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Gildas Morvan grand vainqueur à Cherbourg

Victoire morvan solitaire 2008
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Gildas a fêté ses 40 ans la veille du départ donné vendredi dernier à Vigo. Trois jours plus tard, il s’apprête à souffler 4 bougies, celle du nombre d’étapes remportées depuis sa première participation en 1993. Interrogé à La Rochelle sur son statut de « vétéran » et sur les vertus de l’expérience, celui que tout le monde surnomme affectueusement « le géant vert », répondait alors : « La différence réside peut-être dans la gestion de la course, dans ton départ, ton placement par rapport à la flotte, est-ce que tu vas être agressif ou pas… Il y a des moments clés dans chaque course et ceux là, il faut savoir les repérer. Ensuite, il ne faut pas les louper ».

En tête dès le cap Finisterre

Dans cette deuxième étape, le moment clé pour Gildas, celui qui lui a déverrouillé puis ouvert grande la porte de la victoire, a été sa stratégie le long des côtes espagnoles, lui permettant de sortir en tête au cap Finisterre, sur une portion de parcours déjà pointée comme une des premières difficultés de ces 575 milles de course sous spi. Le 1er août au classement de 4h00 du matin, le finistérien prenait les rênes de la course. Il ne devait plus les lâcher, réussissant toujours à maintenir un écart d’une dizaine de milles avec ses poursuivants.
Derrière, en revanche, les positions, n’ont cessé de valser. Et c’était encore le cas au moment où Gildas franchissait la ligne d’arrivée. Finalement, c’est le leader du général Nicolas Troussel qui prenait la 2e place un peu moins de deux heures plus tard, devant Christopher Pratt.

Le point au général : Troussel devant Morvan et Tabarly

A l’issue de cette deuxième étape entre Vigo et Cherbourg-Octeville, Nicolas Troussel (Financo) augmente légèrement son avance au classement général (avant jury) sur son dauphin… mais celui-ci n’est plus le même : c’est le vainqueur du jour, Gildas Morvan (Cercle Vert) qui se hisse à la deuxième place à 6h18’52’’. Erwan Tabarly (Athema) engrange les fruits de sa belle régularité aux avant-postes (4e à Vigo et 5e à Cherbourg) en prenant la 3e place provisoire au général, à 7h30’45’’ de Nicolas Troussel. Aux 4e, 5e et 6e place de ce même classement général, on trouve respectivement Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) à 7h38’26’’, Christopher Pratt (DCNS 97) à 7h49’23’’ et Jeanne Grégoire (Banque Populaire) à 7h53’26’’. Il n’y a plus que des « gros bras » dans le Top Ten, réactualisé au rythme des arrivées en rubrique « classements » de ce site. Le grand perdant du jour est Christian Bos (Région Midi Pyrénées) qui était 2e au départ de Vigo et n’avait toujours pas passé la ligne d’arrivée de Cherbourg à 22h ce lundi.

L’Interview du vainqueur

Gildas Morvan (Cercle Vert) : « c’était à quitte ou double»

Sitôt après avoir quitté le ponton de la victoire, le vainqueur Gildas Morvan est revenu sur cette étape entre Vigo et Cherbourg-Octeville. Où l’on apprend comment Cercle Vert a créé un écart décisif en Espagne et comment son skipper a pris des risques sur la fin pour aller chercher les contre-courants du raz Blanchard dans les cailloux… où il a même talonné juste avant l’arrivée.

La première impression ?
« Content, bien sûr, ça fait toujours du bien une victoire ! Elle n’était pas facile celle-là, je me suis arraché pour aller la chercher, j’ai attaqué à fond. Trois nuits, quatre jours, et c’était chaud tout le temps avec le spi, les cargos, le courant… Je n’ai pas dormi ni la première nuit ni la dernière, mais bien la deuxième, j’ai essayé de bien gérer, de rester lucide pour bien réfléchir.

Ce coup décisif en Espagne, comment l’expliquer ?
Il y avait un petit truc à faire au niveau de l’Espagne, j’en étais persuadé : il fallait exploiter le vent qui était très sud au cap Finisterre, empanner et glisser. J’ai longé toutes les baies, négocié tout ce que je pouvais en accélérations de vent à la côte. J’y suis allé franco et j’ai eu jusqu’à 17 nœuds de vent quand les autres n’en avaient que 12 au large, où ils allaient parce que les routages disaient d’aller chercher la sortie de dorsale par là. Ensuite, quand le vent de sud-ouest est arrivé, j’ai réussi à me recaler devant et à chaque relèvement je gagnais du terrain. Je me suis dit c’est bon, j’ai continué franco encore. Ce qui est marrant c’est qu’en 1999, j’ai gagné ma première étape de La Solitaire sur le même scénario.

La pression des autres ?
J’étais parti pour faire ma course, bien concentré sur tout ce qu’il y avait à faire et en gardant ma trajectoire. On n’a pas la position des autres concurrents, alors ça m’a enlevé une épine du pied, un coup je perdais un mille, un coup j’en gagnais deux et au final j’ai réussi à augmenter mon avance.

L’arrivée sur le raz Blanchard, contre le courant ?
C’était à quitte ou double. Un moment je n’avançais pas sur le fond, je n’avais plus le choix, j’ai prévenu le bateau de la Marine Nationale que j’allais faire l’intérieur et j’y suis allé, à terre, j’ai rasé les phares, c’était hyper chaud avec des cailloux de partout… et au dernier caillou à La Plate, j’ai talonné avec le bateau. J’ai entendu un grand bruit mais c’était un risque à prendre, je n’allais quand même pas tout perdre juste pour ça, pour une histoire de courant juste avant l’arrivée. Mais jamais je n’ai navigué comme ça, aussi engagé, je ne voulais pas y aller mais franchement, là je n’avais pas le choix.

C’était engagé à ce point ?
J’ai pris des risques énormes en solo, quand tu dois tout gérer tout seul au milieu des cailloux, avec le bateau qui roule dans tous les sens. J’étais obligé, mais jamais je n’ai navigué comme ça, aussi grave. J’ai tapé mais c’est passé. Je me suis fait peur, mais encore une fois je n’avais pas le choix car ne pas passer c’était tout perdre, finir peut-être 4e ou 5e de l’étape. Au tour de France je l’avais déjà fait en équipage, j’étais déjà passé là et on avait déjà tapé. A Aurigny, ça déferait de partout, c’était super beau… et super chaud !

C’est la vengeance de Vigo ?
A Vigo c’était un peu dur car je n’étais pas très loin de Nicolas Troussel quand il a réussi à s’échapper et à l’arrivée c’était une grande déception : 8 heures de retard au général, la victoire pliée… Il a fallu se remotiver à fond. Je me suis dit qu’on n’était après tout qu’à mi championnat, qu’il fallait se concentrer sur la suite, que la course était encore longue. Et puis voilà, mission accomplie, je crois que j’ai gagné cette étape proprement. Après, combien ça fait en temps, on verra ça plus tard…

Tu reviens bien au général tout de même…
C’est sûr que je vais faire un bond en avant. Maintenant, on va essayer de prendre la prochaine étape comme celle-ci, essayer de la gagner et tenter de reprendre du temps à Nicolas Troussel. Ce qui est sûr c’est que je vais être énervé jusqu’au final à l’Aber Wrac’h. Les autres le savent, je les ai prévenus à la VHF !

BM

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Saint-Malo au rythme des arrivées de la transat

arrivee de Novedia dans la transat quebec saint malo
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« Nous sommes aux Héaux de Bréhat à une cinquantaine de milles de Saint-Malo. Nous avons un petit peu de vent et un peu de courant avec nous. On espère que le vent va rester pour nous permettre d’arriver en fin d’après-midi. Nous avons des petits problèmes électroniques qui nous ont fait perdre pas mal de temps et nous ont obligés à gérer un peu à l’ancienne : observer les nuages et les risées sur l’eau par exemple. Nous avons aussi éclaté un spi et le code 0, nous sommes donc un peu handicapés dans le petit temps. Mais à bord, tout le monde est bien concentré pour les quelques heures de navigation qu’il nous reste », raconte Christophe Bullens à la vacation du jour.

Un mono et un multi aujourd’hui
Le monocoque belge se rapproche doucement mais sûrement de la ligne d’arrivée mouillée devant le môle des Noires de Saint-Malo. Quant à Forget Formation, le trimaran de Pascal Quintin, il est pointé à 15h, à 33 milles de la cité corsaire. Crédité d’une vitesse de 6-7 nœuds, on devine qu’il va aussi bientôt montrer le bout de ses étraves pour rejoindre ses collègues de flotte 50’ Open déjà amarrés dans le bassin Vauban. Ça sent l’écurie pour ces deux équipages, qui ne font pas mystère de leur empressement d’en finir après 15 jours de course. Idem pour Prévoir Vie, le Class 40 de Benoît Parnaudeau, qui rapproche son museau de la pointe de Bretagne. Un dernier petit tour en Manche, et la 5ème place sera sans nul doute jouée demain dans la matinée.

Plus en arrière dans le camp des Class 40, le rythme s’accélère soudain et les retardataires propulsés, au portant, par des vents forts menacent de revenir sur ceux qui les précèdent. Par 47° Nord, à la latitude où progresse le gros des troupes qui emprunte une route Sud, il y a de la tension dans l’air. Le rythme s’accélère. Les équipages sont fatigués et le matériel est éprouvé par deux semaines de course éreintantes. Tous sont à nouveau sommés de faire parler l’écume dans des surfs endiablés.

" On a 20-30 nœuds de vent et des conditions assez exceptionnelles. La mer est safe, ça nous permet d’aller vite sans prendre de risques. Nous sommes cinq à bord et nous nous partageons volontiers le plaisir de la glisse à la barre. Le but du jeu, c’est de continuer à faire fumer le bateau jusqu’à la pointe de Bretagne pour recoller un peu  ", lâche Jean-Edouard Criquioche (L’Esprit Large-Talmont Saint Hilaire) à la vacation. 11è, avec ses complices, il semble bien positionné pour voler la vedette d’une place dans le top ten à Appart City , qui progresse toujours moins vite sur une route plus Nord.

Derniers rebondissements ?
Même topo du côté de Pierre-Yves Chatelin à bord de Destination Calais : « Depuis hier on avance  très vite, toujours entre 10 et 15 nœuds avec des surfs impressionnants. Le vent forcit depuis cette nuit et quelques réductions plus tard nous en sommes à un ris et foc pour 30/34 noeuds, la terre se rapproche très vite et il est temps !  Le stress et la fatigue s’installent depuis un moment, l’arrivée sera la bienvenue, même si nous avons encore de bons moments quand – sans bien savoir pourquoi et de façon passagère la mer se calme –  et le bateau glisse encore mieux. Nous restons très vigilants pour ne rien casser, il faut tenir ! »

Voilà qui donne le ton et le tempo du dénouement ! À 25 milles du tableau arrière de Khat 7 (Eric Galmard), lui même à 20 milles de Groupe Partouche (Christophe Coatnoan), l’équipage d’Esprit Large qui ferme actuellement la marche a retrouvé des ailes et du peps pour se refaire une santé sur la grande houle de l’Atlantique. Si on en croit le célèbre adage de la course au large selon lequel la vitesse rend intelligent, voilà qui augure à l’horizon des 24 et prochaines 48 heures quelques chamboulements dans les classements…

Ils ont dit
Yannick Bestaven (Cervin ENR) : « Nous avons enfin des conditions plus maniables : du portant. Hier, nous avons fait des jolies pointes à 19-20 nœuds. La nuit dernière, nous avons progressé au travers, sous gennak’ et grand voile haute à une vitesse moyenne de 13-14-15 nœuds. Nous sommes contents, on fait des milles. Notre ETA est pour demain mardi et vue notre escale technique à Terre-Neuve, nous n’aurons que 24 heures de retard par rapport au premier monocoque FICO : c’est pas pire. En revanche, nous avons toujours la déception de ne pas avoir pu jouer avec les multicoques : à Gaspé, nous ne sommes pas passés longtemps après Crêpes Whaou ! À un mètre près, nous n’aurions peut-être pas tapé une baleine. Mais bon, avec des si, on peut refaire le monde. Il faut donc l’accepter et avec l’équipage nous nous sommes serrés les coudes pour faire une escale technique la plus courte possible. Nous serons contents de franchir la ligne demain dans la soirée… »

Hervé de Carlan (Delirium) : « Nous sommes sur la route directe vers la pointe de Bretagne, au portant et nous progressons à 12 nœuds de moyenne. Hier nous avons tout eu : de la pétole et un flux de Sud-Ouest, force 4-5 : nous avons faite des pointes à 22 nœuds. Nous avons retrouvé le sourire, le pire c’est bien la pétole et les voiles qui battent. L ‘ambiance à bord est très bonne, on gère au mieux la fatigue de tout le monde. Nous restons de vrais amateurs. Il y a quatre ans, je n’avais pas de bateau et nous sommes partis de zéro pour construire ce catamaran pour essayer un autre mode de navigation et une autre façon d’aller vite sur l’eau. Aujourd’hui, nous connaissons les moyens pour le faire évoluer et nous avons aussi une belle marge de progression en termes de navigation. Nous sommes encore en apprentissage et nous passons tous les jours beaucoup de temps à la table à carte pour réfléchir et envisager les différentes routes dans tous les sens. Nous avons fait une grosse erreur dans le Saint-Laurent : c’était un peu l’option suicide, nous accumulé beaucoup de retard. »

Erwan Thiboumery (Laiterie de Saint-Malo) : «  Nous sommes passés sous la barre des 300 milles de l’arrivée il y a quelques minutes. Nous avons fait route vers le Fastnet la nuit dernière. Actuellement, nous ne marchons pas trop mal : 8-9 nœuds sur une route directe. On va se rapprocher des Scilly et voir comment cela va se passer pour la suite. Nous n’avons encore jamais mis le safran que nous avons fabriqué : il est pratiquement prêt, mais nous le mettrons au dernier moment. On se dirige toujours avec des traînards et le clin foc à l’avant. On progresse encore u peu trop vite, il faut qu’on ralentisse à 7-8 nœuds, je pense. Ce safran doit nous permettre d’aller le plus loin possible jusqu’au chenal de la ligne d’arrivée. Nos nerfs sont encore un peu mis à rude épreuve, mais nous prenons notre mal en patience. Notre premier objectif était de sauver le bateau, il est atteint à présent que nous ne sommes plus très loin des côtes. À présent, notre récompense serait de finir la course… on va essayer de se rapprocher le plus possible, on va essayer d’y arriver. »

Miranda Merron (40 Degrees) : « 40 Degrees se retrouve dans les petits airs d’une dorsale, tandis que les bateaux derrière profitent déjà du renforcement du vent avec l’arrivée d’une nouvelle dépression, ce qui leur permet de regagner du terrain.  Ce matin, on a vu le lever du soleil, ce qui n’a pas souvent été le cas au cours de ces deux semaines de course, et puis ce matin, on a vu souffler des baleines. Hier soir, nous avons pu admirer les étoiles pour la première fois et désormais nous sommes sur le pont sans les cirés, ce qui est fabuleux ! Les petits airs ont leur côté positif, mais pour le moment on rêve tous d’une bonne douche chaude et d’une bière, bien entendu. Nous prions pour l’arrivée de vents plus forts, même si cela signifie que le travail va être épuisant et que nous serons de nouveau trempés jusqu’aux os. »

Eric Galmard (Khat 7) : « C’est la lutte à bord ! On va peut-être mettre le génois à la place du gennaker pour calmer un peu le jeu. L’équipage commence à être fatigué et nous avons hâte d’arriver… Nous avons un problème avec notre grand voile et nous ne pouvons pas prendre deux ris : un ce n’est pas assez, trois c’est trop. Le vent doit tenir encore : on va se relayer jusqu’au bout, nous n’avons plus que deux jours à tenir. Le bateau vient de partir au tas : là, cela se passe en force et non pas en douceur ! »

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Tuiga, vainqueur à Cowes, le temple de la voile !

Tuiga a Cowes
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Après une première escale à Rouen, à l’occasion de l’Armada 2008, c’est à Cowes que Tuiga, le côtre aurique du Yacht Club de Monaco a débuté sa saison de régate. Un véritable retour aux sources dans le temple de la voile, pour ce 15 M JI, qui n’avait plus navigué sous les falaises anglaises depuis le Jubilé de l’America’s Cup en 2001. Privilège suprême : être amarré devant le célèbre Royal Yacht Squadron, un lieu prestigieux qui a écrit les plus belles pages de l’histoire du yachting.
 
A peine sorti de l’embouchure de la Medina River, l’équipage monégasque devinait déjà le pavillon en tête de mât d’un autre 15 M JI, The Lady Anne (1912), aux côtés de Mariquita arborant également le pavillon du YCM, ainsi que de l’imposante goélette Mariette ou encore celle du très élégant côtre aurique Kelpie. Le plateau s’annonçait des plus relevés !
 
Pour cette épreuve, l’équipage de Tuiga avait accueilli à la tactique, Harold Cudmore, véritable légende de la voile britannique notamment pour ses nombreuses participations à l’America’s Cup, ainsi que le navigateur David Arnold également originaire de Cowes, habitué à déjouer les bancs de sable du Solent et les subtilités du courant, un des plus forts d’Europe.
 
Au programme, une semaine intense de régate, qui débuta par le célèbre tour de l’ile de Wight dans le sillage de la célèbre goélette America qui en 1851 donna son nom à la Coupe du même nom, aujourd’hui le plus vieux trophée sportif au monde.
 
Après 8 heures 44 minutes et 55 secondes et plus d’une heure de virement de bords successifs, Tuiga remporta la course sur le parcours le plus mythique au monde.
 
Après cette victoire, l’équipage monégasque galvanisé allait enchaîner 3 manches des plus sportives dans le Solent… En virant au sondeur, l’équipage multipliait les virements et les empannages, mais aussi les heures de course. Toujours au contact de ses adversaires, Tuiga termina le mercredi à une brillante deuxième place juste derrière Mariquita, avec à son bord Ernst Klaus, membre du comité directeur du Yacht Club de Monaco.
Le jeudi, Tuiga se lança dans une course tactique, marquant au plus près The Lady Anne pour protéger sa première place au général et laissant ainsi la victoire du jour à Wings et Mariette.
La dernière journée restera dans les annales, réalisant une course parfaite et allant battre en temps réel The Lady Anne, son grand rival. Un véritable exploit !
 
Tuiga s’octroie ainsi la Cowes Classic Week 2008 et s’adjuge la Ryde Coronation Town Cup du Royal Thames Yacht Club, qui fut remportée pour la première fois par Paola en 1902 pour le compte du Victoria Yacht Club.
 
Après cette semaine inoubliable, le Yacht Club de Monaco se prépare maintenant à célébrer les 100 ans de Tuiga, avec l’organisation en septembre 2009, du 16 au 20 septembre d’une Monaco Classic Week-La Belle Classe qui s’annonce exceptionnelle !

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Banque Populaire sparring partner d’Alinghi

Trimaran Banque Populaire et le Team Alinghi
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Essai transformé semble-t-il donc pour Alinghi qui sort ravi d’une collaboration fructueuse avec les hommes de Banque Populaire, ainsi que le confie Ed Baird : « Ca a été fantastique de naviguer avec Pascal et son équipe à Lorient. Ils nous ont permis de mieux connaître les multicoques et se sont révélés d’excellents sparring partner sur l’eau. Nous avons eu la possibilité de naviguer dans des conditions très différentes et cela nous a aidé à appréhender le comportement du bateau par tous les temps. Nous n’aurions pu rêver de meilleurs partenaires pour apprendre. Le Team Banque Populaire est non seulement très bon mais en plus ils ont un excellent bateau

Chacun va maintenant se concentrer sur ses objectifs à venir, la mise à l’eau du plus grand trimaran de course au monde pour Pascal Bidégorry et la mise au point de leur prochaine monture pour les suisses Defendeurs de la 33ème America’s Cup. Mais gageons qu’entre le grand large et le match racing des passerelles vont rester ouvertes et ce n’est pas le skipper des Trimarans Banque Populaire qui viendra le contredire : « Si la Coupe venait à se disputer à bord de multicoques, je pense que cet évènement ne ferait qu’accentuer son côté spectaculaire. Si les matchs pouvaient se dérouler en multicoques, ce ne serait que plus passionnant à suivre, parce que ces machines sont exceptionnelles. Je ne perds pas non plus de vue que le savoir faire des français dans ce domaine pourrait offrir de belles opportunités à certains… »

*Rappelons que si Pascal Bidégorry et ses hommes ont été choisi par Alinghi comme partenaires d’entraînement, les suisses ont dans un premier temps fait appel à Alain Gautier, qui est consultant pour Alinghi et son trimaran 60 pieds Foncia. Les séances lorientaises s’organisent donc entre ces deux bateaux.

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Regroupement général !

Les Sables - Les Açores - Les Sables
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Il est extrêmement rare que sur une course océanique la flotte se disperse énormément dès le premier jour de course pour se retrouver sur la même route juste après la mi-parcours !
Habituellement, c’est totalement l’inverse qui se passe, les options se prenant progressivement pour créer le plus gros différentiel à la mi-temps puis en créant un effet d’entonnoir sur la fin de parcours, formant des traces en forme de ballon de rugby. Alors en ce dimanche, lorsqu’il faut constater que le groupe de tête navigue dans un cercle de quinze milles et qu’en sus, il est poursuivi par une autre cohorte de Mini sur la même route avec un décalage de 120 milles (Coconut Run, Lop Lop, Manu Poki, Hamtaro…), il y a de quoi être surpris. Et c’est probablement sur l’eau, entre les concurrents, que le suspens est à son paroxysme car à moins de 450 milles de l’arrivée, il est encore bien délicat de pronostiquer comment va se terminer cette première étape !
 
Après la pluie, le beau temps…
 
Après s’être fait rincé pendant des jours, avoir bataillé ferme pour louvoyer contre un vent fort et une mer formée, voici venir le temps de l’accalmie… Mais cette pause dans une brise de secteur Nord-Ouest faible d’une dizaine de nœuds qui tournait ce dimanche midi à l’Ouest, s’annonce très provisoire puisqu’un vent de Sud-Ouest va reprendre ses droits dès la nuit prochaine pour presque tous les solitaires, avec un souffle assez musclé au passage d’une dépression sur les Açores. Un système orageux qui va heureusement passer assez vite et si lundi se présente comme plutôt humide et venté (plus de vingt nœuds), mardi programme un net changement de rythme avec pour la première fois depuis le départ des Sables d’Olonne il y a huit jours, une petite brise portante de secteur Nord-Est ! Cela fera du bien au moral après cette succession de conditions météorologiques plutôt dégradées et fluctuantes.  
 
Sur l’eau, le match est relancé parmi les voiliers de série entre le leader depuis le coup de
canon du samedi 26 juillet, Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) qui est désormais à portée de lance-pierres du Portugais Francisco Lobato (Looking for…) qui avait déjà remporté cette première étape il y a deux ans ! Et ces duellistes sont aussi sous la pression de Fabien Sellier (Yemaya) un peu plus Sud, de Charlie Dalin (Antalis) plus au Nord, de Damien Guillou (Demi-Clé) et Benoît Sineau (Cachaca) plus à l’Est… Si la première partie du parcours de 1 270 milles était plutôt violente, la fin se présente très tactique et très sollicitante nerveusement !
 
Côté prototype, Pierre Rolland (D2-Marée Haute) arrive à maintenir son avance sur Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) qui s’est fait dépasser par Sébastien Stéphant (Déphémèrides) ce dimanche après-midi et qui concède une vingtaine de milles au leader. Mais cela ne représente qu’à peine 5% par rapport au but ! Et comme la fin de parcours sera assez tordue avec les effets de relief des îles volcaniques, les courants de marée qui sont importants avec la nouvelle lune, les brises thermiques qui prennent de l’ampleur avec les chaleurs estivales… En quelques bords, les écarts peuvent devenir très importants, pas seulement en terme de distance mais surtout en temps. Or c’est bien le chronomètre que regardent les solitaires lors d’une arrivée puisque le classement général s’effectue au cumul des heures de mer sur cet aller-retour Les Sables-Les Açores…
 
Classement des prototypes du dimanche 3 août à 15h30
1-Pierre Rolland (D2-Marée Haute) à 494 milles de l’arrivée
2-Sébastien Stéphant (Déphémèrides) à 23 milles du leader
3-Stéphane Le Diraison (Cultisol-Institut Curie) à 29 M
4-Marine Feuerstein (C20) à 47 M
5-Arnaud Vasseur (Nat’Che) à 60 M
 
Classement des voiliers de série du dimanche 3 août à 15h30
1-Pierre-Yves Lautrou (Altaïde Moovement) à 490 milles de l’arrivée
2-Francisco Lobato (Looking for…) à 5 milles du leader
3-Fabien Sellier (Yemaya) à 10 M
4-Charlie Dalin (Antalis) à 11 M
5-Damien Guillou (Demi-Clé) à 13,7 M

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Gildas Morvan à 100 milles du but

Gildas Morvan - Cercle Vert
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Au pointage de 4h30 ce lundi, Gildas Morvan (Cercle Vert), dans le nord de l’île de Batz, est toujours un solide leader. A 100 milles de l’arrivée, il possède 11 à 15 milles d’avance sur ses quinze plus proches rivaux, qui naviguent 8 milles au-dessus de la route. Le skipper de Cercle Vert, comme tous ceux de l’avant, a choisi cette nuit de passer à l’extérieur de Ouessant. Une trajectoire qui a piégé le malheureux Gérald Véniard : il a trop rasé l’île et s’est fait stopper par la renverse. Macif – qui était le premier poursuivant de Cercle Vert hier soir – s’en retrouve relégué à la… 23e place, à 21 milles. Son déficit au leader a doublé en quelques heures !

Le leader du général Nicolas Troussel (Financo) a en revanche confirmé sa spectaculaire remontée : 6e à 11 milles, il est parfaitement dans le match et ses huit heures d’avance sur Gildas Morvan peuvent lui permettre d’être relativement serein. Mais que la lutte est chaude chez les chasseurs ! Du 2e, Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) au 10e Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs), neuf bateaux se tiennent en moins de 3 milles. Et six prétendants au podium d’étape tiennent en un mille : les deux DCNS de Christopher Pratt et Romain Attanasio, Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles, bien revenu à la 4e place), Nicolas Troussel (Financo), Erwan Tabarly (Athema), Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) et Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires). Le deuxième du général Christian Bos (Région Midi Pyrénées), lui, risque de payer cher cette étape : il a perdu 10 milles supplémentaires et se retrouve 39e à 34 milles du leader.

Autre fait notable et révélateur de la difficulté de cette étape : il faut attendre la 35e place pour trouver le premier bizuth, Adrien Hardy (Agir Recouvrement). Le passage de la pointe de Bretagne a été épique pour certains, comme François Gabart (Espoir Région Bretagne) qui a perdu son mouillage léger dans l’atterrissage sur Ouessant, ou Armel Tripon (Gedimat) qui a osé couper le fromage en naviguant au millimètre à l’intérieur de l’archipel de Molène, où il y a très peu de fond. Six bateaux de l’arrière ont pu embouquer le Fromveur entre Ouessant et Molène, mais leur classement fait forcément l’élastique en fonction des courants.
Voilà pour la situation de ce matin, à laquelle il faut ajouter une information de taille : le vent est tombé. Il n’y a plus que 10 nœuds de nord-ouest sur zone et comme la flotte lutte contre le courant (jusqu’à 9h ce matin), les vitesses des bateaux ont chuté : moins de 5 nœuds contre 11 à 12 nœuds hier soir. « Le vent va rentrer mais quand ? Ce timing va décider de beaucoup de choses sur la fin» résume Thomas Rouxel, «si le vent rentre et qu’on franchit le raz avec du courant favorable, il ne se passera plus grand chose. Mais à l’inverse, si le vent ne rentre pas et qu’on se retrouve bloqués, il pourrait y avoir un rassemblement de la flotte et peut-être une redistribution ». On n’en est pas encore là, mais le suspense demeure. Il ne sera levé que cet après-midi, ou plus probablement en soirée.

Ils ont dit :

Gildas Morvan (Cercle Vert) : « à Cherbourg-Octeville avant la nuit ! »
« Les conditions ont bien changé hier on a eu jusqu’à 28 nœuds avec beaucoup de mer, maintenant on a enfin une bonne visibilité et on a une mer relativement plate, on voit même les étoiles, ça annonce une belle journée…. Je sais pas trop s’ il y a de gros écarts car ça a molli pas mal. Ce qui est sûr c’est qu’on sera à Cherbourg avant la nuit ! »

Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) : « tout peut être remis à cause »
« Il n’y a rien de fait : avec le passage du Raz Blanchard tout peut être remis en cause vu la proximité des autres bateaux entre eux. »

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Un dimanche a Saint-Malo… Au tempo des arrivées !

Herve Cleris / Prince de Bretagne
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Pogo Structures au petit jour, un peu avant 7 heures du matin, coupe la ligne et pointe son étrave pour signer une victoire qui restera dans les annales de cette 7ème Transat Québec – Saint-Malo. Halvard Mabire, grande figure de la course au large, ne boude évidemment pas son plaisir de s’offrir, aux côtés de ses deux équipiers, Antoine Carpentier et Didier Le Vourch, les honneurs d’une épreuve, « qui a offert la même intensité et les mêmes richesses qu’un Tour de France à la Voile, qu’une Solitaire du Figaro ou encore qu’un Mini-Transat réunis. » Excusez du peu !
 
Récits salés au pied des remparts
 Mais indéniablement, ce cru 2008 reste marqué sous le signe et le sceau des 40 pieds qui ont navigué et régatent encore comme s’ils disputaient un parcours entre trois bouées. A 10h30, c’est au tour d’Oliver Krauss et ses complices, Maxime Paul et Vincent Jaricot de couper la ligne à bord de Mistral Loisirs – Pôle Santé Elior. Ce jeune trio du haut de ses moins de trente ans de moyenne d’âge a traversé avec brio et se classe 2ème dans la catégorie Class 40. Sa navigation exemplaire, riche d’inspiration et de conviction suscite même des compliments sincères du grand vainqueur du jour à bord de son Pogo 40. Halvard Mabire salue la course de ses poursuivants des deux derniers jours : « si vous n’étiez pas allés si vite, nous n’aurions pas navigué aussi vite. Vous n’avez fait aucune erreur et vous avez favorisé le côté émoustillant de cette transat qui s’est révélée passionnante. Bravo ! »
 
Et voilà les six hommes des deux équipages refaisant leurs courses dans tous les sens sur les pontons du bassin Vauban. Les remparts n’ont plus qu’à bien se tenir : ils n’ont pas fini d’entendre les récits –  forcément salés ! –  des marins de retour sur terre après une traversée bien relevée. Oliver Krauss en témoigne aussi volontiers une fois le pied posé à terre : « Sacrée transat avec un début dans le petit temps et la suite dans la brise. C’est ma troisième, la première sur l’Atlantique Nord et je peux vous dire qu’on ne s’est jamais ennuyé : une bataille géniale ! »
 
Novedia Group, nouveau leader
 Pendant ce temps, la course se poursuit de plus belle à moins de 100 milles de l’arrivée. Qui de l’équipe de Tanguy De Lamotte (Novedia Group – SET Environnement) et des Italiens de Giovanni Soldini (Télécom Italia) complètera le podium ? Voilà quelques jours déjà que ces deux équipages se cherchent par classements interposés. Le quatuor de Novedia Group n’a de cesse en effet de remonter sur son plus proche concurrent, handicapé et pénalisé par la perte de deux spis. La nouvelle tombe sur les coups de midi. Voilà, c’est fait : le 4ème est passé 3ème. Dans le sillage des deux premiers déjà amarrés, il devient le nouveau leader. Giovanni Soldini ne s’y fait pas tromper et avoue volontiers, que privé des voiles du temps, il n’a plus beaucoup de coups à jouer. En approche des côtes françaises, il flotte comme un air de Dolce Vita au-dessus du cockpit de Novedia Group. Il est, sauf pépin majeur ou retournement météo de dernière minute, bel et bien en route pour grimper sur le podium avec une arrivée estimée dans la soirée, entre 22h et minuit.
 
Plus en arrière et dans le sillage de ces premiers Class 40, la bataille n’en manque pas moins d’intensité. Alors que Prévoir Vie (Benoît Parnaudeau), 40 Degrees (Peter Harding) et Techneau (Gilles Dutoit) ont engrangé les milles à vitesse grand V ces dernières 48 heures, Beluga Racer (Boris Herrmann) et Appart City (Yvan Noblet), plus au nord, ont bataillé dans les petits airs et perdu leur avance au classement. Pour autant, il leur reste entre 400 et 500 milles à parcourir avant l’arrivée à Saint-Malo. Tout reste possible au regard de la dorsale de l’anticyclone des Açores qui menace de s’installer plus longtemps que prévu. Résultat : les premiers du groupe risquent d’être ralentis et de voir leurs camarades revenir sur eux à la pointe Bretagne…
 
La mission accomplie des multis
Du côté des multis, le podium affiche complet depuis l’aube. Dans le sillage de Crêpes Whaou !, il fallait donc jouer dans l’ordre Imagine (Pierre Antoine) et Prince de Bretagne (Hervé Cléris), qui ont rallié tour à tour la ligne d’arrivée en moins de trois heures d’intervalle, du milieu de la nuit au petit matin ce dimanche… Les deux équipages n’ont pas caché leur satisfaction à l’issue du millésime 2008 de cette grande classique de la course au large servie, des eaux capricieuses du fleuve Saint-Laurent à la grande houle de l’Atlantique, par des conditions aussi variées que complètes.
 
Bien sûr, ces deux trimarans d’ancienne génération n’avaient pas la prétention, ni les moyens, de rivaliser avec le dernier des Open 50. Ils n’en ont pas moins démérité pour tirer le meilleur de leur multicoque. L’un comme l’autre ont rempli leurs objectifs comme l’explique Hervé Cléris, 3ème à bord de Prince de Bretagne alors que l’arrivée se rapproche des étraves : « Nous filons entre 18 et 20 nœuds. Nous avons chacun une écoute à la main et un oeil ouvert sur la flotte. Cette traversée s’est révélée aussi dure que passionnante. Mais pour nous, qui sommes repartis sur un nouveau projet il y a quelques mois à peine et qui avions comme objectif de faire un podium, c’est mission accomplie ! » Et plus encore dans la mesure où les multicoques de 50 pieds, de Crêpes Whaou ! à Prince de Bretagne ont montré à quel point leur classe a le potentiel de relever les plus grands défis océaniques. Espérons que de nouveaux bateaux viennent prochainement gonfler les rangs au départ des courses majeures. Affaire à suivre…
 
Ils ont dit
Tanguy De Lamotte, Novedia Group – SET : " Ca va super. Hier déjà, on avait commencé à bien revenir sur les Italiens. Ce matin, en voyant les positions, on s’est rendu compte qu’on n’avait plus que 15 milles de retard et là, on vient de le doubler ! On n’était pas assez proche pour se voir par contre on a eu un contact par VHF. On a appris qu’ils n’avaient plus que leur spi de brise et ils nous ont proposé de mettre nous aussi le petit spi et de la jouer équitable. Quand j’ai proposé ça à mes équipiers, ils ont dit qu’ils préféraient qu’on leur paie une bière à l’arrivée (rires) ! "
 
Giovanni Soldini (Telecom Italia) : " En début de nuit, c’était pas mal car le vent soufflait autour de 18 noeuds ce qui nous permettait de bien marcher. Il a ensuite molli, et pour nous, c’est devenu plus dur avec seulement le petit spi de tempête. C’est dommage, le bateau n’est pas à 100% de son potentiel. On essaie de le faire avancer au maximum, mais il ne faut pas rêver. On a fait une bêtise, alors on la paie. Tanguy vient justement de passer devant nous. On est bord à bord. Il marche un peu mieux avec son spi léger. Je ne vois pas beaucoup de coups tactiques à jouer, car le handicap que nous avons est vraiment important. A moins que le vent ne forcisse, mais ce n’est pas prévu… "
 
Pascal Quintin (Forget Formation) : " Tout va bien à bord même si ça commence à être un petit peu long. On a hâte de voir les remparts de Saint-Malo. Là, on est sous la bruine et dans le brouillard : c’est un peu triste comme ambiance. Il est difficile d’estimer une heure d’arrivée, c’est très aléatoire. Un coup on avance, un coup on s’arrête. Les derniers milles ne vont pas être simples. La situation météo à terre m’a l’air assez instable avec beaucoup de vents faibles. Heureusement, on connaît bien la côte entre Ouessant et Saint-Malo – c’est un peu notre jardin – ça devrait nous faciliter les choses. "
 
Eric Galmard (Khat 7) :  "  On est mort, ce n’est pas facile de tenir le rythme d’autant qu’on passe notre temps à changer de voile. On a renvoyé le spi et on essaie de remonter les deux bateaux de devant. On est content, on s’est aperçu ce matin qu’on avait creusé l’écart avec ceux de derrière. Actuellement, on a pas mal de vent, entre 18 et 20 noeuds, et on doit rester vigilant pour ne pas partir au tas. "
 
Christophe Coatnoan (Groupe Partouche) : " Par rapport aux journées précédentes, la nouveauté, c’est qu’on avance ! Hier midi, on a attrapé la dépression, ce qui nous permet de faire la route. Actuellement, on a entre 20 et 25 nœuds, mais il est prévu un renforcement du vent dans la journée. On risque donc d’avaler pas mal de milles ! L’idée, c’est d’en grappiller au maximum sur nos concurrents de devant. On en a quelques-uns à proximité, ça promet une belle bagarre. La course est loin d’être finie. "
 
Miranda Merron (40 Degrees) : "  On essaie d’avancer le plus vite possible. J’avais regardé si ça valait le coup de nous caler un peu au Nord, mais en fin de compte j’ai décidé que c’était trop loin et on a bien fait de ne pas le faire ! Là, on avance à 15 noeuds, ça mouille beaucoup. Dans quelques heures on aura beaucoup moins de vent. Il devrait passer de Sud-Ouest à Ouest puis Nord-ouest avant de mollir. Ensuite, une dorsale va nous rattraper. Le problème, c’est que les bateaux de derrière vont avoir du vent tout le temps. Il faut essayer de continuer à avancer quoi qu’il arrive, et se méfier parce qu’il reste encore pas mal de milles à parcourir. Nos adversaires ont encore le temps de revenir ! "
 
Récapitulatif des premières arrivées de la 7è Transat Québec-Saint Malo
Distance théorique : 2 855 milles (5 287 km)
 
Class 50’ Open
 1 – Crêpes Whaou ! (Franck-Yves Escoffier) : arrivé jeudi 31 juillet à 20h 49 mn 14 sec, après 11j 3h 19 mn et 14 sec de course, à 10,68 nœuds de moyenne
 2 – Imagine (Pierre Antoine) : arrivé dimanche 3 août à 03h 43 mn 10 sec, après 13j  10h 13 mn et 10 sec de course
 3 – Prince de Bretagne (Hervé Cléris) : arrivé dimanche 3 août à 06h 32 mn 41 sec, après 13j 13 h 02 mn et 41 sec de course
 
Class 40
 1 – Pogo Structures (Halvard Mabire) : arrivé le 03 août à 06h 50 mn 43 sec, après 13j 13h 50 mn et 43 sec de course, à 8,76 nœuds de moyenne
 2 – Mistral Loisirs – Pole Santé ELIOR (Oliver Krauss) : arrivé le 03 août à 10h 30 mn 36 sec, après 13j 17h 30 mn et 36 sec de course, à  8,66 nœuds de moyenne.
 
En bref
Le premier monocoque FICO demain lundi… dans l’après-midi
A 15h30, ce dimanche, An Ocean of Smiles de Christophe Bullens progresse à 160 milles de l’arrivée à 9,5 nœuds de vitesse. Il envisage son arrivée à partir de midi lundi, mais prévoit quelques heures supplémentaires en mer si le vent mollit comme prévu. Le premier monocoque Fico doit donc son entrée dans le bassin Vauban dans le courant de l’après-midi.
 
 De son côté, le 60 pieds IMOCA Cervin EnR pointe à 578 milles de Saint-Malo. Yannick Bestaven et son équipage affichent une jolie vitesse de progression de l’ordre de 13 nœuds de moyenne et une ETA, à prendre avec tous les précautions de rigueur, les voit arriver dans la matinée de mardi…

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Pogo Structures, vainqueur en Class 40 !

Arrivee de Pogo Structures
DR

Halvard Mabire, qui s’est emparé des commandes de la course il y a deux jours, a su conserver jusqu’au bout les attaques des jeunes loups de Mistral Loisirs – Pôle Elior Santé. Lui qui redoutait notamment des éventuels effets accordéons le long des côtes de la Manche n’a finalement pas été inquiété. Quelques heures avant de franchir la ligne il écrivait ce message : " une multitude de sentiments nous traversent forcément l’esprit quand une belle aventure comme celle que nous venons de vivre est sur le point de s’achever. Le plaisir de retrouver les nôtres est forcément le meilleur moment d’un "atterrissage" et la plus grande joie que l’on puisse imaginer. Mais en contre partie de cette joie, il y a aussi une certaine nostalgie qui nous envahit. Le retour à terre, c’est aussi le retour sur terre ".
 
L’équipage en bref
 
Halvard Mabire : 52 ans. Vit dans la Manche. Marin au CV prestigieux, manager de talent, il évolue dans le milieu de la course au large depuis de nombreuses années et en a exercé tous les métiers : skipper, chef de projets, architecte… Navigateur en mer, Halvard est également un excellent pilote à terre, puisqu’il a bouclé deux Paris-Dakar, fameux rallye automobile, en 1988 et 1989.
 
CV nautique
 * 7 participations à la Solitaire du figaro
 * 2 participations à la Route du Rhum
 * 3 participations à The Artemis Transat

Antoine Carpentier : 32 ans. Vit dans le Morbihan. Marin professionnel, il s’est notamment illustré dans les grandes classiques de la régate. Passe avec dextérité du J80 au Mumm 30, en passant par le monotype 7.50 mais aussi le multicoque 60′ Orma avec trois saisons passées dans le team Gitana.
 
Didier Le Vourch : 35 ans. Vit dans le Finistère. Il a fait ses preuves sur le circuit Mini après avoir préparer de nombreux bateaux, du Figaro au Mumm 30 en passant par le 60 pieds Open avec Jean-Pierre Dick ou Thierry Dubois,
 
 
Le podium au complet en multicoque 50 pieds Open

 
Le multicoque de 50 pieds Imagine de Pierre Antoine est arrivé à Saint-Malo à 03 heures, 43 minutes et 10 secondes françaises (1h, 43mn, 10s TU) ce dimanche matin, après 13 jours, 10 heures, 13 minutes et 10 secondes de course. Il prend donc la seconde place derrière Franck-Yves Escoffier.
 
A 06 heures, 32 minutes et 41 secondes françaises (6h, 32mn, 41s TU), c’était au tour de Prince de Bretagne de pointer son étrave à Saint-Malo. Hervé Cléris avait prévenu : " Cette traversée en Manche sera une belle partie de poker. On peut très bien faire des bons coups ". Lui qui comptait 64 milles de retard sur Imagine hier après-midi, a effectué une belle remontée pour finalement boucler sa transat en troisième position après 13 jours, 13 heures, 02 minutes et  41 secondes, soit un peu moins de trois heures derrière Imagine.

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Grosse frayeur pour Franck Le Gal, entré en collision avec un cargo

Franck Le Gal - Lenze
DR

Peu avant 3h00 cette nuit, Jean-Paul Mouren (M@rseillEntreprises) a appelé le bateau direction de course pour relayer l’information : Lenze, le bateau de Franck Le Gal, a été abordé par un cargo au beau milieu du golfe de Gascogne, à 275 milles dans l’ouest de La Rochelle. Sous le choc dans la nuit noire sans aucune visibilité, Lenze a démâté. Fort heureusement, Franck n’est pas blessé et il n’a pas fait état d’autre dégâts importants hors le démâtage. Franck, sain et sauf, ne demande pas assistance. Les CROSS (Gris-Nez et Etel) qui coordonnent les secours en mer ont été prévenus, sa famille aussi. Pour l’heure, le skipper de Lenze se débrouille donc par ses propres moyens. Il a mis le cap au moteur sur son port d’attache de la Trinité-sur-Mer. Eglantine, le bateau sécurité de La Solitaire piloté par Patrick Eliès, se porte à ses côtés et arrivera sur sa zone vers 7h30 ce matin. Eglantine pourra ainsi fournir deux bidons de gasoil à Franck Le Gal. Lenze est à environ 210 milles de la Trinité, soit entre 30 et 50 heures de moteur – selon l’état de la mer et si Franck réussit ou pas à établir un gréement de fortune avec sa bôme et son tangon pour se faire aider par le vent, heureusement portant pour lui. Si Franck est évidemment très déçu, « sa voix est claire et il a la situation en mains » estime Patrick Eliès qui a pu le joindre par VHF. Hélas, Franck Le Gal, qui était 14e du classement général a signifié son abandon définitif : le délai est trop court pour rentrer, réparer et être au départ de la troisième et dernière étape de cette Solitaire. Une enquête a été ouverte pour tenter de déterminer quel cargo est en cause.
A la vacation, l’événement était évidemment d’actualité. « La collision avec un cargo, c’est en ce qui me concerne la plus grande cause de stress » témoigne ainsi Robert Nagy (Theolia). Alors que le vent a légèrement molli aux environs de 15 nœuds et que la mer s’est bien aplatie depuis hier soir, Gildas Morvan (Cercle Vert) est toujours en tête avec 9 milles d’avance sur Gildas Mahé (Le Comptoir Immobilier) et Gérald Véniard (Macif). Les vitesses des bateaux sont désormais de l’ordre de 8,5 nœuds. La tête de course est à 300 milles de Cherbourg-Octeville, mais plus qu’à 140 milles de Ouessant, qui devrait être passée "la nuit prochaine selon Antoine Koch". Ce soir, il pourrait bien y avoir du jeu dans les courants puisque ceux-ci sont favorables dans le Fromveur jusqu’à 22h et très défavorables à partir de 23h.
 
Ils ont dit
 
Patrick Eliés, skipper d’Eglantine, bateau sécurité :
« Nous avons pu joindre Franck Le Gal par VHF, il est évidemment déçu de devoir abandonner mais sa voix est bonne et il a la situation en mains. Il n’y a plus de mât sur Lenze, mais il a conservé sa bôme et son tangon qui peuvent éventuellement lui permettre de se constituer un gréement de fortune. Nous allons lui fournir du gasoil pour qu’il puisse rentrer au moteur vers la Trinité. Il a le vent et la mer pour lui sur ce cap. Nous referons le point avec lui quand nous serons sur sa zone et pourrons le voir, vers 7h30 je pense .»
 
Frédéric Duthil (Distinxion Automobile) :
« Il y a de l’humidité, du brouillard cette nuit et on n’est pas super serein quand on voit ce qui s’est passé pour Franck. Des cargos, j’en ai croisé deux ou trois, ça fait un peu flipper je n’ai donc fermé qu’un œil. Je ne sais pas si je suis dans le bon wagon, cette nuit je n’ai pas arrêté de descendre et remonter par rapport aux autres. Gildas Morvan est bien loin devant, j’espère que ça ne va pas trop mollir à l’arrivée en Bretagne car il reste tout de même 150 miles pour y aller, est ce qu’on a de grandes chances d’arriver avec le courant ou pas ? »
 
Nicolas Troussel (Financo)
« J’ai appris la collision de Franck, c’est vraiment triste pour lui… ce sont hélas des choses qui peuvent arriver, surtout dans la purée de pois comme en ce moment. J’aurais aimé être un peu plus devant, mais c’est comme ça Je suis mal parti hier, du coup je cours un peu après les premiers (18e à 14 milles, ndr). On va essayer de régler tout ça en arrivant au large de la maison mais j’ai un peu de retard. C’est dur de faire des estimations d’arrivée à Cherbourg entre des vitesses à 6 nœuds ou à 8 nœuds. Le stress c’est de savoir si on va réussir à bien passer Ouessant ou pas… On pourra affiner tout ça demain vers midi. »
 
Christopher Pratt (DCNS 97)
« Il n’y a pas de visibilité du tout. On surveille les trajectoires des cargos sur l’AIS, nos instruments, mais tant qu’on ne les a pas en visuel c’est forcément abstrait et une collision peut toujours arriver. C’est assez humide, on a du crachin. La vitesse est bonne mais ce n’est pas maintenant que ça se joue, c’est à la pointe Bretagne et ensuite jusqu’à Cherbourg, il faut essayer de rester lucide. »
 
Antoine Koch (Sopra Group 1)
« La question est de savoir si le vent va refuser ou adonner pour passer Ouessant, la décision du positionnement pour l’approche va se prendre dès ce matin. Je pense que la nuit prochaine on devrait passer Ouessant et qu’il y aura à peu près 24 heures de course ensuite jusqu’à Cherbourg. »
 
Robert Nagy (Theolia)
« J’ai tiré un peu sur la machine, mais j’ai réussi à dormir un peu donc ça va. Ce matin c’est petit crachin du golfe de Gascogne spécial et un petit peut d’air toujours, du sud-ouest entre 16 et 18 nœuds. Tout a l’air clair jusqu’à la pointe Bretagne, après on verra bien à quelle sauce on risque d’être mangés. On essaie d’anticiper au maximum les trajectoires des cargos, mais c’est ça le plus stressant, l’éventuel contact. »

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Les prochains leaders demain à Saint-Malo

Pierre Antoine / Imagine
DR

Les leaders de la Class40 attaquent la dernière partie de cette Transat Québec Saint-Malo. Les deux premiers, "Pogos Structures" d’Halvard Mabire et "Mistral Loisirs" d’Oliver Krauss ont passé, cet après-midi, la longitude de Ouessant. Idem pour Imagine, le multicoque 50′ de Pierre Antoine. Après la régate océanique, place maintenant à la régate en Manche avec son lot de courants – très importants en ce début de mois d’août, de bascules, d’effet de côtes et de cailloux. Des éléments avec lesquels il va donc falloir composer dans les heures qui viennent. Mabire, leader de la flotte des 40 pieds depuis 36 heures maintenant, a une recette bien à lui : "on combine le tout avec la météo, on met dans un grand bocal, on touille et on voit ce qu’il en sort " a t-il expliqué lors de la vacation ce midi. Hervé Cléris, skipper du multi 50′ aux couleurs de Prince de Bretagne, annonce la couleur : "Cette traversée en Manche sera une belle partie de poker. On peut très bien faire des bons coups comme faire marche arrière. Il va falloir être très vigilant et très malin. "Et pour cause, tant que la ligne n’est pas franchie, tout est possible".

Ne rien lâcher
Certes, au pointage de 15 heures – françaises – ce samedi, le 40 pieds Pogo Structures compte plus de 33 milles d’avance sur son poursuivant direct, mais son skipper reste prudent. "Depuis le début, on fait la course à un rythme complètement fou et ce n’est pas fini. C’est avec beaucoup d’humilité et de concentration que nous abordons cette dernière ligne droite – qui soit dit en passant, risque de ne pas l’être du tout. D’autant plus, que les systèmes météo ayant la fâcheuse habitude de se déplacer d’ouest en est, la pression risque de revenir par nos arrières, histoire de faire monter la nôtre en même temps que celle du vent. L’équipage d’Oliver (Krauss) n’a pas dit son dernier mot", relate Mabire. A bord de Mistral Loisirs, on sait que ce ne sera pas facile mais on ne baisse pas les bras. "Ca va être compliqué d’aller chercher la première place mais on va quand même essayer de se rapprocher au maximum en jouant avec les rotations du vent et les courants. Néanmoins, ce qui est sûr, c’est qu’on ne va pas partir sur une option extrême pour aller chercher la victoire et qu’on surveille Telecom Italia de près". Pour l’heure, ce dernier est quelque peu handicapé sans son spi médium et craint une remontée de Novedia Group – SET Environnement (Tanguy De Lamotte) qui n’est plus qu’à 15 milles de son tableau arrière.

Demain matin à Saint-Malo
Dans le camp des 50 pieds. Si Imagine possède une belle avance de 64 milles sur Prince de Bretagne, Pierre Antoine sait que les derniers milles réservent parfois des surprises : "Ca risque de ne pas être simple car de la molle est prévue sur la fin". Cléris sur Prince de Bretagne espère toujours "Un coup de mistouffle pour jouer encore un coup". Verdict demain matin. Les premiers sont attendus aux alentours de 6h, heure française.

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