A 1 200 milles de Brest, le Maxi Trimaran affronte des conditions dantesques et cela ne va pas s´arranger aujourd´hui puisqu´il progresse dans le Sud d´une dépression qui se déplace avec lui dans l´Est. Il n´y a donc pas que dans le grand sud que la mer gronde. Si proche du but, la nature n´épargne pas le skipper de Sodeb´O qui « est parti deux fois à l´abattée cette nuit dans cette mer de travers. Le vent était plus portant en passant près de l´Ile de Flores (archipel des Açores). Les lattes de grand voile ont résisté mais c´était moins une. Le pilote a du mal à suivre parfois dans ces conditions alors je barre, quand je peux, quand je le sens. » Cette dépression en provenance des bancs de Terre-Neuve laboure l´Atlantique laissant à Thomas et son bateau d´énormes sillons à enjamber. « Je suis tendu, je surveille le bateau, le flotteur au vent se prend des « beignes » sans arrêt. Je peux vous dire qu´il est vaillant ! D´autant que cela ne va pas mollir avant ce soir. »
Derrière cette dépression, Sodeb´O va avoir quelques heures de répit avant l´arrivée d´un second front « avec un vent a priori de Sud-Ouest qui nous propulsera jusqu´à Brest. »
Les prévisions donnent toujours une entrée du Maxi Trimaran dans le goulet de Brest vendredi dans la soirée ou dans la nuit.
Prendre les choses dans l’ordre où elles viennent. Ne pas chercher à forcer le destin. Qu’il s’agisse des navigateurs aux portes du Cap Horn ou des premiers englués dans les calmes de Sainte-Hélène, la navigation en bon marin, comme on dit dans les livres, suppose avant tout une capacité à ne pas se laisser dépasser par les événements. C’est en quelque sorte ce que résume Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) au plus fort de la tempête qu’il affrontait comme Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Le plus dur reste l’attente : une fois que le vent est rentré, on peut avoir des moments d’inquiétude, mais on est dans l’action et l’on peut valider les choix que l’on a faits pour se préparer au grand mauvais temps. Et Brian d’avouer même qu’il prenait un certain plaisir à dévaler les vagues comme s’il était sur une planche de snowboard de 60 pieds dans la poudreuse… Pour Dee Caffari, cette dernière tempête aura été fatale à sa grand-voile. La navigatrice britannique doit naviguer avec quatre ris et ne sait pas encore quelle solution de rechange envisager. Car remonter l’ensemble de l’Atlantique avec un bateau notoirement sous-toilé peut vite tourner au calvaire. C’est d’ailleurs bien ce qui motive Marc Guillemot (Safran), qui se trouvait au classement de 5h (TU+1) à une petite dizaine de milles sous le vent de l’archipel des Malouines. Marc devrait, dans les heures qui viennent, entamer son approche et chercher une baie abritée pour faire sa réparation de rail de grand-voile. Pendant ce temps, à l’arrière de la flotte, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) semblaient retrouver un rythme de navigation plus conforme à leurs objectifs de progression.
Langueurs monotones En tête de course, c’est encore le régime des petits airs qui domine. Michel Desjoyeaux (Foncia) tente de contenir le retour de Roland Jourdain (Veolia Environnement) à qui le travail d’atelier semble avoir donné des ailes. En 24 heures, Bilou a repris 70 milles à son compère de Port-la-Forêt. Les deux naviguent dans des vents variables et relativement faibles, mais devraient d’ici peu retrouver des régimes plus stables. Il ne serait donc pas étonnant de voir l’accordéon s’étirer alors dans l’autre sens. Mais parfois le temps peut sembler long : quand on a goûté aux plaisirs de la survitesse, voir sa progression rester obstinément en deçà des dix nœuds de moyenne peut vite avoir un caractère frustrant. Dans ce type de conditions, il s’agit de ne pas se mettre martel en tête, de continuer de naviguer proprement, de prendre du repos… Ce n’est pas l’heure de se mettre en surrégime, il reste encore plus de quinze jours de mer sous haute tension. Armel Le Cléac’h (Brit Air) marque le pas après sa remontée des derniers jours : il subit lui aussi les calmes de l’anticyclone de Sainte-Hélène. A bord de Roxy, Sam Davies est toujours gratifiée de la meilleure moyenne de la flotte atlantique. Et pourtant, la demoiselle a du lutter contre du kelp (sortes d’algues filamenteuse géante) qui freinait la progression de son bateau. Et comme il vaut toujours mieux voir le bon côté des choses, Sam se réjouissait de n’avoir pas du se mettre à l’eau pour s’en débarrasser. Entre bouteille à moitié vide et moitié pleine, la jeune navigatrice britannique a définitivement choisi son camp.
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 4698,1 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 241,3 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 682 milles du premier 4- Sam Davies (Roxy) à 1684,8 milles du premier 5- Marc Guillemot (Safran) à 1930,7 milles du premier 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2606,4 milles du premier 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2755,6 milles du premier 8- Dee Caffari (Aviva) à 2823,5 milles du premier 9- Steve White (Toe in the water) à 3922,5 milles du premier 10- Rich Wilson (Great American III) à 5053,9 milles du premier 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) à 6610,8 milles du premier 12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6704,2 milles du premier RDG- Vincent Riou (PRB), 3ème
La route est encore longue pour rejoindre les Sables d’Olonne. Surtout lorsqu’il faut tirer des bords à vitesse réduite pour s’extirper de situations météo complexes. C’est le cas de Michel Desoyeaux (Foncia), en tête depuis quatre semaines, et qui se bagarrent au large de Rio pour franchir un dernier obstacle qui le sépare des alizés de Sainte-Hélène. Une situation qui profite provisoirement à Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui a repris 70 milles depuis lundi soir. Bilou a envoyé des images de sa réparation de cloison de mât qui traduisent un vrai talent de bricoleur. Il lui faut maintenant retrouver le plein potentiel de sa monture. Derrière lui, Armel Le Cléac’h (Brit Air) a profité de vents portants pour réduire son retard de plus de 100 milles et se fait de plus en plus menaçant. Petit réconfort pour les premiers, les températures remontent rapidement. L’eau est à plus de 20°C et l’air à 28°C pour Mich’ Desj’. Les chaleurs tropicales succèdent en quelques jours aux frimas du Grand Sud.
Grand-voile déchirée pour Caffari Marc Guillemot (Safran), qui a franchi le Cap Horn hier, devrait arriver aux Malouines demain pour tenter une nouvelle réparation de son rail de mât endommagé. Une intervention d’autant plus complexe qu’il n’a plus d’ancre pour mouiller et devra soit tenter la prise d’une bouée de la Marine britannique, soit se laisser dériver sous le vent de l’île. Derrière, la situation est toujours aussi délicate pour les concurrents encore dans le Pacifique. Notamment pour Dee Caffari (Aviva) qui, en plus de subir l’un des plus gros coups de vent de son tour du monde, déplore désormais la déchirure de sa grand-voile sous le 3e ris. Elle navigue donc désormais avec 4 ris dans la grand-voile. Pour l’instant, sa préoccupation est de franchir le Cap Horn dans la tempête. Elle réfléchira plus tard aux possibilités de réparer. Les deux derniers jours avant le Horn s’annoncent en effet exceptionnellement musclés pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Dee Caffari. Pour ces trois-là, le passage du mythique rocher sera véritablement synonyme de libération…
Voix du large…
Michel Desjoyeaux (Foncia), 1er, à la vacation de 11h30 : « Il fait chaud dans l’Atlantique sud. 28°C dans le bateau. J’ai gagné une vingtaine de degré en 8 jours. Les temps sont durs mais ça avance. Hier par exemple, j’ai eu un après-midi mou en vent. C’est la partie cool mais pas passionnante de la course. Du près, du près, du près… Je ne vais quand même pas me plaindre, surtout par rapport à mes camarades toujours dans le Pacifique. »
Armel Le Cléac’h (Brit Air), 3e, à la vacation de 11h30 : « Je me repose après plusieurs heures de manœuvre. J’ai eu beaucoup de travail. J’ai profité des vents portants. Maintenant j’ai une dépression et je cherche à retrouver du vent frais. J’avance doucement mais sûrement. Il y a du boulot pour grappiller quelques milles. Les dernières heures ont une ambiance Figaro, avec pas mal de réglages et de changements de voiles. Le but est d’aller le plus vite possible. L’objectif se situe à 30° Sud pour récupérer les vents qui nous mèneront en un bord à l’équateur. Il y a aussi le passage du pot au noir et la traversée de l’Atlantique Nord. »
Samantha Davies (Roxy), 4e, à la vacation de 11h30 : « Le près commence à m’embêter. Le bateau penche et il faut virer de bord. Je retrouve la vie de l’Atlantique. Comme c’est nouveau pour moi, je ne me plains pas, pour l’instant. J’attends des vents renforcés pour basculer et virer de bord. Je suis sur tribord amures. Même si, pour l’instant, je n’ai pas une très belle trajectoire, je devrai retrouver bientôt une route directe. Hier j’ai reçu la visite impromptue d’un avion de chasse britannique. J’étais dans le cockpit quand j’ai entendu un bruit terrible. D’abord j’ai cru à un problème avec Roxy. Ils devaient m’avoir repéré sur leur radar. Ils sont passés très près du bateau et m’ont salué. J’imagine que, pour eux, ça doit être insolite de croiser un bateau à voiles dans ces mers. »
Raphaël Dinelli ( Fondation Océan Vital), 12e, à la vacation de 11h30 : « On est toujours face au vent. Il faut tricoter un coup au nord, un coup au sud. On n’a pas des bateaux taillés pour le près. Ce n’est vraiment pas terrible. A chaque vague, ça tape fort, ça fait bouger les structures du bateau. Il monte sur la houle, fait du rodéo puis se stoppe brutalement. J’ai la chance d’avoir un bateau en fibre de verre, ce qui le rend souple. Parfois, ça bouge tellement que je me dis que ça va exploser c’est très désagréable. Cette mer est casse-bateau, casse-bonhomme. C’est dingue. Je n’ai jamais fait de près dans les mers du sud. Tricoter comme ça, c’est vraiment la première fois. Se retrouver avec des vents debout, des anticyclones au sud et des dépressions au nord… Cette année, le Pacifique est vraiment spécial. J’espère que ça va bientôt se remettre d’aplomb. Il ne me reste que six semaines de ravitaillement. Le temps commence à m’être compté. Je dois faire attention et vais peut-être me rationner. »
Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), joint à Auckland à la vacation de 11h30 : « Deux jours avant d’arriver, je me suis fait une frayeur. Le pilote a fait une erreur de trajectoire et je n’avais qu’un seul safran, je suis donc parti à l’abattée et le bateau s’est couché. Heureusement, je n’étais pas très voilé dans cette dépression tropicale, et j’ai pu repartir tranquillement vers la Nouvelle-Zélande. Je réparerai le bateau en France. L’équipe technique est là-bas, et il est logique que ce soit eux qui prennent le bateau en charge. Paprec-Virbac 2 va être rapatrié par cargo la semaine prochaine, sûrement le même que pour BT. »
Classement à 16h00 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 4787 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 272 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 679 milles 4- Sam Davies (Roxy) à 1666 milles 5- Marc Guillemot (Safran) à 1945 milles 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2652 milles 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2792 milles 8- Dee Caffari (Aviva) à 2842 milles 9- Steve White (Toe in the Water) à 4047 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5057 milles 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6558 milles 12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6732 milles RDG Vincent Riou (PRB)
A 1600 milles du but ce mardi autrement dit presque à la hauteur des Açores, le skipper du Maxi Trimaran Sodeb’O prépare son arrivée à Brest mais se rend à l’évidence et ne cache pas sa déception de compétiteur : il ne battra pas cette année le temps record de Francis Joyon qui a mis, l’an dernier à la même époque, 57 jours et 13 heures pour tourner seul autour de la planète.
Deux jours de plus que Joyon?
Thomas Coville est attendu à Brest à partir de vendredi, soit le 16 janvier dans la soirée ou dans la nuit. Il devrait mettre environ deux jours de plus que Francis Joyon. Le skipper de Sodeb’O, déjà recordman des 24 heures en solitaire, signerait alors le quatrième temps absolu après IDEC en solo et les performances d’Orange II et Cheyenne en équipage. Il y a 20 ans, c’était au 20ème siècle, Olivier de Kersauson entrait à Brest en héros après avoir tourné en solitaire autour du globe en 125 jours et deux escales, soit deux fois plus de temps que les marins de ce début du 21ème siècle.
Depuis la sortie du Pot au Noir où l’espoir de battre le record était mince mais bien là, l’enchaînement météo n’a pas été propice à la vitesse. La météo des deux derniers jours a fini par anéantir tout espoir de victoire. L’anticyclone des Açores s’est étalé collant les coques du Maxi Trimaran à la mer dans des vents erratiques. L’histoire n’est pas terminée pour autant. Un dernier corps à corps attend Thomas dès aujourd’hui. Sodeb’O doit affronter l’une des dépressions les plus violentes depuis son départ. Des creux de six mètres annoncés, accompagnés de vents de Sud-Ouest virant Nord-Ouest et forcissant au-delà de 30 nœuds. « La rotation au Nord-Ouest va être très rapide ce qui ne m’arrange pas. Pour faire du Nord, je vais devoir serrer le vent au mieux dans des conditions qui seront éprouvantes pour le bateau comme pour moi. »
“On peut aller encore plus vite”
Experts ou pas, marins ou non, impossible de rester de marbre face à l’épreuve globale que représente un tel voyage. Thomas a souvent dit depuis son départ : « Dormir n’est pas compatible avec la vitesse. » Le stress du multicoque empêche toute récupération et transforme les marins en machine à faire des milles « presqu’en animal au service du bateau ». Il poursuit ce matin sa réflexion sur le solitaire et le multicoque : « Tu penses partir avec des limites. Or, il n’y a de limites que celles que tu t’imposes. Celles que je m’étais fixées ont volé en éclats. J’ai suivi pendant huit semaines le rythme que je m’étais imposé sur le record de l’Atlantique Nord qui a duré moins de six jours. Sur un tour du monde, tu ne peux plus être conservateur. Je pense qu’on peut aller encore plus vite. La performance viendra de la vitesse ». Et pour tourner à ces vitesses là seul autour du monde, il faut une sacrée expérience et le skipper de Sodeb’O reconnaît combien il a progressé. « Je n’aurais pas pu concevoir ce bateau il y a 10 ans. Ma progression et la connaissance du multicoque que j’ai accumulée m’ont permis de réaliser ce que je n’avais pas envisagé. C’est valorisant et très enthousiasmant. Ce trimaran de 32 mètres est le fruit de l’expérience ».
Retour sur le tour
Des trains de dépressions dans l’Océan Indien levant tour à tour des mers chaotiques et croisées, des transitions pas fluides pour un sou entre les systèmes qui ont arrêté le bateau comme ces jours-ci au niveau de l’anticyclone des Açores, des glaces dérivant très Nord dans le Pacifique contraignant les marins naviguant dans cette zone à remonter au-delà de 47 ou 48 degrés Sud, quand l’an dernier Francis descendait sous le 53ème. Quelques jours avant le Cap Horn, Thomas qui, sans prendre de risque, ne voulait pas trop rallonger sa route a malgré tout slalomé pendant 48 heures au milieu d’un champs d’icebergs, dans une mer monstrueuse, les mains gelées et la peur au ventre. Et comme le dit le skipper : « ce n’est pas toi qui commandes les barrières quand elles sont fermées ! »
Sur ce projet, Thomas et Sodeb’O avaient plusieurs objectifs dont le premier : être au départ avec le meilleur bateau qui soit. Thomas raconte « le plaisir du début à la fin de concevoir, construire, fiabiliser et mettre au point ce prototype à trois coques ». Le deuxième objectif est de terminer. « Si je finis, j’aurais rempli les deux premiers buts fixés ». Par contre, poursuit-il ce matin : « Si j’ai la satisfaction de terminer et notamment d’avoir construit un bateau fiable, je n’aurais pas le record absolu en solitaire. Je suis allé chercher la performance. Je fais un métier où je m’expose, où je me mets en danger en permanence. Pour la partie sportive, il faut un peu de réussite. Je suis comme quelqu’un qui travaille dehors, un agriculteur, un vigneron avec des années qui sont plus fastes que d’autres. Il y a des années avec de meilleurs crus que d’autres. J’ai l’impression d’avoir fait une mauvaise vendange ».
Rappels
RECORDS EN MULTICOQUE EN SOLITAIRE
2008 – 57 jours 13h 34m 06s – Francis Joyon – IDEC – Trimaran – Arrivée le 19/01 à 23h39m58s UTC – sans escales
2005 – 71 jours 14h 18m 33s – Ellen MacArthur – B&Q/Castorama – Trimaran – Arrivée le 08/02 – Sans escale
2004 – 72 jours 22h 54m 22s – Francis Joyon – IDEC – Trimaran – Sans escale
1989 – 125 jours – Olivier de Kersauson – Un autre regard – Trimaran – Deux escales
1988 – 129 jours 19h 17m – Philippe Monnet – Kriter – Trimaran – Deux escales
1973 – 169 jours – Alain Colas – Manureva – Trimaran – Une escale
RECORDS EN MULTICOQUE EN ÉQUIPAGE
2005 mars – 50 jours 16h 20m 04s – Bruno Peyron – Orange II – Catamaran – 14 personnes
2004 avril – 58 jours 09h 32m 45s – Steve Fossett – Cheyenne – Catamaran – 12 personnes
2002 mai – 64 jours 08h 37m 24s – Bruno Peyron – Orange – Catamaran – 13 personnes
1997 mars – 71 jours 14h 18m 08s – Olivier de Kersauson – Sport-Elec – Trimaran – 7 personnes
1994 janvier – 74 jours 22h 17m 22s – Blake/Johnston – Enza – Catamaran – 6 personnes
1993 janvier – 79 jours 06h 15m 56s – Bruno Peyron – Commodore Explorer – Catamaran – 5 personnes
Et si jamais ? C’est peut-être cette petite idée qui commence à germer dans un coin de la tête d’Armel Le Cléac’h, auteur d’une remontée fulgurante en 24 heures. Au classement de lundi à 5h (TU+1), Armel pointait encore à 791,7 milles du leader, le voilà ce matin à 688,7 milles. Soit un gain de plus de 100 milles sur les deux premiers du classement. S’il est vrai que les circonstances météorologiques ont joué en sa faveur, il serait bien étonnant qu’Armel, avec l’esprit de compétition qui le caractérise, ne se dise pas qu’il y a peut-être encore un coup à jouer d’ici l’arrivée aux Sables d’Olonne. De même qu’un Roland Jourdain qui a réussi à stabiliser l’écart avec Michel Desjoyeaux et qui se voit même gratifié d’une vitesse supérieure de deux nœuds ce matin, se dit peut-être que les dés ne sont pas définitivement jetés.
Cache-cache C’est le dilemme parfait où l’on se demande si le jeu en veut la chandelle. Faut-il prendre des risques tactiques ou techniques pour attaquer, revenir au contact ? Ou vaut-il mieux préserver une place plus qu’honorable compte tenu des aléas qui ont secoué cette édition 2008-2009 ? Et qu’on ne compte pas sur Michel Desjoyeaux pour jouer les grands seigneurs dans cette partie de mistigri, lui qui n’a pas son pareil pour distiller des informations ciblées et choisies propres à déstabiliser ses adversaires. Certains doivent se perdre en conjectures sur la route de Foncia : conditions météorologiques défavorables, adaptation volontaire du rythme du leader à celui de ses poursuivants, petit souci technique demandant une pause ? La réponse, seul Michel la connait et ses deux adversaires au classement général n’auront finalement pas d’autre choix que celui de faire leur route en tachant de se dégager de ces considérations. Car au final, tout le temps passé à s’interroger sur le pourquoi du comment de la trajectoire des autres est bien souvent perdu pour sa propre navigation. D’autres sont bien loin de ces interrogations à caractère métaphysique : Sam Davies continue de récolter sur son chemin des particules de bonheur. Cette nuit, c’est un avion de sa Gracieuse Majesté qui est venu la saluer au large des Falklands avec force figures de styles : si la jeune femme a élu domicile en Bretagne, il ferait beau voir que les ” froggies ” en fassent une icône nationale. Plus à l’arrière, le trio Brian Thompson (Bahrain team Pindar), Arnaud Boissières (Akena vérandas), Dee Caffari (Aviva) fait le dos rond en attendant le plus fort du mauvais temps. Ici, les choses sont claires : il s’agit de tenir face aux éléments. La poursuite de chimères est reportée à une date ultérieure.
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 4849,2 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 319 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 688,7 milles du premier 4- Sam Davies (Roxy) à 1679,7 milles du premier 5- Marc Guillemot (Safran) à 2001,1 milles du premier 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2737,3milles du premier 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2877,1 milles du premier 8- Dee Caffari (Aviva) à 2911,3 milles du premier 9- Steve White (Toe in the water) à 4116,9 milles du premier 10- Rich Wilson (Great American III) à 5053,7 milles du premier 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) à 6541,3 milles
12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6756,2 milles du premier RDG- Vincent Riou (PRB) – 3ème ex-aequo
Au passage du Cap Horn, lundi 5 janvier, Michel Desjoyeaux (Foncia) comptait 112 milles d’avance sur son compère Roland Jourdain (Veolia Environnement). Une semaine plus tard, il le précède de près de 340 milles. Et l’hémorragie n’est pas terminée… Suite à son accident de la route avec un cétacé, Jourdain a perdu du temps à réparer et navigue maintenant le pied levé, toujours méfiant quant à sa réparation. La grosse dépression venue du Brésil avec des rafales à plus de 40 nœuds l’incite à la plus grande prudence. Du pain béni pour Mich’ Desj’ qui, décalé au nord-est, profite en plus d’un meilleur angle de vent pour prendre la poudre d’escampette. Le skipper de Foncia est passé aujourd’hui sous la barre des 5000 milles encore à parcourir…
Cinq en Atlantique, trois à Auckland… Marc Guillemot (Safran) a franchi le Cap Horn lundi matin à 8h30 pour la troisième fois de sa carrière, mais la première en solo. Un sentiment de libération pour le Trinitain qui compte toujours réparer son rail de mât aux alentours des Malouines mardi soir ou mercredi. En attendant, il continue de naviguer avec trois ris dans sa grand-voile (voilure très réduite). Au même moment, Jonny Malbon (Artemis), qui avait abandonné le dimanche 4 janvier à cause du délaminage de sa grand-voile, retrouvait Sébastien Josse (BT) dans le port d’Auckland. Il précédait de quelques heures Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), victime le 31 décembre d’un ofni qui avait arraché son safran bâbord.
Coup de tabac La météo ne s’annonce pas clémente pour les sept concurrents encore dans le Pacifique. Le trio Thompson/Boissières/Caffari devrait subir des rafales jusqu’à 70 nœuds dans une mer pouvant atteindre des creux de 12 mètres ! Quant aux deux derniers, les vents de face contrarient leur progression et maltraitent les hommes et leurs montures. La traversée du Pacifique ressemble de plus en plus à un chemin de croix…
Voix du large…
Roland Jourdain (Veolia Environnement), 2e à 339 milles du premier : « Je navigue dans des conditions qui ne sont pas faciles pour un bateau où la résine est fraîche. Il y a eu un bon coup de vent cette nuit, donc j’ai viré à l’ouest. Hier, sur tribord amures, j’ai pu vérifier que la réparation était correcte. La cloison est bloquée, ce qui n’occasionne plus de bruit. Pour affronter les 45 nœuds de vent et une mer bien agitée, j’ai été prudent, j’ai joué 3 ris, rien devant. Il n’en reste pas moins que ça tape beaucoup. Comme avant on naviguait au portant, les efforts ne sont pas les mêmes. Je regarde ce que ça donne au près. La route est encore longue, et je m’occupe plus que jamais de mon bateau. Parti comme il est parti ce Vendée Globe, il risque d’y avoir encore des rebondissements. »
Marc Guillemot (Safran), 5e à 2020 milles du premier : « Ça fait du bien d’avoir passé le cap Horn. La nuit dernière était intense, avec des montagnes d’eau de plus en plus impressionnantes à mesure que j’approchais du plateau continental. Il fallait aller vite pour ne pas se faire rattraper par les vagues. Beaucoup de stress, je n’ai pas eu la possibilité de dormir. Dès le Horn passé, le vent est tombé et depuis, j’avance tout doucement dans une houle qui s’allonge. »
Arnaud Boissières (Akéna Vérandas), 7e à 2972 milles du premier : « Hier, il y a eu le passage de la dépression avec un front assez actif, qui n’a pas duré bien longtemps. Derrière, on avait de la mer, qui elle aussi s’est vite calmée. En me basant sur les prévisions, je m’attendais à des conditions plus difficiles, même si on n’est à l’abri de rien. C’est un peu pénible : le vent a molli d’un seul coup, et la mer est restée grosse. Elle est formée mais belle. »
Classement à 16h00 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 4935 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 339 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 752 milles 4- Sam Davies (Roxy) à 1741 milles 5- Marc Guillemot (Safran) à 2020 milles 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2805 milles 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2972 milles 8- Dee Caffari (Aviva) à 3001 milles 9- Steve White (Toe in the Water) à 4180 milles 10- Rich Wilson (Great American III) à 5209 milles 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) à 6494 milles 12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6736 milles RDG Vincent Riou (PRB) (12 en course sur 30 au départ. RDG = demande de réparation auprès du jury)
La course au large est faite de cette alternance de moments de fortes tensions et de périodes de rémission où l’on s’aperçoit que l’on peut desserrer une étreinte que l’on n’avait pas toujours senti venir… En tête de flotte Michel Desjoyeaux, qui ne cesse de creuser l’écart sur son pote de Port-la-Forêt, Roland Jourdain doit forcément se dire que les statistiques commencent à jouer en sa faveur. A près de 5000 milles de l’arrivée, il a constitué un petit matelas d’avance de près de 300 milles. Soit un gain de plus de 5%, eu égard à la route qu’il reste à parcourir : ce n’est pas encore le Klondike, mais nombre de rentiers s’en contenteraient. ” Bilou ” quant à lui, peut d’ores et déjà se satisfaire de voir son bateau en état de naviguer proprement : après des heures de chantier à malaxer du carbone, il a terminé son boulot. Du travail d’artisan, bien fait, sans fioriture, mais qui devrait lui permettre de rallier la ligne d’arrivée sans encombre et qui sait, si les circonstances s’y prêtent, rester en lice pour la victoire finale ? Armel Le Cléac’h (Brit Air), pour sa part, est bien accroché à son fauteuil de troisième et seules des circonstances exceptionnelles pourraient le déloger du podium. Mais comme chacun sait, une régate n’est jamais terminée tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie ; récemment, Michel Desjoyeaux avait beau jeu de rappeler qu’il ne tenait pas à rallonger la litanie des concurrents du Vendée Globe qui avaient vu leur marche en avant s’arrêter aux portes du Golfe de Gascogne.
Terre promise Pour tous ceux qui naviguent encore dans le Pacifique, le Cap Horn constitue la prochaine marche à franchir. Ce devrait être chose faite d’ici quelques heures pour Marc Guillemot qui continue d’afficher des moyennes impressionnantes malgré ses trois ris dans la grand-voile. Pour lui, la délivrance viendra réellement après les Malouines quand il aura pu réparer son rail de grand-voile endommagé. Jusqu’à cette échéance, une prudence de bon aloi reste de mise. Une remontée de l’Atlantique sans pouvoir utiliser le potentiel de son bateau aurait des allures de pensum… Même circonspection pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui espérait que les multiples travaux de bricolage de l’handicaperait pas face aux ambitions du couple franco-britannique, Dee Caffari (Aviva) – Arnaud Boissières (Akena Vérandas), même si l’un comme l’autre ont leur part de petits soucis. Pour Cali, il s’agit d’anticiper une remontée de l’Atlantique sans son solent déchiré à l’entrée des mers du sud, quand Dee devra composer avec une grand-voile qui continue de se délaminer dangereusement. Si pour Steve White (Toe in the water) et Rich Wilson (Great American III), le Pacifique rime avec répit en cette journée de lundi, les deux derniers s’apprêtent à vivre des heures particulièrement difficiles. Ces deux-là se sentent plutôt dans la peau de l’ours aux prises avec la violence du Pacifique et quoi qu’il advienne, n’ont aucune envie de se faire dépecer
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5026,8 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 298,2 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 791,7 milles du premier 4- Sam Davies (Roxy) à 1807,1 milles du premier 5- Marc Guillemot (Safran) à 2056 milles du premier 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2633,6 milles du premier 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 2986,8 milles du premier 8- Dee Caffari (Aviva) à 3019,7 milles du premier 9- Steve White (Toe in the water) à 4201,6 milles du premier 10- Rich Wilson (Great American III) à 5121,2 milles du premier 11- Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) à 6434,8 milles du premier 12- Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à 6681,7 milles du premier
Décidément Sam Davies a le goût des choses bien faites. Pointée en quatrième position à quelques heures de franchir le Cap Horn, elle devrait avoir l’élégance de franchir le cap mythique vers 12h (heure française), juste au moment de la grand-messe médiatique du dimanche, la vacation en direct avec les navigateurs. Et pourtant c’est juste un concours de circonstances qui devrait l’amener à franchir cet ultime barrière avant la longue remontée, " back home ". Et compte tenu de l’envergure de la dame, il serait étonnant qu’elle ne manifeste pas une légère pointe de regret de quitter ces mers du sud que d’autres n’en finissent plus de subir… Dans son sillage, Marc Guillemot (Safran) continue malgré son handicap de trois ris dans la grand-voile, de gratifier la flotte de la meilleure moyenne du jour. Ce qui doit aviver encore plus les regrets du navigateur trinitain qui démontre là qu’il possède bien une machine exceptionnelle pour peu qu’elle ne soit pas freinée par des soucis techniques.
Chats et souris Dans le rôle du matou vigilant, Michel Desjoyeaux semblait ce matin avoir réussi à s’extirper des calmes de la petite bulle anticyclonique qui le bloquait sur sa route. Si tel est le cas, la souris Roland Jourdain peut se faire du souci. Pour le skipper de Veolia Environnement, une voie de salut pourrait être d’infléchir sa route vers le nord afin d’aller chercher des vents plus soutenus. Mais, rayon de courbure de l’anticyclone oblige, il bénéficiera plus tard que son adversaire du moment de la rotation des vents à l’est. Faisons les comptes : une route au près sur un bateau fragilisé peut difficilement rivaliser avec une voie triomphale aux allures de largue. Entre les griffes du skipper de Foncia et la tapette à fromage au large des côtes du Brésil, il semble bien que les quelques heures à venir soient plutôt difficiles pour le skipper de Veolia Environnement. Bilou, en bon stratège, a tenté un coup, mais tous les tacticiens le savent : quand on est derrière, sous pression de l’adversaire, trouver la martingale qui permettra d’empocher la mise tient plus de l’audace ou du coup de génie que de la logique cartésienne.
Entre Arnaud Boissières (Akena Vérandas) et Dee Caffari (Aviva), les deux skippers ont la délicatesse d’alterner les rôles du chasseur et de sa proie. Alors qu’ils naviguaient à vue depuis la porte "Pacifique Est", Cali semble vouloir prendre la poudre d’escampette. Il comptait 13 milles d’avance sur sa compagne de navigation hier au soir, il en a 21 ce matin. Il reste que moins de deux heures de décalage à l’échelle d’une course autour du monde n’est pas vraiment significatif. A l’évidence, l’Arcachonnais, qui perfectionne chaque jour ses acquis dans la langue de Shakespeare, doit se dire que les sujets d’Albion sont décidément nos plus fidèles adversaires.
Classement à 5h00 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5312,5 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 212,4 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 708,8 milles du premier 4- Sam Davies (Roxy) à 1787,4 milles du premier 5- Marc Guillemot (Safran) à 2156,4 milles du premier 6- Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) à 2852,1 milles du premier 7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 3015,4 milles du premier 8- Dee Caffari (Aviva) à 3036,4 milles du premier 9- Steve White (Toe in the water) à 4192 milles du premier 10-Rich Wilson (Great American III) à 4997,7 milles du premier
Cette course n’en est pas à un paradoxe près. Elle a rassemblé un des plus beaux plateaux de la course au large, pour ce qui s’est avéré être une des courses transocéaniques les plus palpitantes qui soient, avant que l’Océan Indien puis le Pacifique ne commencent leur lent travail de sape. A ce petit jeu, nombre de favoris sont tombés dans l’escarcelle du grand méchant sud sur avarie technique ou pire, suite à des collisions dans une mer visiblement de plus en plus encombrée. A ce petit jeu, Michel Desjoyeaux que beaucoup imaginaient perdu pour le podium s’installe chaque jour un peu plus en solide leader d’autant que les infortunes de mer semblent vouloir maltraiter tous ceux qui tenteraient de se mettre en travers de sa marche. Dernier en date, Roland Jourdain (Veolia Environnement) contraint de consolider la cloison qui soutient son pied de mât et de transformer son fier navire en atelier de matériaux composites… Sa rencontre brutale et fortuite avec un cétacé a provoqué de sérieux dommages que le navigateur s’efforce de réparer avec les moyens du bord. Avant de stratifier, il faut poncer : un moindre mal quand on travaille dans un hangar équipé pour aspirer les microbilles de carbone qui se dégagent, mais c’est une toute autre paire de manches quand il s’agit d’accomplir le même labeur en navigation. On savait déjà que le seau et l’éponge étaient les meilleurs amis du navigateur solitaire. L’aspirateur vient s’ajouter à la liste de la parfaite panoplie de l’homme d’intérieur. Mais, " Bilou " n’a pas abdiqué, loin de là. Au dernier pointage, il conservait une vitesse légèrement supérieure à celle du leader de la course toujours aux prises avec les calmes de l’anticyclone qui sévit au large des côtes uruguayennes. Que dire encore des frères de mer, Vincent Riou (PRB) et Jean Le Cam (VM Matériaux), unis en 2005 pour la gloire et qui voient cette année leurs destins toujours liés suivre une tout autre pente ? Pour l’heure, les deux navigateurs se débattent dans les méandres administratifs liés à une arrivée inopinée dans le port de Puerto Williams. Il semble bien que la solidarité des gens de mer s’arrête parfois aux limites d’un poste de douane.
La valeur n’attend pas Dans le maelström des classements, certains se retrouvent propulsés sur le devant de la scène sans crier gare. Ainsi de Sam Davies (Roxy) qui s’apprête à passer le Cap Horn dans la nuit en quatrième position sur le bateau double vainqueur de la course. Sans oublier non plus Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui voit ses principes de sagesse largement récompensés par une place sur le podium. Avec un bon sens évident, il a apprivoisé doucement les mers du sud avant de trouver son rythme et d’imprimer une cadence qui lui permettra de faire jeu égal avec Vincent Riou tout au long du parcours. De plus, Armel retrouve ici des mers plus familières qui devraient lui permettre de faire parler son talent de régatier qu’il a déjà largement montré sur la Solitaire du Figaro. 700 milles de retard, c’est à la fois un monde et une goutte d’eau à l’échelle de la traversée de deux océans sur des bateaux déjà bien éprouvés par la mer cassante de des Quarantièmes. Deux bizuths cap-horniers aux troisième et quatrième places, voilà qui démontre une fois de plus que le talent peut compenser une bonne part de l’expérience. Dernier des paradoxes : alors qu’ils affichent déjà plus de 6000 milles de retard sur la tête de flotte (soit plus que la distance qu’il reste à parcourir à Michel Desjoyeaux), Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) et Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) se retrouvent aux prises avec un anticyclone qui risque de les engluer dans des calmes durant de longues heures. Des côtes de l’Uruguay aux portes du Pacifique, il existe encore des correspondances…
Les premiers au pointage de 16 heures le 10/01/09 : 1- Michel Desjoyeaux (Foncia) à 5465,1 milles de l’arrivée 2- Roland Jourdain (Veolia Environnement) à 191,2 milles du premier 3- Armel Le Cléac’h (Brit Air) à 718,3 milles du premier 4- Sam Davies (Roxy) à 1818,5 milles du premier 5- Marc Guillemot (Safran) à 2184,9 milles du premier
L’incertitude de la participation de Delta Lloyd avait plané jusqu’au dernier moment, mais l’équipage hollandais a mis les bouchées doubles pour réparer la quille de leur VO 70 endommagée lors de la précédente étape afin de pouvoir s’aligner au départ. Disputée dans une brise instable de 10 à 15 nœuds, sur fond de gratte-ciels et de super-tankers, la première régate a été remportée par Puma. La seconde confrontation encore plus spectaculaire, lancée quelques 30 minutes plus tard, a été enlevée par Ericsson 4. Une bonne opération pour l’équipage international de l’Ericsson Racing Team qui rafle la victoire de cette 5ème épreuve du programme 2008-2009 de la Volvo Ocean Race. Les résultats de cette manche n’ont pas apporté de changement dans l’ordre du classement général. Juste tassement en tête de liste entre Ericsson 4, Telefonica Blue et Puma. De quoi redonner le moral aux adversaires du redoutable concurrent suédois.
Classement général de l’UBS Challenge – Singapore In-Port Race: 1 – Ericsson 4 – 4 points 2 – PUMA – 3,5 points 3 – Telefonica Blue – 3 points 4 – Telefonica Black – 2,5 points 5 – Green Dragon – 2 points 6 – Ericsson 3 * – 1,5 point 7 – Delta Lloyd – DNF – 1 point 8 – Team Russia – DNS
* Jeudi dernier, le Jury International a décidé qu’Ericsson 3 avait effectivement enfreint les règles concernant une zone d’exclusion au sud du Sri Lanka. Défendant sa décision, le navigateur du bord, affirmait que c’était la conséquence des conditions sur l’eau, car le vent était faible et le courant fort à cet endroit. Le Jury a accepté ces circonstances atténuantes et n’a attribué qu’une pénalité d’un point contre l’équipe.
Résultat de la 1ère régate 1 – PUMA 2 – Ericsson 4 3 – Telefonica Blue 4 – Green Dragon 5 – Ericsson 3 6 – Telefonica Black 7 – Delta Lloyd
Résultat de 2ème régate 1 – Ericsson 4 2 – Telefonica Black 3 – Telefonica Blue 4 – PUMA 5 – Green Dragon 6 – Ericsson 3 7 – Delta Lloyd
Classement général Provisoire après 5 manches 1- Ericsson 4 – 39 points 2- Telefonica Blue – 33,5 points 3- Puma – 31 points 4- Ericsson 3 – 24 points 5- Green Dragon – 22,5 points 6- Telefonica Black – 22 points 7- Team Russia – 10,5 points – s’est retiré provisoirement de la course 8- Delta Lloyd – 10 points