À 9h (heure française) ce matin, alors que Groupe APICIL évoluait dans le groupe de tête à la 5e place au large de la pointe bretonne, Damien Seguin a informé son équipe à terre que la bôme du monocoque avait rompu.
Damien Seguin et Laurent Bourguès ne sont pas blessés. La réparation est impossible à effectuer en mer, le duo a donc choisi de faire route, à allure réduite, vers un port de Bretagne qu’il devrait rallier au plus tôt dans une douzaine d’heures. Au moment de l’avarie, Damien et Laurent avaient passé le plus fort du coup de vent lié au front dépressionnaire. Ils avaient viré et évoluaient en tribord amure. Aucune décision n’est prise pour l’instant quant à la suite de la course. Damien va étudier toutes les possibilités avec son équipe.Plus d’informations à venir.
Jean Le Cam rendra le départ à bord de son IMOCA ” Tout commence en Finistère – Armor-lux” pour un long convoyage jusqu’en Martinique. Jean ne sera pas tout seul à bord, il sera accompagné de Bernard Stamm et Nicolas Duburcq, membre de son équipe technique. Une première traversée de l’Atlantique pour le bateau qui devrait prendre 12 à 14 jours de mer. Il participera à la course Retour à La Base qualificative pour le Vendée Globe qui partira le 30 novembre de Fort de France vers Lorient, port d’arrivée. Conformément aux règles, il faut prendre le départ d’une course en 2023.
De l’arrivée du bateau en terre finistérienne à la mise à l’eau de ” Tout commence en Finistère – Armor-lux” revivez deux mois en 2 min chrono
Trois IMOCA font la course en tête et se sont détachés du reste de la flotte située au nord du DST de la pointe Bretagne. Charal continue son duel avec For People mais Initiatives Coeur soutient le rythme et ne lâche rien.
Les IMOCA passent cette nuit leur premier front qui a eu le mérite de calmer les ardeurs de la majorité d’entre eux , surtout ceux qui doivent se qualifier pour le Vendée Globe. 3-4 mètres de creux et 50 nds en rafale – comme dans une machine à laver dixit Yoann Richomme sur Arkea Paprec – ont suffit à faire sagement ralentir les 15 premiers composés majoritairement de foilers. MACSF, Stand as One et Lazare semblent avoir connus des avaries tandis que Bureau Vallée a effectué sa pénalité de 5 heures cette nuit au large de la baie de Morlaix. On devrait en savoir plus dans la matinée. A noter un problème de GV sur For the Planet pour Sam Gooshild qui pointe à la 10e place.
Tout le monde est en piste et c’est désormais 4 Classes qu’il faut suivre dans des systèmes météos différents. Les Ultimes sont à mi-chemin de leur parcours et vont contourner l’Ile de l’ascension, les Ocean Fifty sont au large du Portugal mais ils ne sont plus que 3 sur 6 en course. Les premiers Class40 passent le p Finisterre. Les IMOCA auront passé la point de Bretagne cette nuit.
En Ultime, le grand bord de près depuis 48h dans des conditions légères a clairement favorisé le trimaran SVR-Lazartigue qui est revenu à la hauteur de Banque Populaire. Ils devraient passer ensemble l’île de l’Ascension avant un grand sprint final. Edmond de Rothschild plus de 106 mn et Sodebo 275 mn. L’adition est salée même si le plaisir en mer ets là pour ces géants qui volent au large dans des conditions idéales, mer plate et un vent suffisant. De quoi recharger les batteries avant le grand bord de vent arrière long de 3000 mn. Il devrait encore se passer des choses.
En Class40, Ambrogio Beccaria et Nicolas Andrieu mènent la danse. On ne voit pas ce qui pourrait arrêter le Musa40 si ce n’est les 4 autres classe40 à ses trousses et qui résistent notamment Achille Nebout et Gildas Mahé, Mathieu Perraut et Kevin Bloch, Alberto Bon et Pablo et Fabien Delahaye et Corentin Douguet.
En Ocean Fifty, Primonial, le Rire Medecin et Koesio ont connu l’un, un démâtage, et les autres des avaries sérieuses. Ils ne sont plus en course. Thibaut Vauchel-Camus et Quentin Vlaminck en tête ont décidé de lever le pied.
En IMOCA, en l’absence de Charlie Dalin et de Macif, Charal et For People se livrent à nouveau un beau duel en tête. 3e Initiatives Coeur tient bien le rythme avec Groupe Dubreuil. Sébastien Simon signe un beau retour en IMOCA en étant à la 4e place devant Arkéa. Clarisse Crémer avec Alan Roberts confirment leur bon niveau sur l’Occitane en Provence, l’ex-Apivia.
Ils sont partis dans un rythme très soutenus dès le départ et sont dans le groupe de tête ce soir. 5 Class40 se sont échappés. Parmi eux que des favoris et certainement l’un des futur vainqueurs de cette Transat Jacques Vabre.
Alla Grande Pirelli est en tête devant Ammaris, Intervest, IBSA et Legallais. Ces 5 bateaux sont ce soir le long des côtes espagnoles et se tiennent en moins de 5mn. Ils ont fait un mini break sur le reste de la flotte qui s’est scindée en deux groupes. Un premier relégué à 20 mn et un deuxième déjà à 80 mn.
LE HAVRE, FRANCE - NOVEMBER 07 : Imoca fleet is pictured during Imoca start of the Transat Jacques Vabre in Le Havre, France, on November 07, 2023. (photo by Jean-Marie Liot / Alea)
La flotte des 40 IMOCA va devoir choisir entre une route nord ou sud dans les prochaines heures. Ll’Atlantique Nord offre des conditions météorologiques des plus turbulentes et rend ainsi le choix de route très complexe.
Marcel Van Triest, météorologue de renom dans le milieu de la course au large, qui a conseillé quatre équipes IMOCA dans leur préparation d’avant-course (le routage en course est ensuite interdit pour cette Classe) et qui route actuellement de duo du Maxi Banque Populaire XI, en tête de la flotte des Ultim s’est entretenu avec l’IMOCA.
Ses équipes sont quatre des meilleures de la flotte – Jérémie Beyou et Franck Cammas sur Charal, Justine Mettraux et Julien Villion sur Teamwork, Sam Goodchild et Antoine Koch sur For The Planet et le champion en titre de la Transat Jacques Vabre, Thomas Ruyant naviguant avec Morgan Lagravière sur For People.
Marcel Van Triest simplifie le tableau météorologique en parlant d’une option nord, face à une succession de dépressions et une route sud, plus douce pour les bateaux et les marins, mais potentiellement beaucoup plus lente.
Que réserve le sud ?
Sur l’option sud, dont l’efficacité dépendra d’abord de l’évolution d’un anticyclone centré au sud-ouest de Lisbonne, les bateaux devront commencer par traverser un système dépressionnaire au large de l’ile de Ouessant, en sortie de Manche. Viendra ensuite l’heure de la décision.
« S’ils choisissent la route sud, ils pointeront vers le Cap Finisterre et essaieront de gagner au sud avant que le chemin ne se referme », explique Marcel Van Triest. « En effet, il y a un anticyclone qui devient une dorsale. Tant que c’est un anticyclone, il est possible de le contourner – il y a un certain flux autour de lui – alors qu’après, cela devient une zone peu active, avec très peu de vent. La fenêtre se referme et il est donc déjà extrêmement incertain qu’ils puissent réussir à traverser, pour finir ensuite près des côtes marocaines ou des îles Canaries. »
Cette option comporte également une incertitude à plus long terme : « Le danger est que les bateaux qui vont vers le sud devront investir beaucoup pour traverser », ajoute Marcel. « Il y aura un passage avec des airs très légers, sous le vent. Ils devront enchaîner les empannages pour faire route vers le sud jusqu’à toucher les alizés. Une fois installés dans les alizés, il y aura des vents portants, mais légers jusqu’en Martinique, donc cela de donne globalement pas une course très rapide. »
Que réserve le nord ?
L’option nord est une autre paire de manches, avec moins de soleil, une mer plus froide, beaucoup d’eau sur le pont et une navigation plus rude. « Sur cette route, vous devez affronter une série de dépressions, ce qui n’est pas très attrayant, à moins que vous aimiez les punitions », explique Marcel Van Triest. « Vous ferez beaucoup de près, avec pas moins de trois fronts à négocier… Puis, à la fin, il faudra espérer que l’anticyclone localisé sur les Bermudes se déplace et laisse une porte ouverte pour descendre vers la Martinique. »
Nous avons donc demandé à Marcel quel aurait été son choix, entre la souffrance du nord ou la douceur du sud, s’il avait été à bord d’un IMOCA. « Je choisirais le nord », déclare-t-il. « Pour moi, ce n’est pas une bonne option de mettre tous ses jetons sur la table (si tôt) dans la course et d’essayer de percer dans le sud. Vous ne savez pas si vous allez passer et, une fois que vous êtes passé, c’est loin d’être gagné ! En effet, la route Sud sera gagnante uniquement si la route Nord ne fonctionne pas. Psychologiquement, c’est un choix très difficile à faire. »
Pour le météorologue, l’option nord est préférable car elle permettra aux navigateurs de s’adapter plus facilement aux conditions. « Sur l’option nord, vous avez beaucoup plus de contrôle sur votre destin », explique Marcel Van Triest. « Les fichiers disent qu’il va y avoir beaucoup de vent, mais ce n’est pas nécessairement vrai et vous n’êtes pas non plus obligé de prendre la route optimale – vous pouvez placer le curseur là où vous le souhaitez. »
« La route sud est tout à fait envisageable aussi. Elle sera optimale pour les polaires des bateaux (performances optimales globales) et les conditions seront clémentes, plus chaudes et plus agréables pour les marins. Mais, à ce stade, je dirais que le bateau gagnant ira au nord… »
Cependant, Marcel Van Triest souligne qu’il ne s’agit que des premiers stades d’une évolution plus irrégulière qu’à l’accoutumée. « Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que les systèmes météorologiques sont ce que nous appelons progressifs, par opposition à stationnaires », déclare-t-il. « Tout évolue à un rythme soutenu, tous les phénomènes se succèdent très rapidement, de sorte qu’il va se passer plein de choses d’ici la Martinique et qu’il y aura des coups à jouer. Ce n’est pas comme si vous étiez dans une sorte de situation statique dont vous ne pouvez pas sortir. »
Marcel Van Triest indique enfin que les alizés devraient être de force moyenne – 15-20 nœuds – mais aussi de force variable en raison de la mauvaise installation de l’anticyclone au nord. « Tout se déplace très rapidement et, si l’on observe des périodes d’alizés corrects dans un premier temps, le vent redevient ensuite assez faible », résume-t-il.
Les images du départ des IMOCA étaient aussi belles que celles des précédentes classes. Charal a pris très vite le leadership de la flotte. Les options de route vont se dessiner dans les prochaines 24h.
Les IMOCA sont désormais en course sur cette Transat Jacques Vabre qui s’annonce très rapide sur une route directe, très engagée. Un sprint où l’on devrait retrouver en tête les IMOCA de nouvelles générations qui disposent d’un surcroit de vitesse. Sur les 40 IMOCA au départ, 2 ont fait demi-tour. L’IMOCA Macif a passé la ligne avant de revenir au port. Son skipper, Charlie Dalin suite à une commotion cérébrale ne peut pas prendre le départ de la course. Mais pour conserver ses chances de participer au Vendée Globe, il devait franchir la ligne. Benjamin Ferré sur son IMOCA Monnoyeur – Duo for a job victime d’une avarie de voile est rentré au port pour réparer. A noter la pénalité de 5h attribuée à Bureau Vallée et à Pip Hare. Tous les deux ont passé la ligne de départ au mauvais endroit.
Il fallait régler son réveil à 4 heures pour vivre un petit moment d’histoire au Havre ce matin. En 30 ans, la Route du Café a connu tous les arômes mais celui de cette sortie nocturne des bassins avait une saveur bien particulière. 40 IMOCA s’en sont donc allés sur la pointe des pieds pour offrir quelques heures plus tard en baie de Seine un spectacle de toute beauté. Lumière, vent frais, air vif, ça valait le coup d’attendre ! Toutes les conditions étaient réunies pour un direct d’anthologie où les 40 monocoques lancés à pleine vitesse ont encore une fois démontré leur extraordinaire potentiel. A l’heure d’aller faire une petite sieste, c’est Charal qui mène la danse sur la route du Cotentin, avec en ligne de mire le premier front cette nuit et beaucoup d’incertitude à suivre… Dans la trouée des constructions modernes qui encadrent le bassin Paul Vatine, un feu vert traverse la nuit du Havre. C’est la tête de mât d’Initiatives coeur qui vient de s’élancer vers la sortie. En s’approchant sur le quai, je reconnais la longue silhouette de Paul Meilhat qui ordonne à son équipe de larguer les amarres de Biotherm. C’est parti ! Les départs sont cadencés toutes les deux minutes, et les bateaux sortent en quinconce de part et d’autres du bassin. Un bal bien orchestré par Augustin qui donne le go aux équipes d’un côté et Francis Le Goff de l’autre. Capuche vissée sur la tête, le directeur de course opère VHF à la main et ça enchaîne ! Les ordres sont clairs mais sans stress inutile, comme un langage bien compris entre marins qui n’en sont pas à leur première. « Ça ressemble à une opération commando ! » me lance Sophie Faguet, qui retient la garde de Foussier, pendant que Sébastien Marsset met les gaz et décolle son IMOCA du ponton.
Pour gagner quelques heures d’un précieux sommeil, les skippers ont parfois laissé la responsabilité de sortir les bateaux à leur équipe. D’autres voulaient en être. Certains ont même dormi dans le bateau à l’image de Pierre Leroy sur Monnoyeur-Duo for a job. « J’ai pu travailler tranquille hier soir et c’est une bonne façon d’éviter le stress » dit le météorologue navigateur. Violette Dorange (DeVenir) qui s’élance pour sa première transat en IMOCA a elle aussi mieux dormi : « Ça me stressait un peu les 95 bateaux au départ et tout ce monde. Là, on part naviguer, comme on le fait toute l’année en fait, c’est plus facile d’être concentré » dit la benjamine de l’IMOCA, 22 ans seulement. Sébastien Simon aussi est heureux de partir sur cette Route du Café, lui qui n’a pris en main son Groupe Dubreuil qu’en juillet avec « le sentiment d’avoir accompli beaucoup de travail depuis ». Mais le co-équipier d’Iker Martinez ne se fait pas d’illusion sur le menu qui l’attend : « Ça doit être ma quatorze ou quinzième transat, ce n’est jamais pareil de passer un front dès la première nuit ou au bout d’une semaine de course. Bien sûr qu’on y pense. Nous ne sommes pas encore amarinés et il va falloir faire avec …»
A 5h30, le bassin Paul Vatine était vide et les 40 IMOCA avaient retrouvé le large. Il restait plusieurs heures aux skippers pour faire des ronds dans l’eau en baie de Seine avant le départ calé à 9h30. De quoi jeter encore un oeil à cette météo qui ne s’annonce pas simple. Si les premières 24 heures de course sont sans surprise, avec ce front qui cueillera les premiers au petit matin de mercredi en sortie de Manche, la suite s’annonce très incertaine. Sur le papier, la route Nord qui repart à l’assaut d’autres fronts et promet une bonne semaine de près est gagnante face à la route Sud, nettement plus longue. Mais comme le dit très bien le suisse Simon Koster (Hublot), « la question est de juger si c’est possible de l’exécuter aussi bien que le fait l’ordinateur qui est stérile et ne connait pas la mer. Sur cette route, il y a moyen d’attendre longtemps pour mettre quelque chose sur le bout dehors ! » Certains comme Damien Guillou qui accompagne Violette Dorange sur DeVenir plaident pour la route Sud, « la route du soleil, mais aussi celle où nos bateaux à dérive sont agiles dans les petits airs de la dorsale qu’il faudra traverser ». Yann Eliès (Paprec Arkéa) lui, n’y croit pas trop : « On cherche tous des routes Sud pour aller au soleil, mais pour l’instant, elles coûtent trop cher ! ». Après douze heures de louvoyage en Manche et un bon tapage nocturne du côté de Ouessant, les tandems auront pu nourrir leurs ordinateurs de nouveaux fichiers météo pour savoir s’ils plongent franchement vers le cap Finisterre ou s’ils mettent un peu d’ouest dans leur route. Pour Pierre Le Roy, « les choix vont s’imposer assez naturellement. Même s’il y a encore un peu d’incertitude, les modèles vont finir par converger et certaines routes vont se boucher »
A 9h30, ces considérations stratégiques étaient mises de côté. Place au sport, aux manoeuvres et c’est le couteau entre les dents que les IMOCA s’élançaient bâbord amures vers le Cotentin. Sous J3 et un ris, cavalant à 18 noeuds au près, les foilers s’en donnaient à coeur joie sur l’eau vert moutonnante de la baie de Seine. Groupe Dubreuil et Maître Coq pointaient leur étrave en tête sur la ligne, avec les deux camarades d’écurie For People et For the planet dans le bon timing. Mais sous leur vent, Charal passait la surmultipliée démontrant que les nouveaux IMOCA peuvent prendre leur envol même au près.
Seule anicroche de ce splendide départ retransmis en direct, Bureau Vallée confondait le viseur avec la bouée et ne franchissait donc pas la ligne définie par les Instructions de course. Il écope de 5 heures dé pénalité.
Quant à Macif Santé Prévoyance, c’est comme prévu en second rideau pour ne pas gêner ses concurrents que le plan Verdier s’acquittait de ce départ, avant de signaler son abandon. Charlie Dalin qui ne peut disputer la course pour raisons de santé, continue ainsi son processus de qualification pour le prochain Vendée Globe, à défaut de pouvoir défendre ses chances entre Le Havre et Fort de France.
LES DERNIER MOTS DES SKIPPERS CETTE NUIT : Tanguy Le Turquais (Lazare)
« Je viens de me réveiller. J’aime bien ces ambiances, de nuit avec du vent, c’est des moments uniques, on prend conscience qu’on va courir une Route du Café en IMOCA. On mesure tout le chemin accompli, c’est chouette. Notre plan de route n’est absolument pas calé. C’est très clair pour aujourd’hui. La réponse pour après le front on l’aura demain et à la fin de la Transat ! La situation météo est intéressante pour nous car les bateaux de devant peuvent aller dans une option et une autre porte peut s’ouvrir pour les bateaux de derrière comme les nôtres, donc c’est intéressant »
Sébastien Simon (Groupe Dubreuil)
« On est content parce que ce faux départ, ça devenait un peu long ! Et c’est l’aboutissement d’un projet démarré en juillet où beaucoup de travail a été réalisé. Le bateau est prêt avec un objectif simple : aller au bout et engranger des points pour la qualification au Vendée Globe. Il n’y a pas forcément d’objectif ou de pression de résultat mais on va essayer de faire les choses bien. La première nuit va être difficile. Bien sur qu’on pense au front de la première nuit. Ça doit être ma quatorze ou quinzième transat, c’est jamais pareil de passer un front dès la première nuit ou au bout d’une semaine de course, on n’est pas encore amariné et il va falloir faire avec. Mais ça va être super. »
Violette Dorange et Damien Guillou (DeVenir)
Violette : « Ça me stressait un peu les 95 bateaux au départ et tout ce monde. Là, on part pour aller naviguer, comme on le fait toute l’année en fait, c’est plus facile d’être concentré.
Damien : Se lever à 3h30 du matin pour partir en transat, c’est vrai que ce n’est pas courant. C’est pas génial pour les sponsors, mais pour nous, il y a moins de stress, on n’est pas dans le même état d’esprit que le départ initial et ce n’est pas plus mal.
Violette : Les deux premiers jours de course, on va avoir pas mal de vent. On va passer un front froid et un front chaud en même temps et ensuite le vent va faiblir nettement. Le vent est faible toute le reste de la transat. On va plutôt prendre la route du soleil.
Damien : « Nous, je pense que sauf gros changement d’ici 24 heures, notre choix de route est fait. Pour nos bateaux, c’est pas mal, il y aura du vent faible, une dorsale à traverser et pour ça, il faut avoir un bateau agile, ce qui est le cas de DeVenir. Les bateaux de devant vont buter dans la dorsale, ça va revenir par derrière pour les bateaux plus lents et pour faire tout ça, il n’y a pas besoin de grands foils et de grosse puissance »
Pierre Le Roy (Monnoyeur-Duo for a job)
« J’ai dormi dans le bateau pour diminuer le stress et travailler tranquille. C’est l’équipe qui m’a réveillé tout à l’heure, avec beaucoup de marge. Là, c’est plutôt détente, c’est de chouettes moments à partager. Est ce que j’ai la situation bien en tête ? J’ai surtout les questions qu’il faut se poser bien en tête ! Je préfèrerais faire une transat au portant, c’est quand même des allures plus agréables et plus naturelles pour ces bateaux. Ensuite, sur le strict plan de la compétition, il y a quand même de bonnes chances qu’on joue au près longtemps et c’est peut-être pas mal pour nos bateaux par rapport aux foilers contre lesquels on pourra se bagarrer plus longtemps. Ça fait pas plaisir, mais c’est fort possible que ça passe par le Nord. Le front passe assez vite et c’est ce mardi soir, à la sortie des fichiers qu’il faudra se décider. Ils donneront déjà une indication du contournement de la Bretagne, du passage au Nord ou au Sud du DST pour ensuite savoir si derrière le front, on plonge vers le cap Finisterre ou pas. Les choix vont s’imposer assez naturellement. Même s’il ya encore un peu d’incertitude, les fichiers vont finir par converger et certaines routes vont se boucher. Notre humeur à l’arrivée dépendra de la sensation d’avoir donné le maximum ou pas. Si on a fait une bonne trajectoire et utilisé le bateau à sa bonne vitesse, je sais qu’on sera content et bien classé dans les bateaux à dérives. »
Clarisse Crémer (L’Occitane en Provence)
« On est chauds, contents de partir. On attend ça depuis longtemps. On est concentrés sur tous les points clés du départ et des 24 premières heures. Le départ ne va pas être très agréable, parce que cela fait longtemps qu’on n’a pas navigué. Ça risque d’être un peu beurk !… Les débuts de course dans ce genre de conditions, ce n’est jamais funky. Ce n’est pas ça que tu viens chercher particulièrement, mais il faut passer par là pour avoir le droit aux trucs plus sympas qui suivent. La passage du front va dépendre un peu de nos vitesses respectives, et la décision stratégique de l’angle par rapport au vent viendra après. On devrait le toucher au petit matin mercredi, peut-être au niveau d’Ouessant, qui fait partie des écueils sur la route. »
Lois Berrehar (Fortinet-Best Western)
« J’ai hâte de partir, je me sens bien. C’est ma deuxième Route du Café en IMOCA. Les conditions vont être toniques, mais on a eu le temps de s’y préparer pendant dix jours, donc maintenant il faut y aller ! Les 24 premières heures sont claires. Ensuite, il y a cette route Nord qui semble bien ouverte. Elle est belle sur l’ordinateur, mais dans la vraie vie, il faudra voir. Il y a quand même beaucoup de vent et beaucoup de mer. Nos bateaux peuvent faire du près mais préfèrent la glisse ! Hier, la porte du Sud n’était pas grande ouverte et il faudra être rapide si on veut y aller.
Je m’attends à des routes assez divergentes car la situation s’y prête et les bateaux sont très différents les uns des autres. Ça va être intéressant de suivre ça. On prend 18 jours de nourriture, donc c’est large tu vois. Même sil n’y a pas d’alizé, on sera bien ! On espère terminer devant les bateaux de notre génération. Beaucoup de bateaux plus récents sont difficilement prenables, mais si on navigue bien, ç apeut nous amener aux portes du top ten, c’est ce qu’on vise ».
Alan Roura et Simon Koster (Hublot)
Alan : « La nuit n’a pas été longue, mais là, il faut y aller, faut larguer les amarres, ça nous titille depuis de longs jours maintenant.
Simon : « Le départ va être sportif. Il ya du vent, un front à passer à la sortie de la Manche, il va falloir être dessus et pas faire de bêtise car il y aura de la mer et le vent sera instable. Ça c’est le challenge des premières 24/36 heures. Après, le choix de route va s’imposer derrière le front
Alan : « Au milieu du golfe de Gascogne, il va falloir prendre sa décision. Les fichiers évoluent. Hier, on avait jusqu’à Porto pour se décider, là, c’est plutôt la Corogne, peut-être que ce soir, ce sera encore plus tôt ! Deux options s’annoncent très différentes Les conditions ne sont pas simples dans le Nord. Et dans le Sud, c’est plus clément, mais il faut arriver à passer… »
Simon : « Il ne faut pas faire un choix par défaut. La route Nord est clairement la plus rapide aujourd’hui, mais la question est de juger si c’est possible de l’exécuter aussi bien que le fait
Thibaut Vauchel-Camus avec Quentin Vlaminck sur Solidaires en Peloton ont passé le Cap Finisterre ce matin après un début de course dans des conditions toniques et engagées. près le démâtage du Rire Médecin- Lamotte, un problème de flotteur sur Primonial, Koesio est également à la peine.
Bras de liaison endommagés à bord de Koesio. Le duo de Koesio a constaté que les carénages de bras de liaison étaient endommagés et qu’une petite voie d’eau s’était créée. Erwann Leroux et udrey Ogereau ont indiqué leur intention faire escale. Il reste donc 3 bateaux sur les 6 engagés.
Comme pour les Ultim engagés sur la Transat Jacques Vabre, la flotte de la 24e édition de La Boulangère Mini Transat compose avec des alizés quelque-peu instables. De ce fait, les vitesses des solitaires ont un peu chuté et l’avantage reste à ceux qui se trouvent dans l’axe de la dorsale, au plus près de la route directe.
Ces derniers profitent, comme depuis ces dernières 36 heures, d’un angle de progression plus favorable et creusent doucement mais sûrement l’écart sur la concurrence alors que les premières arrivées se précisent. Elles sont en effet attendues dans la journée de vendredi, à Saint-François. Restent que les derniers milles ne s’annoncent pas si simples d’autant que la fatigue accumulée depuis dix jours maintenant commence à peser lourd sur les organismes et sur les machines, en témoignent la multiplication des avaries.
Alors qu’ils étaient franchement solides depuis cinq jours, les alizés sont un peu moins consistants mais surtout assez instables, ce mardi. Résultat des courses, les vitesses des marins de La Boulangère Mini Transat, qui oscillaient entre 9 et 14 nœuds, varient actuellement entre 5 et 10 nœuds. Seuls Federico Waksman (1019 – Repremar – Shipping Agency Uruguay) et Carlos Manera Pascual (1081 – Xucla) continuent de cavaler à plus de 12 nœuds. Positionnés dans l’axe de la dorsale, ces deux-là profitent d’un angle de descente presque idéal. Idem, chez les bateaux de Série, pour Luca Rosetti (998 – Race = Care) qui a nettement recroisé devant Félix Oberlé (1028 – Mingulay) et Hugues de Prémare (1033 – Technip Energies – International Coatings) ce matin, et capitalise à présent une avance sur eux de plus de 30 milles. « Ceux du nord s’en sortent bien. Ils font une route un peu serrée par rapport au vent – ils ne sont pas plein VMG -, ce qui leur permet de lofer un peu et d’être plutôt rapides », détaille Christian Dumard, le consultant météo de l’épreuve dont les derniers routages sont un peu moins optimistes que ceux des jours précédents, et laissent envisager les premières arrivées en Guadeloupe dans l’après-midi, voire dans la soirée du 10 novembre (heure de Paris), plutôt que dans la nuit du 9 au 10. « Dans les prochaines 48 heures, le vent va faiblir autour de 12-13 nœuds puis se réorienter davantage à l’est. Il promet d’être assez variable ce qui ne sera pas si simple à gérer pour les solitaires, mais il est prévu de se renforcer de nouveau aux abords de la Guadeloupe », promet le spécialiste.
La lucidité a un peu de plomb dans l’aile Dans ce contexte, il faudra donc savoir faire preuve de concentration. Reste qu’avec toute la fatigue accumulée depuis le départ de Santa Cruz de La Palma le 28 octobre dernier, le niveau de lucidité des solitaires n’est certainement plus à son maximum. Preuve en est : le nombre de petits pépins techniques rapportés ces dernières 24 heures. Casse de cloche de bout dehors pour Laure Galley (1048 – DMG MORI Sailing Academy 2), casse son vit-de-mulet et de grand-voile pour Josep Costa Fah (431 – Tip Top Too), casse de safran et/ou de bout-dehors pour Gaby Bucau (865 – Maximum), Victor Mathieu (967 –Celeris Informatique), Uros Kruševac (Ashika II), Arnaud Rambaud (850 – Permis de Construire – ACIEO) ou encore Xavier Condroyer (848 – Elypso – Nitby 848), pour ne citer que ces exemples. Comment expliquer toutes ces avaries, en particulier celles de safrans qui sont plutôt nombreuses ? « Si elles ne sont en lien avec un choc avec un OFNI (objet flottant non-identifié) elles le sont très probablement avec les moyennes hallucinantes que certains ont tenus ces derniers jours. Le niveau d’exigence et d’engagement de cette édition 2023 est, il faut le dire, assez incroyable. De plus, il apparait clair que les alizés ont en réalité été plus forts que sur les fichiers. Ils ont manifestement été assez costauds et c’est pourquoi on a vu des records tomber », note François Jambou, le vainqueur de l’épreuve en prototype en 2019 qui s’étonne néanmoins du nombre d’appendices endommagés.
Réussir à se montrer solide mentalement jusqu’à la fin « En Proto, les safrans sont relevables, ce qui permet normalement de diviser par deux le risque de casse. Cela étant dit, lorsque que ceux-ci remontent, cela peut rapidement engendrer d’autres casses. Au portant, lorsque le bateau part à l’abatée ou au lof, ça peut clairement vite devenir un peu dangereux. Ce que l’on peut dire aujourd’hui, c’est qu’il y aura des enseignements à tirer de tout ça à l’arrivée », note le navigateur. Ce qu’il pense du match qui se joue actuellement sur l’eau ? « On a cru à l’option nord, puis à l’option sud or ce sont finalement les vitesses et les angles de descente qui font la différence sur cette deuxième étape, plus que les stratégies », relate l’ancien Ministe qui confirme qu’à ce stade de la course, les bonshommes commencent à puiser franchement dans leurs réserves. « Dans cette course de vitesse, ce sont les plus solides mentalement et physiquement qui vont finalement faire la différence. Il va être intéressant de voir comment ça se termine. L’atterrissage sur Saint-François est, entre guillemets, plus simple que celui sur Santa Cruz de La Palma, car il n’y a pas de gros dévents, mais tant que la ligne n’est pas franchie, on sait bien que tout peut arriver », termine François Jambou.
François Gabart et Tom Laperche ont le sourire. Les conditions de navigation sont fantastiques et propices au vol à bord du trimaran SVR-Lazartigue. Ils grappillent des milles sur Banque Populaire IX depuis hier dans un vent assez irrégulier.
Il n’y a plus désormais que 37 mn d’écart entre le trimaran SVR-Lazartigue et le leader Banque Populaire. En 24 heures, Banque Populaire a perdu une bonne partie de son avance de 102 mn qu’il avait au passage de la marque de San Pedro. Troisième à 67 mn, le Maxi Edmond de Rothschild semble à la peine dans ces conditions. Il reste encore 450 mn avant de contourner l’île d’ascension dans des conditions météos qui risquent d’être les mêmes. Le long sprint final s’annonce intense.
Thomas Coville :
THOMAS COVILLE (SODEBO ULTIM 3) – ULTIM
“On est en vol à 27 noeuds, sur une mer d’alizé pas trop formée, en tribord. Il n’y a pas beaucoup d’endroits dans le monde où c’est aussi génial de naviguer, peut-être parce qu’il n’y a pas grand monde. C’est vraiment super.
On a repris de la vitesse, la dépression se situe dans le sud et perturbe l’alizé. Quand on repart un peu dans le nord on retrouve un peu de vent et de l’angle.
Hier on a mis la tête dans le saut (voir vidéo) aussi pour montrer qu’on continue à avoir une hygiène, pour ne pas avoir de petits bobos… On peut aussi se poser des questions comme “tu as pris t’es vitamines ?”, comme un vieux couple !”