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Deux semaines de mer et toujours l’attente

Défi Mousquetaire
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Circonspection ou méthode Coué, les tandems de cette Transat AG2R sont dans l’attente. Tels le sous-lieutenant Drogo qui veille sur le désert des tartares du haut de sa forteresse ou la sœur Anne de Perrault, les hommes du nord guettent l’évolution des fichiers météo. A l’affût du moindre signe, ils prennent leur mal en patience, espérant tout à coup le plus petit signe annonciateur d’un changement de main. Pour l’heure, ce petit groupe de six bateaux continue son chemin de croix : cirés complets, campés debout sur les portières, il est clair que pour ceux-là, plus le temps passe et moins le bonheur est dans le près… Christopher Pratt à bord de Financo ne veut pas perdre espoir : « On a passé une nuit humide au près, avec de la mer. La matinée est plus ensoleillée. On envisage une porte de sortie. On a hâte d’y être car c’est assez humide. Mais je préfère le ciré et que ça passe, plutôt que le short et ne pas gagner la course… »

A la recherche du temps perdu
Sur la voie royale du sud, les chevaliers du guet tentent de refaire leur retard. En acceptant de rallonger considérablement leur route, ils ont pris le risque de voir les Barbe-Bleue du nord leur croquer sous le nez cette victoire qu’ils attendent de leurs vœux. D’un côté, le plaisir de cravacher sous spi, sous le soleil, compense largement leur inquiétude de ne pas être à l’heure au rendez-vous. Jean-Paul Mouren sur SNEF–Cliptol Sport, en bonne estafette des méridionaux en témoignait à la vacation de midi : « On a touché un alizé modéré. C’est notre dernière phase d’investissement. Cela va bientôt sentir le roussi. Il faudra que l’on capitalise à un moment ou à un autre. Nous avons ouvert un peu le jeu. On a tout de même le droit de toucher des dividendes. On ne se sent pas en supériorité. On a tout de même pas mal de milles à récupérer… » Autre son de cloche à bord de Concarneau Saint-Barth où Miguel Danet décidait de la jouer décalé : « Si j’arrive à Saint Barth’ tout blanc, je vais me faire taper sur les doigts. Ca s’appelle l’option « cochon grillé ». On fait des milles. C’est bien. Au niveau nourriture, c’est comme au restaurant. On a un petit traiteur tous les midis. » Comme quoi le simple fait de pouvoir glisser dans les alizés retrouvés redonne des couleurs au mental.

Au centre du plan d’eau, les allures portantes sont enfin au rendez-vous et l’ambiance s’en ressent. Qu’il s’agisse de Corentin Douguet à bord de Suzuki Automobiles, de Jeanne Grégoire à bord de Banque Populaire ou de Fabrice Amédéo sur Aquarelle Le Figaro, tous goûtent au plaisir immodéré de glisser à bonne allure vers la ligne d’arrivée. Seul Bertrand de Broc sur Les Mousquetaires affichait une prudence de vieux briscard devant la situation : « On essaye la route la plus courte. On va tenter d’aller droit vers l’arrivée, de réussir nos options. Ca devrait aller. » Il reste que Bertrand est vraisemblablement fâché avec les batteries de cuisine ; après avoir « perdu » sa cocotte-minute au départ de Concarneau, le navigateur cornouaillais devait maintenant déplorer la casse de sa cafetière… Petits problèmes vont souvent de pair avec vrais plaisirs. Mais du nord au sud, tous continuent de seriner la même litanie : « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie… »

Ils ont dit :

Corentin Douguet (11ème au classement de 11h)
« On a bien accéléré depuis hier soir. Nous avons réussi à passer l’anticyclone. On se rapproche de l’arrivée plus vite que nos petits copains du nord. C’est plus agréable. Nous retrouvons des conditions plus conformes à ce genre de traversée. On est des oiseaux du large à la base. Nous sommes devenus des régatiers au fil du temps. La transat est amusante. Il se passe plein de choses. Il va falloir affiner. Maintenant c’est joué. On s’est positionné. Nous verrons à la fin qui a été le plus malin. S’il y avait une suite au Figaro, j’opterais pour un bateau avec plusieurs coques. Je ne me vois pas du tout faire un Vendée Globe. Ma famille me manque déjà beaucoup. Je pencherais plus pour une Route du Rhum en sept jours. Les multicoques sont des bateaux extraordinaires. Ca me fait rêver. Mais nous n’en sommes pas là. Nous avons déjà une Transat AG2R à finir. Humainement il n’y a pas de soucis. Nous sommes un des plus vieux couples sur la transat. On aura fait 20 000 milles ensemble. Nous avons beaucoup de plaisir à naviguer sur le même bateau. »

Jeanne Grégoire (13ème au classement de 11h)
« Il fait très beau et très chaud. Le bateau va vite depuis hier soir. Nous avons eu une nuit magnifique à 8 – 9 nœuds de moyenne. Nous avions choisi une route un peu radicale à Madère. Puis on est revenu sur notre choix. On a pris 60 milles dans la queue de Cercle Vert. C’est un gros regret de ne pas avoir eu confiance dans notre option. Depuis on navigue propre. On est sur le 14, ou plutôt sur le 13 pour notre arrivée à Saint Barth. Nico bouquine un peu de temps en temps. Moi, c’est plus nettoyage du bateau et dodo. Dormir dans un bateau est un grand plaisir. On dort tellement mieux qu’à terre. J’ai ressorti la caméra. On s’est bien amusé. Nous commençons à voir des poissons volants. »

Fabrice Amadéo & Jean-Pierre Nicol (15ème au classement de 17h)
« J’ai eu un petit coup de pompe au début de l’Atlantique. Là, c’est reparti. On est bien. C’est une transat conforme à nos objectifs, et qui va s’avérer plus longue que prévu. On utilise l’eau pour les lyophilisés. Du coup on a pratiquement fini nos bidons. Nous allons attaquer les packs d’eau mobiles. A travers cette transat, il y a la découverte du bateau, du niveau élevé de la classe figaro. C’est un terrain de jeu qui me passionne avec des concurrents de grande renommée. Ceux qui font la différence sont les plus complets avec Gildas Morvan, Nicolas Troussel, devant. Après il y a des coups de poker comme Concarneau – Saint Barth. C’est une belle leçon de course au large. Normalement, une page dans le Figaro va sortir cette semaine. On va mettre en avant notre vie à bord, montrer la transat de l’intérieur. J’aimerai développer ce genre d’approche car nous vivons des choses fabuleuses. C’est bien de faire partager et découvrir tout cela aux gens. »

Loïck Peyron remporte le Grand Prix Chopard 2008, talonné par Alinghi

Dona Bertarelli Spaeth avec son Ladycat
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La journée de dimanche a été dominée par la famille Bertarelli. En effet, lors des deux régates Alinghi (Ernesto Bertarelli) et sa sœur Dona Bertarelli Spaeth avec son Ladycat ont fini respectivement premier et deuxième. « Je suis content, c’est un bon résultat pour le début de la saison, et Okalys mérite sa première place sur le podium car ils ont été plus constant que nous. Le résultat reflète les forces en présence », commente Ernesto Bertarelli.
Lors de la première manche un manque de vent a bloqué tous les bateaux quelques mètres avant l’arrivée, sauf Alinghi et Ladycat. Une situation qui a permis aux filles de Ladycat, grâce à leur motivation et leur esprit d’équipe, d’obtenir de très bons résultats et d’atteindre ainsi une belle 5ème place au classement général pour le plus grand bonheur de Dona Bertarelli Spaeth : « Je suis très contente, toutes les filles ont très bien navigué. Cela nous a bien aidées d’avoir Emmanuelle Rol à la tactique. Cette journée a été parfaite ! »
Malgré ses beaux résultats d’Alinghi et Ladycat, c’est Okalys qui est sur la première marche du podium suite à ces 4 victoires de manches vendredi et samedi. « Notre résultat est satisfaisant, ça a été une belle bataille ! », déclare Loïck Peyron. A noter encore les belles prestations de Foncia et de Cadence qui terminent respectivement 3ème et 4ème.

Les Marseillais s´imposent à Pornichet !

Dimitri deruelle elcimai ville de marseille
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Compte tenu des conditions météo, le comité de course est tout de même satisfait d’avoir pu lancer 6 courses sur les 3 jours de l’épreuve. Le plus régulier dans ces conditions météo a été sans nul doute Dimitri Deruelle sur Elcimaï – Ville de Marseille qui a réalisé une grosse performance en accumulant seulement 9 points sur l’épreuve. Mais Cédric Chateau, qui court pour la 3ème saison sur Manche Basse Normandie, est également bien parti pour occuper le devant de la scène de cette nouvelle saison. Daniel Souben sur Courrier Dunkerque s’assure la troisième marche du podium après avoir connu quelques difficultés sur l’épreuve, suivi par Fabien Henry sur TPM – Coych, vainqueur du Tour de France à la Voile 2007. Quant à la 5ème place, elle revient à l’équipage de Victor Lanier sur Les Bâtisseurs du Morbihan, épaulé par Pierre-Loïc Berthet, ancien champion du monde de la discipline et Greg Evrard, équipier sur le World Match Racing Tour.

Dimitri Deruelle, skipper d’Elcimaï – Ville de Marseille
« C’est rare de remporter 3 fois de suite une même épreuve. Cela montre bien notre capacité à gérer notre préparation d’avant-saison. Nous sommes très satisfaits de ce résultat. Cependant, on repart sur la Pornichet Camaret Offshore Race dans une toute autre configuration mercredi. Cette première épreuve du Championnat de France des Equipages n’est donc pas terminée. »

Cédric Château, skipper de Manche Basse Normandie
 « On est super contents de nos résultats. C’est la première fois qu’on naviguait avec cette configuration d’équipage et la parité hommes/femmes à bord nous a porté chance. En effet, Claire Pruvost –  n°1 de Claire Leroy, Sandrine Noël à la tactique et Marine Charon-Gateff à la grand-voile ont apporté beaucoup à l’équipage sur l’épreuve. »

Greg Evrard, à la Grand-voile des Bâtisseurs du Morbihan
« L’organisation de l’épreuve a été au Top. Simple, efficace et sympa, l’APCC Voile Sportive a vraiment su répondre  à ses objectifs sportifs en mer comme à terre. On est contents d’avoir pu courir 6 courses malgré des conditions météo pas évidentes. Et concernant nos performances sur l’épreuve, on a réussi à bien progresser au fil des manches pour terminer sur une 1ère place dans la course 6. C’est donc de bon augure pour la suite. »

Suite du programme mercredi
La création d’une manche de ralliement entre Pornichet et Camaret amèneront les équipages à prendre un nouveau départ le mercredi 7 mai à 16h00, et cette fois-ci, en configuration « offshore ». Les premiers bateaux devraient arriver à Camaret le jeudi 8 mai vers 11h après avoir avalé les nombreux milles des côtes bretonnes. Objectif de cette nouvelle course : Permettre aux équipages d’enchaîner directement sur le Grand prix de l’Ecole Navale et de naviguer au final durant près de 10 jours.

Classement général après 6 courses :
1 Elcimaï – Ville de Marseille (Dimitri Deruelle) 9 pts
2 Manche Basse-Normandie (Cédric Chateau) 17 pts
3 Courrier Dunkerque (Daniel Souben) 25pts
4 Toulon Provence Méditerranée Coychyères (Fabien Henry) 25 pts
5 Bâtisseurs du Morbihan (Victor Lanier) 29 pts
6 Nouvelle Calédonie (Ronan Dréano) 30 pts
7 Val Thorens (Alexis Littoz Baritel) 34 pts
8 Saint-Malo – Purflo – Team SNBSM (François Lebourdais) 36 pts
9 Côtes d’Armor Vert (Claire Leroy) 46 pts
10 Côtes d’Armor Bleu (Mickael Aveline) 47 pts
11 Nantes Saint-Nazaire (Erwan Auburtin) 49 pts
12 Bred – Saint Quentin en Yvelines (Hervé Leduc) 49 pts
13 Brest Grandes Ecoles – ENSIETA – ESC (Loïc Le Garrec) 54 pts
14 Bâtisseurs du Morbihan Espoir (Vincent Fresnais) 56 pts
15 Ville de Genève (EtienneDavid) 60 pts
16 Perpignan Méditerranée (Romain Saint Jours) 63 pts
17 INSA – Sopra (Simon Troel) 69 pts
18 CSC – HEC – Ecole navale (Hervé Gautier) 79 pts
19 Solidarités Nouvelles Pour le Logement (Eric Brézellec) 83 pts
20 Défi Arts et Métiers – DCNS (Manuel Dufresne) 85 pts
21 Bâtisseurs du Morbihan Etudiants 92 pts
22 Centrale Nantes – EPA – Sopra (Morgan Le Garrec) 93 pts
Club organisateur : APCC Voile Sportive

Un alizé nommé désir….

Suzuki automobiles E Defert G Riou
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À l’aube ce dimanche, et à 1500 milles de l’arrivée pour les premiers, seules les vitesses des 23 Figaro Bénéteau en course sur la route de Saint Barth peuvent éclairer la lanterne de la course et la lecture des classements. Au Nord, à l’Ouest et en tête, rien de nouveau, ou presque. Financo, Athema et Défi Mousquetaires, au plus proche de la route directe, sont toujours vus d’un très bon œil par Argos. Rajoutez Atlantik FT, Groupe Celeos et Degremont Suez Source de Talents et voilà le groupe des six bateaux qui se tiennent en 80 milles. En haut du plan d’eau, ils poursuivent vaille que vaille, penchés et face à des vents contraires, leur progression vers la douceur tropicale. Ils ont l’avantage d’optimiser leur trajectoire.  Premiers sur le papier et forts des milles d’avance qu’ils ont laborieusement accumulés au près, ils savent néanmoins que de sérieux chamboulements sont à prévoir ce dimanche.
Il est bien là et il pourrait leur donner des ailes ! La nouvelle nous vient de Suzuki Automobiles qui confirme l’avoir attrapé dans ses voiles… pour ne plus le lâcher ! Le spi et le moral gonflés par ce souffle salvateur qui promet de les propulser jusqu’à Saint Barth, Thierry Chabagny et Corentin Douguet ont le pied au plancher. Pour les deux pilotes du bord, une course de vitesse est lancée.  Tous les indicateurs sont au beau fixe. 11ème à 271 milles des premiers, Suzuki Automobiles accélère. Aux abords des 22 degrés de latitude Nord où progressent aussi Cercle Vert, Banque Populaire, Sopra Group et Lenze, les speedos ont repris des couleurs depuis hier. Tous ces Figaro Bénéteau progressent à 7-8 nœuds…

Tout en bas, sur la route du soleil, les affaires reprennent aussi pour les six bateaux engagés sur ces chemins détournés. La pétole, c’est désormais de l’histoire ancienne. Dans ces parages, il fait chaud, il fait beau. C’est parti pour des grandes glissades à 8-9 nœuds avant que les choses et le rythme ne s’accélèrent encore. Seule ombre à ce tableau de rêve : il reste entre 2000 et 1900 milles à parcourir pour rejoindre la douceur tropicale de Saint Barthélemy…

Semaine de Porquerolles : Eole s’est fait attendre …

Semaine de Porquerolles
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Faiblement orienté plein ouest, le vent rentrait avec suffisamment de virulence pour permettre à 15 heures 39 précises l’envoi par l’excellent Comité de course de ce qui sera l’unique course du jour, un "banane" long d’un peu plus d’un mille entre cap de l’Esterel et Mèdes. 5 à 6 noeuds de vent à l’anémomètre qui ont donné aux 66 participants l’occasion de s’appliquer davantage encore sur les réglages, et de démontrer la parfaite polyvalence de leurs équipages, quelles que soient les conditions proposées. Si les grands IRC 1 ont maintenu un sage status quo au général, imités en cela par les IRC 2, il n’en va pas de même de la classe très fournie des IRC 3 où les leaders ont eu quelques peines à s’adapter aux petits airs. Il faudra attendre la dernière journée de régates pour connaître les lauréats d’un groupe décidément bien tonique…

IRC 1 et 2 sans surprises
Dans le sillage d’ "Imagine" le grand Brenta de Gilles Argellies, les leaders des classes IRC 1 et 2 ont su confirmer dans le petit temps leurs belles prestations des premières manches plus ventées des premiers jours. "Bella Donna", le Vismara 46 de Jean Marie Gennari conforte sa première place au général en devançant à nouveau Alexandre Korniloff et son IMX 45 "Follow me". "Imagine", bousculant enfin son pénalisant "rating", grimpe sur la seconde marche du podium. Le Grand Soleil "Lady First" au Marseillais Jean Pierre Dreau voit ainsi ses chances de victoire fondre sous le chaud soleil Porquerollais. Même musique chez les IRC 2 où les "Shambhala" (X  43 à Frédéric Dupeyron), "Sayann 2" (First 40,7 à Cyril Baillie) et autre "Magic Simca" (IMX 40 de Laurent Laveysse) n’ont laissé à personne le soin de mener les débats, préservant du même coup leur domination au classement général. Le J 122 "Kaya" paie cash sa contre performance du jour en rétrogradant d’une place au général (3ème).

Rififfi chez les IRC 3
Est ce la paresse estival qui s’est abattue sur la flotte en début d’après midi ou les caprices d’Eole bien peu virulent entre Esterel et Mèdes qui a ainsi bousculé la hiérarchie au sein des IRC 3? A défaut de flux d’ouest soutenu, les mal classés ont soufflé le vent de la révolte sur le groupe le plus étoffé de la flotte. Les deux A 35 leaders "Tchin Tchin" et "William B" se sont montrés extrèmement discrets aujourd’hui. Un manque d’esprit conquérant qui se traduit par une chute du podium du "William B" à Alain Fédensieu. Jean Claude Bertrand garde son "Tchin Tchin " en haut de l’affiche avec 5 longueurs d’avance sur Yvon Laout et son Bavaria "Kick". La belle "perf" du jour est à mettre au crédit de Christian Berthelot dont le Grand Soleil "Désirade", second sur la ligne du jour, apparaît désormais sur la troisième marche du podium…

Le gentleman du Sud…
Cela participe aussi de la "magie" de Porquerolles ; grattez un peu du côté du pédigrée des skippers en lice, et vous aurez tôt fait de trouver ici et là des champions d’hier et d’aujourd’hui, qui ont brillé dans l’une ou l’autre des composantes de la voile légère et olympique. Le Toulonnais Alain Chourgnoz est de ceux là. Champion du Monde de 420, unique sélectionné français aux Jeux Olympiques de Moscou.. il partage désormais avec gentillesse et simplicité son immense talent à bord de l’A 35 "Ville de Toulon". Un voilier "associatif", corporatif même puisque loué à l’année, il permet à un groupe d’éducateurs de la Ville de Toulon de disputer les principales épreuves de Méditerranée ainsi que les championnats corpos. Co skipper du voilier, Eric Dupont est le bras droit d’Alain Chourgnoz, et forcément le mieux placé pour distillé avec sincérité les compliments ; "Alain est un modèle de calme et d’efficacité. C’est lui qui donne le ton à bord, quelles que soient les conditions ou le classement, il ne s’affole jamais." Pour leur 4ème participation à la semaine de Porquerolles, les hommes de Chourgnoz ne manquent certes pas de motivation, puisque un podium a salué chacune de leurs précédentes prestations. "Le classement est serré et nous talonnons les équipages chevronnés de Fédensieu et Ettore" souligne Chourgnoz. "Le niveau des régates est chaque année plus relevé, et c’est bien entendu l’un des attraits de la semaine de Porquerolles. Nous visons cette année encore un podium qui sera plus compliqué que jamais à atteindre. Le Comité de course sous la direction de Nathalie Péberel fait par ailleurs des miracles en envoyant sans perte de temps des départs successifs dans chacune des classes. Le plan d’eau, le soleil, la mer… font le reste…"

13ème jour de Course …

Cercle Vert
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Les choses se décantent… Les sudistes commencent à ressentir le souffle puissant de l’alizé et vont commencer à regarder les compteurs, sortir les calculettes pour voir s’ils peuvent espérer combler leur retard. Les nordistes lorgnent sur une porte de sortie vers la route du sud. Quant aux centristes ils espèrent voir leur gestion de bons pères de familles rapporter les fruits qu’ils attendent. Mais, qu’on ne s’y trompe pas, les jeux sont loin d’être faits. Chacun épie l’autre du coin de l’œil, seuls quelques équipages semblent avoir fait leur deuil d’une possible victoire finale. Armel Tripon l’affirmait crûment à la vacation de ce jour : « Nous avons fait un nouveau choix suite à une évolution radicale de la météo. On a du changer notre fusil d’épaule. On pensait aller dans une impasse. La situation au nord a évolué. Etant donné le blocage qui s’est créé, on a décidé de partir au sud. On y croyait à notre option nord et avions plaisir à y croire. On a pu se recentrer avant. Nous espérons pouvoir récupérer la bordure anticyclonique. On a tiré un trait sur la victoire. » Pas d’amertume néanmoins pour l’équipage de Gedimat : les deux navigateurs savent trop combien le jeu de la course au large peut être parfois cruel. Ils savent aussi qu’entre un tour de force et un tour de cochon, la seule différence tient parfois à un brin de réussite. Pour autant certains continuent de croire en leur bonne étoile à l’image des deux jeunes culottés de Défi Mousquetaires. Thomas Rouxel refusait ainsi de tirer un trait sur la route nord : « Ce n’est pas une route facile avec les conditions que nous avons actuellement dans le nord. Plus ça va, plus ça devient difficile. Le vent a un peu molli. Nous sommes toujours au près avec un vent de 15 – 20 nœuds. C’est possible que l’on arrive tous en même temps. » L’équipage avait d’ailleurs d’autres soucis à gérer comme le renversement d’un pot de pâte à tartiner ! Quand on ne souffre que de type de contingences matérielles, c’est que le capital confiance n’est pas totalement écorné…

Des petits bonheurs tous simples
D’autres reprennent des couleurs : à bord de Sojasun, Liz Wardley retrouvait, de son accent inimitable, la verve des grands jours : « Nous sommes revenus dans le sud. Nous pensons avoir touché les alizés. Le bateau va plus vite, avec plus de pression. C’est  cool ! » Vite dit, bien dit… Dans le sud, tout va bien. A la vitesse retrouvée, les sudistes ajoutent aujourd’hui un cap plus conforme à leur objectif : la baie de Gustavia et le port de Saint-Barthélemy. Pour autant tous jettent un œil sur les centristes et le nom de Cercle Vert revient de manière insistante dans les propos des différents navigateurs. C’est d’ailleurs un Jean Le Cam particulièrement facétieux qui répondait à la vacation de ce jour : « On a fait une vidéo spéciale pour Jean Castagne (Christophe Castagne, chargé du suivi vidéo des bateaux). C’est une spécial Jean de mer. On a terrassé les autres Jean de mer comme Jean Maurel qui nous poursuivait avec son cata et qui a posé ses armes à Madère. Quant à Jean Galfione il a aussi posé ses armes. Il ne reste plus qu’un Jean. Je me demande ce qui risque de m’arriver ! » Ceux qui connaissent le formidable compétiteur qu’est Jean Le Cam peuvent se faire du souci. Même son de cloche à bord de Lenze où Franck Le Gal avouait son contentement d’être là… Pour être de si bonne humeur, les centristes doivent imaginer qu’ils tiennent leur destin bien en main !

SABLIERES PALVADEAU – Aymeric Belloir (20ème au classement de 17h)
« La mer est d’un lisse irréprochable. Il n’y a quasiment pas de vent. Nous espérons revenir au plus vite car la moyenne est en baisse. Nous n’avons pas reçu de classement. Je ne sais pas où ça en est. On avait décidé de passer par la route centrale pour aller au plus court. Nous ne voulions pas passer dessous. Cela nous paraissait trop risqué. On arrive à s’en sortir. Pierre avait reçu plein de cadeaux, dont un livre pour les futurs papas. La pétole va nous donner du temps pour lire le bouquin et penser à autre chose. Vu que l’on ne peut pas faire avancer le bateau, on pense au ventre de sa femme. Après ça va aller vite. Il faudra faire une bonne moyenne. Il va y avoir une phase aléatoire pour revenir au classement. Solar Inox et SNEF peuvent avoir de grandes ambitions. Pour nous c’est un peu plus difficile. Cercle Vert et Suzuki Automobiles sont vraiment bien placés. Pierre et moi sommes assez calmes et tranquilles. On arrive à se contenir. On dort. Les phases de sommeil font faire des rêves rigolos. Ca fait oublier les alizés. Pour la chaleur, nous avons une petite ombrelle. On a encore beaucoup d’eau. On est assez large en nourriture. Nous avons des petites choses à grignoter. On espère avoir assez d’énergie jusqu’à la fin. »

LENZE – Franck Le Gal (14ème au classement de 17h)
« On a du soleil. On profite pour prendre soin de nous. Erwan vient de se raser, de se laver.  On patiente, on attend le vent. Il y a une belle carte à jouer dans le sud. On va avec une vitesse quasi-garantie vers l’arrivée. Des conditions qu’il n’y a pas dans le nord. L’anticyclone va se regonfler. C’est difficile de dire quand on va rentrer dans les dix premiers. Ca dépend de ce qui se passe avec les bateaux du nord comme Gedimat, des alizés…  Par rapport aux solitaires, on peut dormir plus. On échange beaucoup avec Erwan. On voit au-delà des fichiers. Humainement, on rigole bien. On mange bien. En solitaire, c’est un peu glauque. Erwan est très agréable humainement. Ce n’est que du bonheur ! »

SOJASUN – Liz Wardley (23ème au classement de 11h)
« On était très proche de l’anticyclone. On a fait beaucoup d’empannages cette nuit. Nous sommes revenus dans le sud. Nous pensons avoir touché les alizés. Le bateau va plus vite, avec plus de force. C’est  cool ! Il y a de bonnes relations à bord. On a eu des moments difficiles, mais c’est normal. Maintenant c’est top. On a un système de quart qui marche super bien. Nous avons fait un routage hier soir. Nous pensons arriver vers le 12 ou le 13. On est pas très loin derrière Concarneau – Saint Barth’. On attaque ! »

Grand Prix Petit Navire : Epilogue pour les Dragon

RAT PACK -fIN 50
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Aux avants postes, URK 8, FIN 50 et RUS 44, dans un petit vent léger. Ce temps de curé n’avait pourtant pas apaisé les esprits, en effet, Henry Bacchini, président du comité de course avait décidé de lancer la course sous pavillon noir et 7 Dragon ont été disqualifiés. C’est l’Ukrainien UKR 8 T Bunker qui a gagné cette première course. Moins inspiré sur la seconde manche de la journée, le médaillé olympique en 470 à Atlanta, Evgeniy Braslavets a franchi la ligne d’arrivée 31ème. C’est un Russe, Sunflower (RUS 35) mené par Victor Fogelson, qui s’est classé premier sur la course de clôture du Grand Prix Petit Navire Dragon. Louis Urvois sur Ar Youleg II a réalisé une très belle performance sur cette course, avec ses complices Vincent Hoesch et Gwen Chapalain, ils ont franchi la ligne en deuxième position.

Au classement général, l’équipage armé par le président de la SRD est sixième et premier Dragon français du Grand Prix Petit Navire et c’est Bruno Peyron et son équipe (Jimmy Pahun et Sébastien Audigane) qui sont les deuxièmes Français avec une 14ème place. « C’était un Grand Prix de petit temps, avec des vents très oscillants » explique Sébastien Audigane, « à Douarnenez c’est difficile, compliqué et intéressant de naviguer dans ces conditions. Il fallait être opportuniste, on est un peu déçu par nos deux mauvaises courses. C’était la première fois que nous naviguions ensemble, et ça s’est bien passé ».

Au final, le Finlandais Rat-Pack remporte le Grand Prix Petit Navire 2008, Henrik Dahlman est ainsi récompensé pour sa régularité sur une épreuve qui aura distribué son lot de plaisirs et de désappointement, comme seules savent le faire les compétitions d’exception. Henrik Dahlman était épaulé par Lars Henriksen, trois fois vainqueur de la Gold Cup. Sur le Grand Prix Petit Navire Dragon, le plan d’eau de Douarnenez rassemblait une fois de plus un plateau de folie avec pas moins de 20 titres de champions du monde, autant d’Europe et une dizaine de médaillés olympiques.

Dragon : Classements provisoires avant jury
Course 5
UKR 8 (T Bunker)
USA 310 (Clairvoyant)
GBR 711 (Leah)

Course 6
RUS 35 (Sunflower)
FRA 365 (Ar Youleg II)
RUS 31 (Integrity)

Classement général & final provisoire avant jury
FIN 50 (Rad Pack)
RUS 44 (Red October)
GER 1042 (PUK)
IRL 204 (Seabird)
RUS 35 (Sunflower)
FRA 365 (Ar Youleg II)

La roue tourne sur l’océan …

Mousquetaires
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Drôle de course où les derniers ont le sourire, où les premiers font soudain grise mine. Et dire que les classements se suivent et se ressemblent. Ils ne disent rien, ou presque, des grands bouleversements qui se trament à l’horizon de cette nouvelle journée de mer. Ils révèlent bien sûr que tous les monotypes les plus haut perchés, qui progressent toujours au près, ont dare-dare planté l’étrave en bas. Sauve… et Sud qui peut ! La reconstitution d’un anticyclone sur l’échiquier de l’Atlantique bouleverse en effet la donne. Au Nord, il doit générer des bulles sans vent. Dans son Sud, aux alentours des 20 degrés de latitude, il doit réveiller un généreux alizé. Au Nord, il faut donc trouver une porte de sortie pour s’échapper. Au Sud, il faut patienter pour attraper cet alizé dans ses voiles avant d’accélérer. Deux camps, deux poids, deux mesures…
 
Les six du Sud
Ce matin, les écarts se creusent encore pourtant à la faveur des bateaux qui ont parié sur la face Nord de l’océan. Financo tient tête. Nicolas Troussel et Christopher Pratt affichent 190 milles d’avance sur Gildas Morvan et Jean Le Cam. 9ème, à bord de Cercle Vert, ces derniers qui ont longtemps pointé dans le groupe de tête n’en ont pas moins senti le vent tourner. Au propre comme au figuré. Depuis deux jours, ils plongent au Sud et gardent l’oeil ouvert sur les équipages qui sont descendus dans les tout premiers milles suivant le passage de Porto Santo.

Six bateaux – tous les retardataires de Madère qui n’ont pas voulu grimper au Nord –  progressent dans ces parages : Sojasun, qui ferme désormais la marche à 645 milles des premiers, Concarneau-Saint Barth qui met  le cap à l’Est, Axa Atout Cœur pour Aides, Sablières Palvadeau et enfin la paire Solarinox et SNEF-Cliptol Sport. Ces deux-là naviguent de conserve à des latitudes enviées par tous. Et dire qu’ils affichent encore des vitesses de l’ordre de 4 nœuds !

À mi-océan
Au 13ème jour de course, la 9ème Transat AG2R semble prendre un nouveau départ. À mi-Atlantique, alors que les 23 équipages se sont éparpillés dans tous les sens, le suspense persiste. Bien sûr, il est encore trop tôt pour vendre la peau des Figaro Bénéteau du Nord qui ont montré à quel point ils ne manquaient ni de ressource, ni de motivation. Mais le Sud a de toute évidence repris ses droits. Le jeu s’ouvre soudain en grand sur l’océan. Passionnant !

Ils ont dit…
FINANCO – Christopher Pratt – 1er au classement de 5h
« Nous avons des conditions agréables, 15 nœuds au près, la mer s’est adoucie depuis les dernières 24 heures. Les prévisions ne sont pas stables et pas fiables, il est difficile d’établir un pronostic. De toute façon notre placement est déterminé maintenant. Notre objectif est de trouver la porte de sortie sans perdre de distance au but, puisque jusque-là nous sommes les plus proches de la ligne orthodromique. Il va falloir réussir à conserver cette petite avance que l’on a depuis le début pour combler le fait que l’on ait moins de vent que les autres.C’est sûr que la position Nord est moins confortable qu’il y a quelques jours mais on travaille sur le long terme, il ne faut donc pas s’enflammer à chaque nouveau fichier… »

 

CERCLE VERT – Jean Le Cam – 9ème au classement de 5h
« Il fait beau, le ciel est étoilé, la mer plate, on a des conditions géniales. L’évolution météo ne change pas grand-chose pour nous, notre but est toujours de toucher les alizés. Ça doit être difficile pour ceux du Nord de redescendre dans le Sud avec les vents de Sud Ouest. Moi je ne changerai pas ma place pour la leur ! Nous, on surveille du coin de l’œil  Lucky Poupon (Solarinox, ndlr) et ceux qui sont encore plus Sud. Ce sont vraiment eux nos concurrents maintenant. Je pense que le classement devrait évoluer d’ici 5 jours et on devrait pouvoir revenir dans le match. On va avoir une bascule de vent d’ici 2 ou 3 heures, on va donc virer de bord : on va arrondir gentiment la dorsale pour être sous spi la nuit prochaine. En fait là on investit, c’est après que les affaires vont reprendre. À bord de Cercle Vert, on joue aux banquiers ! »

 

LES MOUSQUETAIRES – Bertrand De Broc – 6ème au classement de 5h
« Tout va bien. Les conditions sont douces par rapport à la mer hachée et aux conditions mouvementées que l’on a eues récemment. Nous faisons route au Sud dans le but de retrouver nos amis qui traversent entre le Cap Vert et les Antilles. L’océan Atlantique est un peu spécial mais on fait avec, et puis ça fait partie du jeu. On a un anticyclone dans l’Ouest du Cap Vert qui place les alizés très Sud. Donc soit on choisit de faire la route directe et on lutte contre les vents d’Ouest, soit on descend très Sud pour prendre les alizés. Nous nous sommes fait un peu surprendre, donc on essaie de s’en sortir ! Je commence à bien connaître la Transat AG2R, et mon expérience me dit que les alizés peuvent très vite bouleverser le classement. En 2000, à 4 jours de l’arrivée, les derniers qui étaient très Sud ont fini sur le podium…. C’est difficile de contrôler le Nord et le Sud, il faut être réactif. Nous sommes restés centrés, nous ne sommes peut-être pas partis assez tôt au Sud. Mais bon, on verra bien ce qu’il se passe d’ici 48 heures… »

🔒 TS45 : programme croisière hauturière rapide.

TS 50
TS 50

Christophe Barreau, architecte naval basé à Ivry sur Seine, a dessiné le TS 50, catamaran construit par Marsaudon Composites en trois exemplaires dont un pour Francis Joyon (actuellement à bord en famille dans le Pacifique), et un en charter aux Antilles appartenant à Régis Guillemot.
Le TS45, dont la production des moules va démarrer d´ici deux mois à Canet en Roussillon, est un développement du TS50.

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Les faveurs de la météo à Douarnenez

Grand Prix Petit Navire Douarnenez Dragon
DR

Joli, serré en Dragon
La première course de Dragon a été rondement menée par deux équipages, l’un allemand, l’autre français. C’est finalement PUK (GER 1042), déjà bien inspiré hier, qui remportait la manche, d’une courte étrave, devant Q-TI-TOO (FRA 362) des trois Dragonistes d’Arcachon. Deux frères et un cousin qui ont bien failli gagner s’ils n’avaient pas fait une toute petite erreur à la dernière minute. « S’il avait viré sous PUK, il l’aurait gagnée » expliquait Henry Bacchini.
De six nœuds en fin de matinée, le vent est monté à 11 nœuds pour la seconde course de la journée. « C’était très serré, l’équipage estonien (EST 11 Sailaway) a mené la flotte une bonne partie de la course, mais c’est finalement l’Irlandais 204, Seabird de O’Donoghue qui a passé la ligne le premier » poursuivait Henry Bacchini, le sémillant président du comité de course. Seabird (IRL 204) deuxième tandis que PUK, le vainqueur de la course précédente, se classait quant à lui troisième. Quant à l’Estonien, c’est finalement en quatrième position qu’il figurait.

Classements provisoires Dragon

1ère course
1 – PUK (GER 1042)
2 – Q-Ti-TOO (FRA 362)
3 – Linnea (SWE 338)
2ème course
1 – Seabird (IRL 204)
2 – African Queen (DEN 375)
3 – PUK (GER 1042)
 
Classement général Dragons – après 4 manches et avant Jury
1 – PUK (Ger 1042)
2 – RED OCTOBER (RUS 44)
3 – RAT-PACK (FIN 50)
4 – SEABIRD (IRL 204)
5 – SUNFLOWER (RUS 35)
6 – AR YOULEG II (FRA 365)

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