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Un vent plus variable que les classements

SOF 09
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Nicolas Charbonnier et Baptiste Meyer, vainqueurs de la première manche du jour, l’ont vécu à leur dépends dans la seconde : « Dans le premier bord – raconte Nicolas – le vent a basculé de 35°, les bords de largue se sont terminés vent arrière. A la première bouée, nous sommes passés 30ème ! ». Au final, les tricolores terminent 20ème.Même sort, mais en sens inverse, pour les jeunes Simon Moriceau et Nicolas Andrieu, 19èmes de la première manche et vainqueurs de la seconde.
Mais au final, les leaders des différents classements généraux ont eu la particularité, soit de se partager les deux premières places des manches disputées, soit même, pour trois d’entre eux, de réaliser un sans-faute ! Une remarquable stabilité si l’on tient compte des errements du vent. C’est le cas, toujours en 470 des suisses Matias Buhler et Félix Steiger, leaders ce soir, qui ont bouclé les deux manches à la 2ème et 1ère places ! Chez les filles, les danoises Henriette Koch et Lene Sommer ont fait aussi bien, Ingrid Petitjean et Nadège Douroux, régulières avec deux 12ème places, se situant ce soir à la 8ème au général. En Finn, le slovène Gasper Vince et le croate Ivac Kljakovic n’ont pas fait de jaloux en se partageant les deux premières places des deux manches du jour ce qui les positionne à égalité parfaite ce soir  au général avec un bon paquet de points d’avance. Thomas Lebreton émarge à une prometteuse 8ème place.
Terminer 2ème et 1er lors d’une première journée, c’est évidemment bien. Faire un sans faute, c’est encore mieux. C’est ce que les champions du monde 2007 de 49er, les britanniques Stevie Morrison et Ben Rhodes ont réalisé ! Mais dans cette série, les Français n’ont pas manqué non plus leur première journée. Morgan Lagravière et Yann Rocherieux et les jeunes Axel Silvy et Ulysse Hoffmann font jeu égal : 2ème et 5ème dans leurs groupes respectifs, ils sont 3ème ex-aequo ce soir.
Même performance de l’israélienne Maayan Davidovitch en RS :X qui a remporté ses deux manches, Pauline Perrin pointant à la 8ème place. Chez les hommes, Julien Bontemps a terminé 2ème de l’unique manche du jour. Le petit temps a imposé des conditions très physiques en planche ou le « pumping » a été la vedette du jour et a brouillé les cartes puisque chez les hommes un seul groupe a pu disputer deux manches. Seule une a cependant été comptabilisée pour le classement général, la journée de demain devrait donc permettre d’y voir plus clair. Même à six équipages, les Star se sont livrés des régates acharnées : Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot sont 3ème d’une série qui a vu Britanniques et Grecs se partager les victoires.
Enfin, le hollandais Thierry Schmitter a réalisé le troisième sans faute de la journée en gagnant ses deux manches à chaque fois devant la britannique Helena Lucas. Damien Séguin est 6ème.  
     
Ceux que l’on attend à la SOF

Les années post-olympiques présentent des particularités communes : bon nombre des ténors de l’olympiade précédente en profitent pour mettre une parenthèse, voir une fin, à leur carrière olympique, d’autres, souvent plus jeunes, la débutent, des équipages se modifient, des régatiers changent de série. On peut parler d’année de transition. La cuvée 2009 de la SOF n’échappe pas à cette règle : dans un sport d’expérience comme la voile, la liste des inscrits révèle une proportion inhabituellement importante de jeunes puisque près d’un quart (143) a moins de 20 ans (la palme de la jeunesse revient à la française Sandie Fauthoux en Laser Radial qui est âgée de 15 ans) contre 13% (83) qui ont plus de 30 ans (dont 18 dans les seules séries du Star et du 2.4 handisport où l’on trouve le régatier le plus âgé de la flotte avec Hervé Tourneux et ses 63 printemps).
Ce renouvèlement important se lit également sur la liste des inscrits : on y remarque une proportion forte de noms inconnus ou presque, nombre de pays en profitant pour aguerrir de jeunes pousses en attendant le retour aux affaires des plus aguerris.
Ce phénomène réduit les favoris potentiels de la SOF même s’il faut, dans chacune des séries, s’attendre à voir justement l’un de ces nouveaux noms bouleverser la donne. Car l’intérêt des ces nouvelles cuvées olympique est justement de voir émerger les champions de demain. Ceux qui du statut d’inconnu passeront rapidement à celui d’outsider voir de vainqueurs potentiels. En attendant, voila le jeu des pronostics pour cette SOF 2009.

En Laser, série la plus nombreuse avec 138 inscrits, on attend évidemment beaucoup du champion olympique, le britannique Paul Goodison. L’australien Tom Slingsby, vainqueur de la SOF en 2005 et 2006 et ancien champion du monde, pourrait lui donner du fil à retordre. A surveiller également l’argentin Julio Alsogaray, l’actuel leader de l’ISAF World sailing Cup, le  croate Daniel Mihelic, le britannique Nick Tompson et le Néo-Zélandais Michael Bullot qui le suivent sur le podium provisoire et enfin l’italien Diego Romero et le chilien Matias del Solar. Pas moins de 15 français concourent dans cette série. Si Jean-Baptiste Bernaz (COYCH), 8ème aux JO, a du déclarer forfait, l’équipe de France est représenté par Félix Pruvot (CNF Cornouaille – Equipe de France Militaire). On surveillera les trois membres du tout nouveau collectif France-espoirs que sont Rodrigue Cabaz (SNO Nantes), Mickael Bordes (SR Calédonienne) et Jean-Baptiste Gellée (CN Plérin), meilleur français à Palma.

En Laser radial (50 inscrits), la championne olympique 2008 Anna Tunnicliffe fait figure de grande favorite. Elle est d’ailleurs en tête de l’ISAF World Sailing Cup devant la croate Tina Mihelic, également présente. L’espagnole Susana Romero et la belge Evi Van Acker sont attendues aux avant-postes et on suivra le retour dans la série de l’autre belge Carolijn Brouwer spécialiste de l’Europe (série olympique solitaire féminine avant le Radial, ndr) et sélectionnée pour son pays en Tornado aux JO 2008 avec Sébastien Godefroid.  L’absence pour cause de préparation aux concours (IUFM et Capes) de Sarah Steyaert et Sophie de Turckheim prive la France de tout espoir de podium dans cette série.

Ce qui n’est pas le cas des 470 hommes (70 inscrits) où le duo Nicolas Charbonnier (YC Antibes)/Baptiste Meyer (CN Nice) émarge parmi les favoris après sa victoire à la Semaine de Palma début avril. Pierre Leboucher (ASPTT Nantes) et Vincent Garos (SNO Nantes), vainqueurs à Hyères en 2007, en font également partie ainsi que les frères Coster, 4ème aux JO 2008 pour la Hollande et 1er de la ranking list Isaf, des britanniques Nic Asher et Elliot Willis et des israéliens Gideon Kliger et Udi Gal. L’actuel podium de l’ISAF sailing World  – les américains Stuart Mc Nay et Graham Biehl y devancent les espagnols Onan Barreiros/Aaron Sarmiento et les autrichiens Mattias Schmid et Florian Reichstädter – est également à surveiller. On en fera de même, côté français, avec les trois équipages du collectif France- Espoirs : Sofian Bouvet (YC Antibes)/Jérémie Mion (Cergy Voile 95), Alexandre Rossignol (ASPTT la Rochelle) / David Boudgourd (SR Rochelaises) et Béranger Balzeau (SRR)/Mathieu Fountaine (SRR).

Chez les filles (33 inscrits), on attend aussi beaucoup des tricolores avec le duo Ingrid Petitjean / Nadège Douroux (SN Marseille), 3ème à Palma pour leur grand retour en compétition et Camille Lecointre (SR Brest)/Mathilde Géron (CN Plérin).On suivra des équipages venues du Yngling comme les russes Natalia Ivanova et Elena Khryukina et les hollandaises Mandy Mulder et Merel Witteveen, les britanniques Penny et Saskia Clark, vainqueurs à Palma et le trio qui mène actuellement l’ISAF World Sailing Cup : les danoises Henriette Koch/Lene Sommerr, les autrichiennes Sylvia Vogl/Carolina Flatscher et les finlandaises Hanna Saari/Mikaela Wulff.

Sur les 45 Finnistes engagés, on compte beaucoup de juniors des pays de l’Est. Mais aussi des Laséristes confirmés qui changent de série dont l’on suivra attentivement la progression comme l’estonien Deniss Karpak ou le français Thomas Lebreton (SR Brest – Equipe de France Militaire). Les britanniques Giles Scott, vainqueur de la Semaine de Palma, et Edward Wright, premier à la Semaine de Miami, leader du classement provisoire de l’ISAF World Sailing Cup et 2ème de la SOF 2008, le vice-champion du monde 2007, le hollandais Pieter Jan Postma et le slovène Gasper Vince, N°1 de la ranking list Isaf, sont les favoris à Hyères. On observera également le parcours de Jonathan Lobert (SNO Nantes) auteur d’une fin d’olympiade prometteuse en 2007 et 2008.

Malgré plusieurs absents de renom, la série des 49er (35 inscrits) reste relevée. Paul Campbell-JA et Mark Asquith, leaders de l’ISAF World Sailing Cup, John Pink et Rick Peacock, qui les suivent à ce classement, les champions du monde 2007 Stevie Morrison et Ben Rhodes et Chris Draper/Peter Greenhalgh, perpétuent l’école britannique du 49er. Simon Jensen et Jonathan Bay escomptent, eux, suivre l’exemple de leurs compatriotes danois Warrer/Kirkterp Ibsen, champions olympiques 2008. On n’oubliera évidemment pas les expérimentés italiens Pietro et Gianfranco Sibello et les autrichiens Nico Luca Delle Karth et Nikolaus Resch, 3ème de la Coupe du monde et lauréats de la Semaine de Miami. Après leur « chassé croisé » post-JO, nos deux équipages tricolores Emmanuel Dyen (CNV Aix Les Bains)/Stéphane Christidis (EV Cagnes sur Mer) et Morgan Lagravière (YC pointe Rouge)/Yann Rocherieux (CN de Sciez) comptent bien poursuivre leur adaptation sans pour autant omettre de briller à Hyères. Membres du collectif France-Espoirs, les méditerranéens Axel Silvy (La Pelle Marseille)/Ulysse Hoffman (YC Mauguio Carnon), 11ème et premiers français à la Semaine de Palma et Julien D’Ortoli/Noé Delpech ( YC Pointe Rouge) espèrent tirer leur épingle du jeu dans leurs eaux.

Notre médaillé d’argent des JO et 2ème de la SOF 2008, Julien Bontemps (ASPTT Nantes), sera l’un des grands favoris en RS :X. Mais parmi les 84 inscrits, il y a suffisamment de planchistes de haut rang pour laisser les pronostics très ouverts. On citera l’espagnol Ivan Pastor, le britannique Nick Dempsey (médaillé d’argent aux JO 2004), le polonais Przemyslaw Miarczynski (3ème à Hyères en 2008), l’israélien Shahar Zubari (médaillé de bronze aux JO 2008), le portugais Joao Rodrigues et l’américain Ben Barger. Julien devra aussi se méfier de ses compatriotes : ses deux équipiers de l’équipe de France, Nicolas le Gal ( BN Ile Grande) et Samuel Launay (A Calédonienne PAV), le charentais Alexandre Guyader (CN Angoulins) qui, revenant à la planche après une olympiade en Tornado a réalisé une belle performance pour sa première compétition en RS :X à Palma (8ème et 1er français), le marseillais Fabrice Hassen et les trois membres du collectif France-Espoirs Benjamin Tillier (SR Calédonnienne), Antoine Cordonnier (Asptt Nantes) et Quentin Henry (CN Rennes).

Chez les filles (33 inscrits), Charline Picon blessée, c’est Pauline Perrin (CV Mayenne) qui représentera à elle seule l’équipe de France. Elle aura fort à faire avec les espagnoles Blanca Manchon et Marina Alabau, qui, dans cet ordre, ont décroché les deux premières places à Palma et détiennent les mêmes positions au classement de l’Isaf sailing World Cup, la britannique Bryony Shaw (3ème aux JO 2008), l’allemande Amelia Lux, la polonaise Kamila Tomkeiwicz et l’italienne Laura Linares dont la rumeur fait rien de moins que l’héritière de LA Sensini ! A suivre : Marine Rambaud (CN F Cornouaille) et Eugénie Ricard (YC Mauguio Carnon) respectivement 6ème et 8ème à Palma et membres du collectif France-Espoirs.

Pour leur retour à la SOF, les Stars n’ont pas fait le plein (6 inscrits finalement) mais notre champion du monde Xavier Rohart (YC La Pelle) désormais associé à Pierre-Alexis Ponsot (SNO Nantes) va mettre du cœur à l’ouvrage pour tenir son rang non loin de chez lui et parfaire son entente avec son équipier. Venus du Finn, comme Xavier et Pierre-Alexis, les grecs Aimilios Papathaniou et Akis Karnoutsos et les australiens Paul Mc Kenzie et Philippe Toth peuvent également espérer le podium ainsi que les britanniques John Gimson et Ed Greig.

Enfin en 2.4 Handisport le niveau est très relevé avec le champion Paralympique 2008, le canadien Paul Tingley, notre doublé médaillé (or à Athènes et argent à Pékin), Damien Séguin (SNO Nantes) et le hollandais Thierry Schmitter (3ème de la SOF 2008 et des Jeux Paralympiques 2004).

Extrait des classements :

470 Hommes (2 manches) :
1: Matias Buhler / Felix Steiger  (Suisse) 3 points  (Détail courses : 2,1,)
2: Harada Ryunosuke / Yoshida Yugo  (Japon) 9 points  (Détail courses : 6,3,)
3: Gabrio Zandona / Edoardo Mancinelli  (Italie) 9 points  (Détail courses : 4,5,)
13: Loic le Bacquer / Tristan le Brun  (YC Toulon / VGA St Maur Voile) 19 points  (Détail courses : 13,6,)
17: Nicolas Charbonnier / Baptiste Meyer Dieu  (YC Antibes / CN Nice) 21 points  (Détail courses : 1,20,)

470 Femmes (2 manches) :
1: Henriette Koch / Lene Sommer  (Danemark) 3 points  (Détail courses : 1,2,)
2: Gil Cohen / Dana Mamriev  (Israel) 10 points  (Détail courses : 7,3,)
3: Sylvia Vogl / Carolina Flatscher  (Autriche) 10 points  (Détail courses : 4,6,)
8: Ingrid Petitjean / Nadège Douroux  (SN Marseille / SN Marseille) 24 points  (Détail courses : 12,12,)

RS :X Femmes (1 manche)
1: Maayan Davidovich (Israel) 1 points
2: Blanca Manchon (Espagne) 2 points
3: Hei Man Chan (Hong-Kong) 3 points
8: Pauline Perrin (CV Mayenne) 8 points

RS :X Hommes (1 manche)
1: Liwei Wu (Chine) 1 points
1: Piotr Myszka (Pologne) 1 points
3: Julien Bontemps (ASPTT Nantes) 2 points

Star ( 2 manches)
1: John Gimson / Ed Greig  (Grande-Bretagne) 4 points  (Détail courses : 1,3,)
2: Aimilios Papathanasi / Akis Karnoutsos  (Grece) 6 points  (Détail courses : 5,1,)
3: Xavier Rohart / Pierre Alex Ponsot  (YC La Pelle / SNO Nantes) 6 points  (Détail courses : 2,4,)

49er (2 manches)
1: Stevie Morrison / Ben Rhodes  (Great Britain) 2 points  (Détail courses : 1,1,)
2: Lennart Briesenick- / Morten Massmann  (Germany) 6 points  (Détail courses : 3,3,)
3: Morgan Lagraviere / Yann Rocherieux  (Y C de la Pointe Rouge) 7 points  (Détail courses : 2,5,)
3: Axel Silvy / Ulysse Hoffmann  (Club Nautique la Pelle) 7 points  (Détail courses : 2,5,)

2.4mr (1 manche)
1: Thierry Schmitter (Hollande) 1 points
2: Helena Lucas (Grande-Bretagne) 2 points
3: Andre Rademaker (Hollande) 3 points
8: Damien Seguin (SNO Nantes) 6 points

Finn (1 manche)
1: Gasper Vincec (Slovenie) 3 points  (Détail courses : 2,1,)
2: Ivan Kljakovic G (Croatie) 3 points  (Détail courses : 1,2,)
3: Edward Wright (Grande-Bretagne) 11 points  (Détail courses : 8,3,)
8: Thomas le Breton (SR Brest – Equipe de France Militaire ) 25 points  (Détail courses : 14,11,)

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Dernière ligne droite

chabagny 09
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Dans 1 000 milles, les solitaires de la Transat BPE 2009 verront donc le rideau tomber sur une course dont ils se souviendront longtemps, un de ces morceaux de bravoure qui alimentera les discussions des soirées d’hiver à Port La Forêt comme ailleurs. Toujours poussés par l’alizé, les treize figaristes encore en course devraient donc d’ici cinq jours voir la première terre depuis Madère, retrouver leurs proches et être happés par les festivités antillaises. Avec une moyenne de 200 milles par jour, ils s’attendent à voir maintenant défiler le temps et la virtualité de l’arrivée devenir réalité. Mais le lancement de ce compte à rebours avant le ti-punch marque aussi le coup de canon du sprint avant les dernières audaces et inspirations stratégiques. Se maintenir en position de leader, jeter ses dernières armes dans la bagarre, tenter le tout pour le tout ou encore apporter une belle conclusion à cette transatlantique quelle que soit la place à l’arrivée… A chacun ses objectifs, à chacun ses choix. Pas de question à se poser pour Gildas Morvan dont on sait qu’il ne concèdera pas l’ombre d’un demi mille à la concurrence. Mais saura-t-il tenir tête à un Nicolas Troussel au sujet duquel on a imaginé, l’espace d’un instant, qu’il ne soutiendrait peut-être pas la comparaison vis-à-vis des sudistes, avant de se raviser devant une telle science du placement ? Et que dire d’un Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles), revenu ce matin sur un podium dont les places seront définitivement disputées jusqu’au bout ? Positionné le plus au Nord, il est celui qui se rapproche le plus de la route directe et donc qui gagne au maximum vers l’arrivée. Mais la bascule du vent au nord-est attendue avant la fin de la journée, lui permettra-t-elle de poursuivre sur sa lancée ou viendra-t-elle contrecarrer les plans du skipper de Névez ? Déjà ,au sud, on s’imagine avantagé et on se tient prêt pour ce qui peut être considéré comme le dernier rendez-vous avec l’opportunité de remporter la timbale. Erwan Tabarly (Athema) et François Gabart (Espoir Région Bretagne) sont à l’affût.  Relevé ce matin à sensiblement la même distance du leader que Thierry Chabagny, Gérald Veniard (Macif), fait lui aussi partie de ceux qui envisagent ces cinq derniers jours de course comme sans doute les plus importants de leur carrière de marin.
 
A ce stade du jeu, il est aisé de se rendre compte à quel point 1 000 milles peuvent sembler longs et courts à la fois… Aux observateurs terriens, il tarde de voir le suspense levé et le nom du grand vainqueur dévoilé. Aux solitaires, les cinq jours et cinq nuits à jouer doivent sembler, pour certains, bien peu pour pouvoir se refaire. Nous n’apprécions ainsi pas tous le temps qui passe à la même valeur…
 
Ils ont dit…
 
Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) – 3ème au classement de 5h
 
« Ca va, j’ai du vent d’Est Sud-Est ce qui me permet de rester bien proche de la route, c’est une bonne chose. Hier j’ai fait une grosse journée avec du vent fort à 110°, 115° voir 120°. Ce n’est jamais désagréable de revenir dans le classement, surtout à une semaine de l’arrivée, ça motive, car si ça avait toujours été dans le sens des sudistes ça aurait été vraiment agaçant.
Il ne reste plus que 1000 milles, ils vont être très importants. Ca risque de défiler assez vite, c’est un nouveau cap, on commence à matérialiser l’arrivée. On se rend compte que finalement, ça va se terminer un jour ! Toutes les bonnes choses ont une fin, et je suis content d’arriver car au bout de deux  semaines, seul sur un Figaro, tu es content de savoir qu’il ne reste plus qu’une semaine… On a encore pas mal de bords à tirer avant d’arriver, mais oui je commence à regarder la carte. L’atterrissage va être facile, c’est une petite île, ce n’est pas compliqué. Je commence à regarder les plages aussi, savoir laquelle sera la plus adéquate pour sortir mon kite ! Les choses essentielles finalement ! Niveau sommeil ça ne se passe pas trop mal, on a de la chance car c’est souvent la journée que le vent bouge beaucoup. La nuit, les conditions sont plus médiums, c’est l’idéal pour dormir. Je suis excité à l’idée de me rapprocher du but, et en plus je ne connais pas Marie-Galante.»
 
François Gabart (Espoir Région Bretagne) – 6ème au classement de 5h
 
« Ca va super. Je suis un peu vert de m’être fait coller comme ça. Je pense que c’est juste parce que j’ai eu moins vent depuis samedi soir, comme Erwan (Tabarly). Hier après-midi je suis tombé dans une molle au moins pendant trois heures, je ne sais même pas expliquer le pourquoi du comment. Je suis rentré dans cette zone après le dernier classement. Mais je reste d’attaque, il reste encore du chemin, un empannage à gérer à la fin de la journée. Il va être très important donc il peut se passer  encore pas mal de choses. Après ce sera à nouveau la ligne droite. »

1- Morvan Gildas à 1026 milles de l’arrivée
2- Troussel Nicolas à 19,9 milles du leader
3- Chabagny Thierry à 43,3 milles du leader
4- Véniard Gérald à 43,8 milles du leader
5- Tabarly Erwan 43,8 milles du leader
6- Gabart François 78,9 milles du leader
7- Joschke Isabelle 135,4 milles du leader
8-  Le Gal Franck 149,6 milles du leader
9-  Tripon Armel 163,4 milles du leader
10- Hardy Adrien 227,9 milles du leader

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Où s’arrêtera Claire Leroy?

Claire Leroy
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Claire et son équipage (Elodie Bertrand, Marie Riou,Claire Pruvost, Elodie Fauve) défendront leur titre au prochain championnat du monde de la spécialité fin juillet en Suède. Ensuite, il sera temps de se tourner vers de plus petits bateaux si la barreuse intègre l’équipe de France de Voile Olympique.
Mais Calpé a également souri à la jeune briochine Julie Brossard qui prend la 3ème place de l’épreuve. Venue ici pour apprendre, cette jeune femme de 23 ans et son équipage (Sophie d’Ortoli à la tactique, Nolwenn Combeaux à l’embraque, Pauline Chalaux au spi et Elodie Creac’h en N°1, toutes licenciées au Club Municipal de St Brieuc) ont éliminé sans coup férir l’allemande Silke Hahlrock, tenante du titre et 3ème à la ranking list, en quart de finale avant de céder de peu en demi-finale devant l’australienne Cathy Spithill. Décidément chez les femmes comme chez les hommes, le match racing français n’en finit pas de glaner des lauriers !     

Les ranking lists match race sont consultables sur www.sailing.org

Interview de Claire Leroy : "On ne se lasse jamais des victoires. En plus ici c’est un peu une régate symbolique car c’est à Calpé qu’il y a quatre ans nous avons pris la tête de la ranking list Isaf pour ne plus
la quitter ! Il y avait du beau monde, nous avons eu de la brise ce qui nous a permis de vraiment bien marcher. On a navigué un  peu sur un nuage : tout nous réussissait. Le fait que le match race devienne une discipline olympique n’a pas modifié notre programme pour le moment. Nous avions décidé de privilégier le mondial fin juillet ce qui nécessitait que l’on navigue sur des gros bateaux. A partir d’août, on
va se tourner vers des plus petits (l’Elliott, support choisi pour cette série aux JO ne mesure que 6 mètres, ndr) afin d’être prêtes pour la Sail for Gold à Weymouth (sur le site des JO, ndr) en septembre si nous sommes sélectionnées. Mais pour le moment, nous ne nous prenons "pas la tête", on se dit que faire le circuit match race, c’est la meilleure façon de se préparer. Après tout, quelque soit le support, le match race reste du match race ».


Interview de Julie Brossard : « Nous étions venues sur cette régate avant tout pour apprendre, c’était notre première à ce niveau. Nous voulions atteindre les quarts de finales, donc finir en demi c’est vraiment bien. Et nous avons perdu de peu face à l’Australienne en  gagnant la première manche et en ne perdant la seconde que d’une longueur ! Ensuite, la brise a baissé et n’a pu nous permettre de jouer notre chance jusqu’au bout. Je viens du dériveur  (Optimist, 470 puis Europe). J’ai été la tacticienne de Claire Leroy et depuis deux ans, je navigue avec mon équipage. En disputant le Tour de France à la Voile l’an dernier sur Côte d’Armor, j’ai commencé à m’habituer à de plus gros bateaux. C’est Laurent Brégeon qui s’occupe de ce projet et c’est encore lui qui nous entraîne aujourd’hui ».

   

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Morvan creuse son avance

Gildas Morvan - Cercle Vert
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Sur la route du paradis, ils sont encore six prétendants à espérer parvenir au saint des saints. Du leader au sixième François Gabart (Espoir Région Bretagne) il n’y a que soixante-cinq milles de route, soit à peine plus de six heures de décalage, aux vitesses actuelles. Et la procession, loin d’être ordonnée comme une belle file indienne, laisse apparaître un léger désordre. Si tout le monde converge au final vers la même destination, les chemins pour y parvenir ne sont pas aussi linéaires qu’ils veulent bien paraître. Comme si chacun jouait du franc-bord pour accéder aux places d’honneur. Au petit matin, les hommes du sud tenaient encore la corde quand au classement de l’après-midi, Nicolas Troussel (Financo), Gérald Veniard (Macif) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) semblaient avoir repris quelques couleurs. Tout le monde veut être en première ligne pour tenir les cordons du poêle. Comme les positions des uns et des autres varient au gré des classements et des bascules de vent, les humeurs des navigateurs s’en ressentent. Si certains reconnaissent se faire parfois envahir par la pression de la compétition, d’autres y trouvent au contraire des motifs de se réjouir : Gildas Morvan en premier lieu, qui semble se fondre à merveille dans le costume de maître de cérémonie, mais aussi un Erwan Tabarly (Athema) qui avouait s’amuser comme un fou et ne masquait pas son plaisir d’être en mer. Plus au nord, Gérald Veniard ne disait pas autre chose, qui s’émerveillait de pouvoir toujours être dans la bagarre et viser une place sur le podium.

La longue route
Bien évidemment, pour ceux qui se trouvent décrochés au classement général, la route, sans prendre des allures de chemin de croix, commence à sembler parfois longuette. Tous sont des compétiteurs et il est forcément déplaisant de se trouver condamné à figurer dans les rangs du fond, quand on est venu avec des ambitions tout aussi légitimes que les hommes de tête. Un souci technique, une option mal négociée, ce sont au final des points de détails qui marquent la différence après quatorze jours de course. Rapporté au nombre d’heures de navigation enquillées depuis le départ, le débours est, somme toute, faible. Les dix premiers peuvent encore débouler sur la ligne d’arrivée en moins de vingt-quatre heures… Mais, compte tenu du niveau de la flotte, d’Isabelle Joschke (Synergie) à Adrien Hardy (Agir Recouvrement) en passant par Armel Tripon (Gedimat) et Franck Le Gal (Lenze), tous savent bien que prétendre aujourd’hui à la victoire aurait un caractère quasiment sacrilège. Pour tous, il s’agit de se rabattre sur des objectifs intermédiaires, de trouver de nouvelles sources de motivation… C’est, pour Armel Tripon, la bagarre quasiment bord à bord avec son copain Franck Le Gal : avoir un lièvre qu’on connaît bien est une bonne manière de se garantir une vitesse performante. Adrien Hardy puise dans les ressorts de la rédemption sa motivation nouvelle : même si sa stratégie ne s’est pas révélée gagnante, le jeune navigateur entend bien démontrer qu’il n’a rien perdu de son mordant et qu’il faudra compter avec lui sur les courses à venir. Louis-Maurice Tannyères (Nanni Diesel) ne fait pas autre chose quand il surveille avec attention chacun des classements qui tombent. Son challenge serait de pouvoir coiffer sur le fil, Yannig Livory (CINT 56) ou mieux encore Victor Jean-Noël (Pays de Marie-Galante). L’ancien entrepreneur varois est d’autant plus motivé qu’au bout du compte, il n’apprécie finalement que modérément le caractère contemplatif de la navigation en solitaire. A défaut de pouvoir tutoyer les anges, la comparaison méticuleuse des milles engrangés par chacun est peut-être une autre manière d’élever son âme…

Classement de dimanche 19 avril à 17h30 :
1 – CERCLE VERT / Gildas Morvan à 1115 milles de l’arrivée
2 – FINANCO / Nicolas Troussel, à 29.7 milles du leader
3 – ATHEMA / Erwan Tabarly, à 35.2 milles du leader
4 – MACIF / Gérald Véniard, à 50.7 milles du leader
5 – SUZUKI Automobiles / Thierry Chabagny à 51.9 milles du leader
6 – ESPOIR REGION BRETAGNE / François Gabart à 70.1 milles du leader
7 – SYNERGIE / Isabelle Joschke, à 135.3 milles du leader
8 – LENZE / Franck Le Gal, à 150.2 milles du leader
9 – GEDIMAT / Armel Tripon, à 158.5 milles du leader
10 – AGIR Recouvrement / Adrien Hardy, à 227.0 milles du leader

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Telefonica Blue toujours en tête

Rio Telephonica Blue 09
DR

Après 8 jours de mer, la charge est toujours menée par le concurrent espagnol, Telefonica Blue, l’équipage inspiré de cette 6èmeétape, qui continue à tenir la dragée haute à ses adversaires, après leur avoir volé la vedette au point de passage des Iles Fernando de Noronha dans la nuit de jeudi à vendredi.

Distancé d’une centaine de mille, le peloton, extrêmement compact, ne ménage pourtant pas ses efforts pour tenter de revenir sur Bekking et ses hommes. Mais le danger n’est pas encore immédiat car la flotte progresse actuellement, vent de travers, dans des alizés de nord-est bien établis, à des vitesses relativement uniformes, entre 19 et 22 nœuds.

Les choses pourraient pourtant évoluer dans les prochains jours, car Telefonica Blue va rencontrer sur sa route des vents moins soutenus alors que les autres concurrents continueront à progresser dans une belle brise.

L’effet d’accordéon pourrait cependant ne pas être suffisant pour vraiment menacer le concurrent espagnol qui redécollera sans doute avant d’être rattrapé par la meute.

Depuis le passage de l’archipel de Fernando de Noronha, à la pointe nord-est du Brésil, tous les équipages ont choisi de naviguer largement sous la route orthodromique qui mène à Boston. Un cap nord-ouest qui devrait les conduire à passer au large des premières îles Caraïbes dans moins de 48h.

Cette trajectoire n’offre pas beaucoup d’opportunité de faire un coup d’éclat, comme celui d’Ericsson 3 lors de la précédente étape entre la Chine et le Brésil. Il est donc fort probable que les prochains 1 500 milles se résument à une course de vitesse pure, avec pour seul juge de paix, un potentiellement dangereux effet d’accordéon.

Ce dimanche 19 avril – Positions à 08h 30(heure française)
1- Telefonica Blue à  2 564 milles de l’arrivée
2 – Ericsson 3 à 105 milles
3 – Ericsson 4 à 110 milles
4 – Puma à 112 milles
5 – Telefonica Black à 127 milles
6 – Delta Lloyd à 149 milles
7 – Green Dragon à 149 milles

Classement général Provisoire après 9 manches (sur 17)
1- Ericsson 4 – 69,5 points (après Fernando)
2- Puma – 59 points (après Fernando)
3- Telefonica Blue – 58,5 points (après Fernando)
4- Ericsson 3 – 46 points (après Fernando)
5- Green Dragon – 42 points (après Fernando)
6- Telefonica Black –25 points (après Fernando)
7- Delta Lloyd – 18 points (après Fernando)
8- Team Russia –10,5 points

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IMOCA : des mesures qui vont dans le bon sens

Depart Vendee Globe 2008
DR

Dominique Wavre, Président de la Classe précise: "les résolutions adoptées aujourd’hui sont très importantes et je peux vous assurer que cette Assemblée fut réellement extraordinaire". Dominique s’est montré satisfait du travail effectué par les membres de l’IMOCA lors de ces deux jours à Barcelone. Après un Vendée Globe éreintant, on attendait beaucoup de la nouvelle réglementation de la jauge IMOCA, Classe qui rassemble une grande partie des meilleurs skippers au monde. "Tous les membres s’accordent sur le fait que la Classe doit poursuivre son développement afin de pérenniser le succès du Vendée Globe et d’offrir à tous, skippers, sponsors et public, un bon programme de courses, comme nous l’avons fait jusqu’à présent. Dans le contexte de cri se économique actuel, nous devons également nous adapter afin de garantir le plus grand nombre de bateaux au départ des courses."

Mesures de sécurité et de fiabilité.
Consciente de l’importance de ces objectifs, l’Assemblée s’est appliquée à limiter les écarts de vitesse entre les nouveaux bateaux et ceux des générations antérieures. Trois mesures ont été votées : le nombre de voiles limitée à 10 (peu importe le nombre d’équipiers à bord), le nombre d’appendices limité à 5 (1 quille, 2 safrans et 2 dérives) et la définition d’une hauteur de mât maximum. Cette dernière résolution aura également un impact sur la sécurité dans la mesure où elle permet de limiter la puissance des mâts. Cette mesure est une conséquence directe de la série de casses observées lors du Vendée Globe. Ces mesures se ront définies afin de faciliter l’utilisation de la bôme lors de la mise en place d’un gréement de fortune. Elles permettront également plus de manœuvrabilité en cas de perte de mât. Les problèmes se quille rencontrés ont également engendré la mise en place d’une mesure qui instaure de nouveaux tests obligatoires de contrôle de torsion, de flexion et de vibration des quilles afin de prévenir un grand nombre d’abandons.

Concernant la sécurité des skippers, Wavre a rappelé l’expérience de Yann Eliès au cours de laquelle il s’est cassé le fémur et s’est retrouvé dans l’impossibilité d’atteindre sa trousse de secours et autres équipements d’urgence. « Nous allons tenter de faciliter la tâche des navigateurs blessés en améliorant l’accès aux équipements de secours et nous adapterons la règle en conséquence » Des mesures techni ques seront également étudiées afin de maintenir le tableau arrière hors de l’eau en cas de chavirage, permettant au skipper de s’extraire du bateau par la trappe de secours comme l’a fait Jean Le Cam lors du Vendée Globe.

Les membres de l’Assemblée ont également approuvé le besoin de développer de nouvelles technologies, notamment les systèmes d’énergies renouvelables. L’une des prochaines règles autorisera le développement de moteurs électriques qui fonctionneront à l’aide d’éoliennes, de panneaux solaires ou d’hydro générateurs dont les bateaux IMOCA sont déjà équipés.
Le programme de course
Le programme de courses a également été défini. La décision la plus attendue était la confirmation de l’European Pro Tour dont le départ sera donné à Istanbul, avec des étapes à Nice, Barcelone, un port B ritannique (à confirmer) et une arrivée à Brest. Les autres épreuves au calendrier sont La Transat Jacques Vabre, La Route du Rhum, La Barcelona World Race et le Vendée Globe.

Dominique Wavre réélu Président et un nouveau Conseil d’Administration
Le nouveau Conseil d’Administration de l’IMOCA a été élu comme suit: Président, Dominique Wavre; Vice-président, Pascal Chadail et Jacques Guilbaud; Secrétaire Général, Bernard Stamm; Président du Technical Committee, Pascal Chadail; Président de l’Event Committee, Jean Le Cam. Yann Eliès et Alex Thomson complètent le Conseil d’Administration. Luc Talbourdet reste Trésorier.

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InterDist distribue l’accastillage Seldén.

Selden Mast
Selden Mast

La société Seldén France annonce qu’elle vient de confier, à compter du 1er mars 2009, la distribution de sa toute nouvelle gamme Accastillage de pont à la société InterDist (distributeur Spinlock, Lancelin, Gill et Whale).

La gamme complète d’accastillage de pont Seldén se compose de :
– poulies à billes, à friction, winch ou pour câbles
– taquets coinceurs ou à sifflets
– tourelles hautes, de mâts,….

Suite à son implantation française en avril 2007 (Vendée 85), la société Seldén, réputée pour sa large gamme de produits, souhaite, à ce jour, se concentrer sur son activité principale, la fourniture de gréements complets carbone ou aluminium et d’équipements (tangons, bouts dehors carbone ou aluminium, enrouleurs de génois…).

Source : Seldén France
www.seldenmast.fr

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Passation de pouvoir sur la Transat

Morvan 09
DR

 Nicolas Troussel a fini par céder la conduite de la course aux hommes du sud. Gildas Morvan, à la faveur d’un recentrage judicieux, a réussi à glisser son monotype devant l’étrave de Financo. L’homme des Abers devant celui de la baie de Morlaix : cette Transat BPE ressemble bigrement à une bataille entre gens de pays. D’autant qu’un Erwan Tabarly qui pointe juste derrière est, lui aussi, en terrain de connaissance.
Le vent retrouvé sur l’autoroute des alizés regonfle à la fois les voiles et le moral des navigateurs. Même un Adrien Hardy (Agir Recouvrement), isolé sur la route du nord, reconnaissait avoir retrouvé une certaine joie de vivre après deux jours difficiles : ce n’est jamais simple de se débattre dans des vents erratiques, quand la houle ballotte le bateau et que l’anticyclone étend ses langueurs sur la flotte. Et tous de faire, contre mauvaise fortune bon cœur. Les tenants de l’option nord, même s’ils voient défiler un peu trop vite à leur goût la caravane des sudistes, prennent aussi un réel plaisir à glisser sur une mer moins ordonnée qu’il n’y paraît. Et d’enquiller les surfs tel un Armel Tripon (Gedimat) qui avait réussi à atteindre les 18 nœuds sous pilote dans une nuit d’encre…


Tripon fripon, Veniard peinard

Armel Tripon, le skipper de Gedimat reconnaissait d’ailleurs être parfaitement heureux de son rôle du chien dans un jeu de quille. En optant pour une route radicalement sud, le Nantais sait qu’il trouble l’exercice de contrôle entre les leaders. S’il lui reste à combler un retard de près de 150 milles sur la tête de course, Armel s’amuse visiblement d’obliger ses concurrents directs à jeter un œil régulier dans le rétroviseur. S’il en est un autre qui découvre les délices du solitaire longue distance, c’est bien Gérald Véniard le skipper de Macif. Le Savoyard, habitué des joutes au contact de la Solitaire du Figaro, s’illumine à chaque vacation, du bonheur d’être en mer, de profiter du temps qui s’égrène au fil des messages échangés avec sa compagne, de ses conversations avec un moineau migrateur surnommé Jean Mermoz, autre navigateur ailé solitaire, hébergé quelques jours à bord. Quand certains se rongent les sangs à la lecture des classements, d’autres ont choisi de prendre avec avidité les plaisirs simples que la navigation dans les tropiques offre tous les jours : un surf sous spi, le soleil, la navigation en short et tee-shirt quand la métropole frissonne encore à chaque petit matin… Au final, le plaisir partagé n’est-il pas une des meilleures garanties d’efficacité ?

Le mot du jour : polaire de vitesse
Aujourd’hui, la polaire de vitesse est devenue un élément primordial de l’élaboration d’une stratégie pour un navigateur. La polaire de vitesse intègre les vitesses cibles du bateau suivant son allure, son angle par rapport au vent, la vitesse du vent. Toutes ces données théoriques, affinées par les solitaires au cours de leurs heures de navigation sont ensuite intégrées dans l’informatique de bord et permettent d’établir des routages en fonction des prévisions météorologiques. Les limites d’utilisation de la polaire sont les prises en compte de l’état de la mer ou la fatigue du navigateur. C’est, dans ce cas, au navigateur d’introduire un coefficient pondérateur.

Ils ont dit :

Armel Tripon – Gedimat – 9ème au classement de 15h
« Ça me fait plaisir de savoir qu’Erwan me surveille, ça veut dire que je suis dans le match ! Je suis content oui, mais comment ne pas l’être ? J’ai trouvé ce que je suis allé chercher, c’est-à-dire plus de pression tout en m’écartant de cet anticyclone. Cette nui,t ça a bien cartonné et là, j’ai autour de 20 nœuds. Il y a pas mal de mer, la mer d’alizé, pas du tout rangée, mais il y a quand même quelques belles vagues à prendre en surf. Cette nuit, j’ai fait du 16/18 nœuds sous grand spi, dans la nuit noire c’était sympa. J’étais sous pilote, c’était marrant ; il y a une super sensation de vitesse, de danger aussi car si on lofe ou on abat un peu trop, le bateau peut vite flancher. Je suis assez décalé, ce qui m’offre une opportunité de jeu et puis, j’aime bien savoir que les autres ont un œil sur moi, d’autant que moi, je n’ai personne à surveiller derrière. Ça devrait durer encore 8 ou 9 jours, il va encore se passer beaucoup de chose. C’est très intéressant à ce stade du jeu. Heureusement qu’il y a encore du suspense et qu’on ne connaît pas le nom du vainqueur, ça tient tout le monde en haleine. »

Adrien Hardy – Agir recouvrement – 10ème au classement de 15h
« Les conditions sont bien meilleures qu’hier et avant-hier, ça fait du bien. Je commence à toucher un peu de vent, c’est bon pour le bateau et bon pour le moral. C’est très dur de savoir que les autres avancent pendant que toi tu galères. J’ai été optimiste jusqu’au bout, mais finalement ça a été horrible, j’ai eu des vents orienté assez nord avec de la houle, c’était vraiment très désagréable. J’ai essayé de me dépatouiller avec ce que j’avais. J’ai eu des périodes de découragement et dans ces moments là, j’allais me reposer car je considérais que ça ne servait plus à rien. Je regarde quand même les classements même si je sais bien que ça va continuer à gagner dans le sud …
Il y a encore de la route, même si pour moi, il ne va plus se passer grand-chose niveau stratégie, maintenant c’est tout droit jusqu’à l’arrivée, ça va être une course de vitesse. Ce sera déjà bien quand j’arriverai à avancer à la même vitesse que les gars du sud. C’est le jeu, j’ai joué, peut être un peu trop, mais c’est comme ça. Là, il fait 24 degrés à l’intérieur du bateau et le vent est un peu plus établi, j’ai 15 nœuds ; les alizés sont de retour. »

Erwan Tabarly – Athema – 2ème au classement de 15h
« Je pense qu’il peut rester encore un peu de tactique, la route est longue. Moi, j’ai 25 nœuds de vent, ça avance bien, ça déboule c’est même un peu chaud par moment. J’avance au dessus de 10 nœuds en permanence. C’est agréable d’aller vite, ça permet de faire de la navigation, de mettre le pilote et même de faire des vacations. Je me suis décalé de Gildas : lui joue plutôt les bascules, il est à l’affut de toutes les rotations de vent. Quant à moi, je mise sur la force du vent. Pour l’instant je ne sais pas ce qu’il y a de mieux. C’est encore serré et il y a François juste derrière, il est bien revenu, il avance bien, je le surveille de très près. Je ne suis pas surpris, je sais bien qu’il a du talent. Je regarde aussi les nordistes, je ne suis pas trop surpris d’aller plus vite qu’eux car ils sont plus proches de la bulle. J’ai le temps de vivre un peu, aujourd’hui ca va être plus dur car il y a du vent, mais jusqu’à présent c’était plutôt tranquille. J’ai aussi des livres, mais pas eu le temps de les entamer encore. Armel, je le regarde aussi de près, il a un décalage important mais au dernier pointage il avançait moins que moi donc c’est rassurant, mais tout de même il ne faut pas le perdre de vue. »

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Morvan et Tabarly dans le trio de tête

tabarly 09
DR

 Comment les marins vivent-ils actuellement la réception des classements et tout particulièrement le premier d’une journée qui s’annonce ? Des uns aux autres, la réponse diffère quand un constat s’impose; chacun y cherche de quoi se rassurer, se conforter dans son idée ou tout simplement se dire que la patience va devoir encore être de mise. Du nord au sud, les positions qui tombent ne sont donc pas attendues de la même manière et ne disent pas la même chose. Ainsi, François Gabart (Espoir Région Bretagne) en élève appliqué bien décidé à ne pas laisser le manque d’expérience du à sa jeunesse le priver d’un heureux dénouement, décortique-t-il chaque relevé afin d’y puiser un maximum d’informations sur la progression des autres. Gildas Morvan (Cercle Vert) affirme ne pas y prêter attention. Info ou intox ? Gérald Veniard (Macif) quant à lui, trouve dans son recul au classement, comme dans toute chose, matière à philosopher. Les regarder sans en faire une obsession. S’en inspirer pour en extraire le meilleur sans laisser de côté son intuition et son libre arbitre. Les concurrents de la Transat BPE, comme l’ensemble des compétiteurs, entretiennent des rapports particuliers avec les classements, mais pour tous, ils sont un point de repère dans un quotidien parfois décalé et la certitude qu’aucun d’eux ne lâchera.
 
A terre également, les pointages revêtent une importance cruciale et à y regarder celui de ce matin d’un peu plus près, les informations ne manquent pas. Au nord, la majorité des solitaires a retrouvé du vent et quitté la zone rouge, mais pas de manière encore assez flagrante pour contenir les assauts des sudistes qui eux bénéficient d’un flux plus prononcé d’au moins un nœud voire plus pour certains. Nicolas Troussel en leader assuré depuis plusieurs jours a réussi à maintenir son assise, mais il sent à présent le souffle d’un certain Gildas Morvan sur son tableau arrière. Aux avant-postes il y a encore quelques heures, Gérald Veniard et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) ont du laisser leur place sur le podium. Au sud, le trio n’est plus! En effet, si le skipper de Cercle Vert a poursuivi sa route en tentant de gagner vers la route directe, François Gabart et Erwan Tabarly ont fait le choix d’aller chercher plus de pression en glissant encore un peu. Le premier s’en inquiétait ce matin quand à bord d’Espoir Région Bretagne on affichait une belle satisfaction. Mais le dénominateur commun d’une voie à l’autre demeure non seulement une réduction des écarts en distance au but, mais également la tendance amorcée d’un resserrement de la flotte en latéral. L’entonnoir se forme et tout l’intérêt sera de savoir qui s’en extraira le premier…
 
Ils ont dit…
 
Gildas Morvan (Cercle Vert) – 2ème au classement de 5h
 
« La nuit est toujours très noire, et le vent est irrégulier, on a entre 14 et 18 nœuds. C’est entré doucement dans la nuit, c’était bien parti, mais là ça a molli à nouveau. J’essaie de dormir quoi qu’il arrive, surtout qu’il fait encore assez frais la nuit et que quand le vent est assez fort le pilote barre bien donc j’en profite.
Je suis à nouveau dans les 3 premiers mais je n’ai pas fait de plans sur la comète pour avoir cette position. J’ai fait ma route en fonction des conditions mais il peut encore se passer plein de choses, il y a encore du boulot. Et le classement je ne le regarde quasiment pas en fait, ce que je surveille et ce qui m’ennuie le plus, c’est le décalage par rapport à Athema et Espoir Région Bretagne qui glissent très sud. Ca ça m’inquiète plus que le classement. Moi aussi j’aurais aimé descendre un peu plus. Enfin, j’essaie de bien naviguer avec ce que j’ai. Il va juste falloir faire les décalages au bon moment. Oui je me détends un peu, le matin, j’écoute un peu de musique et pendant que je barre aussi, mais en général dans des conditions si molles on ne se distrait pas trop, quand le vent sera établi ça ira mieux.
J’écoute beaucoup de Bashung, Micky Green, Serge Gainsbourg, Renan Luce, Cold Play, U2, et Texas et bien sur Amy Winehouse ! »
 
François Gabart (Espoir Région Bretagne) – 5ème au classement de 5h
 
« Le vent s’est levé assez fort donc je ne vais pas trop traîner. J’ai entre 23 et 25 nœuds. Ce n’était pas prévu comme ça, il faut surveiller les fichiers car je ne sais pas trop dans quel sens ça va changer. C’est plutôt une bonne surprise ce vent mais je ne sais pas ce qu’ont les autres par contre. Il va falloir regagner dans l’ouest au fur et à mesure dans les jours qui viennent car là j’ai quand même 30 milles de décalage avec Gildas, mais je suis tout de même content de ma position. J’attends le prochain classement pour voir les conditions qu’ont les autres. Il ne faut pas négliger les classements, ils permettent de déduire le vent que chacun a et ça c’est très important. Par exemple je pense que pour Nico Troussel et Gérald Veniard c’était important pour eux de voir que Thierry Chabagny et Adrien Hardy étaient empétolés hier… . Mais bon, après ce n’est c’est qu’un constat, il faut malgré tout faire sa route en fonction des conditions qu’on a. Les placements tactiques on les fera plutôt à l’approche de Marie-Galante.
J’ai bien dormi en début de nuit ce qui tombe bien car là ce n’est pas le moment d’aller me coucher, surtout que je viens d’empanner. Je pense qu’on a tous trouvé notre petit rythme de croisière, moi je fonctionne beaucoup par siestes de 20 minutes. »
 
Gérald Veniard (Macif) – 4ème au classement de 5h
 
« La nuit a été agréable, le bateau recommence à glisser gentiment et on a une belle lune qui nous a bien éclairé la seconde partie de la nuit. Il  y a plein d’étoiles aussi, c’est superbe. Les concurrents les plus au sud ont plus de vent, actuellement ils nous prennent à peu près 40 milles par jour et malheureusement j’ai peur que l’hémorragie ne soit pas tout à fait terminée… Ce n’est jamais agréable de perdre des places sans pouvoir y faire grand-chose parce que je ne peux pas y aller moi dans le sud… Par contre on aura un meilleur angle pour empanner mais bon… C’est la vie, il faut rester philosophe ! Là c’est un moment difficile à passer, mais je me dis que je n’ai pas tellement de raisons d’être malheureux, ce n’est pas terminé. Là je dois avoir environ 14 nœuds de vent et j’avance à 7,5 nœuds. Je fais tout en même temps, je lis en écoutant des émissions de radios. J’ai découvert l’émission « Les Pieds sur Terre » sur France Culture, c’est génial ! Et je gère mon petit stock de livres, ça devrait me tenir jusqu’à la fin. Côté nourriture, j’ai même de quoi faire le retour s’il faut, et c’est pareil pour l’eau ! Donc il va y avoir une douche complète du bonhomme certainement aujourd’hui ça va être génial. Le départ de Mermoz a été un moment très difficile ! Mais je me console en me disant que c’est un oiseau de mer et qu’il n’est donc certainement pas perdu. Je ne sais pas ce que c’est comme race mais j’en ai souvent vu au large des comme ça. Je me demande comment il fait pour vivre si loin des côtes, mais je ne me fais pas de soucis pour lui. Lui il était incroyable, il entrait dans la cabine, il faisait comme chez lui, il se posait sur moi, pour un animal sauvage c’était très surprenant à voir. »

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