne 93, j’ai découvert tout ce qui pouvait se passer en équipe. On a réussi à pousser au paroxysme cette notion de qualité de groupe avec l’Or ange Sailing team, la Dream Team, appelez là comme vous voulez… Ce que je veux dire c’est qu’on peut ne pas se voir pendant 3, 4 ou 6 mois mais les automatismes reviennent en 10 minutes, et ça c’est magique. Quand on fait un sport collectif à ce niveau d’ambition, il faut savoir le faire à fond, ensemble et avec la manière. Après, la vie fait qu’il y a un peu de chance qui sourit ou pas. Ici, ça a failli s’arrêter sur un morceau de glace au milieu du parcours…
Le record des 24 heures ?
On a été les premier à 600 milles en équipage, les premiers à 700 milles et maintenant les premiers à 750 milles (766 en fait, NDR)…
L’équipe de France en finale, Amélie Mauresmo en finale, le record pour Orange II…
Je ne sais pas en quelle couleur jou e Amélie mais c’est très beau tout ça ! Les Bleus de Domenech, nous autres les Orange… tout ça nous fait de jolies couleurs pour ce week-end sportif, c’est très beau. C’est parfait !
Retrouver La Baule demain ?
Ça fait plaisir ! C’est un clin d’œil pour nos amis du petit pays dans lequel on a passé notre jeunesse. C’est plutôt sympathique de passer faire coucou aux amis et à la famille, j’espère qu’à eux aussi ça leur fera plaisir !


















